Publié le 6 Mai 2020

Cérémonies du 8 mai 2020 à Issy et à Vanves.

En ce mois de mai 2020 si particulier compte tenu de l’état d’urgence sanitaire, voici comment se dérouleront les cérémonies du 8 mai à Issy et à Vanves :

 

A Issy-les-Moulineaux :

 

  • Dépôt d’une seule gerbe et minute de recueillement ;
  • Pas de cérémonial ;
  • Rassemblement réduit à cinq personnes maximum. La présence de public, d’invités ou d’anciens combattants n’étant pas autorisée.

 

La Municipalité procédera le 8 mai au fleurissement du monument aux morts et les édifices publics seront pavoisés aux couleurs françaises.

 

 

A Vanves :

 

  • Deux coussins seront déposés, au nom de la municipalité par monsieur le Maire et l'adjoint aux Anciens combattants et par les présidents de la FNACA et de l'UNC.
  • Il n'y aura ni invités ni public et le moment de recueillement se déroulera devant le monument aux morts et non place de la République comme à l'accoutumé.

 

A Issy et à Vanves, les habitants seront invités, s’ils le souhaitent, à mettre un drapeau tricolore (de leur confection, gardé des précédentes cérémonies et encore sous forme de dessin) à leurs fenêtres.

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Publié le 3 Mai 2020

A la bataille de Sarrebourg.

Clément Aube est isséen. Il est né dans cette ville le 3 octobre 1888. De la classe 1908, il porte le matricule 1348 au Bureau du Recrutement de Riom, dans le département du Puy-de-Dôme. En août 1914, il est rappelé et intègre le 16e régiment d’infanterie, qui tient garnison à Montbrison dans la Loire et à Clermont-Ferrand, chef-lieu du département du Puy-de-Dôme.

Le 16e RI est un vieux régiment issu du régiment du Béarn puis de l’Agénois sous l’Ancien régime. Il a été de toutes les campagnes napoléoniennes, de la Guerre franco-prussienne et a même été envoyé en Algérie à la fin du 19e siècle.

En 1914, le 16 est affecté à la 50e brigade d’infanterie, 25e division, 13e corps d’armée, 1ère armée.

 

Historique du régiment.

Comme cela se faisait beaucoup à l’époque, un historique du régiment est publié après la Première Guerre mondiale. Sur les pages concernant la bataille de Sarrebourg, il est écrit ceci :

« Le 19 Août, le combat paraissait sévir sur notre droite dans les forêts montagneuses d’Abreschwiller, et sur notre gauche dans Sarrebourg et aux environs : mais le régiment n'avait pas été engagé. Le 20 au matin, on eut connaissance d'extraits des ordres ; la mission qui nous incombait consistait à tenir sur le plateau Schneckenbusch-Brouderdorff, et même à y attirer l’ennemi. La matinée fut marquée par les mêmes actions d’artillerie que la veille, mais avec plus d’intensité. Le 77 vint compléter l’orchestre des 105, 150 et 210. Une reconnaissance fut envoyée vers la faïencerie et la trouva bien inoccupée (3e et 10e Compagnies), mais bientôt des colonnes d’infanterie allemande, en formation d’approche, apparaissent au Nord du canal. On avait la veille commencé des tranchées : on travaille maintenant à les approfondir. Le feu de l’artillerie devient de plus en plus violent, les pertes commencent à être sensibles : vers 14 heures, le combat prélude par des tirs nourris de mitrailleuses ; en petits paquets, les allemands franchissent le canal, sur des passerelles de fortune, en dépit de notre bombardement. Brouderdorff, tenu par le 139e R. I. (26e D. I.) cède vers 15 heures 30 ; l’ennemi tente d’en déboucher en direction de Schneckenbusch. La bataille bat son plein : Le 16e prodigue des trésors d’héroïsme accumulés pendant les années de préparation morale à la guerre. Le Capitaine Parisot (3e Cie) atteint mortellement, refuse tous les soins et continue à commander de la voix et du geste… Le Colonel Pentel, le Capitaine Thomas, son adjoint, et une grande partie de leur personnel restent debout à leur poste, le calvaire de la côte 285 ; quelques-uns fument, les autres écrivent, le Colonel dicte. Cependant les blessés et les tués sont déjà nombreux, beaucoup d’Officiers sont touchés ; les fractions maintenues en réserve dans chacun des bataillons s’engagent.

Le champ de bataille est à nous.

Cette rude affaire nous avait causé des pertes extrêmement sévères.

 

Pertes pour la journée :

Troupe : 83 tués, 255 blessés, 467 disparus.

 Officiers : 6 tués, 7 blessés, 5 disparus.

Clément Aube est l’un des 83 tués des combats du 20 août 1914.

 

 

Sources :

 

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Publié le 25 Avril 2020

Les coloniaux : le commandant Lamy.

