Publié le 12 Janvier 2011

                 

 

 

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Chère adhérente, cher adhérent,

 

Nous tenons tout d’abord à vous présentez tous nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

 

En 2011, bien entendu, le Comité participera à l’ensemble des commémorations militaires de la ville et nous prévoyons de renouveler le colloque « Histoire en Seine » avec des conférences sur l’Histoire de France. De même, ce site s'enrichira de nombreux articles (si vous souhaitez nous faire parvenir des éléments, ils seront les bienvenus).

 

Nous assemblée générale se déroulera le dimanche 20 février 2011, à 10h30, à la salle Jean Moulin de la Maison du Combattant à Issy, 4 rue du général Leclerc (métro Corentin Celton, ligne 12 ; Bus : 126 – 189 – 394, arrêt Corentin Celton Métro).

 

A l’issue de l’assemblée générale, nous vous proposons de déjeuner ensemble au restaurant Le Bistrot du Boucher (qui se trouve juste à côté) au prix de 29 euros le repas, à régler directement au restaurateur, sur place. Pour des raisons d’organisation, nous vous remercions de nous indiquer votre participation éventuelle.

 

Si vous ne vous êtes pas encore acquitté du montant de votre cotisation pour cette année, nous vous y engageons, moyennant un chèque à l’ordre du « Souvenir Français ». Le montant de la cotisation de membre titulaire est de 15 euros, avec l’abonnement. Nous vous en remercions par avance.

 

Nous vous prions de bien vouloir agréer, chère adhérente, cher adhérent, l’expression de nos salutations les meilleures.

 

Frédéric RIGNAULT

Président – Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

 

 

 

 

 

                    

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Publié le 24 Décembre 2010

 

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Le Comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français vous souhaite de passer de très bonnes fêtes de fin d'année et par avance, vous présente tous ses meilleurs voeux pour l'année 2011.

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Publié le 12 Décembre 2010

Le Père Charles Bonnet est isséen : il vit aujourd’hui à la maison de retraite des prêtes de Saint-Sulpice, placée à côté du séminaire qui abrite l’Ecole Supérieure de Théologie Catholique. Très actif, membre de nombreuses associations d’entraide, voyageant de par le monde (il était en Chine la première fois quand le Souvenir Français a cherché à le rencontrer), le Père Bonnet a également fait la guerre d’Algérie.

 

Qui a son bac ?

 

« Arrivé en Algérie début janvier 1958, après quatre mois de classes à Granville dans la Manche, j’en suis reparti fin décembre 1959. Quand notre convoi de nouveaux arrivants a débarqué à la ferme Sénéclauze, dans la vallée de la Soummam, sur la commune de Oued Amizour, l’adjudant de la CCAS du 29ème bataillon de chasseurs à pied, chargé de nous répartir entre les différents postes demanda : «  Qui a son bac » ? Craignant d’entendre la phrase classique dans ces cas -là : «  vous serez de corvée de chiottes demain matin de bonne heure », je me gardai bien de répondre. « Il n’y a pas quelqu’un qui s’appelle Bonnet ici » ? Je répondis : «  Moi, mon adjudant ». « Alors, vous pouvez pas répondre quand on vous appelle » ? Je me tus, ne voulant pas lui expliquer pourquoi j’avais gardé le silence. « Bon, vous êtes affecté à la ferme Tavel, à l’infirmerie. »

 

A la ferme Tavel.

 

« Et c’est à l’infirmerie de la ferme Tavel que je devais passer mes dix-huit premiers mois avant poursuivre cette tâche dans la petite ville d’El Kseur à vingt km de là. Je n’avais aucune compétence pour le métier d’infirmier ni aucune formation mais c’était une tâche qu’on confiait volontiers aux séminaristes en pensant peut-être que ceux qui voulaient se consacrer, comme prêtres, au soin des âmes avaient des aptitudes particulières pour le soin des corps ou au moins pour l’accueil de ceux qui souffrent. En fait, je ne fis guère de piqûres et de pansements car j’étais d’abord le secrétaire du toubib et le responsable de la gestion de l’infirmerie. Et, pendant deux ans, j’assistai tous les jours aux consultations du médecin, notant les traitements qu’il prescrivait et les notifiant aux infirmiers pour qu’ils les mettent en œuvre. J’y ai beaucoup appris.

