Publié le 18 Septembre 2022

Tirailleurs défilant dans les rues d’Alger, en 1957.

Tirailleurs défilant dans les rues d’Alger, en 1957.

Belkacem Slimani nait le 27 février 1940 à Attala, commune de la Wilaya de Tizi Réniff, en Grande Kabylie. Soldat du 27e régiment de tirailleurs algériens, unité de l’Armée d’Afrique, implantée à Avignon, Tarascon et Arles, il prend part à la guerre d’Algérie.

Le 12 mars 1961, il meurt pour la France à Merouana (qui à l’époque s’appelait Corneille), une commune de la région du Belezma, massif montagneux du nord-est de l’Algérie, non loin de la ville de Batna.

Belkacem Slimani avait 21 ans. Il est enterré dans le cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux, sous le monument aux Morts pour la France.

Le dimanche 25 septembre 2022, la ville d’Issy-les-Moulineaux organisera la commémoration départementale – comme chaque année – en hommage aux Harkis et autres Membres des Formations Supplétives.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Archives militaires – Caserne Bernadotte de Pau.
  • Site « Memorial Gen Web » avec les contributions de Jérôme Charraud, Stéphane Protois et Claude Richard.
  • Crédit photographique : Jacques Grévin, Intercontinentale AFP.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 4 Septembre 2022

Les coloniaux : Paul Joalland.

Fils d’un capitaine d’artillerie de marine, Paul Joalland nait le 8 novembre 1870 en Guadeloupe. Il fait des études au lycée Dupuy-de-Lôme de Lorient. En 1889, il suit les traces de son père et devient à son tour officier dans l’artillerie. Affecté au 1er régiment d’artillerie coloniale (RAC), il est envoyé en Indochine où il combat les Pavillons noirs.

En 1894, après un passage à l’école d’infanterie de Versailles, il est muté au Soudan. Là-bas, il est promu lieutenant. Retour en France l’année suivante pour un poste à l’école de pyrotechnie à Toulon. Il y rencontre le capitaine Voulet, connu chez les officiers de la Coloniale pour avoir mené avec succès une expédition dans le pays mossi (Burkina Faso). Joalland lui demande d’être de la prochaine mission en Afrique.

C’est ainsi que Paul Joalland participe à la Mission Voulet-Chanoine commandée par les capitaines Voulet et Chanoine. Très vite, la colonne est confrontée à des attaques incessantes et se distingue par des représailles violentes. Lorsqu'ils sont connus, ces actes barbares sont condamnés par le gouvernement qui décide de placer Voulet et Chanoine en état d'arrestation. Le colonel Klobb est désigné pour retrouver et arrêter les deux capitaines. Il prend comme adjoint le lieutenant Meynier. Le colonel Klobb rejoint Voulet à Dankori le . Voulet n'obéit pas aux ordres de Klobb, le menace et finalement le tue. Meynier est légèrement blessé. Paul Joalland et les autres officiers de la colonne décident de la quitter. Ils rejoignent, avec le lieutenant Meynier, Nafouta au Soudan.

Quelques jours plus tard, Chanoine et Voulet sont abattus par les tirailleurs soudanais qui refusent de les suivre et rejoignent les autres officiers. Le lieutenant Pallier, qui est le plus âgé, secondé du lieutenant Joalland, prend alors le commandement de la colonne. Ils prennent Zinder (Niger). Le lieutenant Pallier décide de rejoindre le Soudan et confie à Joalland le commandement de la colonne, secondé par le lieutenant Meynier. La colonne prend ainsi le nom de mission Joalland-Meynier. Paul Joalland est promu au grade de capitaine à compter du .

