Publié le 16 Janvier 2018

Les disparus de la Grande guerre.

Joseph Baud.

Joseph Baud est né le 15 novembre 1882. Isséen, classe 1902, il porte le matricule 4413 au recrutement du 1er Bureau de la Seine (département d’alors). En 1914, il est affecté au 91e régiment d’infanterie, dont le casernement est à Mézières (département des Ardennes). Le 91 est une unité de la 7e brigade d’infanterie, de la 4e division et du 2e corps d’armée des armées françaises de l’Est.

En 1914, le 91e participe à la bataille des frontières, en Belgique, puis aux combats d’Houdrigny et de Rolbelmont. Un temps, il semble que les armées françaises puissent prendre le dessus sur les Allemands. Mais l’euphorie est de courte durée… Bientôt sonne l’heure de la retraite, qui va être intelligemment menée par les généraux Joffre et Castelnau. L’épilogue de cette première phase étant la Première bataille de la Marne.

Le 24 octobre 1914, dans les combats de Saint-Hubert, dans la Marne, Joseph Baud est porté disparu. Il a vraisemblablement été tué (mais il y eut aussi des déserteurs dont plus personne n’a entendu parler et même après la fin de la guerre, un peu comme dans le roman Un long dimanche de fiançailles écrit par Sébastien Japrisot, en 1991 aux éditions Denöel). Rappelons qu’une bataille, ce sont des milliers de morts et blessés en quelques jours… Morts et blessés qu’il faut évacuer, qu’il faut transporter et disperser dans les hôpitaux militaires. Alors, les disparus… Ce n’est pas forcément la priorité des régiments. Cela va le devenir de l’Etat-major de l’Armée française.

Trois ans après la fin de la Première Guerre mondiale, le tribunal du département de la Seine porte le jugement « Joseph Baud est considéré comme disparu » et est déclaré « Mort pour la France ». Le mois suivant, le jugement est transmis à la mairie d’Issy-les-Moulineaux. Joseph Baud est l’un des 350.000 (!!) soldats portés disparus ou faisant partie des « inconnus » dont les fosses communes sont présentes dans toutes les nécropoles nationales et autres cimetières militaires.

 

« La recherche des disparus ».

Dès les premières batailles, compte tenu du nombre de tués et de soldats qui ne « rentrent » pas se pose la question des disparus. Les militaires se mettent en recherche de ces soldats portés disparus, et ce dès 1915. Il s’agit de montrer que la France n’oublie aucun de « ses enfants » et, surtout, que tout disparu est recherché pour justement éviter… les disparitions hâtives ou désertions !

Ce ne sont pas les seuls.

D’abord les familles se mettent en quête de leurs disparus pendant et après la guerre. Il n’est que de voir le film remarquable de Bertrand Tavernier intitulé La Vie et rien d’autre. L’Etat cherche à jouer un rôle de facilitateur, en s’appuyant à la fois sur le bureau des renseignements du ministère de la Guerre et sur l’Agence des prisonniers de guerre de la Croix-Rouge française.

Le bureau de renseignements aux familles, rattaché au cabinet du ministre de la Guerre, a pour mission principale de rechercher les disparus. Il centralise tous les renseignements relatifs aux soldats blessés, malades, captifs, morts ou disparus. Ensuite, il transmet ces informations aux dépôts des unités, lesquelles doivent aviser officiellement la personne désignée par chaque soldat pour recevoir de ses nouvelles et répondre aux demandes des familles.

Mais à Lyon, une initiative privée complémentaire voir le jour avec l’Association française pour la recherche des disparus. Bientôt, elle édite un journal intitulé La recherche des disparus. Placée sous le haut patronage de la Société de secours aux blessés militaires et rattachée à l’Agence des prisonniers de guerre de la Croix-Rouge française, l’association s’est fixée deux missions : la recherche des disparus, sans concurrencer les circuits officiels et la facilitation des retrouvailles. Elle édite un journal qui publie des listes de personnes internées, hospitalisées, réfugiées, rapatriées de Suisse mais aussi des noms de personnes voulant se signaler. On y trouve également des petites annonces ainsi que des listes de camps de prisonniers français en Allemagne et, ce qui est plus rare, dans l’Empire ottoman.

Entre février 1915 et décembre 1917, 73 numéros de La recherche des disparus vont paraître. Selon les renseignements pris auprès de la Mission du Centenaire, cela représente plus de 50.000 noms de militaires et de civils.

Aujourd’hui encore, des initiatives ici et là sont prises (Conseil départemental des Yvelines, initiatives d’établissements scolaires, initiative de Jean-Michel Gilot : « 1.000 jours pour 1.325.290 poilus ». Initiative qui consiste à indexer les renseignements des fiches militaires publiées sur le site « Mémoire des Hommes »).

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site de la mission du Centenaire.
  • Site des unités et régiments « Chtimiste ».

 

Les disparus de la Grande guerre.

Voir les commentaires

Publié le 11 Janvier 2018

Les combats de Rocquencourt.

Les combats de Rocquencourt.

Contexte.

 

Nous sommes dans la deuxième quinzaine du mois de juin 1815. L’Empereur vient de perdre la bataille de Waterloo, victime d’erreurs de jugement, du retard de Grouchy, de la folle cavalcade de Ney, de l’acharnement des Anglais, du renversement d’alliance des Belges…

 

Napoléon 1er revient à Paris. Le 22 juin – une semaine après cette défaite – il abdique pour la seconde fois après Fontainebleau un an auparavant. Il se réfugie à La Malmaison, pensant à Joséphine, disparue en ces lieux le 29 mai 1814. « Je m’offre en sacrifice à la haine des ennemis de la France. (…) Je proclame mon fils, sous le nom de Napoléon II, empereur des Français » écrit-il. Mais son repos n’est que de courte durée. Les soldats prussiens de Blücher sont annoncés aux portes de Paris, en contournant la capitale par l’ouest. Napoléon part, dans une discrète calèche, pour Fouras puis l’île d’Aix.

 

La situation n’est pas claire pour autant. Louis XVIII n’est pas encore de retour, pour la deuxième fois... L’un des derniers ordres de l’Empereur consiste à nommer le maréchal Davout chef des armées. Ce dernier, ministre de la Guerre depuis mars 1815, est craint de tous. Il est le seul des maréchaux à n’avoir jamais connu la défaite. Enfermé pendant des mois avec ses soldats dans la ville de Hambourg, l’année précédente, il ne se rendra que sur ordre direct de Louis XVIII (première Restauration) et les coalisés laisseront les Français quitter la ville sans combattre. Dans les rangs des armées, qu’elles soient françaises, autrichiennes, anglaises ou prussiennes, la seule évocation du nom de Davout suffit à faire trembler !

 

L’armée française prête au combat.

 

L’armée française est réunie sous les murs de Paris. Elle est commandée par le général Rémi-Joseph Exelmans. Il a été de nombreuses campagnes de l’Empire et est devenu général après Eylau en 1809. Fait prisonnier par les Britanniques en Espagne, il s’évade et revient en France en 1812. C’est un chef respecté.

 

Blücher n’a rencontré que peu de résistance. Confiant, au milieu de dizaines de milliers de soldats, il s’est installé au château de Saint-Germain-en-Laye. Les Prussiens semblent sûrs de leur fait et se répandent dans la contrée, vivant sur l’habitant. Un contingent fort de 6.000 fantassins s’approche de Paris.

