Publié le 9 Avril 2010

Victor Cresson

 

DEFENSEUR DES OUVRIERS, MILITANT COMMUNISTE.

 

Victor Cresson naît le 14 janvier 1884 à Gentelles dans la Somme, à quelques kilomètres au sud-est d’Amiens. Il est issu d’une famille modeste du nord de la France. Ses parents sont tisserands, spécialisés dans la bonneterie. Venu chercher du travail en Région parisienne, il entre comme ajusteur aux usines Salmson à Boulogne-Billancourt. À partir de 1924, il travaille dans une succursale du constructeur Peugeot à Issy-les-Moulineaux. Par la suite, il devient blanchisseur à son compte. En tant que travailleur indépendant, il a ainsi davantage de temps pour son activité militante et ne peut être licencié en raison de ses idées politiques.

 

En effet, Victor Cresson anime la cellule locale du Parti communiste. Alors qu’il est membre du Parti socialiste avant la guerre de 1914, il rejoint le Parti communiste dès sa formation en 1920. En 1935, lors des élections municipales à Issy-les-Moulineaux, il prend la tête de la liste du Parti communiste. Après le premier tour du 5 mai, les différentes composantes de la gauche, les communistes, les socialistes, ainsi que les radicaux constituent une nouvelle liste « antifasciste »composée de vingt communistes, huit socialistes et deux radicaux. Au soir du deuxième tour, le 12 mai 1935, c’est cette liste, ce Front commun, qui remporte les élections municipales. Au cours de la séance du 19 mai 1935, l’assemblée municipale composée des nouveaux conseillers municipaux, élit Victor Cresson maire d’Issy-les-Moulineaux. Son premier adjoint est Fernand Maillet.

 

En sa qualité de nouveau maire d’Issy-les-Moulineaux, Victor Cresson s’intéresse avant tout à la population ouvrière de la ville. Durant les grèves de mai-juin 1936, lors de l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Front populaire dirigé par Léon Blum, la municipalité isséenne apporte son soutien aux ouvriers. Un système d’aide communale est ainsi mis en place pour aider les chômeurs, des bons d’achats financés par la municipalité étant distribués aux ménages les plus en difficulté face à la crise économique des années 1930.

 

À partir de 1936, Victor Cresson apporte également une aide matérielle aux républicains espagnols au moment de la guerre civile. Des colis alimentaires sont expédiés pour venir en aide aux populations. C’est dans ce contexte que le 25 janvier 1939 se tient une séance exceptionnelle du conseil municipal, entièrement consacrée à la situation dans la péninsule ibérique, suite à la prise de Barcelone par les troupes du général Franco.

 

L’action de Victor Cresson au niveau de la commune favorise en outre un large développement des infrastructures, avec notamment la viabilisation de quartiers insalubres soumis à des inondations régulières. C’est ainsi qu’un important réseau d’égouts permettant la récupération des eaux usées est mis en place dans l’île Saint-Germain.

 

Symboliquement, la salle des fêtes d’Issy-les-Moulineaux, construite en 1932, prend le nom de Maison du Peuple en 1935. Des congrès ouvriers et des réunions politiques y sont dès lors organisés. Par ailleurs, les noms des rues attribués sous le mandat de Victor Cresson font référence à des personnages politiques de l’époque. C’est ainsi qu’est inaugurée, par exemple, la nouvelle place Paul Vaillant Couturier, journaliste à L’Humanité, décédé en 1937.

 

Enfin, fidèle à l’idéologie du Parti communiste, Victor Cresson souhaite l’ouverture de centres sportifs. On assiste alors à la création d’un premier stade à Issy-les-Moulineaux et d’une piscine municipale, directement installée sur les rives de la Seine. De même, c’est sous son mandat qu’un premier parc communal, le parc Henri Barbusse, est inauguré à Issy-les-Moulineaux. Une colonie de vacances voit aussi le jour, la municipalité ayant fait l’acquisition d’une résidence en Vendée afin qu’un grand nombre d’enfants puisse profiter de vacances à la mer.

 

Le parcours de Victor Cresson pendant la Seconde Guerre mondiale
 

La France et ses Alliés déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, après l’invasion allemande de la Pologne le 1er septembre. Suite au pacte germano-soviétique du 23 août 1939, le Parti communiste est dissout par un décret du 26 septembre 1939. De ce fait, Victor Cresson est suspendu de ses fonctions de premier édile de la ville d’Issy-les-Moulineaux le 4 octobre 1939.

 

Dès le début de la guerre, Victor Cresson entre dans la Résistance en distribuant des tracts communistes. Lui et Maillet sont alors arrêtés et envoyés en séjour surveillé en décembre 1939 au camp de Baillet en Seine-et-Oise, puis à l’île d’Yeu. Par la suite, ils sont transférés en zone Sud, dans le Cantal, dans des camps situés à Riom-ès-Montagnes, puis à Saint-Augeaut, d’où ils s’évadent en septembre 1940.

