Publié le 21 Octobre 2017

Le général Meynier.

Le général Meynier.

Une famille au service de la Patrie.

 

Octave Meynier nait le 22 février 1874, à Saint-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin. Son père est le lieutenant-colonel François Meynier (1822-1905), officier dans l’armée dite La Coloniale. Chef de poste à Gorée (au large du Sénégal), il est chargé en 1858 de l’administration du territoire de Dakar. Il prendra sa retraite militaire en 1871 et s’installera sur ses terres des Pyrénées à Tarbes.

 

Donc, père d’Octave et aussi d’Albert, professeur et historien, puis grand-père du géographe André Meynier, titulaire de la chaire de géographie de l’université de Rennes pendant 35 ans.

 

Octave Meynier se dirige naturellement vers la carrière des armes. Le 26 octobre 1893 il s’engage pour trois ans, en tant que volontaire. Cinq jours plus tard, il rejoint l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, dont il sort deux années plus tard, avec le grade de sous-lieutenant. Il est nommé au 4e régiment d’infanterie de marine. Quelques mois plus tard, il rejoint le régiment de tirailleurs soudanais, en obtenant sa mutation au Soudan français (aujourd’hui Mali). Il a été désigné pour être l’adjoint du lieutenant-colonel Klobb pour l’exécution d’une enquête sur la mission Voulet-Chanoine.

Les officiers de la Mission Voulet-Chanoine.

Les officiers de la Mission Voulet-Chanoine.

La mission Voulet-Chanoine.

 

En juillet 1898, le secrétaire d’Etat aux Colonies, André Lebon, décide d’envoyer une colonne militaire au Tchad, par le Sénégal et le fleuve Niger. Il nomme l’expédition « Mission Afrique Centrale – Tchad ». Dans le cadre de la concurrence entre les puissances européennes pour se tailler un empire colonial, il s’agit pour la République française de devancer l’Empire britannique !

 

La mission est confiée aux capitaines Voulet et Chanoine. Ils sont connus. Voilà des années qu’ils se battent pour le pays en Afrique. Ils ont apportés le Burkina Faso à la France ; Voulet a d’ailleurs pris Ouagadougou. Le but est naturellement d’agrandir et de consolider les conquêtes françaises en Afrique noire (ce qui deviendra bientôt l’Afrique Occidentale Française et l’Afrique Equatoriale Française). La mission doit aussi s’accompagner de signatures de traités d’amitiés avec les peuples rencontrés. Enfin, il s’agit d’opérer la jonction avec la mission Foureau-Lamy (le premier étant géographe ; le second commandant dans la Coloniale) partie d’Algérie et avec la mission Gentil, partie du Moyen-Congo (Congo Brazzaville) et dirigée par l’officier de marine Emile Gentil.

 

Mais rien ne se passe comme prévu ! Certes des combats ont lieu. Ils étaient prévus, « nécessaires » disent même les officiers. Mais certainement pas au point de massacrer tous les villages qui refusent de se soumettre ou qui mettent trop de temps à ravitailler la colonne. Ce qui n’est pas simple : ladite colonne est composée de plus de 600 soldats, de 800 porteurs et de près de 600 femmes ! Peu à peu une résistance africaine s’organise : dans les villages de Lougou et de Tongana, les guerriers commandés par la Sarraounia (reine et sorcière) arrivent à retarder la colonne. Voulet et Chanoine perdent quatre soldats, six autres sont blessés. Pis, ils ont dépensé plus de 7.000 cartouches ! Par vengeance, les soldats se dirigent vers la ville de Birni N’Konni et massacrent une grande partie de ses habitants. Des atrocités sont commises : des soldats racontent qu’ils ont vu des fillettes pendues aux branches des arbres…

 

Ces massacres finissent par se savoir en haut lieu, à Paris. Il est temps pour le ministre des Colonies, Antoine Guillain, d’arrêter cette folie : il nomme le lieutenant-colonel Klobb (qui nomme Meynier) pour aller au plus vite au Soudant français et faire stopper la « colonne infernale ».

 

Klobb emmène donc le lieutenant Octave Meynier à la poursuite des capitaines Voulet et Chanoine. Jean-François Klobb est né à Ribeauvillé dans le Haut-Rhin. Fils de notaire, il est l’archétype du militaire colonial du 19e siècle : artilleur de marine, il fait ses classes à Cherbourg puis est envoyé en Guyane où il reste de nombreuses années. Officier de la Légion d’honneur, il s’est fait brillamment remarqué au point d’être « celui » qui est désigné par l’Etat-major de l’armée pour arrêter la colonne Voulet-Chanoine.

 

La poursuite s’engage dès l’arrivée en Algérie. Celle-ci va durer plus de 2.000 kilomètres. Tout au long du parcours, Klobb et Meynier découvrent les horreurs pratiquées par les deux capitaines. Enfin, la jonction est faite. Nous sommes le 14 juillet 1889 à Dankori. Voulet et Chanoine placent leurs hommes en position de tir. Klobb leur demande de renoncer à leur folie et de se rendre sous la bannière française. Les capitaines refusent et ouvrent le feu : Klobb est tué sur le coup. Comme cela est arrivé parfois pour des prises de régions dans l’Afrique coloniale, ou par ambitions personnelles, les soldats français se battent entre eux ! D’ailleurs, Voulet et Chanoine parlent ouvertement de se tailler un empire personnel au cœur du Tchad ! Leur ambition est de courte durée : deux jours plus tard, leurs tirailleurs se mutinent et abattent les deux capitaines. Ces derniers sont enterrés à Maijirgui, au Niger.

 

La mission doit néanmoins continuer. Renommée Joalland-Meynier (capitaine Joalland et lieutenant Meynier), elle poursuit le but initial et finit par se porter au-devant des missions Gentil (du fleuve Congo au lac Tchad) et Foureau-Lamy (traversée du Sahara pour arriver au centre du Tchad). Il est le premier officier français à atteindre le lac Tchad. La mission se termine le 18 février 1900. Le Tchad devient protectorat français.

La mort du lieutenant-colonel Klobb.

La mort du lieutenant-colonel Klobb.

Le 27 décembre 1900, Octave Meynier est nommé au grade de capitaine. Il intègre l’Etat-major particulier du corps d’armée des troupes coloniales.

 

Après un passage à l’Ecole de Guerre entre 1905 et 1907 (d’où il sort 35e sur 84 avec la mention « bien » à l’examen de sortie), il rejoint le Territoire militaire du Niger puis est placé à la disposition du Gouvernement de l’Algérie.

 

Nommé commandant militaire du territoire des oasis, à Ouargla, en Algérie, il commence, l’année suivante, à mettre au point un programme de modernisation de l’Afrique par la construction de routes. Il est alors chef de bataillon.

 

Première Guerre mondiale.

 

Rappelé en métropole avec son régiment, le lieutenant-colonel Meynier participe à plusieurs batailles. Il est nommé au commandement du 1er régiment de tirailleurs algériens sur le front de Verdun. C’est là qu’il est blessé grièvement, pour la deuxième fois (la première c’était en Afrique au moment de l’affaire Voulet-Chanoine). Il a le poignet gauche arraché par une grenade. Il doit être amputé.