 

Davout donne l’ordre à Exelmans de se rendre au devant des hommes de Blücher, avec un corps de 15.000 hommes d’infanterie, sous le commandement du général Vichery. L’idée consiste à se rendre en direction de Saint-Germain par le pont de Neuilly. Mais Davout se ravise et donne un contrordre. Seules les troupes d’Exelmans vont combattre. Elles quittent leur bivouac en formant trois colonnes et coupent la retraite des Prussiens qui s’étaient avancés jusque dans les faubourgs de Versailles. Une colonne du 44e régiment d’infanterie de ligne marche sur Rocquencourt tandis qu’une seconde s’approche de Fontenay-le-Fleury, en contournant Versailles par le sud-ouest. Les troupes prussiennes sont encerclées. Deux divisions de dragons impériaux marchent quant à elles droit sur Versailles et Vélizy.

 

A Vélizy, les soldats des colonels Faudoas et Simonneau se précipitent sur les cavaliers prussiens. Ces derniers sont fusillés à bout portant. Une panique indescriptible s’empare  de la cavalerie prussienne. Elle cherche à sortir de la nasse et se dirige vers Rocquencourt et Le Chesnay où d’autres soldats français les attendent. Dans le plus grand désordre, les ennemis reprennent la direction de Saint-Germain. Mais les combats se poursuivent, dans la forêt de Meudon, dans le Bas-Meudon et dans les faubourgs d’Issy.

 

Les Prussiennes finissent par tous se replier. Le général Exelmans profite de son avantage. Il fait continuer le mouvement de sa cavalerie vers Saint-Germain. Mais vers Louveciennes, près de Marly-le-Roi il rencontre un corps d’infanterie prussien considérable. Plutôt que de chercher l’affrontement sur un terrain peu propre aux mouvements de cavalerie, car très boisé, il juge prudent de faire retraite. Il revient sur Montrouge. Les Prussiens analysent la manœuvre et viennent s’établir sur Sèvres, qu’ils dévastent.

 

Dans cette bataille, les Prussiens ont perdu près de 1.000 de leurs 1.500 hussards et de nombreux fantassins. Les Français n’ont laissé que peu d’hommes sur le champ de bataille.

 

Le Second traité de Paris.

 

Le Second traité de Paris est signé. La France s’en retourne aux frontières de 1791, avec la perte de la Sarre, de Landau en Rhénanie et de la Savoie. Et commence la seconde Restauration.

 

Le 6 juillet, selon les écrits de Chateaubriand dans Mémoires d’Outre-tombe : « Le soir, vers les neuf heures, j'allai faire ma cour au roi. Sa Majesté était logée dans les bâtiments de l'abbaye ; on avait toutes les peines du monde à empêcher les petites filles de la Légion d'Honneur de crier : Vive Napoléon ! J'entrai d'abord dans l'église ; un pan de mur attenant au cloître était tombé ; l'antique abbatial n'était éclairé que d'une lampe. Je fis ma prière à l'entrée du caveau où j'avais vu descendre Louis XVI : plein de crainte sur l'avenir, je ne sais si j'ai jamais eu le cœur noyé d'une tristesse plus profonde et plus religieuse. Ensuite je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui précédaient celle du roi, je ne trouvai personne ; je m'assis dans un coin et j'attendis. Tout à coup une porte s'ouvre ; entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur ; le féal régicide, à genoux, mit les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyr ; l'évêque apostat fut caution du serment. »

 

A Versailles, Issy et dans quelques autres villages, les Prussiens vont rester jusqu’au mois d’octobre 1815, date à laquelle ils seront remplacés par des Anglais, qui eux-mêmes partiront au mois de décembre suivant.

 

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse et Britannica.
  • Site Internet de la ville d’Issy-les-Moulineaux : www.issy.com
  • Site de l’association Historim : www.historim.fr
  • Pierre Charrier, Le maréchal Davout, Nouveau Monde, 2005.
  • Jean-Baptiste Vachée et Henri Bonnal, Etude du caractère militaire du maréchal Davout, Ed. Berger-Levrault, 1907.
  • Alain Pigeard, Dictionnaire des batailles de Napoléon, Tallandier.
La plaque commémorative à Rocquencourt.

La plaque commémorative à Rocquencourt.

Voir les commentaires

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 4 Janvier 2018

Opération Lamantin, par le général Michel Forget.

Un beau matin d'octobre 1977, à l'issue d'une prise d'armes, j'apprends que je suis nommé chef d'une opération à dominante aérienne top secrète en Mauritanie. On m'explique que ce pays était au bord de l'effondrement sous les coups du Polisario, à savoir ces rebelles chassés du Rio de Oro et réfugiés en Algérie dans la région de Tindouf, d'où ils lançaient des colonnes de véhicules fortement armés contre le train évacuant, à mille kilomètres de là, le minerais de fer de Zouerate vers le port de Nouadibouh, en Mauritanie.

 

La mission était simple. Il ne s'agissait pas d'éliminer le Polisario mais d'obliger celui-ci à renoncer à son mode d'action dont les effets sur l'économie de la Mauritanie étaient désastreux. Pour cela, il fallait intercepter et réaliser trois ou quatre frappes aériennes contre ces raids pour enlever à ces perturbateurs toute envie de poursuivre leur action. Il s'agissait de conduire des actions « coups de poing », brèves, efficaces et ce en engageant des moyens aériens peu nombreux mais puissants.

 

Lamantin – car tel a été son nom – fut une opération modeste : une poignée de Jaguar (au maximum 10) de la Force Aérienne Tactique projetés depuis la métropole à Dakar ; une poignée de Breguet Atlantic (au maximum 5), appareils de surveillance maritime de l'Aéronavale déjà en place depuis plusieurs mois chargés de surveiller la voie ferrée et quelques avions de transport tactique Transall. Par delà ce caractère modeste, Lamantin, opération purement aérienne, présentait des traits originaux qui en ont fait une grande première dans l'histoire de notre aviation.

 

Pour  la première fois en effet devaient être engagés en opération RÉELLE, c'est à dire avec ouverture du feu, des avions de combat à très grand rayon d'action ayant recours au ravitaillement en vol. Dans l'aviation tactique, certes, le ravitaillement en vol était pratiqué – sur une petite échelle – depuis les années 60, sur quelques F100 d'abord puis sur Jaguar dont un seul escadron avait en 1977 cette aptitude. Jusqu'ici, le ravitaillement en vol n'avait été utilisé que dans le cadre  de raids vers certains pays d'Afrique pour des missions de simple présence. Lamantin donnait l'occasion de montrer que l'aviation tactique avait le « bras long » et pouvait frapper à très basse altitude des objectifs à plus de 1.200 km des bases de départ avec retour direct sur celles-ci.

 

Pour la première fois, l'opération se caractérisait par la dispersion considérable de ses centres de décisions : Paris où l'ouverture du feu, avant chaque engagement, devait être donnée par le Président de la République en personne ; à 3.000 km de là, Nouakchott, où se trouvait mon PC et à 400 km plus au sud, Dakar où était implanté mon adjoint « air » avec la flotte aérienne. Aujourd'hui, une telle dispersion n'épate plus personne. À l'époque, ce n'était pas le cas.

