Publié le 28 Mars 2020

Pierre Ramboz de Vanves, et le commando Jaubert.

Sur la plaque commémorative de l’église Saint-Rémy de Vanves figure le nom de Pierre Ramboz, Mort pour la France en Indochine.

Pierre Ramboz était né le 23 novembre 1922 à Clamart. Enseigne de vaisseau 1ère classe (équivalent de lieutenant dans l’armée de Terre), il est tué 2 septembre 1948 dans une attaque sur l’île de Phu-Quoc, à la frontière des actuels Cambodge et Viet-Nam. Pierre Ramboz était un officier du commando Jaubert.

 

Le commando Jaubert.

En décembre 1944 à Toulon est créée une compagnie de reconnaissance qui participe au désengagement de la frontière franco-italienne entre Nice et Vintimille avant d’être engagée en octobre 1945 en Indochine au sein de la Brigade marine d’Extrême Orient puis au sein de la flottille fluviale du Tonkin. Elle porte le nom de compagnie Merlet, du nom de son chef. Cette compagnie opère aux côtés des hommes du SASB du capitaine de corvette Ponchardier.

Le 29 janvier 1945, à la mort du capitaine de frégate François Jaubert, commandant la flottille fluviale des troupes françaises d’Extrême-Orient, mortellement blessé quatre jours plus tôt au cours d’une opération près du village de Tan Huyen en Indochine, la compagnie Merlet est rebaptisée compagnie Jaubert. A sa tête seront tués l’enseigne de vaisseau de Montfort, en 1946, et le lieutenant de vaisseau Saint John de Crèvecoeur en 1947.

La compagnie devient « commando » Jaubert le 1er janvier 1948. Il est rattaché à la division navale d’Extrême-Orient. Le commando Jaubert sera la dernière unité française à quitter le sol indochinois en 1956.

Durant ces années, 59 hommes de la compagnie Merlet, de la compagnie Jaubert et du commando Jaubert perdront la vie en Indochine dont deux de ses commandants.

Le commando est ensuite engagé en Algérie au sein de la demi brigade de fusiliers marins pour des missions de maintien de l’ordre, puis au groupement des commandos marine pour des missions de contre guérilla dans l’Atlas saharien. Le 26 octobre 1960, son commandant, le lieutenant de vaisseau Scheidhauer, est tué en montant à l’assaut d’une katiba dans le djebel Ben Lerfhad.

Après le cessez-le-feu et l’indépendance de l’Algérie, Jaubert s’établit en 1962 à St Mandrier avant de s’installer à Lorient à la fin 1969. 10 hommes du commando Jaubert sont tombés au champ d’honneur en Algérie.

Le commando Jaubert continue à participer à de nombreuses opérations dont les principales sont les suivantes : Somalie et Liban en 1985, l’évacuation des ressortissants français au Yémen en 1986, les Comores en 1989, 1993 puis 1995, l’ex-Yougoslavie dès 1996, l’Albanie en 1997, la Guinée-Bissau et le Congo en 1998.

Après le 11 septembre 2001, le commando Jaubert participe à la lutte antiterroriste en Afghanistan et en Océan Indien. En 2004, il est engagé en Haïti.

Ces dernières années sont marquées par l’engagement croissant du commando dans les opérations du commandement des opérations spéciales, mais également dans des opérations maritimes.

Le commando Jaubert est titulaire des sept citations à l’ordre de l’Armée de mer.

Son fanion porte les fourragères de la légion d’honneur, de la médaille militaire et de la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs.

 

Sources :

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorial GenWeb : fiche individuelle de Pierre Ramboz.
  • Site de la Marine nationale.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 22 Mars 2020

Les usines Gévelot à Issy.

Joseph Marin Gévelot [1786-1843] développe au début du 19e siècle, une activité de fabrication d'armes blanches et d'équipements militaires à Paris. En 1816, il est installé "Fourbisseur", puis "Armurier, Arquebusier, Fourbisseur et Ceinturonnier" à Paris. En 1820, Gévelot produit en série des amorces pour armes de chasse et pistolets. Trois années plus tard, il dépose le brevet d'invention de l'amorce au fulminate de mercure, rendant ainsi plus sûr le procédé de Jean Samuel Pauly, qu'avait refusé Napoléon 1er en 1813.

En 1826, Joseph Gévelot rachète le matériel de la fabrique d'amorces Leroy, après le décès du fils de M. Daguerre Leroy. Il construit alors une nouvelle usine aux Moulineaux. À partir de là, il développe son activité, notamment en rachetant ses concurrents, en fédérant les fabricants d'armes et en rationalisant la production. Son attention portée à la sécurité le met à l’abri des nombreux accidents dont sont victimes les autres fabricants. La manipulation du fulminate de mercure est effectivement très dangereuse et a rendu sourd et aveugle, quand elle ne les a pas tués, de nombreux fabricants.

En 1839, Joseph Marin Gévelot est considéré comme « le plus habile de nos fabricant », chef de file de la profession qui exporte la moitié de la production française d'amorces. Il est même consulté en tant qu'expert par le conseil de salubrité pour définir les règles de préventions. Il utilise alors les méthodes de production les plus modernes, comme la machine à vapeur, alors que ses concurrents (comme Gaupillat) en sont encore aux manèges à chevaux. Avec Gaupillat, il assurera la suprématie Française en matière d'amorce, jusque dans les années 1860, avant d'être imité par les Belges, les Allemands et les Anglais. Bientôt, il étend sa production aux cartouches pour devenir une référence copiée dans le monde entier.

