Publié le 20 Juin 2010

Signoroni 3

 

Au premier plan, de gauche à droite : Giacomo Signoroni ; André Labour, Délégué général du Souvenir Français, général Jean-Claude Ichac.

 

« Mon cher Signoroni, Mon cher ami...

 

Non, cela ne va pas!

 

Dans notre Maison du Combattant, je ne peux pas utiliser l'une de ces formules, sympathiques certes, mais qui ne sont pas à leur place ici. Alors je vous dirais tout simplement:

 

Mon Adjudant-chef!

 

Car vous appeler par votre grade marque ce galon que vous avez gagné après plus de quinze ans passés dans la Légion Étrangère. Et que l'on ne voit ici aucune marque d'une quelconque subordination, pour deux raisons : d'abord parce que, avec la fin de la carrière dans « l'active », cette notion disparaît au profit de la camaraderie et de l'amitié, ensuite et surtout, et personne je pense ne me contredira, parce qu'un adjudant-chef de la Légion vaut bien un général de l'armée de l'air!

 

Vous êtes né en Italie, il y a un peu moins de quatre-vingt-dix ans. Emigré en France, vous vous engagez à la fin de la deuxième guerre mondiale et vous rejoigniez la mythique « 13 », la 13ème Demi-brigade de Légion étrangère, avec laquelle vous êtes très vite appelé à servir en Indochine, où vous allez effectuer trois séjours, où vous serez blessé trois fois, et d'où vous reviendrez avec trois citations, dont une à l'ordre de l'armée, et la prestigieuse médaille militaire. Nous venons d'honorer il y a trois jours, le 8 juin, le souvenir de vos camarades tombés en Indochine à vos côtés, dans ces lieux dont beaucoup ont été oubliés, s'ils n’ont jamais été connus, et où vous vous êtes illustré: Tan-My, Xon-Lon, Kham-Thien. Seul demeure dans notre mémoire collective Diên-Biên-Phù et son terrible siège de 55 jours à l'issue duquel, blessé à votre poste de combat, vous serez contraint à la reddition et fait prisonnier avant de connaître le calvaire des camps Viet Minh jusqu'à votre libération en août 1954. Puis ce sera l'A.F.N. et ce que l'on appelait à l'époque les « opérations de maintien de l'ordre » sur la frontière marocaine, jusqu'en 1961.

 

Pendant toutes ces années à la Légion, vous aurez été tour à tour voltigeur de pointe, pionnier, cavalier, et même parachutiste, dans la Compagnie para du 3ème Régiment Étranger d'Infanterie. Et à ce sujet je ne résiste pas au plaisir de vous raconter une anecdote personnelle qui devrait vous rappeler bien des souvenirs. Rentrant d'un séjour aux États-Unis, je suis un jour passé dans le sud-ouest, près de Nérac, pour saluer, dans sa retraite très active, mon témoin à notre mariage, le général Paul Arnaud de Foïard, légionnaire et parachutiste. J'avais rapporté d'une visite au PC des Forces Aériennes Stratégiques américaines un beau T-shirt portant la fière devise de ce commandement: « Peace is our profession », « La paix est notre métier », devise soulignant le rôle primordial de la dissuasion dans le maintien de la Paix. Paul, après avoir lu cette devise, a souri et m'a déclaré: « War is mine !», « Moi, mon boulot, c'est la guerre! ». Car c'était un guerrier, qui après avoir été résistant, fait prisonnier, évadé, avait débarqué en aspirant, en Provence, avant de remonter jusqu'aux Vosges, puis de terminer la campagne d'Allemagne avec une blessure, trois citations et la médaille militaire en un trimestre ! Il avait ensuite rejoint en Indochine le 3ème R.E.I., où il fût votre chef. Plus tard il commandera en Algérie le 2ème Régiment Étranger Parachutiste  et en métropole la 11ème Division Parachutiste.