 

Bien qu’affecté à l’infirmerie, je dus, comme tout le monde pendant ces deux ans, monter la garde la nuit, faire des patrouilles, participer à des opérations. Je connus, comme tout le monde, la peur : peur des bruits bizarres de la nuit, peur en traversant, déployés en ligne, des espaces dégagés où l’on peut vous tirer comme des lapins, peur sur les routes désertes où l’on peut sauter sur une mine ou être victime d’une embuscade. Car cette guerre n’avait rien d’une bataille rangée où l’on sait où se trouve l’ennemi. Il n’y avait pas de front ou plutôt l’affrontement pouvait se dérouler n’importe où. L’ennemi était caché et pouvait surgir à l’improviste et se retirer tout aussitôt. L’ennemi ce pouvait être aussi cet ouvrier si aimable de la ferme qui guiderait les agresseurs et leur ouvrirait la porte. La guerre était nulle part et le risque partout. On vivait sur le qui-vive et la méfiance, même si à force, on finissait par oublier le danger et l’on devenait parfois négligent sur la sécurité.

 

J’ai connu tout cela en Algérie même si, pour l’essentiel, j’y ai mené une vie très différente de la majorité des appelés du contingent".

 

L’Assistance médicale gratuite de l’Armée française.

 

"Nous étions une infirmerie militaire, mais la santé des soldats ne nous prenait pas beaucoup de temps. L’essentiel de notre activité consistait à soigner les civils algériens dans le cadre de ce qu’on appelait l’AMG (Assistance médicale gratuite). Car si l’Armée française avait pour mission le maintien de l’ordre vis-à-vis des rebelles, elle avait aussi à assurer ce qu’on appelait la pacification dans l’espoir de rallier des populations tiraillées entre les uns et les autres. C’est dans ce cadre qu’elle assurait des soins gratuits à tous les Algériens qui en avaient besoin. Je ne sais ce qu’est devenu le cahier de statistiques que nous tenions soigneusement à jour mais nous n’avions jamais moins de trente personnes à soigner par jour et nous montions quelquefois à soixante-dix. Et l’on piquait, l’on pansait, l’on massait, l’on faisait ingurgiter des pilules ou des sirops à longueur de journée. Les bébés pleuraient, les enfants criaient quand on voulait les piquer, les mamans se disputaient pour passer la première, et les infirmiers hurlaient plus fort pour maintenir un peu d’ordre. Et, quand vers une heure de l’après-midi le silence retombait enfin, tout le monde était un peu flapi et avait besoin d’un solide déjeuner et d’une bonne sieste pour se remettre. La fin de l’après-midi était plus calme : c’est là qu’on s’occupait des soldats venus en consultation ou de ceux qu’on avait hospitalisés pour quelques jours à l’infirmerie.

 

On ne se contentait pas de soigner à l’infirmerie mais avec le toubib on allait, à la demande, dans les postes militaires éloignés, soigner militaires et civils ou dans le village voisin de Boukhalfa. Le médecin se rendait là, seul, sans arme et, même pendant tout un temps, avec sa femme, médecin elle aussi, venue passer quelque semaines avec lui pendant que leur fillette de six ans se promenait au milieu du village et, qui se serait senti complètement déshonoré s’il leur était arrivé quelque chose. On a bien dû, là ou ailleurs, soigner quelques fells en mauvais état venus discrètement profiter du passage du médecin. C’est même dans ce village qu’un vieil Algérien a répondu au médecin qui lui disait « à la semaine prochaine », « Non vous ne reviendrez plus jamais car la semaine prochaine vous aurez déménagé à El Kseur ». Et de fait, le dimanche matin suivant, l’ordre est venu de déménager immédiatement. Le vieux était au courant, pas nous. Le FLN avait un meilleur service de renseignement que nous ! Et il faut bien avouer que nous n’avons pas soigné que des fellagas clandestins mais aussi des fellagas authentiques ou présentés comme tels par les officiers chargés du renseignement qui nous demandaient de les remettre en état pour pouvoir les interroger à nouveau. Avec le toubib, nous nous demandions à chaque fois s’il ne fallait pas mieux les laisser mourir plutôt que les faire survivre pour de nouveaux interrogatoires musclés. Dans tous les cas, le médecin finalement décidait, conformément au serment d’Hippocrate, de les soigner en se disant que, peut-être, on les laisserait en vie à la fin. Que sont-ils devenus ?

