Publié le 9 Juin 2012

La Guerre franco-prussienne à Issy - Partie 3.

4 – En ballon monté.

 

4.1 –Jules Favre au général Tamisier :

 

L’étau se resserre : les combats ne se déroulent pas que dans le sud. Vers Saint-Gratien et Montmorency, comme vers Bondy et Romainville, les Français contiennent les ennemis qu’aux prix de reconnaissances audacieuses. Mais les effets restent limités. Et les consignes de Bismarck et Moltke sont là-aussi respectées. Place Saint-Pierre, à Paris, un ballon est immobilisé ; son nom : Armand Barbès. A son bord montent le ministre de l’Intérieur du Gouvernement de Défense nationale, Léon Gambetta, et son fidèle allié, Eugène Spuller. Ce jour-là, deux autres ballons quittent la capitale pour relater les événements de la capitale et organiser une contre-offensive depuis la province.

 

Au même moment, un peu partout dans Paris, l’on entend des signes de révolte contre le gouvernement : « Vive la Commune ! » est l’un des slogans les plus repris. La Garde nationale rétablit promptement la situation. Jules Favre, vice-président du Gouvernement écrit à son plus haut gradé, le général Tamisier : « Mon cher général, Je vous remercie avec effusion, vous et la garde nationale, dont vous êtes le digne chef, du concours que vous venez de nous prêter. Au premier signal, vos bataillons sont accourus et, par leurs acclamations patriotiques, ont protesté contre les imprudents qui cherchent à nous diviser devant l'ennemi. Vous leur avez prouvé qu'ils n'y réussiront pas. Nous resterons unis pour combattre et pour vaincre. Nous le serons encore après, car tous nous n'avons qu'une volonté : fonder une République durable, décrétée par la nation dans sa souveraineté ».

 

 

4.2 – A Issy :

 

Dans le sud de l’actuel département des Hauts-de-Seine, l’ennemi s’est installé dans la plaine des Bruyères. Le lieutenant-colonel Rambaud, à la tête de plusieurs compagnies de gardes mobiles de la Seine, fait réaliser plusieurs reconnaissances sur les hauteurs d’Issy et dans Clamart : de la nourriture, de la farine, des armes sont récupérés et précieusement acheminés dans Paris.

 

 

5 – La deuxième bataille de Châtillon.

 

5.1 – Monsieur le comte :

 

Mais les événements semblent s’accélérer à partir du 10 octobre. Alors que les Prussiens et leurs alliés se contentaient de fortifier leurs positions, l’Etat-major français note chez eux d’importants mouvements d’unités. Une offensive générale se prépare contre Paris, cette fois c’est sûr !

 

Aussi, le gouverneur de Paris, le général Trochu, décide d’envoyer une troupe importante au contact de l’ennemi. Elle est conduite par le général Blanchard. L’objectif est clair : déloger les Prussiens du plateau de Clamart et du fort de Châtillon qui viennent d’être pris. La contre-attaque sur ces positions permettrait de mettre à l’abri tout le sud de Paris. Le général en chef décompose ses forces en trois colonnes : à droite, il positionne le 13ème de marche qui se dirigera vers Clamart ; au centre, le général Susbielle, à la tête du 14ème doit prendre Châtillon par le droite, et à gauche, commandée par le colonel Eugène Antonin de Grancey, les gardes mobiles de la Côte d’Or et ceux de l’Aube, sous la direction du comte de Dampierre. Les forts de Montrouge, d’Issy et de Vanves sont en alerte maximum : ils doivent protéger les mouvements des troupes françaises.

 

Clamart est prise sans trop de combats. Ce n’est pas le cas du plateau de Châtillon où les Prussiens ont fortement armé leurs défenses. La prise de la ville va s’avérer coûteuse en hommes… Et des combats terribles se déroulent à Fontenay-aux-Roses et à Bagneux. A la tête du 1er Bataillon des Gardes mobiles de l’Aube, Anne Marie Henri Picot, comte de Dampierre, trouve la mort au milieu de ses hommes. Aujourd’hui, près de l’entrée du cimetière de cette commune, un monument imposant rappelle son sacrifice.

 

Alors que le comte de Dampierre rend son dernier souffle, les troupes françaises progressent dans Châtillon. Les maisons sont reprises une à une, à coups de baïonnettes !

 

Le général Blanchard ordonne alors la retraite, estimant que la « mission de reconnaissance » a pleinement atteint son but. Cette estimation étant portée dans le journal du Gouvernement de Défense nationale, il convient, pour des raisons toutes compréhensibles de propagande, d’en tirer un scepticisme certain : « Cette reconnaissance offensive a obligé l’ennemi à montrer ses forces, à rappeler de nombreuses troupes de soutien, à essuyer le feu meurtrier de nos pièces de position et de notre excellente artillerie de campagne. Il a dû subir de fortes pertes, tandis que les nôtres sont peu sensibles, eu égard aux résultats obtenus. Nous estimons que nous n’avons pas eu plus de 30 hommes tués et de 80 blessés alors que l’ennemi a laissé plus de 300 morts dans Bagneux et ses pertes sont considérables à Châtillon et sur les hauteurs. Le chiffre des prisonniers connus s’élève à plus d’un centaine ». Pour autant, nos troupes n’ont pas pu reprendre Châtillon.

 

Le même jour le château de Saint-Cloud, servant alors de résidence à l’état-major prussien, est incendié par des obus tirés depuis le fort du Mont Valérien.

 

Picot, comte de Dampierre 

 

Picot, comte de Dampierre (cimetière de Bagneux).

 

 

5.2 – Canonner l’ennemi :

 

Au fort d’Issy, dont l’action vient d’être essentielle dans la Deuxième bataille de Châtillon, les canonniers français tentent par tous les moyens de stopper, du moins de ralentir, les travaux de fortifications des batteries prussiennes.

 

Dans Paris, alors que les sorties de ballons se multiplient, les bouchers ne vendent plus que 100 gr de viande par personne. Devant les étals, les queues sont immenses. Un simple morceau de pain est vendu une fortune et demande des heures d’attente !

 

 

6 – La première bataille de Buzenval.

