Publié le 10 Février 2009

 

 

Cet étrange obélisque est dédié à la mémoire d’Honoré Richard, né le 15 mai 1811, à Issy et Auguste Marie, né également à Issy, le 9 juillet 1811. Ils sont tous les deux morts en 1848. Ils étaient « gardes nationaux ».

 

 

 

Genèse.

 

L’origine de la Garde nationale remonte à la Révolution française. Elle désigne la milice de citoyens formée dans chaque commune. Fondée sur le principe de la Garde bourgeoise de la royauté, elle a pour mission la protection des biens et des personnes, entre autres en réprimant le pillage et en assurant la distribution de pains et de blé dans les moments difficiles.

 

A Paris, au moment de la prise de la Bastille, le roi Louis XVI reconnaît le marquis de La Fayette comme commandant en chef de la garde parisienne. Pour autant, il s’agit de ne pas laisser le pays se doter de cohortes qui pourraient devenir incontrôlables. L’article 12 de la constitution de 1789 indique : « La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée ». Et dans la foulée, les députés demandent aux gardes nationaux de prêter serment sur cette même constitution. Cela n’évite cependant pas, ça et là, quelques débordements et règlements de comptes…

 

En 1792, puis l’année suivante, après l’exécution du roi, la France est attaquée à ses frontières. En appui de l’armée, la Garde nationale est réquisitionnée et envoyée combattre. Il arrive que des membres de la Garde, plutôt aisés, payent de jeunes hommes pour les remplacer au moment de ces campagnes militaires.

 

Sous le Consulat puis l’Empire.

 

Sous Bonaparte, la Garde nationale est réservée à des rôles subalternes, comme le maintien d’un certain ordre à l’intérieur des frontières. Le Premier consul se méfie de ces milices qui peuvent soulever les citoyens d’une commune ou d’une région et marcher contre l’ordre établi.

 

Sous l’Empire, la Garde nationale sert à nouveau de réservoir à hommes au gré des besoins des campagnes militaires. En 1806, Napoléon 1er réaffirme par décret l’obligation pour tous les Français, âgés de 20 à 60 ans d’effectuer le service de la Garde nationale. En 1809, face à un débarquement anglais ayant échoué de justesse sur les côtes des Pays-Bas, alors sous administration française, l’Empereur confie à la Garde la surveillance des côtes et des frontières. En 1813 et 1814, la Garde participe activement à la défense du pays contre l’invasion des Prussiens et des Autrichiens.

 

 

Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet.

 

Le 15 mai 1814, le comte d’Artois est nommé colonel général des gardes nationales ; celles-ci redeviennent sédentaires et reprennent leur rôle de maintien de l’ordre. Après le désastre de Waterloo, la Garde est à peu près la seule force sur laquelle le roi et les préfets peuvent compter. L’armée étant encore nostalgique des grandes épopées qu’elle vient de vivre. En, 1816, le caractère obligatoire de faire le service de la Garde est réaffirmé. A contrario, et toujours pour les mêmes craintes, la Garde de Paris est dissoute en 1827.

 

Le 25 juillet 1830, la roi Charles X publie des ordonnances qui vont à l’encontre de l’esprit de liberté soufflant sur la société française. Celles-ci provoquent la Révolution de Juillet. La Garde de Paris est reconstituée, et La Fayette, à 73 ans, en reprend la direction. Il accueille, à l’hôtel de ville de Paris, Louis-Philippe 1er, nouveau roi, chef de la Maison d’Orléans et cousin de Charles X, chef de la Maison de Bourbon.

 

Encore une fois, la Garde nationale voit son rôle réaffirmé, son importance reconnue. De fait, à plusieurs reprises, elle démontre sa capacité à faire régner l’ordre. Mais, encore une fois, prenant peur du pouvoir des milices, Louis-Philippe demande au ministre de la Guerre, le maréchal Soult, de réorganiser l’armée pour permettre un contrepoids à l’omniprésence de la Garde.

 

 

La Révolution de 1848.

 

Le « roi bourgeois », répondant aux attentes des Français, mène une politique intérieure d’abord libérale avant de se tourner vers plus de conservatisme. Les dix premières années de son règne sont néanmoins agitées par des nombreuses émeutes (insurrection républicaine de 1832, puis tentative d’une insurrection royaliste par la duchesse de Berry la même année ; émeutes populaires de Lyon et de Paris en 1834 ; attentat de Fieschi en 1835 ; insurrections de Barbès et de Blanqui en 1839). En 1840, Louis-Philippe nomme Guizot à la tête du pays : « Enrichissez-vous ! » devient le maître mot. Mais l’opposition demeure active et ses attaques virulentes aboutissent à la révolution de février 1848. Après les premières émeutes, sanglantes, Louis-Philippe abdique en faveur de son petit-fils, le comte de Paris. Le mouvement révolutionnaire balaie cette initiative. La Garde nationale n’intervient pas ou peu.

 

La Seconde République est proclamée par le gouvernement provisoire le 25 février 1848. Mais elle doit faire face à la pression populaire. Des résolutions démocratiques sont prises : droit au travail ; création des ateliers nationaux ; liberté de la presse ; suffrage universel.