 

Il y eut aussi ces moments dramatiques concernant les copains quand on était appelé de jour ou réveillés brutalement la nuit pour aller ramasser des blessés ou des morts, suite à une embuscade ou un accident de half track, et les emmener de toute urgence à l’hôpital de Bougie ou à la morgue. C’était des copains avec qui on avait fait nos classes ou qu’on avait côtoyés tous les jours. Ils avaient à peine plus de vingt ans, parfois une fiancée qui les attendait, souvent des parents qui comptaient sur eux pour reprendre la ferme. Ils étaient venus par devoir en Algérie souvent sans trop savoir pourquoi on les y envoyait et ils étaient morts sans le savoir davantage.

 

Heureusement il y avait les week-ends. Eté comme hiver, le samedi nous partions en convoi à Bougie. Avec le toubib nous commencions par visiter les malades du bataillon à l’hôpital ou à l’infirmerie de garnison, puis nous rejoignions les autres pour, en été, nous baigner ou faire un tour dans la ville, les uns dans les librairies et les cafés, les autres, rue des Vieillards, rencontrer des femmes très accueillantes et généreuses puisqu’elles n’hésitaient pas à partager leurs infections avec les soldats et officiers qui les fréquentaient. C’était aussi une activité de l’infirmerie que de fournir des capotes avant de partir ou d’injecter trois grammes de streptomycine dans les jours qui suivaient le retour, le tout généreusement fourni par le service de santé des armées françaises. Et, le dimanche matin, grasse matinée ou, pour les chrétiens pratiquants, messe à El Kseur célébrée par un curé pied noir retiré actuellement en Provence, le cher abbé Theuma, accueillant comme tout mais très vindicatif dès qu’on mettait en doute l’Algérie française. L’après-midi du dimanche, c’était, comme tous les soirs, la belote, le rami, le tarot ou le Monopoly avec le risque de ne pas se coucher avant deux heures du matin.

 

Enfin, la quille arriva, après un second Noël en Algérie, bien arrosé par les copains. Je me demande encore comment le curé a pu rentrer vivant chez lui après la messe de minuit car le chauffeur du commandant chargé de le ramener au presbytère était totalement bourré. Nous aurions dû être heureux. Mais je n’ai jamais connu un train de militaires aussi triste que celui nous ramena de Marseille à Nantes en passant par Lyon où nous étions éclatés dans les auto-tamponneuses. Nous étions tristes, non de quitter l’Algérie – et encore ce n’est pas sûr car notre cœur avait fini par s’y attacher – tristes certainement de nous quitter sans être sûrs de nous revoir. Mais plus encore inquiets de retrouver la vie normale sans savoir, pour certains, s’ils allaient retrouver du travail, si la fiancée les aurait attendus, s’ils allaient pouvoir se réhabituer à la France, après tout ce qu’ils avaient vécu et qu’ils ne pourraient jamais vraiment partager. Je me souviens de mon énervement, dans le couloir du train bondé qui me ramenait  à Nantes, où j’étais coincé au milieu de jeunes bleus partant en permission du 1er de l’an. Ils se plaignaient de n’avoir obtenu qu’une permission de 48h, bien trop courte à leurs yeux, alors que, durant mes deux ans d’Algérie, je n’avais eu qu’une seule permission au bout de huit mois et que je n’étais pas revenu en France depuis seize mois. Je n’ai rien dit. Qu’auraient-ils pu comprendre ?

 

«Je vous ai compris». Ces paroles du Général de Gaulle à Alger, je les ai entendues, à la radio, quand j’étais là-bas. Les évènements ne se sont pas déroulés comme les pieds noirs croyaient l’avoir compris, ni sans doute comme l’espéraient beaucoup d’Algériens au moment de l’indépendance. Mais ce que nous avons fait a-t-il été compris ? L’avons-nous compris nous-mêmes ? Même encore aujourd’hui ? »

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 27 Novembre 2010

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Vue aérienne de Ténès.

 

 

Le 22ème R.I.

