Souvenir Français


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Président d'Honneur : général Roland GLAVANY -
Président : Gérard RIBLET - 
91, rue du Gouverneur général Eboué
92130 ISSY LES MOULINEAUX - Tél. : 01 46 48 00 05
Email : gerard.riblet.sf@club-internet.fr 
Cotisation 2008 : 8€ à envoyer à l'adresse ci-dessus.

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Missions

- Conservation de la mémoire de celles et ceux qui sont Morts pour la France.
- Entretien des tombes et monuments élevés à leur mémoire.
- Transmission aux générations successives des valeurs de la République.

Devoir de Mémoire

"On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L'image du soldat disparu s'effacera lentement dans le coeur consolé de ceux qu'ils aimaient tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois." (Roland Dorgelès, "Les Croix de Bois").

Droits

Les textes publiés sont la propriété du Souvenir Français - Comité d'Issy-les-Moulineaux, sauf mention contraire. Ils sont protégés par les textes de loi du Code de la propriété intellectuelle.

Images

Jeudi 15 mai 2008

Le jeudi 8 mai 2008, comme dans toutes les communes de France, Issy-les-Moulineaux a célébré l’armistice de la Seconde Guerre mondiale. Mais la date réelle était-elle le 7 ou le 8 mai 1945 ?

Le 30 avril 1945, Adolf Hitler se suicide dans son bunker de Berlin. Il est accompagné dans sa mort par son épouse, Eva Braun et toute la famille Goebbels. Sur tous les fronts, l’Allemagne nazie est anéantie. Les combats ont lieu dans la capitale même du Reich. Il convient au successeur désigné par Hitler, l’amiral Doenitz de demander un armistice sans conditions aux puissances alliées. Pour se faire, il envoie le chef d’Etat-major de la Wehrmacht, Alfred Jodl, à Reims, au quartier général des forces alliées du général Dwight Eisenhower, où la capitulation est signée le 7 mai (les locaux ont été installés dans le grand bâtiment de briques rouges de l’Ecole professionnelle de Reims). Sont signataires : le général Walter Bodell Smith, chef d’Etat-major d’Eisenhower, le général soviétique Ivan Sousloparov. Le général français François Sevez, chef d’Etat-major du général de Gaulle est convié comme simple témoin.

Mais Staline veut plus. Pour lui, la capitulation allemande doit être signée à Berlin, au cœur même du IIIème Reich, qui se trouve être également occupée par les troupes de l’Armée rouge. Les Alliés vont se plier à la demande russe et la capitulation est de nouveau signée le 8 mai à Berlin. Une différence notable intervient : convaincu par de Gaulle, qui explique que la Seconde Guerre mondiale n’est que la suite d’un conflit qui a commencé en 1914, Churchill accepte la présence des Français à la cérémonie de signature.

Les signataires sont cette fois-ci : le Soviétique Joukov, l’Américain Spaatz, l’Anglais Tedder, le général français Jean de Lattre de Tassigny, chef de la 1ère Armée, et le maréchal allemand Keitel. Mais la présence française ne va pas sans remarques de la part des Alliés comme des ennemis. Ainsi, à la demande de Lattre de Tassigny de voir figurer un drapeau de la France à côté du drapeau britannique, celui-ci se fait vertement remettre à sa place par un délégué anglais qui lui dit : « Et pourquoi pas le drapeau chinois ? ». Plus tard, le maréchal allemand Keitel apercevant le même général de Lattre s’exclame : « Ah ! Il y a aussi les Français. Il ne manquait plus que cela ! ».


Le maréchal Keitel, à Berlin, le 8 mai 1945, entouré des représentants de la Wehrmacht (document ECPAD).
par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Seconde Guerre mondiale
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Jeudi 15 mai 2008



Comme chaque année, la municipalité d'Issy-les-Moulineaux a commémoré l'armistice du 8 mai 1945, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale. La cérémonie a été suivie d'un défilé des unités parrainées par la ville : Régiment de Marche du Tchad et Régiment de la Garde républicaine. Des représentants du navire Andromède étaient également présents, de même que des réservistes de la Marine nationale. Retrouvez toutes les photographies de cette commémoration dans l'album intitulé : "8 Mai 2008 à Issy".

par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Commémorations - Evénements
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Samedi 10 mai 2008


