Publié le 20 Juin 2016

Robert Choffé prononçant son discours de remerciements.
Robert Choffé prononçant son discours de remerciements.

Samedi 18 juin 2016, à l’issue de la commémoration relative à l’anniversaire de l’Appel du général de Gaulle, la municipalité d’Issy-les-Moulineaux et le Comité de la Société des membres de la Légion d’Honneur de la ville, ont organisé la remise des insignes de chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur, à Monsieur Robert Choffé, membre de notre comité du Souvenir Français.

Robert Choffé était à l’occasion parrainé par Michel Rossignol, président du Comité local de l’association ACPG-CATM et maire-adjoint honoraire d’Issy-les-Moulineaux. Michel Rossignol a prononcé le discours suivant :

« Monsieur le Député-maire,

Monsieur le Président de la SMLH,

Messieurs les Présidents des associations d'anciens combattants,

Mesdames, Messieurs,

Cher Robert Choffé,

C'est un grand honneur pour moi d'avoir été sollicité par Robert Choffé pour être aujourd'hui son parrain. Jamais je n'aurai imaginé lorsque j'avais 9 ans en 1944, qu'un jour, un ancien FFI, comme ceux que je voyais courir dans les rues, accompagnant et guidant des soldats de la 2e DB pour déloger les occupants, nombreux, de l'École Militaire, à 300 mètres de chez moi, me demanderait de le parrainer pour lui remettre cette prestigieuse décoration.

Robert Choffé, vous êtes né le 8 août 1925, vous allez avoir bientôt 91 ans. A 19 ans, vous vous engagez dans les FFI à Issy-les-Moulineaux après avoir été apprenti chez Renault ou vous êtes entré en octobre 1940 comme mouleur-fondeur à l'atelier de fonderie de bronze.

Bien qu'étant encore «mineur», vous commencez déjà à vous révolter contre l'occupant en ajoutant du plomb dans le bronze destiné aux pièces de locomotives. Après la destruction de la fonderie par un bombardement, vous êtes réquisitionné par l'occupant pour remettre en état les voies de chemin de fer détruites par les bombes. Vous vous manifestez à nouveau avec l'aide d'un copain de votre âge en enfouissant des traverses et des pièces métalliques nécessaires à la remise en état des voies qui devaient permettre le transport de troupes ou de matériel de guerre. Cet engagement dans les FFI vous permettra de participer à la prise de ce qui a été appelé le campement d’Issy-les-Moulineaux dans l'île St Germain.

Après avoir été regroupés au Grand Séminaire, vous décidez de vous engager pour la durée de la guerre au Fort de Vincennes. Nous sommes en septembre 1944. Suite aux tests que vous avez effectués vous êtes versé au 32e régiment d'artillerie; vous êtes alors spécialisé dans l'orientation et le calcul des positions de canon de 155 court mais aussi dans le déminage. Votre régiment est alors appelé à la résorption de la poche de Royan et vous vous illustrez à la pointe de Vallières et dans l'île d'Oléron, pour le déminage de plusieurs positions de batteries, ce qui vous vaut une citation à l'ordre du Régiment avec attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

Votre régiment participe ensuite à l'occupation de l'Allemagne. En juillet 1945, après le peloton de sous-officier, vous êtes nommé maréchal des logis et vous serez libéré le 9 février 1946. Vous êtes par ailleurs titulaire de la Croix du Combattant Volontaire, de la Médaille Militaire, du titre de Reconnaissance de la Nation.

Bravo, et mes félicitations pour ce brillant parcours.

Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d'Honneur.

Avec toutes nos félicitations ».

Michel Rossignol.

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Publié le 14 Juin 2016

Capitaine Dominique Bonelli.

Le samedi 11 juin 2016, s’est éteint le capitaine Dominique Bonelli.

Corse, né en Algérie, d’un père militaire, Dominique Bonelli s’engage à l’âge de 22 ans et part pour l’Indochine. Il est lieutenant au 8e choc sous les ordres du capitaine Pierre Tourret. Fait prisonnier, il est de ceux qui font La Longue Marche : les 10.000 prisonniers de Diên Biên Phù vont parcourir une distance de 700 kilomètres pour rejoindre plusieurs camps de prisonniers. Parcours puis emprisonnement dans des conditions effroyables puisque plus de 70 % d’entre eux ne reviendra pas.

A l’issue de la guerre d’Indochine, Dominique Bonelli réalise son rêve : il intègre la Légion étrangère. Départ pour la guerre d’Algérie où il sert sous les ordres du prestigieux colonel Jeanpierre. Il est blessé à deux reprises. L’Algérie, c’est aussi une certaine idée de la France, de l’engagement et de la fidélité. Avec pour maître mot : ne pas trahir.

Au moment du putsch des généraux à Alger contre la politique du général de Gaulle, Pierre Sergent, dans son ouvrage Je ne regrette rien (Fayard, 1972) indique : « De la villa, la vue était sublime. Une Méditerranée de carte postale, immobile et violemment colorée par un soleil vertical. Midi sur la ville blanche. Située sur les hauts d'Alger, cette villa des Tagarins dominait la baie. Là-bas, sur une éminence, parmi les eucalyptus, se dressaient les murailles blanches du Fort-l'Empereur, édifié par Charles Quint... Mais l'heure n'était pas aux méditations historiques ni aux émotions touristiques. Et l'homme tourné vers ce merveilleux paysage n'était nullement enclin à la poésie, malgré un regard bleu, presque transparent. Il tirait méthodiquement sur une courte pipe recourbée. C'était le général Challe. Le général Challe attendait le commandant de Saint-Marc. Ce vendredi 21 avril, Challe était arrivé aux Tagarins, accompagné du colonel Broizat et du général Zeller. La veille, à 1 heure du matin, tous trois avaient atterri en secret à Blida, après avoir pris clandestinement l'avion en métropole, à l'aérodrome militaire de Creil. Et ils se retrouvaient à Alger, dans cette villa où un petit état-major occulte préparait la conquête de la cité. Pour l'essentiel, le plan prévoyait le mouvement d'une unité, la plus sûre : le 1er régiment étranger de parachutistes. A eux seuls, les légionnaires prendraient la ville. Ils seraient toutefois aidés par une unité de parachutistes dont l'objectif était ce fort de Charles Quint où, gardées par le colonel de gendarmerie Debrosse, se tenaient les autorités civiles d'Alger qu'entouraient quelques poignées d'officiers supérieurs. Le 1er R. E. P. assurerait donc le gros du travail. La caserne Pélissier, où siégeait le corps d'armée d'Alger : objectif de la 1re compagnie, dont le commandant était assisté par le capitaine Rubin de Cervens et le lieutenant Godot, et de la 2e compagnie, aux ordres du lieutenant Oliviet Picot d'Assignies. Les émetteurs radio d'Ouled-Fayet : 3e compagnie du capitaine Estoup. La Délégation générale : compagnie portée du lieutenant Durand-Ruel. L'école de police d'Hussein Dey : la compagnie d'accompagnement, avec les capitaines Ponsolle et Carreté. La 4e compagnie du capitaine Bonelli serait tenue en réserve. »

Jugé avec ses pairs, le capitaine Bonelli est condamné à la prison avec sursis et doit quitter l’armée. Il était titulaire de nombreuses décorations ; entre autres, grand officier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre, 10 citations, TOE, Croix de la Valeur Militaire, 2 blessures de guerre. Il avait 88 ans.