 

Extrait du Journal Officiel du 16 juin 1918 : « Officier supérieur extrêmement méritant, chef de corps distingué qui a donné par l’exemple d’une activité inlassable une rigoureuse impulsion à son régiment. Quelques instants avant une attaque, a été grièvement blessé en parcourant les premières lignes pour s’assurer que tout le monde était bien à sa place, et surtout pour exalter la bravoure et le courage de ses tirailleurs. Transporté au poste de secours, surmontant la douleur, souriant à tous, a, dans le calme le plus impressionnant, donné ses instructions pour le passage du commandement en recommandant avec insistance de ne songer qu’à l’assaut, et d’y aller résolument. Deux blessures et une citation antérieure ».

 

Remis de ses blessures, le LCL Meynier fait un passage au 124e RI puis dirige une mission militaire en Autriche en 1919. Colonel en 1921, au 78e RI, il rejoint en 1923 le 520e régiment des chars de combat avant d’aboutir au 9e régiment de zouaves, alors en garnison à Alger. Par décret du 17 février 1927, Octave Meynier est nommé au grade de général de brigade, puis est admis à la retraite pour raison de santé.

 

En 1930, il organise le rallye automobile Méditerranée – Niger sur des routes et des pistes nouvellement modernisées. Membre fondateur de « l’Association des Amis du Sahara » l’année suivante, il continue d’œuvrer pour la présence française en Afrique. Il voit dans le rallye automobile le « moyen immédiat de mettre en contact sympathique les peuples méditerranéens avec ceux de l’Afrique et de rendre plus faciles les liaisons terrestres entre eux ». De fait, en 1950, il organise le premier rallye automobile transafricain : Méditerranée – Le Cap.

 

Le général Octave Meynier meurt à Alger le 31 mai 1961. Au même moment, non loin de là, après avoir maté le « putsch des généraux », le général de Gaulle vient de s’attribuer les pleins pouvoirs et organise la première conférence d’Evian. Une année plus tard, l’Algérie sera indépendante.

 

 

 

 

Publications.

 

Alors à la retraite, le général Meynier publie plusieurs ouvrages, parmi lesquels il convient de citer :

 

  • Les conquérants du Tchad, Flammarion, Paris, 1923.
  • À propos du chemin transsaharien, tactique saharienne et engins modernes, Berger-Levrault, Paris, 1924.
  • Guide pratique du tourisme au Sahara, Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1931.
  • Mission Joalland-Meynier, Éditions de l'Empire français, Paris, 1947, 191 p.
  • « Note sur le rôle des rallyes de la Méditerranée au Cap dans l'histoire des communications inter-africaines », dans Revue Africaine, no 99 (1955).

 

Décorations.

 

Titulaire des décorations suivantes :

 

  • Grand-officier de la Légion d’honneur.
  • Médaille coloniale avec les agrafes « Sénégal », « Soudan », « Centre africain ».
  • Commandeur du Mérite saharien, rang du 1er juillet 1958.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse en ligne : www.larousse.fr
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • L’armée d’Afrique, Collectif, Ed. Lavauzelle, 1980.
  • Site www.legion-etrangere.com  du Ministère de la Défense.
  • Livret militaire obtenu grâce aux éléments indiqués par la famille du général Meynier sur le site « Histoire des Meynier ».
  • Illustration du journal italien Corriere Illustrato.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 15 Octobre 2017

Soldats surveillant la ligne Morice.

Soldats surveillant la ligne Morice.

Une décision d’André Morice.

 

La guerre d’Algérie permit l’approfondissement et le perfectionnement des savoir-faire de contre-guérilla développés par l’armée française au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les leçons payées au prix du sang en Indochine sont appliquées en Afrique du Nord pour détruire les maquis du Front de Libération Nationale (FLN). En 1956, les maquis intérieurs des Aurès et du Nord-Constantinois commencent à être soutenus par l’Armée de Libération Nationale (ALN) en cours de constitution en Tunisie. Les passages à la frontière se multiplient. Le 26 juin 1957, le ministre de la Défense, André Morice, lance la construction d’un barrage fortifié qui prend son nom. Il s’agit d’identifier en temps réel les tentatives de franchissement et d’intercepter ceux ayant réussi à se frayer un chemin. A partir de 1959, la défense s’adapte à l’évolution de l’armement de l’ALN et veut empêcher toute pénétration du territoire algérien grâce à des actions dans la profondeur où des mines sont utilisées.

 

Une construction en deux temps.

 

Dès 1957, d’importants moyens du génie venus de métropole débutent l’édification de la Ligne Morice. Cet obstacle disposant d’une herse intérieure et de deux haies électrifiées est un dispositif d’alerte permettant la manœuvre par une concentration des forces. Six régiments de secteur gardent les postes de surveillance, cinq régiments parachutistes sont placés en arrière du barrage en « chasse libre », quatre autres régiments sont en couverture dans le no man’s land. La préservation de cet espace de manœuvre ne permet pas la mise en place de champ de mines. Il s’agit avant tout de détruire les unités de l’ALN voulant forcer le passage.

 

En 1959, le général Challe, nouveau commandant en chef, souhaite protéger la zone côtière et double le barrage électrifié. L’ALN disposant d’armes antichars et de mortiers lourds, rendant vulnérables les unités patrouillant sur la herse, un dispositif de protection dans la profondeur est créé. La Ligne Morice est alors minée et son dédoublement au Nord prend le nom de ligne « Challe ». Elle est constituée de haies électrifiées complexes, utilisant tris niveaux de tension différents, auxquelles sont combinées de nombreuses mines.

 

Un déminage achevé en janvier 2017.

 

Le renforcement de la Ligne Morice est un succès tactique. A partir de 1960, elle est pratiquement infranchissable. En mars, sur 8.300 fellaghas engagés, 60 passent et 40 sont tués sur le terrain. Au final, l’ALN perd 3.000 hommes sur le barrage Est (Tunisie) et 600 sur celui de l’Ouest (Maroc). Les forces françaises y déplorent respectivement 146 et 109 tués. A la fin de la guerre se pose la question du déminage.

 

En 1958 et 1962, plus de trois millions de mines ont été posées le long du barrage oriental, sur 1.200 kilomètres. Ces « sentinelles éternelles » tuent et mutilent bien après la guerre. En 1997, la France adhère à la convention d’Ottawa bannissant l’usage des mines antipersonnel. Dix ans plus tard, la France offre à l’Algérie le plan des zones minées. A la fin du mois de janvier 2017, après des années de chantiers importants, le déminage est terminé achevant ainsi l’histoire de la Ligne Morice.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Terre Info Magazine – N°287 – Texte du lieutenant Christophe Lafaye.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Blog histoire de Carl Pépin, historien, Docteur PhD.
  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.
La Ligne Morice.
La Ligne Morice.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 1 Octobre 2017

De gauche à droite : Madame le général Valérie André, Monsieur André Santini, Monsieur le général Michel Forget.

De gauche à droite : Madame le général Valérie André, Monsieur André Santini, Monsieur le général Michel Forget.

Le jeudi 14 septembre dernier s’est déroulée la conférence du Souvenir Français d’Issy-Vanves à la salle multimédia de la mairie d’Issy-les-Moulineaux. Devant une assistance fournie, Monsieur le général de corps aérien Michel Forget a raconté, avec sa verve coutumière, l’épopée de cette escadrille formée à la demande du général de Gaulle pour, entre autres, marquer la présence française sur le front de l’est.