 

Lamantin : opération modeste certes mais pas simple. Nous étions en effet pauvres en moyens de renseignement, ne disposant  d'aucun moyen nous permettant d'intercepter les colonnes du Polisario AVANT qu'elle n'attaque le train. Nous n'avions ni appareil de reconnaissance à très long rayon d'action, ni appareil adapté à la détection électronique d'objectifs au sol, ni drones, ni GPS, et surtout aucune possibilité de recueil de renseignements humains, par absence totale de troupes déployées sur ce théâtre, en dehors d'une zone étroite autour de la voie ferrée. Et je pense que même si nous avions eu de tels moyens, le résultat aurait été le même : vu la distance et la nature de l'espace à surveiller – plus de 1000 kilomètres d'un désert sans une route, sans un passage obligé, sans un douar – c'était chercher une aiguille dans une botte de foin.

 

On s'en est sorti en nous appuyant sur le renseignement de contact. C'est dire qu'il nous fallait attendre que le Polisario attaque le train pour que nous puissions agir. À partir de ce moment là en effet, l'adversaire était parfaitement repéré et à notre portée. Le Breguet Atlantic en mission de surveillance de la voie ferrée (600 kilomètres entre Zouerate et Nouadibouh!) se précipitait sur les lieux de l'attaque et ne quittait plus visuellement la colonne jusqu'à l'arrivée des Jaguar dont il facilitait la rejointe. Simultanément, tous les acteurs de l'opération devaient être avertis : moi même à Nouakchott, le Président de la République à Paris, les autorités de Mauritanie et du Sénégal, mon adjoint air avec ses Jaguar à Dakar. Dès qu'une attaque était signalée, je donnais l'ordre de faire décoller a priori les Jaguar, sans attendre le feu vert de l'Élysée sachant que les Jaguar avaient près de 800 kilomètres à parcourir avant d'atteindre la zone de la VF ce qui nous donnait le temps de solliciter – et en principe d'obtenir – l'autorisation d'ouvrir le feu. Moi même je montais immédiatement à bord du Transall dont je disposais à Nouakchott afin de me rendre sur les lieux, à environ 400 kilomètres de là, afin d'avoir le contact direct avec tous les appareils, afin de juger de la situation et de prendre en  toute connaissance de cause les décisions qui s'imposeraient.

 

C'était appliquer le principe du PC Volant. Cette façon d'opérer s'était imposée du fait de la faiblesse, à l'époque, de nos moyens de transmissions, certes diversifiés (HF-BLU, herziens, réseaux sénégalais) mais peu adaptés aux liaisons à très grande distance, surtout avec Paris. La nécessité de disposer de satellites de télécommunications, inexistants à l'époque en France mais indispensables dans le cadre de toute stratégie d'action extérieure, a été l'une des grandes leçons de cette opération.

 

Par delà ces difficultés, Lamantin fut un succès. Trois actions « coup de poing » en décembre 1977, conduites à plus de 1.200 kilomètres de Dakar, où deux colonnes du Polisario perdirent la moitié de leurs véhicules (45 sûrs)… sous les attaques des Jaguar à très basse altitude, à très grande vitesse (plus de 500 nœuds – 900 kilomètres/heure) et aux canons de 30mm ont contraint le Polisario à renoncer à son mode d'action. Il devait récidiver deux fois en mai 78, où ses colonnes furent traitées de la même façon et avec le même résultat. En 1979, Polisario et Mauritanie concluaient un cessez le feu, sanctionnant ainsi le succès de nos forces aériennes... et la sauvegarde de la Mauritanie.

 

Ce succès devait faire du bruit. Bien de nos amis de l'armée de terre eurent des sueurs froides, craignant de se voire ravir la vedette en Afrique, craintes pourtant vaines (nous étions à quelques mois de l'affaire de Kolwezi !). Que ces craintes soient fondées ou pas, il n'en restait pas moins que Lamantin avait montré le rôle majeur que nos forces aériennes modernes, aéronavales comprises, seraient désormais appelées à jouer dans  le cadre de notre stratégie d’action extérieure, marquée par ce que l'on appelle aujourd'hui les « opex », opérations plus amples, plus complexes aussi, au caractère interarmées plus marqué, mais opérations où nos forces aériennes – notamment nos chasseurs – ont fait depuis des années et font encore aujourd'hui un travail remarquable – Afghanistan, Libye, Mali, Moyen-Orient – toutes opérations où s'illustrent nos jeunes aviateurs auxquels, en tant qu'ancien, je tiens à rendre ici un vibrant hommage.

 

 

 

Général Michel FORGET

Ancien commandant de l'opération « Lamantin » - 1977

Ancien commandant  de la force Aérienne tactique (1979-1983)

 

Les photographies ci-dessous montrent les éléments suivants :

  • Photo 1 : à bord du Breguet Atlantic.
  • Photo 2 : le général Forget à bord de son PC volant.
  • Photo 3 : Jaguar au parking Ouakam (à noter le réservoir central de 1.200 l).
  • Photo 4 : ravitaillement en vol. Les missions comportaient trois ravitaillements en vol.
  • Photo 5 : après l’attaque d’un jaguar : véhicule pulvérisé (il est équipé d’une mitrailleuse antiaérienne sur trépied).
  • Photo 6 : après l’attaque d’un Jaguar (canons de 30 mm). On notera sur la plage arrière du véhicule : 1 bitube de 20 mm anti-aérien ; 1 monotube de 20 mm anti-aérien ; 2 bidons de 200 litres de carburant.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.

Voir les commentaires

Publié le 20 Décembre 2017

Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.

Le dimanche 3 décembre 2017 s’est déroulée l’assemblée générale du Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves.

 

Etaient présents :

 

  • Madame Christine Helary-Olivier, maire adjoint en charge des affaires militaires.
  • Madame le colonel Marie-Françoise Goloubtzoff, maire-adjoint de Vanves.
  • Monsieur le lieutenant-colonel Claude Guy, Délégué général de l’association pour les Hauts-de-Seine.
  • Monsieur le général Michel Forget, président d’honneur du comité.
  • Monsieur le général Jean-Claude Ichac, président honoraire du comité.
  • Monsieur Michel Rossignol, président de l’ACPG.
  • Monsieur André Rabartin, président de l’UNDIVG.
  • Monsieur Jacques Tchirbachian, président de l’ANACRA.
  • Monsieur Jacques Landois, président de la section de Vanves du Souvenir Français et l’ensemble des adhérents du comité d’Issy-Vanves et leurs amis.

 

L’assemblée générale a commencé par un rappel de nos disparus : le général Roland Glavany et Jacques Vignaud, ainsi que le commander Tesich. A cette occasionne minute de silence a été observée.

 

La lecture du rapport financier a été faite par Fabien Lavaud, trésorier. Le détail sera envoyé aux adhérents.

 

La lecture du rapport d’activités a été réalisée par Frédéric Rignault, président. Au cours de l’année écoulée (du 1er octobre 2016 au 30 septembre 2017), le Comité a participé à toutes les cérémonies patriotiques. De plus : le 9 juin une commémoration a eu lieu au cimetière d’Issy (avec le général Forget et Claude Guy) à la mémoire de deux héros du Normandie-Niemen enterrés dans la commune : Albert Mirlesse et Yves Mahé ; le 14 septembre le général Forget a donné une conférence sur cette escadrille Normandie-Niemen.

 

Le Comité a également mené des travaux de restauration de la tombe de Wladimir Rygaloff, qui avait été vandalisée.

 

Bien entendu, les 30, 31 octobre et 1er novembre, le Comité a réalisé la quête annuelle (nous gérons aussi les quêtes du Bleuet de Franc ele 8 mai et le 11 novembre).