Joseph Marin Gévelot décède en 1843, laissant sa veuve Joséphine et son fils Jules Gévelot qui n'a alors que 18 ans, le soin de développer l'entreprise. Après quelques déménagements, l’entreprise commence à se développer, pour atteindre les 500 salariés en 1867. Les boîtes de cartouches vertes, avec un « G », deviennent célèbrent dans le monde entier.

 

En 1884, Jules Gévelot s'associe avec Victor Gaupillat qui possède également une société de cartouche pour créer la S.F.M. (Société Française des Munitions de chasse, de Tir et de Guerre) qui développe la fabrication des amorces, des cartouches de chasse et des munitions de guerre. C'est l'époque des cartouches Gévelot-Gaupillat, avec 2 G entrelacés (à partir de 1891).

En 1898, la production occupe alors 50 bâtiments répartis sur 7 hectares, sur le site d’Issy-les-Moulineaux. L'exportation représente 50 %. L'entreprise se dote alors d’ouvrages de prestige, dont un grand portail. Pour son personnel, elle fait construire une nouvelle « cité Gévelot », qui remplace celle construite en 1858 qui possédait des bâtiments d'aisance en forme de tour à chapeau pointu.

Jean Gaupillat, petit-fils de Victor, crée en 1928 la « Société Étampage de Précision Gaupillat», dont l’objet est le matriçage et l’usinage de métaux non ferreux. Jules Gévelot décède en 1904. Sa veuve, Emma, assure la présidence de l'entreprise pendant 23 ans. À son décès, Lucien Biennaimé, alors Directeur général, devient président. Quelques années plus tard, Robert Bienaimé s'associe à René Moineau pour créer PCM Pompes, qui deviendra l'un des principaux fabricants mondiaux de pompes volumétriques. En 1935, à la mort de Jean Gaupillat, qui se tue au Grand Prix Automobile de Dieppe, la S.F.M. intégrera les deux sociétés Gaupillat.

En 1938, pressentant la Seconde Guerre mondiale, la société envisage d'éloigner de l'agglomération parisienne la production de cartouches et construit à Laval une usine susceptible de servir de repli. Finalement, la guerre se déclenche avant que le transfert n'ait lieu. Après la guerre, le contexte ayant changé, le transfert ne se fera jamais.

En plein apogée de 1920 à 1955, ses effectifs se multiplient par six et atteignent les 3 000 employés. En 1950, la S.F.M. prend le nom de Gévelot. La notoriété de la marque Gévelot est telle qu'elle devient emblématiques du monde de la chasse et perdure encore actuellement.

En 1973, un incendie éclate dans l'usine d'Issy-les-Moulineaux. Il s'agit du plus important incendie qu'ait connu Paris en temps de paix, qui détruira la moitié des bâtiments. Le gouvernement tirera les enseignements de cette journée noire du en fondant les bases du Plan rouge. Cet épisode ainsi que l'évolution du marché marque la fin de la production de cartouche pour Gévelot qui cessera définitivement 10 ans plus tard, clôturant 150 ans d'histoire des cartouches. Il ne reste aujourd’hui que l'ancien portail monumental.

Vingt ans auparavant, l'entreprise commence à développer des activités de mécanique de précision. En 1955, dans les établissements de la « Société Étampage de Précision Gaupillat» à Meudon, elle lance de nouvelles fabrications : accessoires de cycles (pompes), articles en fil de fer et tubes, meubles et présentoirs de magasins… et des pièces en laiton. Deux années plus tard, Gévelot rachète la société Gurtner créée 50 ans plus tôt par Jules Gurtner à Pontarlier, spécialisée dans la fabrication de carburateurs. À Laval, elle lance une activité d'extrusion à froid des métaux. En 1960, la partie « extrusion » devient le secteur dominant de l’entreprise. Gévelot devient alors un groupe et crée une filiale Gévelot Extrusion.

En 1962, le site de Laval commence la production de pistons de frein, pièces forgées à froid pour l'automobile. Elle développe au fil des années de nombreuses références : pignons de boîte de vitesses, noix de transmission et tripodes, manchons antivol, croisillons, pistons de frein, fusées de roue...

En 2017, la branche extrusion est reprise par le groupe Walor.

 

 

Sources :

  • Site de la mairie d’Issy-les-Moulineaux
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site internet de l’Association Historim.
  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy – Vanves.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 14 Mars 2020

Rue d’Isly, 26 mars 1962, 14 h 50 : devant la poste, les Algérois se jettent à terre pour échapper aux tirs.

Rue d’Isly, 26 mars 1962, 14 h 50 : devant la poste, les Algérois se jettent à terre pour échapper aux tirs.

Situation en Algérie en mars 1962.

 

Nous sommes le 18 mars 1962. Le général de Gaulle, Président de la République, vient d’annoncer les Accords d’Evian. Voilà des mois qu’il a tranché. Cette guerre ne peut être gagnée politiquement, même si l’armée française a réussi sur le terrain. Le lendemain, 19 mars, aura lieu le cessez-le-feu dans cette Algérie qui est encore française pour quelques semaines.