Le général Forget a expliqué les dures conditions de vie des pilotes, et encore plus celles des mécaniciens, les campagnes, les victoires et les drames : des 15 pilotes du départ en 1943, seuls trois répondaient encore à l’appel moins de deux ans plus tard. Il a également rappelé que le souvenir de l’escadrille est omniprésent en Russie et que des dizaines de milliers de personnes défilent chaque 9 mai en portant les portraits de certains des pilotes de Normandie-Niemen. Ce n’est malheureusement pas le cas dans notre pays.

Pour information, le capitaine Albert Mirlesse, qui était officier de liaison de l’escadrille et le lieutenant-colonel Yves Mahé, pilote, sont enterrés au cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

 

Quelques mots sur le général Forget, qui a accepté de reprendre la présidence d’honneur du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français : le général de corps aérien Michel Forget, entré à l'École de l'Air en 1946, a fait une carrière complète d'officier pilote de combat.

Il a assumé à ce titre tous les commandements correspondant à sa spécialité et a participé à la guerre d’Algérie. Breveté de l'École Supérieure de Guerre Aérienne, le général Forget a tenu des postes importants en état-major. Chef du cabinet militaire du ministre de la Défense en 1975-1976, il a commandé ensuite l'opération Lamantin en Mauritanie, à dominante aérienne. De 1979 à 1983, il a été placé à la tête de la Force Aérienne Tactique et de la 1ère Région Aérienne à Metz.

 

Depuis qu'il a quitté le service actif, en 1983, le général Forget se consacre à des études sur la défense. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : Puissance aérienne et stratégies (2001) et Guerre froide et Guerre d'Algérie (2002), Notre défense dans un monde en crise (2006), Du Vampire au mirage, l’épopée d’une génération de pilotes de chasse (2007), Nos forces aériennes en OPEX (2013), Nos armées au temps de la 5e République (2016). Grand’Croix de la Légion d’honneur, le général Forget est correspondant de l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

 

Le Comité du Souvenir Français tient à remercier la municipalité d’Issy, son maire, Monsieur André Santini, le Comité de la Légion d’honneur d’Issy, les services techniques et en particulier Monsieur Michel Raineri.

 

CDT (RC) F. RIGNAULT

Président

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Publié le 24 Septembre 2017

Il y a 70 ans, disparaissait le général Leclerc.

Issy-les-Moulineaux et Vanves ne font pas exception. Comme un bon nombre de communes de la Région parisienne, ces deux cités ont des rues, places ou avenues qui portent le nom du célèbre général Leclerc, libérateur de Paris et d’une partie de la France. Il est vrai que ce nom est l’un des 10 premiers donnés en France.

Le 28 novembre prochain, cela fera 70 ans que le général disparaissait dans le sable algérien, lors du crash de l’avion à bord duquel il avait pris place. L’occasion de revenir sur un parcours glorieux, unique.

* * *

Philippe de Hauteclocque nait en Picardie, au château de Belloy, à Belloy-Saint-Léonard, le 22 novembre 1902. Adolescent pendant la Première Guerre mondiale, il voit les misères et aussi les joies de la Victoire de 1918. A l’âge de vingt ans, il décide de consacrer sa vie à son pays en choisissant la carrière des armes. Il faut dire que sa famille est de noblesse chevaleresque et que l’on sait ce que signifie être militaire.

Il entre à Saint-Cyr en 1922 et y reste deux années. En 1931, lors d’un exercice – il est alors instructeur de cavalerie – il se brise une jambe en tombant avec son cheval. Il devra marcher le reste de sa vie avec une canne. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, avec le grade de capitaine, il subit le déferlement des chars d’assaut allemands, les fameux « Panzers ». Deux fois prisonnier, il s’évade les deux fois, alors que les armées du Reich occupent la France. Après l’Armistice, il rejoint le général de Gaulle à Londres en prenant « Leclerc » comme nom de guerre. Ce nom étant l’un des plus répandus dans sa Picardie natale. En 1945, il obtiendra que « Leclerc » soit ajouté à son patronyme afin que dans l’avenir lui et ses descendants s’appellent « Leclerc de Hauteclocque ».

Dès août 1940, le colonel Leclerc (il s’est attribué ce grade pour pouvoir discuter d’égal à égal avec des représentants militaires français gouverneurs en Afrique – grade confirmé par de Gaulle) rallie à la « France Libre » les colonies d’Afrique Equatoriale Française, lui donnant ainsi un territoire et une force militaire. Recevant le commandement du Tchad en décembre, il porte aussitôt ses efforts vers la Libye italienne.

Le 1er mars 1941, avec 400 hommes montés sur 60 véhicules et après une chevauchée de plus de 1500 kilomètres dans le désert, Leclerc s'empare de l'oasis de Koufra, symbole de la puissance italienne en Afrique. Le lendemain il fait jurer à ses compagnons "de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg". C'est le Serment de Koufra. Le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération et le nomme général.

L'année 1942, tournant de la guerre où les forces de l'axe Rome-Berlin commencent à essuyer des revers, est employée par le général Leclerc à reconnaître et conquérir le Fezzan, la partie occidentale de la Lybie. Après le débarquement allié au Maroc et en Algérie, la "Colonne Leclerc" fait jonction en janvier 1943 à Tripoli avec les forces britanniques emmenées par le général Montgomery.

Participant à l'éviction des Allemands et des Italiens de Tunisie, la colonne devenue la "Force L" puis la 2e Division Française Libre arrive à Tunis le 8 mai 1943. Au cours de toutes ces campagnes, Leclerc vit auprès de ses hommes couchant comme eux à même le sol, s'inquiétant à chaque instant de leur moral et de leur ravitaillement. Sa foi en la victoire finale, son sens du terrain et de la manœuvre, son omniprésence, l'ont fait adopter d'emblée par ses hommes qui lui apportent adhésion et dévouement sans faille.

Quand il reçoit, à l'été 1943, la mission de transformer la 2e Division Française Libre en 2e Division Blindée, le général Leclerc regroupe, à Témara sur la côte atlantique du Maroc, au fur et à mesure de leur arrivée, tous les éléments qui lui sont affectés : le noyau des Français Libres qui sont avec lui depuis près de trois ans, des unités déjà constituées de l'armée d'Afrique du Nord, des engagés et des appelés locaux, des Corses récemment libérés et les jeunes français évadés de France en passant par les Pyrénées et les geôles espagnoles. Il surmonte tous les problèmes, en particulier psychologiques, de la mise sur pied de cette grande unité en faisant apparaître, une fois de plus, son sens de l'humain et sa faculté innée de rassembler vers un but commun, des hommes d'origines et d'opinions très diverses. Le général Leclerc veut faire partager cette idée qui l'obsède : l'union de tous les Français est gage de succès.

Débarquée en Normandie en août 1944 en venant d'Angleterre, la 2e Division Blindée va participer, au sein de la Ill° Armée U.S. du général Patton, à la libération du territoire national. Elle est tellement marquée par la personnalité de son chef que très vite, elle est, pour les populations et les journalistes, la "Division Leclerc", voire même l'"Armée Leclerc".