 

De retour à Issy-les-Moulineaux, Victor Cresson est de nouveau arrêté avec Fernand Maillet en octobre 1940. Après cette seconde arrestation, Victor Cresson est envoyé à Aincourt en Seine-et-Oise. Il est alors jugé par la XIIe Chambre correctionnelle du département de la Seine pour infraction au décret du 26 septembre 1939 et est condamné à dix mois de prison.

Il est emprisonné successivement à la prison de Fontevrault, à la centrale de Clairvaux, puis à la prison de la Santé à Paris. En mai 1941, il est interné avec Maillet au camp de Châteubriant-Choisel, en Loire-Inférieure. Là, ils voient, ce fameux mercredi 22 octobre 1941, vingt sept militants communistes, parmi lesquels Jean-Pierre Timbaud et Guy Môquet, passer par les armes dans la clairière de la Sablière.

 

Après la fermeture du camp de Châteaubriant, Victor Cresson est transféré au camp de Voves dans l’Eure-et-Loir. Avec quarante-et-un autres détenus, il est alors envoyé au Fort de Romainville en Région parisienne pour servir d’otage : ceux-ci peuvent être fusillés à tout moment au Mont-Valérien lors de représailles allemandes.

 

Mais ils quittent le fort pour la gare de l’Est à Paris le 25 octobre 1943 et sont envoyés en Allemagne dans un train de voyageurs, par le convoi n°238 qui comprend vingt-huit Français. Après avoir rejoint la gare de Sarrebruck quelques jours plus tard, ils sont conduits au camp de Neue-Bremm, un camp de transit pour de nombreux déportés français. Trois semaines après avoir quitté la France, le 12 novembre 1943, Victor Cresson arrive au camp de concentration de Mauthausen, où sont détenus de nombreux déportés politiques. Le 14 novembre 1943, après avoir passé une nuit dans une prison de Munich, Victor Cresson reçoit le matricule 39 461 et est contraint de porter le « triangle rouge » des détenus politiques.

 

En outre, comme d’autres membres de son convoi, Victor Cresson est considéré comme Nacht und Nebel, ce que l’on peut traduire par « Nuit et Brouillard » : les déportés ayant ce statut étant condamnés par les nazis disparaître à court terme, sans laisser de trace. Il s’agit bien souvent des détenus politiques, communistes la plupart du temps. Les « NN » relèvent en fait d’une juridiction spéciale qui les isole totalement du monde extérieur.

 

Déjà très affaibli par ses quatre longues années de captivité dans les prisons et camps français, Victor Cresson doit affronter l’hiver autrichien à son arrivée dans ce camp. Très vite sa santé se détériore. Il est victime de la sous-alimentation et des mauvais traitements. Il passe les deux derniers mois de sa vie dans des conditions terribles, enfermé au « Revier », sorte de prison-infirmerie du camp tout à fait particulière, si l’on considère qu’au sous-sol de ce même bâtiment sont installés des fours crématoires. Durant le régime hitlérien, 180 000 personnes sont déportées au camp de Mauthausen et 154 000 personnes y trouvent la mort. Sur les 12 500 déportés français au camp de Mauthausen, 10 000 y meurent. Le 12 février 1944, Victor Cresson décède d’épuisement à l’intérieur du camp central.

 

La ville d’Issy-les-Moulineaux a rendu hommage à son ancien maire, mort en déportation. Une avenue centrale porte désormais le nom de Victor Cresson. Au n°33 de cette rue, une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l’immeuble où il vécut lorsqu’il était maire de la commune. Et Victor Cresson a reçu le titre de « Mort pour la France » par décision du ministre des Anciens Combattants, François Mitterrand, en date du 8 juillet 1947.

 

Thomas Nuk – Historien – Membre du Souvenir Français.

 

 

Sources :

Bulletin municipal d’Issy-les-Moulineaux, avril 1945 et février 1946

Registre des délibérations du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux, durant le mandat de Victor Cresson.

Archives de la préfecture de police de Paris. Dossier des internés communistes BA 23 74.

Informations fournies par la Fondation de la mémoire de la déportation.

Informations fournies par l’Amicale nationale des déportés, familles et amis de Mauthausen et ses kommandos.

Entretien avec M. André Grillot, président d’honneur de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé, qui fut l’un des compagnons de captivité de Victor Cresson.

Agulhon Maurice, Girard Louis, Robert Jean-Louis, Serman William et alii, Les maires en France du Consulat à nos jours, Paris, Publication de la Sorbonne, 1986, 462 p.

Maitron Jean et Pennetier Claude, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, 4ème partie: 1914-1939, De la Première Guerre mondiale à la Seconde Guerre mondiale, Paris, Les édition ouvrières, 1981. Article « Victor Cresson ».