 

Créé en 1791 à partir du Régiment du Viennois et des Bataillons de Guyenne, l’unité prend d’abord le nom de 22ème régiment d’infanterie de ligne et se distingue pendant les guerres de Révolution et de l’Empire, entre autres pendant la campagne d’Allemagne en 1813, où l’empereur Napoléon 1er indique : « Il y a vingt ans que je commande des armées et je n’ai jamais vu tant de bravoure et de dévouement ». Par la suite, le régiment participe à la conquête de l’Algérie en 1830, à la campagne d’unification de l’Italie (bataille de Magenta, de Solferino), à la Guerre franco-prussienne de 1870.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, le 22ème RI, stationné à Sathonay et Bourgoin dans le Dauphiné, est de toutes les grandes batailles, qu’il s’agisse en 1914 de la « course à la mer », la Champagne en 1915, Verdun en 1916, la Somme l’année suivante, les Flandres et à nouveau la Champagne en 1918. Le régiment reçoit quatre citations à l’ordre de l’Armée et la fourragère jaune, couleur de la Médaille militaire.

 

En 1939, le régiment est affecté à la défense d’Haguenau en Alsace. Il subit la défaite de 1940 mais contribue à la libération du pays quatre années plus tard. Il est de nouveau mobilisé pour la guerre d’Algérie en 1956.

 

En Algérie.

 

Cette année-là, le gouvernement de Guy Mollet décide de prolonger le service militaire de six à neuf mois suivant que les soldats appelés sont déjà ou non sous les drapeaux (ils sont alors « rappelés »). L’œuvre de « pacification » décidée pour l’Algérie passe par un envoi massif des soldats du contingent.

 

L’état-major, la compagnie de commandement et de soutien (CCS) et les bataillons du 22ème RI sont formés le 22 mai 1956 à Sathonay avec des rappelés originaires de la région. Moins d’un mois plus tard, le régiment débarque en Algérie et s’installe dans un premier temps à Fromentin, avant de rejoindre en septembre de la même année la ville de Ténès, située sur la côte entre Oran et Alger. Les bataillons sont dispersés : le 1er s’implante à Gouraya, tandis que le 2ème prend ses quartiers à Montenotte, le 3ème à Fromentin. Au sein de chaque bataillon, les compagnies s’établissent dans les villages, des lieux-dits ou des camps retranchés, parfois des « bordj » terme local que l’on peut traduire par camp retranché ou, littéralement par caravansérail.

 

Dominique Verley.

 

Dominique Verley nait le 21 juin 1934 à Neuilly-sur-Seine. Habitant à Issy-les-Moulineaux, sergent rappelé, il intègre le 22ème RI et part lui aussi pour l’Algérie. Il appartient au 2ème bataillon.

 

Michel Fetiveau, vétéran de la guerre d’Algérie et du 22ème RI, a créé un site internet remarquable (www.22eme-ri-tenes-1956-1962.com) où il répertorie toutes les informations qu’il peut glaner sur son ancienne unité et ses camarades de combat. Il a ainsi retrouvé plusieurs des compagnons d’armes de Dominique Verley et a recueilli leurs témoignages.

 

Le premier est celui de Monsieur Bailhache : « J’ai commencé des études d’opérateur géomètre à la suite desquelles j’ai dénoncé le sursis que j’avais obtenu. J’ai donc été incorporé au 1er régiment du Train à Montlhéry puis ai été volontaire pour suivre le peloton de brigadier. J’ai suivi les autres, bien que je ne me sentais pas de vocation particulière. Après cela, et dans les mêmes conditions, j’ai suivi le peloton de maréchal des logis, puis les E.O.R. à Saint-Maixent. Là, c’était dans l’infanterie. Comme il y avait des besoins urgents d’encadrement en Algérie, cette formation a été très rapide. Le 15 septembre 1956, je suis sorti aspirant et, avec trois bons camarades de la section, nous avons choisi la même affectation en Algérie pour essayer de rester ensemble. Nous avions demandé le 2ème bataillon du 22ème régiment d’infanterie qui devait se trouver à Collo.