 

En mars 1848, un décret indique que « tout citoyen de 21 à 55 ans, ni privé ni suspendu de ses droits civiques est garde national et y exerce le droit de suffrage pour tous les grades d'officiers". Plus tard, en juillet, un nouveau décret affirme que les officiers sont partout, en province comme à Paris, élus au suffrage universel. Dans l’un de ses romans (César Birotteau), Honoré de Balzac montre ainsi l’ascension sociale que connaît un officier de la Garde nationale.

 

Pour autant, de grandes difficultés économiques subsistent. Les Ateliers nationaux, organisation qui fournit du travail à près de 115.000 chômeurs, sont saturés et génèrent pour l’Etat des dépenses exponentielles. Cela ne suffit pourtant pas et la misère se fait partout sentir. De nouvelles émeutes éclatent en mai puis en juin 1848. Celles-ci sont réprimées durement par l’armée et la Garde nationale, bien souvent dirigée par des officiers qui se sont embourgeoisés et n’hésitent pas à faire tirer sur le « petit » peuple de Paris. La rupture est consommée entre les partis de gauche et la Garde nationale…

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 1 Février 2009

Le 12 avril 2008, Charles Richez, isséen, disparaissait dans sa 97ème année.

 

Formation.

 

Charles Richez, des pilotes, mécaniciens et des militaires devant un trimoteur Bloch 120 en 1935


Né le 11 novembre 1911, Charles Richez, passe avec succès plusieurs années d’études puis s’engage pour quatre ans au Centre des Spécialités de l’Aviation Militaire de Bordeaux en 1931. Il en sort en 1932 avec le Brevet supérieur de Mécanicien navigant. Diplôme en poche, il est affecté à l’Escadrille n°2 de Thiès au Sénégal puis au détachement d’Atar, en Mauritanie, à l’époque classé « Zone de guerre », où il effectue des opérations dans le Rio d’El Oro, à Fort Gouraud, Fort Trinqué et jusqu’aux confins marocains à Tindouf, et algériens, à Chegga.

 

Charles Richez se fait remarquer à l’occasion de ces missions et il reçoit une Citation à l’Ordre des Troupes de l’AOF (Afrique Occidentale Française), avec une Médaille coloniale, agrafe « Sahara ».

 

Ceci se déroulait à l’époque de la splendeur de la compagnie aérienne l’Aéropostale. A cette occasion, il accueille un des pilotes « stars » de la compagnie : Jean Mermoz.

 

Il convient de dire quelques mots sur cette entreprise. La Compagnie générale aéropostale a été une compagnie aérienne française. Créée en 1919, par Marcel Bouilloux-Laffont, en collaboration avec Pierre-Georges Latécoère, sous le nom de la Société des Lignes Latécoère puis en 1921 celui de la Compagnie générale d’entreprises aéronautiques, sa mission consiste à ouvrir et exploiter une ligne aérienne transatlantique dédiée au service postal, puis au transport de passagers. Une ligne qui part de Paris pour rejoindre l’Afrique Occidentale Française via l’Espagne et le Maroc puis l’Amérique du Sud depuis le Sénégal. En 1930, sous le nom de Compagnie générale aéropostale, dotée de 200 avions, de 17 hydravions, la société emploie 1.500 personnes. Parmi les pilotes les plus célèbres, figurent donc Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry. Du fait de la crise économique du début des Années 30 et d’un manque de soutien des autorités françaises, la société fait faillite en 1933 et intègre un nouvel ensemble aéronautique, nommé Air France.

 

La base de Bach Maï et le camp de Hoa-binh.

 

De retour en 1935, et après un séjour de trois années dans différentes base de la Métropole, Charles Richez est envoyé en Indochine. Il sert au Tonkin, à Hanoï, au sein de la base 1/595 de Bach Maï, à Hanoi. Il effectue également des opérations et des séjours au Laos, au Siam et au Cambodge.

 

Après la défaite de 1940, l’Indochine française est restée fidèle au régime de Vichy. Sous le commandement de l’amiral Decoux, la politique locale consiste à temporiser face à des ennemis – mais « compréhensifs » à l’égard de l’Etat français ouvertement collaborationniste – qui occupent partiellement le Tonkin. Cinq ans plus tard, devant l’avance des Alliés en Europe, et dans une volonté jusqu’au-boutiste, les Japonais décident un coup de force : ils incitent les Vietnamiens à proclamer leur indépendance et envahissent toutes les villes indochinoises. Le 9 mars 1945, Charles Richez subit l’assaut des troupes ennemies et est, comme ses compagnons d’infortune, enfermé dans la citadelle d’Hanoï. Les 60.000 soldats français, répartis dans de multiples petites garnisons, ne peuvent pas grand-chose et sont rapidement débordés. Des milliers d’européens, militaires et civils confondus, sont massacrés. Et ce, « sous les yeux des Vietnamiens, qui comprennent à cet instant que la France est loin d’être invincible » indique la journaliste Brigitte Friang, dans ses ouvrages sur la Guerre d’Indochine.

