Portrait d'une grande résistante : Madeleine Vincent.

Publié le 3 Juillet 2007

L’une des missions du Souvenir Français consiste en la transmission aux générations successives des valeurs de la République. Celles incarnées par les hommes et les femmes qui ont eu le courage et l’audace de refuser l’avilissement face à l’emprise nazie en 1940 sont essentielles et il convient de ne jamais l’oublier.

Le Comité d’Issy-les-Moulineaux est particulièrement fier de consacrer son premier portrait à Madeleine Vincent, qui fut l’une de ces Résistantes qui force respect et admiration.
 

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Madeleine Vincent est née en 1920 à Asnières, dans un milieu modeste, une famille d’ouvriers, d’employés et de journaliers agricoles, marquée par les malheurs de la Première Guerre mondiale. A 16 ans, elle adhère à la Jeunesse Communiste puis à l’Union des Jeunes Filles de France, nouvellement créée par Danielle Casanova, militante communiste et résistante elle-aussi, qui paiera cet engagement par sa déportation – et sa mort – à Auschwitz.

En 1997, Madeleine Vincent rendait ainsi hommage à celle qui fut son amie : « On ne dira jamais assez ce que cette organisation a fait, sous la direction de Danielle Casanova, pour rassembler les jeunes filles, défendre leurs droits, organiser l’aide aux enfants d’Espagne, éclairer sur la montée du nazisme en Allemagne, éveiller et développer chez elles les sentiments démocratiques et patriotiques. Ce fut pour beaucoup dans ma détermination, dans celle de dizaines de milliers de jeunes filles. Les événements qui suivirent l’ont bien démontré ».

Mécanographe de profession, Madeleine Vincent poursuit son combat en adhérant l’année suivante, en 1937, au Parti communiste. Dès juillet 1940, elle entre dans la Résistance et prend en charge l’organisation de l’action en zone interdite, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Elle prend les noms de « Paulette », « Josette » ou encore « Simone Lambert ».

Dénoncée, elle est arrêtée en gare de Douai le 9 janvier 1942. Emprisonnée à Loos, elle est ensuite transférée à Essen, puis à Kreuzbourg, Ravensbrück et Mauthausen. Avec un certain nombre de déportés, Madeleine Vincent se bat, autant qu’il est possible au milieu des soldats nazis et des Kameradenpolizeis (les fameux Kapos), pour refuser ou ralentir le travail industriel.

Libérée en 1945, Madeleine Vincent reprend son activité et devient secrétaire de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France puis secrétaire nationale de l’Union des Jeunes Filles de France. En 1954, elle est nommée au Comité Central du Parti communiste français et est élue au Bureau politique de 1970 à 1990. Elle y occupe diverses responsabilités dont le secteur des femmes, où elle joue un rôle important auprès de Gisèle Moreau puis de Marie-George Buffet, puis celui des élections.

Madeleine Vincent est faite officier de la Légion d’Honneur et reçoit cette distinction à l’hôtel de ville d’Issy-les-Moulineaux, commune où elle réside depuis de nombreuses années, en compagnie de son époux, Guy Ducoloné, ancien député, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, lui-même militant communiste et déporté à Buchenwald (Guy Ducoloné est présent sur l'album du 29 avril 2007 et intitulé "Journée de la Déporation)..

C’est dans cette même commune que le 22 novembre 2005 disparaît Madeleine Vincent, infatigable combattante des droits des femmes et de toutes les formes de barbarie.

Rédigé par Frédéric-Edmond RIGNAULT

Publié dans #Portraits - Epopées - Associations

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