Publié le 3 Décembre 2016

Le cimetière militaire de Dmeir, en Syrie.

La nécropole française de Dmeir, en Syrie, a été créée en 1960 afin de rassembler les corps des -soldats morts pendant le mandat français sur la région et leurs frères tombés lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

Informations historiques.

 

Témoignage de l'histoire française au Proche-Orient, le cimetière militaire de Dmeir (Syrie) abrite plus de 4 000 sépultures militaires françaises ou étrangères, musulmanes ou chrétiennes, ainsi que quelques tombes de civils. En 1920, la Société des Nations confie les mandats sur la Syrie et le Liban à la France après la défaite de l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale (traité de Sèvres et accord Sykes-Picot).

 

Le mandat français sur la Syrie est organisé en quatre États : les sandjaks de Damas, d'Alep, l'État alaouite (1920), et l'État du Djebel druse (1921). Les rivalités tribales et les oppositions à la présence françaises aboutissent, au gré des heurts (intervention en Cilicie) à la dissociation du sandjak d'Alexandrette, de celui d'Alep, en mars 1923, et à la création par le général Gouraud de la Fédération syrienne regroupant Damas, Alep et l'État alaouite - séparé en 1924.

 

De 1925 à 1927, le général Sarrail doit rétablir l'ordre dans le Djebel druse.

 

La Seconde Guerre mondiale retarde l'indépendance syrienne prévue par les accords Viénot (1936). En 1940, le régime de Vichy nomme un nouveau haut-commissaire, le général Dentz. Celui-ci mène une politique de neutralité vis-à-vis du Royaume-Uni, tout en permettant en 1941 aux appareils allemands de transiter par les aérodromes syriens pour appuyer la révolte en Iraq.

 

L'installation d'une garnison allemande sur l'aérodrome de Neirab suscite une résistance des forces franco-britanniques. Les Allemands repoussés, avec l'appui des troupes syriennes, l'indépendance est proclamée par la France Libre en 1941 : le général Catroux avait alors promis l'indépendance aux États sous mandat. Celle-ci est réalisée à la fin de la guerre.

 

Les dernières troupes françaises quittent la région en 1946. En 1946, en effet, les tombes des militaires français morts en 1914-1918, 1920-1921 et 1924-1925, et 1939-1945, étaient réparties en cinq principales nécropoles : Mezzeh, Alep, Lattaquieh, Deir-ez-Zôr et Tartus.

 

Entre 1985 et 1998, la nécropole s'est agrandie à la suite du transfert des tombes de Lattaquieh et d'Alep. Au cours des années cinquante, il fut décidé de la regrouper en un site unique. Un terrain d'une superficie d'environ 16 000 m² fut choisi en bordure de la route de Damas à Bagdad, à 35 km de la capitale syrienne. Le rassemblement des corps sur le site, commencé en 1960 avec le transfert des tombes du cimetière de Mezzeh, situé dans un faubourg de Damas en pleine expansion, fut progressif et s'acheva en 1998 avec la désaffection du cimetière d'Alep.

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » et site « Chemins de la Mémoire » du ministère de la Défense.
  • Site « Atlas des nécropoles » du ministère de la Défense.
Le cimetière militaire de Dmeir, en Syrie.
Le cimetière militaire de Dmeir, en Syrie.

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Publié le 21 Novembre 2016

"Les sportifs dans la Grande Guerre", conférence à Issy le 25 novembre 2016.

Le vendredi 25 novembre, à 18h30, dans la Résidence du Parc, au 20 de la rue de l’abbé Derry à Issy-les-Moulineaux, se déroulera une conférence, animée par Michel Merckel, spécialiste du sport.

 

Le thème : les sportifs dans la Grande Guerre. Comment la guerre a permis l’évolution de la pratique sportive ; son influence sur le monde sportif actuel ; et un hommage particulier aux poilus champions !

 

Venez nombreux !

 

Cette conférence est organisée par l’association isséenne HISTORIM.

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Publié le 18 Novembre 2016

Certificat de Marcel Ichac.

Certificat de Marcel Ichac.

« A la fin de 1961, rentré en métropole en lieutenant tout neuf après deux ans de djebels et de désert, j'allai un jour déjeuner chez mes parents, apportant roulé dans un tube en carton un souvenir de mes récentes campagnes. Mon père (*) me demanda au café de quoi il s'agissait. Plein de fierté, je déroulai le précieux parchemin que m'avait remis quelques mois plus tôt, lors d'un pot avec ses principaux subordonnés, le Lieutenant-colonel Vuillemey, commandant le 153e régiment d'infanterie motorisé. C'était un certificat de bonne conduite nominatif du valeureux 15/3 qu'il me remit, à moi l'aviateur en bleu qui, pendant près d'une année, avait été admis au mess du régiment, s'y était fait quelques solides amitiés et avait partagé la vie de l'unité avec ses joies mais parfois aussi, malheureusement, ses coups durs.

 

Mais mon père n'accueillit pas cette présentation avec l'admiration que j'en attendais, car visiblement il pensait à autre chose. Il nous quitta d'ailleurs très vite et se retira dans son bureau où, aux bruits de tiroirs ou de classeurs ouverts et fermés, il était clair qu'il cherchait quelque chose. Une exclamation de satisfaction nous annonça qu'il devait l'avoir trouvé. De fait il revint avec à la main un document qu'il nous lut d'un ton officiel :

 

Certificat de bonne conduite

Le colonel Castella, commandant le 153ème régiment d'infanterie

certifie que le sergent ICHAC, Marcel,

... a tenu une bonne conduite... etc ...etc.. .

 

Ce certificat avait été délivré à Forbach, le régiment rentrant alors de quatre années d'occupation en Sarre où mon père avait accompli ses obligations militaires. Il était daté du 14 avril 1928, le mien était du 13 avril 1961. Ainsi, à un peu plus de trente ans d'intervalle, le père et le fils avait été également honorés par le commandant du même régiment prestigieux ! »

 

 

 

GBA (2s) Jean-Claude Ichac, président honoraire du Comité du Souvenir français d’Issy-Vanves.

(*) Marcel ICHAC (1906 – 1994), cinéaste réalisateur de plus de cinquante films de ski, de montagne et d'exploration, compagnon de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l'Annapurna, ou du Cdt Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge et au Pérou.

Certificat de Jean-Claude Ichac.

Certificat de Jean-Claude Ichac.

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Publié le 6 Novembre 2016

Quête 2016 : merci !

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves a quêté devant le cimetière. Conformément aux éléments présentés dans le Journal Officiel, cette quête s’est déroulée du samedi 29 octobre au mardi 1er novembre 2016.