Amédée Lamy nait à Mougins le 7 février 1858, dans l’actuel département des Alpes-Maritimes. A l’époque, le comté de Nice, voisin, est encore et pour deux ans propriété de la Maison de Savoie. Victor Emmanuel, duc de Savoie, sera bientôt roi d’Italie, entre autres grâce à l’action de l’empereur Napoléon III. Et Nice redeviendra française.

 

Le père d’Amédée est Joseph (1818-1891), lieutenant de vaisseau et sa mère, Elisabeth Giraud, est issue d’une vieille famille notable provençale. A l’âge de 10 ans, Amédée entre au Prytanée militaire de La Flèche, dans la Sarthe. Elève brillant, il intègre, en 1878, l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, 63e promotion nommée des « Zoulous ». Cela tombe bien le jeune officier veut partir pour l’aventure coloniale.

 

Il est nommé sous-lieutenant au 1er régiment de tirailleurs algériens en 1880, et dès son arrivée participe à la colonisation française de la Tunisie. Quatre années plus, il est envoyé au Tonkin où il reste jusqu’en 1886. Il s’y trouve au moment même où la République française est en guerre contre la dynastie chinoise Qing pour la mainmise sur le fleuve rouge et toute la province du Yunnan. Cet épisode étant à inscrire dans un contexte plus large de la lente mise sous tutelle de la Chine par les puissances européennes. Et la victoire française permet la reconnaissance de son protectorat sur l’Annam et le Tonkin. Avec la Cochinchine et le Cambodge déjà acquis, le jeune officier assiste ainsi à la naissance de l’Indochine.

 

Revenu en Algérie en 1887, il est nommé officier d’ordonnance du général commandant la division d’Alger. En 1893, il participe à la mission Le Chatelier, qui est chargée de l’étude d’un projet de voie ferroviaire entre la côte et Brazzaville, ainsi que des études botaniques, géologiques et géographiques. L’explorateur Alfred Le Chatelier présente à Lamy le géographe Fernand Foureau. Ensemble ils montent une expédition qui va prendre le nom de Mission Foureau-Lamy. Son but : rallier Alger au lac Tchad.

 

Au cours de cette mission, le commandant Lamy et son adjoint Foureau rejoignent la mission du capitaine Joalland et du lieutenant Meynier et la mission de l’officier de marine Emile Gentil. Le 22 avril 1900, à Kousséri, dans le nord de l’actuel Cameroun, à quelques kilomètres de la frontière avec le Tchad, les colonnes doivent affronter un Soudanais, seigneur de la guerre : Rabaj al-Zubeir ibn Fadl Allah. A la tête de 10.000 soldats, Rabah, qui est aussi trafiquant d’esclaves, fait régner un ordre qui ne plait guère aux colons français. Lamy, fort de l’appui des hommes de Joalland et de Gentil, peut compter sur 700 hommes. Rabah est attaqué de trois côtés. Il doit reculer mais se trouve acculé au fleuve Chari qui fait l’actuelle frontière entre les deux pays. Rabah organise alors une contre-attaque désespérée mais qui fait des dégâts dans les rangs français : 28 morts et 75 blessés quand on comptabilise plus de 1.500 tués du côté soudanais. Rapidement dépassé par les Français, les hommes de Rabah tentent de s’échapper par le fleuve : ils font des cibles immanquables pour les tirailleurs algériens et sénégalais !

 

Malheureusement, à la tête de ses hommes, le commandant Lamy est mortellement atteint d’une balle. Ses soldats poursuivent Rabah qui tente de s’échapper. Le seigneur est rattrapé, reconnu par un tirailleur qui autrefois a été dans le même régiment français que lui et le tue d’une balle. Apprenant qu’il y a une récompense pour qui ramènera la tête de Rabah, le tirailleur retourne sur le champ de bataille, décapite son ennemi et rapporte le trophée…

 

Un mois plus tard, Emile Gentil transforme en partie la ville la plus importante sur le lac Tchad en une forteresse française. Il lui donne le nom de Fort-Lamy en souvenir de son camarade. Fort-Lamy sera le nom de la capitale du Tchad jusqu’en novembre 1973.

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site sur l’Histoire : www.herodote.net
  • Marcel Souzy, Les coloniaux français illustres, B. Arnaud, 1941.
  • Robert Maestri, Commandant Lamy, un officier français aux colonies, Maisonneuve et Larose, 2000.

 

Trajet de la mission Foureau-Lamy de 1899-1900.

Trajet de la mission Foureau-Lamy de 1899-1900.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 14 Avril 2020

Albert Frédéric Culot de Vanves et le Réseau Alliance.

« L’Arche de Noé ».

 

Le réseau s’implante d’abord en Zone libre, dès novembre 1940. Il se développe ensuite en Zone occupée à partir de 1942. D’abord appelé Navarre, le réseau Alliance est surnommé « Arche de Noé » par les Allemands, car les membres ne se connaissent que sous le nom d’animaux (Aigle, Hermine, Tigre…).