Le 13 mars 1954, en un éclair, une pluie d’obus s’abat sur le camp retranché de Diên Biên Phù. Stupeur au sein de l’Etat-major. Le colonel Piroth, de l’artillerie coloniale, qui avait juré qu’aucun obus ennemi ne tomberait sur le camp, se suicide. Le moral des troupes françaises s’effondre. En quelques heures, les troupes coloniales tenant les collines Béatrice, Gabrielle et Anne-Marie sont anéanties. Trois jours plus tard, Bigeard et ses paras sautent à nouveau sur le camp et prennent appui sur Eliane, une des collines principales. Pendant quinze jours encore, le ravitaillement aérien est possible. Le 28 mars, un Dakota se pose. A son bord se trouve Geneviève de Galard, convoyeuse de blessés. L’avion est touché au moment de l’atterrissage. Il ne peut repartir. Geneviève de Galard : « Je rejoins l’infirmerie. Elle est remplie de blessés. Nous faisons comme nous pouvons pour maintenir les conditions d’hygiène, en tapissant les murs de la salle d’opération de draps blancs. Mais nous sommes vite dépassés. Partout se trouvent des blessés. Dans certaines salles, par manque de place et de moyens, nous creusons des lits à même le sol et nous enveloppons les hommes dans des parachutes. Cela donne un air lugubre de catacombes à notre hôpital ». 

Les offensives vietnamiennes des 13 et 31 mars sont repoussées. Le général Giap a perdu plus de 15.000 hommes. Mais il sait que bientôt s’ouvre la conférence de Genève. Il décide de jouer son va-tout et engage 25.000 hommes supplémentaires dans la bataille. Les Français ne croient plus en la victoire. Partout ils sont débordés. Ils arrêtent un assaut et tuent des centaines d’hommes. Quelques instants plus tard, les ennemis sont aussi nombreux. Et les munitions viennent à manquer. Cela n’empêche pas des actions héroïques, comme celle du capitaine Jean Pouget, qui saute avec ses hommes sur Diên Biên Phù fin avril 1954, alors que l’issue fatale est connue. La colline Eliane tombe le 6 mai. Bigeard : « Nous n’avons plus de munitions. C’est la fin. Je mets mon béret. J’ajuste ma veste. J’attends ». Le Groupement Opérationnel du Nord Ouest (GONO) refuse de hisser le drapeau blanc mais cesse le feu. 

Diên Biên Phù représente pour le Vietminh une victoire sans précédent, mais au prix de plus de 25.000 morts et, environ, 12.500 blessés. Du côté français, sur près de 15.000 hommes présents, on dénombre 2.293 morts et 5.195 blessés. Les prisonniers sont aussitôt regroupés.

En 2004, un ancien combattant de Dijon, Pierre Chérier s’est confié au journal local le Bien Public : « On voyait le drapeau Vietnamien se hisser sur les collines à chaque fois qu'ils prenaient un nouveau poste. On reprenait du terrain, ils contre-attaquaient. Ça a duré 56 jours. Et ils se rapprochaient sans cesse. A la fin, ils étaient à 300 mètres. On sortait la tête de la tranchée, ils tiraient. Et le 7 mai au matin, on nous a donné l'ordre de détruire nos archives, notre matériel radio et de neutraliser nos armes. C'était fini. Ce jour-là, vers 17 heures, j'ai vu des Vietnamiens courir sur un pont, à quelques dizaines de mètres du PC. J'ai couru donner l'alerte. J'étais à peine revenu qu'un Vietnamien plus jeune que moi me braquait avec son fusil. J'étais prisonnier. Mais je pensais, comme l'immense majorité de mes camarades, que 10 000 prisonniers, c'était beaucoup trop pour eux, que cela ne durerait pas. »

Et pourtant. La longue colonne des prisonniers est formée. Elle a pour direction les camps de redressement du Vietminh à plus 700 kilomètres de Diên Biên Phù. Pierre Chérier : « On marchait de nuit, pieds nus parce que les Vietnamiens nous avaient volé nos chaussures. On partait vers 17 heures, et on marchait jusqu'à une heure du matin. On avait droit à 300 g de riz par jour et par homme. Nous étions en état de survie. A la halte, il fallait faire cuire le riz. On se débrouillait pour trouver de l'eau, trouver du bois, faire des feux, et on cuisait dans nos casques. La journée, on buvait quand on trouvait un ruisseau, une cascade, une mare, un suintement. Nombreux sont ceux qui sont morts sur le bord de la route, de dysenterie, d'épuisement.