En 2008, le capitaine Bonelli avait décidé de se confier à Bénédicte Helcégé, dans un ouvrage intitulé L’Arbre à Papillons, dont Roger Faulques, Grand officier de la Légion d’honneur avait écrit la préface : « Dominique Bonelli appartient à cette race des orgueilleux et son ambition l’a porté à toujours être parmi les meilleurs des meilleurs. La Légion étrangère et la guerre lui permirent d’exercer cette volonté absolue. Porte-drapeau du 1er REP, en 1961 les événements l’ont contraint à tout quitter, la mort dans l’âme, la rage au cœur, avec la douleur de perdre ce qu’il aimait par-dessus tout : la vie partagée avec ses légionnaires. Il s’est battu pour repartir de rien et, à nouveau, viser l’excellence. Avec une volonté farouche pour rebondir, il a gardé son goût du combat et du dépassement : activité professionnelle, sports de compétition, il a gravi les échelons avec enthousiasme, sans jamais perdre cet optimisme et cette joie de vivre qui l’habitent toujours. Tous deux, nous avons aimé la guerre, propos choquants aujourd’hui où l’aspiration naturelle à la paix se confond trop souvent avec le pleutre et inconscient pacifisme…Nous avons aimé la guerre parce qu’elle ne permet pas de tricher : face à lui-même, à la souffrance et à la mort, l’homme exprime ce qu’il est vraiment. Il se bat pour une cause qui le dépasse. C’est ce qui donne sa vraie grandeur à un Soldat digne de ce nom. Si la vie nous a conduits sur des voies bien différentes, notre amitié a traversé, sans faiblir, les années qui sont derrière nous… et continuera à nous unir pour celles qu’il nous reste à parcourir. »

Les obsèques du capitaine Dominique Bonelli auront lieu le jeudi 16 juin à 11 heures aux Invalides et seront suivies des honneurs militaires.

Sources :

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Publié le 7 Juin 2016

Le chasseur de mines Andromède.

Présentation.

Les chasseurs de mines du type "tripartite" ont été construits en coopération entre la France, la Belgique et les Pays-Bas. L'Andromède a été construit par la Direction des Constructions Navales (DCN) à Lorient : Mis sur cale le 5 mars 1980, il est lancé le 22 mai 1982 et entre en service le 19 octobre 1984.

L'Andromède est basé à Brest et la ville d’Issy-les-Moulineaux parraine le chasseur de mines Andromède depuis le 9 novembre 1985.

Missions.

  • Détection, localisation, classification, identification puis destruction ou neutralisation des mines par fonds de 10 à 80 mètres.
  • Guidage des convois sous menace de mines.
  • Travaux sous la mer, recherche d'épaves.

Caractéristiques.

  • Coque en composite verre/résine polyester
  • Déplacement : 615 tonnes en pleine charge
  • Dimensions : 51,5 x 8,90 x 3,80 mètres
  • Tirant d'air : 21,50 mètres
  • Vitesse maximale : 15 nœuds sur propulsion principale, 7 sur propulsion auxiliaire
  • Distance franchissable : 3000 nautiques à 12 nœuds
  • Autonomie : 15 jours
  • Stabilisation au roulis à vitesse nulle

Énergie et Propulsion.

  • Moteur principal: moteur diesel Werkspoor-Wärtsilä ARUB 215 V 12 ; 1 hélice à pas variable ; 1900 ch (1.400 kW)
  • Propulsion auxiliaire: 2 gouvernails actifs ACEC de 120 cv ; 1 propulseur d'étrave
  • Énergie électrique: 3 turbogaz alternateurs Astazou de 250kW ; 1 alternateur diesel DAF de 180 kW

Équipements électroniques.

  • 1 radar Racal-Decca DRBN-38
  • 1 sonar DUBM-21 E (TSM 2022 Mk 3 )
  • 1 sonar SPIV (sonar propulsé à immersion variable)
  • Système de pilotage automatique
  • Système de radionavigation Syledis
  • Système numérisé de transmissions intérieures SNTI
  • Système de transmission par satellite Inmarsat mini M

Armement.

  • 1 mitrailleuse AA 20 mm F2
  • 2 mitrailleuses 12,7 mm
  • 2 mitrailleuses 7,62 mm
  • Identification et neutralisation : 6 plongeurs-démineurs ou 2 poissons auto-propulsés PAP 104

Équipage.

  • 5 officiers
  • 32 officiers mariniers
  • 12 quartiers-maîtres et matelots

Sources :

  • Ministère de la Défense.
  • Blog de Christian Clot pour la photographie.

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Publié le 29 Mai 2016

Sidi Bel Abbès - L'entrée de la caserne de la Légion étrangère.

Sidi Bel Abbès - L'entrée de la caserne de la Légion étrangère.

Installation.

En 1830 a lieur le débarquement des troupes du maréchal de Bourmont, et très vite, les opérations de conquête ne cessent de se développer. En 1835, le maréchal Bertrand Clauzel se lance dans une grande expédition ayant pour but de détruire Mascara, capitale établie par l'émir Abd el-Kader. Cette expédition débute le 10 novembre à Oran et se termine comme convenu à Mascara le 5 décembre. Tout au long de ce trajet, le général ne manque pas d'établir des relais fortifiés dans de multiples lieux stratégiques. Parmi ces endroits stratégiques, on retrouve le plateau de Sidi Bel Abbès qui permet de surveiller et ainsi de contrôler tous les déplacements des autochtones entre Mascara et Tlemcen mais également entre orna et les Hauts Plateaux. Ce poste de surveillance est érigé sur la rive droite de la Mekerra, face au mausolée de Sidi Bel Abbès.