 

Pour des raisons politiques, financières et militaires, le fondateur du réseau Georges Loustaunau-Lacau préfère rapprocher le réseau de l’Intelligence Service britannique plutôt que de la France Libre.

 

Après l’arrestation de Loustaunau-Lacau, Marie-Madeleine Fourcade, qui s’appelle à l’époque Marie-Madeleine Méric – « Hérisson » - devient le chef du réseau et le restera jusqu’à la fin de la guerre. Alliance recrute dans tous les milieux sociaux et partout en France. L’un de ses principes consistant à mettre l’accent sur les fonctionnaires qui peuvent assez facilement obtenir des informations et en faciliter le transport.

 

Le réseau accueille les différentes vagues d'officiers de l'armée d'Armistice ralliés à la Résistance lors de l'invasion de la zone libre par les armées allemandes en . Par exemple son sous-réseau Druides est constitué en 1943 par l’encadrement des Compagnons de France (organisation de jeunesse créée par l'État Français).

 

Le S.R. Alliance se charge notamment du renseignement sur les sous-marins pour la bataille de l’Atlantique, du départ du général Giraud vers l'Algérie en et devient l’un des éléments de la résistance giraudiste. Mais le matériel et les fonds restent en provenance des Services Secrets anglais. Il transmet les informations sur l'emplacement des rampes de nouvelle armes construites par l'Allemagne et transfère une carte de la côte atlantique de 17 mètres précisant toutes les forces allemandes ce qui contribue au succès du grand débarquement. Mais en 1943, la pénétration d'un agent du poste Abwehr (service de renseignement de l’état-major allemand) de Dijon, Jean-Paul Lien (qui après la victoire sera arrêté et exécuté) provoque l'effondrement d'une grande partie du réseau, alors que « Hérisson » est à Londres. Début 1944, il ne reste plus que 80 agents actifs.

 

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, 107 membres du réseau « Alliance », emprisonnés au camp de Schirmeck, sont massacrés (exécutés pour la plupart d'une balle de Lüger dans la nuque) au camp de concentration du Struthof en Alsace et leurs corps incinérés dans le four crématoire du camp.

 

D'autres membres du réseau subissent le même sort dans les prisons allemandes le long du Rhin. Ainsi, le , soit quelques heures après la libération de Strasbourg par la 2e Division blindée de Leclerc, neuf membres d’Alliance, détenus à la prison de Kehl, sont fusillés par la Gestapo sur la rive allemande du Rhin et leurs corps jetés dans le fleuve. Trois autres sont tués à Fribourg-en-Brisgau dont le colonel Kauffmann et Pradelle, son lieutenant.

 

Au printemps 1944, le réseau avait rejoint le BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action) du colonel Passy ; unité de la France Libre.

 

Albert Frédéric Culot.

 

Albert Frédéric Culot nait à Vanves le 28 octobre 1896. Il est le fils de Victor Culot et d’Irma de Landry. Très jeune, il entre à la SNCF où la direction lui confie un emploi de cordonnier.

 

Agent du secteur « Grand Hôtel » (Centre de la France), il fait partie de l’état-major du réseau. Il œuvre auprès d’Edouard Kauffmann, lieutenant-colonel dans l’armée de l’Air. Culot est arrêté le 17 avril 1944, et est déporté, comme ses camarades, sous protocole Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard » en français – en application de ce décret, il est possible de transférer en Allemagne toutes les personnes représentant « un danger pour la sécurité de l’armée allemande » – saboteurs, résistants, opposants…– et à terme, de les faire disparaître dans un secret absolu).

 

Le 1er mai 1944, Albert Frédéric Culot est déporté dans le département du Bas-Rhin à Shirmeck, puis transférer au camp de concentration de Natzwiller-Struthof et exécuté comme beaucoup d’autres résistants dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944.

 

Son nom apparait sur la plaque mémorielle du camp de concentration du Struthof ; sur le Mémorial de l’Alliance à Paris et à Vanves. Le mémorial parisien est dédié aux 432 membres d'un Service de Renseignements Militaires, morts pour la France sous l'occupation allemande entre 1940 et 1945, grâce au travail remarquable de Marie-Madeleine Fourcade (et de son équipe), fondatrice après-guerre de l'Association Amicale "Alliance" pour aider les anciens membres de son réseau et les familles des disparus. L'Association a pu retracer le destin de chacun d'eux et même pour 105 des fusillés en Allemagne, retrouver leur corps et les identifier.

 

 

 

Sources :

 

  • Site du Ministère des Armées : Mémoire des Hommes – Fiches individuelles.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelles.
  • Site sur le Réseau Alliance : www.reseaualliance.org

 

Le crématoire du camp de concentration de Natzwiller-Struthof.

Le crématoire du camp de concentration de Natzwiller-Struthof.