 

 

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Publié le 26 Mars 2010

Azadian-Victimes civiles 1942-2

Les bombardements aériens du dernier conflit mondial avaient pour but la destruction des installations industrielles et des voies de communication. Ainsi, les usines de Renault de Billancourt, celles de Citroën du quai de Javel et la cartoucherie Gevelot d’Issy-les-Moulineaux furent souvent été prises pour cibles, par les Allemands en 1940 et par les Alliés de 1942 à 1944, en raison de leur participation à l’effort de guerre ennemi.

 

Ces bombardements effectués à haute altitude, le plus souvent de nuit afin d’échapper à la chasse et à la défense antiaérienne, firent d’innombrables victimes dans la population civile, compte tenu de largages imprécis en milieu urbain. Issy-les-Moulineaux y perdit beaucoup des siens. Voici leurs noms, suivis de leurs âges :

 

Bombardement du 3 juin 1940 :

 

  • - Monsieur Georges Ablin ; Madame Andrieux, née Dimanche, 38 ans ; Madame Andrieux, née Chazaud, 73 ans ; Monsieur Charles Adrien, 48 ans ; Madame Boulant, née Vassort, 31 ans ; Monsieur Théodore Buchmeyer ; Madame Bouchaudon, née Audet, 36 ans ; Monsieur Jean Bousquet, 47 ans ; Monsieur Pierre Berard, 84 ans ; Monsieur Ferdinand Charbonnier, 58 ans ; Monsieur Alfredo Cugini, 32 ans ; Monsieur Léo Decon, 19 ans ; Monsieur Maurice Godard, 43 ans ; Monsieur Michel Fossati, 41 ans ; Madame Lauquin, née Haigman, 45 ans ; Monsieur Léon Lemarchand, 50 ans ; Monsieur Camille Mion, 34 ans ; Madame Perrève, née Rigornet, 41 ans ; Monsieur Louis Nicolini, 39 ans ; Madame Nathalie Rall, 22 ans ; Monsieur Raymond Seutin, 52 ans ; Monsieur Angèle Tavecchi, 34 ans ; Monsieur André Thomas, 50 ans ; Monsieur Jean-Henri Trefleze, 66 ans ; Monsieur Paul Vilain, 43 ans.

 

Bombardement du 3 mars 1942 :

 

Le bombardement du 3 mars 1942 fut encore plus terrible, en cela par le fait d’avoir décimé des familles entières :

 

  • - la famille Azadian : Sochakis, 41 ans ; Jean, 10 ans ; Madeleine, 10 ans ; Gazar, 13 ans.
  • - la famille Jouanin : Germaine, née Bruère, 33 ans ; Anne, née Bruère, 32 ans ; Daniel, 9 ans ; Monique, 4 ans ; Pierre, 10 mois…
  • - la famille Boizeau : Madame, née Lecoquer, 43 ans ; Marcel, 17 ans.
  • - la famille Lemaire : Georges, 41 ans ; Madame, née Hantsan, 43 ans.
  • - Félix, 14 ans et Vanda, 12 ans, Roszewicz.
  • - Jean, 55 ans, et Nicolas Berns, 57 ans.
  • - Christiane Lequien, 9 ans ; Varougean Soubaralian, 19 ans ; Jacqueline Gandon, 13 ans ; Monsieur Raymond Thirion, 42 ans ; Madame Suzanne Fonck, née Mansard, 31 ans ; Madame Somellini, née Klepper, 35 ans ; Mademoiselle Julienne Bougamont, 59 ans ; Jean-Pierre Folgringer, 8 ans ; Monsieur Georges Lunel, 23 ans ; Monsieur Ernest Salvan, 35 ans.

 

Bombardement du 30 mai 1942 :

 

  • - Madame Roche, née Marchand, 23 ans et son fils Pierre, 6 ans. 

Bombardement du 4 avril 1943 :

 

  • - Monsieur Louis Olivier, 32 ans ; Monsieur Hector Hlusik, 49 ans ; Madame Renaudin, née Splitz, 32 ans ; Monsieur Jean Delanoe, 48 ans. 

 

Bombardement du 14 juillet 1943 :

 

  • - Marcel Persechino, 14 ans et Salvatore, 20 ans.
  • - Eliszalde Gomez, 29 ans. 

Bombardement du 24 août 1943 :

 

  • - Monsieur Paul Khaleef, 43 ans et Monsieur Guiseppe Bucci, 54 ans. 

Bombardement du 3 septembre 1943 :

 

  • - Madame Sevestre, née Gambil, 59 ans ; Monsieur Paul Rigoudy, 41ans ; Lucien Samson, 17 ans ; Christian Burguet, 5 ans. 

Bombardement du 15 septembre 1943 :

 

- Madame Bonnet, née Berlan Landrin, 23 ans ; Jeannine Metais, 17 ans ; Madame Leau, née Benon, 58 ans.


Bombardement du 24 juin 1944 :

 

  • - Monsieur Emile Faucher, 56 ans.

 

 

Bombardement du 25 juillet 1944 :

 

  • - Léon-Pierre Monnet, 28 ans.