Le capitaine Joalland pacifie le pays. Il organise Zinder et confie au sergent Bouthel le commandement de la place. La mission continue et fort d'une escorte de 165 hommes, le capitaine Joalland se lance le vers le Kanem. La colonne atteint le lac Tchad le . L'expédition repart le . Après la bataille de N’Gouri, les troupes s'emparent de la capitale du Kanem et placent ce pays sous le protectorat de la France. Le , la jonction est faite avec la mission Gentil et la mission Foureau-Lamy (se reporter, sur ce site, aux portraits du commandant Lamy et d’Emile Gentil dans la catégorie La Coloniale). Le commandant Lamy prend le commandement de l'ensemble des missions et s'installe à Kousséri. Le , l'attaque du camp fortifié de Rabah est décidée et les troupes françaises sont victorieuses et Rabah est tué. Le commandant Lamy décède de ses blessures. Le capitaine Joalland retourne à Zinder, où son prestige auprès du sultan de Zinder est immense. Il quitte Zinder le .

Le , le capitaine Joalland arrive à Marseille. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Il reçoit également la médaille coloniale avec agrafe en or. Il se marie en . Il poursuit sa carrière d'officier colonial en Cochinchine (1902-1903) puis au Tonkin (1905-1907). Il est promu commandant en 1907.

En 1914, il part au front à la tête d'un groupe de batteries du 29e régiment d’artillerie. Il est promu lieutenant-colonel en 1915 et participe aux opérations en Alsace et sur le front de Soissons à Saint-Quentin. Il se distingue particulièrement à l'attaque de Seppois qui précède la première offensive de Verdun et termine la guerre avec le grade de colonel.

À la fin du conflit, il retrouve les colonies et commande l'artillerie à Madagascar. Il prend en 1922 le commandement du 1er régiment d'artillerie coloniale (RAC) à Lorient basée au quartier Frébault. En 1925, il repart en Afrique-Occidentale française.

Il prend sa retraite à Lorient. Le , il est promu général de brigade au titre de réserve. Il décède le à Lorient lors des premiers bombardements de la ville par la Royale Air Force. Il avait écrit Le Drame de Dankon : mission Voulet-Chanoine – Mission Joalland-Meynier, paru aux Editions Argo en 1930.

 

Sources :

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Ministère des Armées.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 7 Août 2022

A Jean Fauquenot, l’étudiant de Vanves.

Jean Fauquenot nait à Paris le 16 novembre 1900. Il est le fils d’Emile et d’Amélie Hackaerts. Etudiant au lycée Henri IV de Paris, il devance l’appel (il est de la classe 1920) et s’engage comme volontaire au bureau de Vanves, là où habitent ses parents.

 

Il est affecté au 49e régiment d’infanterie en 1918. Le 49e est le régiment de Bayonne, unité de la 71e brigade d’infanterie et est placé sous le commandement du colonel de France. Entre 1914 et 1918, 2.484 officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 49e vont mourir pour la patrie.

 

En septembre 1918, le régiment se trouve devant Allemant, dans le département de l’Aisne. Voici un extrait de l’historique du 49e RI, écrit après la guerre (donc romancé) et imprimé par Berger-Levrault, comme un très grand nombre d’historiques de régiments.

 

« Dans la grande envolée triomphale, le 49e aura lui aussi sa part de gloire. Le 16 septembre, il relève devant Allemant la Légion étrangère, et dans ce pays chaotique, où l'on n'a même pas le temps d'enterrer les cadavres, où partout les mitrailleuses sèment la mort, à peine installé, il attaque. Adossé à la ligne Hindenburg, l'ennemi se défend avec acharnement et contre-attaque sans relâche. Le 17, le 18 et le 19, pied à pied nous progressons. Revenu à la lutte âpre du début, on se bat pour le moindre trou de terre et le soir, comme en 1915, les lignes ne sont pas à plus de 30 mètres. C'est que, d'un côté comme de l'autre, on sait bien que pas un pouce de terrain si chèrement acquis ne peut être perdu. Le 25, à deux reprises, l'ennemi contre-attaque, sous un feu terrible. Accueilli à coups de grenades et de V. B., il échoue, laissant de nombreux cadavres. Dès lors, par infiltration, la lutte recommence, et ce ne seront plus que d'acharnés corps à corps pour la prise ou la reprise d'éléments perdus. Tant d'efforts devaient avoir leur récompense. Le 28, par une matinée superbe, étonnés et ravis de pouvoir enfin lever la tête hors de leurs trous de taupes, nos fantassins descendent des hauteurs de La Motte, passent sur les tranchées ennemies évacuées en hâte et ne sentant plus, dans la joie de la victoire, les fatigues épuisantes des derniers jours, portent vaillamment leurs lignes au-delà de Pinon, dans la forêt sombre et traîtresse, près du canal. »