 

Dans les jours qui suivent ce coup de force, Charles Richez est envoyé au camp de Hoa Binh, appelé « Camp de la Mort », car seulement quelques détenus réussissent après des années de captivité à regagner la Mère patrie. Le 8 juin 1948, Monsieur Durand-Reville, rapporteur de la commission de la France d’Outre-mer, prononce ces paroles : « La faim, le paludisme, la dysenterie firent de terribles ravages dans les camps de détenus dont les plus sinistres incontestablement furent ceux de Hoa-Binh, aux confins du delta tonkinois et de la Moyenne-région. Hoa-Binh, lieu d’enfer où furent envoyés à partir du mois d’avril 1945 près de 4.000 détenus, hommes de troupes et officiers subalternes ».

 

Retour en France.

 

Libéré à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Charles Richez regagne la Métropole où, peu à peu, il se rétablit. Il est engagé à la Direction Technique et Industrielle de l’Aéronautique du Ministère de l’Air en tant qu’ingénieur au Service de la Production Industrielle. Il y poursuit sa carrière pendant 17 ans. Il remplit des missions importantes, entre autres au moment de la Guerre d’Algérie, ce qui lui vaut les félicitations du Délégué ministériel pour l’Armement. De cette époque date également son installation à Issy-les-Moulineaux.

 

En 1960, il intègre la Société des Avions Marcel Dassault où il termine son expérience professionnelle, en 1979, en tant que Chef de Département des Avions en Service. Il contribue, au début des années 1970, à introduire l’informatique dans ce service.

 

A la retraite, Charles Richez reste actif, notamment au sein de la Fondation Charles de Gaulle et d’autres associations comme les Vieilles Tiges et les Vieilles Racines, ou encore le Tomato Club.

 

Le Club du Tomato.

 

Charles Richez était Chevalier de la légion d’Honneur, Médaille militaire, Médaille de l’aéronautique, Médaille des Arts, Sciences et Lettres. Il était donc un pilier du Club du Tomato, association aéronautique.

 

L’existence du club remonte à la Première Guerre mondiale, quand les pilotes rencontraient les ingénieurs pour discuter des améliorations à apporter à ces « drôles d’engins volants ». Connu pour ses déjeuners du vendredi, le Club du Tomato prend ce nom, dans les Années 30, quand des membres, reçus aux Etats-Unis, se voient offrir du jus de tomate en guise d’apéritif par leurs hôtes, prohibition oblige !

 



 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 22 Janvier 2009

 

Le 1er Bataillon de Choc et la libération de la Corse

 

 

« Nos amis les anciens combattants corses ayant pris justement ombrage de voir partout oublier que leur île avait été le premier département français libéré, décidèrent que le 65ème anniversaire de cette libération prendrait un éclat particulier.

 

Et c’est ainsi qu’ancien sous-lieutenant du 1er Bataillon de Choc, qui fut aux premières loges dans ces affaires, je fus associé aux cérémonies de Ghisonaccia et de Patrimonio où je reçus un accueil inoubliable les 23 et 24 septembre 2008.

 

En deux allocutions, j’essayai de rappeler le contexte historique des printemps – été 1943. En mai 1943, la campagne de Tunisie était terminée : il n’y avait plus un Allemand en Afrique, et l’Armée d’Afrique réarmée par nos alliés américains reprenait sa place au combat. Le général de Gaulle, chef incontesté de la France Libre, quittait Londres pour s’établir à Alger où il laissa un temps au général Giraud la conduite des affaires militaires. Les Alliés, en juillet 1943, Patton à l’ouest et Montgomery à l’est, débarquèrent en Sicile, qui fut conquise en un mois. Lorsque Montgomery fit franchir à ses troupes le détroit de Messine pour prendre pied en Calabre, nos ennemis italiens commencèrent à se poser quelques questions et demandèrent l’armistice. Or, ils occupaient la Corse. Une résistance ardente et armée s’était organisée dans l’île. Ses chefs proclamèrent alors l’insurrection générale. L’affaire n’était pas simple car si les Italiens s’étaient auto-neutralisés, il y avait dans le sud-est de l’île des unités allemandes dont la menace n’était pas vaine.

 

Un des chefs militaires de la Résistance, le commandant Colonna d’Istria, put faire appel au général Giraud pour demander son appui. Celui-ci se tourna forcément vers le commandement allié en Méditerranée, lequel, en pleine organisation de la libération de l’Italie, lui fit comprendre qu’il fallait qu’il se débrouillât seul. Ce qu’il fit.

 

Le général Giraud avait immédiatement « sous la main » le déjà célèbre sous-marin Casabianca du glorieux commandant l’Herminier, les contre-torpilleurs Fantasque et Terrible, en fait des croiseurs, légers, très rapides, et pour l’Armée de Terre, le Bataillon de Choc, unité spéciale de volontaires, formée à Staoueli, près d’’Alger, en mai 1943 aux ordres du commandant Gambiez. Et c’est ainsi que, dans la nuit du 12 au 13 septembre 1943, pour le Casabianca, du 13 au 14 pour le Fantasque et le Terrible, débarquèrent à Ajaccio les trois compagnies à quatre sections du Choc, en but à l’enthousiasme de la population.

 

Dans les dix jours suivants, arrivèrent les éléments du 1er R.T.M. (tirailleurs marocains), du 2ème G.T.M. (tabors marocains), du 4ème R.S.M. (spahis). Deux groupes de chasse français équipés de Spitfire opérèrent à partir de Campo del Oro près d’Ajaccio».

