Le Stand de Tir - 3/3

Publié le 19 Septembre 2008

9 – L’inauguration de la plaque commémorative en 1961 :

 

Le 23 avril 1961, trois ans avant la destruction du Stand de Tir, une plaque commémorative est inaugurée à l’initiative de l’Association des familles de fusillés. La plaque rappelant les noms des 143 martyrs est placée sur le mur du parking du ministère de l’Air (Base Aérienne 117). Adam Rayski rappelle que cette association bénéficia des appuis des mairies du XVème arrondissement de Paris et d’Issy-les-Moulineaux (le maire était Bonaventure Leca).

 

Sur la photographie de l’album présenté sur note site internet, se trouve le cliché – issu du livre d’Adam Rayski – qui montre, sur la tribune, Madame Decourdemanche, ancienne résistante. Elle termine son discours par ces mots : « N’oubliez pas votre devoir de Mémoire ». 

 

10 – La destruction de 1964 :

 

 

Une note du 14 février 1963 du Bureau Génie de la Direction de l’Infrastructure expose les conséquences en termes de superficie pour la construction de nouveaux bâtiments (« Casernement définitif de la B.A. 117 » – Base Aérienne). Précisément, pour construire les bâtiments nécessaires pour accueillir 500 sous-officiers, 2.000 hommes de troupe, un réfectoire, un mess (et d’autres bâtiments de services généraux), une surface de 4,7 hectares est indispensable De ce fait, il convient de prendre les parcelles, dénommées A, B et C (sur un plan dont une photographie figure dans l’album « Stand de Tir »). Le Stand de Tir est placé sur la parcelle A. 

Dans une note du 24 juin 1964, le Bureau Travaux de la Direction de l’Infrastructure de l’Armée de l’Air, ayant pour objet le Déplacement du Stand de Tir dit « de la Porte de Sèvres », indique ceci :

 

  • - « relatives au déplacement du Stand de Tir dit « de la Porte de Sèvres » dont le terrain d’emprise doit servir d’assiette à certaines installations du Casernement définitif du B.A. 117 ».
  • - « Il est précisé que la zone concernée est destinée » (…) « à l’édification d’un bâtiment services généraux et logement troupe ».
  • - « il conviendrait que soient examinés dès à présent les problèmes de principe posés par le transfert du Stand de Tir en cause ».

 

Un peu plus loin, le Bureau Travaux propose d’envisager le transfert du Stand de Tir sur la Base Aérienne de Villacoublay, « moyennant une participation financière de l’ordre de 1 million de francs au titre de la Section AIR ». Le colonel Arpurt, Chef du Bureau Militaire de la Direction de l’Infrastructure approuve cette note transmise à l’Etat Major pour avis.

 

Nous n’avons pas trouvé les éléments de réponse de l’Etat Major. Quoi qu’il en soit, par la suite, le transfert à Villacoublay est annulé et le Stand de Tir est bel et bien détruit pour être remplacé par les bâtiments dont il est question dans la note de juin 1964.

 

 

11 – Commémorations :

 

Depuis l’inauguration de la plaque de 1961, des commémorations ont régulièrement lieu à l’endroit où se trouvait le Stand de Tir. Elles sont l’œuvre de la mairie de Paris, du Souvenir Français du 15ème arrondissement (Présidé par Eric LENFANT), des associations d’Anciens Combattants.

N'oublions jamais qu'en ces lieux, si proches de Paris, si proches de nous,  furent massacrés 143 Résistants et Patriotes. Dans de prochains articles, le Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux présentera quelques-uns de ces martyrs.

"Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne-toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme"


Emmanuel d'Astier de la Vigerie, la Complainte du Partisan.