 

En face, il y a les Pieds-Noirs – Européens installés depuis, parfois, des générations sur le sol algérien – et ceux qui sont prêts à tout, y compris à régler cela dans le sang, pour que les départements français d’Algérie ne changent pas. C’est l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) dirigée par le général Salan, qui bénéficie d’un grand prestige dans les rangs de l’armée et de la population européenne. Ce dernier lance un appel aux combattants de son organisation : « harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d’Algérie ». Il s’agit pour l’OAS, et ses partisans, de provoquer un soulèvement contre l’armée française et les Algériens du FLN (Front de Libération National).

 

A Alger, des partisans se barricadent dans le quartier de Bab El Oued. Des unités de l’armée française viennent au contact et décident d’interdire l’entrée du quartier aux Européens qui veulent soutenir l’OAS. Cette unité est le 45e régiment de tirailleurs, composé de militaires d’expérience mais aussi de jeunes recrues.

 

La manifestation.

 

Le 23 mars, six jeunes soldats – ils sont des appelés du contingent – sont pris pour cible par des partisans de l’OAS et abattus. Les soldats qui entourent Bab El Oued décident de passer à l’action. Les combats font une quinzaine de victimes. Mais pour contrecarrer le plan de l’armée, l’OAS lance un appel à la grève et demande aux Européens de venir les secourir. Une manifestation est montée le 26 mars, alors que tout rassemblement a été interdit par le préfet, Vitalis Cros.

 

Plusieurs milliers de personnes convergent donc pour aider les partisans de l’OAS. Parmi ces manifestants, il y a des familles entières, avec femmes et enfants.

 

Tout à coup, une rafale d’arme automatique est lâchée. Plusieurs hypothèses – excuses ou explications – sont données : l’OAS a tiré sur les soldats alors que les manifestants approchaient. D’autres versions contredisent cela. Un ordre d’ouverture du feu a-t-il été donné ? Trop tard… Les soldats du 4e RT, qui ont plus l’habitude de traquer les fellaghas dans le djebel que de faire face à des manifestants, n’écoutent pas les ordres de leurs supérieurs qui appellent à cesser le feu.

 

Le drame se noue en quelques minutes. Le bilan officiel est de 46 morts et de 150 blessés. Bilan jamais validé par d’autres sources qui, elles, parlent de 80 morts.

 

Au soir de cette tuerie, le général de Gaulle prend une nouvelle fois la parole. Il n’a pas un mot pour ce qui s’est passé dans la journée à Alger. Il parle au nom de la Nation et de ses intérêts supérieurs. Il appelle les Français à ratifier les Accords d’Alger. Cette guerre politiquement ne peut être gagnée. Mais tous les Français n’ont pas le droit de voter : un décret du 20 mars 1962 empêche ceux des départements d’Algérie de participer à ce référendum.

 

Que faire ? Lâchés par l’armée, voyant que l’OAS ne peut défendre l’Algérie française, malmenés par les Algériens, des dizaines de milliers de Pieds-Noirs décident de s’exiler en métropole. C’est « la valise ou le cercueil » !

 

Quant aux victimes ? Les familles n’ont jamais eu le droit de récupérer les corps, beaucoup ayant été clandestinement enterrés au cimetière Saint-Eugène, aujourd’hui cimetière Bologhine, dans le nord d’Alger.

 

Pour l’historien Benjamin Stora : « le silence fait sur ce massacre est un des exemples les plus marquants de la censure pratiquée pendant la guerre d’Algérie : comme pour beaucoup d’événements, le gouvernement français n’a jamais reconnu sa responsabilité ».

 

 

 

 

Sources :

 

  • Crédit photographique : Paris Match.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Jean Monneret, Une ténébreuse affaire : la fusillade du 26 mars 1962, Offset, 2007.
  • Benjamin Stora : Les guerres sans fin, un historien entre la France et l'Algérie, Paris, Stock, 2008 ; Les immigrés algériens en France : une histoire politique, 1912-1962, Hachette Littératures, 2009 ; Le mystère De Gaulle : son choix pour l'Algérie, Robert Laffont, 2009.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 23 Février 2020

Lieutenant Blanc – 5 – Promotion parachutistes classe 1951.

Discours du chef de bataillon Stevenin, commandant l’Unité cadres 563/1.

 

  • « Parachutistes de la classe 1951, quel est le nom de Baptême que vous avez choisi pour votre promotion ?
  • Promotion du Lieutenant Paul Blanc, mon commandant.
  • Votre choix montre que vous voulez tous suivre l’exemple d’un Brave.

 

Né le 25 septembre 1921, Paul Blanc a 19 ans en 1940. Il est à Tlemcen. Les événements malheureux de juin 1940 l’ont impressionné vivement. Il se prépare à laver l’injure faire à la France. En 1942, il s’engage. En 1943, il est nommé sous-lieutenant de Réserve. En 1944, il fait campagne en Italie. Blessé, il est fait prisonnier à San Casciano. Il est interné en Allemagne, d’où, après trois tentatives d’évasion il réussit à gagner la Slovaquie. Il rentre en France en juin 1945 pour être affecté au 1er RCP. En décembre 1945, il est promu lieutenant d’Activité. En janvier 1947 il part pour l’Indochine où, dès février, il entre en campagne avec la ½ brigade de marche parachutiste. De février à novembre 1947, il est parachuté trois fois. Le 7 avril 1948, il est tué par balle en entraînant ses parachutistes à l’attaque.

 

Il est titulaire de : la Croix de Guerre 39-45 ; la Médaille des Evadés ; la Croix de Guerre des T.O.E. ; la Médaille Coloniale avec agrafe « Extrême-Orient ».