 

C’est le 25 septembre que Jean Fauquenot est tué. Il était titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme ; il est cité : " Engagé Volontaire en 1918, de la classe 1920 courageux et dévoué le 25/09/1918 à Allemant (Aisne) servant d'un fusil mitrailleur et resté à son poste, malgré un gros bombardement, blessé n'a pas voulu quitter ses camarades, tombé glorieusement au cours du combat".

 

Et le journal se termine par ses mots en novembre 1918 : « Enfin, c’est la course large où chaque pas est une conquête, où chaque jour est un village arraché à l'envahisseur. Pour la deuxième fois lui apparaît l'Alsace, l'Alsace au fin sourire, et le rêve finit sous ses grands nœuds de soie. Le Régiment... repose !!! Soldat, toi qui viendras, toi qui es l'avenir, sois fier de ton drapeau, et si ton cœur hésite pense à tous ceux de tes aînés qui lui ont donné leur dernier regard. »

 

Jean Fauquenot repose dans une tombe familiale dans le cimetière de Pinon, non loin de là où il a été tué. Il avait 17 ans.

 

 

Sources :

 

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle du soldat Fauquenot avec les contributions de Claude Richard, Didier Mahu, Bernard Roucoulet, Gérard Doucet, Laetitia Filippi et Martine Poncelet.
  • Site de la ville de Vanves : www.vanves.fr
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Site Chtimiste sur les unités de la Première Guerre mondiale.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

 

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Publié le 23 Juillet 2022

Batterie d'artillerie en Algérie, en appui d'une opération dans une vallée.

Batterie d'artillerie en Algérie, en appui d'une opération dans une vallée.

En ce mois de juillet 2022, l’Algérie fête le soixantième anniversaire de son indépendance. La France commémore les Accords d’Alger, mais aussi ne veut pas oublier certains événements terribles comme le massacre d’Oran le 5 juillet 1962.

Localement, à Issy-les-Moulineaux, Jacques Prieur aurait pu fêter ses 87 ans ce 5 août 2022. Mais il est Mort pour la France en Algérie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Jacques Prieur était canonnier de 1ère classe de la 1ère batterie du 4e régiment d’artillerie coloniale. Appelé du contingent, il avait rejoint cette unité créée en 1900 en Indochine et implantée au Tonkin (Hanoi, Lang Song et Haiphong).

Le 1er juin 1958 à Tiberbatine, sur le territoire militaire d’Aïn-Sefra, commune de Colomb-Béchar, Jacques Prieur est tué au combat.

Le 9 septembre suivant, le général Michel de Brébison, alors Directeur des Troupes d’Outre-Mer, signe l’acte de décision de la mention « Mort pour la France » sur le carnet militaire de Jacques Prieur.

Jacques Prieur est enterré dans le cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Archives militaires – Caserne Bernadotte de Pau.
  • Site « Memorial Gen Web » avec les contributions de Jérôme Charraud, Stéphane Protois et Claude Richard.
  • Crédit photographique : Blog (canalblog) sur les études coloniales.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 7 Juillet 2022

A Louis Cottin, mort pour la France.

Louis Cottin nait le 13 juin 1885, à Goudelin, dans les Côtes d’Armor, non loin de Guingamp. Il est le fils d’Yves-Marie et de Louise-Marie Barbe. De profession fraiseur, habitant Issy-les-Moulineaux, il épouse le 25 février 1911 Catherine Bohec, une Bretonne, née à Guimaëc dans le Finistère.

Sous-lieutenant au 48e RI (régiment d’infanterie), régiment de Bretons, puisque son casernement ou lieu de regroupement est Guingamp. L’unité fait partie de la 37e brigade d’infanterie, de la 19e division et du 10e corps d’armée.

