Publié le 21 Août 2014

 

 

Le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux participera aux cérémonies communales destinées à célébrer l’anniversaire de la Libération de la ville, le dimanche 31 août 2014 :

 

 

– 9h15 : rassemblement sur le parc de stationnement du CNET et départ en car.

 – 9h30 : place « Groupe Manouchian » - Dépôt de gerbes au buste éponyme.

 – 9h45 : parc de la Résistance ZAC Sainte-Lucie – Dépôt de gerbes à la stèle commémorative.

 – 10h05 : angle pont Jean Moulin / avenue Jean Monnet – Dépôt de gerbes au buste de Jean Moulin, premier Président du Conseil National de la Résistance.

 – 10h25 : place du 8 mai 1945 – Dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle, chef de la France libre.

 – 10h40 : square Bonaventure Leca – Dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.

 – 10h45 : square Bonaventure Leca – Fleurissement du monument aux morts – Allocutions de Monsieur Jean Quillard, président départemental des ACV et de Monsieur André Santini, ancien ministre, député-maire.

 – 11h15 : vin d’honneur dans le salon Elysée de l’Hôtel de Ville.

 

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Publié le 8 Juillet 2014

  Epaves

 

(Montage photos – Copyright : Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard)

 

Un voyage cela peut commencer par la lecture d’un roman britannique « Le treizième conte » publié en 2006 de Diane Setterfield dont voici un extrait : « La surface de mon esprit était parfaitement calme. Mais sous la surface une houle montait des profondeurs, un courant sous-marin qui agitait les eaux. Pendant des années une épave avait reposé dans les grands fonds. Un vaisseau chargé d’une cargaison d’ossements. Mais maintenant, il bougeait. Je l’avais dérangé, j’avais provoqué une turbulence qui faisait monter des nuages de sable du fond de la mer. Les grains tourbillonnaient follement dans l’eau sombre et troublées. »

 Lectrices, lecteurs savez-vous qu’après une « fortune de mer », une nouvelle vie peut commencer pour une épave ? Plus ou moins rapidement selon les conditions du milieu marin, une faune, une flore vont apparaître, se densifier sur le site du naufrage. Crustacés qui prennent le dessus sur la pollution, abondance du zooplancton, lentement les coraux, la flore, sont observés. Les poissons peuvent croître à l’abri de prédateurs en trouvant des lieux propices au brassage de flux et de reflux pour des pontes.

 Un nouveau cycle, un nouveau spot de plongée dont la réputation reste dépendante de notre émotion par rapport à l’histoire parfois tragique du naufrage et au développement observé  de la nouvelle vie… Belle victoire sur la mort...

 Au-delà des charmes du berceau pharaonique de notre civilisation nos regards se fixeront sur les ocres du désert qui se mélangent près des côtes  aux bleus de la mer rouge. Que l’Egypte est belle avec des milliers de secrets, de trésors, magnifique cadeau offert aux regards de celles et ceux qui aiment photographier sur terre comme sous l’eau.

 Oui la mer rouge continue de nous  attirer comme un aimant.

 J’ai décidé de vous faire tremper vos palmes et votre imaginaire  avec un partage de mes images sur deux épaves célèbres en mer rouge dans le golfe de Gubal en Egypte à quelques heures de navigation d’Hurghada mais proches l’une de l’autre.

 Allez n’ayez pas peur de plonger sur une première épave : « Le Thistlegorm ». Un cargo anglais battant pavillon de sa très gracieuse Majesté de 128 mètres de long et de 17,5 mètres de large chargé de matériel militaire destiné aux troupes britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale qui remontait la mer rouge. Hélas dans la nuit du 6 octobre 1941 il se trouvait en position d’attente d’une autorisation d’emprunter le canal de Suez. Il fut bombardé au mouillage par des avions allemands Heinkel 111. Deux bombes atteignirent la quatrième cale causant son explosion et le navire anglais sombra en moins de trente minutes entraînant dans la mort neuf membres de l’équipage. En 1956, l’équipe Cousteau naviguant sur la Calypso parvint à retrouver l’épave et à remonter la cloche du « Thistlegorm» en laissant en l’état sa cargaison militaire. Caisses de munitions, obus, fusils, bottes, motos BSA, jeeps, camions, équipements radio, wagons, locomotive…

 Un inventaire à la Prévert de matériel militaire qui semble  impossible à dresser…

 Depuis 1993 l’épave redécouverte est devenue un spot de plongée incontournable réservé aux plongeurs(ses) confirmé(e)s « autonomes » dans l’espace lointain attentifs aux conditions de plongée qui peuvent être rendues délicates par de forts  courants… Il appartient aux nombreux visiteurs de cet étrange musée sous-marin de regarder sans toucher ( !) des objets engloutis à jamais en visitant prudemment les deux niveaux de cales et le pont sans se tromper de mouillage pour remonter et effectuer les paliers de décompression.

 « La Rosalie Moler »

 La même nuit les aviateurs allemands aperçurent un autre cargo anglais au mouillage. Les bombardiers Heinkel 111 revinrent dans le chenal au nord de l’île de Tawilla à l’ouest de la Grande Gubal et purent couler la « Rosalie Moler » cargo de 108 mètres de long, construit en 1910 à Glasgow chargé de 4680 tonnes du meilleur charbon visant à ravitailler la marine royale britannique. La « Rosalie Moler » devait rejoindre  Alexandrie mais le cargo a été bombardé  au mouillage exactement comme le « Thistlegorm ». La grande dame est accessible en plongée pours  être visitée entre 35 mètres (pont) et 50 mètres (quille).

 Les poissons sont abondants autour des  superstructures bien conservées.