 

 

Victimes non combattantes, elles ne sont pas représentées par des associations, ne sont pas commémorées. Victimes déclarées "Morts pour la France"… qui les a bien oubliées. Sous l’impulsion de la municipalité d’Issy-les-Moulineaux, le Comité du Souvenir Français est à l’œuvre pour la réfection de stèles des « victimes civiles ».

 

 

Thierry Gandolfo,

Conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux

Membre du Souvenir Français

 

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Publié le 18 Mars 2010

Départ en mission


Georges Fleury, in La guerre en Algérie (Ed. Payot) : "J'ai écrit ce livre (...) pour que les enfants d'aujourd'hui, ceux de demain, se rendent compte que leur père ou leurs grands-pères n'ont pas été pires que d'autres, alors même qu'ils étaient confrontés à des situations extrêmes qui dépassèrent souvent ceux qui les avaient envoyés se battre dans ces djebels si beaux dont ils rêvent encore la nuit et ou des petits riens les ramènent parfois. Il suffit d'un copain retrouvé, d'une phrase en arabe cueillie au coin d'une rue, d'une odeur de merguez, d'un petit coup de vent chaud, d'un verre de vin rosé, d'une tasse de thé, du miel d'une pâtisserie, pour qu'ils entendent encore l'étrange et lancinante petite musique de là-bas. Celle de nos vingt ans...".

Retrouvez des clichés de l'Algérie et de la guerre d'Algérie dans l'album éponyme.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 6 Mars 2010

Gervais Auguste

 

Une éducation militaire.

 

 

 

 

Auguste Gervais nait le 6 décembre 1857 à Paris VIIIe. Il est le fils d’un négociant parisien, Louis Aimable Gervais, et d'Adeline Joséphine Brochard. En 1870, il entre au lycée Charlemagne, où il entame des études supérieures. Cinq années seulement après la guerre franco-prussienne, il est admis à l’école militaire de Saint-Cyr, d’où il sort en 1877 avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie. Il est alors affecté au 129e régiment d’infanterie. Il poursuit par la suite sa formation militaire en intégrant l'École spéciale militaire qu’il fréquente de 1877 à 1879. Dans l’armée, il occupe un rôle d’administrateur. Quelques années plus tard, Auguste Gervais intègre le cabinet du ministre de la Guerre, le général Jean Thibaudin, où il reste du 31 janvier janvier au 9 octobre 1883. C’est à ce moment qu’il commence à côtoyer les principaux hommes politiques de son temps.

 

Entrée dans la vie journalistique.

 

Auguste Gervais quitte alors l’armée pour raisons de santé avec le grade de lieutenant de chasseurs à pied et se lance dans le journalisme. D’abord proche des idées socialistes qui apparaissent à cette époque, il va rejoindre progressivement la gauche républicaine animée par les radicaux. Spécialisé dans les questions militaires, il travaille successivement au sein de la rédaction du National (1882-1887), de La Petite République (1887-1888), période à laquelle Jean Jaurès commence à y collaborer, puis du Petit Journal (1888). Remarqué par Georges Clémenceau, député de Paris depuis 1876, Auguste Gervais adhère aux idées de ce dernier et part rejoindre les quotidiens le Matin, le Soir, puis enfin L'Aurore, journaux auxquels celui-ci collabore.

 

En plus de son travail pour ces différents journaux d’opinion, Auguste Gervais rédige quelques chroniques dans les journaux les plus en vue de son époque, notamment La Revue bleue. Il écrit également pour des revues spécialisées comme le Journal des économistes et le Journal des sciences militaires. Son activité journalistique va le conduire à devenir membre d'honneur du syndicat de la presse commerciale et industrielle en 1910.

 

Parallèlement à ses analyses quotidiennes, prenant davantage de recul par rapport à l’actualité, Auguste Gervais signe des ouvrages dans lesquels il préconise de nouvelles réformes militaires. Il publie en ce sens Chef et soldat en 1883, Les Héros du Tonkin en 1885, L'Armée annamite en 1886, En captivité en 1892, puis L'Alimentation dans l'armée. Les sujets majeurs qu’il aborde sont liés à la défaite de 1870, à savoir la réforme nécessaire de l’armée et le rôle important que peuvent jouer les colonies dans le développement économique de la France.

 

En reconnaissance de ses travaux, Auguste Gervais est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1892, avant de devenir également officier de l’Instruction publique. En marge de son activité littéraire, comme beaucoup d’hommes politiques de cette époque, Auguste Gervais est initié à la franc-maçonnerie et intègre la loge Thélème en juillet 1895. Par la suite, il sera membre de la société Philomathique de Paris et en deviendra son Président d'honneur en 1907.

 

C’est vers 1880 que la vie politique locale commence réellement à se développer à Issy-les-Moulineaux, à l’époque de la première vague d’industrialisation de la commune, tandis qu’on y observe une croissance démographique importante liée à cet essor économique. L’Isséen Auguste Gervais décide alors d’y prendre part.

 

L’homme politique.