 

Situation de la Corse en septembre 1943

 

« Quelle était la situation de l’île en ce début de septembre 1943 ? La neutralité italienne était acquise. Les Allemands avaient été contenus dans le sud-est par les patriotes corses. En fait, la préoccupation réelle du commandement allemand était de faire passer en Italie via Bastia une division retirée de Sardaigne. Avec notre armement léger (mitraillettes, FM24-29, grenades), nous étions forcément destinés aux combats-commandos de nuit, aux attaques surprises et aux embuscades le long de la route Bonifacio – Bastia tandis que les troupes marocaines avec leur armement réglementaire pouvaient mener la dernière bataille pour Bastia. Ainsi donc, les douze sections du Choc se déployèrent en éventail du nord au sud avec l’appui inestimable des guides corses et le renfort d’une 4ème compagnie corse de volontaires, immédiatement constituée, ce qu’aucun autre département français libéré ne réussit à faire. Les quatre compagnies du Choc furent dispersées : la mienne, la 3ème, celle du capitaine Manjot, envoya ses 1ère et 2ème sections au nord dans le secteur Ile Rousse – Saint-Florent ; la 3ème section, celle que je dirigeais, dans le secteur de Vescovato, en « chasse libre » ; la 4ème, celle de l’aspirant J.P. Michelin, au sud-est, vers Conca. Nos actions furent nombreuses et il faudrait des pages et des pages pour raconter les actions conduites en 15 jours par tout notre Bataillon ».

 

A Ghisonaccia

 

« A Ghisonaccia, le 23 septembre, au cours de la magnifique cérémonie organisée par le maire, Monsieur Guidici, et parlant devant vingt drapeaux, les enfants des écoles, et mes camarades anciens de la 4ème compagnie, j’ai pu évoquer deux faits d’armes qui me tenaient à cœur :

 

  • Les deux attaques couronnées de succès conduites par le lieutenant Lamy dans le secteur de Prunelli, parce que, nommé capitaine, Léon Lamy fut « mon capitaine » et qu’il tomba au champ d’Honneur exactement un an plus tard à la chapelle de Ronchamp, à côté de mon ami Yves de Bernon.
  • Ce qu’on a appelé la Bataille de Conca, le 22 septembre, parce que Jean-Pierre Michelin, jeune aspirant évadé de France pour prendre sa place au combat, y trouva la mort à la tête de sa section. Il était le premier aspirant tombé sur la terre de France pour la Libération.

 

Dévoilant la belle plaque commémorative qui porte les noms de sept de nos camarades tombés dans la région de Ghisonaccia, j’y trouvai les patronymes de Lorenzi de la compagnie Corse et de Le Coz de la 3ème compagnie. Un Corse à côté d’un Breton. Au cours de la réception qui suivit, j’ai pu, au nom de tous les anciens, adresser mes remerciements les plus chaleureux à Monsieur Guidicci ».

 

A Patrimonio

 

« Le lendemain, à Patrimonio, près de Saint-Florent, j’étais reçu par Monsieur Maestracci, maire de la localité, qui avait tenu à honorer la mémoire de l’adjudant-chef Richard de Préaudet, de notre Bataillon, qui était tombé en ces lieux le 24 septembre 1943.

 

Reprenant les termes de ma précédente allocution, j’ajoutai quelques mots sur la formation de notre Bataillon de Choc. La plupart des officiers, de réserve ou d’active, étaient des évadés de France, avec quelques personnalités exceptionnelles. Les soldats (ou chasseurs) venaient des appelés d’Afrique du Nord, des chantiers de jeunesse. Mais l’épine dorsale ne pouvait être formée que de sous-officiers anciens de l’Armée d’Afrique. Les noms de nos adjudants-chefs me sont encore en mémoire : Saunier, Blanchard, Huet, Préaudet, et Crespin. L’adjudant-chef Marceau Crespin qu’on avait jugé opportun d’adjoindre au sous-lieutenant de 21 ans que j’étais alors, et qui est resté un de mes meilleurs amis. Quant à Richard de Préaudet, il venait du 1er Régiment Etranger de cavalerie et était devenu l’appui indispensable du chef de la 2ème section de la 3ème compagnie du Choc, celle-là même qu’on avait envoyée vers le nord et qui arrivait vers l’est et Saint-Florent, venant de Casta.

 

Dans la nuit du 23 au 24 septembre 1943, le capitaine Manjot décida l’attaque par trois équipes d’un poste allemand situé au carrefour de Patrimonio. Préaudet commandait une des trois équipes en pointe de l’attaque mais se trouva en face d’un ennemi alerté et sous le feu de deux mitrailleuses. Il ne pouvait que faire décrocher sa troupe et restant le dernier, fut mortellement blessé. Les Allemands enfouirent son corps.

 

Ainsi tombèrent, presqu’en même temps, au sud et au nord de l’île, l’aspirant Michelin et l’adjudant-chef de Préaudet, premiers morts du Bataillon, premiers tombés pour la libération de la France. La cérémonie même de Patrimonio, le 24 septembre 2008, fut particulièrement émouvante sur cette plateforme en demi-cercle qui dominait le bourg, parce que le dévoilement de la plaque commémorative s’accompagna de chants religieux, d’une chorale de haute qualité, parce qu’un détachement du 2ème Régiment Etranger de parachutistes rendait les honneurs, parce que les trois enfants de Richard de Préaudet qui n’avaient pas ou si peu connu leur père étaient là, qui ne cachaient pas leur émotion en serrant les mains de tous les légionnaires. Là aussi, j’ai pu dire à Monsieur Maestracci combien nous lui étions reconnaissants de garder dans la pierre un tel souvenir.