 

En mars 1957, j’ai été déplacé à Chassériau, petit village ou il n’y avait qu’une brigade de gendarmerie. Avec ma section, j’ai été à nouveau chargé de monter un poste. Le maire du village a mis à ma disposition son école désaffectée et nous nous y sommes installés. Moi j’ai occupé le logement de l’instituteur. Il a fallu fortifier ce poste de façon à éviter d’être harcelés, surtout la nuit. Avec 25 hommes et la proximité des gendarmes, je devais faire face à la population incertaine qui se trouvait tout autour. Nous n’avions pas de radio pour les liaisons avec la compagnie et nous devions nous contenter du téléphone civil.

 

Nous sommes restés là durant trois mois. J’avais également pour mission de faire des patrouilles tout autour du village pour bien faire voir que l’Armée française était présente. Nous devions aussi protéger des exploitations agricoles isolées, par des patrouilles de nuit, car les colons avaient quitté leurs fermes pour se réfugier au village. Nos contacts avec les colons ont toujours été très bons mais nous avions beaucoup de mal à avoir des relations suivies avec les Algériens dispersés dans les douars. Il y avait des passages de bandes qui faisaient pression sur les populations. Quand les gendarmes venaient nous voir le matin, c’était pour nous annoncer que des Algériens avaient été assassinés dans leurs douars. Il fallait alors les accompagner pour constater les crimes commis par les fellaghas durant la nuit. Ces hommes étaient égorgés ou brûlés, simplement parce qu’ils avaient résisté aux fellaghas. Quant aux autres, terrorisés, ils ne disaient plus rien.

 

Un jour, le général de Brebisson a atterri en hélicoptère pour venir voir mon poste. Il m’a félicité en me disant  « c’est un véritable petit bordj, lieutenant, félicitations » J’étais content parce que les murettes étaient tirées au cordeau, avec des meurtrières efficaces et que tout était parfaitement ordonné. Puis, après six mois dans le grade d’aspirant, je suis devenu sous-lieutenant et à la suite d’une permission, le lieutenant m’a envoyé en plein djebel pour m’installer sur un autre piton, complètement à l’écart du village de Montenotte. Ce piton, désigné par la « cote 541 », devait être aménagé. Le capitaine avait mis à ma disposition un bulldozer, de manière à l’araser afin que toute la compagnie puisse y tenir. Deux sections surveillaient le travail du bulldozer et assuraient la protection. La section Verley et la mienne.

 

Le 7 juin 1957, j’ai dû me rendre à Cavaignac pour aller chercher des papiers et du ravitaillement. Le lendemain, 8 juin, je me suis joint au convoi remontant, avec le colonel qui voulait voir nos travaux d’implantation. Ce convoi comprenait plusieurs véhicules. En montant la fameuse piste, nous avons aperçu des silhouettes au sommet du piton, comme des ombres chinoises. Le colonel a fait arrêter le convoi pour me demander qui étaient ces hommes qu’on voyait en contre jour. J’ai répondu que c’étaient les hommes du sergent Verley qui nous regardaient monter. Mais d’un seul coup, une rafale de mitrailleuse est partie de là haut et on a compris qu’il ne s’agissait pas de la section Verley, mais de fellaghas. J’ai pris le commandement de la section d’état-major pour donner l’assaut. Nous sommes montés sur une pente assez raide, à travers les broussailles, mais quand nous sommes arrivés en haut, les fellaghas étaient partis. Malheureusement, quatre des nôtres avaient été tués, le sergent Verley lui même et son éclaireur de pointe, Serge Merre, André Canot et Jean Dudat. Un cinquième gars, qui s’appelait Claude Denis, avait été très choqué car il avait reçu une balle sur la crosse de son fusil. Il l’avait échappé belle ! Nous avons retrouvé deux fellaghas tués dans les broussailles. A partir de là, une grosse opération a été engagée avec l’aviation et la chasse mais on n’a jamais retrouvé les fellaghas. Pourtant nous en avions bien vu une vingtaine en silhouettes sur le piton et il est probable qu’ils y en avaient d’autres sur le versant opposé. »

 