Vers 1840, le gîte d'étape est transformé en campement provisoire puis en poste permanent deux ans plus tard afin de mieux surveiller les tribus. Puis en 1843, le général Bugeaud y installe un camp retranché derrière un fossé et des remparts construits par les chasseurs d'Afrique et la Légion étrangère. Cependant, les légionnaires vivent dans l'isolement et sont constamment confrontés à des difficultés de ravitaillement. Pour améliorer leurs conditions de vie dans cette région, ils s'investissent dans des travaux de drainage des marais, de débroussaillage du sol, le débarrassant ainsi des palmiers-mains (le doum), des genêts épineux, des jujubiers sauvages, etc.

Dès 1843, l'émir Abd el-Kader opposant à la colonisation française dirige plusieurs opérations contre les troupes du général Bedeau qui installe une redoute tenue par la Légion étrangère à proximité du modeste mausolée du marabout Sidi Bel Abbès, sur la rive droite de la rivière Mekerra. La ville de Sidi Bel Abbès embryonnaire en 1843 est véritablement créée après les années 1850 par les Français. Elle est une ville-garnison de la Légion étrangère dès 1843 et en sera la maison-mère jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962.

En 1847, le général Lamoricière, commandant de la division d'Oran, a l'idée de concevoir une ville fortifiée pour encore mieux surveiller les tribus indigènes, mais aussi faciliter la libre circulation entre mascara et Tlemcen et entre Oran et les Hauts Plateaux. La proposition du général est très bien accueillie par la commission, et le 10 novembre 1848, le gouverneur général propose la création de la ville en se basant sur les plans qu'avait dessinés le capitaine Prudon. Et c'est ainsi que par décret du 5 janvier 1849, le président de la République le prince Louis-Napoléon Bonaparte décide : « il est créé à Sidi Bel Abbès… un centre de population européenne de 2 000 à 3 000 habitants auquel on attribuera le nom de Sidi Bel Abbès ».

La redoute construite en 1843 près de la koubba ou chapelle de Sidi Bel Abbès est le centre de la ville prévue par le plan de colonisation républicain après 1848. Des confiscations de terres aux indigènes sont organisées sans ménagement. Mais les premiers colons déportés politiques français sont décimés par les maladies et affaiblis par les brutalités de leurs geôliers. L'absence de sources dans la plaine rend les premières installations agricoles complexes et pénibles. Le sol peu compact se laisse facilement défricher, mais la régulation de l'eau est impossible : il y a trop puis plus du tout. La colonisation reste à l'état de projet.

Napoléon III accueilli triomphalement par les militaires français et les chefs traditionnels algériens accentue la politique de mise en valeur des terres afin de fortifier le pays. L'appel à la colonisation est placardé dans les contrées rurales françaises, mais aussi dans les pays limitrophes de la France. Le voyage aller est suivant les différents contrats passés avec le colon, souvent offert gracieusement ou offert à prix réduit, une aide substantielle en nature ou équipement est promise à l'arrivée pour l'installation.

Les Français s’établissent.

Les premières installations telles que les remparts et les rues se réalisent lentement entre 1849 et1857. Les casernes militaires et l'hôpital datent de la même époque. Les édifices publics et les constructions privées sont construits plus tardivement. Au tournant de 1860, des milliers de colons européens, hommes, femmes et enfants arrivent en chariot dans la contrée. La première année d'adaptation est difficile car aucun aménagement viable n'est réalisé. Mais qu'une sécheresse récurrente survienne ou une nuée de sauterelles ou criquets du désert dévaste les premières bonnes récoltes. Les colons épuisés, parfois malades, à force de construire leurs abris, de défricher sans expérience les sols et de lancer les premières cultures expérimentales, sont obligés de s'endetter. Les familles même paysannes subissent les privations inconnues dans leurs anciens terroirs.

Les familles de colons s'appauvrissent et perdent les plus vieux ou les jeunes les plus faibles emportés par les fièvres, les famines. Les survivants qui ont compris qu’il ne leur sera pas délivré de billet retour observent les pauvres petits cultivateurs musulmans, suivent et adaptent leurs pratiques ancestrales. Les colons européens qui disposent d'eau abondante par pompage s'associent avec des familles autochtones démunies de terres et parviennent à force de labeur combinant leurs différents savoirs techniques et agraires à trouver des solutions simples et provisoires. Les autochtones leur apprennent à trouver l'eau à faible profondeur en excavant facilement la couche d'argile arénacée mal compactée qui compose le socle géologique de la plaine, à réguler la nappe phréatique des zones maraîchères avec des plantations de peupliers et de trembles. Mais il faut stocker les récoltes avec efficacité pour ne pas subir les terribles revers de fortune.

La ville est entourée de murs de protections avec quatre portes qui permettent l'accès à la ville : au nord la porte d'Oran, au sud la porte de Daya, à l'ouest la porte de Tlemcen et enfin celle de Mascara à l'est. Elle est appelée parfois « biscuit-ville » par les voyageurs en raison de sa fonction de ville étape pour le ravitaillement pour les troupes descendant vers le sud. Tous les postes-magasins militaires s'appellent ainsi. C'était un nom commun et non pas un nom propre comme Daya, Frendah, etc.

Napoléon III au cours d'un second voyage débarque à Sidi Bel Abbès le 16 mai 1865, décide que la ville s'abrègera de Bel-Abbes. On ne sait pourquoi le décret consacrant ce changement n'a jamais été rendu. En prenant le toponyme de la modeste kouba ou tombe près de la rive gauche de l'oued Mekerra proche de la redoute militaire protectrice, la ville reprend et porte à la postérité le nom d'un saint homme musulman "Sidi Bel Abbès Bouzidi".

Le premier maire de la ville est Monsieur Roubière en 1870.

En 1881, Sidi Bel Abbès, est une commune chef-lieu de subdivision militaire de 16.840 habitants, chef-lieu d'arrondissement du département d'Oran en pleine croissance ferroviaire. Une voie ferrée la relie à Sainte-Barbe-du-Tlélat, station de la grande ligne d'Alger à Oran. Ce carrefour ferroviaire à 52 km est le point de départ d'un embranchement vers Sidi Bel Abbès qui dessert successivement les stations de Saint-Lucien, Lauriers-Roses, Oued-Imbert, Trembles et Sidi-Brahim. La ligne de Sidi Bel Abbès à Ras El-Mâ est inaugurée en avril 1883.

La ville prospère émerge d'une verte oasis qui l'entoure à perte de vue avec au loin de vastes champs cultivés, de beaux villages et des domaines fermiers importants. Elle possède un tribunal de première instance, un comice agricole, un théâtre, un hôpital et des marchés fort importants. La ville croît avec 16.980 habitants en 1883.