 Compte tenu de la profondeur, de la visibilité qui peut être réduite, de courants violents…les plongeurs(ses) expérimenté(e)s doivent rester  très attentifs aux conditions météo. Les épaves nourrissent l’inspiration des photographes, elles alimentent plus d’un rêve d’un(e) plongeur(se) qui mène à la réalité. Merci à mon épouse Marie de m’avoir à nouveau accompagné sous l’eau en mai 2014 pour explorer ces deux très belles épaves en mer rouge.

 

Jean de Saint-Victor de Saint-Blancard

 

Davantage d’images en surfant sur www.subphotos.com

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Pour organiser votre voyage  « sur-mesure » : Atlantides Plongée

www.atlantides-plongee.com

Sur place : Centre de plongée Alyses Plongée à Hurghada en Egypte.

www.alysesplongee.com

 

A lire à bord au lever ou avant une plongée de nuit…

Sonnet de Charles Baudelaire – « Les Epaves » (1866) - « Le Coucher de soleil romantique » (Extrait) :

 

Que le soleil est beau quand tout frais il se livre.

Comme une explosion nous lançant  son bonjour !

Bienheureux celui-là qui peut avec amour

Saluer son coucher plus glorieux qu’un rêve !

 

 

 

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Publié le 23 Mai 2014

 

Geneviève Lebrell - 1

 

Les obsèques de Geneviève Lebrell, en l’église Saint-Etienne d’Issy-les-Moulineaux, le 15 mai 2014 (cliché alain Bétry)

 

 Geneviève Lebrell s’est éteinte en ce mois de mai 2014. En l’église Saint-Etienne, le 15 mai, seuls les dix premiers rangs étaient occupés, les orgues et l’Ave-Maria de Charles Gounod lui ont rendu hommage. Son cercueil était recouvert du drapeau tricolore.

 En 1943, elle a 23 ans quand elle entre en résistance. Sous le pseudo « Hulotte », et en tant qu’agent P 1, Geneviève accomplit de nombreuses missions et participe à des émissions et des liaisons radio au Réseau Alliance. C’est dans le cadre de cette activité, que son émetteur est localisé par les Allemands ; en juillet 1944, elle est arrêtée par la Gestapo. Incarcérée à Fresnes, elle est déportée au camp de concentration de Ravensbrück. La chance fait que le 8 mai 1945, elle est libérée par les Alliés.

 Alliance fut l’un des réseaux les plus actifs de renseignement de la Résistance dépendant de l’Intelligence Service britannique (IS 1) sur le territoire français. Pour faciliter les communications, la plupart des pseudonymes étaient des noms d’animaux. Marie-Madeleine Fourcade, une Résistante célèbre, « Hérisson » était chef de réseau. Alliance compte 438 morts et 1 000 arrestations, dans ses rangs. Le plus important réseau fut le réseau de La Confrérie Notre-Dame, créé en 1940 par Rémy, haute personnalité de la France libre, mouvement du général de Gaulle.

 En 1996, Geneviève Lebrell avait été élevée au grade de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur.

 

 

 Geneviève Lebrell-2

  Geneviève Lebrell, alias « Hulotte ».

  Alain Bétry

 (www.historim.fr)

 

 

 

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Publié le 4 Mai 2014

 

 Fréjus 2014 040

  Le mémorial de Fréjus.

 Le mémorial.

 

En 1986, la ville de Fréjus se propose d'accueillir le « Mémorial des guerres en Indochine » sur le site de l'ancien camp militaire Gallieni, où avaient notamment séjourné des tirailleurs indochinois pendant la Grande guerre (au sein du Centre de Transit des Troupes Indigènes Coloniales), et où figurait déjà un premier monument commémoratif des guerres d'Indochine élevé en 1983.

 Après acceptation, le mémorial est inauguré le 16 février 1993 par Monsieur François Mitterrand, président de la République française. Œuvre de l'architecte Bernard Desmoulin, implanté sur un terrain de 23.403 m2, le mémorial comprend tout d’abord un premier monument, placé sur une esplanade, qui permet les prises d’armes et les commémorations. En contrebas, s'inscrivant dans une circulation périphérique de 110 m de diamètre, le mémorial, en forme de cercle, reprend le thème du périple et symbolise à la fois l'enceinte militaire héritière du cercle spirituel des tribus.

 Des rangs d’alvéoles ont reçu les ossements des 17.188 militaires identifiés et rapatriés depuis le Vietnam entre les mois d'octobre 1986 et d'octobre 1987. S’y ajoutent 62 corps de militaires provenant de la nécropole de la ville de Lyunes où ils avaient été inhumés antérieurement à 1975. Les corps reposant dans la nécropole de Fréjus sont ceux de militaires « Morts pour la France » décédés soit entre 1940 et 1945, soit, majoritairement, entre 1946 et 1954.

 Par ailleurs, dans la crypte du mémorial, les restes mortels des 3.152 victimes inconnues reposent dans un ossuaire.

 À titre exceptionnel – les cimetières nationaux étant légalement réservés aux seuls militaires « Morts pour la France » en temps de guerre – 3.515 civils, dont 25 non identifiés, ont également été inhumés sur le site, dans un columbarium édifié sous la partie nord-ouest de la circulation périphérique. En outre, un mur du souvenir a été érigé sur lequel sont gravés les noms de près de 34 000 morts des guerres d'Indochine dont les corps ne reposent pas à Fréjus.

 Enfin, un jardin du souvenir permet à celles et ceux qui en font la demande, de recevoir leurs cendres. C’est là que l’urne contenant les cendres du général Bigeard a été placée le 20 novembre 2012.