 

Enfin, Madame Goloubtzoff a présenté les actions réalisées sur la commune de Vanves. L’une d’elles consistant à impliquer des élèves dans la rénovation de certaines tombes de Morts pour la France.

 

Là encore, le détail sera envoyé aux adhérents.

 

Concernant les travaux de mémoire, il a été rappelé le livre sorti il y a quelques années et publié aux Editions Atlante (Alain Bétry), relatif aux témoignages d’anciens combattants (29 d’entre eux étant isséens).

 

En fin d’assemblée générale, après les prises de parole du général Ichac, du général Forget, de Claude Guy et de Christine Helary-Olivier, des médailles du Souvenir Français ont été remises :

 

  • Médaille de bronze pour Paul Richard.
  • Médaille d’argent pour André Rabartin.
  • Médaille d’argent pour Robert Dubot, ancien de la 2e DB et de la 1ère Armée.

 

Par la suite les participants ont eu le plaisir de partager les verres et les assiettes de l’amitié, grâce à un exceptionnel buffet préparé par Jacques Tchibarchian, Michel et Joëlle Villenfin et toute leur équipe.

 

Retrouvez ci-dessous les photographies prises lors de cette assemblée générale.

 

Le Comité en profite également pour souhaiter un joyeux Noël et présenter ses meilleurs vœux pour 2018 à l’ensemble de ses adhérents et aux lecteurs de son site internet !

 

 

 

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Comité

Délégué général adjoint.

Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.
Assemblée générale 2017 - Bonnes fêtes.

Voir les commentaires

Publié le 16 Décembre 2017

L'église Saint-Joseph de Shanghai.

L'église Saint-Joseph de Shanghai.

L’histoire des premières années de la Concession française de Shanghai est digne d’un grand roman d’aventures. Elle est faite d’une poignée d’individus qui eurent le courage d’affronter des conditions particulièrement difficiles : celle d’un terrain marécageux et insalubre, situé à l’étroit entre les hauts murs d’une ville chinoise indifférente et la sourde hostilité de la Concession anglaise dont elle était séparée par un petit canal.

 

Il n’était alors pas rare que les maladies fassent des ravages dans les rangs de ces véritables aventuriers. Tel est le cas de Blanche Schmidt, fille cadette du premier Consul de France à Shanghai, dont la trace de la mort poignante est encore visible aujourd’hui.

Charles de Montigny.

Charles de Montigny.

Blanche, fille de Charles de Montigny, premier Consul de France à Shanghai

 

Blanche n’est qu’une enfant quand elle débarque à Shanghai le 25 janvier 1848 : elle a 8 ans. Sa sœur aînée, Nina, n’en a quant à elle que 12.

 

Première famille française « expatriée » de l’histoire de Shanghai, elles accompagnent avec leur mère (elle-même accompagnée de sa mère et de sa sœur), leur père diplomate, Charles de Montigny, qui a été envoyé en Chine par le roi Louis-Philippe afin d’exécuter le Traité de Whampoa (signé en 1844). Il a pour mandat d’ouvrir le premier consulat de France à Shanghai et d’y établir une Concession française – à l’image de ce que les Anglais et les Américains, ont déjà fait.

 

La mission est semée d’embûche, les conditions difficiles. La famille vit alors dans une petite habitation, « précaire et misérable » faite de bois et de torchis, régulièrement inondée par les crues du Huangpu. Le domestique de la famille, Pierre Breton, y meurt de dysenterie le 4 novembre 1848 (ce qui fait de lui le premier Français laïc à mourir à Shanghai).

 

Dominique Rémi, initiateur de la Concession française de Shanghai

 

Durant ces premiers mois particulièrement difficiles, Charles de Montigny se lie au tout premier commerçant français qui souhaite s’établir à Shanghai : un certain Dominique Rémi, négociant en vins et spiritueux, et importateur d’horloges. Sa demande d’acquisition d’un terrain offre au Consul le prétexte pour réclamer aux autorités chinoises l’établissement d’une Concession : « Par l’article 22 du traité de paix et de commerce entre la France et la Chine, il est dit que tout Français arrivant dans un des cinq ports ouverts au commerce pourra louer ou affermer des terrains […]. Le Consul demande en conséquence […] que soit fixé un quartier pour les concessions à faire aux Français à Changhai » tel est le contenu de la lettre adressée par le diplomate aux autorités de Shanghai en août 1848.

 

Après de longues et âpres négociations, un accord est finalement arraché : le 6 avril 1849 nait la Concession française de Shanghai.

 

Edouard Schmidt, neveu de Dominique Rémi

 

En 1856, Edouard Schmidt, neveu de Dominique Rémi, rejoint son oncle à Shanghai et devient son associé : l’entreprise Rémi devient alors Rémi Schmidt et Cie. Edouard en prend la direction à Shanghai (quand son oncle est absent, ce qui est très fréquent).

 

Dans les pas de Rémi et profitant des facilités offertes par la Concession, des maisons françaises de commerce vont alors lentement s’établir dans l’enclave française : elles seront neuf en 1862. Cette année-là, la population du territoire s’élèvera à une centaine de personnes, dont neuf femmes seulement !

 

Union des familles de Montigny et Rémi-Schmidt

 

Les familles de Montigny et Rémi-Schmidt vont, dans ce contexte, s’unir de façon très officielle : le 17 juillet 1861 lors d’une unique cérémonie célébrée dans le VIIIème arrondissement de Paris, Nina, la fille ainée des Montigny prend pour époux Dominique Rémi et, Blanche, la fille cadette, épouse Edouard Schmidt. Double mariage, mêmes témoins, mêmes familles. Les intérêts politiques s’unissent avec les intérêts économiques : vive la Concession française de Shanghai !

 

Fin tragique

 

Les jeunes époux Schmidt regagnent Shanghai dès avril 1862. Mais le bonheur des premiers mois de mariage sera de courte durée : le 29 août 1862, Blanche succombe au choléra, maladie qui faisait alors des ravages dans la population étrangère. Elle avait 22 ans.

 

Le Consul Edan, successeur de Charles de Montigny, aura la lourde tâche d’annoncer la nouvelle aux parents. « Une chambre de la maison Schmidt a été transformée en une chapelle ardente où nous avons fait transférer le cercueil jusqu’à qu’il pût être déposé dans une des chapelles de la nouvelle église » écrit-il dans une lettre datée du 3 septembre.

 

Eglise Saint-Joseph

 

La « nouvelle église » mentionnée par le Consul Edan est l’Eglise Saint-Joseph du Yangkingpang. Première église catholique de la Concession française, elle fut pendant les décennies qui suivirent (jusque dans les années 40) l’église des hauts dignitaires français : le Consul et sa famille y disposaient au premier rang de places réservées.

 

Saint-Joseph s’élève encore aujourd’hui à à peine 300m du Huangpu, au croisement de Sichuan Nan Lu (alors Rue Cousin-Montauban) et Jinling Dong Lu (alors Rue du Consulat). Construite entre 1859 et 1862, au temps du Consul Edan, elle remplaçait alors une première église en bois.

La sépulture de Blanche Schmidt.

La chapelle du Souvenir

 

En 1862, Blanche y sera inhumée, dans une « chapelle qui se trouve à gauche, près de l’entrée, en face des fonts baptismaux, et construite entièrement en dalles et blocs de granit. »

 

La petite chapelle « à gauche, près de l’entrée » existe encore. Son portique est décoré d’un vitrail portant une ancre de marine.