Finalement, je me suis retrouvé au Camp 73. Nous devions assister chaque soir, à la nuit tombée, à des séances de rééducation. Le lavage de cerveau communiste de base. Séances d'autocritique, séances de délation. On nous faisait chanter l'Internationale, et ça se finissait toujours par la répartition du travail. Qui irait chercher le riz, le bois. Le régime était le même que sur la route : 300 g. de riz par jour et par homme, avec de temps en temps un poulet. Mais un poulet pour 100 personnes ! Et une fois par semaine du gras de porc. 4 ou 5 hommes mouraient chaque jour de dysenterie, de malnutrition, de fatigue, de manque de soins. Il n'y avait aucun médicament. Les malades, on les emmenait directement à la morgue quand ils étaient trop faibles. Ils gisaient là sur des bas-flancs en attendant la mort. On les enterrait à quatre par tombe, tête-bêche. C'était vraiment très très difficile.»

Le 21 juillet 1954, à la suite de la conférence de Genève, l’armistice est signé. Pierre Chérier : « On nous l'a annoncé le lendemain. Et on a été libérés le 28 août. Mais jusqu'au bout, les commissaires politiques ont continué leur travail : ils nous disaient que la France ne voulait plus de nous, que personne ne viendrait nous chercher. Je rassurais les copains en leur disant que c'était du flanc. »

Sur les 10 000 prisonniers du 7 mai 1954, seuls 3 200 ont survécu à l'enfer des camps communistes. Et Pierre Dupont, isséen, n’a pas eu cette chance. Brigadier au Centre d’Instruction de l’Artillerie du Nord Vietnam, il est mort le 31 juillet 1954 au Camp 73. Il avait 22 ans.

 

Retrouvez toutes les photographies de Dien Bien Phu dans l’album éponyme.

 

par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Indochine
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Mercredi 7 mai 2008

 

Le 7 mai 1954, la France perdait la bataille de Diên Biên Phù. Cet échec allait marquer la fin de notre présence au Tonkin et de l’Indochine, « perle » de l’empire colonial. 

Novembre 1953. Depuis sept ans, depuis le bombardement du grand port du Tonkin, Haiphong, par la flotte de l’amiral Thierry d’Argenlieu en 1946, la France est en guerre contre les forces communistes du Vietminh. Il est généralement admis que la Guerre d’Indochine a commencé à ce moment-là. 

Mais en fait, les germes sont à rechercher un an plus tôt. Le 9 mars 1945, les Japonais attaquent les garnisons françaises d’Indochine. Rapidement débordées, nos forces se rendent et sont humiliées par l’envahisseur. Les Vietnamiens comprennent alors que les colons ne sont plus invincibles. Quelques mois plus tard, se sachant perdus, les Japonais quittent le Vietnam, non sans appuyer les mouvements sécessionnistes de l’Empire colonial. Le 2 septembre 1945, la République démocratique du Vietnam est proclamée à Hanoi par Ho Chi Minh, en présence de Bao Dai, dernier empereur sous administration coloniale. La France ne peut laisser faire sans réagir. D’où, après moult provocations des partisans du Vietminh, le bombardement d’Haiphong. 

Depuis cette date, la France est aux prises avec les forces communistes du Vietminh et plusieurs chefs militaires français de grand renom comme les généraux Leclerc et de Lattre de Tassigny n’ont rien pu faire pour arrêter l’expansion des soldats de Giap, chef militaire de ce même Vietminh. 

En novembre 1953, l’Opération Castor est décidée. Il s’agit de réoccuper les bâtiments d’une ancienne garnison japonaise dans le village reculé de Diên Biên Phù, à l’ouest du Tonkin, proche de la frontière du Laos. Le but étant d’attirer en cet endroit un maximum de forces du Vietminh et de les battre. Il s’agit également de fermer la frontière avec le Laos. Les gouvernements indochinois officiels semblent être de moins en moins sûrs pour la France. Il s’agit de l’empereur Bao Dai pour le Vietnam (revenu au pouvoir grâce à notre administration) et de Sihanouk au Cambodge. Seul, le prince Souvana Phouma, du Laos, a fait allégeance à la France. L’objectif est donc de prendre la cuvette de Diên Biên Phù, longue de 16 km, et d’en faire un point d’appui. Mission est donnée aux commandants Bigeard (6ème BCP) et Bréchignac (2/1er RCP) de sauter et prendre le village. Le général Bigeard : « Les hommes de Bréchignac et les miens, nous sautons. Ce n’est pas facile, il y a du vent. Nous voilà mélangés aux Viets. Ça tire de partout. Mais finalement on s’en sort. Tout le monde se regroupe et nous prenons le village de Diên Biên Phù. De notre côté, nous avons eu environ vingt paras tués, contre plus d’une centaine de Viets ». 