 Le mémorial est contigu à une pagode bouddhiste, la pagode bouddhique de Hông Hien, qui se trouvait elle-aussi à l’époque au sein du camp Gallieni. Sous l’impulsion du colonel Lame et du capitaine Delayen, sa construction fut décidée en 1917, avec une main d’œuvre fournie par les tirailleurs indochinois présents dans le camp.

 Tombée en désuétude après la Seconde Guerre mondiale, la pagode fut remise à neuf par des réfugiés vietnamiens après 1954. Aujourd’hui encore faisant partie des traditions des troupes de marine, la pagode est l’un des hauts lieux de culte bouddhique en France et en Europe.

 

Le 8 juin.

 

Fréjus 2014 050 

 Giacomo Signoroni (au centre, sans béret) et des camarades légionnaires, tous anciens d’Indochine.

 

Instituée par le décret n° 2005-547 du 26 mai 2005, le 8 juin est une journée d'hommage qui correspond au jour du transfert à la nécropole nationale de Notre-Dame de Lorette, de la dépouille du Soldat Inconnu d'Indochine, le 8 juin 1980.

 Le 8 juin 2005, pour la première fois, partout en France, fut célébrée la journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine. Au cours de la cérémonie officielle célébrée dans la Cour d'Honneur des Invalides, Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, prononça le discours suivant :

 « Il y a 51 ans, les armes se taisaient en Indochine.

 Ce silence clôturait un siècle d'épopée française en Extrême-Orient. Il mettait un terme douloureux à une guerre de huit ans commencée au lendemain de la cruelle occupation japonaise.

 Loin de leurs foyers, sur des terrains inhospitaliers, face à un adversaire insaisissable, valeureux et sans cesse mieux armé, les combattants du corps expéditionnaire français ont lutté inlassablement, avec une foi, une ardeur, un courage et un dévouement qui forcent l'admiration et imposent le respect. Leur sacrifice fut immense. Leur tribut fut celui de la souffrance, du sang, et de la mort. De 1945 à 1954, près de 100 000 soldats de l'Union française sont tombés en Indochine. Plus de 76 000 ont été blessés. 40 000 ont été fait prisonniers. Parmi eux, 30 000 ne sont jamais revenus. L'éclat de leur bravoure, le panache de leur engagement ne rencontreront trop souvent, en métropole, que l'indifférence ou l'hostilité de leurs concitoyens. Tous ces combattants ont lutté, ont souffert, sont morts, avec, sans doute, le sentiment amer de l'abandon, la blessure ultime de l'ingratitude.

 Ne les oublions pas.

 Parachutistes, légionnaires, coloniaux, tirailleurs, métropolitains, gendarmes, marins, aviateurs, médecins et infirmières : ils venaient de France, d'Europe, d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire. Leurs frères d'armes vietnamiens se battaient pour leur terre, pour leur liberté, par fidélité. Ils étaient jeunes. Ils sont morts au détour d'une piste, dans la boue d'une rizière, dans un camp de prisonniers.

 Aujourd'hui, pour la première fois, la Nation rend officiellement un hommage solennel à nos combattants d'Indochine.

 La France n'oublie pas.

 À cette occasion, nous nous recueillons devant la dépouille d'un de ces combattants. Il est tombé là-bas, il y a plus de 50 ans, quelque part au bord de la Nam Youn, dans la plaine de Diên Biên Phù, ultime théâtre de ce drame dont la grandeur nous dépasse. À travers lui, c'est à l'ensemble de ses camarades que nous rendons hommage. Que les combats de nos soldats en Indochine puissent rester gravés à jamais dans la mémoire du peuple français. Leurs actions héroïques étaient l'aboutissement d'une certaine conception du monde, dont les principes ont pour nom liberté, justice et démocratie.

 Aujourd'hui, dans ces pays, après de longues années de nouvelles souffrances, la guerre appartient désormais à l'Histoire. De nouvelles pages de paix, de coopération et d'amitié ont été écrites et s'écriront encore. Dans un monde incertain, où la paix n'est jamais acquise, que le souvenir des exploits de nos combattants, que la force des valeurs qu'ils ont illustrées, nous aident à rester debout, en hommes libres, vigilants et déterminés.

 Honneur aux combattants d'Indochine ! ».

 

Commémoration du 26 avril 2014.

 

 

 Fréjus 2014 012

Giacomo et Vincenza Signoroni.

 

Nous pouvons peut-être reprocher au Gouvernement d’avoir modifié la date de la commémoration des combats et des morts en Indochine pour 2014 en raison d’agendas surchargés. Initialement prévue le 8 juin, celle-ci a été avancée au 29 avril, car les célébrations du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie (6 juin) se dérouleront sur plusieurs jours. Mais, nous ne pouvons pas reprocher à ce même gouvernement d’avoir occulté les 60 ans de la bataille de Diên Biên Phù et de la fin de la guerre en Indochine.

 Ainsi, le samedi 26 avril 2014, à l’initiative du ministère de la Défense et du secrétariat d’Etat à la Mémoire et aux Anciens combattants, un avion de la République était affrété depuis Paris pour emmener les anciens d’Indochine, et leurs accompagnants, au Mémorial de Fréjus.

 Plusieurs associations avaient donc prévenu leurs adhérents : le Souvenir Français, l’ANAI (Association Nationale des Amis de l’Indochine), l’Union Nationale des Parachutistes, les associations nationales et locales de la Légion étrangère, les associations des anciens de la Coloniale, ceux des Supplétifs indochinois, ceux de Diên Biên Phù…

 Pour le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir, j’eus l’insigne honneur d’accompagner notre héros de l’Indochine, 13 fois cités, l’ancien adjudant-chef de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère, Giacomo Signoroni et son épouse Vincenza.