 

Au-dessus du vitrail, incrustée dans le mur et perdue dans la pénombre, a survécu une plaque en latin (très probablement d’origine) qui reprend le même contenu : une dédicace d’une mère endeuillée à sa fille partie trop tôt. A la lumière d’une torche, on peut y lire : MATRI DOLOROSA / IN MEMORIAM / BLANCHAE MARIA SCHMIDT / NATAE DE MONTIGNY / 1862. Ce qu’on peut traduire ainsi : Douleurs d’une mère / En mémoire de / Blanche Marie Schmidt / née de Montigny / 1862.

 

La sépulture de Blanche Schmidt, née de Montigny

 

Un court entretien avec le curé actuel et une consultation de sites internet chinois (une recherche sur le net français ou anglais n’ayant rien donné) nous laissent penser qu’il s’agit bien du lieu de la sépulture de Blanche Schmidt, née de Montigny.

 

Celui-ci a survécu aux vicissitudes de l’histoire : en 1966 les gardes rouges n’ont pas dû remarquer la plaque en latin, qu’ils auraient alors selon toute vraisemblance réduite en miettes (comme cela s’est produit dans d’autres lieux de culte, la religion étant alors assimilée à une superstition féodale qu’il fallait éradiquer de la Chine maoïste). Ils n’ont également pas compris qu’il s’agissait d’un lieu de sépulture, puisque rien ne l’indique, si ce n’est les vagues messages sur le vitrail et sur la plaque en latin qu’il leur aurait fallu apercevoir et traduire.

 

Le corps de Blanche de Montigny repose donc très probablement encore sous les dalles de la chapelle achevée en 1862. A Shanghai au début de l’ère des Concessions, il n’était alors pas rare que l’aventure s’achève en tragédie…

 

 

 

 

Sources :

 

  • Souvenir Français de Chine et d’Asie – Délégué général : Claude R. Jaeck.
  • Site internet du Souvenir Français de Chine : www.souvenir-francais-asie.com
  • Texte David Maurizot.
  • Histoire de la Concession française de Changhai, Ch. B. Maybon et Jean Fredet, Plon, 1929.

 

La sépulture de Blanche Schmidt.

Voir les commentaires

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 19 Novembre 2017

La discrète.

C’est par le plus grand des hasards – et grâce au Daily Telegraph ! – que l’on apprend le décès, à l’âge de 97 ans, de Jeannette Guyot (épouse Gaucher), survenu le 10 avril 2016.

Née le 26 février 1919 à Chalon-sur-Saône, Jeannette Guyot ne tarde pas à rejoindre les rangs de la Résistance alors que la moitié de la France est occupée par l’armée allemande.

Jusqu’en août 1941, Jeannette Guyot est ainsi membre du réseau Amarante, dirigé par Félix Svagrowsky et rattaché au BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) de la France Libre. Grâce à un laissez-passer allemand (Ausweis), elle s’occupe alors de faire passer des agents en zone sud, administrée par le régime de Vichy.

Par la suite, Jeannette Guyot rencontre le colonel Rémy (Gilbert Renault), le chef du réseau Confrérie Notre-Dame, basé à Paris. Elle devient alors agent de liaison et, à ce titre, est chargée de transmettre des renseignements en zone sud, tout en continuant ses activités de passeur.

Seulement, en février 1942, elle finit par être arrêtée et emprisonnée pendant trois mois à Châlons-sur-Saône, puis à Autun. Malgré la dureté des interrogatoires, elle restera muette. Ne pouvant retenir aucune charge contre elle, les Allemands la remettent en liberté, après lui avoir toutefois retiré son Ausweis. Mais cela ne l’empêche nullement de reprendre ses activités au sein du réseau du colonel Rémy.

Mais ce dernier va connaître une déconvenue quelques mois plus tard, avec la trahison d’un certain Pierre Cartaud. Et Jeannette Guyot par se réfugier à Lyon. Là, elle rencontre Jacques Robert, qui est en train de créer le réseau Phratrie, qui, également rattaché au BCRA, aura pour mission de collecter du renseignement, se livrer à des actions de sabotage et à aider les aviateurs alliés abattus à regagner le Royaume-Uni.

Cependant, avec l’invasion de la zone sud par les troupes allemandes, en novembre 1942, l’étau de la Gestapo se resserre autour de Jeannette Guyot. Décision est donc prise de l’exfiltrer en Angleterre. Ce qui sera fait dans la nuit du 13 mai 1943, grâce à un avion Lysander de la Royal Air Force.

Arrivée à Londres, Jeannette Guyot retrouve le colonel Rémy et prend le pseudonyme de « Jeannette Gauthier ». Toujours affectée au BCRA, elle se voit confier des tâches administratives qui ne lui conviennent guère.

Après avoir fait des pieds et des mains pour retrouver le terrain, elle est affectée à l’école de Praewood House, près de St-Albans (à 40 km de Londres), où 120 volontaires doivent être formés aux techniques du renseignement militaire par des instructeurs l’Intelligence Service (IS) de l’Office of Stratégique Service (OSS), en vue du plan Sussex, dont l’enjeu était alors de collecter le maximum d’informations possibles sur l’ordre de bataille allemand afin de préparer le débarquement allié en Normandie.

Le 8 février 1944, Jeannette Guyot, promue lieutenant, est parachutée près de Loches avec le commandant Marcel Saubestre, le capitaine Georges Lassale et le radio Pierre Binet, dans le cadre de l’opération Calanque. Leur mission est alors de trouver des caches sûres pour les agents Sussex. Une tâche rendue compliquée par la Gestapo et ses moyens de détection des émissions radio.

À Paris, le lieutenant Guyot cache l’opérateur radio de son équipe au « Café de l’Electricité », située à Montmartre, à deux pas d’un bureau de la… Gestapo. « Je savais quel genre de travail elle venait faire et quand elle m’a demandé si j’étais prête à l’aider, j’ai répondu oui, sans la moindre hésitation », expliquera à la BBC, la propriétaire du bistro, qui sera rebaptisé « Café des Sussex » à la fin de la guerre.

Malgré les risques, Jeannette Guyot accomplit ainsi sa mission et envoie donc régulièrement des renseignements de la plus haute importance à Londres.

Après la libération de Paris, le 25 août 1944, sa mission prend fin. Et Jeannette Guyot retrouve un emploi de bureau à la nouvelle Direction générale des études et recherches (DGER). Malheureusement, elle apprend la déportation en Allemagne de ses parents. Son père n’en reviendra pas.

En juin 1945, Jeannette Guyot quitte le monde du renseignement et épouse Marcel Gauchet, un agent Sussex. Et, depuis, elle n’a apparemment jamais évoqué publiquement son action au sein de la France Libre… alors qu’elle était titulaire de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre avec palmes, de British George Medal et qu’elle fut l’une des rares femmes à avoir reçu la Distinguished Service Cross américaine au titre de la Seconde Guerre Mondiale pour son « héroïsme extraordinaire lors d’opérations militaires. »

 

Ainsi, en France, une héroïne s'est éteinte dans le plus grand silence. 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet Opex 360.
  • Site Internet de l’hebdomadaire Le Point.

 

 

Voir les commentaires

Publié le 7 Novembre 2017

Louise Zazzera et sa petite-fille Margaux, à l’entrée du cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

Louise Zazzera et sa petite-fille Margaux, à l’entrée du cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves a quêté devant le cimetière. Conformément aux éléments présentés dans le Journal Officiel, cette quête s’est déroulée du samedi 28 octobre au mercredi 1er novembre 2017.