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Publié le 30 Mars 2020

Christian Poujols n'est plus.

Nous apprenons ce jour une nouvelle bien triste : Christian Poujols n’est plus. Il a succombé au Covid-19.

 

Marseillais, fils – très fier – d’un héros de Verdun, ancien du 35e RAP (régiment d’artillerie parachutiste), Christian est versé dans la 10e division parachutiste pour son arrivée en Algérie. Il en gardera de nombreux souvenirs dont plusieurs ont fait l’objet d’articles sur ce site.

 

Très intégré au milieu des anciens combattants, il avait été de nombreuses années président de section à l’UNP (Union Nationale des Parachutistes), puis président de la 46e Section de l’UNC (Union Nationale des Combattants) à Issy-les-Moulineaux. Il était aussi vice-président départemental de l’UNC. Mais comme tous les boulimiques, Christian ne s’était pas arrêté à cela. Là encore, depuis de nombreuses années, il était un pilier de notre comité du Souvenir Français. Il avait d’ailleurs reçu il y a plus de dix ans la médaille d’Honneur de notre association.

 

Mais Christian était aussi, et surtout, un ami qui m’avait demandé d’être son secrétaire à l’UNC, par amitié et parce qu’il fallait soutenir la section. Une telle demande ne se refuse pas. C’est un honneur. Je garderai de Christian ces souvenirs de dimanches matins à la Maison du Combattant d’Issy, les réunions de travail pour l’UNC, ses commentaires sur l’armée, sur l’Algérie d’avec la France puis sans elle, ses souvenirs de Marseille, ses histoires des Pyrénées. Son patriotisme chevillé au corps, son respect pour nos alliés. Je l’avais emmené l’année dernière au Memorial Day américain au Monument de l’Escadrille Lafayette à Marnes-la-Coquette. Il en avait été enchanté.

 

Alors à son épouse, qui a déjà connu la douleur de perdre il y a quelques années un enfant, à son fils, je dis en mon nom et au nom du Comité toute ma compassion et mon amitié.

 

Ce printemps qui commence n’est que chagrin.

 

Frederic Rignault – LCL Ad honores auprès du GMP

Président du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves

Délégué général adjoint 92

Secrétaire de la 46e Section de l’UNC

 

* * * * *

 

Voici le discours de Christian, prononcé le 11 novembre 2013, à Issy.

 

« Monsieur le Maire,

Monsieur le Maire-Adjoint délégué aux Anciens Combattants et aux Affaires militaires,

Messieurs les présidents d’Associations d’Anciens Combattants et les Anciens Combattants,

Mesdames Messieurs les représentants des Autorités civiles et militaires,

Mesdames Messieurs les élus,

Mesdames Messieurs,

 

Nous voici rassemblés cette année encore devant le monument aux Morts de notre ville pour commémorer le 11 Novembre 1918 où, à la 11ème heure du 11ème jour du 11ème mois, le clairon a sonné la fin d’une longue guerre de 52 mois.

 

Un peu plus de quatre années pendant lesquelles les soldats ont vécu dans les tranchées ; ils ont connu sans discontinuer le froid, la pluie, la neige et, aussi, la chaleur. Il nous arrive de nous plaindre de la chaleur ou du froid ; dans ces moments-là, pensons à nos Poilus et à ce qu’ils ont dû endurer. En plus de la mitraille, en plus des obus, en plus des assauts donnés et reçus.

 

Il y avait des moments pendant lesquels Français et Allemands se retrouvaient entre les tranchées pour porter secours et ramener les blessés dans leurs tranchées respectives ; ils échangeaient un signe, un salut, se montraient les photos de leurs enfants puis rejoignaient leurs postes.

 

Et la guerre reprenait. Que ressentaient-ils en voyant fixé sur eux le regard de l’homme dans le ventre duquel ils enfonçaient leur baïonnette et avec lequel ils avaient, peu de temps auparavant, échangé un signe, des photos ?

 

La Marne, la Somme, l’Yser, Verdun où, le premier jour, nos soldats ont encaissé 936.000 obus ; ils ont riposté, tiré quelques 120.000 obus par jour. On estime que 37 millions de projectiles ont été tirés de part et d’autre à Verdun !

 

L’année prochaine, nous commémorerons le 100ème anniversaire du début de cette guerre qui a changé la façon de vivre des français : les maris, les fils étaient au front et les femmes ont dû les remplacer. Elles ont travaillé la terre, elles ont travaillé en usine pour fabriquer les munitions dont leurs hommes avaient besoin ; elles ont appris à conduire les tramways. La guerre finie, beaucoup d’entre elles ont continué ce travail qu’elles avaient découvert parce que l’homme n’était pas revenu. Parce que cette guerre a fait 1.500.000 morts et trois fois plus de blessés dans les rangs de l’Armée française.