 

Le 21 octobre, le général Ducrot décide d’une percée vers Garches et Saint-Cloud. Il s’agit de ce que l’on appelle aujourd’hui la « Première bataille de Buzenval ». Une canonnade de près d’une heure permet à nos troupes de sortir de Paris et d’avancer jusque sur les hauteurs de la Jonchère. A Issy, sur la rive gauche de la Seine, le général Vinoy fait garder la route stratégique le long de la Seine et fait canonner les positions ennemies grâce aux batteries des forts.

 

Surpris, à la fois par la fougue française et la bonne coordination des manœuvres, les Prussiens reculent. Ils songent même à retirer leur Etat-major de Versailles pour aller le placer plus loin. Néanmoins, après plusieurs heures de combats d’abord victorieux puis incertains pour les Français, les ennemis reprennent peu à peu le terrain perdu.

 

Leur vengeance est terrible. Elle s’abat sur le hameau de Buzenval : le 22 octobre, près d’une vingtaine de villageois sont traduits en conseil de guerre et trois d’entre eux sont fusillés devant les habitants « pour l’exemple d’avoir aider les Français ».

 

 

Buzenval - Octobre 1870 

 

La défense de la porte de Longboyau – Première bataille de Buzenval.

 

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 2 Juin 2012

Fortifications de la porte de Versailles (Paris)

Fortifications de Paris en 1870 à la Porte de Versailles.

 

 

2 – Paris fortifié ; Paris protégé ?

 

2.1 – Le système de fortification :

 

Après moult tergiversations, recommandations, lois et décrets, une enceinte fortifiée autour de Paris commence à voir le jour en 1841, sous le gouvernement d’Adolphe Thiers. Longue de 33 km, elle comporte 94 bastions, 17 portes, 23 barrières et 8 passages de chemin de fer. A l’extérieur, après une fosse, une bande de 250 m de large est déclarée non constructible ; à l’intérieur, les bastions sont desservis par la rue Militaire et par une voie de chemin de fer, rapidement surnommée « Petite Ceinture ». Au passage, les villages de Montmartre, La Villette, Belleville, Charonne, Bercy, Montrouge, Vaugirard, Auteuil, Passy et des Batignolles sont annexés.

 

L’enceinte de Paris est complétée par une série de forts judicieusement placés sur des axes principaux ou au croisement d’axes principaux. Ainsi, à Saint-Denis, grande ville industrielle, la situation du Fort de la Double-Couronne permet le contrôle de la Route nationale 1 et de la Route nationale 14 ; à Maisons-Alfort, le Fort de Charenton (le fort prend le nom de la ville qu’il doit défendre) est situé entre la route nationale 6 (route de Genève) et la route nationale 19 (route de Belfort). Ces ouvrages doivent permettre d’une part de stopper toute colonne se dirigeant sur la capitale (une colonne comporte des dizaines de milliers d’hommes, de chevaux et de voitures, donc doit prendre des axes principaux) ; d’autre part, les forts sont aussi là pour empêcher tout bombardement grâce à l’action de leur propre artillerie. Autour de la capitale les forts sont au nombre de 16 :

 

- Forts de la Briche, de la Double-Couronne, de l’Est à Saint-Denis.

- Fort d’Aubervilliers à Aubervilliers.

- Fort de Romainville aux Lilas.

- Fort de Noisy à Romainville.

- Fort de Rosny à Rosny-sous-Bois.

- Fort de Nogent à Fontenay-sous-Bois.

- Fort de Vincennes à Vincennes.

- Fort de Charenton à Maisons-Alfort.

- Fort d’Ivry à Ivry-sur-Seine.

- Fort de Bicêtre au Kremlin-Bicêtre.

- Fort de Montrouge à Arcueil.

- Fort de Vanves à Malakoff.

- Fort d’Issy à Issy.

- Forteresse du Mont Valérien à Suresnes.

 

2.2 – Le fort d’Issy :

 

Le Fort d’Issy est situé dans le sud de l’actuelle commune d’Issy-les-Moulineaux, à environ 4 km de l’ancien mur sud d’octroi de Paris.

 

Construit entre 1840 et fin 1841, il présente, comme la plupart des forts autour de la capitale, une forme en étoile, héritée des principes du maréchal Vauban sous Louis XIV. Par l’ouest depuis Saint-Denis et jusqu’à Nogent, les forts sont placés sur des hauteurs pour des raisons de surveillance et de défense. Fait de briques, de terre, avec des redoutes, le fort d’Issy a une importance capitale car il supplée le manque de fortifications entre Auteuil et Issy du fait du lit de la Seine (quartier du Point du Jour). Dans son ouvrage remarquable, Issy-les-Moulineaux, histoire d’une commune suburbaine de Paris (à compte d’auteur en 1977), Alain Becchia, professeur d’histoire géographie indique ceci : « Il est facile d’imaginer ce que cela représenta pour le bourg : des expropriations importantes touchant plusieurs carrières et de nombreuses vignes ; des travaux qui durèrent près de deux ans avec une foule d’ouvriers ; l’installation d’une garnison avec tout ce que ceci implique, bien que l’effectif en soit réduit ; une modification importante du paysage enfin, l’ouvrage couronnant la partie la plus haute du finage, affirmant en quelque sorte la présence de plus en plus envahissante de Paris, tandis que la limite communale était désormais matérialisée du côté de Vaugirard par de profonds fossés en eaux ».

 

2.3 – Troupes françaises dans Paris :

 

Plus de 200.000 hommes en armes sont dans Paris. La capitale peut compter sur des troupes aguerries comme les soldats des 34 et 35ème régiments d’infanterie de ligne, les marins canonniers sous les ordres de l’amiral La Roncière-Le Noury et les troupes spéciales du train, de la gendarmerie et des douanes. Il y a aussi les unités de la Garde nationale. Mais elle est composée d’hommes rappelés, équipés et formés hâtivement. On y rencontre des ouvriers, des commerçants, des manutentionnaires… Tous les âges, toutes les habitudes se côtoient dans une mêlée indescriptible. Certaines unités votent l’élection des officiers, d’autres se préoccupent plus de politique que du maniement des armes, pour d’autres encore l’expérience du feu est tellement limitée que personne ne veut se porter garant de la tenue de la troupe au combat !