Nous tenons à remercier les services techniques de la ville pour avoir pavoisé la place du Souvenir Français (elle se trouve à droite en sortant du cimetière, rue de l’Egalité), Monsieur Michel Raineri du protocole, le commissariat, toute l’équipe du cimetière emmenée par Monsieur Gandolfo, ainsi que les quêteurs, bien entendu.

Nous tenons aussi et surtout à remercier tous les donateurs. Il y a quelques années en arrière, la quête du Souvenir Français se résumait à une présence le 1er novembre pendant quelques heures seulement et 50 Euros. Cette année, les quatre jours de quête ont rapporté près de 700 Euros soit pratiquement autant que l’année dernière, qui avait été un cru exceptionnel !

Que chacun et chacune d’entre vous, qui avez donné, soit mille fois remerciés. Cette somme ira à la réfection de tombes et de monuments de celles et ceux qui sont morts pour la France et que l’on n’oublie pas, afin que, comme le disait Roland Dorgelès, « ils ne meurent pas une deuxième fois » !

Mais les événements ne sont pas terminés ! Vendredi 10 novembre, à 18h20, devant le monument aux Morts de la ville, se dérouleront les Flammes de l’Espoir et le Souvenir Français assurera la vente du Bleuet de France, le 11 novembre à l’occasion des cérémonies commémorant l’armistice de 1918.

 

Merci pour tant de générosité.

Voir les commentaires

Publié le 5 Novembre 2017

Paras du 1er RCP pendant l'Opération Léa.

Paras du 1er RCP pendant l'Opération Léa.

La conciliation du général Leclerc.

 

Après l’échec du coup de force du Vietminh le 19 décembre 1946, le général Leclerc est envoyé en Indochine pour une mission d’information. Le rapport qu’il rédige lors de son retour à Paris conseille une négociation par voie politique, avant d’être contraint par les armes. Le gouvernement signe alors les accords Jean Sainteny – Ho Chi Minh : la France reconnait la république du Viêt-Nam comme Etat libre faisant partie de la Fédération indochinoise et de l’Union française. Les troupes françaises peuvent revenir à Hanoi.

 

Mais les choses s’enveniment, de part et d’autre. Un peu comme si Français et communistes vietnamiens avaient dès le départ su que seule la guerre pouvait être la solution. Les premiers bombardent Haiphong quand les seconds multiplient coups de mains et attaques de colons.

 

L’instruction du 27 mars 1947.

 

L’instruction que le gouvernement adresse le 27 mars 1947 au Haut commissaire de France en Indochine et au commandant supérieur des troupes d’Indochine est claire, concise et ferme. Les zones passées sous le contrôle du Vietminh seront reprises et celui-ci sera coupé de ses bases de ravitaillement chinoises.

 

Les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif ne sont pas définis. Il appartient donc aux destinataires de les évaluer et de les demander. Le général Valluy, commandant supérieur des troupes, estime qu’il faut porter l’effectif du corps expéditionnaire à 50.000 hommes (ce qui est peu vu l’étendue du territoire) auxquels il faut ajouter les formations régulières et supplétives se recrutant localement. Le gouvernement satisfait cette demande. Mais une partie de ce renfort est détournée de sa destination initiale. Il va combattre à Madagascar la partie de la population qui s’est soulevée en avril 1947. Valluy disposera seulement de 35.000 hommes pour remplir sa mission. Sauf en de rares occasions, les conquêtes coloniales en Afrique subsaharienne et en Indochine s’étaient faites avec des effectifs modestes. Pourquoi ne pas continuer face au Vietminh ?

 

La stratégie de Giap.

 

En décembre 1946, Vo Nguyen Giap, le commandant de l’armée du Vietminh, se croit assez fort pour contraindre l’armée française à évacuer le Tonkin et le nord de l’Annam. Tirant la leçon de cet échec, il fait sien un principe napoléonien : être le plus fort en un point donné. La situation militaire du Vietminh l’amène à le reformuler ainsi : « L’ennemi se trouvant en face d’une contradiction : sans disperser ses troupes, il lui était impossible de conserver le terrain envahi ; en les dispersant, il se mettait lui-même en difficulté… S’il concentrait des troupes pour faire face à notre action, il lui devenait difficile, impossible de garder le terrain acquis ». Fort de ces renseignements, qu’il recueille par de nombreuses sources, il va opposer cette stratégie à la stratégie de reconquête suivie par les troupes françaises pendant les opérations Léa et Ceinture.

 

Le plan du général Salan.

 

Le général Valluy délègue au général Salan, commandant les troupes françaises en Indochine Nord, la conception et la conduite des opérations destinées à chasser le vietminh des territoires qu’il contrôle (au nord du Tonkin) et à implanter une ligne de poste le long de la frontière chinoise. Dans ce but, Salan monte une opération principale : Léa, mobilisant plus de 16.000 hommes des trois armées. Elle doit prendre le contrôle de deux axes routiers : les routes coloniales (dénommées RC) 4 puis 3 et de la région de Phu Doan – Tuyen Quang – Backan – Vietri. Il se greffe autour de Léa des opérations annexes. L’opération Geneviève, simultané à Léa réimplante les troupes françaises en pays Thaï. L’opération Ceinture prend la suite de Léa dans le quadrilatère Tuyen Quang – Thaï Nguyen- Phu Lang Thuong – Vietri. La préparation de Léa est d’une extrême minutie. La planification logistique de l’action du groupement aéroporté est faite selon un modèle américain : elle remplit plusieurs centaines de pages.

 

Les forces en présence.

 

Pour Léa, les forces terrestres s’articulent en trois groupements. Le groupement S aux ordres du lieutenant-colonel Sauvagnac est formé de trois bataillons parachutistes et une section du génie parachutiste soit 1.200 hommes. Agissant par détachements isolés, il est aéroporté et ravitaillé par 35 avions. Le groupement C aux ordres du colonel Communal comprend deux bataillons d’infanterie, un escadron blindé, un groupe d’artillerie et une compagnie du génie. Il est mis en place par voie fluviale par trois flottilles alignant 20 bâtiments de débarquement. Enfin, le groupement B du colonel Beaufre interviendra par voie terrestre à partir de Langson. Fort de 8.000 hommes, il comprend 5 bataillons d’infanterie, les blindés du RICM, deux groupes d’artillerie et plusieurs compagnies du génie.

 

Ces groupements sont opposés à 26.000 hommes du Vietminh. La moitié d’entre eux est incorporée dans quatre régiments de réguliers. L’autre moitié forme un ensemble disparate mêlant l’école d’infanterie du Vietminh, des services et des milices mobilisables sans délai, sur place. Cet ensemble n’est pas motorisé et son artillerie se limite à quelques mortiers de 81. Il est susceptible de se renforcer dans un bref délai par des armes provenant de Chine. C’est pourquoi le commandement estime qu’il y a urgence à intervenir.

 

Deux mois d’opération.

 

Le 7 octobre 1947, deux détachements sont parachutés à Bac Kan et Cho Moï. Le groupement B part de Langson pour Cao Bang. Le groupement est bloqué à Hanoi par une crue du Fleuve Rouge qui interdit à la flottille le passage sous le pont Doumer. Le 9, le troisième détachement parachutiste s’empare de Cao Bang. Le lendemain, il prend la direction du sud pour faire liaison avec le groupement C qui prend Tuyen Quang le 13 octobre.