 

Nous tenons à remercier les services techniques de la ville pour avoir pavoisé la place du Souvenir Français (elle se trouve à droite en sortant du cimetière, rue de l’Egalité), Monsieur Michel Raineri du protocole, le commissariat, toute l’équipe du cimetière emmenée par Monsieur Gandolfo, ainsi que les quêteurs, bien entendu.

 

Nous tenons aussi et surtout à remercier tous les donateurs. Il y a quelques années en arrière, la quête du Souvenir Français se résumait à une présence le 1er novembre pendant quelques heures seulement. Cette année, les quatre jours de quête ont rapporté 740 euros, une somme jamais atteinte et qui dépasse largement les résultats de 2015 (environ 500 euros). Que chacun et chacune d’entre vous, qui avez donné, soit mille fois remerciés. Cette somme ira à la réfection de tombes et de monuments de celles et ceux qui sont morts pour la France et que l’on n’oublie pas, afin que, comme le disait Roland Dorgelès, « ils ne meurent pas une deuxième fois » !

Merci pour tant de générosité.

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Publié le 24 Octobre 2016

Auguste Gervais et Françoise-Marie Picoche.

Auguste Gervais et Françoise-Marie Picoche.

Une éducation militaire.

 

Auguste Gervais nait le 6 décembre 1857 à Paris VIIIe. Il est le fils d’un négociant parisien, Louis Aimable Gervais, et d'Adeline Joséphine Brochard. En 1870, il entre au lycée Charlemagne, où il entame des études supérieures. Cinq années seulement après la guerre franco-prussienne, il est admis à l’école militaire de Saint-Cyr, d’où il sort en 1877 avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie. Il est alors affecté au 129e régiment d’infanterie. Il poursuit par la suite sa formation militaire en intégrant l'École spéciale militaire qu’il fréquente de 1877 à 1879. Dans l’armée, il occupe un rôle d’administrateur. Quelques années plus tard, Auguste Gervais intègre le cabinet du ministre de la Guerre, le général Jean Thibaudin, où il reste du 31 janvier au 9 octobre 1883. C’est à ce moment qu’il commence à côtoyer les principaux hommes politiques de son temps.

 

Entrée dans la vie journalistique.

 

Auguste Gervais quitte alors l’armée pour raisons de santé avec le grade de lieutenant de chasseurs à pied et se lance dans le journalisme. D’abord proche des idées socialistes qui apparaissent à cette époque, il va rejoindre progressivement la gauche républicaine animée par les radicaux. Spécialisé dans les questions militaires, il travaille successivement au sein de la rédaction du National (1882-1887), de La Petite République (1887-1888), période à laquelle Jean Jaurès commence à y collaborer, puis du Petit Journal (1888). Remarqué par Georges Clémenceau, député de Paris depuis 1876, Auguste Gervais adhère aux idées de ce dernier et part rejoindre les quotidiens le Matin, le Soir, puis enfin L'Aurore, journaux auxquels celui-ci collabore.

 

En reconnaissance de ses travaux (il a aussi écrit de nombreux ouvrages), Auguste Gervais est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1892, avant de devenir également officier de l’Instruction publique. En marge de son activité littéraire, comme beaucoup d’hommes politiques de cette époque, Auguste Gervais est initié à la franc-maçonnerie et intègre la loge Thélème en juillet 1895. Par la suite, il sera membre de la société Philomathique de Paris et en deviendra son Président d'honneur en 1907.

 

C’est vers 1880 que la vie politique locale commence réellement à se développer à Issy-les-Moulineaux, à l’époque de la première vague d’industrialisation de la commune, tandis qu’on y observe une croissance démographique importante liée à cet essor économique. L’Isséen Auguste Gervais décide alors d’y prendre part.

 

L’homme politique.

 

Deux groupes politiques avec des tendances bien distinctes émergent à Issy-les-Moulineaux. Edouard Naud, maire d'Issy-les Moulineaux de 1871 à 1878, se situe plutôt à droite. Tendance opposée aux maires qui vont par la suite se succéder : Auguste Hude, maire de 1884 à 1888 ; Jean Baptiste Charlot, maire de 1888 à 1894 ; Henri-Oscar Mayer, maire de 1894 à 1903, puis de 1908 à 1911, et à Auguste Gervais, encore plus à gauche. La tendance politique de ce dernier tend alors à devenir majoritaire à mesure que la croissance industrielle et par là même la population ouvrière gagnent en importance.

 

Auguste Gervais se présente lors des élections communales du 1er et du 8 mai 1892 sur la liste conduite par le maire sortant Jean-Baptiste Charlot, qui remporte les élections.

 

Lors du premier conseil municipal organisé le 15 mai 1892, Auguste Gervais est élu maire-adjoint d’Issy-les-Moulineaux, en même temps qu’un dénommé Sourdive. Une de leurs premières initiatives est, lors de la séance du conseil municipal du 21 avril 1894, de changer l’appellation de vingt-quatre voies de la commune en choisissant des noms tirés de l’histoire révolutionnaire de 1789. C’est ainsi qu’apparaissent la rue de l’Egalité, les rues Danton, Chénier et Desmoulins, la rue de l’Abbé Grégoire. Les philosophes des Lumières sont aussi mis à l’honneur, notamment d’Alembert, Diderot, Rousseau et Voltaire. De ce fait, leur empreinte sur le territoire isséen est toujours visible à l’heure actuelle dans les rues de la ville.

 

Le 24 septembre 1894, suite à un désaccord avec sa majorité, Jean-Baptiste Charlot décide de démissionner de son fauteuil de maire. Henri-Oscar Mayer lui succède. Auguste Gervais renonce alors à son mandat de maire-adjoint. Il semble avoir suivi la décision de Jean-Baptiste Charlot en restant simplement l’un des vingt-sept conseillers municipaux de la commune. Lors du scrutin municipal de 1896, la liste conduite à Issy-les-Moulineaux par le maire sortant Henri-Oscar Mayer, sur laquelle figure Auguste Gervais, remporte les élections dès le premier tour avec 1196 voix contre 933 voix pour Fauch de l’Union républicaine et 475 voix pour Chéradame, menant une liste socialiste révolutionnaire.

 

Au-delà de ces élections locales, Gervais remporte de nouveaux mandats électoraux. Membre de la Gauche radicale socialiste, il est élu au Conseil général de la Seine et siège comme représentant du canton de Vanves de 1893 à 1898. Il est même élu président du Conseil général de la Seine de 1896 à 1897.