Des montagnes environnantes, la ville s'aperçoit au milieu d'un fourré d'arbres. De magnifiques plantations de trembles et de peupliers se répartissent en dehors du mur d'enceinte. La ville au plan géométrique est divisée en deux quartiers à peu près égales : le quartier civil et le quartier militaire. Les rues se coupent toutes à angle droit. Celles qui aboutissent aux quatre portes sont plantées de beaux arbres qui égaient également le boulevard. De jolies places à l'ombre embellissent la ville. Le principal commerce concerne les grains, les bestiaux et l'alfa transformé dans quelques usines de la ville. Une minoterie importante ensachant de la farine blanche et des farines non panifiables est déjà active.

Le quartier civil possède une église, un théâtre, un marché couvert, un hôtel de ville et des écoles. Le quartier militaire est rempli de l'activité des casernes de cavalerie et d'infanterie, en particulier la légion, mais il compte des bâtiments du génie, des unités d'artillerie, le service aux subsistances, l'hôpital militaire et le cercle des officiers.

Au-delà des plantations d'arbres, se développe la zone des jardins. Les coins les plus fertiles sont la plaine de Tessala, la vallée de l'oued Sarno, les terres alluvionnaires de la Mekerra. Une longue suite d'habitations forme les faubourgs de la ville, caractérisés par des implantations de communautés ethniques à côté des exploitations de maraîchage. Se remarque ainsi un village espagnol, un village nègre, une communauté alsacienne et allemande…

Les fermes des colons souvent isolées prennent la forme de petites maisons blanchâtres et tristes. Elles occupent de vastes superficies de labour et de vigne, elles sont très nombreuses, et en conséquence fort dispersés dans la vaste plaine ondulée. Le concours agricole organisé en avril 1883 à Sidi Bel Abbès est une réussite indéniable qui fait connaître autant la quantité que la qualité des productions agro-pastorales de l'Oranais : les spécimens de races d'élevage bovines, chevalines et ovines, les instruments agraires à l'instar des modèles de charrues, les machines opérationnelles comme les moissonneuses et batteuses à vapeur, enfin les récentes prouesses de l'industrie agricole font merveille. L'image de la ville pionnière qui ne compte que deux décennies d'existence apparaît pour la première fois, sérieuse, appliquée à l'essor agricole et à ses aménagements urbains. La plaine de Sidi Bel Abbès représentée par des grandes fermes modèles et les constructions mécaniques de la ville rivalise pleinement avec la grande plaine aval du Sig, ou encore Mina et Habria.

Le départ.

L'indépendance de l'Algérie en 1962 est un traumatisme pour la France et ses unités militaires. Elles doivent, comme les civils, quitter Sidi Bel Abbès. Pour la légion, le coup est encore plus violent puisque la ville est l'un de ses centres de commandement, fondé en 1842. En partant, elle brûle le pavillon chinois qui, pris en 1884 à Tuyen Quang (pendant la conquête du Tonkin), ne devait pas quitter Sidi bel-Abbès, emporte la main de bois du capitaine Danjou, les reliques du musée du Souvenir et exhume les cercueils du général Rollet (Père de la Légion), du prince Aage de Danemark et, symboliquement, du légionnaire Heinz Zimmermann, dernier tué d'Algérie, qui seront transférés à Puyloubier, près de Marseille.

Sources :

  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.
  • Georges Bensadou, Sidi-bel-Abbès naissance d’une ville, L’Algérianiste, septembre 1996.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • L’armée d’Afrique, Collectif, Ed. Lavauzelle, 1980.
  • Site www.legion-etrangere.com du Ministère de la Défense.
Rue Mascara.

Rue Mascara.

Le Grand café.

Le Grand café.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 25 Mai 2016

Le général Forget, André Santini, Frédéric Rignault.

Le général Forget, André Santini, Frédéric Rignault.

Le jeudi 19 mai s’est déroulée en la salle multimédia de la mairie d’Issy-les-Moulineaux, une conférence sur le thème : « Nos armées au temps de la Ve République ».

 

Elle était animée par Monsieur le général de corps aérien Michel Forget, Grand’Croix de la Légion d’honneur.

 

Elle avait été précédée d’un mot d’accueil de Monsieur André Santini, ancien ministre, député-maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Cette conférence était fondée sur un livre écrit par le général et publié aux editions Economica : www.economica.fr

 

 

Depuis le début de la Ve République, nos armées ont dû s’adapter sans cesse aux contraintes de situations stratégiques essentiellement fluctuantes auxquelles se sont ajoutées plus récemment celles d’un manque de plus en plus grave de ressources financières. Le général Forget en évoque les conséquences en s’attardant sur les réductions drastiques imposées à leur format par deux fois en 2008 et 2013 et sur les retards qui s’accumulent dangereusement sur la modernisation de leurs armements et équipements. Il en analyse les raisons afin de dégager les axes d’effort conditionnant le redressement qui s’impose aujourd’hui avec l’émergence de la menace du terrorisme islamiste et l’extension au territoire national des théâtres d’opérations.

Ce livre est aussi pour l’auteur l’occasion de rendre un hommage appuyé à nos armées qui, par-delà les faiblesses et les failles qu’elles révèlent aujourd’hui se situent au tout premier rang des armées de l’Union européenne grâce à l’expérience exceptionnelle qu’elles ont acquise du fait de leur engagement quasi permanent tant sur le continent qu’à l’extérieur, grâce aussi à leur professionnalisme et aux qualités intrinsèques de discipline et de réactivité qui sont les leurs.

***

Le général de corps aérien (2e section) Michel FORGET a fait une carrière complète d’officier pilote de chasse. Depuis qu’il a quitté le service actif en 1983, il se consacre à des études sur la défense. Il a publié cinq ouvrages ainsi que de nombreux articles traitant de questions militaires. Il est correspondant de l’Institut de France (Académie des sciences morales et politiques).

Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.

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Publié le 14 Mai 2016

Guerre franco-chinoise. Halte de la colonne française à Lang-Son.
Guerre franco-chinoise. Halte de la colonne française à Lang-Son.

Les origines de la guerre.

Les origines de la conquête française de l’Indochine remontent aux implantations françaises sous Louis XVI en 1785 (entre autres des missions catholiques). Elle est véritablement lancée par Napoléon III sous le Second Empire et systématisée par Jules Ferry, sous la Troisième République. Des premières tentatives d’occupation eurent lieu dans le delta du Mékong. La France, depuis 1860, s’était lancée dans une politique active de colonisation en Extrême-Orient. Dès l’année 1862, un premier traité de Saigon signé avec l’empereur d’Annam reconnaissait la souveraineté des Français sur les provinces du Sud, qui formèrent la Cochinchine.