 

Jusqu’à présent, le Vietminh a refusé le combat. A partir du 22 octobre, il se fait plus mordant. Par des attaques et des embuscades, il fait 38 morts dans les rangs français qui entreprennent le nettoyage systématique de la zone. Léa se termine le 14 novembre.

 

Le 19 novembre, les mêmes troupes, du moins celles qui ne sont pas immobilisées par la garde des postes, s’attaquent aux troupes et aux installations du Vietminh implantées dans le quadrilatère Tuyen Quang – Thaï Nguyen – Phu Lang Thuong – Viétri. L’opération Ceinture s’achève le 14 décembre.

 

Bilan.

 

La maîtrise de la logistique, le contrôle de la RC4 et de la RC3, les pertes humaines du Vietminh ne doivent pas faire illusion : Léa et Ceinture sont des échecs. Le gouvernement du Vietminh n’a pas été démantelé. En dépit des morts, le dispositif politique et militaire du Vietminh n’est pas sérieusement atteint. Soit, les RC4 et RC3 ont été reconquises, mais c’est inutile : l’expérience apprend qu’il faudrait, pour bloquer la frontière chinoise, réaliser des travaux très lourds et au moins 50 hommes par kilomètre à la garde de la frontière. Cela représente bien plus que la totalité des troupes présentes alors en Indochine. L’enlisement que prévoyait le général Leclerc n’a pas mis un an pour se réaliser.

 

 

 

 

 

Sources.

 

  • Texte UNC 52 – Henry Dutailly.
  • Georges Fleury, La Guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Recherches dans les archives des Bulletins de l’Ecole français d’Extrême-Orient d’archéologie.
  • Encyclopédie en ligne Wikipédia.
  • Encyclopédie en ligne Larousse.
  • Jacques Chancel, La nuit attendra, Flammarion.
  • Site Internet du Souvenir Français d’Asie et de Chine : www.souvenir-francais-asie.com
  • Site Internet du journal La Dépêche pour la photographie.
  • Site Internet « Legio Patria Nostra ».

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 26 Octobre 2017

Quête annuelle du Souvenir Français.

Il faut sauver toutes les tombes de combattants Morts pour la France !

Collecte du Souvenir Français du 28 octobre au 2 novembre 2017

99ème quête du Souvenir Français

 

500 000 tombes de combattants Morts pour la France risquent de disparaître de nos cimetières communaux.

 

Dans chacune de ces tombes reposent un combattant de la Première Guerre mondiale (300 000 corps ont été restitués aux familles), un combattant ou une victime de la Seconde Guerre mondiale (plus de 150 000 corps ont été restitués), un combattant de la guerre d’Indochine et d’Algérie (plus de 40 000 ont été restitués) et tous les combattants tués dans les opérations extérieures de la France depuis 1963.

Ces restitutions répondent au désir des familles d’inhumer leur fils, leur père ou leur époux dans le cimetière de la commune de naissance.

Malheureusement, les tombes familiales vivent ce que durent les concessions – 15 ans, 30 ans, 50 ans, 99 ans ou perpétuelles.

 

La concession achevée, ou la tombe entrée en déshérence, la tombe est supprimée.

Le Mort pour la France inhumé dans la tombe disparaît avec elle.

 

Cette disparition est mémoriellement inacceptable.

 

Enterré dans un cimetière communal, un Mort pour la France s’enracine dans trois histoires familiales, il donne un sens à une famille. Une histoire territoriale, il enrichit l’histoire de sa commune. Et une histoire nationale, il relie la famille, la commune et la Nation dans une histoire partagée.

 

Afin de maintenir ce triple enracinement, Le Souvenir Français est partout mobilisé afin qu’aucune tombe de Mort pour la France ne disparaisse de nos cimetières communaux.

 

Pour relever ce défi nous avons besoin de vous.

 

Aidez-nous ! Un don lors de la collecte qui a lieu cette année du 28 octobre au 2 novembre 2017 c’est un pas de plus pour sauvegarder notre mémoire - la mémoire de notre Nation – la France.

 

A Issy-les-Moulineaux, la quête se fera à l'entrée du cimetière municipal.

 

 

 

Le contrôleur général des armées (2s)

Serge BARCELLINI

Président général du Souvenir Français

Voir les commentaires

Publié le 21 Octobre 2017

Le général Meynier.

Le général Meynier.

Une famille au service de la Patrie.

 

Octave Meynier nait le 22 février 1874, à Saint-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin. Son père est le lieutenant-colonel François Meynier (1822-1905), officier dans l’armée dite La Coloniale. Chef de poste à Gorée (au large du Sénégal), il est chargé en 1858 de l’administration du territoire de Dakar. Il prendra sa retraite militaire en 1871 et s’installera sur ses terres des Pyrénées à Tarbes.

 

Donc, père d’Octave et aussi d’Albert, professeur et historien, puis grand-père du géographe André Meynier, titulaire de la chaire de géographie de l’université de Rennes pendant 35 ans.

 

Octave Meynier se dirige naturellement vers la carrière des armes. Le 26 octobre 1893 il s’engage pour trois ans, en tant que volontaire. Cinq jours plus tard, il rejoint l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, dont il sort deux années plus tard, avec le grade de sous-lieutenant. Il est nommé au 4e régiment d’infanterie de marine. Quelques mois plus tard, il rejoint le régiment de tirailleurs soudanais, en obtenant sa mutation au Soudan français (aujourd’hui Mali). Il a été désigné pour être l’adjoint du lieutenant-colonel Klobb pour l’exécution d’une enquête sur la mission Voulet-Chanoine.

Les officiers de la Mission Voulet-Chanoine.

Les officiers de la Mission Voulet-Chanoine.

La mission Voulet-Chanoine.

 

En juillet 1898, le secrétaire d’Etat aux Colonies, André Lebon, décide d’envoyer une colonne militaire au Tchad, par le Sénégal et le fleuve Niger. Il nomme l’expédition « Mission Afrique Centrale – Tchad ». Dans le cadre de la concurrence entre les puissances européennes pour se tailler un empire colonial, il s’agit pour la République française de devancer l’Empire britannique !

 

La mission est confiée aux capitaines Voulet et Chanoine. Ils sont connus. Voilà des années qu’ils se battent pour le pays en Afrique. Ils ont apportés le Burkina Faso à la France ; Voulet a d’ailleurs pris Ouagadougou. Le but est naturellement d’agrandir et de consolider les conquêtes françaises en Afrique noire (ce qui deviendra bientôt l’Afrique Occidentale Française et l’Afrique Equatoriale Française). La mission doit aussi s’accompagner de signatures de traités d’amitiés avec les peuples rencontrés. Enfin, il s’agit d’opérer la jonction avec la mission Foureau-Lamy (le premier étant géographe ; le second commandant dans la Coloniale) partie d’Algérie et avec la mission Gentil, partie du Moyen-Congo (Congo Brazzaville) et dirigée par l’officier de marine Emile Gentil.