 

Il a mérité deux citations à l’Ordre de l’Armée et deux citations à l’Ordre du Corps d’Armée.

 

Le 7 juillet 1948, il est fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume avec la citation suivante : « Paul Blanc, lieutenant 1er RCP – Officier d’élite d’un courage et d’une audace jamais démentie. Commandant en second d’une compagnie de parachutistes, a brillamment participé aux opérations aéroportées et terrestres de son unité depuis le 12/2/47 où il s’est révélé un véritable entraîneur d’hommes. Au cours de l’opération parachutée de Cu Van (Tonkin) s’est particulièrement distingué aux combats de Quanc Vihn le 27 novembre 1947, de Phang Me le 1er décembre et de Cu Van les 4 et 10 décembre en abattant de nombreux rebelles, récupérant des armes et détruisant trois dépôts très importants de grenades. S’est à nouveau distingué dans le Secteur N.E. en menant une lutte sans merci aux rebelles. Le 4 mars 1948 étant tombé dans une forte embuscade a magnifiquement entraîné sa troupe à l’attaque d’une formation adverse forte de 400 hommes, malgré un tir très violent d’armes automatiques et de mortiers, lui causant des pertes sévères et récupérant armes et munitions. A trouvé une mort glorieuse à la tête de ses hommes le 7 avril 1948 au cours de la réduction d’une embuscade sur la route de Cao Bang à Lang Son (Tonkin). Laisse à tous le souvenir d’un chef remarquable et téméraire, animé au plus haut point du sentiment du devoir et de l’esprit de sacrifice.

 

Jeunes parachutistes de Moselle, votre promotion portera désormais le nom de Lieutenant Blanc. A Madame Blanc, je donne l’assurance que vous garderez en vos cœurs le souvenir d’un Brave parachutiste que fut son mari, et que s’il le fallait un jour, vous suivrez son exemple.

 

Metz, le 22 mai 1950. »

 

 

 

 

Sources :

Archives familiales.

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Publié le 21 Février 2020

Lieutenant Blanc – 4 – Citations.

Citation du 4 avril 1947 à l’Ordre du corps d’armée, par le général de Perier :

 

« Blanc Paul – Lieutenant 1ère compagnie – Demi-brigade de Marche Parachutiste.

Lieutenant adjoint au Commandant de Compagnie, a participé brillamment à toutes les opérations de son unité, en Cochinchine et au Tonkin. Au cours de l’opération parachutée de Hoa Binh le 15 avril 1947 s’est fait une fois de plus remarqué par sa fougue et son audace. Le 18 avril 1947 à Cho Bo, le Commandant de Compagnie venant d’être blessé et évacué a pris le Commandement dans un moment difficile et conduit la Compagnie dans un élan magnifique à l’assaut de ses objectifs malgré une résistance acharnée des rebelles. Le 21 avril s’est emparé de Su Yut malgré une vive opposition. A infligé des pertes sensibles à l’adversaire.

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre 1939-1945 avec étoile de vermeil. »

 

Citation du 31 mai 1947 à l’Ordre de la Division – O.G. n° 236 en date du 31 mai 1947, par le général commandant les T.F.I.N. (Troupes Françaises d’Indochine du Nord) :

 

« Blanc Paul – Lieutenant 1/1er RCP.

Officier d’un allant exceptionnel, plein de courage et d’ardeur au combat. Le 23 mars 1947, au cours de l’investissement de Phu Ly (Tonkin) commandant un détachement de deux sections de F.M., a bousculé les résistances adverses, tuant de nombreux réguliers et capturant un lot important de grenades et de munitions. Le 28 mars 1947, à l’attaque de Van Dinh, a anéanti une bande, faisant 8 prisonniers, capturant 8 fusils et un stock important de munitions.

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre des T.O.E. avec étoile d’argent. »

 

Citation du 11 septembre 1947, par le général Salan, commandant T.F.I.N. :

 

Le texte est identique mais le général Salan ajoute les étoiles d’argent sur la Croix de Guerre 1393-1945.

 

Citation à l’Ordre de l’Armée, JO du 1er avril 1948 – Décision du 23 mars 1948.

 

Blanc, Paul – Lieutenant 1/1er RCP

« Officier adjoint au Commandant de Cie a toujours fait preuve du plus grand sang-froid et d’un courage exemplaire.

S’est particulièrement distingué les 9 et 15 octobre 1947 au cours de l’opération parachutée de Cao Bang (Tonkin).

Le 9 octobre, la Cie ayant pour mission de s’emparer de deux ponts de Cao Bang intacts, a regroupé les sections du 1er pont et s’est emparé de cet ouvrage en quelques minutes. Continuant sa marche à travers la ville malgré la vive réaction adverse, s’est emparé du 2e pont sous un feu violent de deux mitrailleuses V.M., réussissant ainsi dans un temps record à assurer avec plein succès la réussite de l’opération.

Le 15 octobre, la Cie ayant pour mission de nettoyer la route de Tra Linh et d’occuper le croisement des routes de Tra Linh et de Thung Khanh Phu, a progressé en personne avec la section en tête, donnant des ordres judicieux et des renseignements précis sur la situation. Grâce à son action personnelle, a permis à son unité de s’emparer du Col et du carrefour malgré une défense acharnée de l’adversaire remarquablement retranché.

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre des TOE avec palme ».