Bien qu’un deuxième traité de Saigon signé en 1874 ouvrit le fleuve Rouge à la libre circulation, les Pavillons Noirs harcelaient les navires de commerce français au début des années 1880. Cette milice, levée par Liu Yongfu (un Chinois originaire du Guangxi) gênait fortement le commerce français.

Aussi, le gouvernement de la République, en la personne de Jean-Bernard Jauréguiberry (à l’origine un officier de marine basque devenu homme politique), ministre de la Marine, envoya un petit corps expéditionnaire au Tonkin pour nettoyer la vallée du fleuve Rouge des Pavillons Noirs. La cour de l’empereur Qing vit l’arrivée de cette armée européenne comme une menace pour ses frontières, émit une protestation et se prépara à la guerre.

La prise du Tonkin.

Le capitaine de vaisseau Henri Rivière, commandant trois canonnières et sept cents hommes, prit la citadelle d’Hanoï, capitale du Tonkin, le 25 avril 1882, comme l’avait fait Francis Garnier en 1873 (aussitôt reprise, le corps de l’officier ayant été retrouvé quelques jours plus tard, tué par les Pavillons Noirs, qui l’avait décapité, émasculé et dont ils avaient retiré le cœur !). Le 27 mars 1883, il prit Nam Dinh, mais la faiblesse des effectifs dont il disposait entraîna la répétition des événements de 1873.

Deux mois plus tard, Les Pavillons Noirs encerclèrent Hanoï. Rivière fit une sortie le 16 puis une autre le 19, au cours de laquelle il fut tué. La mort de Rivière déchaîna les bellicistes de la Chambre des Députés à Paris. Jules Ferry confia alors les deux divisions navales d’Extrême-Orient au contre-amiral Courbet qui arriva le 18 août 1883 à l’improviste devant Thuân-an, le port de Hué, qu’il bombarda.

Le 25 août 1883, par le traité de Hué, l’empereur d’Annam cédait le Tonkin à la France, sous la forme d’un protectorat. La Chine rejeta le traité et envahit la province du Tonkin. Bien qu’aucun des deux pays n’eût formellement déclaré la guerre, les opérations militaires commencèrent à l’automne 1883. Lors de la campagne de Bac Ninh, les forces françaises s’emparèrent des citadelles de Son Tay et Bac Ninh sur le fleuve Rouge.

La guerre.

Le 11 mai 1884, la Chine acceptait la convention de Tianjin puis le 9 juin, le traité de Hué, qui assurait le protectorat français sur l’Annam et le Tonkin. Ce protectorat s’organisait avec la création de l’Escadre d’Extrême-Orient et du Corps du Tonkin.

Cependant, le 23 juin 1884, des forces chinoises attaquèrent par surprise une colonne française à Bac-Lé. Cette colonie, menée par le lieutenant-colonel Dugenne, avait été envoyée pour occuper le pays, en accord avec le traité de Hué. Au cours de l’accrochage, 20 soldats français furent tués dont le lieutenant Genin et les capitaines Jeannin et Clemenceau. Du côté chinois, on releva plus de 300 cadavres. Cela mena à une prolongation de la guerre, surtout quand il apparut que les Chinois n’avaient nullement l’intention de payer l’indemnité de guerre.

Bien que les commandants des forces terrestres et navales françaises aient fortement sollicité une attaque directe sur Pékin, la capitale des Qing, le Président du Conseil, Jules Ferry restreignit les opérations à l’Indochine et au sud de la mer de Chine méridionale, craignant qu’une telle agression provoque une réaction des autres puissances européennes, et particulièrement du Royaume-Uni et de l’Empire de Russie. La marine nationale mit sur pied l’Escadre d’Extrême-Orient pour la durée de ce conflit.

La Marine française, sous le commandement du vice-amiral Amédée Courbet, bloqua les ports de Kilung (Keelung) et Tamsui sur l’île de Formose (aujourd’hui Taïwan), avant de tenter un débarquement contre les troupes impériales (auquel Joseph Joffre, futur maréchal de France, participa en tant que capitaine du génie) qui échoua le 6 août 1884 (NDLR – il existe toujours un cimetière militaire français à Keelung).

La bataille de Fuzhou se plaça au cœur des opérations effectuées sous le commandement de Courbet sur la rivière Min entre le 23 et le 29 août 1884. Elle vit la destruction en une demi-heure de la marine chinoise ancrée dans cette rade, récemment construite sous la supervision d’un Français, Prosper Giquel. Courbet bombarda ensuite l’arsenal de Fuzhou, écrasa les batteries de la passe Mengam et détruisit les forts de la passe Kimpaï. Cette victoire, la dernière victoire navale française du 19e siècle, se fit au prix de seulement dix tués et quarante-neuf blessés. Le 1er octobre 1884, Courbet – qui venait de recevoir ses galons d’amiral – revint une deuxième fois devant Kilung et enleva la ville, puis le 29 mars 1885, il occupa les îles Pescadores, chapelet d’îles au large de Formose, qui commande le détroit de Fou-Kien, entre Formose et le continent. Courbet fut dès lors considéré comme un héros national, mais sa santé déclinait, rongé depuis deux ans par le choléra. Il mourut à bord de son navire, le Bayard, le 11 juin 1885. Le docteur Doué annonça : « Messieurs, l’amiral Courbet est mort ».

Au Tonkin, la mousson mettait fin aux offensives françaises, permettant aux Chinois d’avancer dans le delta. Ils firent le siège de la forteresse de Tuyën Quang qui fut défendue par un bataillon de la Légion étrangère pendant 36 jours. Cette bataille est toujours célébrée dans la marche officielle de la Légion.

En février 1885, un corps expéditionnaire français, composé de deux brigades, marcha vers le haut Tonkin et conquit Lang Son. Une des deux brigades quitta la ville pour venir en aide aux assiégés de Tuyên Quang. Le commandant de la brigade restante cherchant à contrer l’offensive des Chinois, lança une attaque de l’autre côté de la frontière et fut défait à la bataille du col de Zhennan. Se retirant de Lang-Son, les Français stoppèrent une contre-attaque à la bataille de Ky Lua. Cependant, son commandant, le général de Négrier étant blessé dans l’action, son remplaçant ordonna, peut-être sous l’effet de la panique, que Lang Son soit rapidement abandonnée le 28 mars 1885. Alors, la brigade se débanda vers le delta du fleuve Rouge, abandonnant l’essentiel des gains réalisés durant la campagne de 1885. Quant à la ville de Lang Son, elle fut reprise quelques mois plus tard.