 

Lors des élections législatives des 8 et 22 mai 1898, Auguste Gervais est élu député dans l’arrondissement de Sceaux, à savoir la quatrième circonscription de la Seine nouvellement créée, qui regroupe alors Sceaux et Vanves. À la Chambre des députés, Auguste Gervais intervient largement sur les questions militaires. Il prend aussi des initiatives nationales en fonction des événements affectant directement la vie de ses administrés. Par exemple, après une explosion à la cartoucherie de munitions Gévelot le 14 juin 1901, qui fait dix-sept morts et de nombreux blessés, Auguste Gervais est à l’initiative d’une pétition – signée également par deux autres parlementaires, Emmanuel Chauvière et Georges Girou, députés de la Seine qui résident à Issy-les-Moulineaux –, à l’adresse des parlementaires afin de permettre d’indemniser les familles des victimes.

 

Lors des élections législatives suivantes du 27 avril et du 11 mai 1902, Auguste Gervais est réélu de justesse avec 8 552 voix face au candidat de la droite Dumonteil, qui recueille 7 523 voix. C’est sans doute en raison de sa courte victoire aux législatives de 1902 qu’Auguste Gervais, réélu conseiller municipal lors des élections de 1900, décide de briguer la direction du conseil municipal en 1903 en qualité de maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Auguste Gervais devient maire d’Issy-les-Moulineaux le 22 mars 1903. Radical socialiste, il reste à la tête de la commune jusqu’en 1908. Pour mémoire, il faut rappeler qu’au moment du recensement de 1901, la commune compte 930 maisons reparties en 4 327 ménages, regroupant au total 16 639 habitants. Le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales en 1903 est de 3 890 (les femmes n’ayant pas encore obtenu le droit de vote).

 

Suite aux élections législatives des 6 et 20 mai 1906, Auguste Gervais est réélu dans la 4e circonscription de la Seine. Il siège à la Chambre des députés dans le groupe des Républicains radicaux. Trois ans plus tard, Auguste Gervais est élu sénateur lors des élections du 3 janvier 1909. Devenu l’un des dix sénateurs du département de la Seine, il démissionne de son siège de député le 22 janvier 1909.

 

Membre du groupe de la gauche démocratique, Auguste Gervais fait partie de la commission militaire du Sénat. Il intervient fréquemment sur les textes de lois discutés au palais du Luxembourg, notamment sur le budget, le recrutement et les moyens matériels de l’armée. Alors qu’il continue à s’intéresser aux questions coloniales, il assure le secrétariat du groupe colonial du Sénat en 1910 et en 1914, et la vice-présidence du groupe d'études algériennes du Sénat en 1910.

 

Concernant les questions économiques, Auguste Gervais s’illustre particulièrement au sein de la commission des finances du Sénat. Il siège à la commission pour l’assistance aux familles en difficulté en 1909 et œuvre beaucoup en faveur de la mise en place d’un système de retraite pour les ouvriers et les paysans.

 

Mort pour la France.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale, Auguste Gervais se fait remarquer par ses prises de position lors des séances publiques portant sur les questions militaires, étant lui-même un expert en ce domaine. Il convient également de rappeler que la commune d’Issy-les-Moulineaux regroupe plusieurs industries d’armement comme Gévelot et les usines d’aéronautique réparties le long du terrain militaire du Champ de Manœuvres. Le 14 juillet 1917, Auguste Gervais est promu officier de la Légion d’honneur.

 

Le 24 août 1917, au retour d’une mission d’inspection des avant-postes du front, effectuée en qualité de rapporteur de la commission de l'armée du Sénat, Auguste Gervais est victime d’un accident de voiture. Transporté en urgence à l’hôpital Boucicaut dans le XVe arrondissement de Paris, il y décède quelques jours plus tard, dans la nuit du 30 au 31 août 1917. Il a alors 60 ans.

 

Auguste Gervais est inhumé au cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux. Un médaillon en bronze à son effigie est placé sur la stèle de son monument funéraire. Décoré de la Croix de guerre, Auguste Gervais obtient le titre de Mort pour la France. Suite à une délibération du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux en date du 25 novembre 1917, une rue de la ville porte aujourd’hui le nom de son ancien édile. D’une longueur de 305 mètres, la rue Auguste Gervais borde la place de la mairie.

 

« Mon arrière-grand-père », par Béatrice Liébard.

 

En complément du texte rédigé ci-avant par Monsieur Thomas Nuk, historien et qui été membre du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux, voici des éléments fournis par Madame Béatrice Liébard, arrière-petite-fille d’Auguste Gervais et que nous remercions vivement.

 

  • Auguste Gervais épouse en 1882 Françoise-Marie Picoche, avec laquelle ils auront six enfants :
    • Fernand, avocat, sous-préfet puis préfet, directeur de la Santé publique au Gouvernement général d’Algérie.
    • Villeneuve, secrétaire dans différents cabinets ministériels et qui deviendra publiciste.
    • Maurice, directeur de l’hôpital d’Argenteuil.
    • Raymond (peu de renseignements).
    • René-Pierre (idem).
    • Jacques, qui meurt en bas âge.
  • En 1911, il se trouve sur le terrain d’aviation d’Issy les Moulineaux au milieu de personnalités venues assister à la course d’aviation Paris-Madrid qui se termine tragiquement par la décapitation (accidentelle) du Ministre de la Guerre Maurice Berteaux.
  • Les Gervais habitaient une maison qui a été détruite et sur le terrain de laquelle a été construit le musée français de la Carte à jouer.
  • Le jour de ses obsèques, « le convoi s’étendaient sur plus de un kilomètre » !

 

Ci-dessous figure un album de photographies, rassemblées par Madame Liébard : Auguste Gervais à différentes époques de sa vie ; avec son épouse ; sa canne et ses emblèmes maçonniques ; son écharpe de maire ; la maison située dans l’actuelle rue Gervais ; Maurice Berteaux avec qui il se trouvait juste avant l’accident ; les présidents Fallières, Loubet, Faure et Poincaré ; sa tombe au cimetière d’Issy.

 

 

 

Principales sources :

 

  • Ce texte a pour partie été rédigé par Thomas Nuk, qui a été membre du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux.
  • Archives nationales, Légion d’honneur, dossier individuel Auguste Gervais ;
  •  Becchia Alain, Issy-les-Moulineaux, Histoire d’une commune suburbaine de Paris, Chez l’auteur, 1977 ;
  • Beis Pierre, Issy-les-Moulineaux au jour le jour il y a 100 ans ;
  • Centre de recherches historiques d’Issy-les-Moulineaux, Lettre d’information, Hors-série, 1994 ;
  • Collectif, Issy-les-Moulineaux, 2 000 ans d’histoire, Issy média, 1994 ;
  • Collectif, Issy-les-Moulineaux, Notice historique et renseignements administratifs, Conseil général de la Seine, Montévrain, 1903 ;
  • Jolly Jean (sous la dir. de), Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, Paris, Presses universitaires de France 1960, notice sur Auguste Gervais.