Le second témoignage est de celui de Raymond Ponton : «  Le 22ème RI est l’un des régiments qui a eu le plus de morts en Algérie. La plupart étaient des appelés du contingent. La 8ème compagnie était évidemment opérationnelle et de ce fait, j’ai crapahuté partout dans le secteur de Ténès et même au-delà. Ces opérations duraient souvent trois ou quatre jours, notamment dans le massif de l’Ouarsenis et dans des conditions difficiles. A plusieurs reprises, nous avons été héliportés par des « bananes » et autres Sikorski. Au cours des vingt-deux mois que j’ai passés en Algérie, j’ai vu mourir trente camarades de ma compagnie. Cela ne s’oublie pas. Fin janvier 1957, j’ai été désigné avec trois autres copains pour aller porter renfort à une gendarmerie qui se trouvait à Chasseriau, un village entre Ténès et Orléansville. Là, les gendarmes vivaient avec leurs familles mais comme ils n’étaient pas très nombreux, il fallait bien les protéger. C’est là que le 8 juin 1957 les fells nous ont attaqués et que le sergent Verley a été tué. Sur ce piton, nous avons vécu dans des conditions très difficiles. D’abord sous des toiles de tentes, puis dans des baraquements en bois. Le ravitaillement nous était parfois parachuté en même temps que le courrier et les munitions. Nous faisions aussi des ouvertures de routes car les pistes que nous devions emprunter étaient très sinueuses et parfois minées. »


A la suite de la mort du sergent Verley, le bordj auquel il était affecté prend son nom, comme cela peut être constaté sur cette photographie.

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 24 Novembre 2010

Nouveau Drapeau issy

 

 

Le Comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français tient à remercier vivement l'ensemble des participants à notre premier colloque "Histoire en Seine" qui s'est déroulé le samedi 21 novembre dans la salle multimédia de la mairie d'Issy. Et toutes nos félicitations au général Forget pour sa conférence sur l'aviation pendant la Première Guerre mondiale.

 

Par la suite, Monsieur le maire-adjoint Gouzel, en charge des Affaires militaires et des anciens combattants, a reçu des mains de Monsieur Santini le nouveau drapeau du Souvenir Français d'Issy, qu'il a ensuite remis aux représentants locaux. Le Comité remercie la municipalité d'Issy pour son aide et la mise à disposition de ses infrastructures, de même que la Délégation générale des Hauts-de-Seine.

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Publié le 18 Novembre 2010

 

Issy-2010-11-11

 

Le comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux a participé aux commémorations du 92ème anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, le 11 novembre dernier. La veille, le comité avait organisé la cérémonie des "Flammes de l'Espoir" en présence de Monsieur Gouzel, maire-adjoint en charges des affaires militaires et des anciens combattants, et en présence de délégations des unités parrainées par la ville (Régiment de Marche du Tchad, Chasseur de mines Andromède, Garde républicaine, Escadron d'hélicoptères Parisis). De plus, le Souvenir Français avait organisé la quête du Bleuet de France. Merci pour votre générosité !

 

 

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Le carré militaire d'Issy-les-Moulineaux joliment décoré par les services du cimetière (clichés G. Guillemont). 

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Publié le 9 Novembre 2010

C. Rignault

 

Né le 13 juillet 1926 à Marigny-sur-Yonne, dans la Nièvre, monté à Orgeval, en Région parisienne, après la Seconde Guerre mondiale (« Il s’agissait de travailler pour survivre ») marié à Marie-Thérèse, père de sept enfants, d’une dizaine de petits-enfants, et presque autant d’arrières petits-enfants, Clément Rignault a exercé la profession d’arboriculteur-maraîcher pendant près d’un demi-siècle dans les Yvelines. Passionné par l’Histoire de France, la politique, pater familias, Clément Rignault est avant tout gaulliste : « Jusqu’à mon dernier souffle ! » ajoute-t-il.

 

 

L’Appel du 18 juin 1940.

 

« Nous étions le 16 juin 1940. Et cette date reste gravée dans mon cœur comme un déchirement. Du haut de mes quatorze ans, je vis défiler des chars, des camions, des side-cars. Ils portaient tous la grande croix noire de la Wehrmacht. Les soldats passaient sur la nationale, entre Corbigny et Clamecy (nord est de la Nièvre). D’autres s’arrêtèrent devant la petite épicerie de la belle-famille de mon frère Edmond, située au cœur du village de Marigny.