 

« La Der des Der », pensaient nos Poilus. Hélas ! L’esprit de revanche amena les Allemands à refaire la guerre en 1939 avec Hitler à leur tête. Cette deuxième guerre mondiale qui fut suivie de bien d’autres, Indochine, Corée, Afrique du Nord. Le monde ne s’est pas encore assagi et de nombreux conflits surgissent ; la menace nucléaire reparait.

 

Que, tout au long de cette année 2014 où sera commémorée la Grande Guerre, les dirigeants du monde soient interpellés par ces batailles, ces nombreux lieux de mémoire, ces morts, ces blessés et qu’il leur soit donné un peu de raison ; de nombreuses raisons d’apaiser les tensions et que nos enfants et petits enfants ne connaissent jamais ce que nos aînés ont vécu, ce que vous les Anciens Combattants ici présents avez connu.

 

Mon Père qui se levait lorsqu’il entendait La Marseillaise jouée à la radio après le discours de tel ou tel Ministre ou Président, les badauds qui se découvraient lorsque passait devant eux le drapeau du régiment ou lorsqu’ils entendaient l’hymne national ou la sonnerie aux Morts sont un monde révolu paraît-il ; autres temps autres mœurs nous dit-on.

 

Eh bien, malgré cela, Vive la France. »

 

 

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Publié le 28 Mars 2020

Pierre Ramboz de Vanves, et le commando Jaubert.

Sur la plaque commémorative de l’église Saint-Rémy de Vanves figure le nom de Pierre Ramboz, Mort pour la France en Indochine.

Pierre Ramboz était né le 23 novembre 1922 à Clamart. Enseigne de vaisseau 1ère classe (équivalent de lieutenant dans l’armée de Terre), il est tué 2 septembre 1948 dans une attaque sur l’île de Phu-Quoc, à la frontière des actuels Cambodge et Viet-Nam. Pierre Ramboz était un officier du commando Jaubert.

 

Le commando Jaubert.

En décembre 1944 à Toulon est créée une compagnie de reconnaissance qui participe au désengagement de la frontière franco-italienne entre Nice et Vintimille avant d’être engagée en octobre 1945 en Indochine au sein de la Brigade marine d’Extrême Orient puis au sein de la flottille fluviale du Tonkin. Elle porte le nom de compagnie Merlet, du nom de son chef. Cette compagnie opère aux côtés des hommes du SASB du capitaine de corvette Ponchardier.

Le 29 janvier 1945, à la mort du capitaine de frégate François Jaubert, commandant la flottille fluviale des troupes françaises d’Extrême-Orient, mortellement blessé quatre jours plus tôt au cours d’une opération près du village de Tan Huyen en Indochine, la compagnie Merlet est rebaptisée compagnie Jaubert. A sa tête seront tués l’enseigne de vaisseau de Montfort, en 1946, et le lieutenant de vaisseau Saint John de Crèvecoeur en 1947.

La compagnie devient « commando » Jaubert le 1er janvier 1948. Il est rattaché à la division navale d’Extrême-Orient. Le commando Jaubert sera la dernière unité française à quitter le sol indochinois en 1956.

Durant ces années, 59 hommes de la compagnie Merlet, de la compagnie Jaubert et du commando Jaubert perdront la vie en Indochine dont deux de ses commandants.

Le commando est ensuite engagé en Algérie au sein de la demi brigade de fusiliers marins pour des missions de maintien de l’ordre, puis au groupement des commandos marine pour des missions de contre guérilla dans l’Atlas saharien. Le 26 octobre 1960, son commandant, le lieutenant de vaisseau Scheidhauer, est tué en montant à l’assaut d’une katiba dans le djebel Ben Lerfhad.

Après le cessez-le-feu et l’indépendance de l’Algérie, Jaubert s’établit en 1962 à St Mandrier avant de s’installer à Lorient à la fin 1969. 10 hommes du commando Jaubert sont tombés au champ d’honneur en Algérie.

Le commando Jaubert continue à participer à de nombreuses opérations dont les principales sont les suivantes : Somalie et Liban en 1985, l’évacuation des ressortissants français au Yémen en 1986, les Comores en 1989, 1993 puis 1995, l’ex-Yougoslavie dès 1996, l’Albanie en 1997, la Guinée-Bissau et le Congo en 1998.

Après le 11 septembre 2001, le commando Jaubert participe à la lutte antiterroriste en Afghanistan et en Océan Indien. En 2004, il est engagé en Haïti.

Ces dernières années sont marquées par l’engagement croissant du commando dans les opérations du commandement des opérations spéciales, mais également dans des opérations maritimes.

Le commando Jaubert est titulaire des sept citations à l’ordre de l’Armée de mer.

Son fanion porte les fourragères de la légion d’honneur, de la médaille militaire et de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs.

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorial GenWeb : fiche individuelle de Pierre Ramboz.
  • Site de la Marine nationale.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 22 Mars 2020

Les usines Gévelot à Issy.