 

Et bien vous aussi, mon Adjudant-chef, comme lui, vous avez été un guerrier, digne de vos grands anciens de Camerone, et comme eux un exemple pour ceux qui aujourd'hui servent sous le képi blanc ou le béret vert, en métropole, outre-mer ou en Afghanistan. Et c'est pourquoi, c'est avec une grande joie et une grande fierté, Adjudant-chef Giacomo Signoroni, Officier de la Légion d'Honneur, que, au nom de notre Député-maire, Monsieur André Santini, ancien ministre, je vous remets ce « Diplôme d'Honneur aux combattants de l'Armée Française, 1939-1945 », signé de Monsieur Hubert Falco, Secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, « en reconnaissance de votre action pour la France », vous qui êtes devenu un de ses enfants il y a bientôt cinquante-cinq ans.

 

Avec toutes nos félicitations, et notre admiration. »

 

Général de brigade aérienne (2S)

Jean-Claude Ichac

Président honoraire du Comité

d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français

 

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Publié le 19 Juin 2010

 

Le vendredi 11 juin, à la Maison du Combattant d'Issy-les-Moulineaux, s'est déroulée, dans une ambiance amicale et chaleureuse, une double remise de décorations :

 

- Monsieur Giacomo Signoroni a reçu, de la part du général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac, le brevet d'ancien combattant de l'Armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce brevet, signé par le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Hubert Falco,  avait été reçu par Monsieur André Santini, qui n'avait pu se déplacer pour la cérémonie. Nous publierons prochainement le discours prononcé par le général à cette occasion.

 

- Monsieur Christian Poujols a reçu, des mains d'André Labour, Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine, la médaille d'honneur de l'association.

 

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De gauche à droite : le général Ichac, Giacomo Signoroni, Frédéric Rignault, Président du Souvenir Français d'issy-les-Moulineaux.

 

Poujols 5

 

André Labour s'adresse à Christian Poujols (qui tient un document dans les mains), avant de lui remettre la médaille d'Honneur du Souvenir Français, et le diplôme signé par le général Delbauffe, Président général de l'association.

 

Merci à M. de Boissieu pour les photographies.

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Publié le 13 Juin 2010

Croix de Lorraine

 

"Le silence emplit ma maison. De la pièce d'angle, où je passe la plupart des heures du jour, je découvre les lointains dans la direction du couchant. Au long de quinze kilomètres, aucune construction n'apparaît. Par-dessus la plaine et les bois, ma vue suit les longues pentes descendant vers la vallée de l'Aube, puis les hauteurs du versant opposé. D'un point élevé du jardin, j'embrasse les fonds sauvages où la forêt enveloppe le site, comme la mer bat le promontoire. Je vois la nuit couvrir le paysage. Ensuite, regardant les étoiles, je me pénètre de l'insignifiance des choses".

Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre.

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Publié le 9 Juin 2010

A la suite de l’article sur l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur la correspondance de guerre du général Guillaumat, héros de l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

Quand la France faisait la guerre dans les Balkans.

 

« Régulièrement, le grand public découvre encore d’émouvantes lettres de poilus décrivant la vie dans les tranchées et les réactions des combattants sous les tirs d’artillerie ou avant l’assaut. Mais quel était, dans le même temps, l’état d’esprit de leurs chefs? C’est l’objet de ces lettres que, chaque jour de la guerre ou presque, le général Adolphe Guillaumat a écrites à son épouse, repliée à Toulouse. Chef du cabinet militaire du ministre de la guerre en août 1914, l’armistice de 1918 le trouvera à la tête de la Vème armée à Charleville, après avoir été commandant d’une division sur la Marne et en Argonne, du 1er corps d’armée à Verdun et sur la Somme, de la IIème armée, de nouveau à Verdun, avant de partir prendre le commandement des armées alliées d’Orient, à Salonique, et de revenir comme Gouverneur militaire d’un Paris soumis aux bombardements des Gothas et de la « grosse Bertha ». Et pendant ces quatre longues années le Général Guillaumat  a décrit à son épouse, avec précision et humour, ses déplacements, ses activités, ses rapports avec ses subordonnés (dont un certain capitaine de Gaulle), ses égaux, ses supérieurs, Foch, Franchet d’Esperey, Joffre, Lyautey, Mangin, Nivelle, Pétain, Sarrail, mais aussi avec les plus hautes autorités françaises, Briand, Clemenceau, Doumer, Poincaré, ou étrangères. Cela donne lieu à des portraits tantôt respectueux et admiratifs, tantôt ironiques, voir féroces, qui jettent un jour nouveau sur les prises de décision dans la France de la guerre. Mais si ce grand soldat bougonne, critique, « grinche » comme il le reconnaît souvent, il obéit toujours et donne le meilleur de lui-même aux différents postes souvent prestigieux où il a été placé.