 

Le 4 octobre 1943, les combats cessèrent. Nous défilâmes à Ajaccio devant le général Giraud. Je serrai à Sartène la main du général de Gaulle. Tout ceci se passait il y a 65 ans. Mais c’était le début d’une longue route qui allait mener le Bataillon de Choc à l’Ile d’Elbe, sous les ordres de Gambiez ; au débarquement de Provence à Toulon sous les ordres d’Heriard-Debreuil ; à Belfort, Colmar, l’Allemagne, l’Autriche, sous les ordres de Lefort ; au début de l’Indochine sous les ordres de Clauzon.

 

Sur cette route-là, 300 des nôtres sont tombés. POUR LA FRANCE ».

  

Général Roland Glavany. Grand Croix de la Légion d’honneur.
 

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Publié le 10 Janvier 2009

 

Ch’timi portugais

 

 

« Je suis un Ch’timi portugais ! Né à Denain, dans le Nord, en 1926, mes parents s’étaient installés quelques années auparavant dans la région. Je suis entré dans la Résistance à l’âge de 17 ans, et pour moi cela était parfaitement naturel. Comme une tradition familiale. En effet, et cela se sait peu, mais pendant la Première Guerre mondiale, le Portugal avait envoyé un contingent pour aider les Alliés, sur le front de l’Ouest. Une des principales raisons de cet engagement consistait à combattre partout où cela était possible, l’ennemi allemand, qui avait des visées sur les possessions africaines du Portugal. Et d’obtenir un appui des Anglais.

 

Mon père était de ce contingent. Il participa, entre autres, à la bataille de la Lys, en avril 1918. En ces lieux, la seconde Division portugaise, sous le commandement du général Gomes da Costa, forte d’environ 20.000 hommes, résista avec acharnement à quatre divisions allemandes (50.000 hommes), laissant sur le terrain près de 300 officiers et 7.000 soldats, tués, blessés ou prisonniers. Le courage des Portugais força l’admiration de l’ensemble des Alliés. Mon père s’en sortit, comme par miracle. Sinon, je ne serais pas là !

 

Bref, en septembre 1944, le lieutenant Roger nous rassembla à Valenciennes et nous fit embarquer dans trois camions : direction la capitale ! A Saint-Germain-en-Laye, nous descendîmes au Quartier Gramont, lieu d’incorporation. Nous fîmes nos adieux à Roger, qui devenait l’adjoint du commandant Lanusse, en charge des nouvelles recrues. Inspection, instruction – rapide – et piqûres puis nous voilà au front ».

 

 

 

 

A la 2ème D.B.

 

« J’avais intégré le 2ème bataillon de la 8ème Compagnie, aussi appelée Escadron Vaugirard. Nous étions une unité du Régiment de Marche du Tchad (R.M.T.) – unité filleule de la ville d’Issy-les-Moulineaux – lui-même composant du Groupement Tactique du général de Langlade (G.T.L.), élément de la 2ème Division Blindée (D.B.) du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Notre commandant d’unité allait devenir célèbre : il s’agissait de Jacques Massu !

 

Mon baptême du feu, ce fut à Sélestat, en Alsace, au moment de Noël. J’étais posté dans une maison avec quelques camarades. L’un d’eux me cria : « Mickey ! » – car c’était ainsi que l’on m’appelait – « Fais gaffe, ils sont juste dans la ferme en face ! ». Un char arriva. Nous pensions être sauvés. Mais il roula sur une mine. Sous la force de l’explosion, l’engin s’immobilisa. Et les Allemands reprirent leur canarde de plus belle. Je peux dire que ce jour-là, nous primes une sacrée dérouillée. A notre poste, au matin, nous étions onze soldats. Le soir, nous nous retrouvâmes à deux survivants. Le lendemain, nous étions relevés et notre chef de groupe nous proposa de nous replier sur un quartier de la ville, plus en arrière, à l’abri des tirs ennemis.

 

Au milieu d’une foule de soldats, de matériels, de chars, de cris, mon camarade et moi, nous entrâmes dans un estaminet. La patronne nous accueillit avec gentillesse. Nous découvrîmes des gens adorables. Alors que bon nombre d’hommes de la région étaient « Malgré Nous », c’est-à-dire sous l’uniforme allemand et sur le front de l’Est, on nous offrit le couvert et le coucher. Un beau Noël pour deux pauvres jeunes gars loin de leurs parents, sans chéries. Des enfants…

 

Ce fut une joie presque aussi intense que notre entrée dans Strasbourg, un mois plus tôt. Je n’avais pas tenu le « Serment de Koufra » cher au général Leclerc, mais j’en étais de ceux qui avaient délivré la France. Au soir de ces combats dans Sélestat, je reçus la Croix de Guerre et fus cité à l’ordre du régiment. La suite fut tout aussi terrible pour le R.M.T. ».