Joseph Marin Gévelot [1786-1843] développe au début du 19e siècle, une activité de fabrication d'armes blanches et d'équipements militaires à Paris. En 1816, il est installé "Fourbisseur", puis "Armurier, Arquebusier, Fourbisseur et Ceinturonnier" à Paris. En 1820, Gévelot produit en série des amorces pour armes de chasse et pistolets. Trois années plus tard, il dépose le brevet d'invention de l'amorce au fulminate de mercure, rendant ainsi plus sûr le procédé de Jean Samuel Pauly, qu'avait refusé Napoléon 1er en 1813.

En 1826, Joseph Gévelot rachète le matériel de la fabrique d'amorces Leroy, après le décès du fils de M. Daguerre Leroy. Il construit alors une nouvelle usine aux Moulineaux. À partir de là, il développe son activité, notamment en rachetant ses concurrents, en fédérant les fabricants d'armes et en rationalisant la production. Son attention portée à la sécurité le met à l’abri des nombreux accidents dont sont victimes les autres fabricants. La manipulation du fulminate de mercure est effectivement très dangereuse et a rendu sourd et aveugle, quand elle ne les a pas tués, de nombreux fabricants.

En 1839, Joseph Marin Gévelot est considéré comme « le plus habile de nos fabricant », chef de file de la profession qui exporte la moitié de la production française d'amorces. Il est même consulté en tant qu'expert par le conseil de salubrité pour définir les règles de préventions. Il utilise alors les méthodes de production les plus modernes, comme la machine à vapeur, alors que ses concurrents (comme Gaupillat) en sont encore aux manèges à chevaux. Avec Gaupillat, il assurera la suprématie Française en matière d'amorce, jusque dans les années 1860, avant d'être imité par les Belges, les Allemands et les Anglais. Bientôt, il étend sa production aux cartouches pour devenir une référence copiée dans le monde entier.

Joseph Marin Gévelot décède en 1843, laissant sa veuve Joséphine et son fils Jules Gévelot qui n'a alors que 18 ans, le soin de développer l'entreprise. Après quelques déménagements, l’entreprise commence à se développer, pour atteindre les 500 salariés en 1867. Les boîtes de cartouches vertes, avec un « G », deviennent célèbrent dans le monde entier.

 

En 1884, Jules Gévelot s'associe avec Victor Gaupillat qui possède également une société de cartouche pour créer la S.F.M. (Société Française des Munitions de chasse, de Tir et de Guerre) qui développe la fabrication des amorces, des cartouches de chasse et des munitions de guerre. C'est l'époque des cartouches Gévelot-Gaupillat, avec 2 G entrelacés (à partir de 1891).

En 1898, la production occupe alors 50 bâtiments répartis sur 7 hectares, sur le site d’Issy-les-Moulineaux. L'exportation représente 50 %. L'entreprise se dote alors d’ouvrages de prestige, dont un grand portail. Pour son personnel, elle fait construire une nouvelle « cité Gévelot », qui remplace celle construite en 1858 qui possédait des bâtiments d'aisance en forme de tour à chapeau pointu.

Jean Gaupillat, petit-fils de Victor, crée en 1928 la « Société Étampage de Précision Gaupillat», dont l’objet est le matriçage et l’usinage de métaux non ferreux. Jules Gévelot décède en 1904. Sa veuve, Emma, assure la présidence de l'entreprise pendant 23 ans. À son décès, Lucien Biennaimé, alors Directeur général, devient président. Quelques années plus tard, Robert Bienaimé s'associe à René Moineau pour créer PCM Pompes, qui deviendra l'un des principaux fabricants mondiaux de pompes volumétriques. En 1935, à la mort de Jean Gaupillat, qui se tue au Grand Prix Automobile de Dieppe, la S.F.M. intégrera les deux sociétés Gaupillat.

En 1938, pressentant la Seconde Guerre mondiale, la société envisage d'éloigner de l'agglomération parisienne la production de cartouches et construit à Laval une usine susceptible de servir de repli. Finalement, la guerre se déclenche avant que le transfert n'ait lieu. Après la guerre, le contexte ayant changé, le transfert ne se fera jamais.

En plein apogée de 1920 à 1955, ses effectifs se multiplient par six et atteignent les 3 000 employés. En 1950, la S.F.M. prend le nom de Gévelot. La notoriété de la marque Gévelot est telle qu'elle devient emblématiques du monde de la chasse et perdure encore actuellement.

En 1973, un incendie éclate dans l'usine d'Issy-les-Moulineaux. Il s'agit du plus important incendie qu'ait connu Paris en temps de paix, qui détruira la moitié des bâtiments. Le gouvernement tirera les enseignements de cette journée noire du en fondant les bases du Plan rouge. Cet épisode ainsi que l'évolution du marché marque la fin de la production de cartouche pour Gévelot qui cessera définitivement 10 ans plus tard, clôturant 150 ans d'histoire des cartouches. Il ne reste aujourd’hui que l'ancien portail monumental.