 

Extrait de l’historique du 48e régiment d’infanterie (imprimé chez Oberthur à Rennes en 1920) :

« Le 20 février, l'ennemi lançait sur Verdun la formidable attaque qu'il croyait invincible. Le 48e fut appelé dans le secteur du Mont des Allieux, puis d'Avocourt ; il y resta jusqu'à la fin d'avril, travaillant sans relâche, veillant et combattant.

Le colonel Sousselier a été nommé au commandement de la 37e brigade, en remplacement du colonel Largeau, tué à l'ennemi, et le lieutenant-colonel de Reynies prend, le 3 avril, le commandement du régiment. Le 6 avril, un détachement composé de la 8e compagnie, d'une section de bombardiers, de travailleurs de la 11e compagnie, de deux sections de mitrailleuses, du 886 R.I., reçut mission d'attaquer le Bois carré d'Avocourt, en liaison avec le 59e d'infanterie. La 8e compagnie, avec la section de bombardiers, attaqua avec une vigueur remarquable, enleva un poste solide, et s'accrocha à la lisière du bois et au boyau de l'ouvrage des Rieux, d'où les contre-attaques violentes de l'ennemi ne purent la déloger, malgré les fortes pertes qu'elle avait éprouvées. Une citation à l'Ordre de l'Armée fut décernée à la 8e compagnie et à la section de bombardiers pour leur brillante conduite du 6 avril.

A la fin de mai 1916, les Allemands avaient fait un nouvel effort près de Verdun, en enlevant le bois des Corbeaux et le village de Cumières. Le 48e fut appelé à la droite du 71e, sur un terrain sans organisation entre Chattancourt et Cumières, des pentes est du Mort-Homme à la Meuse ; il opposa à l'ennemi son infranchissable barrière.

Pendant cinq jours, du 1er juin au 5 juin, le canon lourd allemand s'acharna sur ses lignes, causant 110 pertes au seul 3e bataillon, mais toutes les reconnaissances ennemies furent repoussées et les tranchées hâtivement construites restèrent inviolables. Presque tout le mois de juin se passa dans ce rude secteur ; les hommes ne quittaient le fusil et la grenade que pour prendre la pioche et le fil de fer des réseaux. »

 

Le sous-lieutenant Louis Cottin tombe sous les balles de l’ennemi le 1er juin 1916. Il reçoit la Légion d’honneur et est cité à l’ordre de l’armée : « Sous-lieutenant au 48e régiment d'infanterie : officier d'une bravoure remarquable qui a donné le 1er juin, un exemple magnifique de fermeté d'âme et d'énergie devant la souffrance alors que l’œil crevé par un éclat d'obus à six heures, il conservait le commandement de sa troupe sous un bombardement effroyable au cours duquel il a été tué à seize heures. »

Inhumé initialement à Fromeréville dans la Meuse, son corps est transféré dans la nécropole nationale des Glorieux non loin de là.

 

 

Sources :

 

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle du sous-lieutenant Cottin avec les contributions de Corinne Mazo, Claude Tollemer, Olivir Schlienger, Jérôme Charraud, Gérard Peugnet et Philippe Frilley.
  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux : www.issy.com
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Site Chtimiste sur les unités de la Première Guerre mondiale (site remarquable !).
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

 

 

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Publié le 21 Juin 2022

En Indochine, il n’y avait qu’un tigre et il s’appelait Roger Vandenberghe.

De faits d’armes en exploits.

Roger Vandenberghe nait à Paris le 26 octobre 1927. Pupille de l’assistance publique, il prend une part active aux combats de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, alors soldat de la 1ère armée « Rhin et Danube » il est blessé dans les Vosges.

Sitôt cette guerre terminée, il part en Indochine en découvrir une autre. Volontaire pour être des coups les plus audacieux, il est nommé chef du commando n°24 « Les Tigres Noirs » ; unité qu’il a créée avec des prisonniers capturés et qu’il a retourné. Sous-officier en 1948, il passe en quelques années adjudant-chef.