 

Humaine et riche, cette « Correspondance de guerre », transcrite et éditée par Paul Guillaumat, se doit de figurer, à côté des livres sur l’histoire de la 1ère guerre mondiale, dans la bibliothèque des passionnés de cette période difficile qui a façonné l’Europe que nous connaissons aujourd’hui ».

 

GBA (2S) J-C ICHAC

 

 

Editions L’Harmattan - Mémoires du XXème siècle - 2006 - 36 €

 

 

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Publié le 7 Juin 2010

 

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Le Comité d'Issy-les-Moulineaux vous informe des prochaines manifestations patriotiques :

 

- Le mardi 8 juin 2010, la Nation rendra hommage "aux Morts pour la France en Indochine". Cette cérémonie se déroulera devant le monument érigé par la commune d'Issy, à l'angle du boulevard Gambetta et de la rue Henri Mayer, à 18h00.

 

- Le vendredi 18 juin 2010, à 18h00, en liaison avec le Comité local de l'Union Française des Anciens Combattants, la municipalité d'Issy commémorera le 70ème anniversaire de l'Appel du 18 juin, lancé depuis Londres par le général de Gaulle.

 

 

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Publié le 18 Mai 2010

DG Chine

 

Notre site Internet.

 

Notre site Internet est particulièrement remarqué et est souvent cité en exemple par le Conseil d’administration de notre association. Nous en sommes très fiers. Ce qui nous vaut également d’aider régulièrement des comités ou des délégations dans la mise en place de leur propre site.

 

Le Souvenir Français en Chine.

 

La Délégation de Chine pour le Souvenir Français a été créée en 2007 grâce au travail remarquable réalisé par Claude Jaeck, Délégué Général, entrepreneur français installé dans ce pays depuis plus de trente ans. Il y a travaillé entre autres pour les groupes Essilor, Delifrance, Arc International. Conseiller du Commerce Extérieur de la France pour la Thaïlande puis Hong-Kong et maintenant Shanghai, Claude Jaeck est aidé dans sa mission par des universitaires, des professeurs de lycées français en Asie, ainsi que de nombreux passionnés par l’Histoire, qu’ils soient installés en Asie ou en métropole.

 

Forte de près de 200 membres, la délégation a deux correspondants afin de mieux assurer la couverture de ce continent :

 

  • - M. Marc Burban, correspondant à Pékin.
  • - M. François Drémeaux, correspondant à Hong-Kong.

 

Ses contributeurs sont également présents à Singapour, au Vietnam, dans le Yunnan.

 

Sous le haut patronage de S.E. Monsieur Hervé Ladsous, ambassadeur de France en Chine, les membres honoraires de la délégation sont :

 

  • - M. Marc Fonbaustier, Consul Général de France à Hong-Kong.
  • - M. Jean-Raphaël Peytregnet, Consul Général de France à Canton.
  • - M. Thierry Mathou, Consul Général de France à Shanghai.
  • - M. Christian Testot, Consul Général de France à Pékin.
  • - M. Serge Lavroff, Consul Général de France à Wuhan.
  • - M. Emmanuel Rousseau, Consul Général de France à Chengdu.
  • - M. René Consolo, Consul Général de France à Shenyang.
  • - M. Loïc Frouart, Attaché de Défense.
  • - Mme Annick de Kermadec-Bentzman, Présidente de la Chambre de Commerce française de Chine.

 

Claude Jaeck définit ainsi le rôle de la Délégation : « Contribuer à rechercher, à comprendre et à écrire l’Histoire de ceux qui nous ont précédé en Chine, transmettre à nos concitoyens et aux générations futures cette ‘Histoire des Français de Chine’ par le maintien de leur souvenir, tel est le grand dessein de la Délégation Générale du Souvenir Français en Chine depuis sa création en 2007 au sein de notre Association métropolitaine plus que centenaire.»