 

Deux groupes politiques avec des tendances bien distinctes émergent à Issy-les-Moulineaux. Edouard Naud, maire d'Issy-les Moulineaux de 1871 à 1878, se situe plutôt à droite. Tendance opposée aux maires qui vont par la suite se succéder : Auguste Hude, maire de 1884 à 1888 ; Jean Baptiste Charlot, maire de 1888 à 1894 ; Henri-Oscar Mayer, maire de 1894 à 1903, puis de 1908 à 1911, et à Auguste Gervais, encore plus à gauche. La tendance politique de ce dernier tend alors à devenir majoritaire à mesure que la croissance industrielle et par là même la population ouvrière gagnent en importance.

 

Auguste Gervais se présente lors des élections communales du 1er et du 8 mai 1892 sur la liste conduite par le maire sortant Jean-Baptiste Charlot, qui remporte les élections.

 

Lors du premier conseil municipal organisé le 15 mai 1892, Auguste Gervais est élu maire-adjoint d’Issy-les-Moulineaux, en même temps qu’un dénommé Sourdive. Une de leurs premières initiatives est, lors de la séance du conseil municipal du 21 avril 1894, de changer l’appellation de vingt-quatre voies de la commune en choisissant des noms tirés de l’histoire révolutionnaire de 1789. C’est ainsi qu’apparaissent la rue de l’Egalité, les rues Danton, Chénier et Desmoulins, la rue de l’Abbé Grégoire. Les philosophes des Lumières sont aussi mis à l’honneur, notamment d’Alembert, Diderot, Rousseau et Voltaire. De ce fait, leur empreinte sur le territoire isséen est toujours visible à l’heure actuelle dans les rues de la ville.

 

D’esprit très laïc, Auguste Gervais semble être intervenu pour donner aux rues de la commune le nom de personnages historiques ayant souffert de l’intolérance religieuse, afin de témoigner, selon lui, de l’importance de la liberté de conscience individuelle. Il prend ainsi pour exemple Etienne Dolet et le Chevalier de la Barre.

 

Le 24 septembre 1894, suite à un désaccord avec sa majorité, Jean-Baptiste Charlot décide de démissionner de son fauteuil de maire. Henri-Oscar Mayer lui succède. Auguste Gervais renonce alors à son mandat de maire-adjoint. Il semble avoir suivi la décision de Jean-Baptiste Charlot en restant simplement l’un des vingt-sept conseillers municipaux de la commune. Lors du scrutin municipal de 1896, la liste conduite à Issy-les-Moulineaux par le maire sortant Henri-Oscar Mayer, sur laquelle figure Auguste Gervais, remporte les élections dès le premier tour avec 1196 voix contre 933 voix pour Fauch de l’Union républicaine et 475 voix pour Chéradame, menant une liste socialiste révolutionnaire.

 

Au-delà de ces élections locales, Gervais remporte de nouveaux mandats électoraux. Membre de la Gauche radicale socialiste, il est élu au Conseil général de la Seine et siège comme représentant du canton de Vanves de 1893 à 1898. Il est même élu président du Conseil général de la Seine de 1896 à 1897.

 

Lors des élections législatives des 8 et 22 mai 1898, Auguste Gervais est élu député dans l’arrondissement de Sceaux, à savoir la quatrième circonscription de la Seine nouvellement créée, qui regroupe alors Sceaux et Vanves. À la Chambre des députés, Auguste Gervais intervient largement sur les questions militaires. Il prend aussi des initiatives nationales en fonction des événements affectant directement la vie de ses administrés. Par exemple, après une explosion à la cartoucherie de munitions Gévelot le 14 juin 1901, qui fait dix-sept morts et de nombreux blessés, Auguste Gervais est à l’initiative d’une pétition – signée également par deux autres parlementaires, Emmanuel Chauvière et Georges Girou, députés de la Seine qui résident à Issy-les-Moulineaux –, à l’adresse des parlementaires afin de permettre d’indemniser les familles des victimes.

 

Lors des élections législatives suivantes du 27 avril et du 11 mai 1902, Auguste Gervais est réélu de justesse avec 8 552 voix face au candidat de la droite Dumonteil, qui recueille 7 523 voix. C’est sans doute en raison de sa courte victoire aux législatives de 1902 qu’Auguste Gervais, réélu conseiller municipal lors des élections de 1900, décide de briguer la direction du conseil municipal en 1903 en qualité de maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Auguste Gervais devient maire d’Issy-les-Moulineaux le 22 mars 1903. Radical socialiste, il reste à la tête de la commune jusqu’en 1908. Pour mémoire, il faut rappeler qu’au moment du recensement de 1901, la commune compte 930 maisons reparties en 4 327 ménages, regroupant au total 16 639 habitants. Le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales en 1903 est de 3 890 (les femmes n’ayant pas encore obtenu le droit de vote).

 

Suite aux élections législatives des 6 et 20 mai 1906, Auguste Gervais est réélu dans la 4e circonscription de la Seine. Il siège à la Chambre des députés dans le groupe des Républicains radicaux. Trois ans plus tard, Auguste Gervais est élu sénateur lors des élections du 3 janvier 1909. Devenu l’un des dix sénateurs du département de la Seine, il démissionne de son siège de député le 22 janvier 1909.

 

Membre du groupe de la gauche démocratique, Auguste Gervais fait partie de la commission militaire du Sénat. Il intervient fréquemment sur les textes de lois discutés au palais du Luxembourg, notamment sur le budget, le recrutement et les moyens matériels de l’armée. Alors qu’il continue à s’intéresser aux questions coloniales, il assure le secrétariat du groupe colonial du Sénat en 1910 et en 1914, et la vice-présidence du groupe d'études algériennes du Sénat en 1910.

 

Concernant les questions économiques, Auguste Gervais s’illustre particulièrement au sein de la commission des finances du Sénat. Il siège à la commission pour l’assistance aux familles en difficulté en 1909 et œuvre beaucoup en faveur de la mise en place d’un système de retraite pour les ouvriers et les paysans.

 

Mort pour la France.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale, Auguste Gervais se fait remarquer par ses prises de position lors des séances publiques portant sur les questions militaires, étant lui-même un expert en ce domaine. Il convient également de rappeler que la commune d’Issy-les-Moulineaux regroupe plusieurs industries d’armement comme Gévelot et les usines d’aéronautique réparties le long du terrain militaire du Champ de Manœuvres. Le 14 juillet 1917, Auguste Gervais est promu officier de la Légion d’honneur.

 

Le 24 août 1917, au retour d’une mission d’inspection des avant-postes du front, effectuée en qualité de rapporteur de la commission de l'armée du Sénat, Auguste Gervais est victime d’un accident de voiture. Transporté en urgence à l’hôpital Boucicaut dans le XVe arrondissement de Paris, il y décède quelques jours plus tard, dans la nuit du 30 au 31 août 1917. Il a alors 60 ans.

 

Auguste Gervais est inhumé au cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux. Un médaillon en bronze à son effigie est placé sur la stèle de son monument funéraire. Décoré de la Croix de guerre, Auguste Gervais obtient le titre de Mort pour la France. Suite à une délibération du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux en date du 25 novembre 1917, une rue de la ville porte aujourd’hui le nom de son ancien édile. D’une longueur de 305 mètres, la rue Auguste Gervais borde la place de la mairie.

 

 

 

 

Thomas Nuk

Historien, membre du Souvenir français, Comité d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Principales sources :

Archives nationales, Légion d’honneur, dossier individuel Auguste Gervais ; Becchia Alain, Issy-les-Moulineaux, Histoire d’une commune suburbaine de Paris, Chez l’auteur, 1977 ; Beis Pierre, Issy-les-Moulineaux au jour le jour il y a 100 ans, Centre de recherches historiques d’Issy-les-Moulineaux, Lettre d’information, Hors-série, 1994 ; Chamouard Patrick, Weil Georges, Députés et sénateurs de la région parisienne de 1848 à 1984, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 1985 ; Collectif, Annuaire des anciens élèves du lycée Charlemagne, Association amicale des anciens élèves du lycée Charlemagne, 1961 ; Collectif, Issy-les-Moulineaux, 2 000 ans d’histoire, Issy média, 1994 ; Collectif, Issy-les-Moulineaux, Notice historique et renseignements administratifs, Conseil général de la Seine, Montévrain, 1903 ; Jolly Jean (sous la dir. de), Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, Paris, Presses universitaires de France 1960, notice sur Auguste Gervais.

 

 

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Publié le 20 Février 2010


2009-11-01, Issy-Astoul

 

 

 

Un fils de bonne famille.

 

 

 

 

Louis Raymond Jean Astoul nait au cœur de l’été 1892, le 10 août, dans le village du Theil, dans le sud-est du département de l’Orne (la vallée de l’Huisne). C’est un fils de bonne famille. Son père, officier de la Légion d’honneur, est officier d’administration principal des Subsistances. Au 3ème bureau du Recrutement de la Seine, il porte le matricule 3776. Comme les jeunes gens de son rang, le garçon, de la classe 1912, effectue son service militaire dans un régiment de cavalerie : le 4ème dragons, alors basé à Commercy, dans la Meuse. A la déclaration de guerre en août 1914, l’unité est une composante du corps de cavalerie du général Conneau.

 

Quelques mois plus tard, le sous-lieutenant Louis Astoul demande à passer dans l’infanterie coloniale – « la biffe »  – et reçoit un commandement au sein du 70ème bataillon de tirailleurs sénégalais.

 

 

L’histoire des Tirailleurs sénégalais.

 

La Traité de Vienne, en 1815, met fin à l’Empire français de Napoléon 1er. Une clause passe totalement inaperçu : l’île de Gorée, au large du Sénégal, est donnée au nouveau royaume de France, avec Louis XVIII à sa tête. Elle vient compléter les possessions françaises établies autour de la ville côtière de Saint-Louis. Depuis un peu plus d’un siècle, les Français s’efforcent de conquérir le pays en prenant appui sur le fleuve Sénégal, en dépit de la résistance d’ethnies telles que les Peuls et les Toucouleurs.