 

2.4 – Renforcement des défenses :

 

Dès la proclamation du gouvernement d’union nationale, une action majeure est dirigée vers la défense de la capitale. Maintenant que Napoléon III est fait prisonnier, l’objectif des Prussiens est clair : qui entre dans Paris met la France à genoux. Les enceintes sont donc renforcées, les forts qui ne sont pas achevés sont abandonnés.

 

3 – Première bataille de Châtillon.

 

3.1 – L’arrivée des Prussiens :

 

Donc, alors que le siège de Metz est en cours et que les combats continuent dans le nord, l’est et bientôt sur la Loire, les premiers éléments prussiens s’établissent aux portes de Paris vers le 15 septembre. Il ne s’agit pas d’entrer immédiatement dans la capitale : Bismarck et von Moltke décident de former une sorte de ceinture à environ une dizaine de kilomètres de la capitale. Un bon siège, qui dure et qui affame les Parisiens, est la tactique retenue. D’abord peu nombreuses, les troupes allemandes sont bientôt fortes de plus de 150.000 hommes. Au fur et à mesure des victoires, donc de la libération d’unités, elles se renforcent pour arriver à la fin de l’année 1870 à plus de 200.000 hommes.

 

Les armées prussiennes arrivent sur Paris en deux colonnes : la première passe par l’actuel Val d’Oise (Ecouen) et se dirige vers Le Bourget ; la seconde fait le trajet depuis les Ardennes et passe par le sud de la région parisienne (Corbeil). Quelques semaines plus tôt, il était question de la grandeur de l’Empire français. Ses ennemis ne sont plus qu’à deux lieues, trois au plus !

 

Le général Exéa organise une reconnaissance offensive : il s’agit d’aller au contact de Bavarois signalés vers Choisy-le-Roi. Des combats ont lieu sur la route entre cette ville et Versailles. Nos troupes se contentent de contenir les ennemis… qui occupent le 18 septembre les villes de Bourg-la-Reine, Clamart et Meudon. Bientôt Versailles est prise sans combats.

 

Pour éviter que le cercle ne se referme autour de Paris, et que les forts de Clamart et de Châtillon ne tombent aux mains de l’ennemi (le fort de Châtillon, situé sur une butte, permet de bombarder tout le sud de Paris), le général Ducrot, qui a succédé à Mac-Mahon au début des combats dans l’est de la France, ordonne une sortie là-aussi en deux colonnes.

 

3.2 – Dans les bois de Clamart et de Meudon :

 

Les troupes sortent de Paris le 19 septembre : la première colonne se dirige vers Montrouge et Bagneux ; la seconde sur les bois de Clamart et de Meudon. A Bagneux, nos hommes sont bousculés par des troupes plus aguerries et plus solides. A Meudon la situation n’est guère meilleure. En-dehors de l’exploit des Zouaves à la ferme du Trivaux, partout les Français reculent. Devant la puissance du feu allemand, les généraux Ducrot et Exéa sont contraints de faire marche arrière. Ils viennent se réfugier aux pieds des forts d’Issy, de Vanves et de Montrouge.

 

De nombreux régiments rentrent dans Paris, où ils sont à peu près certains de se refaire une santé en attendant des jours meilleurs. Pour autant, des unités restent à la pointe du combat comme des compagnies du 150ème régiment de marche, au Plessis-Piquet (bientôt Plessis-Robinson).

 

A Montretout (Saint-Cloud), compte tenu de l’inachèvement des fortifications, la redoute est abandonnée à l’ennemi. Sur toutes les hauteurs dominant aussi bien le sud de la capitale que le nord, les Prussiens s’installent et placent leurs batteries. Pendant quelques jours, alors que de part et d’autre on installe les campements et les Etats-majors, des escarmouches ont lieu entre escouades : à Vanves, une compagnie d’éclaireurs tombe nez-à-nez avec un peloton de tirailleurs bavarois.

 

Au devant du fort d’Issy, en reconnaissance, 120 hommes du 4ème bataillon de la Seine ont maille à partir avec l’ennemi. Le 24 septembre, les canonniers isséens prennent pour cibles les batteries allemandes placées sur les hauteurs de Sèvres. Quatre jours plus tard, le général Blanchard fait passer ses hommes du 13ème bataillon de marche par Issy avant de se rendre au parc Fleury. Il s’agit de valider les positions ennemies installées sur la terrasse du château de Meudon.

 

Le 29 septembre, alors qu’une bataille importante se déroule entre L’Hay-les-Roses et Chevilly, Blanchard organise une nouvelle reconnaissance sur Issy et le Bas-Meudon : il convient de montrer des forces aux troupes ennemies et de les contenir sur cette partie du front, somme toute fragile : la Seine est difficile à garder et constitue l’un des points faibles de la défense de Paris.

 

 

Bavarois plateau de chatillon

 Bavarois sur le plateau de Châtillon.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 26 Mai 2012

ReichshoffenMorot1870
La charge des cuirassiers à Reischoffen.
1 – L’humiliante défaite.
 
1.1 – Une double méprise :
 
La guerre franco-prussienne est principalement liée à une double méprise : diplomatique et militaire.
 
Diplomatique : en 1815, au Congrès de Vienne, la Prusse, l’un des vainqueurs de Napoléon 1er, a pris une place prépondérante en Europe. Le roi Frédéric-Guillaume III de Hohenzollern, aidé entre autres du général Carl von Clausewitz (auteur du traité fameux De la Guerre), a transformé son royaume en favorisant une administration de premier plan et une importante industrie. Son fils, Frédéric-Guillaume IV, lui succède en 1840. Mais, atteint d’une maladie mentale, le jeune homme est secondé par son frère Guillaume 1er à partir de 1858. Frédéric-Guillaume IV meurt en 1861. Guillaume est proclamé nouveau roi de Prusse. Il sait s’entourer d’hommes remarquables, à commencer par son ministre-président Otto von Bismarck.
 
L’idée majeure du ministre-président consiste à réunir autour de la Prusse les anciens Etats du Saint-Empire germanique : au sud, la Bavière, et à l’ouest, le Hesse, le Bade et le Wurtemberg. Mais ces derniers soutiennent l’Empire autrichien plus que la Prusse. En 1866, à l’occasion de la guerre austro-prussienne, les Autrichiens sont aisément battus à Sadowa. L’industrie militaire prussienne a fait merveille… Il s’agit maintenant pour Bismarck de renforcer le nouveau conglomérat d’Etats pour en faire une nation. A l’époque, il n’est pas forcément question que d’économie, de mesures budgétaires ou de monnaie. « Rien de tel qu’une bonne guerre » selon l’expression des anciens ! Et quelle meilleure excuse qu’une épreuve contre l’ennemi héréditaire : la France.
 