 Des grandes figures des dernières guerres étaient également présentes : Fred Moore, chancelier de l’Ordre de la Libération, le colonel Luciani, le capitaine Bonelli, le lieutenant Gusic, le sergent Heinrich Bauer, le général Chabanne, colonel Boissinot…

 La journée commença par un accueil aux Invalides suivi du transport dans les cars du Ministère de la Défense jusqu’au pavillon d’Honneur de Roissy, où nous attendaient des représentants de l’armée de l’Air et un Airbus A310 de la République française. Décollage pour Hyères-Toulon – avec un déjeuner à bord – puis transport en cars, escortés par les motards de la Police nationale jusqu’à Fréjus. Arriva le secrétaire d’Etat, en charge de la Mémoire et des Anciens combattants, Kader Arif, qui prononça un discours remarquable vis-à-vis des anciens d’Indochine, qui ne furent pas toujours récompensés – c’est le moins qu’on puisse dire – du sang versé pour la République.

 S’en suivit des dépôts de gerbes par les autorités et les associations, aussi bien devant le mémorial, qu’au pied du Mur des Souvenirs ou encore auprès de la stèle où reposent les cendres du général Bigeard.

 Le retour fut chargé d’émotions et de souvenirs racontant des drames, des anecdotes à pleurer de rire, des faits d’armes éclatants, ou déroutants, mais tous emprunts d’une nostalgie et d’un mal indicible qu’on appelle le « mal jaune ».

 Ils sont nombreux, comme Bigeard, à avoir laissé là-bas : « la moitié de leur cœur et une grande part – sinon la plus belle – de leur vie »…

 

Fréjus 2014 072 

 

Un parachutiste devant la stèle du général Bigeard.

 

Retrouvez toutes les photographies (plus de 70 clichés) de cette journée du samedi 26 avril à Fréjus, dans l'album intitulé "2014-04-26, Fréjus".

 

CDT (RC) Frédéric RIGNAULT

 Président du Comité d’Issy

Délégué général adjoint des Hauts-de-Seine

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 3 Mai 2014

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français participera aux cérémonies destinées à célébrer l’anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 :

 

  • - Mardi 7 mai à 18h00, salle multimédia, hôtel de ville : conférence donnée par le capitaine de vaisseau Guy Crissin : « Le commando KIEFFER dans le débarquement du 6 juin en Normandie».

 

  • - Dimanche 8 mai :
    • – 8h00 : rassemblement sur le parc de stationnement du CNET et départ en car.
    • – 8h30 : messe en l’église Notre Dame des Pauvres, 27, boulevard Gallieni.
    • – 9h15 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.
    • – 9h35 : place du 8 mai 1945 : dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle ; lecture du message de Kader Arif, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants.
    • – 9h50 : cortège en direction de la place du maréchal de Lattre de Tassigny.
    • – 10h00 : square Bonaventure Leca. Dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.
    • – 10h05 : dépôt de gerbes à la plaque « Veuves et orphelins victimes de guerre ».
    • – 10h15 : monument aux morts de la ville ; dépôt de gerbes et discours de Monsieur Roger Quillard, Président départemental des ACV et Monsieur André Santini, député-maire.
    • – 10h45 : vin d’honneur dans les salons de l’Hôtel de Ville.

 

Comme d’habitude, le Souvenir Français se chargera de la quête au profit du Bleuet de France. Soyez généreux !

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Publié le 17 Avril 2014

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Les vendredi 4, samedi 5 et dimanche 6 avril 2014, s’est déroulé le congrès national du Souvenir Français.

 Ce congrès a commencé le vendredi 3 avril par une cérémonie du culte israélite à la Maison Moadon, dans le 17e arrondissement de Paris. Il s’est poursuivi le lendemain par une session de travail dédiée aux Délégués généraux puis une seconde session ouverte aux présidents de comités et aux adhérents. Enfin, le dimanche, il s’est clôturé par une messe solennelle en l’église Saint-Louis des Invalides.

 De nombreux sujets ont été abordés :

 

  • Présentation des rapports financier et moral.
  • Présentation du parrainage et des actions de communication entre le Souvenir Français et la Patrouille de France.
  • Indication sur les thèmes à venir concernant la communication, les objets publicitaires afin que chaque adhérent puisse porter les « couleurs » de l’association.
  • Création d’un nouveau site Internet.
  • Revitalisation de la Revue.
  • Présentation du nouveau logo (cela fera l’objet d’un futur article relatif aux explications de ce nouveau logo).
  • Nouvelle carte d’adhérent ; nouveau bulletin d’adhésion ; nouveaux diplômes…

 

Bien entendu, un hommage a été rendu aux adhérents, aux présidents et aux délégués généraux disparus cette année. Nous tenons une nouvelle fois à exprimer toute notre sympathie aux familles de Michel Leclercq, qui fut président du Comité de Châtillon et de Jean-Louis Monnin, qui lui fut président de Courbevoie.

 Traditionnellement, le samedi soir a eu lieu le ravivage de la Flamme avec de très nombreux porte-drapeaux et une imposante délégation, qui a remonté les Champs-Elysées depuis la rue Balzac. Le général Bruno Dary, président du Comité de la Flamme, et le contrôleur général Delbauffe, président-général de notre association, en compagnie de Madame Anne Hidalgo, maire de Paris, ont procédé au ravivage de la Flamme du Soldat inconnu.

 Retrouvez toutes les photographies du congrès national, dans l’album intitulé « 2014-04-05, congrès national » ; vous y verrez, entre autres, les délégations des comités des Hauts-de-Seine. Bonne visite !