En globalité l’Etat-major français est persuadé de la bonne position des troupes françaises. Le Vietminh ne pourra pas attaquer le Laos et va venir s’empaler sur nos défenses. Si certains font remarquer que la position se trouve au creux d’une cuvette, entourée de collines d’environ 700 mètres de hauteur, ce qui permet des tirs tendus d’artillerie, l’évocation est vite reprise par le colonel Piroth, responsable de l’artillerie qui s’est engagé : « Jamais les Bodoïs ne pourront monter des canons à dos d’hommes et les placer sur les collines ». Le responsable du dispositif, le colonel Christian de Castries est également de cet avis. « C’était une vue de l’esprit. On ne connaissait pas l’embrigadement des soldats du Vietminh. Et tenir une vallée n’empêche personne de passer » répond aujourd’hui le général Bigeard. A partir de la fin du mois de novembre 1953, des avions en provenance d’Hanoi acheminent hommes et matériels. 

Le général en chef du Vietminh, le général Giap, est d’accord avec les Français sur un point : il faut que la bataille finale s’engage. Pour la France, s’il s’agit d’annihiler une fois pour toutes les forces communistes ; pour elles, il convient de battre la puissance coloniale pour placer le Vietnam aux conférences de Berlin (janvier 1954) et de Genève (mai 1954) dans les meilleures conditions qui soient. 

Entre les mois de janvier et mars 1954, Giap lance une offensive générale. Mais elle ne se transforme pas en une attaque éclair. 75.000 hommes du Vietminh, grâce à 20.000 vélos, des camions prêtés par la Chine et des armes soviétiques, s’approchent du camp retranché de Diên Biên Phù. Ils creusent des centaines de kilomètres de galeries, de tunnels. Ils démontent les pièces d’artillerie, les installent sur des mulets et les enfouissent dans des galeries placées à flanc de colline. Ainsi, le canon peut être sorti, tirer et être aussitôt rentré dans sa cachette ("les Gueules du Crapaud" selon les soldats du Vietminh).

En 1991, au micro de France Inter, dans Indochine 1946-1954 : histoire d’une guerre oubliée, une émission de Patrice Gélinet, le colonel vietnamien Le Kim expliquait l’approche de Diên Biên Phù : « Nous voyons que le sol est très fertile. Très facile à creuser. Et les Vietnamiens sont un peuple de terrassiers. Alors, nos hommes s’équipent de pioches et de pelles. Ils creusent. Partout. Il s’agit d’acheminer les munitions et l’artillerie au plus près du camp afin de détruire la piste d’aviation et la forteresse ».

 

Retrouvez toutes les photographies dans l’album intitulé Diên Biên Phù.

 

par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Indochine
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Mardi 6 mai 2008


Le jeudi 8 mai 2008 au matin, le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français procédera à la quête du Bleuet de France (esplanade de la mairie).

L’origine du Bleuet de France remonte à 1916, quand deux infirmières, Suzanne Lenhardt et Charlotte Malleterre, décident de palier à la souffrance de combattants en leur faisant confectionner des bleuets en tissu pour les vendre. Le but étant également de procurer des ressources à ces mêmes blessés. Cette fleur est choisie car les uniformes étant « bleu horizon », les jeunes appelés sont surnommés les « bleuets ». Une telle pratique existe également en Angleterre mais la fleur est le coquelicot. Lors de la terrible offensive de la Somme en juillet 1916, plus importante opération militaire anglaise sur le continent, cette fleur se trouvait en grande quantité dans les champs de Picardie.

Après la Première Guerre mondiale, l’action devient nationale, et les deux infirmières créent un atelier de confection de l’emblème aux Invalides. A la quête du 11 novembre s’ajoute, en 1957, celle du 8 mai.


Frédéric Rignault, secrétaire du Souvenir Français à Issy-les-Moulineaux avec le général Roland Glavany, président d'honneur de ce même comité.
par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Portraits - Epopées - Associations
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Mardi 29 avril 2008


Jean-Claude ICHAC, élève officier en Algérie en 1959.