 

 

Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
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Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.

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Publié le 9 Octobre 2016

Bône – La porte du Fort Cigogne et l’Hôpital militaire.
Bône – La porte du Fort Cigogne et l’Hôpital militaire.

Historique du 153e RI.

Comme un bon nombre de régiments, le 153e RI est issu des unités de l’Ancien régime. Repris sous le Premier empire, il s’illustre notamment pendant la bataille de Leipzig, lors de la campagne d’Allemagne de 1813, malheureusement perdue. Durant le Second empire, le régiment tient garnison au Fort de Nogent, en Région parisienne.

Un siècle plus tard, le régiment, alors installé à Toul, dans le département de la Meurthe-et-Moselle, est une composante de la 77e brigade d’infanterie, la 39e division et du 20e corps d’armée.

Entre 1914 et 1918, le 153e RI est de pratiquement toutes les batailles : bataille des Frontières puis la Grande Retraite en août 1914, bataille du Grand Couronné sous le commandement du général de Castelnau. Dans la foulée, s’engage ce que l’Histoire retiendra sous le nom de la Course à la Mer, avec les combats de Fouquescourt, d’Albert dans la Somme, d’Arvillers, de Souastre, d’Hébertune et enfin de Gommercourt.

L’année suivante, le régiment perd près de 2.000 hommes dans les combats des Flandres, à Boezinge, à Langemark puis à Bikschote. En 1916, c’est Verdun avec des engagements au bois Albin devant Douaumont puis à la Côte 304. Là encore, alors que le 153 avait dû être reconstitué quelques mois plus tôt, ce sont à nouveau près de 2.000 hommes qui disparaissent. Cela n’empêche pas le régiment d’être de l’offensive de la Somme dans le courant de l’été 1916 et de subir encore de nombreuses pertes à Maurepas.

En 1917, le 153e RI participe à la tragique offensive du Chemin des Dames. L’unité occupe quelques temps les secteurs de Chivy, de la Ferme des Grelines puis de Braye-en-Laonnois. Elle y reste 25 jours, mais doit finalement se replier.

En 1918, retour sur Verdun. Le 153e RI est en première ligne jusqu’au 15 mars dans les secteurs de la Côte-de-Poivre puis près de Vacherauville-sur-Meuse, au nord de Verdun. Les Allemands attaquent baïonnette au canon et au lance-flammes, mais sont sans cesse repoussés. En avril, le régiment quitte le secteur pour rejoindre via Reims, Saint-Quentin et Arras les Flandres afin de participer à la bataille des Monts de Flandres. Les Allemands y lancent une offensive en utilisant, entre autres, des obus à ypérite et 150 avions. L’attaque est contenue. Mais il faut décrocher, comme quatre années plus tôt. Le 153 cantonne dans le nord de la Région parisienne, à Gonesse, et participe à la Deuxième bataille de la Marne. La ville de Château-Thierry est reprise. L’ennemi est poursuivi jusqu’à la forêt de Fère en Tardenois. Les soldats français étant appuyés des « boys » américains.

En août, le 153e est déployé le long de la Meuse. En septembre il est de la bataille de Saint-Mihiel puis se replie sur Nancy. En novembre 1918, à l’annonce de l’armistice, le régiment se met en marche et fait une entrée triomphale dans la ville de Metz.

Le 153e régiment d’infanterie est dissous à Sarreguemines en 1922… pour être reconstitué dès l’année suivante en Sarre (le 15 mai 1923). En 1929, déménagement de quelques kilomètres pour prendre garnison à Bitche. Quatre années plus tard, le 153e forme, avec le 23e, l’infanterie de la région fortifiée de la Lauter, puis devient régiment d’infanterie de forteresse, unité spécialisée dans la défense des fortifications de la Ligne Maginot. Le 37e RIF est né.

A la mobilisation de 1939, le régiment se détriple pour former l’infanterie du secteur fortifié de Rohrbach. Il est alors composé de trois bataillons de mitrailleurs, une compagnie d’équipages d’ouvrages, une compagnie d’équipages de casemates.

Face à l’offensive éclair (la fameuse « Blitzkrieg ») de la Wehrmacht, les unités quittent leur forteresse le 13 juin 1940 pour se replier sur les Vosges. Après l’armistice proposé par le maréchal Pétain le 17 juin, le 153e RI dépose les armes quatre jours plus tard. Les équipages d’ouvrages, restés sur place, doivent se rendre sur ordre le 30 juin 1940.

En Algérie.

En Algérie, le 153e RI devient motorisé (donc le RI devient RIM) et est une unité de la 2e division d’infanterie mécanisée. L’état-major se trouve à Bône (aujourd’hui Annaba sur la côte nord-est de l’Algérie, proche de la frontière tunisienne) et comprend les régiments d’infanterie suivants :

  • 4e régiment étranger d’infanterie (installé à Dar-el-Baraka).
  • 12e, 14e et 25e bataillons de chasseurs alpins (Blanda, Combes et La Calle).
  • 62e régiment d’infanterie (La Verdure).
  • 63e régiment d’infanterie de marine (Bône).
  • 151e, 152e et 153e régiments d’infanterie mécanisée (Guelma, Lamy et Munier).

Les unités blindées sont :

  • 1er régiment de spahis (Lamy).
  • Le 4e hussards (Gambetta).
  • Le 8e spahis (Hamman-zaïd).
  • Le 29e dragons (Le Tarf).

Munier est alors une petite ville (elle a reçut ce nom français par décret du 11 juillet 1891), située non loin de la frontière tunisienne, dans la région des Aurès. Après l’indépendance, elle prendra le nom d’Aïn-Kerma.

Le 153e RIM est chargé d’assurer le contrôle de la frontière dans cette région. Il convient de rappeler que pendant la guerre d’Algérie, à de nombreuses reprises les guerriers algériens du FLN (Front de Libération National) se réfugièrent en Tunisie, où théoriquement l’armée française n’avait pas le droit de les poursuivre.

Le point commun.

Parmi les 14 isséens tués au cours de la guerre d’Algérie, deux ont un point commun. Il s’agit de Gérard Flament et de Jean Brulin : ils faisaient tous les deux parties du 153e RI.