Ce revers militaire conduit le commandant du corps expéditionnaire, le général de division d’infanterie de marine Louis Brière de l’Isle, à croire que le delta lui-même était menacé. Ses rapports alarmistes à Paris entraînèrent la chute du ministère Ferry le 30 mars 1885, sous d’effroyables huées politiciennes.

Dans les jours suivants, Brière de l’Isle réalisé que la situation était moins compromise qu’il ne le pensait. Cependant, le nouveau gouvernement s’efforça de mettre fin aux opérations. La défaite, que les Français appelèrent « l’affaire du Tonkin » fut un scandale politique majeur pour les partisans de l’expansion coloniale. Ce ne fut que dans les années 1890 que le parti colonial reprit l’ascendant dans l’opinion.

L’Indochine française.

Malgré cette retraite, les opérations terrestres virent le succès des Français au Tonkin, tandis que les victoires navales de la France forcèrent la Chine à reconnaître sa défaite. Le traité de paix, d’amitié et de commerce mettant fin à la guerre fut signé le 9 juin 1885. La Chine reconnaissait alors le traité de Hué et abandonnait sa suzeraineté sur l’Annam et le Tonkin.

La France était déjà présente en Cochinchine et au Cambodge. Avec l’Annam (et le Laos), elle contrôlait tout l’est de la péninsule indochinoise. En 1887, fut créée l’Indochine française, réunissant la Cambodge et les trois entités issues du territoire vietnamien.

Il est à noter que cette épopée fut racontée par le lieutenant de vaisseau Pierre Loti. Il avait embarqué en mai 1883 sur l’Atalante pour participer à la campagne du Tonkin. Il fit publier le récit, heure par heure, de la prise de Hué dans Trois journées de la guerre en Annam, dans le journal Le Figaro.

Sources :

  • Georges Fleury, La Guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Recherches dans les archives des Bulletins de l’Ecole français d’Extrême-Orient d’archéologie.
  • Recherches biographiques André Malraux.
  • Recherches sur l’histoire de la presse française en Indochine.
  • Extraits du journal Le Figaro du 28 décembre 1993.
  • Encyclopédie en ligne Wikipédia.
  • Encyclopédie en ligne Larousse.
  • Site Internet : « papiers-de-chine.over-blog.com »
  • Jacques Chancel, La nuit attendra, Flammarion.
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française, Rennes Editions Ouest-France.
  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d’histoire maritime, Ed. Robert Laffont.
  • Les Français en Indochine, des années 1830 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, par Jean-Pierre Duteil, professeur à l’université de Paris VIII.
  • Articles de l’écrivain Pierre Loti, in Le Figaro.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 1 Mai 2016

La Patrouille de France ouvrant le défilé 2015 au dessus des Champs Elysées - Copyright 20 Minutes

La Patrouille de France ouvrant le défilé 2015 au dessus des Champs Elysées - Copyright 20 Minutes

Monsieur André Santini, ancien ministre, député-maire d’Issy-les-Moulineaux, Monsieur Marie-Auguste Gouzel, maire-adjoint honoraire, conseiller municipal délégué aux Affaires militaires, et le comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux – Vanves ont le plaisir de vous inviter à la conférence donnée par Monsieur le général de corps aérien, Michel FORGET, Grand Croix de la légion d’honneur,

Jeudi 19 mai 2016, à 18h30.

Mairie d’Issy-les-Moulineaux

Salle Multimédia.

62, rue du général Leclerc à Issy.

sur le thème : « Nos armées au temps de la Ve République ».

 

Cette conférence sera suivie d’une dédicace de son ouvrage éponyme.

Le Souvenir Français compte sur vous !

 

Pour vous rendre à la mairie d’Issy, voici quelques indications :

  • Métro : ligne 12 – Station Mairie d’Issy.
  • Parking : Mairie.
  • Bus : 123, 169, 190, 290, 323 – Arrêt : Mairie d’Issy.

 

 

 

Frédéric RIGNAULT

Président du Comité d’Issy – Vanves du Souvenir Français

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine

Commandant dans la Réserve citoyenne du Gouverneur militaire de Paris.

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Publié le 30 Avril 2016

Charge du colonel Louis Morris du 4e régiment de chasseurs d’Afrique contre la smala d’Abd El-Kader, 1843.
Charge du colonel Louis Morris du 4e régiment de chasseurs d’Afrique contre la smala d’Abd El-Kader, 1843.

Les origines.

L’idée d’une intervention militaire française en Algérie ne s’est pas décidée rapidement et sans concertation. Les origines de cette conquête se sont bâties sur plusieurs éléments et circonstances, qu’il convient d’ailleurs, comme d’habitude de replacer dans le contexte politique, économique et intellectuel d’alors.

La régence d’Alger, dont le territoire correspond à la partie non saharienne de l’Algérie actuelle, est depuis le 16e siècle une dépendance de l’Empire ottoman. En réalité, elle est quasi indépendante. Le territoire est réparti entre le sultan et les beys qui sont théoriquement des vassaux. La régence est en déclin depuis le début des guerres napoléoniennes qui limitent le commerce en Méditerranée. De 1802 à 1821, le pays est en proie à la violente dissidence des tribus de l’arrière-pays et à la rébellion des populations qui affichent ouvertement leur désir de se débarrasser de la régence. Sur la plan militaire, la flotte d’Alger est dépassée et ne peut plus tenir tête aux marines des pays européens.

La crise sociale déclenche une crise politique, le dey d’Alger semble contesté par les beys. L’implosion intérieure est effective dans les années 1820. Le pays est fragilisé : la perte de sa flotte à la bataille de Navarin (20 octobre 1827) livre le pays au blocus maritime étranger. Celui-ci commence en juin 1827 et va durer trois ans. La disette pousse le reste des populations dans l’action armée qui prend la forme d’une guérilla larvée contre les représentants de la régence.

Du côté français, le gouvernement du prince de Polignac espère revivre les conquêtes militaires de Napoléon et consolider l’influence française dans le bassin occidental de la Méditerranée. D’autres raisons sont également évoquées de ce côté-là du bassin : Polignac veut renouer avec le prestige de la monarchie afin de juguler l’opposition intérieure ; il est question de richesses en Algérie. Celles-ci pourraient bien faire l’affaire des finances du royaume de France. Enfin, et ce n’est pas la moindre des raisons qui vont pousser la France à intervenir militairement, régulièrement les bateaux de marchandises européens sont pillés par les barbares. Quant aux chrétiens présents en Afrique du Nord, même si de nombreux travailleurs sont libres, une frange non négligeable est encore réduite en esclavage.