 

Le général de Base aérienne (2S) Jean-Claude Ichac a effectué l’essentiel de sa carrière dans les fonctions de renseignement, à la 3ème Escadre de chasse et en Etats-majors, interprétation photo, à la 33ème Escadre de reconnaissance. Le général Ichac a également accompli des missions de longues durées aux Etats-Unis : à l’Ecole de l’Air américaine de Colorado Springs et à l’Ambassade de France à Washington. Avec le grade de colonel, il a commandé la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et Base Aérienne 117 de Balard, située aux portes d’Issy-les-Moulineaux, sur les anciens terrains du Champ de Manœuvres, qui servit aux premiers essais de l’histoire de l’aviation au début du 20ème siècle. Le général Ichac raconte ici la fin, peu banale, de sa scolarité à l’Ecole de l’Air de Salon de Provence. 


« A l’issue de leur scolarité de deux ans, les élèves officiers de ma promotion Ecole de l’Air 1957 « Colonel Ducray », corps des Bases de l’air, c’est-à-dire non pilotes, devaient effectuer un séjour de deux ans en Algérie, à compter du 1er octobre 1959, date de leur nomination au grade de sous-lieutenant.
 

Mais un mois plus tôt le contre-ordre arriva et c’est avec notre galon d’aspirant de l’Ecole de l’Air que, le 31 août, notre C-54 n°148 se posa sur la piste du terrain de La Regahia, à l’est d’Alger, base arrière des commandos de l’air. Je crois que c’était une idée à la fois du patron de l’école, le général Delfino, un fonceur ancien du « Normandie-Niemen », et du commandant en chef en Algérie, le général Challe, de l’armée de l’air, qui souhaitait que celle-ci prenne une part plus grande dans les opérations de maintien de l’ordre au sol.


Le but de la manœuvre était donc de nous faire effectuer un stage de « familiarisation », sur le terrain, avant de nous répartir en unités dès que nous serions officiers. Donc, après dix jours d’entraînement intensif, tir, sport, combat rapproché, mines et explosifs, nous nous retrouvâmes au col de Chelata, en Grande Kabylie, où était implanté le PC Artois de l’opération Jumelles lancée par le général Challe. Et nous fûmes répartis par petits groupes au sein des commandos de l’air qui participaient aux opérations. Pour ma part, je fus détaché au commando 50, et dès le lendemain je pouvais noter dans mon carnet de vol : « 10/09/59, fonction à bord commando, pilote xxx, hélicoptère H-34 n°819, héliportage du PC Artois à NY45G02 » … et baptême du feu juste après l’héliportage sous une petite crête de la part aussi bien d’un groupe rebelle que de la section de la légion qui les poursuivait !

 

Et là nous eûmes droit à une engueulade surréaliste de la part de notre chef de section : « Attention, vous les trois aspis, vous êtes toujours sous statut élève, et censés être encore à l’Ecole de l’Air, là-bas en Provence, alors je ne veux pas d’emm…, et le premier qui se fait butter prend trente gros ! ». Je ne sais si ce fier discours eut un effet dissuasif, mais notre séjour aux commandos de l’air fût exempt de victimes et donc d’arrêts de rigueur ! Et c’est sans encombre que nous vîmes arriver à Alger, avec le 1er octobre, notre première ficelle qui nous donnait enfin le droit de passer légalement dans la colonne « pertes ».

 

GBA (2S) JC ICHAC


par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Algérie
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Dimanche 27 avril 2008
PC Artois de l'Opération Jumelles.





Isséen, le général Ichac a participé, en tant qu’élève officier, à l’Opération Jumelles en juillet 1959. Nous lui devons les clichés qui illustrent cet article relatif à cette opération.

Celle-ci fait partie du Plan Challe, du nom du général qui prend la relève du général Salan, le 12 décembre 1958. L’idée maîtresse de ce plan consiste à traiter de manière successive des surfaces importantes avec des moyens très conséquents, dans le but de réduire à néant les bandes rebelles ou « Fellaghas ». Le plan comporte de nombreuses opérations : les zones refuges d’Oranie (février 1959) ; opération Courroie sur la couronne d’Alger (avril à juin 1959) ; opération Etincelle sur le passage du Hodna (juillet 1959) ; opération Jumelles (juillet 1959) en Grande Kabylie ; opération Rubis (avril 1960) en petite Kabylie ; opération Pierres Précieuses (septembre 1959 à août 1960) dans le nord Constantinois. Enfin, de septembre 1960 à avril 1961, se déroule la grande mission des Aurès (opération Ariège – Dordogne – Charente – Isère). Et à toutes ces opérations s’ajoutent des missions dans l’Atlas saharien. En encerclant des zones, en bloquant toutes les issues possibles, l’Armée française provoque des dégâts considérables – jusqu’à 50 % dans l’Oranie – au sein de l’ALN (Armée de Libération Nationale, bras armé du FLN, le Front de Libération Nationale).