 

L’activité des zones côtières et de l’île sont importantes : il s’agit d’un des grands points de départ de la traite des Noirs. L’esclavage est aboli en 1848. Quatre années plus tard, le général Faidherbe débarque au Sénégal pour y établir une présence plus affirmée. Cette action étant à placer dans le contexte global de colonisation accélérée de la seconde moitié du 19ème siècle. En près de trente ans, toutes les régions du Sénégal, du delta du fleuve jusqu’à la Casamance, au sud, passent sous commandement français.

 

En 1857, le général Faidherbe, devant faire face à des besoins accrus en hommes, propose la création du corps des tirailleurs sénégalais. Sénégalais de nom, car les soldats proviennent aussi bien de ce pays que de Mauritanie, du Mali ou encore de Guinée. Le décret est signé par l’empereur Napoléon III le 21 juillet 1857, à Plombières-les-Bains.

 

Des difficultés de recrutement interviennent de suite. Il n’est pas rare que des révoltes éclatent. C’est notamment le cas chez les Bambaras du Mali. Aussi, les principaux contingents sont constitués d’esclaves rachetés à leurs maîtres, de « volontaires » et de prisonniers de guerre. Le nombre de régiments de tirailleurs sénégalais s’accroit, pour atteindre plusieurs dizaines de bataillons au moment de la Première Guerre mondiale. La majeure partie des sous-officiers et de nombreux officiers subalternes sont Africains. Il est vrai aussi que les officiers supérieurs sont tous issus de la métropole.

 

Au cours de la guerre de 1914-1918, près de 200.000 tirailleurs sénégalais participent au conflit, et environ 30.000 y laissent la vie. Leurs régiments étant bien souvent placés en première ligne. Au cours du second conflit mondial, ce sont encore 40.000 hommes qui contribuent aux batailles. Ils sont présents sur tous les fronts. Près de 17.000 reposent à jamais sur la terre de France. Un fait est important : au cours de cette guerre, les troupes du IIIème Reich participent régulièrement à des massacres et des exécutions sommaires de tirailleurs.

 

 

Le Chemin des Dames.

 

Placé au cœur de l’Aisne, entre les villes de Soissons et de Laon, suivant le tracé d’une ancienne voie romaine, le Chemin des Dames doit son nom au fait d’avoir été emprunté par les « Dames de France », alors filles du roi Louis XV, lorsqu’elles se rendaient au château de la Bove, appartenant à la duchesse de Narbonne, ancienne maîtresse royale.

 

En 1917, le nouveau général en chef de l’Armée française, Robert Nivelle – il a remplacé en décembre 1916 le maréchal Joffre – décide de continuer une tactique qui pourtant n’a pas été couronnée de succès au cours des offensives de 1914 et de 1915 (la bataille de l’Argonne dans la Marne laisse 135.000 Français hors de combat) : concentrer en un espace réduit un maximum de régiments et après un bombardement intense, attaquer baïonnette au canon! Normalement, les fantassins n’ont plus qu’à avancer, précédés d’un feu roulant  d’artillerie…

 

Près de 850.000 soldats français, soit 61 divisions d’infanterie – dont de nombreux régiments de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais (…) – sont positionnés dans le secteur. En face, les troupes allemandes tiennent les crêtes. Sachant qu’une action d’ampleur se prépare, elles ont reculé leur zone défensive de plusieurs kilomètres.

 

 

Le 16 avril 1917.

 

L’offensive est lancée le 16 avril 1917, à 6h00. Dès le départ, c’est un échec cuisant. Les hommes sortent des tranchées, montent sur le parapet et sont de suite fauchés par les mitrailleuses ennemies qui n’ont pas été atteintes par l’artillerie française. De plus, surplombant nos régiments, les troupes du Reich ont beau jeu de tirer sur les fantassins, « comme à la foire ». C’est un désastre. Dans la semaine du 16 au 25 avril 1917, près de 134.000 Français perdent la vie sur ce champ de bataille. Sur les 15.000 Africains engagés, plus de 6.000 meurent durant la seule journée du 16 avril…

 

De plus, le temps est épouvantable : il pleut depuis près d’une semaine. Le froid et bientôt la neige s’en mêlent. Les Africains, qui ont été entraînés dans leur continent d’origine puis dans le sud de la France, sont frigorifiés. Qui plus est, les hommes partent à l’assaut avec des dizaines de kilos sur le dos : une couverture, une gourde de deux litres, de la nourriture, un masque à gaz, des grenades, le fusil, les munitions, un paquet de pansements, des feux de Bengale… Ce ne sont pas des unités rapides et vives qui montent à l’assaut, ce sont des hommes fatigués, empêtrés dans leurs guêtres et dont les lourdes capotes sont gorgées d’eau. Ils avancent vers une mort certaine.