Les débats sont nombreux au sein du gouvernement de Polignac. Les hésitations également. Un prétexte serait le bienvenu : il arrive par un coup d’éventail porté par le régent Hussein Dey au consul de France, Pierre Deval, à Alger le 30 avril 1827 ! Ce coup n’a pas été porté par hasard : il est fait suite à un défaut de paiement de la France sur des affaires de commerce de blé avec le dey d’Alger. Qu’importe : le prétexte a été trouvé. L’action militaire peut commencer.

La reddition d’Alger.

Charles X, roi de France et Polignac, se décident en janvier 1830 à entreprendre une action militaire en Algérie. Les 36.000 hommes du général de Bourmont transportés par les vaisseaux de l’amiral Duperré débarquent à Sidi-Ferruch du 14 au 16 juin 1830. Ayant repoussé les Turcs, qui occupent la région au nom de l’Empire ottoman, et 40.000 cavaliers rassemblés par Ibrahim, gendre du dey, les Français s’emparent d’Alger où le dey capitule le 5 juillet.

Le gouvernement passe en France, mais les conquêtes demeurent… Issu de la révolution de 1830, le roi des Français, Louis-Philippe, se borne d’abord à une occupation restreinte. Les généraux Clauzel, Savary, Berthezène, Voirol et Drouet d’Erlon, qui se succèdent pendant cinq ans, sans grands moyens ni directives se contentent d’occuper Alger et ses environs : Bône, Oran et Bougie. Pour augmenter ses effectifs, le commandement met sur pied des formations nouvelles : zouaves, légion, spahis, tirailleurs, chasseurs, tandis que les bureaux arabes établissent le contact avec les populations.

Durant les quatre premières années de présence française, on voit arriver un nombre important de colons qui sont alors divisés en trois classes :

  • Ceux qui ont assez de ressources pour construire leur maison, à qui on donne dix hectares ;
  • Les anciens militaires, qui reçoivent six hectares ;
  • Les colons sans ressources à qui on attribue quatre hectares.

Cependant, devant l’afflux trop important de colons, le général Savary obligent les nouveaux venus à avoir de quoi subvenir à leurs besoins pendant un an. Mais en 1832, deux chefs arabes, Abd el-Kader, émir de Mascara, et le bey de Constantine, Hadjdj Ahmad, se dressent contre les Français ; ceux-ci tentent d’abord de négocier, et par le traité du 26 février 1834, le général Desmichels reconnait l’autorité d’Abd el-Kader sur l’ouest algérien. Mais le général Trézel prend sous sa protection des tribus que l’émir considère comme relevant de son autorité : Abd el-Kader reprend la lutte et écrase la colonne Trézel à la Macta (1835). A la suite de cet échec, la France envoie des renforts ; Clauzel et le duc d’Orléans enlèvent Mascara mais échouent devant Constantine. Chargé de neutraliser Abd el-Kader, le général Bugeaud négocie le traité de la Tafna (1837) qui reconnait au chef arabe l’autorité sur tout le pays, sauf les villes côtières. A ce moment-là, la France semble abandonner tout le territoire à Abd el-Kader. Les avantages territoriaux qui lui sont reconnus sont très supérieurs à ceux qu’il exerçait initialement.

Cependant, à l’est, les Français portent leur effort sur Constantine qui est enlevée par le général Valée le 13 octobre 1837. Mais Abd el-Kader, en deux ans, organise une véritable armée, forte de plus de 50.000 hommes, et, après s’être assuré de l’appui du sultan du Maroc, déclare la guerre à la France le 18 novembre 1839 et pousse une pointe sur Alger.

L’occupation totale.

Redevenu chef du gouvernement au début de 1840, Adolphe Thiers, pour se démarquer de ses prédécesseurs et conquérir de la gloire, dénonce la politique consistant à limiter l’occupation française aux enclaves côtières en abandonnant de fait l’intérieur des terres à l’émir. Il se livre à une critique sévère du traité de Tafna. Pour lui, la France n’aura la paix en Algérie qu’en soumettant entièrement le territoire. Elle peut ainsi réaliser une excellente affaire puisque le pays était riche et prospère au temps de l’Empire romain… Le roi Louis-Philippe est en accord avec cette conception car il a compris que l’Algérie forme un terrain idéal sur lequel ses fils peuvent cueillir les lauriers militaires qui consolideront le prestige de sa dynastie. Le roi et son gouvernement vont donc braver les oppositions de ceux qui, à droite comme à gauche, craignent de voir l’armée engagée sur un théâtre lointain et contestent la valeur économique de l’Algérie.

Le général Bugeaud, qui passe pour un spécialiste de ces questions, est nommé gouverneur général de l’Algérie par Thiers en 1840. Il embarque à Toulon et le jour même de son arrivée, il adresse une proclamation aux habitants ainsi qu’à l’armée. Aux habitants, il expose qu’il a été l’adversaire de la conquête absolue en raison des moyens humains et financiers qu’elle exige, mais qu’il s’y consacrera désormais tout entier. A l’armée, il dit que son but n’est pas de faire fuir les Arabes, mais de les soumettre.

Bugeaud obtient la permission d’attaquer le Maroc qui aidait l’émir Abd el-Kader dans sa résistance. Le 14 août 1844, les troupes marocaines sont surprises par Bugeaud sur l’oued d’Isly. S’ensuit la bataille du même nom, non loin de la frontière. Sa victoire met fin à l’aide marocaine, les spahis continuent de pourchasser Abd –el-Kader jusqu’au 21 décembre 1847, date de sa reddition. Sa soumission officielle à la France a lieu le 23 décembre 1847. Dans le même temps, la flotte française bombarde Tanger et Mogador (Essaouira).

Le second Empire (1848-1870) porte son effort militaire sur les pays berbères, dont il s’attache à obtenir la soumission ; après la prise de Zaatcha (1849), le général Saint-Arnaud s’attaque à la petite Kabylie ; sous le gouvernement du maréchal Randon, en 1857, la France affirme son autorité sur la Grande Kabylie en créant, après la prise d’Ichériden, Fort-l’Empereur (devenu Fort-National). La pénétration s’exerce au sud d’abord – après l’occupation des oasis de Laghouat et de Touggourt (1854), l’explorateur Duveyrier pénètre chez les Touareg – puis dans le Sud-Oranais où, après plusieurs expéditions contre les Beni Snassen, les confins algéro-marocains seront soumis, à la veille de la guerre de 1870, par le général de Wimpffen.