 

 

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Publié le 27 Mars 2014

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Le samedi 22 mars 2014, en l’église Saint-Bruno, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux a participé à la messe à la mémoire des Isséens morts pour la France, ou en Service Commandé, pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie. Leurs noms sont les suivants :

 

  • André Bernheim, avril 1957.
  • Jean Brulin, décembre 1960.
  • Pierre Essayan, novembre 1958.
  • Gérard Flament, mai 1958.
  • Roland Fortin, septembre 1959.
  • Claude Franck, juillet 1956.
  • Jean Gosselin, septembre 1961.
  • Jean Henry, décembre 1960.
  • Roger Langlois, août 1956 (Tunisie).
  • André Lemoine, mai 1956 (Maroc).
  • Thang Giung Nguyen, mars 1962.
  • Georges Pinchaud, novembre 1958.
  • Jacques Prieur, juin 1958.
  • Georges Segard, juin 1956.
  • Belcacem Slimani, mars 1961.
  • Casimir Stachurski, décembre 1957.
  • Dominique Verley, juin 1957.

 

Mort en Service Commandé aérien dans le secteur d’Oran en 1959 : l’officier de l’armée de l’air le lieutenant Jean-Pierre Pouillien.

 

Retrouvez les photographies de cette messe, suivie d’une cérémonie au cimetière municipal, dans l’album éponyme.

 

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Publié le 8 Mars 2014

 

Rangoon Cemetery

 

Il y a peu, le Délégué général du Souvenir Français pour la Chine et l’Asie, Monsieur Claude Jaeck, alors en mission professionnelle à Rangoon en Birmanie, découvrait avec étonnement la tombe d’un soldat français au beau milieu du cimetière militaire anglais de la ville.

Il s’agit du caporal Philibert Methia, du 10e RICM, mort pour la France le 27 octobre 1945 (parcelle 2 – Rangée A – Tombe n°4). Pourquoi un Français là ?

 

Une province de l’Empire des Indes.

 En 1886, la Birmanie devient une province des Indes britanniques et sa capitale est Rangoon. Le pays se transforme en une société coloniale orientée vers son puissant voisin indien : les liens étroits entre le pouvoir civil et religieux, existants depuis des siècles, sont distendus ; l’agriculture, première économie locale, se tourne vers l’exportation et les élites se mettent à la langue anglaise. Les plus riches envoyant même leurs rejetons faire des études au Royaume-Uni. L’émancipation de 1937, avec la création d’une nouvelle constitution et une assemblée élue, distincte de l’Inde, permet de préserver une paix relative pendant quelques années. Bien entendu, comme dans chaque situation similaire, certains étudiants rentrés au pays tentent de monter des organisations de libération du joug colonial.

 

 La Seconde Guerre mondiale.

 Avec le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les événements vont s’amplifier. En décembre 1941, les Japonais déclarent la guerre au Royaume-Uni. Dès le mois de janvier de l’année suivante, ils envahissent la Birmanie par le sud et expulsent les troupes anglo-indiennes qui s’y trouvent. Ces dernières reculent vers le nord et se réfugient en Chine ou en Inde. Les Japonais sont appuyés par les hommes d’Aung San, un nationaliste birman, qui a formé l’Armée pour l’indépendance birmane, avec l’appui logistique et financier de l’Empire du soleil levant. Comme en Indochine française, les Japonais cherchent à favoriser l’émancipation du peuple afin qu’il se retourne contre le colon européen.

Pour les Anglais, la défaite est cuisante : ils assistent, au fur et à mesure de leur retraite, à l’effondrement de leur administration birmane. De plus, à l’est, l’armée thaïlandaise pénètre en territoire birman et occupe en quelques semaines tout la partie orientale du pays. Les combats sont très meurtriers ; focalisés pendant la période sèche (hors du temps de la mousson), des milliers de villages sont entièrement détruits.

Les deux années suivantes sont particulièrement difficiles pour le Royaume-Uni : il doit défendre son île contre les bombardements nazis, entretenir la guerre au Moyen-Orient et en Afrique (Egypte, Territoires palestiniens, Syrie, Jordanie) et faire face à de nombreux soulèvements en Inde, qui connait une famine retentissante, notamment dans la province du Bengale. Avec l’aide d’observateurs et d’instructeurs américains (cette notion n’est donc pas récente…), les Anglo-indiens montent quelques opérations le long de la frontière birmane. Elles ont pour but de montrer que la guerre n’est pas terminée et d’entretenir la foi dans les combats pour les soldats.

Par ailleurs, pour affirmer que leurs hommes sont tout aussi capables que les Japonais de se battre dans la jungle, les Anglais envoient plusieurs milliers de commandos au cœur de la Birmanie afin d’y créer des situations de déstabilisation : dynamitage et destruction de ponts, de voies ferrées, attentats dans les villages et les villes, attaques surprises dans la jungle… Toutes ces opérations ne sont pas couronnées de succès, mais là encore, elles redonnent le moral aux hommes restés en Inde ou dans la Chine de Tchang Kaï-chek. Elles permettent aussi de démontrer une certaine insécurité : les Birmans ont bien souvent accueillis les Japonais en libérateurs. Au bout de quelques mois, ils s’aperçoivent que leur condition ne s’améliore pas forcément et qu’une insécurité permanente demeure, là où les Anglais faisaient régner un certain ordre.

A la fin de l’année 1943, les choses commencent à changer : avec un commandement nouveau et soudé autour de Lord Mountbatten (oncle du duc Philippe d’Edimbourg, futur époux de la reine Elisabeth II), commandant en chef des forces alliées en Asie du Sud-est, avec l’utilisation de moyens dus à la puissance industrielle et économique des Etats-Unis comme par exemple une aviation considérable, le cours de la guerre s’inverse réellement. De plus, les Anglais reçoivent l’appui d’unités chinoises (Force X et Force Y) et de commandos de plusieurs armées alliées (australiennes, néo-zélandaises…).