Vingt ans auparavant, l'entreprise commence à développer des activités de mécanique de précision. En 1955, dans les établissements de la « Société Étampage de Précision Gaupillat» à Meudon, elle lance de nouvelles fabrications : accessoires de cycles (pompes), articles en fil de fer et tubes, meubles et présentoirs de magasins… et des pièces en laiton. Deux années plus tard, Gévelot rachète la société Gurtner créée 50 ans plus tôt par Jules Gurtner à Pontarlier, spécialisée dans la fabrication de carburateurs. À Laval, elle lance une activité d'extrusion à froid des métaux. En 1960, la partie « extrusion » devient le secteur dominant de l’entreprise. Gévelot devient alors un groupe et crée une filiale Gévelot Extrusion.

En 1962, le site de Laval commence la production de pistons de frein, pièces forgées à froid pour l'automobile. Elle développe au fil des années de nombreuses références : pignons de boîte de vitesses, noix de transmission et tripodes, manchons antivol, croisillons, pistons de frein, fusées de roue...

En 2017, la branche extrusion est reprise par le groupe Walor.

 

 

Sources :

  • Site de la mairie d’Issy-les-Moulineaux
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site internet de l’Association Historim.
  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy – Vanves.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 14 Mars 2020

Rue d’Isly, 26 mars 1962, 14 h 50 : devant la poste, les Algérois se jettent à terre pour échapper aux tirs.

Rue d’Isly, 26 mars 1962, 14 h 50 : devant la poste, les Algérois se jettent à terre pour échapper aux tirs.

Situation en Algérie en mars 1962.

 

Nous sommes le 18 mars 1962. Le général de Gaulle, Président de la République, vient d’annoncer les Accords d’Evian. Voilà des mois qu’il a tranché. Cette guerre ne peut être gagnée politiquement, même si l’armée française a réussi sur le terrain. Le lendemain, 19 mars, aura lieu le cessez-le-feu dans cette Algérie qui est encore française pour quelques semaines.

 

En face, il y a les Pieds-Noirs – Européens installés depuis, parfois, des générations sur le sol algérien – et ceux qui sont prêts à tout, y compris à régler cela dans le sang, pour que les départements français d’Algérie ne changent pas. C’est l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) dirigée par le général Salan, qui bénéficie d’un grand prestige dans les rangs de l’armée et de la population européenne. Ce dernier lance un appel aux combattants de son organisation : « harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d’Algérie ». Il s’agit pour l’OAS, et ses partisans, de provoquer un soulèvement contre l’armée française et les Algériens du FLN (Front de Libération National).

 

A Alger, des partisans se barricadent dans le quartier de Bab El Oued. Des unités de l’armée française viennent au contact et décident d’interdire l’entrée du quartier aux Européens qui veulent soutenir l’OAS. Cette unité est le 45e régiment de tirailleurs, composé de militaires d’expérience mais aussi de jeunes recrues.

 

La manifestation.

 

Le 23 mars, six jeunes soldats – ils sont des appelés du contingent – sont pris pour cible par des partisans de l’OAS et abattus. Les soldats qui entourent Bab El Oued décident de passer à l’action. Les combats font une quinzaine de victimes. Mais pour contrecarrer le plan de l’armée, l’OAS lance un appel à la grève et demande aux Européens de venir les secourir. Une manifestation est montée le 26 mars, alors que tout rassemblement a été interdit par le préfet, Vitalis Cros.

 

Plusieurs milliers de personnes convergent donc pour aider les partisans de l’OAS. Parmi ces manifestants, il y a des familles entières, avec femmes et enfants.

 

Tout à coup, une rafale d’arme automatique est lâchée. Plusieurs hypothèses – excuses ou explications – sont données : l’OAS a tiré sur les soldats alors que les manifestants approchaient. D’autres versions contredisent cela. Un ordre d’ouverture du feu a-t-il été donné ? Trop tard… Les soldats du 4e RT, qui ont plus l’habitude de traquer les fellaghas dans le djebel que de faire face à des manifestants, n’écoutent pas les ordres de leurs supérieurs qui appellent à cesser le feu.

 

Le drame se noue en quelques minutes. Le bilan officiel est de 46 morts et de 150 blessés. Bilan jamais validé par d’autres sources qui, elles, parlent de 80 morts.

 

Au soir de cette tuerie, le général de Gaulle prend une nouvelle fois la parole. Il n’a pas un mot pour ce qui s’est passé dans la journée à Alger. Il parle au nom de la Nation et de ses intérêts supérieurs. Il appelle les Français à ratifier les Accords d’Alger. Cette guerre politiquement ne peut être gagnée. Mais tous les Français n’ont pas le droit de voter : un décret du 20 mars 1962 empêche ceux des départements d’Algérie de participer à ce référendum.