 

La bataille de Kilstett

 

« Le maréchal allemand Von Rundstet avait déclenché une vaste offensive sur le front des Ardennes. Les Américains et notre 2ème D.B. se précipitèrent pour colmater cette brêche. Mais, dans le même temps, il ne fallait pas dégarnir l’Alsace. Leclerc avait dit : « La division tout entière doit passer en Alsace et se faire tuer sur place, jusqu’au dernier homme, pour sauver l’honneur de la France ».

 

A Kilstett, situé  à 15 km au nord de Strasbourg, le commandant Reyniès, qui avait fait l’Afrique, et qui était encerclé avec son bataillon dans la ville, hurla à la radio : « Faites vite ! Le hallouf (cochon) est dans le douar ». Notre 8ème Compagnie du R.M.T. fut envoyée sur place pour participer au dégagement. Nous avions face à nous deux bataillons du Régiment Marbach, composés d’élèves sous-officiers, de vrais fanatiques. Une seule chose comptait pour eux : assommer la ville sous les bombes et foncer sur Strasbourg pour reprendre ce symbole. Le général de Langlade envoya immédiatement à l’assaut les sous-groupements Gribius et Massu, dont je faisais toujours partie. Les combats furent incroyables de violence. Dès les premières minutes, nos pertes furent sérieuses. Je tirais comme je pouvais, appuyant les copains du mieux possible. Nous nous battîmes maison par maison, nettoyant notamment le quartier de la Sablière.

 

Et c’est là que je fus blessé. Tout autour de moi, ce n’étaient que morts et blessés. Mon chef gisait dans une mare de sang, due à une blessure en pleine poitrine. Pour ma part, j‘étais immobilisé, une balle dans le pied. On m’évacua sur l’hôpital de Sarrebourg et je reçus, après l’étoile de Bronze, celle d’Argent sur ma Croix de Guerre. Avec mes compagnons d’armes, je fus cité à l’ordre de la Division. Le général de Lattre de Tassigny cita à l’ordre du Corps d’Armée le G.T.L. de la 2ème D.B. : « Engagé le 22 janvier 1945 aux ordres du général de Langlade, en soutien de la 3ème D.I.A., est intervenu de façon décisive dans pour briser le dernier assaut allemand en direction de Strasbourg. Après une étape de nuit rendue difficile par la haute neige et le gel, un sous-groupement sous les ordres du chef d’escadron Gribius s’est porté « résolument » à l’attaque pour dégager un bataillon de Tirailleurs encerclé depuis la veille à Kilstett, par des forces supérieures. Par la soudaineté et la violence de son intervention, a complètement surpris l’ennemi, l’a mis en déroute, lui infligeant de lourdes pertes et faisant une centaine de prisonniers ».

 

Par la suite…

 

« Par la suite, remis, je poursuivis les combats en Allemagne, puis jusqu’à Berchtesgaden, le fameux « nid d’aigle » d’Adolf Hitler. Démobilisé en 1946, je rejoignis un de mes frères à Lyon qui me fit entrer dans le secteur de la restauration où j’exerçai pendant près de trente ans. Là, je me mariai et un fils naquit. Je terminai ma carrière dans le bâtiment, en tant que spécialiste de la remise en état ».
 

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Publié le 4 Janvier 2009


Le Comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français vous présente tous ses meilleurs voeux pour 2009 et vous donne rendez-vous pour de nouveaux témoignages, à venir très prochainement :

- Claude Correia racontera sa participation à la Seconde Guerre mondiale dans les rangs de la 2ème Division Blindée du général Leclerc.

- Le général Roland Glavany, notre Président d'honneur, a écrit un article sur sa participation à la libération de la Corse en septembre 1943, avec le Bataillon de Choc.

A bientôt.

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Publié le 20 Décembre 2008


 

Toute l'équipe du Comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français vous souhaite de joyeuses fêtes de fin d'année 2008 et vous donne rendez-vous début janvier 2009, pour de nouveaux textes et de nouveaux témoignages.
 

 

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Publié le 17 Décembre 2008

 

Les Chasseurs

 

 

 

L’une des rares photographies ornant les tombes du carré militaire du cimetière d’Issy-les-Moulineaux est celle du caporal du 120ème bataillon de Chasseurs à pied, Marcel Javelot.

 

La première fois que le terme « chasseur » est employé pour une unité militaire française remonte à 1743 avec la création des chasseurs de Fischer, un groupe de francs-tireurs de l’Armée royale. Cette définition restera. Les chasseurs sont souvent considérés comme des unités d’élite, rattachées ou non à un régiment, et qui, au cours de l’histoire, vont se spécialiser : chasseurs à cheval, chasseurs alpins, groupes de chasseurs cyclistes et bien entendu chasseurs à pied. Equipés plus légèrement que les hommes d’infanterie, ils sont souvent utilisés pour des « coups de main » ou des assauts particulièrement difficiles.

 

Sous le Premier Empire, Napoléon les utilise, entre autres, pour former les 1er et 2ème régiments de Chasseurs à pied de la Garde impériale. Par la suite, les chasseurs se couvrent de gloire lors de la conquête de l’Algérie et pendant la guerre de Crimée.

 

En 1914, trente et un bataillons de chasseurs à pied ou alpins existent. Ils sont rapidement augmentés de chasseurs alpins territoriaux et neuf bataillons de marche sont créés. Il s’agit des 32ème, 102ème, 106ème, 107ème, 114ème, 115ème, 116ème, 120ème et 121ème.