Les Japonais ne restent pas sans rien faire et décident une attaque éclair sur l’Inde orientale au début de l’année 1944. Des batailles comme celles d’Imphal ou de Kohima font des milliers de victimes. A la fin de l’offensive, on relève près de 55.000 morts chez Les Japonais et environ 17.000 chez les alliés. Pour beaucoup, les soldats sont décédés de leurs blessures auxquelles se sont ajoutées les maladies tropicales.

 

L’offensive victorieuse de 1945.

 L’offensive victorieuse de 1945 vient de deux fronts : au nord, les divisions chinoises et anglo-indiennes enfoncent les lignes japonaises en quelques semaines. Au centre du pays, les troupes alliées provenant d’Inde immobilisent à Mandalay de nombreuses divisions japonaises. Ces derniers se battent avec une ardeur désespérée. Ils profitent de la situation pour détruire une grande partie des édifices religieux de la ville. Bientôt, à cours d’artillerie et de munitions, laissant des milliers de morts, ils se retirent vers l’est.

Une nouvelle fois avec l’appui de l’aviation américaine, Winston Churchill, Premier ministre britannique, ordonne à Lord Mountbatten d’envoyer des milliers de soldats à la reconquête de la capitale Rangoon. Des commandos, ceux de la Force 136 (principalement des Anglais, mais aussi plusieurs dizaines de Français), participent à cette offensive. Il s’agit d’être à Rangoon avant la mousson. Par ailleurs, le nationaliste Aung San change de camp et prend contact avec les alliés. Il s’agit maintenant de l’appuyer, après l’avoir combattu…

Au cours du mois d’avril 1945, les Japonais décident de quitter Rangoon. Il n’est que temps : les troupes alliées sont à 30 kilomètres de la ville. Le 2 mai, la mousson débute vraiment, rendant impossible toute manœuvre militaire d’importance.

Au total, plus de 144.000 Japonais trouvent la mort dans ces campagnes, soit deux fois plus que les Alliés. Ils sont enterrés dans de nombreux cimetières militaires, dont celui de Rangoon.

 

 Sources.

  •  Souvenir Français – Délégation de Chine / Asie.
  • Site web de cette délégation : www.souvenir-francais-asie.com
  • Allen, Burma : The Longuest War.
  • Bob Maloubier, L’espion aux pieds palmés, Rocher, 2013.
  • Colonel Jean Sassi, Opérations spéciales, 20 ans de guerres secrètes, Nimrod, 2009.
  • Pierre Yanic-Laquerre, La Force X, Revue 2e Guerre mondiale, oct.-nov. 2010.

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Publié le 1 Mars 2014

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux participera à la messe à la mémoire des isséens morts au combat en Algérie. Celle-ci se déroulera le samedi 22 mars 2014 ; en voici le programme :

 

  • 9h30 – Rassemblement sur le parking du CNET et départ en car.
  • 10h00 : église Saint-Bruno, 14 rue de l’Egalité – Messe du Souvenir.
  • 11h00 : cimetière communal, 57 rue de l’Egalité – Fleurissement des tombes des Morts en Algérie.

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Publié le 1 Février 2014

 

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Des éclaireurs-cyclistes se rendent sur Ypres.

 

Le 342e régiment d’infanterie, régiment de réserve du 142e RI de Lodève-Mende, a été crée à la mobilisation, le 2 août 1914. Il est alors composé de 2186 hommes qui quittent Mende (Lozère), le 10 août 1914 sous les ordres du lieutenant-colonel Heliot, « un vieil et rude africain ». Le régiment est composé de deux bataillons : le 5e commandé par le chef de bataillon Julien qui encadre quatre compagnies (capitaines Danton, Boge, Saget, Balesta) et le 6e avec à sa tête, le chef de bataillon Bernard qui encadre aussi quatre compagnies (capitaines Petitjean, Devaux, Chourreu et Taffin). Les hommes viennent de la Lozère, de l'Aveyron, de l'Hérault, de l'Aude, des Pyrénées-Orientales. Un noyau important d'Auvergnats de Paris apporte, au milieu du patois méridional, un accent faubourien qui sait blaguer aux heures difficiles.

 

La bataille d’Ypres

 

Le 19 août, c’est le baptême du feu en lisière sud du bois de Mulwald pour couvrir Angviller (Moselle). Le 26 août, le 342e se distingue à La Mortagne (Meurthe-et-Moselle). Les compagnies Danton et Saget subissent leurs premières pertes. La campagne de Lorraine terminée, le 342e rejoint Saint-Mihiel (Meuse) puis Manoncourt (Meurthe-et-Moselle) sous une pluie battante et une marche épuisante. Le 24 septembre, elle perd son premier officier, le sous-lieutenant Lasvignes de la 24e Cie.

Le secteur s'organise, les tranchées se creusent, des réseaux barbelés sont posés, les attaques deviennent vaines sans une préparation d'artillerie encore impossible à réaliser. Les escarmouches sont quotidiennes et le 342e tient bon la place quand, fin octobre, il est envoyé à Ypres (Belgique). Le 5e bataillon (Julien) est placé, le 1er novembre au matin, sous les ordres du chef de corps du 143e R. I. et va renforcer ce régiment, au nord de Wyschaête (Belgique), sur la route de St-Éloi. La 18e Cie (Boge) est au sud, les 17e (Danton) et 20e (Balesta), au centre, la 19e (lieutenant Pic), au nord, tout le bataillon est face à l'est sur deux lignes et l'on s'efforce de faire le plus de volume possible.