Mais la France hésite entre une politique d’assimilation et une politique de semi-autonomie. De 1852 à 1858, Napoléon III substitue au régime civil de la 1ère République un régime militaire qui supprime la représentation algérienne au Parlement, mais maintient les trois départements (Alger, Oran, Constantine), créés par la République et administrés par les préfets, à l’exception des territoires militaires du Sud. Pour faciliter la colonisation, la gouverneur général Randon cantonne les autochtones ; mais l’hostilité des colons au contrôle de l’armée, jugé trop favorable aux musulmans, provoque, en 1848, la suppression du gouvernement général et son remplacement par un ministère de l’Algérie et des Colonies, siégeant à Paris et confié au prince Napoléon qui, incompétent, est remplacé dès 1859 par le marquis de Chasseloup-Laubat.

Un voyage qu’il accomplit en Algérie en septembre 1860 incite Napoléon III, séduit par la noblesse des autochtones et mécontent des abus de la colonisation européenne, à renoncer à la colonisation et à promouvoir l’idée du « royaume arabe », qui doit être non pas exploité, mais élevé au niveau de la métropole. Il rétablit donc le gouvernement général et le régime militaire.

La grande majorité des Européens n’ayant pas la citoyenneté française étaient donc privés de députés. En décembre 1866, sont rétablies les dispositions sur la gestion démocratique des communes. A la fin de l’Empire, il ya 96 communes contre 47 en 1852.

Après le départ des Turcs, la rudimentaire organisation barbaresque est maintenue avec les provinces, les aghas, khalifas auxquels s’ajoutent les bachagas (niveau intermédiaire). L’unité administrative de base reste la tribu contrôlée par un caïd. Ce dernier dispose d’un goum de mokhaznis ou d’une smala de spahis. Le tout est supervisé par les Bureaux arabes.

Sources :

  • Encyclopédie Larousse en ligne : www.larousse.fr
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.
  • Georges Bensadou, Sidi-bel-Abbès naissance d’une ville, L’Algérianiste, septembre 1996.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • L’armée d’Afrique, Collectif, Ed. Lavauzelle, 1980.
  • Site www.legion-etrangere.com du Ministère de la Défense.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 28 Avril 2016

En 1944, les Isséens se libérèrent aussi par eux-mêmes.
En 1944, les Isséens se libérèrent aussi par eux-mêmes.

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français participera aux cérémonies destinées à célébrer l’anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, qui commenceront à 8h00 par le rassemblement devant le CNET pour le départ en car vers l’église Sainte-Lucie, au 162 avenue de Verdun où une messe sera célébrée à la mémoire des Isséennes et des Isséens morts pour la France.

9h30 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.

9h50 : place du 8 mai 1945 – lecture du message du Secrétaire d’Etat aux Anciens combattants.

Le rendez-vous au monument aux morts de la ville est fixé à 10h15 pour les dépôts de gerbes et les discours dont celui de Monsieur le député-maire, ancien ministre.

A 11h00, vin d’honneur dans les salons de l’Hôtel de Ville.

Mais auparavant, le samedi 7 mai, à 18h00, le capitaine de frégate Guy Crissin, ancien commandant du chasseur de mines tripartite Andromède, donnera une conférence sur le thème de Verdun et du fort de Douaumont.

Enfin, et comme d’habitude, le Souvenir Français se chargera de la quête le 8 mai au profit du Bleuet de France. Soyez généreux !

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Publié le 18 Avril 2016

Au cimetière d’Issy-les-Moulineaux, Thierry Gandolfo explique la Première Guerre mondiale à une classe de l’école primaire Anatole France.
Au cimetière d’Issy-les-Moulineaux, Thierry Gandolfo explique la Première Guerre mondiale à une classe de l’école primaire Anatole France.

Thierry Gandolfo (à droite sur la photo) est conservateur au cimetière d’Issy-les-Moulineaux. Il est aussi passionné par l’Histoire de France et est secrétaire du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir français. Régulièrement, il prend sur ses congés pour expliquer les conflits mondiaux aux écoliers, collégiens et lycéens.

Il le fait chaque année pour la classe de CM2 de l’école élémentaire Anatole France d’Issy, classe dirigée par Madame Véronique Pacitto (à gauche sur la photo). L’idée étant d’expliquer et de raconter la Première Guerre mondiale au travers de destins de soldats ou des différentes armes : quel était le rôle d’un artilleur ? Comment était équipé un cavalier ? Etre pilote dans un avion, cela signifiait quoi en 1915 ? Pourquoi des travailleurs malgaches se trouvent-ils dans le carré militaire ?

Récemment, à la fin du mois de mars, à la demande du Comité de Chatenay-Malabry et de sa présidente, Madame Françoise-Marie Belin, il est allé rendre visite au lycée Jean Jaurès. Thierry Gandolfo a cette fois axé son propos sur les troupes coloniales, en évoquant les conditions d’engagement, de la traversée depuis l’Afrique jusqu’en Europe et d’emploi dans les tranchées (problématiques des températures hivernales, des conditions de vie, de la curiosité – et du racisme – de certains camarades français ou des troupes allemandes).

Petit rappel : en 1857, le général Faidherbe, commandant les troupes françaises au Sénégal, et devant faire face à des besoins accrus en hommes, propose la création du corps des tirailleurs sénégalais. Sénégalais de nom, car les soldats proviennent aussi bien de ce pays que de Mauritanie, du Mali ou encore de Guinée. Le décret est signé par l’empereur Napoléon III le 21 juillet 1857, à Plombières-les-Bains.

Des difficultés de recrutement interviennent de suite. Il n’est pas rare que des révoltes éclatent. C’est notamment le cas chez les Bambaras du Mali. Aussi, les principaux contingents sont constitués d’esclaves rachetés à leurs maîtres, de « volontaires » et de prisonniers de guerre. Le nombre de régiments de tirailleurs sénégalais s’accroit, pour atteindre plusieurs dizaines de bataillons au moment de la Première Guerre mondiale. La majeure partie des sous-officiers et de nombreux officiers subalternes sont Africains. Il est vrai aussi que les officiers supérieurs sont tous issus de la métropole.

Au cours de la guerre de 1914-1918, près de 200.000 tirailleurs sénégalais participent au conflit, et environ 30.000 y laissent la vie.

Thierry Gandolfo évoqua le tirailleur sénégalais bien connu de l’époque « Y’a bon » qui illustrait la marque Banania (voulant dire « il y a de la banane dedans). Pierre Lardet, le fondateur de la marque, tire profit du ce conflit en décidant d’associer sa boisson à l’effort de guerre. Il envoie sur le front quatorze wagons remplis de poudre de Banania distribuée aux poilus dans les tranchées. Une légende veut qu’un tirailleur sénégalais blessé fût rapatrié à l’arrière et employé à la fabrication de la poudre Banania dans l’usine de Courbevoie. C’est en la goûtant qu’il se serait exclamé, la gamelle et la cuillère à la main : « Y’a bon » !

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