 

Au total le lieutenant Blanc sera honoré de six citations.

 

Sources :

Archives familiales.

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Publié le 20 Février 2020

Lieutenant Blanc – 3 – La mort, par le lieutenant Forhan.

Le 2 mai 1948, depuis Cao Bang (Tonkin), le lieutenant Forhan du 1er RCP (régiment de chasseurs parachutistes) dont, faut-il le rappeler, la devise est : Vaincre ou mourir, écrit cette lettre à l’attention d’Henri de Dessauger, chef de bataillon dans l’arme du génie et qui était le beau-père du lieutenant Paul Blanc. Paul Blanc savait de qui tenir puisque son beau-père avait été maintes fois cité et décoré, au cours des deux guerres mondiales.

 

« Mon commandant,

 

Je viens de recevoir votre télégramme et je vous ai confirmé la triste nouvelle par la même voie.

Je comptais écrire à votre fille, n’ayant votre adresse ni votre nom qu’un mois après le décès, c’est-à-dire le 7 mai.

BLANC est mort dans mes bras le 7 avril vers 16h30 sans souffrir, le sourire aux lèvres, allant au secours de blessés, il fut atteint d’une seule balle (sniper) qui le prit du côté droit de la cage thoracique (à la hauteur du sein) pour le transpercer de part en part venant sortir à gauche à la hauteur de la ceinture, 5 secondes après il était mort.

J’aimerais pouvoir vous dépeindre la sérénité qui illuminait son visage. Cette conscience qu’il a dû avoir au dernier moment, d’avoir fait son devoir jusqu’au bout. La veille, il avait communié, 5 minutes avant sur la route balayée par quelques rafales, nous avions ri ensemble, il me disait « c’est au poil ». Le convoi que nous protégions étant passé sans casse.

Je ne puis vous exprimer, mon commandant, toute la peine que j’ai, que nous avons tous.

BLANC reste pour moi, le seul ami que j’ai jamais eu, je le pleure comme un Frère. Pour moi qui suis croyant, je suis certain que de l’autre côté il est là, nous attendant, souriant de ce sourire mi-moqueur, mi-affectueux.

Ici à Cao-Bang, il avait conquis tout le monde, tous les Officiers, de quel corps que ce soit, le connaissaient et l’estimaient. Sa droiture, et son Honnêteté, son Courage, l’avaient placé à notre tête. Son enterrement fut magnifique, tous les Corps étaient représentés, musique de la Légion, Colonels. Lui qui était sensible à ces marques extérieures… Nous avons pris des photos que je vous ferai parvenir.

BLANC devait comme moi rentrer en France en juillet prochain. Je garde ses affaires personnelles que je vous ferai parvenir dès mon retour, la voie « réglementaire » étant très longue et peu sûre.

D’autre part, le chef de bataillon va faire parvenir à votre fille le montant de deux mois de solde que BLANC n’avait pas encore perçu.

Voici, mon commandant, tout ce que je sais de la fin de sa fin. BLANC est mort en soldat, la seule mort qu’il jugeait digne de lui. Pour moi, il est toujours là. Si notre douleur peut un peu atténuer celle de votre fille, dites-lui que nous le pleurons tous.

Je reste à votre disposition pour tout ce que vous jugeriez utile de faire à ce sujet.

Recevez, mon commandant, tous mes respects.

 

Lt FORHAN S.P. 64.425

3e Cie – T.O.E.”

 

Sources :

Archives familiales.

 

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Publié le 18 Février 2020

Lieutenant Blanc – 2 – La grande évasion.

Dans un récit de sa main, le lieutenant Paul Blanc a raconté sa blessure en Italie, sa capture, son statut de prisonnier et son évasion. Voici le texte (extraits) :

 

« Je suis blessé et capturé le 26 juillet 1944 à San Casciano en Italie : une balle dans la jambe gauche, un éclat de grenade à la jambe droite et des plaies à la suite d’une chute. Pendant 8 jours, je subis des interrogatoires en continu, sur l’arme parachutiste. J’ai droit au cachot, ayant refusé de répondre. On m’a laissé mon premier pansement et j’ai les plaies aux jambes et au bras droit infectées.

Début Août 1944 : ébauche d’une évasion, malgré les blessures, du PC de la division de parachutistes allemands où j’étais gardé. Mais je suis arrêté au moment où elle allait être découverte. Je suis transféré en Allemagne dans un Oflag d’officiers alliés à l’intérieur du Stalag VII, à Moosburg, au nord de Munich.

 

En septembre 1944, à 9 h du matin, je fais partie d’une sortie de 50 officiers alliés. Nous marchons, en rangs, encadrés par des gardiens armés en tête et en queue. En arrivant sur le pont de l’Amper, je saute le parapet et je me cache sous le pont. Je rampe pendant 4 kilomètres et je me cache au bord d’une rivière en attendant la nuit. Il y a trop de paysans, je suis en uniforme et je ne sais pas parler l’allemand. De plus, je suis pisté et rapidement récupéré par une patrouille allemande accompagnée de chiens. L’un d’eux me mord profondément au bras droit.

 

Le mois suivant, je prépare un nouveau plan. Mais le major anglais me fait appeler et m’interdit de m’évader.