Gérard Flament nait le 23 juin 1937 à Paris, dans le 15e arrondissement. Envoyé en Algérie, soldat au sein du 153e RIM, il décède des suites de ses blessures le 4 mai 1958 (5 jours avant le putsch d’Alger organisé, entre autres, par le général Massu), au cours « d’une opération de maintien de l’ordre en Algérie », selon l’expression idoine de l’époque. Il convient une nouvelle fois de rappeler que l’Algérie était alors un département français et qu’on ne peut considérer qu’il s’agisse d’une guerre puisqu’elle était « intérieure » et en aucun cas il ne s’agissait d’une guerre civile (du moins d’un point de vue des textes législatifs de l’époque). Gérard Flament est déclaré Mort pour la France deux mois plus tard.

Jean Brulin lui nait le 22 juillet 1938 à Etretat dans le département de la Seine Maritime. Sergent au 153e RIM, il décède le 17 décembre 1960 des suites d’un accident, alors qu’il est en service commandé. Vu l’ordonnance du 2 novembre 1945, l’article L-488 du Code des Pensions militaires d’invalidité et la loi n°55-1074, le sergent Brulin est déclaré Mort pour la France le 9 février 1961.

Au cessez-le-feu en mars 1962, le 153e RIM reste quelques mois en Algérie afin de constituer comme beaucoup d’autres régiments français des unités de la Force locale. Ces forces de l’ordre algériennes sont des unités militaires chargées de maintenir autant que possible la paix et de faire appliquer les termes du cessez-le-feu. Placées sous autorité algérienne, elles sont composées de 10% de militaires métropolitains et de 90% de militaires musulmans.

En janvier 1963, le 153e RIM est de retour en France, à Mutzig, au quartier Moussy. Le régiment sera définitivement dissous trente ans plus tard, le 31 juillet 1993, le drapeau étant remis au gouverneur militaire de la région de Lille.

Sources :

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Archives de l’armée de terre – Caserne Bernadotte, Pau.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 1 Octobre 2016

La stèle de l'entrée de la Forêt des Combattants.
La stèle de l'entrée de la Forêt des Combattants.

A Vanves.

André du Fresnois, nait Casinelli à Vanves le 1er avril 1887. En ce temps-là débute la construction de la Tour Eiffel à Paris, et les salles d’asile – comme on les appelle alors – deviennent des écoles maternelles.

André Casinelli est le fils d’un économe du lycée Michelet, alors établissement prestigieux, qu’il est resté d’ailleurs. Le jeune homme, très attiré par les lettres, commence sa carrière relativement jeune. Il écrit deçà delà dans des revues qui disparaissent assez rapidement. Puis il devient critique de théâtre à la Revue critique des idées et des livres. On dit de lui qu’il a le teint brouillé, que ses yeux sont « clignotants » et qu’il donne l’air sans arrêt d’être surmené. Il est vrai que le jeune homme doit écrire et réécrire de nombreuses avant que ses papiers ne soient acceptés.

Pour autant, le succès vient. On remarque son intelligence et son esprit pétillant. Dans son livre de mémoires, paru en 1947 (Ed. Arthème Fayard), André Billy (1882-1971) dit d’André du Fresnois : « André du Fresnois appartenait par ses goûts et ses tendances à l’école néo-classique, laquelle relevait de l’Action française, et je crois bien qu’en effet, André du Fresnois était royaliste, mais sans fanatisme et plutôt à la façon voltairienne et sceptique de Bainville qu’à celle de Maurras. Il avait l’intelligence vive et déliée et il écrivait d’une plume éclatante et cursive que je lui ai toujours enviée. Il admirait beaucoup Jules Lemaître et c’est un point sur lequel nous étions d’accord. Il n’a été publié de du Fresnois qu’un livre, recueil de ses meilleurs articles : Une année de critique ».

En effet en 1913, alors qu’il n’a que 26 ans, il publie ce recueil qui est remarqué par la critique. L’année suivante, il est rappelé sous les drapeaux.

La Grande Guerre.

André du Fresnois ne va pas connaître une guerre très longue. Il est malheureusement porté disparu dès le 22 août 1914 dans les combats de Courbesseaux, en Lorraine. L’armée française est alors en train de vivre ce qui sera plus tard appelé « la bataille des frontières » : il s’agit de l’une des premières vagues de combat en ce mois d’août. D’un côté les Allemands entrent en Belgique et en France, de l’autre l’armée française tente une offensive en Lorraine, alors allemande. Mais les victoires allemandes entraînent à partir du 23 août la retraite de l’aile gauche française et du contingent britannique jusqu’en Champagne. Cet épisode, connu sous le nom de « Grande Retraite » se terminera un mois plus tard par la victoire française de la bataille de la Marne. Dans son ouvrage publié en 1995 « 14-18 Mille images inédites » (Ed. Chêne), l’historien Pierre Miquel indique : « Les Français sont tout de suite surpris par les techniques allemandes d’offensive. Ils sont écrasés par les canons à tir long et refluent bientôt en désordre. Toutes les offensives dans le Nord-est ont échoué. La bataille des frontières est un sanglant désastre : les « pantalons rouges » se sont fait hacher par les mitrailleuses allemandes, écraser par les obus lourds, avant même d’être entrés au contact de l’ennemi. La puissance de feu a empêché les charges à la baïonnette et l’esprit offensif recommandé par les généraux de l’école de guerre n’a pas résisté à la guerre de mouvement. Psichari et Péguy sont tombés dans les blés murs ».

Ce ne sont pas les seuls écrivains à tomber à ce moment-là (Ernest Psichari était le petit-fils de Renan). Entre août et septembre 1914, ils sont 85 « Ecrivains Combattants » à tomber sous le feu de l’ennemi, l’un des plus connus étant sans conteste Alain Fournier.

Les Ecrivains combattants.

Dès 1914 est publié un bulletin, appelé Bulletin des écrivains, publication mensuelle dans laquelle se trouvent des récits, poèmes, journaux, romans écrits par les écrivains mobilisés. Une association est formellement créée le 27 juin 1919 et réunit tous les écrivains qui ont porté les armes. Cinq années plus tard, une anthologie de cinq volumes des écrivains morts à la guerre est publiée. Deux à trois fois par an, un bulletin, reprenant souvent les publications des membres, est édité par l’association. De même, des prix littéraires sont annuellement remis.

Le 15 octobre 1927, le président de la République, Gaston Doumergue inaugure au Panthéon, à Paris, des plaques de marbre portant les noms de 560 écrivains morts pendant la Première Guerre mondiale (197 noms seront ajoutés en 1949, après la Seconde Guerre mondiale).