En France, la monarchie traditionnelle de Louis XVIII puis de Charles X a laissé la place à un régime parlementaire et libéral avec Louis-Philippe, roi des Français. Ce n’est pas encore assez : un fort vent de liberté souffle en continu sur le pays. La Deuxième république est proclamée en 1848. Louis-Napoléon Bonaparte, neveu de Napoléon 1er, est élu. Trois années plus tard, en 1851, il dissout l’Assemblée nationale et met en place un régime autoritaire. Le 2 décembre 1852, il se fait plébisciter comme Empereur des Français, sous le nom de Napoléon III.
 
 En 1870, le trône d’Espagne, vacant, donne lieu à une compétition entre plusieurs princes d’Europe. Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen pose sa candidature. Il n’est pas envisageable pour la France de se trouver en quelque sorte coincée entre des Hohenzollern à l’est et au sud ! Napoléon III fait envoyer des émissaires en Prusse afin de demander le renoncement à cette candidature. Guillaume accepte. La France veut plus : il s’agit pour les Prussiens d’y renoncer pour toujours. Refus de Guillaume. A l’occasion d’un troisième déplacement de Benedetti, ambassadeur français, dans la ville allemande d’Ems, Bismarck fait publier une dépêche humiliante pour la France : non seulement son roi n’accepte pas les conditions demandées mais en plus il fait savoir qu’il n’est pas question un instant que l’ambassadeur soit reçu. L’attitude arrogante de la France est brocardée.
 
A Paris, la population descend dans les rues et demande que le camouflet soit réparé coûte que coûte. Et le mieux est encore de donner une bonne leçon aux Prussiens orgueilleux. Les parlementaires et l’entourage de l’empereur français sont également de cet avis. Le 19 juillet 1870, Napoléon III se laisse convaincre et déclare la guerre à la Prusse. A sa grande surprise, il découvre que les Etats de l’Allemagne du sud et de l’Ouest se rangent du côté ennemi, dans une sorte d’enthousiasme guerrier.
 
Méprise militaire : en France, les principes appliqués sont pratiquement tous issus des guerres napoléoniennes. Bien que Napoléon III et son gouvernement aient transformé le pays avec une industrialisation à marche forcée, l’équipement des militaires n’a que peu évolué. Même si le fusil français – Chassepot – est redoutable, les commandes de munitions dépendent d’une manufacture belge dont l’un des actionnaires n’est autre le fils de Guillaume 1er (le Kronprinz). Qui plus est, l’Empire français a confronté ses certitudes guerrières seulement à l’occasion de conflits mineurs, comme au Mexique – ou l’expédition se transforme en tragédie, notamment à Camerone – ou dans le cadre de la colonisation (en Afrique notamment).
 
Les Prussiens n’ont pas la même approche. L’Etat-major de l’armée a envoyé des observateurs sur tous les conflits du monde, à commencer par la Guerre de Sécession aux Etats-Unis. Pour l’armement, l’innovation est l’idée directrice : canons Krupp avec chargement par la culasse ; obus composés de shrapnells (les obus explosent avant d’atteindre le sol et envoient des billes d’aciers dans un rayon d’une centaine de mètres). Par ailleurs, plusieurs régiments sont équipés d’une nouvelle arme automatique et redoutablement efficace : la mitrailleuse.
 
Enfin, si la France peut mobiliser 250.000 hommes, la Prusse en mobilise trois fois plus. Et quand le soldat français a pour première qualité la marche à pied, le soldat allemand est lui transporté sur les lieux des combats grâce au chemin de fer.
 
1.2 – De défaite en défaite :
 
 Estimant être dans leur bon droit – la déclaration de guerre est française – les armées allemandes n’attendent pas et franchissent le Rhin. Napoléon III nomme son épouse, l’impératrice Eugénie, régente et s’en va à Metz, avec le jeune prince impérial – alors adolescent – prendre la tête de l’armée.
 
Le 4 août 1870, les fantassins français sont battus à Wissembourg ; le 6, la cavalerie est à son tour massacrée à Reichshoffen. Les jalousies entre les officiers généraux – Bazaine, McMahon, Frossard – n’arrangent rien. Le 12 août, Napoléon III, malade, doit laisser la direction des opérations au maréchal Bazaine. En dépit de combats acharnés de certaines compagnies, comme à Gravelotte ou à Bazeilles, toutes les unités françaises reculent. Le 18 août, Bazaine doit s’enfermer dans Metz. McMahon monte une nouvelle armée pour dégager la capitale de la Lorraine. Il échoue. Avec l’empereur, il doit se retirer sur Sedan.
 
Dès les premiers assauts, McMahon est blessé. Il est remplacé par les généraux Ducrot puis Wimpffen. Les plans de bataille se succèdent, incohérents, annihilant les sacrifices d’unités comme les Marsouins ou les chasseurs d’Afrique. Le 2 septembre, Napoléon III est fait prisonnier. Il offre à la Prusse près de 100.000 hommes et du matériel en quantité astronomique. La bataille a tué 15.000 Français et 10.000 Allemands.
 
A Paris, c’est l’affolement général : les députés républicains Léon Gambetta, Jules Ferry et Jules Favre vont voter la déchéance de l’Empire français. Le 4 septembre 1870, la Troisième république est proclamée, un gouvernement d’union nationale constitué avec pour maître mot : la défense !
 
Le 29 octobre, c’est au tour du maréchal Bazaine de se rendre : il ouvre les portes de la ville de Metz. Près de 180.000 soldats sont fait prisonniers. C’en est fait de la plus puissante des armées françaises.
 
Sur la Loire, des unités qui s’étaient repliées, sous le commandement du général de La Motte-Rouge, doivent à nouveau reculer, à Artenay devant des Bavarois qui eux protègent leur dispositif au sud de Paris. Gambetta demande la réorganisation de cette « Armée de la Loire » en deux nouvelle unités. Mais elles sont elles-aussi défaites : la première, commandée par Aurelle de Paladine est battue vers Orléans et la seconde – de Chanzy – au Mans.
 