 

Novembre 1944 : arrivée à l’Oflag du médecin-capitaine Bacques. Il me donne un de ses laissez-passer pour Munich. C’est un vieux modèle. Il est facile de gratter le papier et d’y inscrire son nom. Je retire la photographie et place la mienne, prise sur ma carte d’identité d’officier. Dans l’alinéa réservé à l’indication des endroits autorisés pour la promenade, ne sachant quoi mettre, j’inscris une phrase ironique et difficilement lisible tournant les Allemands en ridicule. Ce laissez-passer me permet de passer les deux dernières enceintes du camp. Pour les deux premières, j’ai projeté de les passer en allant à la douche, en me sauvant des rangs après le blockhaus. Il ne me reste plus qu’à attendre que le jour et l’horaire des douches correspondent au jour et à l’horaire de sortie.

 

Le 26 décembre 1944, la coïncidence se produit. Je distribue mes affaires et change ma couverture pour que les chiens ne puissent plus me pister. J’ai un croquis de la région et une boussole-sifflet. Tout se passe comme je l’avais prévu. Par miracle, aucun Allemand ne me voit sortir des rangs. Pourtant la dernière sentinelle m’arrête et s’étonne de ne pas pouvoir comprendre la phrase humoristique dont j’ai parlé plus haut. Je lui fais comprendre que c’est un « secret ». Satisfait ; il me laisse.

 

NDLR : à chaque moment, Paul Blanc cite des témoins. Ici, il s’agit du capitaine Bacques et du lieutenant Essoubet.

 

Sur la route, je croise le colonel du camp. Je le salue. Il me répond. En faisant un détour par le nord, j’arrive à Munich le surlendemain, à 6 h du matin, après une randonnée de plusieurs heures par – 25°. Deux heures plus tard, à l’entrée de la ville, je suis arrêté par un gendarme. Je dis être du camp de Vestende, juste à côté, travaillant dans une cordonnerie de Garcing. Je lui sors ma carte d’officier et il finit par me laisser partir après que je lui ai montré ma plaque de prisonnier. J’ajoute que je vais être en retard. Insupportable pour un fervent partisan de la « grande Allemagne ».

 

Vers midi, je rencontre deux jeunes requis : André Pinault et Bernard Poisson, de Paris. Ils m’emmènent dans leur camp. Je troque mon uniforme contre des habits civils. Enfin, je vais pouvoir dormir. Le lendemain, à 5h, je suis réveillé par un SS. Ce dernier m’entraîne dans son bureau. Il veut téléphoner à la police. Au moment où il entre dans la pièce, je détale, descends les deux étages et je vais me cacher dans une petite rue. Là, je termine de m’habiller.

 

Quelques jours plus tard, je retrouve à Kufstein un jeune soldat échappé du Stalag VII. Il s’appelle Viron et s’est sauvé peu après moi. Il parle un allemand parfait. La neige tombe à gros flocons. Nous décidons de prendre le train pour Innsbruck. En chemin, nous échappons de justesse à un agent de la Gestapo, qui contrôle les papiers. Nous avons dû descendre du train en marche.

 

A Innsbruck, nous prenons la direction de la vallée de Saint-Jodock où nous espérons trouver des passeurs italiens. Il n’en est rien. Qui plus est, nous nous faisons cueillir par la gendarmerie. Ne voulant à aucun prix retourner dans un Oflag, nous indiquons être des sous-officiers. On nous déshabille presque entièrement, ne nous laissant que quelques effets militaires. Mis en prison, nous prenons le lendemain le train pour le camp de prisonniers de Salzbourg, en Autriche.

 

A Vorgl, le train est arrêté sous le pont route-chemin de fer. Viron se lève pour aller aux WC du wagon, ainsi qu’un prisonnier russe. Le gardien nous accompagne. Il se méfie de Viron. Il surveille la porte de devant. Mais il a oublié celle de derrière. Il faut en profiter maintenant. Je recule, déverrouille tout doucement la porte. Me voilà dehors. Il ne faut pas que je cours avec mon K.P. (prisonnier de guerre en allemand) inscrit dans mon dos sur ma capote. La sortie s’est bien passée. Je marche. Je file de l’autre côté du pont et marche dans la nature. Une alerte aérienne survient à ce moment. Tout le monde se met à plat ventre. Je fais de même après avoir retiré ma capote, si compromettante. Maintenant que faire. Il me faut d’abord des lunettes. Pour un myope comme moi, c’’est indispensable. Mais il me faut justifier un billet de la « Krankenkasse » et être régulièrement inscrit à « l’Arbeitsam » (bureau du travail). Je dois pousser jusqu’à Kufstein où je connais quelqu’un de sûr dans un camp.

 

J’y arrive quelques heures plus tard. Je profite d’une entrée de prisonniers pour me glisser à l’intérieur. L’ami me donne des vêtements – un bleu de travail – et m’indique qu’une place de fleuriste vient de se libérer. Il m’accompagne à l’Arbeitsam. Je dis avoir été transféré depuis l Pologne et avoir perdu mes papiers dans le bombardement du camp par les Russes. On me donne le travail de fleuriste. En quelques jours, embauché chez Madame Bickel, j’ai mis un peu d’argent de côté et je peux m’acheter la fameuse paire de lunettes. Grâce à mes nouveaux papiers obtenus à Kufstein, je peux aller et venir sans trop me faire remarquer.

