A la mémoire de Marcel Javelot.

Publié le 17 Décembre 2008

 

Les Chasseurs

 

 

 

L’une des rares photographies ornant les tombes du carré militaire du cimetière d’Issy-les-Moulineaux est celle du caporal du 120ème bataillon de Chasseurs à pied, Marcel Javelot.

 

La première fois que le terme « chasseur » est employé pour une unité militaire française remonte à 1743 avec la création des chasseurs de Fischer, un groupe de francs-tireurs de l’Armée royale. Cette définition restera. Les chasseurs sont souvent considérés comme des unités d’élite, rattachées ou non à un régiment, et qui, au cours de l’histoire, vont se spécialiser : chasseurs à cheval, chasseurs alpins, groupes de chasseurs cyclistes et bien entendu chasseurs à pied. Equipés plus légèrement que les hommes d’infanterie, ils sont souvent utilisés pour des « coups de main » ou des assauts particulièrement difficiles.

 

Sous le Premier Empire, Napoléon les utilise, entre autres, pour former les 1er et 2ème régiments de Chasseurs à pied de la Garde impériale. Par la suite, les chasseurs se couvrent de gloire lors de la conquête de l’Algérie et pendant la guerre de Crimée.

 

En 1914, trente et un bataillons de chasseurs à pied ou alpins existent. Ils sont rapidement augmentés de chasseurs alpins territoriaux et neuf bataillons de marche sont créés. Il s’agit des 32ème, 102ème, 106ème, 107ème, 114ème, 115ème, 116ème, 120ème et 121ème.

 

 

La 129ème division d’infanterie

 

Le 120ème est formé le 15 mars 1915 à Sennecey-le-Grand, dans le département de la Saône-et-Loire. Il est rattaché en juin de la même année à la 129ème division d’infanterie, qui comprend également les 297ème et 359ème régiments d’Infanterie, les 106ème, 114ème, 115ème, 121ème bataillons de Chasseurs à pied, le 14ème régiment de Tirailleurs de Marche et le 141ème régiment d’Infanterie Territoriale.

 

Marcel Javelot est né le 20 avril 1892, à Braisne, dans l’Aisne. Il commence son service militaire en 1912. Au recrutement du 3ème bureau du département de la Seine, il a le matricule 1408 et le 1947 au Corps. Avec son régiment, le picard participe en juillet 1915 aux attaques sur le Linge (Vosges). De septembre à octobre de la même année, la 129ème est engagée dans la deuxième bataille de Champagne. Retirée du front fin octobre 1915, elle repart dans le secteur de Nancy en mars 1916, puis participe à la bataille de Verdun, avec des assauts très meurtriers sur la côte de Froideterre puis devant Fleury-devant-Douaumont. En 1917, la 129ème est l’une des unités du désastre du Chemin des Dames, où 200.000 soldats tombent en quelques semaines sous les balles et les obus allemands.

 

La Seconde bataille de la Marne

 

En 1918, après un engagement dans la bataille des Flandres, la 129ème division contribue à la Seconde bataille de la Marne. Au cours de cette bataille, à cheval sur la Picardie et le Nord de la Région parisienne, vers les Bois des Loges et le village de Campagne, Marcel Javelot est blessé. Il est transporté vers l’arrière puis rapatrié sur l’hôpital militaire temporaire basé à l’Institut Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux. Le 11 septembre 1918, à l’âge de 26 ans, le caporal Marcel Javelot, titulaire de la Croix de Guerre, rend son âme à Dieu.

 

ORDRE GENERAL de la IIIème ARMEE

Le Général Commandant en Chef décide que le 12ème Groupe de Chasseurs soit cité à l’Ordre de la IIIème Armée, avec le motif suivant :

« Du 10 Août au 6 Septembre 1918, sous les ordres du Lieutenant-colonel de TORQUAT de la COULERIE, comprenant le 106ème Bataillon de Chasseurs à Pied, sous les Ordres du Commandant HUREL, le 120ème Bataillon de Chasseurs à Pied, sous les ordres du Commandant NADAL, le 121ème Bataillon de Chasseurs à Pied, sous les Ordres du Chef de Bataillon MATHIEU, a attaqué l’ennemi à six reprises avec la plus grande vigueur. Malgré des pertes sensibles, l’a forcé à reculer devant lui de plus de 30 kilomètres, lui capturant 221 prisonniers, un canon de 77, 30 mitrailleuses, 12 minenwerfer et un important matériel. A fait preuve de superbes qualités offensives et d’une ténacité remarquable dans le combat.

Signé : PETAIN »

Le lendemain de la mort de Marcel Javelot, la 129ème division est retirée du front et se regroupe vers Rimbercourt, dans l’Oise, pour ensuite se préparer à une offensive dans le secteur de Bezange-la-Grande (Meurthe-et-Moselle). Offensive qui ne se déroulera pas, l’armistice intervenant le 11 novembre 1918. Le 13 mai 1919, à Sarreguemines, en Moselle, le 120ème bataillon de Chasseurs à pied est dissous.

 

Chasseurs à pied du 106ème bataillon.

 

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Première Guerre mondiale

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