Les étapes de la 2e D.B. se succèdent dans une charge fantastique. Alençon est libérée le 12 août et l'entrée de vive force dans Paris le 25 août, au milieu de la foule en liesse des Parisiens et des forces françaises de l'intérieur, les F.F.I., qui participent aux combats, permet au général de Gaulle de se faire acclamer en descendant les Champs Elysées.

Repartant vers l'Est, les hommes de Leclerc libèrent Vittel, anéantissent une Panzer brigade à Dompaire les 12 et 13 septembre et libèrent Baccarat le 31 octobre. Ils traversent les Vosges, âprement défendues et le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée.

Ils ont tenu le "Serment de Koufra".

Après de durs combats dans le Sud de l'Alsace, pendant plus de deux mois d'un hiver particulièrement rigoureux, la 2e D.B. participe, au sein de la 1ère Armée Française, à la libération de Colmar le 6 février 1945. Il n'y a plus d'Allemands en armes sur le sol français, à l'exception des poches de l'Atlantique où des éléments de la 2e D.B. vont libérer Royan en avril 1945.

Impatient d'entrer en Allemagne, le général Leclerc réussit à engager sa division en Bavière et s'empare de Berchtesgaden, le haut-lieu des nazis, trois jours avant la capitulation allemande.

En 1945, Leclerc, nommé général de corps d'armée est élevé à la plus haute dignité de la Légion d'Honneur (Grand Croix), reçoit le commandement du Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient, le C.E.F.E.O., dans les rangs duquel se sont engagés plusieurs milliers d'hommes de la 2e D.B. pour suivre leur général.

Dirigé vers l'Indochine, où près de 40 000 français subissent les avanies et les exactions des Japonais occupant le territoire, le Corps Expéditionnaire va en quelques mois restaurer la présence française. Auparavant le 2 septembre 1945, le général Leclerc avait signé au nom de la France, la capitulation japonaise, en baie de Tokyo, à côté du général américain Mac Arthur.

D'octobre 1945 à juillet 1946, Leclerc faisant montre d'un sens politique en avance sur son temps, préconise une solution pacifique au conflit franco-vietnamien. Malheureusement incompris, il est rappelé en France.

Et c'est en Afrique du Nord, pendant plus d'un an que le général Leclerc va mettre une fois de plus ses talents au service de la France en tant qu'inspecteur des Forces Armées. Qu'il s'adresse à des militaires, par exemple, en fin de manoeuvres, ou bien à des populations qui le reçoivent avec les chefs locaux à leur tête, il ne manque jamais l'occasion de répéter inlassablement sa confiance en la France revenue au niveau des grandes nations, sa confiance dans cette armée française qui reprend la place qu'elle n'aurait jamais dû perdre. Et partout il insuffle autour de lui cette foi en l'avenir qui ne l'a jamais quitté, en incitant chacun à faire consciencieusement ce qu'il doit à la place qu'il occupe.

Et le 28 novembre 1947, au cours du vol aérien qui l'amenait d'Oran à Colomb Béchar pour une inspection, son avion pris dans un vent de sable, s'écrase au sol et prend feu. Il n'y a pas de survivant. Le général Leclerc trouve la mort sur cette terre d'Afrique qui avait connu ses premières armes et qu'il avait traversée du Sud au Nord sur le chemin de la Victoire.

Dans sa biographie de 1997, le colonel Maurice Courdesses ajoute : « Il y a donc exactement cinquante ans que disparaissait le général Leclerc, le patriote convaincu, le chrétien pratiquant, le rassembleur charismatique, le soldat intrépide, le chef audacieux, le tacticien hors-pair, le fin politique ».

Cinq ans après sa disparition, le Parlement vote à l'unanimité la loi qui élève à la dignité de Maréchal de France le général d'armée Philippe Leclerc de Hauteclocque.

Le général de Gaulle lui a rendu hommage à plusieurs reprises, en particulier en ces termes : "L'épopée de Leclerc, c'est, pour toujours, une des plus belles pages de notre histoire".

 

Sources :

 

  • Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin, Mairie de Paris).
  • Colonel Maurice Courdesses, Nov. 1997.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Britannica.
  • Mémorial de Dormans.
  • Musée de Caen.
  • Général Jean Compagnon, Leclerc, Maréchal de France, Flammarion, 1994.
  • Général Vézinet, Le général Leclerc, 1997, France Empire.
  • François Broche, Georges Caïtucoli, Jean-François Muracciole, Dictionnaire de la France Libre, Collection Bouquins, 2010.

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Publié le 14 Septembre 2017

A Rancourt, la Chapelle du Souvenir Français.

L’importance stratégique.

 

Les villages de Rancourt et de Bouchavesnes avaient une importance stratégique pendant la bataille de la Somme. La route reliant Péronne à Bapaume qui y passait était importante puisqu’il s’agissait d'un axe de communication allemand, essentiel pour le ravitaillement. C'est pourquoi l'armée française a été chargée en septembre 1916 de la reprendre, au prix de très nombreuses pertes et endeuillant de nombreuses familles.

Les communes de Rancourt et de Bouchavesnes-Bergen abritent aujourd’hui en un espace restreint trois cimetières de nationalités différentes : française, britannique et allemande.  Deux chapelles, une allemande et une française, y sont aussi implantées. Haut-lieu du souvenir de la participation française à la bataille de la Somme, le site de Rancourt-Bouchavesnes témoigne également de la rencontre d'hommages publics et privés.

L’implantation des cimetières, la co-visibilité existant entre eux et la qualité paysagère de leur environnement en font un lieu funéraire très symbolique.  Site international par les hommes qui y sont enterrés, il a également une vocation et pédagogique, puisqu’il permet de comprendre la manière dont chaque nation a rendu hommage aux siens, à travers une architecture, des matériaux, des références culturelles différentes.

Une cérémonie commémorative est organisée annuellement dans chacun des sites, le deuxième dimanche de septembre, ainsi que devant la statue du Maréchal Foch, au coeur du village de Bouchavesnes. La prochaine cérémonie se déroulera le dimanche 17 septembre 2017. S'appuyant sur la forte dimension symbolique et internationale de ce secteur mémoriel, la « Rose Somme 2016 » y a été baptisée le 25 juin 2016. Elle rend un hommage unique à l’ensemble des combattants inhumés, quelque soit leur nationalité.

 

La Chapelle du Souvenir Français.

Cette chapelle en pierre de taille est le fruit d’une initiative privée. La famille du Bos, originaire de la région, voulut ériger un monument à la mémoire de son fils mort et de ses camarades de combat, tombés dans le secteur, à la suite de combats très violents.

Depuis 1937, le Souvenir Français assure la gestion de l’édifice et l’animation du site, via un petit centre d’accueil. La nécropole française, située à Rancourt-Bouchavesnes, est la plus grande de sa catégorie dans la Somme (28 000 m²). 8 566 soldats y reposent, inhumés sous les stèles, ou dans les quatre ossuaires. Cette nécropole atteste de la violence des combats pendant la bataille de la Somme (1er juillet - 18 novembre 1916), résultant de la guerre de masse, totale et industrielle.

Marie-Thérèse et Jean-Pierre Desain sont les actuels gardiens de la Chapelle du Souvenir Français, de son musée ainsi que du centre d’accueil. La Chapelle est ouverte tous les jours de 9h à 18h de 10h à 17h du 1er octobre au 31 mars). Son accès est libre. Adresse : 2, route Nationale 80360 Rancourt - Téléphone + 33 (0) 3 22 85 04 47.