 

De fait, il est globalement admis que l’ensemble de ces opérations a permis une victoire militaire de la France. Victoire incertaine, car si de nombreuses bandes ont été décimées, pour autant le lien avec les populations civiles n’a pas été rompu et peu à peu les maquis algériens se sont reformés.

De plus, le putsch – et son échec rapide – des Généraux (Maurice Challe, Edmond Jouhaud, Raoul Salan et André Zeller) d’avril 1961, contre la politique du Président Charles de Gaulle et de son gouvernement qu’ils considèrent comme un abandon de l’Algérie française, sonne la fin du Plan Challe.

 

 

Pendant l’Opération Jumelles, le binôme hélicoptère H-34/commandos de l’air au col de Chelata.

 

par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Algérie
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Mercredi 23 avril 2008

  Adam Rayski à la tribune du CRIF (cliché www.crif.org)

Le 13 mars 2008, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a annoncé la disparition, à 94 ans, d’Adam Rayski.
De son vrai nom Abraham Rajgrodski, il nait dans une famille juive polonaise, à Bialystok, le 14 août 1913. Dès son adolescence, il s’engage au parti communiste clandestin puis émigre à Paris en 1932. Il devient journaliste, est engagé comme rédacteur en chef du quotidien français en langue yiddish la Naïe Presse (Presse Nouvelle) puis entre à L’Humanité. Il est alors nommé responsable de la section juive du Parti communiste français. En 1940, après s’être sauvé d’un camp de transit de prisonniers de guerre à Nantes, il intègre la MOI (Main d’œuvre Immigrée) puis les Francs-Tireurs et Partisans (Missak Manouchian suit un parcours identique). En 1943, il participe à la création du CRIF, clandestin, dont la mission consiste à aider les Juifs à se soustraire à l’Occupation allemande.
A la Libération, Adam Rayski est décoré pour ses faits d’armes (Croix de guerre, médaille de la Résistance) et part pour la Pologne où il dirige un groupe de presse. Coupant les liens avec le Parti communiste polonais en 1957, il rentre en France et écrit de nombreux ouvrages sur la résistance des Juifs pendant l’Occupation. Il préside l’Union des résistants et déportés juifs de France (URDF) et continue son inlassable combat pour la mémoire de ses camarades de combat, ainsi que pour tous les résistants.
Adam Rayski a publié de nombreux ouvrages. Il convient de citer : Nos illusions perdues (Balland, 1985) ; Qui savait quoi ? (La Découverte, 1987) ; De Gaulle et les Juifs (URDF, 1994) ; La Rafle du Vel d’Hiv (Mairie de Paris, 2002) ; l’Affiche Rouge (Mairie de Paris, 2003).
Il est important de signaler qu’Adam Rayski a publié en 2006, grâce à la Mairie de Paris, une enquête sur le Stand de Tir, situé dans le 15ème arrondissement de la capitale, à la limite de la commune d’Issy-les-Moulineaux, sur l’ancien emplacement du Champ de Manœuvres, où se déroulaient jusque dans les Années 30 des essais et des démonstrations aériennes. Le Comité du Souvenir Français reviendra plus longuement dans de prochains articles sur le Stand de Tir.

par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Portraits - Epopées - Associations
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Vendredi 18 avril 2008


Le général de corps aérien Michel Forget, isséen, a fait une brillante carrière d’officier pilote de chasse. Il a assumé tous les commandements correspondants à sa spécialité. Il a quitté le service actif en 1983 après avoir commandé pendant quatre ans la Force Aérienne Tactique. Auteur de plusieurs ouvrages (« Puissance aérienne et stratégies » - 2001, « Guerre froide et guerre d’Algérie » - 2002, « Notre défense dans un monde en crise » - 2006, « Du Vampire au Mirage » - 2007), il est correspondant de l’Académie des Sciences Morales et Politiques et a été Vice Président national du Conseil d’Administration du Souvenir Français.