Il reçoit 15 citations au feu dont 6 palmes (d’où la longueur de ses médailles) et sera blessé huit fois. Les exploits les plus insensés marquent sa guerre. Un jour, il apprend que sa tête est mise à prix par le Vietminh. Il se constitue prisonnier, demande et empoche l’argent de sa rançon, puis il tue ses geôliers et s’en retourne dans ses lignes ! D’autres exploits et faits d’armes sont accomplis et en trois ans : habillés en Vietnamiens pour mieux se fondre dans les lignes ennemies, son commando inflige plus de pertes au Vietminh que toute une division. Le 30 mai 1951, il est de l'attaque de Ninh Binh pour récupérer le corps du lieutenant Bernard de Lattre de Tassigny, son ami, tué lors de la chute de son poste dans cette région dite des calcaires.

Le , le sous-lieutenant Nguien Tinh Khoï (ancien commandant de l'unité d'assaut du régiment 36 de la brigade 308 du Vietminh, capturé lors de la bataille du Day en 1951) le trahit et l'assassine pendant son sommeil à Nam Dinh, ainsi que le sergent Puel. Vandenberghe aura traversé la guerre d’Indochine comme un éclair et est mort à 24 ans.

Sa tombe porte le numéro 263 au cimetière de Nam Dinh. Avec l'appui de plusieurs associations d'anciens combattants d'Indochine, son cercueil, ainsi que celui de son frère Albert, sont rapatriés en France dans leurs régions d'adoption en 1987, Albert au cimetière d'Arthez-de-Béarn et Roger au cimetière de Castillon, un village voisin. Une stèle en son nom domine la vallée du Béarn.

De la famille de Lattre de Tassigny il est justement question !

 

De Lattre de Tassigny père et fils.

Voici un récit lu sur plusieurs sites et forums dédiés à la guerre d’Indochine. Nous sommes en mai 1951. Le général de Lattre de Tassigny est avec son fils, le lieutenant Bernard. Il lui demande :

  • Dis-moi Bernard, quel est cet escogriffe planté sur la piste comme un poteau télégraphique et qui me fixe du regard ?

Bernard de Lattre répond :

  • Entre le Day et le fleuve Rouge, tout le monde le connaît, c'est Vandenberghe.

Le jeune sait l'intérêt que porte son père aux hommes qui sortent du commun. Le général se rapproche et, lorsqu'il est à 6 pas, il voit Vandenberghe se figer et saluer.

  • Que fais-tu sur ce terrain ? questionne le grand chef.

Après avoir fait exécuter une marche sportive de 20 km en zone ennemie à ses hommes, Vandenberghe dit :

  • Je suis venu vous voir. C’est un honneur pour un soldat que de voir un grand chef, un vrai.

De Lattre ne répond pas, son fils Bernard voit dans les yeux de son père, qu'il a été touché par l'hommage rendu par Vandenberghe.

  • Tu es Adjudant, m'a-t-on dit, qu'est-ce que tu fiches dans cette tenue et sans galons ?
  • Mon Général, je reviens de la guerre, je ne porte jamais de galons, parce que je me déplace seulement en zone viet.
  • Et tu crois que c'est payant ?
  • Oui, je vais les chercher dans leurs zones, dans les grottes ou la forêt, il m'arrive de les faire sauter avec leurs propres grenades ou mines que je leur fauche. Ce matin, j'ai ramené un officier qui connaît le stationnement de la brigade d'assaut 304...

De Lattre sourit, cet homme me plaît, il dira de lui, quelques jours plus tard :

  • C'est un peu comme si un tigre, en plus de ses crocs, de ses griffes et de sa détente, recevait un permis de chasse...

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédies Wikipédia et Larousse.
  • Site Marsouins du Monde.
  • Site Soldats de France.
  • Site Forum-militaire.
  • Hugues Tertrais, Regards sur l’Indochine, Gallimard, 2015.
  • Guy Leonetti (sous la direction de), Mémorial Indochine, Ministère de la Défense, 2014.
En Indochine, il n’y avait qu’un tigre et il s’appelait Roger Vandenberghe.