 

Mais rien ne se passe comme prévu ! Certes des combats ont lieu. Ils étaient prévus, « nécessaires » disent même les officiers. Mais certainement pas au point de massacrer tous les villages qui refusent de se soumettre ou qui mettent trop de temps à ravitailler la colonne. Ce qui n’est pas simple : ladite colonne est composée de plus de 600 soldats, de 800 porteurs et de près de 600 femmes ! Peu à peu une résistance africaine s’organise : dans les villages de Lougou et de Tongana, les guerriers commandés par la Sarraounia (reine et sorcière) arrivent à retarder la colonne. Voulet et Chanoine perdent quatre soldats, six autres sont blessés. Pis, ils ont dépensé plus de 7.000 cartouches ! Par vengeance, les soldats se dirigent vers la ville de Birni N’Konni et massacrent une grande partie de ses habitants. Des atrocités sont commises : des soldats racontent qu’ils ont vu des fillettes pendues aux branches des arbres…

 

Ces massacres finissent par se savoir en haut lieu, à Paris. Il est temps pour le ministre des Colonies, Antoine Guillain, d’arrêter cette folie : il nomme le lieutenant-colonel Klobb (qui nomme Meynier) pour aller au plus vite au Soudant français et faire stopper la « colonne infernale ».

 

Klobb emmène donc le lieutenant Octave Meynier à la poursuite des capitaines Voulet et Chanoine. Jean-François Klobb est né à Ribeauvillé dans le Haut-Rhin. Fils de notaire, il est l’archétype du militaire colonial du 19e siècle : artilleur de marine, il fait ses classes à Cherbourg puis est envoyé en Guyane où il reste de nombreuses années. Officier de la Légion d’honneur, il s’est fait brillamment remarqué au point d’être « celui » qui est désigné par l’Etat-major de l’armée pour arrêter la colonne Voulet-Chanoine.

 

La poursuite s’engage dès l’arrivée en Algérie. Celle-ci va durer plus de 2.000 kilomètres. Tout au long du parcours, Klobb et Meynier découvrent les horreurs pratiquées par les deux capitaines. Enfin, la jonction est faite. Nous sommes le 14 juillet 1889 à Dankori. Voulet et Chanoine placent leurs hommes en position de tir. Klobb leur demande de renoncer à leur folie et de se rendre sous la bannière française. Les capitaines refusent et ouvrent le feu : Klobb est tué sur le coup. Comme cela est arrivé parfois pour des prises de régions dans l’Afrique coloniale, ou par ambitions personnelles, les soldats français se battent entre eux ! D’ailleurs, Voulet et Chanoine parlent ouvertement de se tailler un empire personnel au cœur du Tchad ! Leur ambition est de courte durée : deux jours plus tard, leurs tirailleurs se mutinent et abattent les deux capitaines. Ces derniers sont enterrés à Maijirgui, au Niger.

 

La mission doit néanmoins continuer. Renommée Joalland-Meynier (capitaine Joalland et lieutenant Meynier), elle poursuit le but initial et finit par se porter au-devant des missions Gentil (du fleuve Congo au lac Tchad) et Foureau-Lamy (traversée du Sahara pour arriver au centre du Tchad). Il est le premier officier français à atteindre le lac Tchad. La mission se termine le 18 février 1900. Le Tchad devient protectorat français.

La mort du lieutenant-colonel Klobb.

La mort du lieutenant-colonel Klobb.

Le 27 décembre 1900, Octave Meynier est nommé au grade de capitaine. Il intègre l’Etat-major particulier du corps d’armée des troupes coloniales.

 

Après un passage à l’Ecole de Guerre entre 1905 et 1907 (d’où il sort 35e sur 84 avec la mention « bien » à l’examen de sortie), il rejoint le Territoire militaire du Niger puis est placé à la disposition du Gouvernement de l’Algérie.

 

Nommé commandant militaire du territoire des oasis, à Ouargla, en Algérie, il commence, l’année suivante, à mettre au point un programme de modernisation de l’Afrique par la construction de routes. Il est alors chef de bataillon.

 

Première Guerre mondiale.

 

Rappelé en métropole avec son régiment, le lieutenant-colonel Meynier participe à plusieurs batailles. Il est nommé au commandement du 1er régiment de tirailleurs algériens sur le front de Verdun. C’est là qu’il est blessé grièvement, pour la deuxième fois (la première c’était en Afrique au moment de l’affaire Voulet-Chanoine). Il a le poignet gauche arraché par une grenade. Il doit être amputé.

 

Extrait du Journal Officiel du 16 juin 1918 : « Officier supérieur extrêmement méritant, chef de corps distingué qui a donné par l’exemple d’une activité inlassable une rigoureuse impulsion à son régiment. Quelques instants avant une attaque, a été grièvement blessé en parcourant les premières lignes pour s’assurer que tout le monde était bien à sa place, et surtout pour exalter la bravoure et le courage de ses tirailleurs. Transporté au poste de secours, surmontant la douleur, souriant à tous, a, dans le calme le plus impressionnant, donné ses instructions pour le passage du commandement en recommandant avec insistance de ne songer qu’à l’assaut, et d’y aller résolument. Deux blessures et une citation antérieure ».

 

Remis de ses blessures, le LCL Meynier fait un passage au 124e RI puis dirige une mission militaire en Autriche en 1919. Colonel en 1921, au 78e RI, il rejoint en 1923 le 520e régiment des chars de combat avant d’aboutir au 9e régiment de zouaves, alors en garnison à Alger. Par décret du 17 février 1927, Octave Meynier est nommé au grade de général de brigade, puis est admis à la retraite pour raison de santé.

 

En 1930, il organise le rallye automobile Méditerranée – Niger sur des routes et des pistes nouvellement modernisées. Membre fondateur de « l’Association des Amis du Sahara » l’année suivante, il continue d’œuvrer pour la présence française en Afrique. Il voit dans le rallye automobile le « moyen immédiat de mettre en contact sympathique les peuples méditerranéens avec ceux de l’Afrique et de rendre plus faciles les liaisons terrestres entre eux ». De fait, en 1950, il organise le premier rallye automobile transafricain : Méditerranée – Le Cap.

 

Le général Octave Meynier meurt à Alger le 31 mai 1961. Au même moment, non loin de là, après avoir maté le « putsch des généraux », le général de Gaulle vient de s’attribuer les pleins pouvoirs et organise la première conférence d’Evian. Une année plus tard, l’Algérie sera indépendante.

 

 

 

 

Publications.

 

Alors à la retraite, le général Meynier publie plusieurs ouvrages, parmi lesquels il convient de citer :

 

  • Les conquérants du Tchad, Flammarion, Paris, 1923.
  • À propos du chemin transsaharien, tactique saharienne et engins modernes, Berger-Levrault, Paris, 1924.
  • Guide pratique du tourisme au Sahara, Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1931.
  • Mission Joalland-Meynier, Éditions de l'Empire français, Paris, 1947, 191 p.
  • « Note sur le rôle des rallyes de la Méditerranée au Cap dans l'histoire des communications inter-africaines », dans Revue Africaine, no 99 (1955).

 

Décorations.

 

Titulaire des décorations suivantes :

 

  • Grand-officier de la Légion d’honneur.
  • Médaille coloniale avec les agrafes « Sénégal », « Soudan », « Centre africain ».
  • Commandeur du Mérite saharien, rang du 1er juillet 1958.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse en ligne : www.larousse.fr
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • L’armée d’Afrique, Collectif, Ed. Lavauzelle, 1980.
  • Site www.legion-etrangere.com  du Ministère de la Défense.
  • Livret militaire obtenu grâce aux éléments indiqués par la famille du général Meynier sur le site « Histoire des Meynier ».
  • Illustration du journal italien Corriere Illustrato.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale