Publié le 27 Novembre 2010

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Vue aérienne de Ténès.

 

 

Le 22ème R.I.

 

Créé en 1791 à partir du Régiment du Viennois et des Bataillons de Guyenne, l’unité prend d’abord le nom de 22ème régiment d’infanterie de ligne et se distingue pendant les guerres de Révolution et de l’Empire, entre autres pendant la campagne d’Allemagne en 1813, où l’empereur Napoléon 1er indique : « Il y a vingt ans que je commande des armées et je n’ai jamais vu tant de bravoure et de dévouement ». Par la suite, le régiment participe à la conquête de l’Algérie en 1830, à la campagne d’unification de l’Italie (bataille de Magenta, de Solferino), à la Guerre franco-prussienne de 1870.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, le 22ème RI, stationné à Sathonay et Bourgoin dans le Dauphiné, est de toutes les grandes batailles, qu’il s’agisse en 1914 de la « course à la mer », la Champagne en 1915, Verdun en 1916, la Somme l’année suivante, les Flandres et à nouveau la Champagne en 1918. Le régiment reçoit quatre citations à l’ordre de l’Armée et la fourragère jaune, couleur de la Médaille militaire.

 

En 1939, le régiment est affecté à la défense d’Haguenau en Alsace. Il subit la défaite de 1940 mais contribue à la libération du pays quatre années plus tard. Il est de nouveau mobilisé pour la guerre d’Algérie en 1956.

 

En Algérie.

 

Cette année-là, le gouvernement de Guy Mollet décide de prolonger le service militaire de six à neuf mois suivant que les soldats appelés sont déjà ou non sous les drapeaux (ils sont alors « rappelés »). L’œuvre de « pacification » décidée pour l’Algérie passe par un envoi massif des soldats du contingent.

 

L’état-major, la compagnie de commandement et de soutien (CCS) et les bataillons du 22ème RI sont formés le 22 mai 1956 à Sathonay avec des rappelés originaires de la région. Moins d’un mois plus tard, le régiment débarque en Algérie et s’installe dans un premier temps à Fromentin, avant de rejoindre en septembre de la même année la ville de Ténès, située sur la côte entre Oran et Alger. Les bataillons sont dispersés : le 1er s’implante à Gouraya, tandis que le 2ème prend ses quartiers à Montenotte, le 3ème à Fromentin. Au sein de chaque bataillon, les compagnies s’établissent dans les villages, des lieux-dits ou des camps retranchés, parfois des « bordj » terme local que l’on peut traduire par camp retranché ou, littéralement par caravansérail.

 

Dominique Verley.

 

Dominique Verley nait le 21 juin 1934 à Neuilly-sur-Seine. Habitant à Issy-les-Moulineaux, sergent rappelé, il intègre le 22ème RI et part lui aussi pour l’Algérie. Il appartient au 2ème bataillon.

 

Michel Fetiveau, vétéran de la guerre d’Algérie et du 22ème RI, a créé un site internet remarquable (www.22eme-ri-tenes-1956-1962.com) où il répertorie toutes les informations qu’il peut glaner sur son ancienne unité et ses camarades de combat. Il a ainsi retrouvé plusieurs des compagnons d’armes de Dominique Verley et a recueilli leurs témoignages.

 

Le premier est celui de Monsieur Bailhache : « J’ai commencé des études d’opérateur géomètre à la suite desquelles j’ai dénoncé le sursis que j’avais obtenu. J’ai donc été incorporé au 1er régiment du Train à Montlhéry puis ai été volontaire pour suivre le peloton de brigadier. J’ai suivi les autres, bien que je ne me sentais pas de vocation particulière. Après cela, et dans les mêmes conditions, j’ai suivi le peloton de maréchal des logis, puis les E.O.R. à Saint-Maixent. Là, c’était dans l’infanterie. Comme il y avait des besoins urgents d’encadrement en Algérie, cette formation a été très rapide. Le 15 septembre 1956, je suis sorti aspirant et, avec trois bons camarades de la section, nous avons choisi la même affectation en Algérie pour essayer de rester ensemble. Nous avions demandé le 2ème bataillon du 22ème régiment d’infanterie qui devait se trouver à Collo.

 

En mars 1957, j’ai été déplacé à Chassériau, petit village ou il n’y avait qu’une brigade de gendarmerie. Avec ma section, j’ai été à nouveau chargé de monter un poste. Le maire du village a mis à ma disposition son école désaffectée et nous nous y sommes installés. Moi j’ai occupé le logement de l’instituteur. Il a fallu fortifier ce poste de façon à éviter d’être harcelés, surtout la nuit. Avec 25 hommes et la proximité des gendarmes, je devais faire face à la population incertaine qui se trouvait tout autour. Nous n’avions pas de radio pour les liaisons avec la compagnie et nous devions nous contenter du téléphone civil.

 

Nous sommes restés là durant trois mois. J’avais également pour mission de faire des patrouilles tout autour du village pour bien faire voir que l’Armée française était présente. Nous devions aussi protéger des exploitations agricoles isolées, par des patrouilles de nuit, car les colons avaient quitté leurs fermes pour se réfugier au village. Nos contacts avec les colons ont toujours été très bons mais nous avions beaucoup de mal à avoir des relations suivies avec les Algériens dispersés dans les douars. Il y avait des passages de bandes qui faisaient pression sur les populations. Quand les gendarmes venaient nous voir le matin, c’était pour nous annoncer que des Algériens avaient été assassinés dans leurs douars. Il fallait alors les accompagner pour constater les crimes commis par les fellaghas durant la nuit. Ces hommes étaient égorgés ou brûlés, simplement parce qu’ils avaient résisté aux fellaghas. Quant aux autres, terrorisés, ils ne disaient plus rien.

 

Un jour, le général de Brebisson a atterri en hélicoptère pour venir voir mon poste. Il m’a félicité en me disant  « c’est un véritable petit bordj, lieutenant, félicitations » J’étais content parce que les murettes étaient tirées au cordeau, avec des meurtrières efficaces et que tout était parfaitement ordonné. Puis, après six mois dans le grade d’aspirant, je suis devenu sous-lieutenant et à la suite d’une permission, le lieutenant m’a envoyé en plein djebel pour m’installer sur un autre piton, complètement à l’écart du village de Montenotte. Ce piton, désigné par la « cote 541 », devait être aménagé. Le capitaine avait mis à ma disposition un bulldozer, de manière à l’araser afin que toute la compagnie puisse y tenir. Deux sections surveillaient le travail du bulldozer et assuraient la protection. La section Verley et la mienne.

 

Le 7 juin 1957, j’ai dû me rendre à Cavaignac pour aller chercher des papiers et du ravitaillement. Le lendemain, 8 juin, je me suis joint au convoi remontant, avec le colonel qui voulait voir nos travaux d’implantation. Ce convoi comprenait plusieurs véhicules. En montant la fameuse piste, nous avons aperçu des silhouettes au sommet du piton, comme des ombres chinoises. Le colonel a fait arrêter le convoi pour me demander qui étaient ces hommes qu’on voyait en contre jour. J’ai répondu que c’étaient les hommes du sergent Verley qui nous regardaient monter. Mais d’un seul coup, une rafale de mitrailleuse est partie de là haut et on a compris qu’il ne s’agissait pas de la section Verley, mais de fellaghas. J’ai pris le commandement de la section d’état-major pour donner l’assaut. Nous sommes montés sur une pente assez raide, à travers les broussailles, mais quand nous sommes arrivés en haut, les fellaghas étaient partis. Malheureusement, quatre des nôtres avaient été tués, le sergent Verley lui même et son éclaireur de pointe, Serge Merre, André Canot et Jean Dudat. Un cinquième gars, qui s’appelait Claude Denis, avait été très choqué car il avait reçu une balle sur la crosse de son fusil. Il l’avait échappé belle ! Nous avons retrouvé deux fellaghas tués dans les broussailles. A partir de là, une grosse opération a été engagée avec l’aviation et la chasse mais on n’a jamais retrouvé les fellaghas. Pourtant nous en avions bien vu une vingtaine en silhouettes sur le piton et il est probable qu’ils y en avaient d’autres sur le versant opposé. »

 

Le second témoignage est de celui de Raymond Ponton : «  Le 22ème RI est l’un des régiments qui a eu le plus de morts en Algérie. La plupart étaient des appelés du contingent. La 8ème compagnie était évidemment opérationnelle et de ce fait, j’ai crapahuté partout dans le secteur de Ténès et même au-delà. Ces opérations duraient souvent trois ou quatre jours, notamment dans le massif de l’Ouarsenis et dans des conditions difficiles. A plusieurs reprises, nous avons été héliportés par des « bananes » et autres Sikorski. Au cours des vingt-deux mois que j’ai passés en Algérie, j’ai vu mourir trente camarades de ma compagnie. Cela ne s’oublie pas. Fin janvier 1957, j’ai été désigné avec trois autres copains pour aller porter renfort à une gendarmerie qui se trouvait à Chasseriau, un village entre Ténès et Orléansville. Là, les gendarmes vivaient avec leurs familles mais comme ils n’étaient pas très nombreux, il fallait bien les protéger. C’est là que le 8 juin 1957 les fells nous ont attaqués et que le sergent Verley a été tué. Sur ce piton, nous avons vécu dans des conditions très difficiles. D’abord sous des toiles de tentes, puis dans des baraquements en bois. Le ravitaillement nous était parfois parachuté en même temps que le courrier et les munitions. Nous faisions aussi des ouvertures de routes car les pistes que nous devions emprunter étaient très sinueuses et parfois minées. »


A la suite de la mort du sergent Verley, le bordj auquel il était affecté prend son nom, comme cela peut être constaté sur cette photographie.

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 24 Novembre 2010

Nouveau Drapeau issy

 

 

Le Comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français tient à remercier vivement l'ensemble des participants à notre premier colloque "Histoire en Seine" qui s'est déroulé le samedi 21 novembre dans la salle multimédia de la mairie d'Issy. Et toutes nos félicitations au général Forget pour sa conférence sur l'aviation pendant la Première Guerre mondiale.

 

Par la suite, Monsieur le maire-adjoint Gouzel, en charge des Affaires militaires et des anciens combattants, a reçu des mains de Monsieur Santini le nouveau drapeau du Souvenir Français d'Issy, qu'il a ensuite remis aux représentants locaux. Le Comité remercie la municipalité d'Issy pour son aide et la mise à disposition de ses infrastructures, de même que la Délégation générale des Hauts-de-Seine.

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Publié le 18 Novembre 2010

 

Issy-2010-11-11

 

Le comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux a participé aux commémorations du 92ème anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre dernier. La veille, le comité avait organisé la cérémonie des "Flammes de l'Espoir" en présence de Monsieur Gouzel, maire-adjoint en charges des affaires militaires et des anciens combattants, et en présence de délégations des unités parrainées par la ville (Régiment de Marche du Tchad, Chasseur de mines Andromède, Garde républicaine, Escadron d'hélicoptères Parisis). De plus, le Souvenir Français avait organisé la quête du Bleuet de France. Merci pour votre générosité !

 

 

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Le carré militaire d'Issy-les-Moulineaux joliment décoré par les services du cimetière (clichés G. Guillemont). 

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Publié le 9 Novembre 2010

C. Rignault

 

Né le 13 juillet 1926 à Marigny-sur-Yonne, dans la Nièvre, monté à Orgeval, en Région parisienne, après la Seconde Guerre mondiale (« Il s’agissait de travailler pour survivre ») marié à Marie-Thérèse, père de sept enfants, d’une dizaine de petits-enfants, et presque autant d’arrières petits-enfants, Clément Rignault a exercé la profession d’arboriculteur-maraîcher pendant près d’un demi-siècle dans les Yvelines. Passionné par l’Histoire de France, la politique, pater familias, Clément Rignault est avant tout gaulliste : « Jusqu’à mon dernier souffle ! » ajoute-t-il.

 

 

L’Appel du 18 juin 1940.

 

« Nous étions le 16 juin 1940. Et cette date reste gravée dans mon cœur comme un déchirement. Du haut de mes quatorze ans, je vis défiler des chars, des camions, des side-cars. Ils portaient tous la grande croix noire de la Wehrmacht. Les soldats passaient sur la nationale, entre Corbigny et Clamecy (nord est de la Nièvre). D’autres s’arrêtèrent devant la petite épicerie de la belle-famille de mon frère Edmond, située au cœur du village de Marigny.

 

Le surlendemain, 18 juin, vers 19h00 ou 19h30 (quelques jours plus tard, nous eûmes droit à l’heure allemande), alors que nous étions assis sur un muret à l’ombre d’un tilleul, nous recevions notre premier choc de sursaut patriotique. Il y avait là mon père, Léonard, quelques voisins, Monsieur Beau, réfugié parisien. Les hommes, des anciens de la Grande guerre, discutaient des événements : « Mais qu’attend Pétain pour demander l’armistice ? ».

 

Au loin, nous entendions le bruit du passage d’une division motorisée. C’en était bien fini. Un anéantissement. Nous étions vaincus. Le journal Paris Centre avait beau écrire que le général Weygand arrêterait l’ennemi sur la Loire et le Morvan, nous n’y croyions pas. Nous avions appris que les troupes allemandes étaient déjà sur Moulins dans l’Allier.

 

Monsieur Beau avait apporté avec lui trois postes de radio, dernier modèle avec les ondes courtes et les grandes ondes. On l’entendait tourner les boutons à la recherche d’informations. C’est un bruit qu’un bon nombre de personnes qui a aujourd’hui plus de quatre-vingt ans reconnaîtrait entre mille. Tout à coup, il se mit à crier : « Taisez-vous, un général français nous parle ». Je me précipitai vers le poste : « Moi, général de Gaulle… ». Un espoir.

 

Ce discours, je l’entendis et le réentendis plusieurs fois quelques temps plus tard. Légèrement modifié. Mais ce jour-là, voilà les commentaires qu’il nous inspira : on ne savait même pas qu’il avait été nommé secrétaire d’Etat à la Défense !

 

Monsieur Beau ajouta : « Il fait comme ce général polonais, commandant l’aviation, qui a réussi à rejoindre l’Angleterre après l’effondrement de son pays. Il a appelé tous ses compatriotes aviateurs à le rejoindre en exil ».

 

Nous n’étions pas des politiciens. Encore moins des stratèges militaires. Comme une majorité de Français, nous avions été élevés dans la haine du « boche » et celle d’Hitler. Pendant plusieurs semaines, alors que Pétain avait annoncé à la radio : « C’est le cœur serré que je vous dis qu’il faut cesser le combat », nous crûmes à un accord entre lui et le général de Gaulle.

 

Mais nous avions bel et bien perdu.

 

Par la suite, j’écoutai très souvent Radio-Londres chez des amis grâce au troisième poste apporté par Monsieur Beau. Mon frère aîné, Edmond, était prisonnier. Plus tard, mon autre frère, Joseph, et mon beau-frère me racontèrent leur retraite, peu glorieuse.

 

C’est sans doute la raison qui, quatre ans plus tard, m’a poussé à entrer au maquis du Loup (région de Clamecy) et à signer un engagement pour la durée de la guerre. Ce maquis, avec d’autres, formèrent en 1944 le 1er régiment du Morvan et par la suite le 4ème RI, réserve de la 3ème DIA. Je n’ai pas la prétention d’avoir été un héros. Loin s’en faut. Sauver l’honneur. Je me souviens encore de ma belle-sœur, Lucie, des larmes dans les yeux, me voyant partir et me jetant une petite couverture sur les épaules : « Au moins, peut-être n’auras-tu pas froid » ! Elle fit partie de ces milliers d’anonymes qui rendirent des services, comme passer de la nourriture ou des messages, aidée de son seul courage et de sa bicyclette, alors qu’elle avait deux enfants en bas âge.

 

Par la suite, j’ai continué ma guerre dans le Jura. L’armistice du 8 mai 1945 fut annoncé. Nous étions à la frontière franco-suisse. A Bad Bergzabern, j’eus l’insigne honneur de présenter les armes avec l’ensemble de mon régiment sur le passage de la voiture qui transportait le général de Gaulle, lors de son premier voyage en Allemagne. Autour de moi, certains disaient qu’il s’agissait d’une berline d’Adolf Hitler, prise à Berchtesgaden.

 

En décembre 1945, j’étais libéré des mes obligations militaires à Dijon.

 

 

Le retour.

 

 

« Et le général de Gaulle ne m’a ainsi dire jamais quitté. Je suivis les actes de son gouvernement, son retrait, la constitution du RPF et tant d’autres choses encore.

 

Son retour au pouvoir en 1958 faisait, dans l’esprit de beaucoup de gens, espérer un miracle : la fin de la guerre d’Algérie, de bons salaires, le retour de la France au rang de grandes nations. Naturellement, de la gauche à la droite de l’échiquier politique, les intérêts particuliers se sont manifestés contre sa politique : il voyageait trop, le Concorde était trop cher, la décolonisation, la constitution de la Vème République, la relative séparation des pouvoirs législatif et exécutif…

 

Et pourtant. Quand on y pense aujourd’hui : le gaullisme, c’était d’abord redonner à la France son rang diplomatique, le refus d’être une nation de second rôle, ne pas accepter d’être le vassal des Etats-Unis d’Amérique, la politique de la « chaise vide » à l’OTAN. C’était tout cela et plus encore : c’était la grandeur.

 

Et son idée d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural : il ne l’avait pas envisagée réalisable en quelques années, car il connaissait les antagonismes entre européens, leur histoire, les régimes, les religions, les différences de niveaux de vie entre ces populations. Mais que l’idée était judicieuse et en avance pour son temps. Je le revois sautant sur sa chaise lors d’une émission de télévision : « l’Europe, l’Europe, l’Europe… », voulant dire qu’elle ne se ferait pas en un jour.

 

Encore une fois, les critiques furent nombreuses, dans cette situation difficile, et pourtant, la prospérité, l’indépendance, la liberté et la fierté d’être des Français, donnèrent à ces années le nom de « glorieuses ». Depuis la mort du général, peu d’hommes politiques, de gauche comme de droite, peuvent se vanter de n’avoir jamais fait référence à Charles de Gaulle, président de la République.

 

En 1968, au retour du général après sa visite à son vieux camarade Massu, j’étais sur les Champs-Elysées. A ma descente du métro, en bas de l’avenue de la Grande Armée, une voiture brûlait et des haut-parleurs diffusaient son discours. Un million de Français remonta l’avenue fameuse ce jour-là.

 

Deux ans plus tard, pour les obsèques du général, mes deux plus grands enfants émirent le souhait d’aller porter des roses et des œillets à l’Arc de Triomphe. Il y avait des mètres cubes de fleurs ! Des centaines de milliers de personnes étaient présentes. Une bousculade invraisemblable. Je pris peur de l’écrasement par la foule sur cette place qui porte aujourd’hui son nom.

 

Gaulliste j’ai été depuis la première heure, gaulliste je suis resté.

 

Il serait bon que nos jeunes Français de souche ancienne, ou désirant le devenir, s’inspirent des valeurs nationales léguées par le général de Gaulle. La France, vieille nation au passé chargé d’Histoire, de grands hommes politiques, savants, écrivains, chercheurs, soldats, saints et saintes, faisant rayonner la civilisation vers l’Universalité, est une nation phare. »

 

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Publié le 3 Novembre 2010

 

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Le Comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux vous informe des cérémonies du mois de novembre sur notre commune :

 

- Mardi 9 novembre 18h : dépôt de gerbe à la mémoire du général de Gaulle, place du 8 mai.

 

- Mardi 9 novembre 18h30 : "Rotors dans le ciel d'Indochine" ; conférence-débat animée par le général FLEURENCE et le lieutenant-colonle ALBRECHT, à la salle multimédia de la mairie.

 

- Mercredi 10 novembre 18h : les Flammes de l'Espoir par le Souvenir Français, au Monument aux Morts de la ville.

 

- Mercredi 10 novembre 18h30 : remise de la Flamme à Monsieur GOUZEL, au Centre administratif de la ville (suivie du pot de l'amitié).

 

- Jeudi 11 novembre 8h20 : cérémonie à Sainte-Lucie.

 

- 8h45 : cérémonie de prières à l'auditorium du lycée Saint-Nicolas.

 

- 9h30 : cérémonie au monument franco-arménien, rue de la Défense.

 

- 10h00 : cérémonie au carré militaire du cimetière communal.

 

- 10h25 : cérémonie devant la stèle en hommage aux poilus.

 

- 10h50 : cérémonie au monument aux morts de la ville.

 

- 11h15 : vin d'honneur dans les salons de l'Hôtel de Ville.

 

Venez nombreux !

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Publié le 23 Octobre 2010

La bataille de Nghia Lo.

 

 

Denoix de St Marc - 2eme CIPLE

 

Le capitaine Denoix de Saint Marc à la tête de la CIPLE.

 

 

Pierre Dufour, dans son ouvrage Indochine (ED. Lavauzelle) décrit la situation : « Nghia Lo est le poste clé du système défensif français en Haute Région. Il commande l’accès aux pays thaï, au Laos et aux contrées bordant le Moyen-Mékong. Situé entre le Fleuve Rouge et la Rivière Noire, dans une cuvette de dix kilomètres sur quatre, à environ deux cent cinquante mètres d’altitude, Nghia Lo est un bourg entouré de hautes montagnes atteignant parfois 1.500 mètres. L’endroit présente une topographie faite de massifs granitiques couverts d’épaisses forêts, séparés par des vallées encaissées. Les voies de communication sont limitées : la route fédérale 13, des pistes de montagne praticables seulement avec des guides et un terrain d’aviation qui permet de ravitailler la vallée perdue. La population se compose essentiellement de Thaïs et de quelques hameaux muongs ou annamites ; la montagne est le domaine des Mans et des Meos réputés hostiles au Vietminh ».

 

La garnison française de Nghia Lo est formée par les mille hommes du 1er bataillon thaï, dirigé par le commandant Girardin.

 

Le 28 septembre 1951, la région du poste Sai Luong est attaquée. Ses défenseurs se replient sur la vallée. Deux jours plus tard, les TD 141 et 209 sont signalés. Ils convergent vers la cuvette de Nghia Lo. A l’est, le TD 165 approche également. Les TD sont des Trung Doï ; ils sont composés de quatre bataillons qui peuvent contenir chacun mille hommes. Les TD appartiennent à la division de montagne 312, commandée par le colonel Le Trong Tan.

 

En l’absence du général de Lattre, occupé à demander de l’aide aux Etats-Unis après un passage en métropole, le commandement français est sous l’autorité du général Salan, qui s’y connaît en matière de troupes coloniales ! Il décide de soulager les défenseurs de la cuvette de Nghia Lo en larguant, sur les arrières de l’ennemi, le 8ème BPC (bataillon parachutiste colonial) du capitaine Gauthier et ses cinq cent soixante-treize hommes. C’est l’opération Rémy.

 

La 312 réagit en jetant toutes ses forces dans la bataille. A Nghia Lo, le commandant Girardin est tué, mais ses hommes tiennent bon. Le 4 octobre, le 2ème BEP est à son tour largué (opération Thérèse). Avec le 8ème BCP, il forme le GAP (Groupement aéroporté) nord-ouest sous les ordres du colonel de Rocquigny. Le 2ème BEP est alors composé d’une compagnie de commandement de base, sous les ordres du lieutenant Longeret, du 2ème CIPLE (compagnies indochinoise de la Légion étrangère – capitaine Hélie Denoix de Saint Marc), la 3ème compagnie (lieutenant Lemaire), la 4ème compagnie (lieutenant Louis-Calixte).

 

Le 5 octobre, Rocquigny donne l’ordre au 2ème BEP de se rendre à Bac Co, à six kilomètres du point de chute du bataillon. Les hommes mettent plus de neuf heures à atteindre leur objectif. Le lendemain, le bataillon accroche les bo-doïs à plusieurs endroits. Les combats sont terribles. Face à un ennemi que rien n’arrête, les légionnaires de Lemaire et les paras de Saint Marc usent de toutes leurs armes : baïonnettes au canon, ils repoussent les Vietnamiens dans les attaques incessantes de l’après-midi et de la nuit. Le 8ème n’est pas en meilleure posture : le capitaine Gauthier est grièvement blessé et les pertes sont importantes.

 

Le 6 octobre encore, le 10ème BPCP (bataillon parachutiste de chasseurs à pied), dirigé par le commandant Weil est lui-aussi largué en renfort.

 

Le 2ème BEP subit à nouveau des attaques tout au long de la journée du 7 octobre. Raffalli décide de se replier et de rejoindre le 8ème , en direction de Tan Kouen. Mais les coloniaux ne sont pas là où on les attend. Ils se sont positionnés sur la crête de la cote 405. Avec des blessés, portés sur des brancards de fortune, Raffalli reprend la piste, fait tailler un passage dans la forêt de bambous au coupe-coupe et parvient, seulement le lendemain, à retrouver le 8ème BPC du colonel Rocquigny. Ce dernier annonce à Raffali que la division 312 se retire, laissant sur « le carreau » entre 1.500 et 4.000 morts chez les bo-doïs, selon les sources. Le 2ème BEP compte quant à lui au moins au moins une trentaine de tués ou disparus.

 

Hélie de Saint Marc : « Les troupes de Giap repassèrent à l’attaque. Elles ne voulaient pas laisser sur leurs arrières un adversaire qui risquait de les gêner dans leur offensive. Durant d’interminables heures, enterrés, nous avons subi les assauts des bo-doïs qui avançaient au coude à coude, en rangs serrés. Giap n’économisait jamais les vies humaines de son camp. Il profitait du nombre. En 1946, Hô Chi Minh avait prévenu le ministre français des colonies, Marius Moutet : « Cette affaire peut se régler en trois mois ou en trente ans. Si vous nous acculez à la guerre, vous me tuerez dix hommes quand je vous en tuerai un. A ce prix, c’est encore moi qui gagne… ». Ce jour-là, le Vietminh voulait anéantir le 2ème BEP à n’importe quel prix. Le syndrome de Cao Bang hantait les esprits de part et d’autre. Nos hommes tombaient, morts ou blessés. Les cadavres vietminhs s’amoncelaient. Nous eûmes le dessus. Les bo-doïs s’éloignèrent ».

 

 

 

Sur la RC6.

 

 

Bo-doïs - Pont Doumer - hanoi - 1954

 

Des bo-doïs franchissent le pont Paul Doumer à Hanoi, en 1954.

 

 

1952 marque une nouvelle rupture dans la guerre d’Indochine.

 

Le 11 janvier, le général Raoul Salan devient commandant en chef des forces françaises en Extrême-Orient en lieu et place du général Jean de Lattre de Tassigny, qui vient de mourir d’un cancer. Une très grande émotion envahit les soldats du CEFEO : leur « patron » vient de les laisser à leur sort.

 

La Guerre froide bat son plein : en Corée, la Chine accuse les Etats-Unis d’utiliser des armes bactériologiques. Dans le même temps, l’empire du Milieu accentue son aide au Vietminh comme les Américains appuient massivement en matériels et en logistique les troupes françaises. Des pays communistes – Chine, URSS, Allemagne de l’Est – se sont associés pour envoyer des instructeurs assister les bo-doïs dans la conduite de la guerre. Michel Bodin, spécialiste reconnu de la période indochinoise indique même que la Chine donne l’ordre à une dizaine de bataillons de son armée de soutenir le Vietminh pour des coups de main et la logistique.

 

Quant au 2ème BEP, il connaît une relative accalmie. Après la bataille de Nghia Lo, il est d’abord envoyé en convalescence en Cochinchine. Il est basé à Ba Kéo. Le repos n’est que de courte durée : du 13 janvier au 22 février 1952, il est placé sur la RC6 (la route qui part d’Hanoi en direction de l’ouest vers le Laos et Luang Prabang) dont il assure la protection d’une partie. Le 2ème prend position au col de Kem et participe à l’opération Speculum qui vise à nettoyer la route coloniale des éléments ennemis. En quelques jours, au prix de très violents combats, plus d’un millier de soldats communistes sont retrouvés morts.

 

Dans les semaines qui suivent, le 2ème BEP trouve encore l’occasion de faire parler de lui lors des opérations de dégagement du Delta grâce, entre autres, à l’opération Turco, qui se déroule en avril 1952. Toutes ces batailles du premier semestre sont un calvaire pour Giap qui voit disparaître près de 10.000 de ses hommes. Le général Salan peut savourer sa victoire. Mais elle est de courte durée : dès la fin de l’été 1952, les Services secrets français mentionnent la reconstitution des unités anéanties…

 

Robert Flageul est bien loin de ces préoccupations. Prisonnier, le soldat de 2ème classe meurt en plein jungle, au Camp C13 en juin 1952. Après le conflit, sa fiche est transmise aux Autorités françaises et la transcription est réalisée sur la commune d’Issy-les-Moulineaux. Robert Flageul est déclaré « Mort pour la France ».

 

Hélie de Saint Marc : « Ceux qui prétendent aimer la guerre ont dû la faire loin du carnage des champs de bataille, des cadavres épars et des femmes éventrées. La guerre est un mal absolu. Il n’y a pas de guerre joyeuse ou de guerre triste, de belle guerre ou de sale guerre. La guerre, c’est le sang, la souffrance, les visages brûlés, les yeux agrandis par la fièvre, la pluie, la boue, les excréments, les ordures, les rats qui courent sur les corps, les blessures monstrueuses, les femmes et les enfants transformés en charogne. La guerre humilie, déshonore, dégrade. C’est l’horreur du monde rassemblée dans un paroxysme de crasse, de sang, de larmes, du sueur et d’urine ».

 

 

 

 

Sources.

 

- Pierre Dufour, Indochine, Lavauzelle.

- Erwan Bergot, Bataillon Bigeard, Presses de la Cité.

- Erwan Bergot, La Légion au combat, Presses de la Cité.

- Hélie de Saint Marc, Mémoires : les champs de braises, Perrin.

- Paul Bonnecarrère, Par le sang versé, Fayard.

- Lucien Bodard, l’Illusion, l’Aventure, Gallimard.

- Michel Bodin, Dictionnaire de la guerre d’Indochine, Economica.

- Pierre Montagnon, La guerre d’Indochine, Pygmalion.

- Jules Roy, la bataille de Dien Bien Phu, Julliard.

- Général Yves Gras, Histoire de la guerre d’Indochine, Plon.

- Général Marcel Bigeard, Ma guerre d’Indochine, Hachette.

- Bernard Simiot, De Lattre, Flammarion.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 16 Octobre 2010

 

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La section indochinoise à l’Exposition coloniale internationale de 1931.

 

L’Exposition coloniale.

 

Le 2 mai 1931, Robert Pierre René Flageul nait à Paris, dans le quatorzième arrondissement.

 

Quelques heures plus tard, à dix kilomètres de là, le maréchal Lyautey inaugure l’Exposition coloniale internationale. Elle est située dans le bois de Vincennes, autour du lac de Daumesnil. Le vieux militaire, couvert de gloire au Maroc, est accompagné de Paul Reynaud et Gaston Doumergue, alors président de la République.

 

L’œuvre est grandiose. Elle doit être à l’image de la puissance coloniale française. Elle s’adresse aux métropolitains, ravis de côtoyer leurs cousins « Français » de l’autre bout du monde, aux peuples du monde entier, aux aventuriers et aux industriels en leur expliquant les bienfaits du développement économique international : l’Empire colonial français est et restera l’une des premières puissances de la planète.

 

Les moyens mis en action sont considérables : pour se rendre à la Porte Dorée, les visiteurs ont le choix entre un chemin de fer, spécialement construit pour l’occasion, des centaines de cars et des bateaux. De plus, la République a multiplié les constructions : création d’un zoo, du musée des Colonies, de la Section des attractions, de la Cité des Informations. Enfin, des dizaines de villas sont bâties et louées aux entreprises présentes en Afrique, en Asie ou dans les Antilles françaises. C’est le temps de « Y’a bon Banania ! ».

 

Près de 300.000 personnes s’affairent pour que l’ensemble fonctionne. Et c’est un succès phénoménal : en quelques mois près de 10 millions de visiteurs viennent « faire le tour du monde en une journée » comme l’indiquent les publicités.

 

Sur plus de 110 hectares, l’Exposition coloniale présente des pavillons de toutes les colonies et des protectorats : Afrique Occidentale Françaises, Afrique Equatoriale Française, Antilles, Nouvelle-Calédonie, Algérie française, Maroc, Tunisie, Etats du Levant (Syrie, Liban, Etat des Alaouïtes), Inde française (…) et bien entendu l’Indochine avec le Tonkin, l’Annam, la Cochinchine, le Laos et le Cambodge (le pavillon d’Angkor est d’ailleurs resté dans la mémoire collective).

 

Bien sûr, le petit Robert Flageul ne peut imaginer qu’il va nouer son destin à celui de cet Empire colonial majestueusement représenté.

 

* * *

 Légionnaires 2eme BEP

Légionnaires du 2ème BEP en Indochine.

 

 

Au 2ème BEP.

 

Robert Flageul s’engage dans la Légion étrangère, à Marseille. Il porte le matricule 79.515 et, intègre le 2ème BEP (Bataillon Etranger Parachutiste).

 

Cette unité est créée à Sétif en Algérie en 1948 (elle deviendra 2ème REP en 1955). Sa devise est : More Majorum (« A la manière des anciens »). Sous le commandement du capitaine Solnon, elle débarque à Saigon le 9 février 1949. De nombreux para sortent de leur période de formation. D’autres n’ont derrière eux que les derniers combats de la Seconde Guerre mondiale. Mais plusieurs cadres sont aguerris par près de deux ans de guerre en Indochine.

 

Jusqu’en septembre 1950, le bataillon réalise des opérations en compagnies isolées au Cambodge – pour y maintenir l’ordre –, au Laos, dans le centre de l’Annam ou encore sur la presqu’île de Go-Gong. Celles-ci s’appellent Tigre, Glycine, Datura, Saint-Germain, Bernadette, Flore.

 

Arrive l’année 1951, « l’année du général de Lattre ».

 

« L’année de Lattre ».

 

Schématiquement, les périodes peuvent être ainsi résumées : jusqu’en 1949, la tactique du Vietminh – du fait de forces limitées – se condense en une série de coups de main et une guérilla « des champs ». Si les Français tiennent les villes, ce n’est pas toujours le cas dans les campagnes.

 

1949 marque un tournant, avec l’avènement de la Chine communiste de Mao, qui arme et finance puissamment ses cousins idéologiques du Vietnam. La guérilla devient une guerre faite de batailles avec des régiments de bo-doïs, eux-mêmes rassemblés dans des divisions. La victoire majeure du Vietminh est la prise de Cao-Bang et de la Route coloniale 4, en septembre 1950. Les Français y laissent plusieurs milliers d’hommes.

 

Le gouvernement français décide d’intensifier la guerre et fait nommer son meilleur général : Jean de Lattre de Tassigny. « Je ne sais qu’une chose, c’est que maintenant vous allez être commandés ! » proclame-t-il en arrivant à Hanoi, au mois de décembre 1950.

 

Le général Giap, commandant en chef de l’armée vietminh, décide de frapper fort en attaquant en plusieurs endroits la zone du delta du Fleuve Rouge, autour de Hanoi. Face à cette approche, de Lattre fait élever des centaines de blockhaus et de points d’appui qui sont autant de postes d’observation. L’avantage de la stratégie du général français consiste en une mobilisation totale du CEFEO (Corps Expéditionnaire Français en Extrême-Orient) dans le but de « casser du Viet ». Il s’agit de redonner le moral aux troupes, déjà lasses des atermoiements politiques. Et de Lattre sait surtout qu’il n’a pas les moyens de placer des forces suffisantes partout où il en faudrait.

 

1951 marque également un tournant pour le 2ème BEP, grâce à la nomination de son nouveau chef : le capitaine Raffalli. Un cavalier sorti de Saint-Cyr puis de Saumur en 1936, qui sait galvaniser ses hommes pour leur faire accomplir des dizaines de kilomètres à pied, les orienter et les placer au mieux pour les coups de main, les embuscades et les attaques aéroportées.

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Le capitaine Raffalli.

 

 

Attaques sur le delta du Fleuve Rouge.

 

Donc, depuis le début de l’année 1951, le général de Lattre de Tassigny « marque des points ». Toutes les attaques des forces communistes sont repoussées. La reconquête des terrains perdus arrive. Elle commence par la victoire de Vinh Yen où les troupes de Giap laissent sur le terrain près de 1.300 tués, plus de 3.000 blessés. Sa division 308 – la plus aguerrie, la mieux formée - subit là des pertes très sévères. Pour la première fois dans l’Histoire, les bombes au napalm sont employées massivement.

 

Mao Khé est le deuxième épisode. Il se déroule courant mars-avril 1951. Les bo-doïs sont encore défaits. Le Delta reste aux mains des Français.

 

La « bataille du Day », du 28 mai au 7 juin 1951, frappe les soldats français au plus profonds d’eux-mêmes. Le Vietminh tente encore une fois de faire la différence dans le Delta. L’un des points stratégiques non loin du fleuve Day, est Ninh Binh. Le poste est tenu par un escadron du 1er chasseur, commandé par un certain Bernard de Lattre, fils unique du général en chef. Les combats font rage. Alors qu’il subit des pluies incessantes d’obus, le poste tient plusieurs jours, permettant la victoire du CEFEO. Mais c’est au prix de la mort du jeune Bernard. On retrouve son corps, criblé d’éclats d’obus. « Jeune officier, tombé héroïquement en plein combat, donnant l’exemple des plus belles vertus militaires à l’aube d’une carrière exceptionnellement brillante, ouverte en France dans la Résistance dès l’âge de 15 ans ». En recouvrant le cercueil de son fils du drapeau tricolore, le général de Lattre, que certains surnomment « le roi Jean », ajoute : « En dépit de la promesse faite à sa mère, je n’ai pas su le protéger ».

 

En juillet 1951, à l’occasion d’un discours à Saigon, le général s’adresse aux soldats vietnamiens incorporés dans le CEFEO (son idée étant de créer une armée vietnamienne digne de ce nom) : « Si vous êtes communistes rejoignez le Vietminh : il y a là des individus qui se battent bien pour une mauvaise cause. Mais si vous êtes des patriotes, combattez pour votre patrie car cette guerre est la vôtre ».

 

Bien sûr, Giap ne l’entend pas ainsi. Le quatrième volet des batailles de l’année 1951 se déroule à Nghia Lo.

 

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Bernard de Lattre de Tassigny.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 6 Octobre 2010

Le Comité d'Issy-les-Moulineaux a la douleur de vous annoncer le décès de deux de ses amis :

 

- Louis Fortunat, qui avait raconté son épopée pendant la Seconde Guerre mondiale et en Indochine ("Louis Fortunat, brancardier en Indochine" publié sur ce site en octobre 2008), est décédé à la fin du mois de septembre.

 

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Robert Dubot et Louis Fortunat - Issy, le 8 mai 2009.

 

- Gérard Riblet, est décédé hier matin, des suites d'une longue maladie. Gérard était un pilier de notre Comité : après avoir porté le drapeau pendant des années, il était devenu président de 2004 à 2008, oeuvrant avec gentillesse et dévouement pour chaque cérémonie. Ancien du Tchad, au début des années 1970, Gérard avait fait une grande partie de sa carrière professionnelle dans le monde de la sécurité. Ses obsèques se dérouleront le mercredi 13 octobre à 14h30 en l'église Notre-Dame-des-Pauvres, boulevard Galliéni, à Issy-les-Moulineaux. 

 

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 Gérard Riblet (cravate rouge), avec le drapeau du Comité. 

 

Le comité présente ses très sincères condoléances aux deux familles, avec une pensée et une attention particulière pour Christiane.

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