Dans le Nord, après la bataille de l’Hallue, Faidherbe remporte une nouvelle victoire française, à Bapaume, au cours des journées des 2 et 3 janvier 1871. Il contient l’avancée prussienne. Mais le répit n’est que de courte durée car, dès le 19 janvier, ses troupes sont massacrées par les Prussiens à Saint-Quentin. Paris ne sera pas libéré par des troupes venant du nord.
 
 A l’est, les combats sont tout aussi terribles : le général Bourbaki remporte une victoire le 8 janvier 1871 à Villersexel. Mais là encore, cela ne suffit pas :il n’arrive pas à libérer Denfert-Rochereau qui s’est enfermé dans la ville de Belfort (mais qui ne rendra la place qu’après l’armistice et sur ordre exprès du gouvernement de la République). Pire, elle est par la suite battue devant Montbéliard. Bourbaki ordonne alors la retraite vers la Suisse : en accord avec ce pays, près 80.000 soldats français seront internés dans ce pays, ayant été au préalable désarmés au moment du passage de la frontière.
 
Mais, depuis le 11 septembre 1870, les Prussiens sont sur la Marne, à 50 kilomètres de Paris.
 
 
 Bazeille
 
 Les Dernières cartouches (combats de Bazeille) d’Alphonse de Neuville.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 24 Mai 2012

Napoleon III et Bismarck

Entrevue entre Napoléon III et Bismark à Donchéry, le 2 septembre 1870 (copyright SHD).

 

Le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux est heureux de présenter au cours des prochaines semaines, une série de six articles sur la Guerre franco-prussienne et ses implications sur ce qu’étaient à l’époque les villages des Moulineaux et d’Issy.

 

Nous tenons à remercier l’ensemble des personnes qui nous ont aidé dans ses recherches, et à commencer par M. Thierry Gandolfo, conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux et Madame et Monsieur Bétry, de la revue Historia et de l’association Historim, pour leur aide précieuse et leurs encouragements.

 

Pour illustrer ces articles, retrouvez les photographies dans l’album intitulé « 013- Guerre franco-prussienne ». Enfin, voici une liste de sources qui nous ont permis d’écrire les articles à venir.

 

Sources :

 

Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux : www.issy.com

Encyclopédie en ligne : www.wikipedia.fr et www.larousse.fr

Site sur les fortifications du général Adolphe Séré de Rivière : www.fortiffsere.org

Site de l’association sur l’Histoire et la Recherche d’Issy-les-Moulineaux : www.historim.fr

Travaux du Conseil communal des Aînés.

Xavière Gauthier, La Vierge rouge, Editions de Paris.

Pierre Milza, L’Année terrible, Perrin.

Karl Marx, La guerre civile en France (1871).

Louise Michel, La Commune : Histoire et Souvenirs (1898).

Alain Becchia, Issy-les-Moulineaux, histoire d’une commune suburbaine de Paris, auto-édition.

Philippe Séguin, Louis-Napoléon le Grand, Grasset.

Général Yves Gras, Castelnau ou l’art de commander, Denoël.

Pierre Miquel, La Troisième république, Fayard.

Recherches sur l’historique des dépêches télégraphiques du Gouvernement Thiers.

Extraits du Journal officiel de la République.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 22 Mai 2012

 

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Le vendredi 8 juin 2012, la Nation rendra hommage aux « Morts pour la France en Indochine ». Le rendez-vous est fixé à 18h00 place des Combattants d’Indochine et de Corée à Issy.

 

Le lundi 18 juin 2012, commémoration de l’Appel du général de Gaulle ; le rendez-vous est fixé place du 8 mai à Issy à 18h00.

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Publié le 11 Mai 2012

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Mesdames et Messieurs,

Chers Amis,

 

En inaugurant, hier à l’Hôtel-de-Ville, l’exposition « Bir Hakeim, symbole d’une France renaissante », nous célébrions le 70e anniversaire de cette brillante victoire qui fut l’un des symboles du tournant dans la seconde guerre mondiale.

 

En 1942, le vent tournait enfin en faveur des Alliés. Cette bataille représente aussi le premier grand succès militaire de l’armée française libre face aux troupes italo-allemandes. Plus tard viendront la bataille de Stalingrad, celle du Monte Cassino, les débarquements de Normandie et de Provence, la libération de Paris, puis la capitulation allemande, le 8 mai 1945, que nous commémorons aujourd’hui.

 

Mais cette victoire eut un prix. Le prix du sang des combattants, des résistants et des déportés, le prix des larmes des veuves et des orphelins, le prix de la faim pour des populations entières. Et pour tous, le prix de l’attente que cette guerre cesse enfin. Une attente bien longue, depuis mai 1940 et l’invasion de notre territoire par les chars allemands. Il ne leur a fallu que quelques semaines pour atteindre Paris.

 

Et à Issy-les-Moulineaux comme dans toute la zone occupée, le bruit des bottes allemandes s’est fait entendre. Tous les habitants de notre ville ont pu témoigner des quatre années d’Occupation qui vont suivre, des difficultés du quotidien jusqu’aux pires atrocités. Se nourrir est devenu le souci de chaque jour. Tout le monde y est confronté. On doit attendre son tour devant la Mairie pour obtenir des tickets de rationnement, puis faire la queue devant la boutique de la rue Diderot ou l’épicerie Legrand sur l’avenue de Verdun, afin d’obtenir son quota de pain, de beurre ou de fromage… Chaque élément prend une importance considérable. Une seule véritable ferme subsiste encore à Issy. Evidemment, son bétail ne suffit pas pour alimenter la population isséenne. Alors on apprend à faire du pâté sans viande. On s’efforce d’apprécier le rutabaga du maraîcher Cambuzat qui cultive ses terres près du Séminaire St-Sulpice. Et l’hiver glacial de 1942, le plus froid depuis 50 ans, viendra exacerber les difficultés du quotidien.

 

Les hostilités ne sont pas restées une réalité lointaine pour la ville et ses habitants. Tous ont été témoins des bombardements dont la ville a été la cible. L’objectif est presque systématiquement l'usine Renault de l'île Seguin, mais également le camp militaire de l'île St-Germain ainsi que les usines des bords de Seine, passées sous contrôle allemand.