 

Le cimetière allemand.

 

Après le conflit, l'État français en 1920 choisit de regrouper les cimetières provisoires et les tombes isolées allemandes. Ainsi, est créé sur le champ de bataille de Rancourt-Bouchavesnes l’un des plus grands cimetières de la Somme. La plupart des combattants inhumés sont morts en 1916 et en 1918. Dans le cadre de la convention franco-allemande, le VDK (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, organisation allemande chargée de recenser, préserver et entretenir les sépultures des victimes de guerre allemandes à l'étranger) investit le site en 1929. La chapelle y aurait été alors élevée, comprenant une sculpture de mise au tombeau. Elle est inaugurée le 17 septembre 1933 en présence des autorités locales.

 

Le cimetière britannique.

 

Après la bataille de la Somme, l’armée française est relevée par l’armée britannique dans le secteur de Rancourt-Bouchavesnes. Les unités de la Guards Division y aménagent un cimetière pendant l'hiver 1916-1917 et l'utilisent à nouveau pour inhumer les officiers des 12e et 18e divisions en septembre 1918. Le cimetière définitif a été dessiné par N.A. Rew.

Marie-Thérèse et Jean-Pierre Desain.

Marie-Thérèse et Jean-Pierre Desain.

Sources :

 

  • Stéphane Audoin-Rouzeau, Jean-Jacques Becker, Encyclopédie de la Grande guerre, Bayard, 2004.
  • John Buchan, La bataille de la Somme, Thomas Nelson & Sons, 1920.
  • Marjolaine Boutet et Philippe Nivet, La bataille de la Somme, Taillandier, 2016.
  • Général Georges Girard, La bataille de la Somme en 1916, Plon, 1937.
  • Archives du Souvenir Français – Siège national.
  • Archives de la Délégation du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine et du Comité d’Issy-les-Moulineaux-Vanves.
  • Les informations de cet article sont issues du site Internet www.somme14-18.com

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Publié le 25 Août 2017

Debout sur une jeep, Jules Gaucher s’adresse à ses légionnaires de la « 13 ».

Debout sur une jeep, Jules Gaucher s’adresse à ses légionnaires de la « 13 ».

Biographie.

 

Jules Gaucher nait à Bourges le 13 septembre 1905. I intègre la promotion « Maréchal Gallieni » à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et sort diplômé en 1929. Nommé sous-lieutenant, il est affecté au 23e régiment de tirailleurs algériens.

 

Deux années plus tard, il sert à la Légion étrangère, tout en restant en Afrique du nord, au sein du 1er régiment étranger, puis au 3e régiment étranger d’infanterie. Il participe à la pacification du Haut-Atlas au Maroc. En 1938, promu capitaine, il est nommé au 1er bataillon du 5e régiment étranger d’infanterie au Tonkin, dans le nord du Vietnam.

 

C’est là qu’il combat les Japonais en 1940, puis les Thaïlandais l’année suivante. A la tête du bataillon, le 9 mars 1945, il est en première ligne au moment du « coup de force » des Japonais. Evitant de peu la capture, et son exécution, il réussit à passer la frontière chinoise le 1er mai 1945 avec le reste de son unité lors de la retraite de la « colonne Alessandri » (du nom de son général). Il prend ensuite la tête du bataillon de marche composé des survivants du régiment et la ramènera en 1946 au Tonkin après avoir parcouru plus de 3.000 kilomètres à pied.

 

Promu chef de bataillon la même année, il rejoint le dépôt commun des régiments étrangers (DCRE) à Sidi-Bel-Abbès en Algérie puis la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE).

 

En 1949, il est désigné pour l’Extrême-Orient afin de prendre le commandement du 3e bataillon de la 13e DBLE. Le 9 avril 1950, il est rapatrié sanitaire. En octobre 1951, il est promu au grade de lieutenant-colonel et une année plus tard il revient en Indochine. De retour à la « 13 », il prend les fonctions de commandant en second, puis celles de chef de corps le 1er septembre 1953. Sous son commandement, ses unités s’illustrent au cours d’opérations dans le delta du Fleuve Rouge et lors de la bataille d’Hoa-Binh.

 

A Dien Bien Phu, en mars 1954, il est désigné commandant du Groupe mobile n°9, qui comprend trois bataillons d’infanterie, une batterie d’artillerie. Le colonel de Castries, qui commande le camp retranché, lui donne l’ordre d’assurer la résistance de cinq centres : les collines Béatrice, Claudine, Dominique, Eliane et Huguette. Le PC du lieutenant-colonel Gaucher se trouve alors assez proche de celui du colonel de Castries.

 

Ce 13 mars 1954.

 

Giacomo Signoroni, ancien de la « 13 » et présent à Dien Bien Phu ce fameux 13 mars 1954, a confié des archives au Souvenir Français d’Issy-Vanves. Parmi celles-ci se trouve une copie du témoignage du légionnaire Mariano Hernandez.

 

« Le camp retranché de Dien Bien Phu subissait vers 17h30 un pilonnage massif, au même moment où la position avancée Béatrice tenue par le 3/3/13e connaissait le même sort, avec un objectif différent. Nous étions obligés de rester dans nos abris du fait de l’intensité de ce pilonnage. De temps en temps, une légère accalmie se faisait sentir dans la cuvette, où nous pouvions sortir de nos tranchées. C’est à ce moment là, que l’on pouvait juger de l’importance du feu qu’essuyait la position Béatrice.

 

Notre colonel Gaucher, avec plusieurs officiers, dirigeait les opérations depuis son PC de l’attaque de Béatrice, qui se trouvait proche de mon emplacement de combat. Il devait être dans les environs de 18h30, lorsqu’eu lieu de nouveau une série d’explosions à proximité du PC et des emplacements du 1/13e DBLE.

 

C’est à ce moment-là, que nous vîmes apparaître quelques gars de chez nous hurlant comme des aliénés, que le PC de notre colonel avait été touché par un obus d’artillerie, et ils criaient qu’il n’y avait aucun survivant. Pendant que l’un d’eux partait à l’antenne Grauwin chercher des médecins et des infirmiers, le sergent Dubois avec quelques hommes de ma section, dont moi-même, se rendit tout de suite sur le lieu du blockhaus qui tenait lieu de PC. Nous avons donné un coup de main à l’équipe de pionniers de notre unité que dirigeait l’adjudant Signoroni. Le spectacle était horrible à voir. Une jeep se trouvait déjà sur les lieux, ils évacuèrent le colonel qui était encore vivant, mais déchiqueté de toute part et dont le visage avait l’aspect cadavérique. Il y avait parmi eux un ou deux officiers morts et plusieurs blessés, dont mon chef de bataillon Brinon. Ils furent transportés sur l’antenne du GM9.