 

Que faire ? Lâchés par l’armée, voyant que l’OAS ne peut défendre l’Algérie française, malmenés par les Algériens, des dizaines de milliers de Pieds-Noirs décident de s’exiler en métropole. C’est « la valise ou le cercueil » !

 

Quant aux victimes ? Les familles n’ont jamais eu le droit de récupérer les corps, beaucoup ayant été clandestinement enterrés au cimetière Saint-Eugène, aujourd’hui cimetière Bologhine, dans le nord d’Alger.

 

Pour l’historien Benjamin Stora : « le silence fait sur ce massacre est un des exemples les plus marquants de la censure pratiquée pendant la guerre d’Algérie : comme pour beaucoup d’événements, le gouvernement français n’a jamais reconnu sa responsabilité ».

 

 

 

 

Sources :

 

  • Crédit photographique : Paris Match.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Jean Monneret, Une ténébreuse affaire : la fusillade du 26 mars 1962, Offset, 2007.
  • Benjamin Stora : Les guerres sans fin, un historien entre la France et l'Algérie, Paris, Stock, 2008 ; Les immigrés algériens en France : une histoire politique, 1912-1962, Hachette Littératures, 2009 ; Le mystère De Gaulle : son choix pour l'Algérie, Robert Laffont, 2009.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 23 Février 2020

Lieutenant Blanc – 5 – Promotion parachutistes classe 1951.

Discours du chef de bataillon Stevenin, commandant l’Unité cadres 563/1.

 

  • « Parachutistes de la classe 1951, quel est le nom de Baptême que vous avez choisi pour votre promotion ?
  • Promotion du Lieutenant Paul Blanc, mon commandant.
  • Votre choix montre que vous voulez tous suivre l’exemple d’un Brave.

 

Né le 25 septembre 1921, Paul Blanc a 19 ans en 1940. Il est à Tlemcen. Les événements malheureux de juin 1940 l’ont impressionné vivement. Il se prépare à laver l’injure faire à la France. En 1942, il s’engage. En 1943, il est nommé sous-lieutenant de Réserve. En 1944, il fait campagne en Italie. Blessé, il est fait prisonnier à San Casciano. Il est interné en Allemagne, d’où, après trois tentatives d’évasion il réussit à gagner la Slovaquie. Il rentre en France en juin 1945 pour être affecté au 1er RCP. En décembre 1945, il est promu lieutenant d’Activité. En janvier 1947 il part pour l’Indochine où, dès février, il entre en campagne avec la ½ brigade de marche parachutiste. De février à novembre 1947, il est parachuté trois fois. Le 7 avril 1948, il est tué par balle en entraînant ses parachutistes à l’attaque.

 

Il est titulaire de : la Croix de Guerre 39-45 ; la Médaille des Evadés ; la Croix de Guerre des T.O.E. ; la Médaille Coloniale avec agrafe « Extrême-Orient ».

 

Il a mérité deux citations à l’Ordre de l’Armée et deux citations à l’Ordre du Corps d’Armée.

 

Le 7 juillet 1948, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume avec la citation suivante : « Paul Blanc, lieutenant 1er RCP – Officier d’élite d’un courage et d’une audace jamais démentie. Commandant en second d’une compagnie de parachutistes, a brillamment participé aux opérations aéroportées et terrestres de son unité depuis le 12/2/47 où il s’est révélé un véritable entraîneur d’hommes. Au cours de l’opération parachutée de Cu Van (Tonkin) s’est particulièrement distingué aux combats de Quanc Vihn le 27 novembre 1947, de Phang Me le 1er décembre et de Cu Van les 4 et 10 décembre en abattant de nombreux rebelles, récupérant des armes et détruisant trois dépôts très importants de grenades. S’est à nouveau distingué dans le Secteur N.E. en menant une lutte sans merci aux rebelles. Le 4 mars 1948 étant tombé dans une forte embuscade a magnifiquement entraîné sa troupe à l’attaque d’une formation adverse forte de 400 hommes, malgré un tir très violent d’armes automatiques et de mortiers, lui causant des pertes sévères et récupérant armes et munitions. A trouvé une mort glorieuse à la tête de ses hommes le 7 avril 1948 au cours de la réduction d’une embuscade sur la route de Cao Bang à Lang Son (Tonkin). Laisse à tous le souvenir d’un chef remarquable et téméraire, animé au plus haut point du sentiment du devoir et de l’esprit de sacrifice.

 

Jeunes parachutistes de Moselle, votre promotion portera désormais le nom de Lieutenant Blanc. A Madame Blanc, je donne l’assurance que vous garderez en vos cœurs le souvenir d’un Brave parachutiste que fut son mari, et que s’il le fallait un jour, vous suivrez son exemple.

 

Metz, le 22 mai 1950. »

 

 

 

 

Sources :

Archives familiales.

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