 

Mais bien souvent, les bombes tombent loin du point d'impact, et font des victimes que l’on dirait aujourd’hui « collatérales ». En mars 1942, une bombe britannique atterri rue Jean-Pierre Timbaud et fait près de 350 morts en détruisant une vingtaine d’immeubles. Le théâtre municipal de l’avenue Victor CRESSON, devenu aujourd’hui Palais des arts et des congrès, est sévèrement endommagé. Pour les habitants de la ville, il faut calfeutrer les fenêtres, installer partout des ampoules de couleur bleue… Surtout ne pas se faire remarquer, respecter le couvre-feu, et descendre aux abris à chaque alerte. La peur des rafles se ressent à chaque coin de rue. A Issy, les descentes de police sont fréquentes pour traquer les suspects, les opposants ou les juifs… Souvenons-nous de Victor Cresson, le Maire d’Issy-les-Moulineaux entré en Résistance dès 1940, qui mourut d’épuisement en déportation, après 4 années d’emprisonnement.

 

La France a payé un lourd tribut au combat. Parmi ses soldats, André Fougerat, ce jeune marin est mort à l’âge de 22 ans le 3 juillet 1940 lors de la tragédie de Mers-El-Kébir. Il est enterré ici-même, au carré militaire du cimetière d’Issy aux côtés de 1.500 autres soldats.

 

Tout près de nous, le sang de la torture a coulé, le Stand de Tir de Balard ayant été reconverti par les Allemands en lugubre salle de supplice et d’exécution. Ce n’est qu’à la Libération qu’on a découvert les effroyables crimes qui avaient été perpétrés dans cette pièce. Mais notre ville fut aussi le lieu de la résistance et d’actes d’héroïsme, depuis la résistance passive des réfractaires au STO jusqu’aux cellules clandestines armées. Au fil des années, deux groupes importants se mettent en place : le Mouvement de Libération Nationale ayant son siège clandestin à la Mairie grâce au concours de plusieurs employés municipaux, et le groupe FTP-Bosredon qui se réunit à l’intérieur de l’hôpital Corentin Celton.

 

Leur action ne nous paraît peut-être pas très spectaculaire mais elle est loin d’être inutile : collecte de renseignements, émissions radio vers l’Angleterre, détournement de camions… L’issue est tragique à plusieurs reprises : deux jeunes garçons mitraillés sur le pont de Billancourt pour avoir plaisanté le poste de garde allemand ; Sylvain Guillaume abattu alors qu’il tentait de faire exploser un transformateur à Malakoff…

 

Puis vient le débarquement de Normandie. Les évènements s’enchaînent et, dès lors, on peut espérer une victoire prochaine. A l’annonce de l’approche des troupes alliées, animés par la ferveur les habitants barrent les rues avec des sacs de sable pour empêcher le départ des Allemands, alors retranchés dans certaines parties de la ville, notamment sur l’île Seguin. Une démarche un peu trop précipitée puisque les barricades ont du finalement être enlevées à la hâte pour pouvoir laisser passer les troupes alliées !

 

En août 44, ce sont en effet les chars de la 2e DB du général Leclerc qui libèrent notre ville en passant par la rue Ernest Renan, ce dont peuvent encore témoigner des Isséens qui ont vécu cet extraordinaire moment. Quatre ans plus tard, la Ville la rebaptisera rue du Général Leclerc.

 

Cette glorieuse 2e DB est aujourd’hui représentée par deux sections du Régiment de Marche du Tchad, dont nous sommes fiers d’être la ville marraine. Nous avons aujourd’hui une pensée toute particulière pour leurs camarades qui sont actuellement en opération extérieure au Liban.

 

La deuxième unité filleule de notre ville, représentée aujourd’hui, est le 2e Régiment d’Infanterie de la Garde Républicaine. Ce régiment assure la protection et la sécurité des institutions et palais nationaux, et des missions d’honneur pour les hautes instances de l'Etat. Par ses missions, il symbolise le prestige de notre pays. C’est aujourd’hui notre honneur de les accueillir.

 

La victoire du 8 mai 1945 a ouvert une nouvelle page de notre civilisation. Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui s’est bâti sur les ruines de Berlin, dans le souvenir ineffaçable des camps de la mort, grâce aux enseignements du procès de Nuremberg, par l’héroïsme et le courage exemplaire de millions de combattants, sur les valeurs communes qui ont forgé l’idéal et l’esprit de notre 5e République, et sur l’espoir d’une Europe fraternelle. Forts de ces enseignements et héritiers de ces valeurs, chacun d’entre nous porte une responsabilité dans la poursuite de la construction de ce nouveau monde solidaire.

 

Nous le devons pour nos générations futures. Nous le devons pour nos anciens combattants à qui je tiens à exprimer, au nom de tous les Isséens, notre reconnaissance éternelle.

 

André SANTINI

Ancien Ministre

Député-Maire d’Issy-les-Moulineaux

 

 

 

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Publié le 1 Mai 2012

 

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Chers adhérentes, chères adhérents,

 

Voici le programme pour les 7 et 8 mai 2012 :

 

·         Lundi 7 mai 2012 à 18h00 => Conférence par le Capitaine de vaisseau Guy Crissin en salle Multimédia de l’Hôtel de Ville « Rommel face à la résistance française à Bir Hakeim ».

·         Mardi 8 mai : 8h00 : Rassemblement devant le CNET et départ en car.

·         8h30 : messe à Notre Dame des Pauvres.

·         9h15 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.

·         9h35 : place du 8 mai ; fleurissement et lecture du discours de MR LAFFINEUR, secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, par Roger Fleury, président  de l’UFAC.

·         9h50 : cortège jusqu’à la place du maréchal de Lattre de Tassigny.

·         10h00 : square Bonaventure Leca, dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.

·         10h15 : monument aux morts de la ville ; discours de Jean Quillard, président des ACV, et d’André Santini, ancien ministre, député-maire de la ville.

·         10h40 : défilé du Régiment de marche du Tchad et du 2ème régiment de la Garde républicaine.

·         11h00 : vin d’honneur dans les salons de l’Hôtel de Ville.