 

Nous apprîmes un peu plus tard le décès de notre colonel. A la suite de cette triste nouvelle, les commandants de compagnie, sous-officiers, légionnaires, savions que sans « Pouss-Pouss » (nous l’appelions familièrement ainsi) les choses ne seraient plus les mêmes. Notre moral fut très fortement atteint, et je vis que mon capitaine Chounet, fut lui-même très fortement éprouvé. Je ne me doutais pas encore que le lendemain une nouvelle épreuve m’attendait, ainsi qu’à plusieurs de mes camarades. Etant donné qu’après mon retour de sonnette, dans les environs de 4h à 6h du matin, je commençais à faire du café des boîtes pacifiques, lorsque je m’aperçus qu’il y avait un peu trop de mouvement dans les alentours. Quand notre sergent de section nous appela pour le rassemblement du matin, et que la compagnie fut au complet, le sergent de semaine présenta la compagnie au capitaine Chounet, commandant la 2/4/13e. Une fois les formalités terminées, le chef de compagnie nous annonça qu’il lui fallait des volontaires pour aller chercher sur Béatrice, les morts et les blessés restés sur place, après le combat et l’anéantissement de la position, qui venait de se terminer quelques heures auparavant. Il pria donc les volontaires de s’avancer d’un pas, afin qu’ils se fassent connaître. Les gars de la 2e compagnie se proposèrent tous, à l’exception de quelques réticents. A ce moment-là, le capitaine appela le sous-officier de section, afin qu’il procéda à un tri parmi les hommes. Nous étions une dizaine de légionnaires de la 2/1/13e.

 

Peu avant l’heure de la mission, le capitaine Chounet nous prévint que notre seul équipement se composerait d’une tenue de combat, casque léger et d’une petite pelle de campagne. Un sous-officier de la compagnie nous amena à la hauteur de l’antenne du commandant Grauwin, là où se trouvaient les véhicules qui devaient nous emmener par la RP 41 sur Béatrice. L’effectif de cette mission se composait d’un officier médecin, du 1/13e DBLE, du Père Trinquant, notre aumônier de la 13e, de deux brancardiers avec l’adjudant Signoroni, chef des pionniers du 1/13e. Nous étions donc au total une quinzaine  et nous appartenions tous au 1/13e. Aucun sous-officier ou légionnaires d’autres unités ne firent partie de cette mission, comme certains voudraient bien laisser croire.

 

En tête de file se trouvait le capitaine-médecin Le Damany, dans un véhicule 4 :4 ou une jeep. Mes camarades et moi étions dans un GMC avec quelques filets et nos pelles. Le père devait se trouver dans une ambulance avec le chauffeur. A 10h du matin, le convoi démarra dans la direction de Béatrice. Lorsque nous fûmes sur les lieux, un officier Viet donna ses instructions au chef de convoi. Une fois que nous étions descendus des véhicules, ceux-ci opérèrent un demi-tour afin de se tenir prêt pour repartir. Au pied des pitons se trouvait une petite chapelle du 3e bataillon apparemment intacte, et de tout côté, on pouvait voir des impacts d’obus, de grenades qui jonchaient le sol, qu’accompagnait un silence de mort. Lorsque nous commençâmes à escalader les pitons par des escaliers de terre, renforcés de planches, on apercevait au loin sur les pitons, des sentinelles viets, l’arme au poing, qui nous faisaient des signes, nous désignant ainsi l’emplacement des morts et des blessés.

 

Le spectacle qui s’offrit à nos yeux était insoutenable. Dans les tranchées pleines de boue, on voyait nos camarades à moitié ensevelis, complètement déchiquetés. Nous nous sommes dispersés en petits groupes, dans les trois pitons, à la recherche des survivants. Il y en avait malheureusement que très peu, car ils étaient au nombre de deux ou trois. Nous les avons déposés dans les camions. A ma connaissance, nous n’avions ramené qu’un seul mort, et j’ai su par la suite qu’il s’agissait du seul sous-officier retrouvé mort, du 3e bataillon. Le reste des hommes qui se trouvait dans les tranchées complètement déchiquetés, et étant donné que le temps nous était compté, puisque l’on avait 1h30 pour cette trêve, nous avons reçu l’ordre de les laisser sur place, car ils étaient intransportables.

 

Au moment où nous regagnâmes nos véhicules, nous aperçûmes une petite colonne de blessés, rescapés de la veille, que les sentinelles viets escortaient afin que nous les emmenions. Vers 11h30, nous reprîmes le chemin du retour et 600 m avant d’arriver à la hauteur de l’antenne, où nous devions les déposer, nous subîmes par l’artillerie viet plusieurs impacts, dont quelques éclats blessèrent un légionnaire mais sans gravité. Ce fait ne fut d’ailleurs jamais rapporté, ni écrit dans aucun livre à ma connaissance. Je ne savais pas que 16 jours plus tard, mon sort serait identique à ce qu’avait connu mes camarades. Puisque le 30 mars 1954, me trouvant sur Eliane 2, nous subîmes le même pilonnage que souffrit Béatrice. Je fus blessé à la tête et aux jambes, et enseveli dans mon poste de combat par l’impact d’un obus d’artillerie. Dégagé par mes camarades, et dans le coma, je fus laissé dans un boyau. Les circonstances et l’acharnement de l’attaque ennemie n’ont pas permis à mes camarades de m’évacuer vers les arrières. Je fus enlevé par les Viets et amené dans les lignes arrières ennemies. Quelque temps je fus interné dans le camp n°42. »

 

 

Sources.

 

  • Archives personnelles de Giacomo Signoroni, commandeur de la Légion d’honneur.
  • Georges Fleury, La Guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Recherches dans les archives des Bulletins de l’Ecole français d’Extrême-Orient d’archéologie.
  • Extraits du journal Le Figaro du 28 décembre 1993.
  • Encyclopédie en ligne Wikipédia.
  • Encyclopédie en ligne Larousse.
  • Jacques Chancel, La nuit attendra, Flammarion.
  • Archives du journal Paris Match : www.parismatch.com .
  • Site Internet du Souvenir Français d’Asie et de Chine : www.souvenir-francais-asie.com
  • Site Internet des « Soldats de France ».
  • Site Internet « Legio Patria Nostra » (crédit photo).

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 23 Août 2017

La Garde républicaine.

Présentation.

 

La Garde républicaine, commandée par un général de division, comprend deux régiments d’infanterie, un régiment de cavalerie, un état-major et des formations musicales (orchestre et chœur de l’armée française).

 

Le 1er régiment d’infanterie, implanté principalement à Nanterre, s’articule en trois compagnies de sécurité et d’honneur (CSH), une compagnie de sécurité de la présidence de la République (CSPR), un escadron motocycliste et la musique de la Garde républicaine.

 

Le 2e régiment d’infanterie, dont l’état-major est situé à la caserne Kellermann (Paris), se compose de quatre compagnies de sécurité et d’honneur (CSH), de la compagnie de sécurité de l'hôtel Matignon (CSHM) et de la compagnie de sécurité des palais nationaux (CSPN).

 

Le régiment de cavalerie s’articule en trois escadrons de marche, un escadron hors rang ainsi qu’un centre d’instruction. L’escadron hors rang comprend, notamment, une fanfare de cavalerie, un service vétérinaire et des maréchaux-ferrants.

 

Enfin, l’état-major dispose d’un bureau des opérations et de l’emploi, d’un bureau des ressources humaines et des services logistiques qui comprennent, en particulier, des ateliers de tradition (sellerie, armurerie et costumes d’époque).

 

Missions.

 

Elles sont au nombre de quatre :

 

1 - Assurer le protocole militaire de l'État :

Le protocole militaire est fortement ancré dans la tradition nationale et il revient à la Garde républicaine de l'assurer lorsque le Président de la République ou des chefs d'État étrangers y sont associés.