 

 

Le partenariat.

 

C’est en remarquant le site Internet du Comité d’Issy-les-Moulineaux que Claude Jaeck nous a fait la proposition suivante : placer sur le site de la Délégation de Chine du Souvenir Français l’ensemble des articles de notre site ayant pour théâtre d’opérations l’Asie. Et finalement, ainsi va l’Histoire : quoi de plus naturel que de s’appuyer sur le comité d’une ville reconnue pour son engagement dans les nouvelles technologies, le Devoir de Mémoire et liée, depuis 2003, au District de Chongwen à Pékin.

 

Ainsi, vous pouvez maintenant aller sur le site de la Délégation de Chine : http://www.souvenir-francais-asie.com et lire les aventures et épopées du capitaine Henry Pagès, de Louis Fortunat, de Charles Richez, d’Henry Chavigny de la Chevrotière ou de l’engagement de Giacomo Signoroni à Diên Biên Phù. Bien entendu, de l’autre côté, de nombreux Français d’Asie connaissent aujourd’hui quelques isséens !

 

Etre présent sur le site de la Délégation de Chine est pour nous un grand honneur et un formidable encouragement à continuer notre devoir. Merci Monsieur le Délégué général.

 

 

Frédéric RIGNAULT

Président du Comité d’Issy-les-Moulineaux

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

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Publié le 7 Mai 2010

Marchions vers la France

 

En cette veille du 65ème anniversaire de la capitulation allemande, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur un ouvrage publié en 1954 par son oncle, Pierre Ichac.

 

 

Souvenirs de l’Armée d’Afrique.

 

« Il y avait dans l'armée des Grecs un Athénien qui n'était ni général, ni officier, ni même militaire ». C'est par cette citation tirée de l'Anabase de Xénophon, écrite en 400 avant Jésus-Christ et racontant la fameuse « Retraite des Dix Mille », que Pierre Ichac (1) ouvrait, en 1954, ses carnets de souvenirs sous le titre : « Nous marchions vers la France »(2).

 

Mais contrairement à son illustre prédécesseur ce n'était pas une retraite, mais bien une offensive victorieuse qu'il avait accompagnée, des confins de Tunisie aux côtes de Provence et jusqu'aux Vosges, en passant par la Corse et l'Italie, aux côtés des Tabors marocains et des tirailleurs de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne, avec comme seul armement son appareil photo et sa machine à écrire. Car, réformé compte tenu des séquelles d'un accident dans sa jeunesse, c'est comme correspondant de guerre qu'il était là. Et c'est à ce titre qu'il terminera la guerre, lui le civil qui n'aimait pas les décorations, avec la croix de guerre avec Etoile d'argent !

 

A lire ces souvenirs on se rend vite compte que c'est un journaliste qui parle, pour les lecteurs de « Vaincre » ou des dépêches de l'Agence France-Presse. Quand il commente un combat, il sait aussi bien décrire le matériel engagé que les réactions des hommes et les enseignements tactiques. Ecoutons-le évoquer la contre-offensive allemande du 18 janvier 1943, sur les Dorsales tunisiennes : «  Pour la première fois sur un champ de bataille d'Occident, voire sur aucun champ de bataille, les chars les plus puissants du monde, les Mark VI Tigre, que Stalingrad même semble ne pas avoir connus, viennent d'apparaître. ...le carrefour d'Oum el-Abouab, son arc romain qui se dresse, solitaire… C'est à son débouché oriental que… le 7ème Marocain a vu se ruer, transfigurés par le clair de lune, les premiers Tigre  de la 21ème Panzer. Les tirailleurs n'y résistent pas... Le 1er Bataillon est dispersé. Le deuxième... perd près de quatre cents hommes, en se désenclavant... ».

 

Mais la leçon a servi: « C'est l'expérience douloureusement acquise... qui joue désormais le rôle principal. Leur espoir d'endommager les chars n'est pas plus grand, mais ils manœuvrent mieux. Ils savent qu'ils ont un efficace moyen de défense: c'est la montagne, le djebel... Très vite, ils se révéleront des virtuoses de la montagne. Bientôt, on ne concevra plus les Français sans le djebel, ni le djebel sans les Français ».