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Publié dans #Indochine

Publié le 10 Juin 2022

Au lieutenant d’aviation Pierre Meyzonnier.

Le nom de Pierre Meyzonnier est inscrit sur le monument aux morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux car au moment de son décès, pour la France, il était habitant de la ville, au 4 de la rue Edouard Voisembert.

Il y a quelques années de cela, nos collègues du Souvenir Français de la ville d’Apt, dans le Vaucluse, ont retrouvé une vieille plaque, couverte de poussière, dans la cave de la mairie. Une plaque à la mémoire de Pierre Meyzonnier, qui fut commissaire de police de cette ville de 1935 à 1937.

La mairie l’a alors confiée au comité local du Souvenir Français qui, fidèle à son engagement, a effectué des recherches et publié l’article que voici :

« Né à Venise en Italie, le 21 septembre 1911, Pierre Meyzonnier, après de brillantes études de Droit, est nommé commissaire de police stagiaire. Il prend son premier poste à Apt en août 1935. Un an et demi plus tard, il quitte notre ville pour Paris où il est affecté au Contrôle général des Services de police criminelle. Lieutenant pilote de réserve, il est mobilisé en août 1939 et affecté au bataillon de l’air n°112. Le 5 juin 1940, au matin, aux commandes de son avion, il assure avec 21 autres appareils Bréguet et Curtiss, une mission aérienne dans la région d’Abbeville (Somme). Arrivés sur zone, ils sont attaqués par une quinzaine de Bf109 allemands. Le combat fait rage, sept avions ennemis sont abattus. L’appareil de Pierre Meyzonnier tombe en flamme, au milieu d’une prairie, sur la commune de Beaucamps-le-Vieux. Retiré des débris, le corps sans vie de cet officier est inhumé dans le cimetière communal où les honneurs militaires lui sont rendus. Cité à l’ordre de l’Armée aérienne, la Médaille militaire et la Croix de guerre avec palme lui sont attribuées à titre posthume. »

Et le vendredi 8 juin 2018, la mairie, les anciens combattants, les habitants et le Souvenir Français d’Apt ont procédé à l’inauguration de la plaque rénovée, qui figure à l’entrée du nouveau bureau de police.

Merci à nos chers collègues : vous honorez nos valeurs !

 

Sources :

Au lieutenant d’aviation Pierre Meyzonnier.

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Publié le 6 Juin 2022

Les coloniaux : Hubert Lyautey.

Hubert Lyautey nait à le 17 novembre 1854.

Issu d’une vieille famille franc-comtoise, Hubert Lyautey, comment nombre de ses ancêtres (notamment sous le Premier empire) se destine très tôt à la carrière militaire et entre à Saint-Cyr en 1873. Après avoir poursuivi sa formation à l’école de guerre, il est envoyé en Algérie où il demeure deux ans comme officier de cavalerie. Rentré en Europe, Lyautey, fervent monarchiste, rend visite dans son exil au comte de Chambord, pour lui témoigner son dévouement. Mais, devant la division et la faiblesse des royalistes, ce légitimiste de cœur doit cependant se rallier, par raison, à la République.

En 1894, Hubert Lyautey, qui est appelé à accomplir l’essentiel de sa carrière hors de la métropole, quitte de nouveau la France pour le Tonkin d’abord, puis pour Madagascar, en 1897, où il part avec Gallieni. Devenu colonel, en 1900, Lyautey parvient à pacifier la région et à en favoriser le développement économique.

En 1903, il est appelé par le gouverneur général Jonnart, en Algérie. Œuvrant avec efficacité pour le maintien de la paix, il y reçut ses étoiles de général. En 1912 enfin, celui qu’on allait surnommer Lyautey l’Africain devient le premier résident général de France au Maroc. Il donne là toute la mesure de son génie de stratège et de grand administrateur. Ayant pris rapidement une connaissance parfaite de la région, du terrain et des mœurs comme des tribus, il est soucieux de respecter la religion islamique dont il s’instruit, et de respecter aussi la personne du sultan, Commandeur des croyants. Il sait s’attirer la confiance des élites locales, prenant dans son sens exact le terme de protectorat. Il sait pacifier et il sait bâtir, créant notamment avec Casablanca les premières structures du Maroc moderne.