Il prend la forme de services à pied et d'escortes d'honneur à cheval ou à moto, notamment sur l’esplanade des Invalides et sur les Champs-Elysées.

La musique de la Garde et la fanfare de cavalerie sont spécialement chargées de rehausser l’éclat des cérémonies officielles.

La Garde rend également les honneurs aux présidents des deux assemblées parlementaires à l'ouverture de chaque séance.

 

2 - Assurer la sécurité des palais nationaux :

La Garde républicaine participe au fonctionnement régulier des institutions en assurant la sécurité des hauts lieux gouvernementaux et en contribuant sous réquisition permanente à celle des assemblées parlementaires. Le 1er régiment d'infanterie se consacre à la sécurité de l'Élysée (contrôle des entrées, rondes périmétriques) tandis que le 2e régiment d'infanterie assume les mêmes charges à Matignon, au Quai d'Orsay, à l’hôtel Beauvau, à l'hôtel de Brienne ainsi qu'au Palais Bourbon, au palais du Luxembourg et au Conseil constitutionnel.

Particularité parisienne, la Garde contribue aussi à la sécurité du Palais de justice.

 

Il n'est pas exceptionnel que des gardes républicains soient dépêchés temporairement dans des ambassades françaises à l'étranger lorsque la situation locale exige que leur sécurité soit renforcée.

Ces missions mobilisent quotidiennement 900 gendarmes qui bénéficient d'une formation adaptée au tir et à la maîtrise des individus. Parmi eux, les tireurs d’élite, qualifiés annuellement par le GIGN, sont dotés de fusils de précision pour s'opposer à d'éventuels tireurs embusqués.

 

3 - Contribuer à la sécurité publique générale :

Force polyvalente, la Garde républicaine met quotidiennement ses compétences techniques particulières au service de la sécurité publique générale.

Les sept pelotons d'intervention de l'infanterie sont fréquemment sollicités par les unités territoriales d'Ile-de-France et par des offices centraux, en cas d'interpellation à risque ou d’escorte de détenus. Leur haut degré d'entraînement les rend aptes à remplir des missions éprouvantes comme la lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane.

Les motocyclistes de la Garde assurent de nombreuses escortes de convois sensibles et sécurisent les épreuves cyclistes majeures, au premier rang desquelles figure le Tour de France depuis 1953.

 

Les trois pelotons de surveillance et d'intervention à cheval développent de nouveaux savoir-faire en police montée. Une quarantaine de cavaliers sont employables par la préfecture de Police de Paris, dans le cadre de patrouilles urbaines ou d'appui des forces mobiles autour des stades. Plus largement, ils constituent une réserve d'intervention à disposition des autorités de sécurité publique sur l'ensemble du territoire dans les contextes et sur les terrains où la composante équestre apporte une plus-value : recherche de personne en milieu forestier, surveillance de zones difficiles d'accès, sécurité de grands rassemblements ou de secteurs touristiques.

 

4 - Contribuer au rayonnement international de la France :

Parce qu'elle incarne un prestige certain, la Garde républicaine constitue un vecteur de rayonnement à la disposition des plus hautes autorités de l'Etat. A cet effet, elle abrite dans ses rangs deux formations musicales de très haut niveau et capable d'interpréter les œuvres majeures du répertoire classique : l'Orchestre symphonique et le Chœur de l'Armée française.

D'autre part, ses compétences équestres intéressent de nombreux pays étrangers et sont à l'origine d'accords bilatéraux pour la formation de cavaliers ou la création d'unités complètes.

La ville d’Issy-les-Moulineaux est la ville marraine depuis l’an 2000 du 2e régiment d’infanterie de la Garde républicaine.

 

 

Sources :

 

Site de la Garde républicaine : www.gendarmerie.interieur.gouv.fr

Photo : copyright Wikipedia

 

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Publié le 5 Août 2017

Le cimetière de Soupir, au pied du Chemin des Dames.

Le cimetière de Soupir, au pied du Chemin des Dames.

Contexte.

 

Printemps 1917. Une nouvelle fois, le grand commandement militaire français décide de faire la différence, une « bonne fois pour toutes », et de renvoyer les Allemands à Berlin. En dépit de plusieurs échecs depuis 1914, la décision est prise. Et puis, Verdun a montré l’année précédente, que la victoire était possible…

 

Le 16 avril 1917, l’armée française lance donc une grande offensive en Picardie, sur le Chemin des Dames, qui doit son nom au fait que cette route était régulièrement, deux siècles plus tôt, empruntée par Victoire et Adélaïde, filles de Louis XV.

 

Mais l’échec de l’offensive est consommé en 24 heures malgré l’engagement des premiers chars d’assaut français. On n’avance que de 500 mètres au lieu des 10 kilomètres prévus, et ce au prix de pertes énormes : 30.000 morts en dix jours. Le général Nivelle, qui a remplacé Joseph Joffre à la tête des armées françaises le 12 décembre 1916, en est tenu pour responsable. Lors de la conférence interalliée de Chantilly, le 16 novembre 1916, il assurait à tout un chacun que cette offensive serait l’occasion de la « rupture » décisive tant attendue. « Je renoncerai si la rupture n’est pas obtenue en quarante-huit heures » promettait Nivelle. Mais le lieu choisi, non loin de l’endroit où s’était déroulée la bataille de la Somme de l’année précédente, n’est pas propice à la progression des troupes, avec ses trous d’obus et ses chemins défoncés. De plus, les Allemands ont abandonné leur première ligne et construit un nouveau réseau enterré à l’arrière : la ligne Hindenburg.

 

Le ressentiment et le désespoir des poilus – qui bientôt se transformera en mutineries au sein de nombreux régiments – s’expriment dans la Chanson de Craonne.

 

La chanson.

 

Cette chanson anonyme a certainement plusieurs auteurs. Elle est apprise par cœur et se diffuse oralement de manière clandestine. Antimilitariste, le chant est bien entendu interdit par l’armée. Une légende veut que le commandement militaire ait promis une récompense d’un million de francs or et la démobilisation à quiconque dénoncerait l’auteur !

 

Chantée sur plusieurs fronts (Notre Dame de Lorette, Verdun), sa première version publiée parait le 24 juin 1917. Elle est notamment retrouvée dans les carnets du soldat François Court. Elle y est suivie de la mention « chanson créée le 10 avril 1917 sur le plateau de Craonne ».