 

Et de fait d'abord en Corse fin 1943 - « La Corse – commençaient à dire les anciens du Maroc – c'est le Riff, en quatre fois plus haut! » – puis en Italie, des Abruzzes au massif du Maio, qui bloque l'accès au Garigliano, en passant par le terrible Mont Cassino, c'est par les sentiers, par les cols, par les crêtes que tirailleurs et goumiers, avec leur armement, leur matériel, sur leurs mulets ou à dos d'hommes, avanceront, combattront et repousseront les troupes allemandes au delà de la ligne « Gustav », permettant aux alliés d'entrer dans Rome le 4 juin 1944 et prenant Sienne le 3 juillet (se reporter à la photographie illustrant ces propos). Puis, après le débarquement de Provence du 15 août et la progression à travers le massif des Maures, c'est encore « par les hauts » que les unités de la 3ème D.I.A. contourneront les barrages sur les routes, les forts enterrés et les casemates sur les pentes, avant de libérer Marseille.

 

Et Pierre Ichac était là, au PC du général de Monsabert, dit « Monsabre », le général à la Baraka, ou dans sa jeep, ou à pied, ou au-dessus, en place arrière du Piper d'observation, ou aux côtés du général de Lattre, sur l'ex-paquebot polonais Bathory s'approchant du golfe de Saint-Tropez, pour pouvoir rédiger le soir, à chaud, dans un bivouac de fortune, ses « papiers », partageant la vie de ces combattants, et tous leurs risques, comme il le rapporte avec humour lors de ce dialogue en Italie avec son chauffeur :

 

- Ils t'ont bien reçu au parc auto, les Tunisiens? Tu n'as pas eu d'ennuis, pas d'obus dans le ravin? Ça s'est bien passé?

- Très bien, Monsieur Ichac... les camarades m'ont offert le café... Mais sur la montagne, qu'est-ce qu'il est tombé!... Oh! Et puis aussi, y a eu un moment où c'était marrant, Monsieur Ichac. Je ne sais pas si vous l'avez vu? Les obus tombaient tout en haut, et y avait quatre types qui étaient pris dessous et qui couraient...

- Bougre d'idiot, criai-je, c'était moi! »

 

 

Un dernier mot. On a beaucoup évoqué, à l'occasion de la sortie en salle du film « Indigènes », l'oubli dans lequel serait tombé le souvenir des sacrifices des troupes venues d'Afrique du Nord. Pierre Ichac lui-même l'envisageait quand il écrivait, après la libération de Marseille sur laquelle se termine ce livre : « La première phase de la guerre – celle qui appartient en propre à l'Armée d'Afrique – sera finie... et oubliée des Français avant d'avoir été connue d'eux ».

 

Mais lui du moins avait, avec la publication de ses carnets, fait tout son possible pour que ce souvenir demeure, mettant en pratique notre belle devise qu'il aurait pu reprendre à son compte: « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

 

GBA (2S) JC Ichac

 

 

 

NOTES

 

(1) Pierre Ichac (1901 – 1978), journaliste, cinéaste, photographe, ethnographe et homme de radio, était le frère aîné de Marcel Ichac (voir sur  le site du comité d'Issy les Moulineaux l'article du 10 juin 2009, « Deux films de Marcel Ichac »). Les membres de notre Délégation se souviendront que les deux frères passèrent, avant la Première Guerre mondiale, leur enfance à Rueil-Malmaison.

 

(2) Amiot Dumont, 1954.

 

 

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Publié le 2 Mai 2010

 

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français participera aux cérémonies destinées à célébrer l’anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 :

 

  • - Vendredi 7 mai à 17h30, salle multimédia, hôtel de ville : conférence donnée par le capitaine de vaisseau Guy Crissin : « le général de Gaulle et la première division des Français Libres ».

 

  • - Samedi 8 mai :
    • – 8h30 : messe en l’église Notre Dame des Pauvres, 27, boulevard Gallieni.
    • – 9h15 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.
    • – 9h35 : place du 8 mai 1945 : dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle ; lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants.
    • – 9h50 : cortège en direction de la place du maréchal de Lattre de Tassigny.
    • – 10h00 : square Bonaventure Leca. Dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.
    • – 10h05 : dépôt de gerbes à la plaque « Veuves et orphelins victimes de guerre ».
    • – 10h15 : monument aux morts de la ville ; dépôt de gerbes et discours de Monsieur André Santini.
    • – 10h40 : rue du général Leclerc. Défilé de troupes appartenant au Régiment de Marche du Tchad.