 

Le surlendemain, 18 juin, vers 19h00 ou 19h30 (quelques jours plus tard, nous eûmes droit à l’heure allemande), alors que nous étions assis sur un muret à l’ombre d’un tilleul, nous recevions notre premier choc de sursaut patriotique. Il y avait là mon père, Léonard, quelques voisins, Monsieur Beau, réfugié parisien. Les hommes, des anciens de la Grande guerre, discutaient des événements : « Mais qu’attend Pétain pour demander l’armistice ? ».

 

Au loin, nous entendions le bruit du passage d’une division motorisée. C’en était bien fini. Un anéantissement. Nous étions vaincus. Le journal Paris Centre avait beau écrire que le général Weygand arrêterait l’ennemi sur la Loire et le Morvan, nous n’y croyions pas. Nous avions appris que les troupes allemandes étaient déjà sur Moulins dans l’Allier.

 

Monsieur Beau avait apporté avec lui trois postes de radio, dernier modèle avec les ondes courtes et les grandes ondes. On l’entendait tourner les boutons à la recherche d’informations. C’est un bruit qu’un bon nombre de personnes qui a aujourd’hui plus de quatre-vingt ans reconnaîtrait entre mille. Tout à coup, il se mit à crier : « Taisez-vous, un général français nous parle ». Je me précipitai vers le poste : « Moi, général de Gaulle… ». Un espoir.

 

Ce discours, je l’entendis et le réentendis plusieurs fois quelques temps plus tard. Légèrement modifié. Mais ce jour-là, voilà les commentaires qu’il nous inspira : on ne savait même pas qu’il avait été nommé secrétaire d’Etat à la Défense !

 

Monsieur Beau ajouta : « Il fait comme ce général polonais, commandant l’aviation, qui a réussi à rejoindre l’Angleterre après l’effondrement de son pays. Il a appelé tous ses compatriotes aviateurs à le rejoindre en exil ».

 

Nous n’étions pas des politiciens. Encore moins des stratèges militaires. Comme une majorité de Français, nous avions été élevés dans la haine du « boche » et celle d’Hitler. Pendant plusieurs semaines, alors que Pétain avait annoncé à la radio : « C’est le cœur serré que je vous dis qu’il faut cesser le combat », nous crûmes à un accord entre lui et le général de Gaulle.

 

Mais nous avions bel et bien perdu.

 

Par la suite, j’écoutai très souvent Radio-Londres chez des amis grâce au troisième poste apporté par Monsieur Beau. Mon frère aîné, Edmond, était prisonnier. Plus tard, mon autre frère, Joseph, et mon beau-frère me racontèrent leur retraite, peu glorieuse.

 

C’est sans doute la raison qui, quatre ans plus tard, m’a poussé à entrer au maquis du Loup (région de Clamecy) et à signer un engagement pour la durée de la guerre. Ce maquis, avec d’autres, formèrent en 1944 le 1er régiment du Morvan et par la suite le 4ème RI, réserve de la 3ème DIA. Je n’ai pas la prétention d’avoir été un héros. Loin s’en faut. Sauver l’honneur. Je me souviens encore de ma belle-sœur, Lucie, des larmes dans les yeux, me voyant partir et me jetant une petite couverture sur les épaules : « Au moins, peut-être n’auras-tu pas froid » ! Elle fit partie de ces milliers d’anonymes qui rendirent des services, comme passer de la nourriture ou des messages, aidée de son seul courage et de sa bicyclette, alors qu’elle avait deux enfants en bas âge.

 

Par la suite, j’ai continué ma guerre dans le Jura. L’armistice du 8 mai 1945 fut annoncé. Nous étions à la frontière franco-suisse. A Bad Bergzabern, j’eus l’insigne honneur de présenter les armes avec l’ensemble de mon régiment sur le passage de la voiture qui transportait le général de Gaulle, lors de son premier voyage en Allemagne. Autour de moi, certains disaient qu’il s’agissait d’une berline d’Adolf Hitler, prise à Berchtesgaden.

 

En décembre 1945, j’étais libéré des mes obligations militaires à Dijon.

 

 

Le retour.

 

 

« Et le général de Gaulle ne m’a ainsi dire jamais quitté. Je suivis les actes de son gouvernement, son retrait, la constitution du RPF et tant d’autres choses encore.