Pendant la première guerre mondiale, il quitte temporairement ses fonctions pour devenir, entre décembre 1916 et mars 1917, ministre de la Guerre dans le cabinet Briand. Après avoir regagné le Maroc, il est fait, en 1921, maréchal de France. Mais l’hostilité du cartel des gauches lui ôte, durant le gouvernement Painlevé, le commandement des troupes engagées contre la rébellion d’Abd-el-Krim pour les confier à Pétain, ce qui le conduit à donner sa démission et à rentrer définitivement en France, en 1925. Il y remplit, avant de mourir, une dernière mission : l’organisation de l’Exposition coloniale de 1931.

Caractère exceptionnel, doué d’une remarquable intelligence dans l’action, Hubert Lyautey a consacré quelques ouvrages au métier militaire. L’essai qu’il publie en 1891 dans La Revue des deux mondes, Du rôle social de l’officier dans le service militaire universel, dans lequel il fait connaître sa conception humaniste de l’armée, a un grand retentissement et influence toute une génération d’officiers. Il développe ces thèmes dans un ouvrage, Le rôle social de l’armée (1900), et publie également Dans le sud de Madagascar, pénétration militaire, situation politique et économique (1903), le fruit de son expérience coloniale.

Hubert Lyautey n’est pas encore maréchal de France quand il est élu à l’Académie française, le 31 octobre 1912, au fauteuil d’Henry Houssaye par 27 voix. Il n'est reçu qu’après la guerre, le 8 juillet 1920, par Mgr Duchesne.

Mort en France, le 27 juillet 1934, Lyautey est, selon ses dernières volontés, enseveli à Rabat. En 1961, après l’indépendance du pays, sa dépouille est ramenée en France pour être déposée aux Invalides.

 

Sources :

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Site de l’Académie française.
  • Lyautey par André Le Révérend, Fayard, 1989.

 

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Publié dans #La Coloniale

Publié le 23 Mai 2022

A Célestino Alphonso.

Célestino Alphonso (ou Alfonso) nait le 1er mai 1916 à Ituero de Azaba, en Espagne, dans la région de Salamanque. La famille émigre en France en 1927 et s’installe à Ivry-sur-Seine. Le jeune garçon apprend le métier de menuisier et s’installe à Issy-les-Moulineaux.

Mais dès l’âge de 20 ans, il décide de repartir pour son pays natal afin d’y aider ses compatriotes aux prises avec les Franquistes. Célestino devient officier des milices communistes espagnoles, commissaire politique dans la 2e Brigade internationale. En février 1939, alors qu’il rentre en France, il est interpellé et interné au camp d’Argelès-sur-Mer et en sort le 7 décembre.

De retour à Paris, et après quelques mois de travail, il est de nouveau arrêté et envoyé en Allemagne, d’où il revient en juin 1941. Alors, il milite pour le Parti communiste clandestin et distribue des tracts. Plusieurs membres de son groupe de résistants sont arrêtés. Il s’éloigne de Paris et s’installe à Orléans. En juillet 1943, il intègre les FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans – Main d’œuvre immigrée) de la région parisienne et participe à plusieurs opérations. La plus célèbre est l’assassinat du haut dignitaire nazi Julius Ritter, Responsable du STO (Service du Travail Obligatoire) en France. Pour son coup de main, il est accompagné de Missak Manouchian, Léo Kneler et Marcel Rayman (en fait, ils n’apprirent l’importance du personnage qu’avec les journaux allemands des jours suivants).

Le 17 novembre 1943, Célestino est arrêté une nouvelle fois et interné à Fresne. Il est condamné à mort pour sept meurtres reconnus de militaires allemands. Le 21 février 1944, il est fusillé dans la clairière du Mont Valérien.