 

J’ai décidé de me sauver une nouvelle fois. On m’a dit qu’en Slovaquie des Français se battent aux côtés des Slovaques et de Russes. Je sais qu’un camion doit partir pour Vienne. Je réussi à convaincre le chauffeur en indiquant que j’ai un frère à Vienne dont je n’ai plus de nouvelles depuis le dernier bombardement. L’homme finit par accepter. Mais je n’ai pas le droit de circuler aussi loin. Le chauffeur m’autorise à me cacher sous les bâches de son chargement. Me voilà à Vienne !

 

Dès mon arrivée, je suis contrôlé par la police qui trouve mon passeport du Tyrol relativement suspect. De plus, je devrais être au Tyrol et non à Vienne. Je réponds que je suis chauffeur et que je dois repartir au plus vite pour Kufstein. On me laisse partir. Je retire mon pardessus et entre dans la gare de Vienne en bleu de chauffe. Je vois un train pour Marchegg. C’est à la frontière. Je me glisse dedans et m’y cache. Bien m’en prends. Le train est rempli de SS !

 

Arrivé non loin de la Slovaquie. Je prends la direction approximative des Carpates. Je dois contourner plusieurs positions allemandes. Une fois, au détour d’un chemin, je tombe sur un camp allemand. Je feins de poser culotte ! En me disant que quelqu’un qui pose culotte à cinq mètres d’eux ne peut qu’avoir la conscience tranquille. Ça marche… Je continue ma route vers Svaty Jur. On m’a dit, il y a longtemps, qu’on s’y bat là-bas. Les fameux partisans. Je finis par y arriver à la fin du mois de février 1945. Enfin, contact est pris avec eux après quelques tentatives sans succès. Ce n’est qu’un mois plus tard, et après quelques combats aux cotés de Slovaques et de Russes, que je rencontre des Partisans français de Slovaquie. Ils appartiennent à la compagnie du capitaine Georges Barazer de Lannurien.

 

Chez les Russes, je fais une demande écrite pour rejoindre l’escadrille Normandie-Niemen. En vain.

 

Je ne retrouve la France qu’au mois de juin suivant ».

 

Sources :

Archives familiales.

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Publié le 8 Février 2020

Au lieutenant Blanc.

 

William Blanc, lecteur de notre site internet, a pris contact avec nous pour nous parler de son grand-père, Paul – dit « Paulo » – Blanc lieutenant au 1er RCP (régiment de chasseurs parachutistes) mort pour la France en avril 1948 en Indochine.

 

Cette série d’articles comprendra une présentation des états de services et des campagnes (1), un épisode épique sur son évasion vers la Slovaquie (2), les conditions de sa mort (3), ses citations (4) et le baptême de promotion parachutistes Classe 1951 (5).

 

Lieutenant Blanc – 1 – L’épopée.

 

Paul Blanc nait le 15 septembre 1921 à Alger, de l’union d’Alexis Blanc et de Marie Ottavioli. Il est incorporé au Chantiers de Jeunesse n°103 le 13 novembre 1942 et en est libéré quelques semaines plus tard pour intégrer l’Ecole des Elèves Aspirants de Cherchell en Algérie, la veille de Noël 1942. Il en sort avec le grade d’aspirant le 10 mai 1943.

 

L’aspirant Paul Blanc est affecté au Bataillon de Parachutistes de Fez. Le 15 décembre 1943, il est nommé au grade de sous-lieutenant de réserve. Quelques mois plus tard, lors de la campagne d’Italie, il est blessé par balle à la jambe gauche à San Casciano. Il est alors fait prisonnier et est emmené en Allemagne dans un Oflag… d’où il s’évade à la troisième tentative. De là, il rejoint la Slovaquie toute proche et s’enrôle auprès des résistants locaux et des Partisans français (ce sont des prisonniers de guerre, évadés, qui œuvrent avec la résistance slovaque et sont appuyés par des cadres de l’Armée Rouge).

 

En juin 1945, Paul Blanc rejoint la France et gagne Avord dans le Cher pour être intégré au 1er RCP (régiment de chasseurs parachutistes). De là, il part pour Nancy au Centre de Préparation aux Grandes Ecoles et est intégré dans l’Armée d’active avec le grade de sous-lieutenant. Affecté au dépôt commun de la Légion étrangère en 1946 il est promu au grade lieutenant la même année. En novembre, il rejoint le 1er RCP et fait mouvement avec le 3e bataillon sur Bône en Algérie.

 

En janvier 1947, Paul Blanc, alors passé au 1er bataillon du 1er RCP rejoint Sétif en Algérie puis embarque sur le S/S Athos pour l’Indochine. Il débarque à Saigon en février 1947 puis fait mouvement sur Hanoi pour entrer en campagne avec la Demi-Brigade de Marche Parachutiste.

 

Le 7avril 1948, le lieutenant Paul Blanc est tué au kilomètre 40 de la route de Cao Bang. Il s’était marié le 23 décembre 1943 à Mademoiselle Jacqueline Dessauger, alors domiciliée à Tlemcen (au Pavillon militaire) et il était père de deux enfants.

 

 

Sources :

Archives familiales.

 

Au lieutenant Blanc.

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Publié le 1 Février 2020

Réunion annuelle des adhérents 2019.

La réunion annuelle des adhérents du Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves s’est déroulée le dimanche 26 janvier 2020 au sein de la Maison des Combattants d’Issy, rue du général Leclerc.