 

Quand au bout d'huit jours le r'pos terminé

On va reprendre les tranchées,

Notre place est si utile

Que sans nous on prend la pile

Mais c'est bien fini, on en a assez

Personne ne veut plus marcher

Et le cœur bien gros, comm' dans un sanglot

On dit adieu aux civ'lots

Même sans tambours, même sans trompettes

On s'en va là-haut en baissant la tête

- Refrain :

Adieu la vie, adieu l'amour,

Adieu toutes les femmes

C'est bien fini, c'est pour toujours

De cette guerre infâme

C'est à Craonne sur le plateau

Qu'on doit laisser sa peau

Car nous sommes tous condamnés

Nous sommes les sacrifiés

 

Huit jours de tranchée, huit jours de souffrance

Pourtant on a l'espérance

Que ce soir viendra la r'lève

Que nous attendons sans trêve

Soudain dans la nuit et dans le silence

On voit quelqu'un qui s'avance

C'est un officier de chasseurs à pied

Qui vient pour nous remplacer

Doucement dans l'ombre sous la pluie qui tombe

Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

- Refrain

C'est malheureux d'voir sur les grands boulevards

Tous ces gros qui font la foire

Si pour eux la vie est rose

Pour nous c'est pas la même chose

Au lieu d'se cacher tous ces embusqués

F'raient mieux d'monter aux tranchées

Pour défendre leur bien, car nous n'avons rien

Nous autres les pauv' purotins

Tous les camarades sont enterrés là

Pour défendr' les biens de ces messieurs là

- Refrain :

Ceux qu'ont l'pognon, ceux-là r'viendront

Car c'est pour eux qu'on crève

Mais c'est fini, car les trouffions

Vont tous se mettre en grève

Ce s'ra votre tour, messieurs les gros

De monter sur le plateau

Car si vous voulez faire la guerre

Payez-la de votre peau

 

Philippe Pétain.

 

Le général Nivelle est limogé. Il est remplacé par le général Philippe Pétain, vainqueur de Verdun. Il s’applique en premier lieu à redresser le moral des troupes. Il fait sanctionner avec modération les faits d’indiscipline collective, limitant à quelques dizaines – sur des milliers – le nombre d’exécutions (de fait, bien moindre que le nombre de fusillés de 1915).

 

En 1918, le général Pétain est resté le plus populaire des officiers généraux de l’armée française. La Chanson de Craonne aussi... Depuis 1918, elle a été reprise des centaines de fois.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédies Larousse, Britannica, Wikipédia.
  • Thierry Bouzard, Histoire du chant militaire français, de la monarchie à nos jours, Editions Grancher, 2005.
  • Jean-Claude Klein, Florilège de la chanson française, Ed. Bordas, 1989.
  • Guy Marival, La Mémoire de l’Aisne, 2001, et Enquête sur une chanson mythique, 2014.
  • Pierre Miquel, le Chemin des Dames, Perrin, 1997.
  • René-Gustave Nobécourt, Les Fantassins du Chemin des dames, Robert Laffont, 1965.
  • Nicolas Offenstadt, le Chemin des Dames, Paris, Stock, 2004.
  • Site www.herodote.net

 

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Publié le 22 Juillet 2017

Hôpital militaire du camp de Salonique - Une chambre de malades. 1918.

Hôpital militaire du camp de Salonique - Une chambre de malades. 1918.

Le cimetière militaire français de Zeitenlick à Thessalonique (Salonique), en Grèce, rassemble les corps de 8.309 soldats morts pour la France sur le front d'Orient, lors de la Première Guerre mondiale.

 

A l’automne 1915, l’expédition franco-britannique des Dardanelles, destinée à couper les Turcs des Empires centraux, est un échec. L’entrée en guerre de la Bulgarie, en octobre, entraîne l’effondrement de la Serbie. Les troupes de l'Entente débarquent à Thessalonique, dans une Grèce initialement neutre, divisée entre les partisans de l’Entente ralliés autour du Premier Ministre Vénizélos et les sympathisants des Empires centraux représentés essentiellement par la Cour.

 

Ce front est resté statique jusqu'à l'offensive en Macédoine déclenchée le 15 septembre 1918. Le général Franchet d’Espèrey contraint alors la Bulgarie, dès le 29 septembre, à demander l’armistice. Belgrade est libérée le 1er novembre, prémisse à l'effondrement des forces austro-allemandes.

 

Dès 1923, anticipant les clauses du traité de Lausanne, les autorités grecques concèdent aux Alliés un terrain proche de Thessalonique pour y installer une nécropole internationale. La partie française abrite les restes des militaires français, inhumés en divers cimetières de la Macédoine grecque, après leur regroupement en ce lieu. Ce site regroupe aussi les tombes provisoires des sépultures de guerre italiennes ainsi que celles des Serbes et du Commonwealth. Le cimetière interallié de Salonique est ainsi créé.

 

La partie française s'étend sur 3 500 m2 et rassemble 8.309 sépultures individuelles dont 208 abritent des corps non identifiés.

 

Une chapelle de style ottoman a été installée au centre du carré.

 

L’entretien de la nécropole militaire de Zeitenlick est assuré par les services du consulat général de France. Des travaux de rénovation ont été effectués en 2012.

 

Un  hommage aux combattants est rendu deux fois par an : lors d’une cérémonie fin septembre,  à laquelle participent l’association française « Mémorial du Front d’Orient » ainsi que les représentants officiels des puissances alliées et lors de la commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918.

 

 

Renseignements

Consulat Général de France à Thessalonique

8, Mackenzie King

54622 Thessalonique

Tél.: (+30) 2310 244 030/031

Fax : (+30) 2310 282839

www.consulfrance-salonique.org

Courriel : consul@consulfrance-salonique.org (link sends e-mail)

 

 

 

 

Sources :

 

  • Site Internet : www.cheminsdememoire.gouv.fr dépendant du Ministère de la Défense.
  • Ambassade de France en Grèce.
  • Photographies « Les hôpitaux du camp retranché de Salonique (1918) – Ministère de la culture – Médiathèque du patrimoine.

 

Le cimetière militaire français de Salonique, en Grèce.

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Publié le 22 Juillet 2017

Le cimetière militaire français de Gdansk, en Pologne.

La Seconde Guerre mondiale terminée, la France organise la recherche, l'identification et le rapatriement des prisonniers de guerre et des militaires inhumés à l'étranger. Une "mission française de recherche en Pologne" travaille dans ce pays jusqu'en 1950 pour retrouver des tombes et dresser la liste des morts. En 1948, Varsovie cède pour 99 ans aux autorités françaises une parcelle de terrain de 11 500 m² à l'ouest de la ville de Gdansk, afin de regrouper les sépultures des soldats non rapatriés au cours des campagnes de rapatriement de 1951, 1953 et 1961 - 2 180 corps seront réclamés par les familles.

 

Ce cimetière réunit 1 152 corps, dont 329 n'ont pas pu être identifiés. Parmi eux se trouvent mêlés des prisonniers de guerre, des déportés résistants ou politiques, des recrues du service du travail obligatoire (STO), des Alsaciens incorporés de force dans l'armée allemande, et des évadés des camps de détention qui ont combattu dans le maquis polonais. Les dépouilles proviennent principalement des voïvodies d'Olsztyn, de Gdansk, de Bydgoszcz, de Kosalin, de Szczecin, de la Haute et Basse Silésie. Le site se compose de carrés ornés de 1 127 emblèmes funéraires marquant les tombes dont 961 sont occupées - 25 d'entre elles contiennent plusieurs corps non identifiés. Trois croix stylisées monumentales ont été érigées sur un podium en pierre auquel on accède par une volée de marches.

 

Les services consulaires de l'Ambassade de France à Varsovie assurent l'entretien et la gestion du site, sur la base d'une dotation budgétaire allouée par le ministère de la défense.

 

Pour tout renseignement : Ambassade de France à Varsovie 1, rue Piekna 00-477 Varsovie Tél. : + 48 (22) 529 30 00 - www.ambafrance-pl.org

 

 

Sources :

 

Le cimetière militaire français de Gdansk, en Pologne.

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