« Un beau matin du mois d’avril 1965, notre Défense aérienne entrait en transes. Un objet lumineux non identifié était en effet signalé à la verticale de Pierrelatte. Pierrelatte ! Site stratégique majeur où était enrichi à l’époque l’uranium nécessaire à la réalisation de nos armes nucléaires. L’objet étant stable, il ne pouvait s’agir d’un avion. Il n’en était pas moins indispensable de renseigner les autorités politiques sur sa nature. L’honneur de notre Défense aérienne était en jeu, même si l’affaire était à la limite du domaine de sa compétence !

Ainsi, le Mystère IV d’alerte de la base d’Orange avait-il reçu l’ordre de décoller pour reconnaître l’intrus, suivi ensuite d’un Vautour puis d’un Super-Mystère, ces deux appareils ayant réussi à grimper jusqu’à 15.000 mètres d’altitude (50.000 pieds) sans parvenir à identifier l’objet en question. Plus les altitudes atteintes par les intercepteurs étaient élevées, plus celui-ci paraissait inaccessible et mystérieux. La température montait dans les hautes sphères de la Défense aérienne. Son commandant se décidait finalement à demander à l’escadre de Dijon, alors équipée du meilleur intercepteur de l’époque, le Mirage IIIC, d’intervenir, bien que Pierrelatte soit en dehors du rayon d’action du Mirage.

Et c’est ainsi que, en tant que commandant de l’escadre de Dijon, je bondissais dans un Mirage IIIC et me retrouvais en l’air, bien décidé à résoudre l’énigme. Cap au sud après le décollage, et je montais à pleine puissance à 12.000 mètres d’altitude (40.000 pieds). A partir de Lyon, j’accélérais pour prendre une vitesse égale à une fois et demie la vitesse du son (Mach 1,6 – soit 1.960 km/h) pour monter ensuite jusqu’à 15.000 mètres. A la bonne distance de l’objet non identifié indiqué par le contrôleur radar, je tirais sur le manche pour gagner le maximum d’altitude tant en perdant de la vitesse (on appelle cela un « zoom »). Et c’est ainsi qu’ayant atteint 19.000 mètres (63.000 pieds), je distinguais parfaitement au-dessus de moi l’objet en question : il s’agissait en fait d’un simple ballon sonde dont je vis les antennes qui pendaient en dessous de lui. Un ballon dont l’altitude réelle devait être de l’ordre de 24.000 mètres (80.000 pieds !). L’information était transmise au contrôleur au sol, lequel pouvait rassurer les autorités de la Défense aérienne… et de l’Armée de l’air.

L’honneur était sauf. Il ne restait plus aux autorités qu’à identifier les maladroits qui avaient manifestement perdu le contrôle de leur ballon sonde… mais ce n’était plus notre affaire. Quant à moi, il me restait quand même à me soucier de la suite des événements, les jaugeurs de carburant atteignant leurs limites basses ! Aux altitudes et vitesses atteintes au cours de ma mission, effectuée de bout en bout à pleine puissance, la consommation de carburant avait été considérable et ce pour un avion dont la capacité en pétrole n’était pas la caractéristique la plus marquante. Moteur plein réduit, profitant de la finesse remarquable de l’avion, je descendais en vol plané pour me poser sans encombre à Istres où j’étais accueilli par Roland Glavany, alors colonel commandant la base. Durée du vol : 35 minutes !

Général Michel Forget. »

"PS : J’avais enfreint au cours de ce vol les consignes de sécurité, lesquelles interdisaient de voler au-dessus de 15.000 mètres sans le scaphandre spécial qui ressemblait à celui que portent les cosmonautes. Il faut dire qu’il fallait au moins vingt minutes pour endosser un tel équipement lourd et peu confortable, et ce, avec l’aide d’un spécialiste de l’habillage. Il y a maintenant prescription et j’ajoute qu’aucune autorité ne s’est inquiétée alors de savoir dans quelle tenue j’avais fait ma mission… "


par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Portraits - Epopées - Associations
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Vendredi 11 avril 2008


Richard Marillier a été Résistant, membre de la section Chabal au maquis du Vercors, capitaine d’une section au 494ème R.I. pendant la guerre d’Algérie ; il est colonel honoraire de l’Armée de Terre. Richard Marillier a été très présent dans le monde du cyclisme : Directeur Technique National du cyclisme français de 1970 à 1981, Directeur Adjoint Délégué du Tour de France de 1981 à 1990 (à ce titre, il venait chaque année présenter le parcours de l’épreuve et les équipes participantes au PACI d’Issy-les-Moulineaux), Président de la Ligue du Cyclisme Professionnel et membre du Comité Directeur de l’Union Cycliste Internationale de 1989 à 1992. Le colonel Richard Marillier est commandeur de la Légion d’honneur.