 

Etaient présents les membres du comité et :

 

  • Madame Christine Hélary-Olivier, maire-adjoint d’Issy-les-Moulineaux.
  • Monsieur le lieutenant-colonel Claude Guy, Délégué général de l’association pour les Hauts-de-Seine.
  • Monsieur Jacques Tchirbachian, président de l’UFAC et de l’ANACRA.
  • Monsieur Lucien Martinsky, président de la FNACA.
  • Monsieur Fabien Lavaud, président de l’ACPG.
  • Monsieur André Rabartin, président de l’UNDIVG.
  • Monsieur Christian Poujols, président de l’UNC.
  • Monsieur le colonel Xavier Mélard, président du Comité d’Asnières-Clichy du Souvenir Français.
  • Madame Marie-Claude Bouzon, secrétaire du Comité de Châtillon du Souvenir Français.

 

Un hommage a été rendu à nos soldats morts pour la France en 2019, ainsi qu’à nos disparus de ce début d’année :

  • Robert Choffé, ancien de la Seconde Guerre mondiale.
  • François Goure, président honoraire du Comité de Vaucresson.
  • Jean-Marie Duhaut, président du Comité de Meudon.

Après lectures du rapport financier et du rapport moral, après présentations des actions et des initiatives prises au cours de l’exercice écoulé, du nettoyage de cinq tombes à Vanves, de la quête du Souvenir Français, des quêtes du Bleuet de France, des études et analyses publiées sur ce site Internet, des récompenses ont été remises :

  • Diplôme d’Honneur pour Alsira Cacheda.
  • Diplôme d’Honneur pour Nicole Borde.

A la suite de cette réunion, un buffet « déjeunatoire », préparé par Jacques Tchirbachian et toute son équipe a rassemblé les participants à l’espace Savary d’Issy.

 

 

 

Frédéric Rignault LCL ad honores

Président du Comité

Délégué général adjoint.

Réunion annuelle des adhérents 2019.
Réunion annuelle des adhérents 2019.
Réunion annuelle des adhérents 2019.
Réunion annuelle des adhérents 2019.
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Réunion annuelle des adhérents 2019.
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Publié le 19 Janvier 2020

2016 - Robert Choffé est fait chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, en présence de présidents des associations d’anciens combattants et d’André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux.

2016 - Robert Choffé est fait chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, en présence de présidents des associations d’anciens combattants et d’André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux.

Le Comité d’Issy-les-Moulineaux – Vanves du Souvenir Français vient de perdre l’un de ses amis, un de ses grands anciens et plus vieux piliers ! Robert Choffé nous a quitté le 12 janvier 2020. Isséen depuis toujours, Robert Choffé était un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale.

Engagé très jeune dans les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), il avait été affecté à un régiment d’artillerie. Ainsi nous disait-il il y a quelques années : « Pour moi, l’engagement était naturel. De métier, j’étais mouleur – fondeur. En 1944, je rentre dans les FFI. On nous faisait coucher dans le sous-sol de l’école Paul Bert. En septembre 1944, nous sommes regroupés au Petit Séminaire d’Issy. Je signe, comme tous mes camarades, un engagement pour la « durée de la guerre ». Je suis alors affecté au 32e régiment d’artillerie divisionnaire et je deviens orienteur ».

Par la suite, avec son unité, Robert participa à la libération de l’île d’Oléron et à de nombreux combats : « Avant même la fin de la guerre, en avril 1945, j’ai fait quelques temps de classe à Saint-Loup sur Thouré puis, au sein de la 1ère Armée, Rhin et Danube – chère à de Lattre de Tassigny – je suis envoyé en Allemagne pour participer au déminage et à la destruction des bunkers de la ligne Siegfried. Plus d’une fois nos gars ont laissé leur vie dans des champs de mines. Je me souviens en particulier de mon lieutenant, Bonnet, qui est mort alors qu’il transportait des explosifs et des bouteilles d’oxygène dans sa chenillette. Le feu a pris dans le moteur et l’explosion a été terrible. »

 

Le 6 mai 1945, le brigadier Choffé, du 32e régiment d’artillerie de la 10e division d’infanterie de la Première Armée était cité à l’ordre du régiment : « Brigadier à l’équipe d’orientation du groupe, a participé au déminage de plusieurs positions de batterie avec un sang-froid et une compétence remarquable. A toujours été volontaire pour les missions les plus périlleuses en particulier à la pointe de Vallières et dans l’île d’Oléron. La présente citation donne droit au port de la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze ».

 

Robert Choffé : « Après, j’ai fait l’Ecole des Sous-officiers, en Allemagne, jusqu’en septembre 1945. J’ai même participé sur les Champs-Elysées au premier défilé de la Victoire. Puis, pour un certain nombre de raisons personnelles, et parce que j’avais déjà vu pas mal d’horreurs, j’ai quitté l’armée, je suis redevenu un civil et je suis entré chez Renault à Boulogne-Billancourt. Et j’ai oublié ce que j’avais fait ; je n’ai, par contre, j’avais effacé de ma mémoire les images des camarades, leur courage, et parfois leur vie sacrifiée ».

 

Robert Choffé était chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, Croix de Guerre 1939-45, titulaire de la médaille militaire, médaillé des combattants volontaires.

 

Le Souvenir Français présente ses plus sincères condoléances à sa famille et ses amis.

 

 

 

Sources :

 

  • Entretiens Robert Choffé, de 2008 à 2018.
  • Documents Archives personnelles de Robert Choffé.
  • Photographie Copyright Souvenir Français Issy-Vanves.

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