Le capitaine Balesta est tué le soir du 1er novembre. Le capitaine Boge et le sous-lieutenant Surbézi (20e Cie) le 2 novembre, le commandant Julien et le lieutenant Ribes (17e Cie) sont grièvement blessés ce même jour. Les pertes sont importantes. Les combats violents se poursuivent Le lieutenant téléphoniste Teisserenc essaie de les contenir ; il est tué presque aussitôt et la poussée est si forte, que le 342e est contraint à céder un peu de terrain. A la 22e compagnie, le capitaine Devaux et le lieutenant Geoffroy sont tués, les lieutenants Palanca et Cayrel sont très grièvement blessés ; à la 23e compagnie, le seul officier présent, le sous-lieutenant Gleyses, est grièvement blessé à la tête ; les mitrailleurs perdent leur chef, le sous-lieutenant Justafré, tué en tête de sa section. Au soir du 3 novembre, le bataillon Bernard ne compte plus que deux officiers valides : le sous-lieutenant Darnaudy de la 24e compagnie et le lieutenant Rigal qui prend le commandement du 6e bataillon où une compagnie reste encore sous le commandement d'un adjudant, car il n'y a pas assez d'officiers…

 

Noël 1914 en Belgique

Après cette hécatombe, le 342e est relevé par des Anglais pendant trois jours avant de repartir au combat. Il est renforcé par près de 300 hommes. Le 9 décembre, les hommes abandonnent les tranchées de Saint-Eloi et les cantonnements de Dickebusch, pour la Clytte et le secteur de la ferme de Hollande devant Groote-Vierstraat.

Noël 1914 se passe à la Clytte en joyeuses fraternisations avec Anglais et Belges, puis le 342e occupe de nouveau Saint-Éloi. Le 28 décembre, le régiment de réserve prend enfin le secteur de Laukof, au nord du canal d'Ypres à Commines. Là, les tranchées sont par endroits à quinze mètres de celles de l'ennemi. Tout le mois de janvier 1915, les compagnies passent à tour de rôle, 36 heures consécutives dans les tranchées, en première ligne.

Le 31 janvier, une attaque allemande à la grenade s’empare d’une tranchée française. Pour la reprendre, le 6e bataillon (capitaine Laliron) perd 143 hommes, dont deux officiers. En février, le 342e RI quitte avec amertume les zones de combats où il a connu de terribles souffrance malgré le renfort, entre novembre 1914 à février 1915, de 1.867 hommes venus d’autres régiments.

 

Bataille de la Champagne

Le 342e RI est transféré sur le front de Champagne. Le 19 mars, seulement une demi-heure après avoir relevé le 96e RI, les hommes du LCL Heliot essuient un violent bombardement et une fulgurante attaque de l’infanterie ennemie. Le régiment qui riposte vaillamment perd 176 hommes ainsi que 122 blessés et une centaine de disparus. Parmi les premiers tués : le capitaine Laliron commandant le 6e bataillon et ses quatre commandants de compagnie : le capitaine Combet, le lieutenant Rigal, le capitaine Garnier et le lieutenant Guiraud. Un sixième officier grièvement blessé tombe aux mains de l'ennemi : le sous-lieutenant Daubiné (21e Cie) qui rentrera plus tard d'Allemagne les deux jambes coupées. Cette même journée, dans une escarmouche proche de la Ferme de Beauséjour, le chef de corps du 342e RI, le LCL Héliot est grièvement blessé et trois de ses officiers du 5e bataillon sont tués : le capitaine Jacoby (19e Cie), le lieutenant Ribes et le sous-lieutenant Le Garrec (20e Cie).

C’est le capitaine Danton qui vient prendre le commandement du régiment et le conduit le 23 mars à Somme-Bionne où arrivent un nouveau chef de corps, le Lieutenant-colonel Blavier, les officiers et gradés du 107e bataillon de marche, en tout 462 hommes en divers renforts. Installé à l’ouest de Perthes-les-Hurlus en avril 1915, le régiment doit affronter la terrible guerre des mines et celle des créneaux où les tireurs d'élite font merveille ; ce sont les meurtrières fléchettes, les bombes de tout calibre que l'on s'envoie de tranchée à tranchée et qui, par leur harcèlement continu, ralentissent les travaux. Les cinq mois à Perthes-les-Hurlus se passent en luttes incessantes ; « on se grignote » de tranchées en tranchées pour gagner 10 mètres, en reperdre 15 puis en reprendre 20…

Pendant cette période (avril à août 1915) le 342e reçoit le renfort de 817 hommes. A la fin août, le Régiment est à Rapsécourt (Marne), puis à Chaudefontaine, d'où il va travailler vers Berzieux et Ville-sur-Tourbe (Marne) en vue de l'offensive d'automne. Il est, à de rares exceptions, laissé en réserve de la 32e division même si la 18e compagnie (Gely) est éprouvée le 28 septembre à la Main de Massiges. Le 28 octobre, le 342e occupe un secteur sur les pentes ouest de la Butte de Tahure (1). Le 5e bataillon (Beaudesson) repousse les vagues d'assauts ennemies ; les mitrailleuses des sections Boulard et Jourda font merveille aux deux extrémités de ce bataillon. Le 30 octobre, malgré les efforts du 6e bataillon (Rochard), l’ennemi parvient à prendre la Butte de Tahure, descendant dans le dos des 22e et 23e Cie. Le commandant Beaudesson qui arrive pour renforcer la résistance est tué à l’ennemi. Plus de 120 soldats du 342e RI perdent la vie dans cette bataille (2).