 

 

La 129ème division d’infanterie

 

Le 120ème est formé le 15 mars 1915 à Sennecey-le-Grand, dans le département de la Saône-et-Loire. Il est rattaché en juin de la même année à la 129ème division d’infanterie, qui comprend également les 297ème et 359ème régiments d’Infanterie, les 106ème, 114ème, 115ème, 121ème bataillons de Chasseurs à pied, le 14ème régiment de Tirailleurs de Marche et le 141ème régiment d’Infanterie Territoriale.

 

Marcel Javelot est né le 20 avril 1892, à Braisne, dans l’Aisne. Il commence son service militaire en 1912. Au recrutement du 3ème bureau du département de la Seine, il a le matricule 1408 et le 1947 au Corps. Avec son régiment, le picard participe en juillet 1915 aux attaques sur le Linge (Vosges). De septembre à octobre de la même année, la 129ème est engagée dans la deuxième bataille de Champagne. Retirée du front fin octobre 1915, elle repart dans le secteur de Nancy en mars 1916, puis participe à la bataille de Verdun, avec des assauts très meurtriers sur la côte de Froideterre puis devant Fleury-devant-Douaumont. En 1917, la 129ème est l’une des unités du désastre du Chemin des Dames, où 200.000 soldats tombent en quelques semaines sous les balles et les obus allemands.

 

La Seconde bataille de la Marne

 

En 1918, après un engagement dans la bataille des Flandres, la 129ème division contribue à la Seconde bataille de la Marne. Au cours de cette bataille, à cheval sur la Picardie et le Nord de la Région parisienne, vers les Bois des Loges et le village de Campagne, Marcel Javelot est blessé. Il est transporté vers l’arrière puis rapatrié sur l’hôpital militaire temporaire basé à l’Institut Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux. Le 11 septembre 1918, à l’âge de 26 ans, le caporal Marcel Javelot, titulaire de la Croix de Guerre, rend son âme à Dieu.

 

ORDRE GENERAL de la IIIème ARMEE

Le Général Commandant en Chef décide que le 12ème Groupe de Chasseurs soit cité à l’Ordre de la IIIème Armée, avec le motif suivant :

« Du 10 Août au 6 Septembre 1918, sous les ordres du Lieutenant-colonel de TORQUAT de la COULERIE, comprenant le 106ème Bataillon de Chasseurs à Pied, sous les Ordres du Commandant HUREL, le 120ème Bataillon de Chasseurs à Pied, sous les ordres du Commandant NADAL, le 121ème Bataillon de Chasseurs à Pied, sous les Ordres du Chef de Bataillon MATHIEU, a attaqué l’ennemi à six reprises avec la plus grande vigueur. Malgré des pertes sensibles, l’a forcé à reculer devant lui de plus de 30 kilomètres, lui capturant 221 prisonniers, un canon de 77, 30 mitrailleuses, 12 minenwerfer et un important matériel. A fait preuve de superbes qualités offensives et d’une ténacité remarquable dans le combat.

Signé : PETAIN »

Le lendemain de la mort de Marcel Javelot, la 129ème division est retirée du front et se regroupe vers Rimbercourt, dans l’Oise, pour ensuite se préparer à une offensive dans le secteur de Bezange-la-Grande (Meurthe-et-Moselle). Offensive qui ne se déroulera pas, l’armistice intervenant le 11 novembre 1918. Le 13 mai 1919, à Sarreguemines, en Moselle, le 120ème bataillon de Chasseurs à pied est dissous.

 

Chasseurs à pied du 106ème bataillon.

 

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Publié le 12 Décembre 2008


Le 7 décembre 2008,  devant une assistance de près de cinquante personnes, s'est déroulée l'assemblée générale du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux. Après l'exposé des activités relatives à l'année 2007-2008 (exercice du 1er octobre au 30 septembre), le rapport financier a été lu et le bureau a été présenté :

- Président d'honneur : général Roland Glavany, grand croix de la Légion d'honneur.
- Président : Gérard Riblet.
- Trésorier : Thierry Gandolfo.
- Secrétaire, webmaster et Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine : Frédéric Rignault.
- Secrétaire adjoint : Gilles Guillemont.

Monsieur André Santini, ministre-maire, nous avait fait l'honneur et l'amitié de sa présence.

Puis, les recherches sur le Devoir de Mémoire ont été exposées via les deux médias utilisés : des fascicules distribués aux associations d'Anciens combattants de la ville, ainsi que l'outil internet : www.souvenirfrancais-issy.com. A ce jour, près de 86 articles ont été écrits sur les deux Guerres mondiales, sur l'Indochine, l'Algérie, ainsi que sur la Guerre franco-prussienne.

Le bureau de l'association a rappelé ses demandes de recherches de documents et de témoignages sur les derniers conflits. L'assemblée s'est terminée autour du verre de l'amitié.

Le Souvenir Français tient à remercier l'UFAC par la présence de ses adhérents et pour avoir prêté la salle d'honneur Jean Moulin de la Maison du Combattant d'Issy ; Marie-Auguste Gouzel, maire-adjoint en charge des Affaires militaires ; André Labour, Délégué général pour les Hauts-de-Seine, ainsi que les délégations des comités du Souvenir Français de Clamart, d'Antony, de Chatillon, de Fontenay-aux-Roses et de Meudon.