En 1930, des inondations dans le sud-ouest de la France obligent à déboiser de nombreuses forêts. Une campagne de reboisement est orchestrée par le gouvernement. L’association des Ecrivains Combattants, alors présidée par Claude Farrère, décide de participer à ce reboisement. Ainsi est baptisée la Forêt des Ecrivains Combattants : elle se situe dans le massif montagneux du Caroux-Espinousse, dans le département de l’Hérault, sur les communes de Combes et Rosis, au nord de Béziers. Plusieurs stèles sont placées dans cette forêt : à l’entrée ; une à la mémoire d’Alain Fournier ; une à celle d’Erwan Bergot (Indochine – Algérie) ; une à la mémoire de Jean-Marc Bernard (Première Guerre mondiale).

Depuis 1952, cette forêt a été donnée par l’association à l’Etat, qui en a fait un lieu de promenade.

Sources :

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Publié le 4 Septembre 2016

Jean Quillard salué par André Santini.
Jean Quillard salué par André Santini.

Jean Quillard, président des Anciens combattants volontaires, à la fois de la section d’Issy et de la délégation départementale, vient de nous quitter à l’âge de 83 ans, décédé des suites d’une chute accidentelle.

Né le 13 octobre 1933 à Mansle, en Charente, la famille Quillard monte à Paris et s’installe à Issy-les-Moulineaux, où le jeune Jean va faire une grande partie de sa scolarité.

En 1954, il fait son service militaire dans l’arme du train, au sein de la 3e DIA (Division d’infanterie algérienne), unité de l’Armée d’Afrique, avec le grade de maréchal des logis. La 3e DIA est alors une composante des FFA : Forces françaises en Allemagne. Cette division s’est illustrée au cours du second conflit mondial, en Italie et en Alsace en prenant une part importante dans la libération de la France. Pierre Montagnon a écrit à propos de la 3e DIA : « Les tirailleurs de la 3e DIA, la division des trois croissants, écriront sur les pentes des Apennins quelques-unes des plus belles pages d’héroïsme de l’histoire de l’armée française ».

Patriote et engagé, Jean Quillard rejoindra ensuite l’Union Française des Anciens Combattants (UFAC), mais aussi l’Association des Combattants Volontaires (ACV) dont il devient le président départemental pour les Hauts-de-Seine. Il passe une grande partie de sa carrière au sein de l’équipementier automobile Marchal, d’abord au service de la logistique, puis à la direction de l’éclairage et enfin à la direction du personnel. Là encore, il se mettra au service des autres et en 1979, il obtient même la médaille d’honneur du Travail.

La retraite est synonyme d’engagement citoyen pour Jean Quillard, qui se met au service la ville d’Issy-les-Moulineaux, à laquelle il est très attaché. Au Centre de recherches historiques d’Issy, où il est secrétaire et œuvre à valoriser l’histoire locale. Au sein du Conseil économique et social pendant plus de 7 ans, et au service du monde combattant et de la Mémoire bien sûr, où il est présent à toutes les commémorations.

Son engagement au service des autres sera récompensé le 11 novembre 2013, lorsqu’il reçoit les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite, des mains d’André Santini.

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Publié le 27 Août 2016

Les Américains sur une plage de Saint-Raphaël.

Les Américains sur une plage de Saint-Raphaël.

La Conférence de Téhéran.

 

En novembre 1943, à la conférence de Téhéran, Staline, Roosevelt et Churchill se mettent d’accord sur un vaste plan visant à ouvrir un second front face à l’Allemagne nazie. En effet, même si la Wehrmacht a été stoppée à Stalingrad, un an plus tôt, le reconquête soviétique s’annonce longue et, de leur côté, après avoir débarqué en Sicile, la progression des Américains (aidés entre autres du Corps Expéditionnaire Français en Italie) s’avère tout aussi lente.

 

L’opération Overlord comporte le débarquement de Normandie, plusieurs contre-feux (çà et là des indices sont laissés pour faire croire à un débarquement dans le Pas-de-Calais, en Sardaigne (…). Un second débarquement est décidé. Ce sont les Etats-Unis qui emportent la décision : il se fera en Provence. Churchill, l’Anglais, étant plus favorable à une solution en Italie afin de prendre le Reich par le sud, c’est-à-dire par la Bavière, impose d’appeler l’opération Dragoon (dragon mais aussi contraindre) au lieu d’Anvil (enclume).

 

Le débarquement, géré par les Américains, se fera entre Toulon et Saint-Raphaël. Le « Jour J » est fixé au 15 août 1944.

 

Les unités engagées.

 

La 7e armée américaine, que commande le général Patch, va constituer le corps expéditionnaire. Elle est composée du 6e corps d'armée (général Truscott) et d'une division aéroportée (général Frederick). Elle comprend également l'armée B placée sous les ordres du général de Lattre de Tassigny, officier déjà auréolé d'une légende de fonceur et d'homme de panache. Pour la suite des événements, de Lattre a aussi un avantage : il a conscience du rôle que peuvent jouer les maquisards.

 

Un compromis a précisé la situation des troupes françaises : le général Patch les commandera lors de la première phase de l'opération, le général de Lattre en assumera le commandement tactique dès leur engagement. L'armée B regroupe cinq divisions d'infanterie, deux divisions blindées (la le et la 5e), deux groupements de tabors et plusieurs éléments de réserve non endivisionnés. S'y retrouvent les combattants du corps expéditionnaire qui s'est couvert de gloire en Italie et des soldats fraîchement embarqués en Afrique du Nord : Français de souche, soldats musulmans d'Algérie, de Tunisie, du Maroc, troupes venues d'Afrique Occidentale française, d'Afrique Equatoriale française, etc. 600 bateaux de transport, 1 270 péniches, vont faire débarquer cette force terrestre sous la protection de 250 navires de guerre (dont 14 français) constituant la "Naval Western Task Force" de l'amiral américain Hewitt, appuyée par les avions de la "Mediterranean Allied Air Force" (2 000 appareils) du général américain Eaker.

Du côté allemand, les 8 divisions de la XIXe armée, commandée par le général Wiese dont le Q.G. est à Avignon, sont en état d'alerte depuis la deuxième semaine d'août. Ayant réuni au large de la Corse des navires venus en dix convois, pour des raisons stratégiques, de ports aussi éloignés les uns des autres qu'Oran, Naples ou Tarente, la flotte alliée s'est d'abord dirigée vers Gênes pour tromper l'adversaire. Mais, le 14 au soir, elle met le cap sur la côte provençale.