 

Par ailleurs, le Souvenir Français se chargera, comme chaque année, de la collecte du Bleuet de France. Soyez généreux !

 

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Publié le 19 Avril 2010

 

Entree des Allies a Salonique.jpg

1 - La guerre en Orient.

 

Ouvrir un second front.

Qui se souvient que des soldats français ont fait la Première Guerre mondiale dans les Balkans, et que celle-ci a d’ailleurs duré jusqu’en 1919 ?

 

A la fin de l’année 1914, la situation semble inextricable. Après les offensives et les longs mouvements de conquête et de retraite de l’automne, les Alliés, comme les armées des Empires centraux, se sont enterrés dans des tranchées. Au cours de cette première année de guerre les pertes sont déjà phénoménales. La France a vu mourir plus de 500.000 de ses soldats.

 

Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine britannique), défend l’idée de l’ouverture d’un second front en Europe, et du côté des Balkans. Dans un triple objectif : ravitailler l’Armée russe via la mer Noire ; contourner les Empires centraux ; occuper Constantinople, capitale d’un Empire ottoman, considéré comme le « grand malade » du continent et par ailleurs allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

 

Gallipoli.

 

Une expédition maritime est proposée et envoyée. Sans grand succès. La présence de mines, de côtes fortifiées (donc difficiles à bombarder) et de nombreux sous-marins allemands ne facilitant pas les manœuvres ! Une nouvelle expédition est menée. Elle est terrestre et consiste en l’envoi d’un premier contingent de 75.000 soldats anglo-français (auxquels il convient d’ajouter des unités australiennes et néo-zélandaises) sur la presqu’île de Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardanelles. C’est une catastrophe : les soldats sont littéralement hachés par l’artillerie ottomane, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders. Un second débarquement se déroule quelques semaines plus tard pour renforcer un dispositif déjà à bout de forces. Il ne fait qu’ajouter des morts. Les anglo-français doivent abandonner les lieux. Leur chef, le général Gouraud, vient de quitter le front, amputé du bras droit. Les Alliés réussissent néanmoins à sauver environ 100.000 hommes et les faire débarquer à Salonique, en Grèce, pays alors neutre, quoique soupçonné de docilité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

Là, les soldats n’ont pas le temps de se refaire une santé. Le corps expéditionnaire devient l’Armée d’Orient et tente de faire la jonction avec les restes de l’Armée serbe qui vient de traverser la Macédoine, du nord au sud. La Serbie connait au début de la guerre quelques victoires, avec notamment la reprise de la ville de Belgrade, mais les défaites s’accumulent par la suite. De plus, la Bulgarie entre dans le conflit aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. L’expédition française pour porter secours aux troupes serbes s’avère vite être un échec et le retour vers Salonique se déroule à la fois dans des conditions climatiques détestables et sous le feu des armées des Empires centraux, qui multiplient les combats avec les unités de l’arrière-garde alliée.

 

Le camp de Salonique.

 

Salonique devient alors un immense camp militaire retranché, sous la menace permanente des armées allemandes, austro-hongroises et bulgares. L’Armée grecque s’est interposée entre les deux et tente d’éviter le pire. Au sommet de l’Etat grec les dissensions entre le Premier ministre, Vénizelos, partisan de la Triple-Entente (France, Russie, Empire britannique) et le roi Constantin 1er, pro Empires centraux, sont plus vives que jamais. Et les soldats alliés enfermés ne peuvent qu’attendre les ordres. Pour combattre la dysenterie, la malaria, le paludisme, la malnutrition et le scorbut, ils collaborent à l’assèchement des marais et se mettent à cultiver la terre. Une partie du camp se transforme en un immense potager. D’où la réplique, sarcastique, de Georges Clemenceau : « les jardiniers de Salonique ».