Sur la photographie, sont présents, de gauche à droite : Thierry Gandolfo, Frédéric Rignault, André Labour, André Santini, Marie-Auguste Gouzel, le général Roland Glavany.

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Publié le 5 Décembre 2008

 

« (Photo prise le 30 mars, près de Verdun).

 

 

24 avril,

 

Ma chère maman,

 

Voici une équipe de braves poilus au premier rang desquels figure ton fils, mal rasé et les mains sales (je ne suis pas d’ailleurs le seul dans mon cas). Nous venons de passer une journée assez pénible. Admire la batterie de cuisine. Je t’embrasse. Ton André ».

 

André Beneteau, au premier rang avec une écharpe, est le grand-père maternel de Frédéric RIGNAULT, secrétaire du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux, Délégué général adjoint du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine.

 

Né le 16 novembre 1890 à Thouars, dans le département des Deux-Sèvres, André Beneteau effectue son service militaire de 1910 à 1912. Il est comptable dans le Cher, à Saint-Amand-Montrond, quand l’ordre de mobilisation est donné. A son arrivée à Bourges, il est affecté au Service de Santé. Puis, à sa demande, il passe dans la « biffe » et est versé au 132ème régiment d’Infanterie. Le 3 septembre 1914, il est commotionné par un éclat d’obus de 155, à Thiaucourt. L’année suivante, il est enseveli par un autre éclatement d’obus, à Tahure, en Argonne. En 1916, il passe canonnier au 37ème régiment d’Artillerie. Le 31 mars, il obtient une permission à caractère médical pour une angine. Ce qui lui sauvera certainement la vie : le déluge de bombes sur Verdun vient de commencer. En 1917, le 21 mars, devenu téléphoniste, il est intoxiqué par gaz, à la Butte du Mesnil. Il termine la guerre en passant par le 24ème puis à nouveau le 132ème RI, avec le grade de maréchal des logis.

 

Ordre de la 4ème Armée n°138 du 30 décembre 1916 : « Appelé dans le Service Auxiliaire, au début de la campagne, a demandé à passer dans le Service Armé pour servir plus utilement son pays. Deux fois volontaire pour le front, s’est toujours signalé par un très haut sentiment du Devoir. Le 3 octobre 1915, il a ramené dans les lignes françaises, sous un feu d’artillerie et de mitrailleuses extrêmement violent, un officier observateur grièvement blessé. Croix de guerre avec palme ».

 

Par la suite, André Beneteau reçoit également la Médaille militaire.

 

Aussitôt la guerre terminée, André Beneteau touche une bourse du Gouvernement français et part étudier aux Etats-Unis, à l’Université de Philadelphie, où il devient professeur et acquiert le titre de docteur en philosophie et celui de Master of Arts. Il a notamment pour élève Margaret Mitchell, l’auteur d’Autant en emporte le vent. Il enseigne ensuite les langues romanes à la George Washington University et à la Catholic University de Washington DC, puis exerce la fonction de secrétaire de l’Attaché militaire de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Chevalier des palmes académiques, André Beneteau se fait de nombreuses et solides amitiés dans le monde des arts et du spectacle, comme Maurice Chevalier, qui passe quelques jours chez lui, à chacun de ses déplacements outre-Atlantique.

 

En 1938, il est rappelé en France et enseigne au sein d’établissements scolaires catholiques, en particulier à l’école Saint-Joseph et l’Immaculée Conception, situées à Lectoure dans le Gers. André Beneteau a écrit plusieurs ouvrages, dont une Etude sur l’inspiration et l’influence de Paul Verlaine (1927) et l’Escadrille Lafayette (1939), formée par des aviateurs américains qui combattirent pendant la Première Guerre mondiale. S’ajoutent de nombreuses histoires et nouvelles, publiées notamment par les journaux français Minerve, Candide, France Hebdo, La France, et le journal américain Liberty.

 

André Beneteau est mort à Lectoure, le 28 juillet 1962.

 

 

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Publié le 26 Novembre 2008

Le 11 novembre 2008, la ville d'Issy-les-Moulineaux a célébré le 90ème anniversaire de l'armistice de 1918, mettant fin au plus grand carnage de tous les temps : la Première Guerre mondiale. A cette occasion, une stèle a été dévoilée par André Santini, ministre-maire de la ville, à la mémoire des Poilus, en présence de nombreuses personnalités et de représentants des quatre unités parrainées par notre commune : le Chasseur de mines Tripartite Andromède, l'escadron d'hélicoptère Parisis, la Garde républicaine, et le Régiment de marche du Tchad, durement endeuillé par les pertes subies en Afghanistan.

 

Bien entendu, les associations des Anciens combattants étaient également présentes, de même que le Souvenir Français qui avait organisé le soir du 10 novembre l'opération "Flammes de la Mémoire" et le lendemain, la quête du Bleuet de France. La commémoration s'est achevée par un grand déjeuner, organisé par l'Union Nationale des Combattants, présidée par MR Christian Poujols (ci-dessous), au Pavillon Dauphine, à Paris. Retrouvez toutes les photographies de cet événement dans l'album intitulé "2008-11-11, Issy".

 

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