 

Le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux organisera, comme chaque année, la quête du Bleuet de France et compte à la fois sur votre présence et votre générosité pour les Morts pour la France, leurs familles et les blessés qui sont aussi soutenus par nos associations.

 

 

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Publié le 20 Avril 2012

 

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Adjudant-chef Mohammed El Gharrafi, du 2ème REG, tué en Afghanistan le 29 décembre 2011.

 

 Après les attentats aux Etats-Unis de 2001, avec le soutien des forces de l’OTAN, les Etats-Unis renversent le régime des Talibans en Afghanistan. Ces derniers abritent alors les terroristes d’Al-Qaida et leur chef Oussama Ben Laden.

 

En 2004, la mission des forces de l’OTAN devient l’ISAF (Force Internationale d’assistance et de sécurité) et son but consiste en une aide à la mise en place d’un Etat structuré et fort dans ce pays, sous la présidence d’Hamid Karsaï. Cette mission s’accompagne, comme bien souvent, d’un volet humanitaire et de développement des infrastructures.

 

La France est active en Afghanistan depuis 2001 et compte aujourd’hui 3.400 militaires, placés dans les provinces de Kaboul – la capitale –, de la Kapisa et de Surobi. Depuis 2001, 82 militaires français ont trouvé la mort dans ce pays, et sans parler des dizaines de blessés.

 

C’est l’une des missions du Souvenir Français que de conserver la mémoire de ces militaires morts au Champ d’honneur. Diffusé par Yves Debray, membre du conseil d’administration de l’Association de Soutien à l’Armée Française, voici ce poème écrit Madame Colette Dahais, employée du Corps des Personnels civils de le Défense au Musée du Génie d’Angers.

 

 

« J’avais vingt, trente ou quarante ans

J’étais caporal, capitaine ou adjudant

Et je suis mort en Afghanistan.

 

Sur une terre hostile et lointaine

Je suis parti loin des miens

Défendre la paix, la veuve et l’orphelin

Je n’étais qu’un soldat, pas un héros

Mon engagement c’était ma foi, mon crédo.

 

Qu’ici en France tous le comprennent

Que mes parents et camarade on soutienne

Que les jeunes Afghans grandissent sereins

Que mon sacrifice ne soit pas vain.

 

Adieu maman, adieu chérie, adieu mon tout-petit

Dans la douleur et le chagrin

Pas de revanche ni de colère

C’était mon métier, j’en étais fier

Bien qu’à ma vie, il ait mis fin.

 

J’avais vingt, trente ou quarante ans

J’étais officier, sous-officier ou militaire du rang

Tombé au Champ d’honneur… là-bas en Afghanistan ».

 

 

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Publié le 8 Avril 2012

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Jacques Vignaud, au collège Henri Matisse d’Issy-les-Moulineaux. Conférence sur la Résistance.

 

Il y a quatre années, le Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux rencontrait Jacques Vignaud, qui avait alors raconté son engagement dans la Résistance à l’âge de 17 ans : « Ces adolescents qui prirent tous les risques pour sauver la France ».

Voici une suite de ce récit.

 

Anarchiste républicain.

 

« Je ne fus démobilisé qu’en janvier 1946. Après la poche de Royan – La Rochelle, je fus envoyé sur celle de Lorient. Des armées entières étaient parties pour délivrer le territoire national, et poursuivre la lutte en Allemagne. Pour notre unité, il s’agissait de participer à la gestion des zones de résistance de l’ennemi. Si à Royan, j’étais un fantassin du 93ème RI., à Lorient, on me plaça un camion Bedford tout neuf dans les mains, avec interdiction de prendre à bord des passagers.

 

Je passais donc au milieu de pauvres familles qui rentraient chez elles. Pauvres familles qui s’en revenaient d’un exode parfois de plusieurs années afin de retrouver la terre de leurs aïeux. Une fois, je n’y tins plus et je remplis mon Bedford de passagers. Bien sûr, la police militaire me prit en flagrant délit. Ainsi, après avoir connu la prison en tant que Résistant, je la connus en tant que militaire désobéissant à un ordre que je considérais comme stupide.

 

Cette insoumission était bien dans mon caractère. J’ai toujours été une sorte d’anarchiste. Républicain certes, mais récalcitrant à toute la connerie humaine ! Bref, cela me valut 8 jours d’arrêt de rigueur. Mais j’étais le seul prisonnier à Lorient qui recevait des visites d’habitants de la ville, des paniers plein d’huîtres à mon intention !

 

Déjà quelques temps plus tôt, j’avais agit de la sorte. Les Allemands étaient à la recherche de jeunes gars pour aider les entreprises françaises à construire le Mur de l’Atlantique. J’étais alors garçon de recettes sur les Fêtes foraines. Je fus embarqué de force pour travailler aux ouvrages fameux. Je ne peux pas dire que j’en faisais lourd… Un jour, alors que le chantier était la cible de bombardements « d’avions forteresses » de l’US Air Force, je descendis sous les hangars de protection. Là, un sous-marin allemand était accosté. Ils évacuaient des blessés. Je reportai ce que j’avais vu à quelques camarades le lendemain. Puis je pris l’habitude de les informer régulièrement. On pouvait compter sur mon engagement et ma fidélité à la cause qu’ils défendaient.

 

Tout naturellement, ils me demandèrent quelques mois plus tard de rejoindre le maquis. J’avais 17 ans ».

 

Reporter au Time Life.

 

« Je fus donc démobilisé en janvier 1946. On nous avait donné des papiers pour nous rendre dans des bureaux de recrutement. A Paris, nous reçûmes des enveloppes, au sein desquelles se trouvaient des propositions d’emploi. Nous étions en sortie de guerre, heureux d’être des miraculés. Et tout était possible. J’ouvris. Deux propositions s’y trouvaient : l’une pour Fortune et l’autre pour Time Life. Je rencontrai le directeur de ce journal à Paris. Il me dit : « Si tu sais conduire une jeep, alors je t’engage. Prends cet appareil photo. Prends des photos. Tout ce que tu veux. J’ai besoin que l’on voit Paris après la guerre. Débrouille-toi et bonne chance ! ».

 

J’habitais chez une personne de ma famille à Bezons. Je passais mes journées à travailler, à faire ce que j’appelais pompeusement mes reportages. On m’avait aussi confié le tri de la presse pour préparer des revues pour le correspondant du journal à Paris : Sherry Mc Gan. Enfin, je passais des courriers à un Américain en charge de l’application du Plan Marshall pour la France.