 

Bataille de Verdun

Epuisé par les fatigues de la Bataille de Champagne, le régiment retourne à l’arrière prendre un repos mérité. Le 28 novembre, il revient à Hautvillers, près d'Épernay et achève de se reconstituer. En janvier 1916, le 342e, commandé par le lieutenant-colonel Blavier, a ses cadres au complet : le chef de bataillon Pauly commande le 5e bataillon formé des compagnies : Maurandy, Bernard, de La Brosse et Pic ; au 6e, il y a le chef de bataillon Saunier et les compagnies Lapeyre, Durand, Pillieux et Ménigoz ; les mitrailleurs ont le capitaine Lapisse. Fin Janvier 1916, il prend le secteur assez calme de Soissons où il ne rencontre aucune difficulté majeure. Relevé à la mi-février par le 80e RI, le 342e va stationner à Fismes près de Verdun car la grande bataille est déclenchée. C’est en août 1916 que le 342e régiment d’infanterie connaît son heure de gloire. Le 16 août, il relève le 4e régiment mixte Zouaves et Tirailleurs.

Le 23 août 1916, le bataillon Pauly est chargé de conquérir la fameuse crête Fleury-Thiaumont, particulièrement importante à posséder pour cacher à l'ennemi le ravin des Vignes d'où partira plus tard l'attaque qui délivrera Douaumont. Durant quatre heures, l’artillerie fait excellente besogne ; les obus de 155mm, s’abattent drus sur les positions allemandes. A 17 h. 30, les lieutenants Chaumont, Mouzon et Broussaud s'élancent avec la première vague d'assaut de leurs compagnies respectives ; tout le reste du bataillon les suit en deux autres vagues.

Les hommes, enthousiasmés par la belle préparation d'artillerie, y vont de tout leur cœur. Les combats font rage pendant plusieurs jours avec quelques périodes d’accalmie. Les deux chefs de bataillon Pauly et Saunier sont tués au combat.

 

Argonne et Côte 304

 

Le 31 août au soir, le 342e est relevé et s'embarque le lendemain à Lempire (Aisne) pour Foucaucourt (Somme) où il jouit d'un repos bien gagné. Le 8 septembre, le Lieutenant-colonel Blavier, les deux chefs de bataillon tués, les capitaines du 5e bataillon et quelques militaires sont cités à l'ordre de la 2e Armée par le Général Nivelle.

Après avoir participé à la bataille en Argonne (automne 1916), le 342e revient, le 12 janvier 1917, à Foucaucourt où la température descend à vingt degrés en dessous de zéro. Dans la nuit du 21 au 22 janvier, le bataillon Thiébaud, renforcé des mitrailleurs du 6e bataillon et de la 22e compagnie, prend le secteur de la côte 304. Le 25 janvier 1917, après une très violente préparation d'artillerie et de torpilles, les Allemands réussirent à s'emparer de la première ligne tenue par le 5e bataillon sur le sommet de la côte 304. Les fantassins français ont épuisé sans résultat apparent leurs moyens de liaison avec l'arrière, du reste le 6e bataillon alerté a des éléments jusqu'à Jouy-en-Argonne et ne peut arriver qu'à la fin de l'action. Tout est emporté par l'ennemi entre 15 et 16 heures, seuls surnagent le poste de commandement du bataillon et une section de mitrailleurs du capitaine Lapisse. Le 28 janvier à 14 heures, deux bataillons essayent sans succès de reconquérir le sommet de la côte 304. Le 16 février, le 6e bataillon (capitaine de la Brosse) prend de nouveau le secteur 304 et, jusqu'au 13 mars, les deux bataillons (5e et 6e) alternent entres les premières lignes et Jouy-en-Argonne, tandis que tous les mitrailleurs restent en ligne. Durant un mois, les positions s'organisent malgré la neige, la pluie et la boue. Le 8 mars, le 5e bataillon est mis au repos à Nixéville (Meuse). Le 13 mars, c’est au tour du 6e bataillon de rejoindre l’arrière à Osches (Meuse).

Un temps affecté (avril) dans le secteur du Bec entre la côte 304 et le Mort-Homme, le 342e RI est relevé le 10 mai 1917 et mis au repos aux camps du Deffoy et des Clairs-Chênes ; le 11 mai, il cantonne à Jubécourt et Brocourt.

 

La dissolution : mai 1917

La réorganisation de l'armée française après l'offensive du 16 avril 1917 réduit à trois régiments toutes les divisions. Le 342e doit donc quitter ses camarades de combat de la 32e division : le 15e d'Albi, le 80e de Narbonne et le 143e de Castelnaudary. Le Colonel Bertrand qui commande, depuis janvier 1916, la 63e brigade, où il a remplacé le général de Voillemont, vient faire ses adieux au régiment et rend hommage à sa « fermeté dans l'accomplissement du sacrifice » (Ordre n° 257). Le régiment est dissous le 12 mai 1917. Ce même jour, les bataillons s'embarquent à Lemmes pour la Ve Armée, où ils sont affectés au 35e R.I. de Belfort (Bataillon Thiébaud) et au 60e R.I. de Besançon (Bataillon Jusselain).

Le 342e RI a payé un lourd tribut en moins de trois ans : sur les 2186 hommes qui sont partis le 10 août 1914, seuls un peu plus de la moitié sont encore vivants le 12 mai 1917. Le 342e a perdu 976 hommes de troupe en 33 mois (sans compter les officiers).

 

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La butte de Tahure.

 

1 Le village de Tahure comptait 185 habitants en 1911. Pendant la Première Guerre mondiale, le village fut anéanti. Il ne s'est plus jamais relevé.

2 La Butte de Tahure n’est reconquise que le 20 septembre 1918, par des régiments de la 14e Division, composée pour une bonne part de vieux soldats du 342e qui ainsi vengèrent leurs malheureux camarades.

 

 Cet article a été écrit par le LTN (r) C. Soulard, pour le Bulletin de Liaison n°148 de l’association des réservistes de l’infanterie, ANORI (Sources : historique du 342e RI).

 

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