 

De leurs côtés, les états-majors s’affèrent pour mettre en place des unités dignes de ce nom. Le général français Maurice Sarrail tente un équilibre : ne pas déplaire aux Grecs, qui sont toujours neutres, faire attention aux espions allemands, bulgares ; faire régner l’ordre entre les troupes françaises, serbes, anglaises, australiennes, néo-zélandaises, italiennes, sans oublier les contingents indiens et africains.

 

En 1916, sollicitée des deux côtés, la Roumanie entre en guerre finalement en se rapprochant des Alliés. Dans le même temps, le général Sarrail voit les Grecs dégarnir les postes qui sont sensés protéger les Alliés. Il décide de sorties : les Serbes attaquent les premiers et reprennent aux Bulgares les monts menaçant la plaine de Salonique. De leur côté, les Français entrent en Macédoine et fixent les troupes germano-bulgares. L’aide des Roumains est de courte durée : à la fin de l’année 1916, le pays est entièrement envahi par les puissances centrales. Tout au long de l’année suivante, quelques combats sporadiques opposent les deux camps.

 

L’offensive victorieuse de 1918.

 

Il faut attendre 1918 pour que l’offensive majeure se déroule. Au cours de 1917, le général Adolphe Guillaumat s’est ingénié à remonter le moral des troupes, à les entretenir et surtout à les soigner. Les épidémies sont enfin endiguées. Le général contribue aussi fortement à l’implantation d’un état-major interallié, suffisamment solide et intelligent pour ne froisser aucun des pays contributeurs, tout en permettant des décisions rapides et efficaces. De plus, les Grecs finissent par s’engager dans le conflit aux côtés des Alliés. Le camp de Salonique n’est plus retranché ! Le temps de la reconquête est arrivé.

 

En juin 1918, rappelé à Paris par le nouveau Président du Conseil, Georges Clemenceau, le général Guillaumat est remplacé par le général Louis Franchet d’Espérey, qui peut enfin mettre en œuvre la globalité du plan élaboré par son prédécesseur. Le 15 septembre 1918, avec l’accord des gouvernements anglais et italiens, Franchet d’Espérey lance les armées alliées à la reconquête des Balkans. A l’est, les soldats anglais et grecs attaquent en direction de la Bulgarie (vallée du Vardar). Au centre, les Français et les Serbes, progressent rapidement et s’emparent de l’ensemble de leurs objectifs. L’un des épisodes les plus fameux de cette offensive reste la dernière charge de cavalerie de l’Armée française : sous le commandement du général Jouinot-Gambetta, la brigade à cheval des chasseurs d’Afrique réussit un raid de plus de 70 km à travers les montagnes, à plus de 2.000 mètres d’altitude. Le 29 septembre, les cavaliers prennent par surprise Usküb, la capitale de la Macédoine. Le soir même, les Bulgares sont acculés à signer un armistice.

 

Pendant ce temps, Franchet d’Espérey continue sa marche en avant et se dirige maintenant vers Bucarest, capitale de la Roumanie. Mais l’objectif est bien l’entrée en Autriche-Hongrie. L’armistice général du 11 novembre 1918 met un terme à la reconquête des Alliés, qui se retrouvent à ce moment-là bien plus proches des Empires centraux que leurs homologues de l’ouest. Mais pour l’Armée d’Orient, la guerre n’est pas encore terminée.

 

1919.

 

L’Armée Française d’Orient est à nouveau rebâtie pour se transformer en trois unités :

 

  • - L’Armée du Danube : commandée par le général Berthelot, elle est constituée des unités qui sont stationnées en Roumanie, d’abord à Bucarest puis dans le delta du Danube. Il s’agit de faire face aux nouveaux ennemis : les Russes bolchéviques qui eux sont positionnés en Moldavie (sous domination russe à l’époque).
  • - L’Armée de Hongrie, sous le commandement du général Labit, est chargée de mettre fin aux agissements des bolchéviques hongrois.
  • - Le Corps d’Occupation de Constantinople, a pour mission de faire régner l’ordre dans une partie de ce qui est bientôt l’ancien Empire ottoman.