Pour l’avant-dernier survivant du groupe Manouchian, mort en 2011, Henri Karayan, que les Isséens ont bien connu : « Célestino était notre meilleur tireur : une balle ça suffisait. Une balle ou deux ».

Célestino Alphonso est inhumé au cimetière communal d’Ivry.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site : https://www.memorialgenweb.org/
  • Des remerciements pour leur travaux à Jérôme Charraud et Bernard Laudet, contributeurs du site Memorial GenWeb.

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Publié le 9 Mai 2022

A Alain Grout de Beaufort, Compagnon de la Libération.

A Vanves, dans les locaux du lycée Michelet se trouve une plaque commémorant la mémoire de 41 anciens élèves, morts au cours de la Seconde Guerre mondiale. Parmi ces 41 noms figure celui d’Alain Grout de Beaufort, Compagnon de la Libération.

Alain Grout de Beaufort nait le 3 mai 1918 à Châtellerault dans la Vienne. Il est le fils d’Ernest Grout de Beaufort, officier de cavalerie, et d’Anne Creuzé. Habitant le château de Kerascouët à Saint-Yves en Bubry, dans le Morbihan, le jeune Alain poursuit ses études au lycée Michelet de Vanves avant d’entrer au sein de l’armée de l’Air. Aspirant au début de la guerre, il rejoint le Maroc après l’armistice puis rentre en France pour prendre part à des opérations clandestines avec ses frères Jacques et Guy. Parmi leurs faits d’armes, il faut noter le balisage des côtes pour diriger les bombardements de la Royal Air Force.

Agent du réseau de la Confrérie Notre-Dame du colonel Rémy (Gilbert Renault), il embarque pour l’Angleterre le 17 juin 1942 pour s’engager dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL). Il est affecté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) et y dirige l’organisation des services « Action ».

Le 14 avril 1943, il est parachuté den France pour prendre le commandement du Centre d’opérations de parachutages et d’atterrissages (COPA) de la Région R6 (les départements du Puy-de-Dôme, de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Cher). Bientôt, il est également nommé Délégué militaire régional en R6. Par la suite, il réorganise le Service des opérations aériennes à Paris, comme chef du Bureau des Opérations Aériennes (BOA) pour la Région P (Paris) en 1944. Il gère également les parachutages sur le Morvan (centre de la Bourgogne) et sauve le maquis de Lormes (Nièvre).

Nommé adjoint de Jacques Chaban-Delmas à la direction militaire de la Zone Nord, il ne conserve ce poste que peu de temps : le 27 juillet 1944, il tombe dans un traquenard de la Gestapo et est arrêté en compagnie d’André Baude et André Rondenay (délégué militaire zone Nord). Ils ne sont pas formellement identifiés. Déportés, ils doivent faire parties des derniers convois pour l’Allemagne. Mais un ancien compagnon les reconnait sur le quai d’embarquement de la gare de Pantin. Alain Grout et André Rondenay sont alors emmenés dans une villa pour être torturés par la Gestapo, puis peu après sont fusillés en forêt de Domont dans le Val d’Oise.

Alain Grout de Beaufort avait le grade de lieutenance-colonel, était Compagnon de la Libération, croix de Guerre 39-45, médaillé de la Résistance avec rosette à titre posthume, Military Cross. A noter encore : les frères d’Alain Grout de Beaufort, Bernard et Jacques, de même que ses beaux-frères Jacques Bretagne et Henri Garnier sont tous Morts pour la France.

Outre le lycée Michelet, le nom d’Alain Grout de Beaufort apparait sur le monument aux morts de la commune d’Inguiniel, à Sainte-Anne-d’Auray, à Saint-Martin-du-Puy, dans la Nièvre, sur la plaque commémorative du prytanée militaire de La Flèche dans la Sarthe et sur le monument commémoratif de la Résistance à Domont.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site : https://www.memorialgenweb.org/
  • Des remerciements pour leur travaux à Jean Le Floch, Laurence Le Troedec, Pierre Gomez, Liliane Pizzighella, Claude Richard, Joël Godin, Philippe Frilley, contributeurs du site Memorial GenWeb.

 

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