 

Son retour au pouvoir en 1958 faisait, dans l’esprit de beaucoup de gens, espérer un miracle : la fin de la guerre d’Algérie, de bons salaires, le retour de la France au rang de grandes nations. Naturellement, de la gauche à la droite de l’échiquier politique, les intérêts particuliers se sont manifestés contre sa politique : il voyageait trop, le Concorde était trop cher, la décolonisation, la constitution de la Vème République, la relative séparation des pouvoirs législatif et exécutif…

 

Et pourtant. Quand on y pense aujourd’hui : le gaullisme, c’était d’abord redonner à la France son rang diplomatique, le refus d’être une nation de second rôle, ne pas accepter d’être le vassal des Etats-Unis d’Amérique, la politique de la « chaise vide » à l’OTAN. C’était tout cela et plus encore : c’était la grandeur.

 

Et son idée d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural : il ne l’avait pas envisagée réalisable en quelques années, car il connaissait les antagonismes entre européens, leur histoire, les régimes, les religions, les différences de niveaux de vie entre ces populations. Mais que l’idée était judicieuse et en avance pour son temps. Je le revois sautant sur sa chaise lors d’une émission de télévision : « l’Europe, l’Europe, l’Europe… », voulant dire qu’elle ne se ferait pas en un jour.

 

Encore une fois, les critiques furent nombreuses, dans cette situation difficile, et pourtant, la prospérité, l’indépendance, la liberté et la fierté d’être des Français, donnèrent à ces années le nom de « glorieuses ». Depuis la mort du général, peu d’hommes politiques, de gauche comme de droite, peuvent se vanter de n’avoir jamais fait référence à Charles de Gaulle, président de la République.

 

En 1968, au retour du général après sa visite à son vieux camarade Massu, j’étais sur les Champs-Elysées. A ma descente du métro, en bas de l’avenue de la Grande Armée, une voiture brûlait et des haut-parleurs diffusaient son discours. Un million de Français remonta l’avenue fameuse ce jour-là.

 

Deux ans plus tard, pour les obsèques du général, mes deux plus grands enfants émirent le souhait d’aller porter des roses et des œillets à l’Arc de Triomphe. Il y avait des mètres cubes de fleurs ! Des centaines de milliers de personnes étaient présentes. Une bousculade invraisemblable. Je pris peur de l’écrasement par la foule sur cette place qui porte aujourd’hui son nom.

 

Gaulliste j’ai été depuis la première heure, gaulliste je suis resté.

 

Il serait bon que nos jeunes Français de souche ancienne, ou désirant le devenir, s’inspirent des valeurs nationales léguées par le général de Gaulle. La France, vieille nation au passé chargé d’Histoire, de grands hommes politiques, savants, écrivains, chercheurs, soldats, saints et saintes, faisant rayonner la civilisation vers l’Universalité, est une nation phare. »

 

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Publié le 3 Novembre 2010

 

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Le Comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux vous informe des cérémonies du mois de novembre sur notre commune :

 

- Mardi 9 novembre 18h : dépôt de gerbe à la mémoire du général de Gaulle, place du 8 mai.

 

- Mardi 9 novembre 18h30 : "Rotors dans le ciel d'Indochine" ; conférence-débat animée par le général FLEURENCE et le lieutenant-colonle ALBRECHT, à la salle multimédia de la mairie.

 

- Mercredi 10 novembre 18h : les Flammes de l'Espoir par le Souvenir Français, au Monument aux Morts de la ville.

 

- Mercredi 10 novembre 18h30 : remise de la Flamme à Monsieur GOUZEL, au Centre administratif de la ville (suivie du pot de l'amitié).

 

- Jeudi 11 novembre 8h20 : cérémonie à Sainte-Lucie.

 

- 8h45 : cérémonie de prières à l'auditorium du lycée Saint-Nicolas.

 

- 9h30 : cérémonie au monument franco-arménien, rue de la Défense.

 

- 10h00 : cérémonie au carré militaire du cimetière communal.

 

- 10h25 : cérémonie devant la stèle en hommage aux poilus.

 

- 10h50 : cérémonie au monument aux morts de la ville.

 

- 11h15 : vin d'honneur dans les salons de l'Hôtel de Ville.

 

Venez nombreux !

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