Ce même soir, les Forces Françaises de l'Intérieur reçoivent de Londres trois messages dont le dernier, "le chef est affamé", signifie le lancement des opérations.

 

Le débarquement.

Le 15 août, peu après minuit, la "lst Special Service Force" (colonel Walker) neutralise les batteries des îles d'Hyères, tandis que les commandos d'Afrique (colonel Bouvet) atteignent la côte près du cap Nègre dont ils vont s'emparer. Le groupe naval d'assaut (commandant Seriot), arrivé à la pointe de l'Esquillon, se heurte aux champs de mines du Trayas. Vers 4 heures du matin, 400 avions larguent au-dessus de la vallée de l'Argens plus de 5.000 parachutistes alliés, tandis que des renforts et du matériel arrivent par planeurs (10.000 parachutistes au total seront à pied d'œuvre à la fin de la journée).

Avec l'aide des résistants locaux, ils vont verrouiller les voies d'accès aux zones de débarquement. A l'aube, un terrible bombardement aérien et naval s'abat sur la côte, écrasant les positions allemandes tenues par la 242e division du général Basler. A 8 heures du matin, les vagues d'assaut américaines des 3e DIUS (général O'Daniel), 36e DIUS (général Dahlquist) et 45e DIUS (général Eagles) s'élancent des péniches de débarquement pour prendre pied, entre Cavalaire et Saint-Raphaël, sur les plages aux noms de code respectifs d'Alpha, de Camel et de Delta.

La stratégie a été fixée : les troupes américaines avanceront par la haute Provence vers l'Isère et la vallée du Rhône. Les Français prendront les ports de Toulon et de Marseille.

Le 17 août, en effet, Hitler a donné l'ordre à la XIXe armée allemande de remonter vers le nord : seules les divisions stationnées dans les deux grands ports devront résister à tout prix. La 11e Panzer division, partie le 13 août de la région de Toulouse pour initialement se porter au devant des troupes débarquées, sera harcelée par les maquisards de l'Hérault et du Gard, attaquée par l'aviation américaine, et, durement éprouvée, remontera vers le nord sans avoir accompli sa mission.

Le 18 août, la zone occupée par les Alliés atteint 30 km de profondeur. La veille, 130 B26 ont à nouveau bombardé les défenses côtières. La 3e DIUS entre dans Cuers, Castellane... Les Américains poursuivront désormais leur route vers la Durance. Une partie de la "1st Spécial Service Force", aux côtés des FFI, refoulera d'autres unités allemandes vers les Alpes en libérant les villes de la Côte d'Azur. De Lattre veut aller vite : il faut déborder l'ennemi sans lui laisser le temps d'assurer ses positions. Mais la logistique doit aussi être prise en compte : sur les côtes, les navires débitent lentement hommes et matériels. Il décide que le rassemblement se fera en avant, les unités étant envoyées vers la zone des combats au fur et à mesure de leur arrivée.

A Toulon, la garnison allemande s'est renforcée de la 242e division, repliée dans le port : au total, près de 25.000 hommes sous le commandement de l'amiral Ruhfus, commandant de la Kriegsmarine en Provence. Du côté allié, de Lattre ne dispose alors que d'environ 16.000 hommes. Le 19 août, le 3e RTA (colonel de Linarès) est aux abords de la ville. La 9e DIC est progressivement engagée sur un axe Pierrefeu-Toulon, appuyée par des éléments de la 1re DB (général du Vigier). Ce même jour, après avoir pris d'assaut la batterie de Maurannes, les commandos d'Afrique s'emparent du Coudon ; les jours suivants, c'est au tour du bataillon de choc (colonel Gambiez) d'enlever le Faron, ces deux forts dominant la rade de Toulon. Les 22 et 23 août, la 9e DIC et la lre DFL combattent dans la ville : "Marsouins", Algériens, Sénégalais, Français Libres, rivalisent de courage pour progresser.

De Lattre a prévu l'attaque sur Marseille dès la prise de Toulon, espérée aux alentours des 22-23 août. Mais les combats se poursuivant dans cette dernière ville, il faut brusquer les événements. Le général de Monsabert décide de surprendre l'ennemi. Le 21 août, l'insurrection a éclaté dans Marseille : les FFI affrontent les troupes allemandes. Le 22 août, le 7e RTA est au Plan de L'Aigle, tandis que le GTM du colonel Le Blanc ferme la route d'Aix. Aubagne, Géménos, ont été le cadre de violents accrochages. Les Tabors du général Guillaume encerclent Marseille. Le 23, le 7e RTA et les résistants lancent les combats dans la ville insurgée. Une tentative de pourparlers avec le commandement allemand n'aboutit pas. Le 25 août, 3e et 7e RTA, CCI, FFI, avancent vers Notre-Dame de la Garde.

Les pertes sont sévères, mais les points d'appuis ennemis tombent peu à peu. Le 27 août, le 1er Tabor marocain s'empare du fort Saint-Nicolas. Le 28, le général de Monsabert reçoit du général Schaeffer, commandant la 244e division allemande, l'acte de capitulation. Ce même jour, à Toulon, l'amiral Ruhfus se rend au commandant de la 9e DIC. La capture des deux grands ports s'est faite avec un mois d'avance sur les prévisions. Marseille et Toulon vont jouer, jusqu'à la victoire, un rôle précieux pour le ravitaillement des armées alliées : plus de 900.000 hommes, 4 millions de tonnes de matériel, y transiteront.

Parallèlement, dans l'arrière-pays, les forces de la Résistance ont pris l'offensive : par des sabotages, des actions de guérilla, les maquisards harcèlent la retraite ennemie. Les Français vont pouvoir rejoindre les Américains et entamer la poursuite de la XIXe armée allemande : dès le 15 août, des éléments de la lère DB ont atteint Avignon.

Le 28 août, de Lattre envoie un télégramme au général de Gaulle : "... aujourd'hui J+13, dans le secteur de mon armée, il ne reste plus un Allemand autre que mort ou captif". La Provence est libérée.

Entre le 5 et le 25 septembre, la deuxième vague de l'armée française aux ordres du général Béthouart (2e DIM, 5e DB, etc.) débarque à son tour et va rejoindre les unités de la première vague. Dans les Alpes-Maritimes, Américains et Résistants poursuivront les combats durant l'automne. Après de durs affrontements dans le massif de l'Authion, la lre DFL réduira les dernières poches ennemies (Saorge, Fontan...) en avril 1945.

De ces événements, il ne reste souvent que la mémoire, matérialisée par les plaques et les monuments qui, de Villecroze à Cogolin, d'Allauch au Thoron, rappellent aux yeux de tous les actions d'éclat ou les fusillades, les victimes civiles et militaires.