« J’ai fait la connaissance de Robert Eggs, en 1957, à Bir El Ater (sud-est constantinois). Il avait le grade de capitaine et commandait la compagnie portée du 4ème Régiment Etranger d’Infanterie. Il jouissait d’une réputation exceptionnelle. En 21 ans de Légion, il avait combattu de Narvik à l’Indochine en passant par la Syrie et la Lybie ou il avait été fait Compagnon de la Libération à Bir Hakeim alors qu’il était adjudant-chef !

Au cantonnement comme en opération, il était un spectacle à lui tout seul. Il ne faisait rien comme les autres, il ne s’exprimait pas comme les autres. Il était à la fois craint, détesté et admiré. A cette époque, le commandement rassemblait les unités de secteurs pour monter des opérations. A Bir El Ater, j’étais lieutenant et je commandais la 6ème compagnie de 2/44ème RI. Je me retrouvai « accolé » à la compagnie Eggs pendant un an et demi. C’est dire si j’ai des anecdotes en mémoire. En voici une parmi tant d’autres.

Ce jour-là, nous avions accroché une bande rebelle dans le djebel Foua. Très rapidement, les différentes unités avaient éclaté et des combats sporadiques se déroulaient aux quatre coins du djebel. Enfin d’après-midi, les derniers fellaghas étaient aux prises avec la compagnie Eggs et tentaient de sortir du dispositif. Je fus appelé à la rescousse et, avec une section, je réussis à colmater la brèche puis je cherchai à rejoindre le capitaine. Au fur et à mesure que j’avançais, et que je dépassais les légionnaires, je finis par arriver auprès du sergent-chef Campanella, porte fanion de la Compagnie Eggs. Il était assis, adossé contre un rocher et fumait une cigarette en souriant. Son pantalon froissé laissait apparaître un pansement compresse au niveau de la hanche.

- La bonne blessure, mon lieutenant, 23 jours de convalo ! me dit-il.

Il me précisa que le capitaine se trouvait devant, comme d’habitude. Les rebelles continuaient de tirer et je m’accroupis derrière un rocher où se trouvait le radio Rychtick. Ce dernier me dit que le capitaine était de l’autre côté. En me baissant, je le vis. Il était debout sur un rocher, les jumelles à la main et je l’entendis distinctement crier aux tireurs d’en face :

-  Alors, messieurs les fellaghas ! Montrez vos sales gueules et rendez-vous ! Après, il sera trop tard.

Une volée de balles s’abattit sur son rocher sans le toucher. Il répéta son discours et obtint la même réponse. Alors, se tournant vers ses hommes, il entonna : « Légionnaires… A l’assaut ! » et il se mit à chanter « Combien sont tombés au hasard d’un clair matin ». Toute la compagnie reprit le célèbre chant. Incroyable ! Un quart d’heure après, le combat cessa, faute de combattants.
Le commandement décida que l’on resterait sur place pour la nuit, afin de fouiller le terrain le lendemain matin. Il faisait froid car nous étions à 1.300 mètres d’altitude. Eggs m’invita à dormir avec lui et son ordonnance Mayerhoffer nous confectionna une sorte de litière avec de l’alfa, entourée d’un muret de pierres sèches. Sa djellaba nous servit de couverture. Je n’arrivai pas à trouver la bonne position pour dormir. Il s’en rendit compte et bougonna :

- Encore un peu tendre (prononcé à l’allemande, en appuyant sur le « dre »).

Il saisit sa musette remplie d’alfa qui lui servait d’oreiller et me la glissa sous la tête, puis ramassa une grosse pierre sèche pour la remplacer. Je ne savais pas s’il fallait le remercier. J’attendis cinq minutes et lui dis :

- Mon capitaine, Bir Hakeim, c’est quand même autre chose ?

Il ne répondit pas. Il dormait à poings fermés.

Aujourd’hui, le commandant Robert Eggs, grand officier de la Légion d’Honneur est âgé de 93 ans. Il vit avec son épouse en Côte d’Or, très exactement à Ivry-en-Montagne. Il est Français officiellement depuis quelques semaines».

 


  Bir El Ater 1957 – Le Capitaine Eggs à la tête de sa compagnie du 4ème REI. Le porte-fanion est le sergent-chef Campanella.

par Frédéric-Edmond RIGNAULT publié dans : Algérie
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