Le maréchal de Rochambeau, par André Santini.

Publié le 18 Octobre 2009

 

Monsieur André Santini et Monsieur Guy de Rochambeau.

 

« Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

Monsieur de Rochambeau,

 C’est un réel plaisir de vous accueillir aujourd’hui, mardi 6 octobre 2009 pour cette inauguration de la place dédiée à la mémoire du Maréchal de Rochambeau.

 Né en 1725 à Vendôme, Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, deuxième fils du comte de Rochambeau, est élevé pour entrer dans les ordres mais la mort de son frère aîné le conduit finalement à la carrière des armes. En 1742 commence pour lui la vie militaire. Bientôt  aide de camp du duc d’Orléans (père de Louis-Philippe), il est vite renommé pour sa bravoure et son habileté dans les manœuvres. Nommé colonel à 22 ans, il se distingue au siège de Maastricht en 1748 et devient gouverneur de Vendôme en 1749. Après l'expédition de Minorque, en 1756, il est nommé général de brigade dans l'infanterie et colonel du régiment d'Auvergne. Il s’illustre aussi pendant la Guerre de sept ans, notamment à la bataille de Clostercamp (1760), pour le succès de laquelle il a une action déterminante malgré plusieurs blessures. Il est nommé maréchal de camp en 1761 et inspecteur de la cavalerie. Il est alors fréquemment consulté par les ministres pour des points techniques.

 Mais c’est la Guerre d’indépendance américaine qui le fera entrer dans l’Histoire. A partir de la fameuse "Boston Tea Party" du 16 décembre 1773 où les colons américains défient la couronne anglaise, le conflit devient latent et le recours aux armes approche.

 Dans les débuts du conflit militaire entre l’Angleterre et ses colonies, des Français y prennent part individuellement : Beaumarchais en se faisant marchand d’armes, Lafayette en organisant des corps francs. Rochambeau, lui, arrive aux Amériques à la tête d’un corps expéditionnaire français envoyé par Louis XVI et débarque à Newport le 11 Juillet 1780. Le général conseille alors à Washington d'attaquer les troupes anglaises engagées dans le Sud, ce qui débouchera sur la célèbre victoire de Yorktown.

 Le 5 Septembre 1781, l’amiral de Grasse remporte la victoire de la Chesapeake sur la flotte de l'amiral Graves. Un conseil de guerre est tenu le 18 Septembre à bord du bateau "Ville de Paris" entre Washington, Rochambeau et de Grasse. Le général anglais Cornwallis est retranché dans les places fortes de Yorktown, et de Gloucester. Dès le 28 Septembre, commencent les manœuvres d'investissement par les forces franco-américaines de ces deux places fortes. Au même moment, la flotte française de 28 vaisseaux de l'amiral de Grasse assure le blocus du port de Yorktown, empêchant ainsi tout ravitaillement ou toute fuite des britanniques par la mer.

 Les 6 000 britanniques et les 2 000 allemands font face aux 11 000 français et aux 6 000 hommes de Washington (incluant des Polonais, des Allemands, des Canadiens français et des Indiens cherokees). Après près de deux semaines d’affrontement, le 19 Octobre 1781, Cornwallis capitule et rend aux forces alliées les places de Yorktown et de Gloucester. Le général anglais se prétendant malade, il envoie un de ses subordonnés remettre son épée aux vainqueurs. Cette victoire doit beaucoup au comte de Rochambeau qui a su maintenir la discipline, préparer les détails et prendre les bonnes options, pour conduire au succès des armes.

 Cette bataille fut aussi la première grande opération militaire combinée (infanterie, cavalerie, artillerie et marine) de l'histoire, réunissant trois grands militaires : Washington, Rochambeau et de Grasse. Moins d’un an plus tard, le traité de Paris est signé, qui accorde l’indépendance aux anciennes colonies britanniques. A son retour en France, Rochambeau est acclamé à Versailles et décoré de l’Ordre du Saint-Esprit, mais la Révolution Française se prépare. Il commande quelque temps l'armée du Nord et de l'Alsace et est nommé Maréchal – le dernier de l'Ancien régime – en 1791 par Louis XVI. Devant la situation chaotique engendrée par les factions, les ordres contradictoires du gouvernement et la chute de l'autorité royale, il démissionne en 1792. Deux ans plus tard, arrêté par la Terreur, jugé et condamné à mort, il échappe par miracle à la guillotine le 9 Thermidor et retourne à Thoré-la-Rochette où il mourra le 12 mai 1807 à l'âge de 83 ans après avoir été décoré de la Légion d’Honneur par Napoléon.

Sans l’aide de la France, la rébellion des treize colonies contre la Grande-Bretagne aurait échoué. Il n'y aurait pas d'États-Unis d'Amérique. La victoire de Yorktown fut le point de départ et le symbole de la naissance des Etats-Unis et le début de l'amitié franco-américaine.

 C’est en la mémoire de son principal acteur, le Maréchal de Rochambeau, que j’ai l’honneur d’inaugurer cette place qui lui rend hommage en présence de son descendant, notre administré et ami, Monsieur Guy de Rochambeau ».

 

 

 

André SANTINI

Ancien ministre

Député – Maire d’Issy-les-Moulineaux.