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site internet des Chemins de la Mémoire du ministère de la Défense.
  • Georges Caïtucoli, La France au Combat, Ed. Perrin.
  • François Bédarida, Churchill, Ed. Fayard.
  • Jean-Loup Gassend, Le débarquement de Provence, Ed. Heimdal.
  • Paul Gaujac, Le débarquement de Provence, Ed. Histoire et Collections.
  • Philippe Lamarque et Pierre Miquel, Le débarquement en Provence, Ed. Le Cherche Midi.

 

Le général de Lattre et le général de Larminat, entourés d'officiers alliés de l'état-major.

Le général de Lattre et le général de Larminat, entourés d'officiers alliés de l'état-major.

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Publié le 21 Août 2016

Escadrilles de tradition du 1/3 Navarre (en 1962/1966) 1ère escadrille, SPA 95 « Le martinet », 2ème escadrille, SPA 153 « Le gypaète portant le sceau égyptien ».

Escadrilles de tradition du 1/3 Navarre (en 1962/1966) 1ère escadrille, SPA 95 « Le martinet », 2ème escadrille, SPA 153 « Le gypaète portant le sceau égyptien ».

En août 2011, j'écrivais dans ces colonnes, en évoquant les pilotes et équipages morts en Service Aérien Commandé : « … Alors je souhaite que leur souvenir trouve également sa place dans les pensées de tous ceux qui honorent aujourd’hui, à juste raison, les « morts au Champ d'Honneur ».

 

Je n'étais pas le seul à penser à ces camarades disparus dans le simple exercice de préparation à leur mission de guerre, bien que, comme l'écrivait le général Michel Forget dans un récent article du n°503, de la revue du Souvenir Français: « Les batailles aériennes ne laissent pas de traces au sol... ». Et si, comme il l'évoque, on peut trouver « ici et là une stèle évoquant le sacrifice d'un pilote ou d'un équipage au combat », il est encore plus rare d'en trouver rappelant « le sacrifice d'un équipage ou d'un pilote, tué lors d'une mission d'entraînement en pleine période de paix ».

 

Mais cette omission dans le devoir de mémoire de l'armée de l'air (et des unités de l'aviation de l'armée de terre dont elle est l'héritière) va enfin être corrigée. Sous l'impulsion de quelques anciens têtus, avec l’appui de plusieurs chefs d'état-major successifs, une « Association du Mémorial des Aviateurs » vient de voir le jour. Son but, en liaison étroite avec le Musée de l'air et de l'espace du Bourget, est d'une part de mettre en place, sur l'esplanade du musée, un monument à la mémoire des aviateurs morts en service, et d'autre part d'installer, dans l'enceinte même du musée, une borne mémorielle permettant l'accès à une base de données rassemblant à terme plusieurs dizaines de milliers de noms, avec le maximum de renseignements sur chacun d'eux.

 

Vaste programme, qui demande de faire appel à la participation de tous ceux qui, soit par tradition familiale, soit au cours de leur carrière professionnelle, civile ou militaire, auraient eu connaissance de l'un de ces « morts en SAC » dont enfin la mémoire va sortir de l'oubli.

 

L’Association du Mémorial des Aviateurs est présidée par le général de corps aérien (2S) Yvon Goutx – Adresse : 5, rue Christophe Colomb, 75008 Paris - memorialdesaviateurs@gmail.com - Cotisation annuelle 10€.

 

 

 

Enfin, je voudrais également revenir sur les noms des pilotes cités dans cet article de 2011. Il s’agissait de Jacques Albert, Guy Flament, Francis Barthe, Robert Varnet, Jean-Pierre Petit et Jacques Henry.

 

  • LLT (ORSA) Jacques Albert, CP, 1/3 Navarre, 1ère escadrille, dit « Le gros sac ». Ce surnom n'avait rien à voir avec sa corpulence mais était une allusion transparente à sa fonction de KS (caissier de la « caisse noire » de l'escadron), fonction qu'il assumait avec une efficacité digne d'éloges ! Excellent tireur il était revenu de la Coupe AIRCENT de juin 1963 avec le surnom de « Top gun », ayant obtenu la première place à l'épreuve de « straffing ». Il meurt le 31 décembre 1964 lors d'une collision en vol avec le F-100D du SGC Guy Flament, au-dessus du mont Mezenc.

 

  • SGC Guy Flament, SCP, 1/3 Navarre, 2ème escadrille, dit « Le p'tit boudin », surnom d'origine inconnue. Il meurt lors de cette collision avec l’avion piloté par Jacques Albert.

 

  • CNE Francis Barthe (EA 55) à l'époque au 1/3 Navarre, 2ème escadrille, dit « le beau gosse » ou « l'ancien », célibataire, excellent skieur (il avait terminé 1er au championnat de l'armée de l'air) et danseur émérite ! Il meurt le 30 juin 1968 sur un Stampe SV-4 du CEV de Cazaux, en se « crashant » dans la forêt de Gujan-Mestras.

 

  • CNE Robert Varnet (ORSA), CP, 1/3 Navarre, 2ème escadrille, dit « le clou ». Ce surnom avait une double origine, d'une part la maigreur de l’intéressé, d'autre part son incroyable aptitude à toutes les formes du bricolage. Il était par ailleurs pilote de planeur et responsable à Lahr de la section vol à voile. Il meurt le 12 février 1968 sur Mirage IIIE. A l’atterrissage son appareil touche le sol avant l'entrée de la piste de Nancy-Ochey, rebondit, s'écrase et prend feu.

 

  • LTT Jean-Pierre Petit (EA60), PI, 1/3 Navarre, 2ème escadrille ; se tue le 6 mars 1967 sur Mirage IIIE en percutant un rideau d'arbres en approche du terrain de Dijon-Longvic.

 

  • CNE Jacques Henry (EA 55), CP, à l'époque au 2/3 Champagne, dit « le p'tit chef », surnom d'origine inconnue, peut-être lié au fait que, après une collision en vol, il s'était éjecté et était tombé dans un couvent de religieuses. C'était un 24 décembre ! Lorsqu’il était disponible il leur rendait visite à cette date anniversaire pour partager leur chocolat. Il meurt le 23 novembre 1966. Affecté à la 8e escadre de Cazaux, son Mystère 4A s'écrase sur la dune du Pilat, sans son pilote dont le corps est retrouvé plusieurs années plus tard dans la forêt landaise.

 

 

 

Général de brigade aérienne (2s) Jean-Claude ICHAC

Président honoraire du comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français

 

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