 

A partir du mois de décembre 1946, l’Assemblée nationale fonctionna à nouveau. Vincent Auriol en était le président. Je devais me rendre au Palais Bourbon afin de remettre une invitation à l’’un des ténors de la politique de l’époque, un héros de l’entourage du général de Gaulle : Maurice Schumann. J’avais 20 ans et je rencontrais un personnage important. Je dois confesser que ce n’était pas la première fois que j’étais dans cette situation.

 

Environ deux années plus tôt, alors maquisard, on m’avait demandé d’aller chez l’écrivain Georges Simenon qui s’était installé peu loin de notre campement. Là-aussi, j’étais pétrifié de peur à l’idée de rencontrer un grand homme. Je m’y rendis en voiture à cheval afin de récupérer de l’essence. Je sais tout ce qui a été dit, écrit sur Simenon pendant la Seconde Guerre mondiale : l’engagement de son frère dans la Waffen-SS de Wallonie, son antisémitisme … Etait-il un collaborateur ? Je n’en sais rien. Ce que je peux dire par contre, c’est qu’il m’accueillit – et d’autres maquisard plus tard avec moi – de manière charmante. Il nous fit des chèques pour nous permettre d’acheter des provisions et tout ce dont nous avions besoin. Il nous couvrit de nourriture, de bouteilles…

 

Ainsi, je me trouvai face à Schumann. Nous discutâmes un moment – en fait il me posa des questions et je tentai de répondre – puis me rendit mon invitation marquée de son accord. Mais plus de soixante-cinq années après, je n’ai pas oublié une seule seconde de cette visite. Je vois encore son regard. Deux petits yeux derrières des lunettes à gros foyers de myope. C’était quand même un événement».

 

Au hasard de rencontres.

 

« Au hasard d’une rencontre puis d’une amitié, un chef d’entreprise me confia un poste au sein d’une unité industrielle dans la chimie. Je devins coloriste et travaillai dans ce métier pendant près de 10 ans, alors qu’au départ je n’avais bien entendu aucune formation.

 

Dans le même temps, je me passionnai pour mon activité bénévole au sein des Auberges de Jeunesse. Je gravis tous les échelons pour atteindre le poste de secrétaire général national. C’est d’ailleurs au cours d’une réunion internationale en Suède que je découvris celle qui allait devenir mon épouse. Une jeune femme thaïlandaise qui représentait les Auberges de tout le sud-est asiatique.

 

Je repris pendant près de trois ans mon travail de journaliste et je devins l’un des correspondants de la revue Selection du Reader Digest entre 1963 à 1966. Enfin, et jusqu’en 1992, je travaillai chez Linguaphone France ou je fus le chef des ventes nationales. Tout en conservant des activités annexes, bien sûr. Au cours de ces dernières années, entre le militantisme politique, l’engagement au conservatoire d’Issy-les-Moulineaux ou dans l’administration du collège Henri Matisse, je n’ai jamais cessé en fait d’être en activité. Cela conserve !».

 

 

Entretiens réalisés en janvier 2012, à la brasserie Les Colonnes, à Issy-les-Moulineaux.

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Publié le 31 Mars 2012

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De gauche à droite : André Labour, Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine, Frédéric Rignault, président du Comité d’Issy et Délégué général adjoint, André Santini, ancien ministre et député-maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Le dimanche 18 mars 2012 s’est déroulée dans la salle d’honneur de la Maison du Combattant, l’assemblée générale du comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français.

 

Le président a remercié l’ensemble des personnes présentes, à commencer par Monsieur Giacomo Signoroni, élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur au cours de l’année écoulée, de même que Messieurs Villenfin et Leconte pour l’organisation. Ont été aussi remerciés, pour leur présence et leur soutien, les présidents des associations d’anciens combattants d’Issy-les-Moulineaux, ainsi que les représentants et leurs présidents de comités des Hauts-de-Seine :

 

·         Messieurs Duhaut et de Cronenbourg pour Meudon.

·         Monsieur le colonel Joël Kaigre pour Chaville.

·         Monsieur Michel (et sa délégation) pour Villeneuve-la-Garenne.

·         Monsieur Duval pour La Garenne-Colombes.

 

Après un moment de silence demandé en mémoire de Madame Lucette Richez, adhérente, et des morts pour la France (et particulièrement des soldats tués en Afghanistan), la séance de travail a été ouverte.

 

Le président a présenté le rapport moral et le rapport d’activité du comité au cours de l’exercice 2010-2011, en rappelant, entre autres, la sortie du livre « Mémoire des carrés militaires des Hauts-de-Seine » publié par le Souvenir Français (se reporter à l’article sur ce site en date du 4 janvier 2012). Ensuite, Monsieur le général Ichac a exposé le rapport financier, (écrit par notre trésorier Monsieur Gilles Guillemont) et a rappelé quelques faits historiques, notamment sur la Stand de Tir de Balard.

 

Monsieur André Labour a rappelé les valeurs de l’association et la nécessité de joindre des jeunes aux manifestations patriotiques puis, en compagnie de Monsieur André Santini, qui avait honoré cette assemblée générale de sa présence, des médailles ont été remises :

 

·         Médaille de Bronze : Madame Louise Zazerra, Madame Lucette Pontet, Madame Georgette Poussange.

·         Médaille d’Argent pour Monsieur Robert Choffé et Monsieur Thierry Gandolfo.

·         Médaille d’honneur pour Monsieur Marie-Auguste Gouzel, maire-adjoint en charge des Anciens combattants et des Affaires militaires, en remerciements de son soutien et de celui de la municipalité.

·         Médaille d’honneur pour Monsieur le général Michel Forget, en remerciements de son soutien, des articles publiés sur ce site et de toute l’aide apportée depuis de nombreuses années.

 

Après le discours de conclusion par Monsieur André Santini, le verre de l’amitié a été servi au foyer Robert Savary et les participants se sont rendus au restaurant Le Bistrot du Boucher pour le déjeuner.

 

Retrouvez toutes les photographies de cette belle journée dans l’album (à droite sur le site dans la liste des albums) intitulé : « 2012-03-18, AG Issy ».

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