 

Face aux « Rouges » et en appui des Russes « Blancs » (tsaristes), les troupes françaises vont stationner et se battre pendant plus de cinq mois après la fin officielle de la Première Guerre mondiale. Les ports russes sont envahis par des bateaux français et anglais : il s’agit d’étouffer économiquement le nouveau pouvoir de Lénine. Mais le retournement de la situation militaire (les Rouges amassant les victoires), les mutineries de marins français dans le port d’Odessa, et de plusieurs compagnies dans l’Armée du Danube, précipitent le retour des soldats français en métropole au printemps 1919.

 

 

2 – Louis Thauvin à Gallipoli.

 

Louis Thauvin nait le 25 février 1888 à Meung-sur-Loire, bourgade du Val de Loire et de Sologne, fief de la tribu des Alains. En son église, en 1429, Jeanne d’Arc vient s’y recueillir. Louis Thauvin, de la classe 1908, est engagé au bureau d’Orléans. Il porte le matricule 202 et intègre le régiment pour moins d’une année : il disparaît dans les combats du 2 mai 1915, pendant la bataille de Gallipoli.

 

Extrait du Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique :

 

« 2h : l’ennemi parvient jusque sur les positions de la brigade coloniale qui reçoit un renfort de deux compagnies du 3ème bataillon du RMA. Grâce à l’approche des deux compagnies, l’élan de l’ennemi est arrêté momentanément sur cette partie de la ligne.

 

3h : les deux dernières compagnies du 3ème bataillon sont engagées avec la Brigade coloniale pressée de plus en plus. Les deux compagnies du 1er bataillon tenant le terrain entre le ravin N 236 et la Brigade coloniale a également engagé ses deux compagnies de soutien, pour maintenir la violente attaque de l’ennemi.

 

3h15 : une contre attaque générale est décidée et se produit au signal de la charge. Toute la ligne se porte vigoureusement en avant et reconduit l’ennemi sur ses positions.

 

4h15 : accueilli par un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses, en face d’une infanterie très fortement retranchée, l’attaque de nos troupes est enrayée et les divers éléments viennent réoccuper les éléments de la veille. Un bataillon anglais vient s’installer entre le ravin et la côte 236 comme repli éventuel… »

 

Après trois mois d’intenses combats, d’attaques toutes vouées à l’échec, le gouvernement britannique décide d’envoyer cinq divisions supplémentaires. En vain. Décimées par l’ennemi et ses bombardements (l’artillerie turque est placée sur les hauteurs de la presqu’île), les maladies, les rats, et, l’hiver arrivant, par le gel, le repli général est décidé pour la fin 1915.

 

Les Alliés camouflent les tranchées et les garnissent de mannequins pour faire croire à leur occupation. En partant, ils règlent le tir des canons qu’ils actionnent au dernier moment. Grâce à ce stratagème, en quelques semaines, de nuit, près de 100.000 hommes, 200 canons et environs 5.000 animaux sont évacués vers Salonique. Au prix de près de 250.000 morts : 50.000 Français et coloniaux et 200.000 soldats des troupes du Commonwealth.

 

Par le jugement du 3 décembre 1920, transcrit le 7 janvier 1921, Louis Thauvin est déclaré « Mort pour la France ». Son nom est gravé sur le monument aux morts de la place de la mairie d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Pierre Miquel : Les poilus d’Orient, Fayard, 1998 ; La poudrière d’Orient, Fayard 2004 ; Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002 ; Les Enfants de la Patrie, Fayard, 2002.

- Pierre Gosa : Franchet d’Espérey, Nouvelles Editions Latines, 1999.

- Jacques Ancel : Les travaux et les jours de l’Armée d’Orient, Paris, 1921.

- Site internet www.chtimiste.com sur l’historique des régiments.

- Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique

- Journal de Marche du Corps Expéditionnaire d’Orient

 

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Publié le 17 Avril 2010

Comme chaque année, le comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux participera aux commémorations de la journée à la mémoire de la Déportation le dimanche 25 avril 2010, devant le monument aux morts de la commune. Le détail de la cérémonie est affiché sur les panneaux municipaux.

 

Par ailleurs, nous vous rappelons que toutes informations concernant le siège de notre association sont disponibles sur le site www.souvenir-francais.com et celles de notre délégation des Hauts-de-Seine sur www.souvenir-francais-92.org

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