 

Et les nouveaux chars d’assaut, Saint-Chamond et Schneider, qui pourraient venir en aide aux fantassins ont été dispersés au sein de l’ensemble des unités présentes, en tant que force d’appui. Ils ne servent presque à rien.

 

 

Le 16 avril 1917 au 70ème bataillon des tirailleurs sénégalais.

 

Débarqué à Fréjus le 21 avril 1916, le 3ème bataillon du 57ème régiment colonial devient le 70ème bataillon de tirailleurs sénégalais, deux jours plus tard. Son premier commandant est le chef de bataillon Delettre.

 

Extrait du Journal de marche du 70ème bataillon de tirailleurs sénégalais : «Avril 1917 :

 

  • - 10 avril : le bataillon quitte le camp pour aller cantonner à Dravigny. Arrivée à 22h.
  • - 12 avril : départ de Dravigny pour Révillon.
  • - 15 avril : séjour aux tranchées.
  • - 16 avril : à l’heure H (6 heures), le bataillon sort de la parallèle. 1ère et 2ème compagnies en première ligne. 3ème compagnie en soutien. 4ème compagnie en liaison et ravitaillement. Il est soutenu à droite par le 2ème RIC (NB : régiment d’infanterie coloniale) et à gauche par le 5ème RIC. Se portant en avant, le bataillon s’empare des trois premières lignes allemandes, qu’il dépasse, et à 7 heures, il arrive au point 7320 (jonction des boyaux de Trêves et de Juliers), à proximité de la tranchée de Sadowa, occupée encore par l’ennemi.

 

Celui-ci, s’appuyant sur une série de blockhaus et de mitrailleuses, non détruits par notre artillerie, empêche toute progression. Le bataillon se cramponne au terrain conquis jusqu’au 17 avril, à 6 heures. Le commandant ne peut à ce moment grouper que 112 hommes (NB : un bataillon comporte de 500 à 700 hommes). A ce moment, contre-attaque ennemie à la grenade. Les tirailleurs qui ont passé la nuit sous la neige, qui n’ont plus de munitions, sont obligés de se reporter en arrière, dans les lignes ennemies conquises la veille, ou sont allés se placer, le 16 avril dès 19 heures les 2ème et 5ème RIC, qui appuyaient le bataillon à droite et à gauche. Pendant 12 heures, le 70ème bataillon de Sénégalais est donc resté en flèche ne voulant abandonner le terrain conquis que par ordre.

 

L’offensive du 16 avril sur l’Aisne a montré que, s’il avait fait moins froid, si l’approvisionnement en munitions avait été assuré, et surtout si les Sénégalais avaient été appuyés à droite, à gauche et à l’arrière, ils n’auraient pas lâchés le terrain conquis. Il suffit de prendre une carte et de voir où se trouve la jonction des boyaux de Trêves et de Juliers (7320) pour se rendre compte que les Sénégalais sont allés le plus loin en cette région et qu’ils y sont restés le plus longtemps.

 

Les Sénégalais ont été remarquables au cours de cette journée. Aucun obstacle ne les a arrêtés. Ils n’ont abandonné le combat le 17 que, vaincus par le froid, privés de munitions et parce qu’ils n’étaient plus soutenus.

 

Tirailleurs et gradés ont rivalisé d’entrain et d’énergie au cours de cette journée.

 

Au combat du 16 avril, le bataillon a eu les pertes ci-après détaillées. Il faut ajouter à ces pertes, 298 évacuations d’Indigènes pour maladie ; sur ce chiffre, 118 pour pieds gelés.

 

1ère Compagnie : Tués (Européens) … Indigènes : …

2ème Compagnie : Tués (Européens) … Indigènes : …

3ème Compagnie : Tués (Européens) … Indigènes : … Disparus : le 16 avril 1917 : Astoul Louis, sous-lieutenant ; Dubois Pierre, sergent ; Brunel Fernand, 2ème classe ; Guisson Taraolé, caporal (…) ».

 

 

Comme des dizaines de milliers de soldats, le corps de Louis Raymond Jean Astoul  disparaît sur le Chemin des Dames. Quelques années plus tard, le père, fou de douleur, fait élever la tombe monumentale qui se trouve encore aujourd’hui au cœur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux. Mort en 1923, à l’âge de 63 ans, JP Louis Astoul repose auprès du souvenir de son fils. Et en 1949, à l'âge de 81 ans, Mme Astoul rejoint son époux.

 


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Publié le 14 Février 2010

Message de notre Délégué général pour les Hauts-de-Seine, André Labour :
 

Cher(e) Président(e),

Cher(e) ami(e),

 

Le congrès annuel national de notre association se déroulant les 10 et 11 avril 2010 à Orléans, je vous invite à vous joindre aux cérémonies du Souvenir qui seront organisées à Paris :

 

  • - Le samedi 20 février 2010 : cérémonie du ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe. Le rendez-vous est fixé à 17h45, en haut des Champs-Elysées (angle de la rue Balzac).

 

  • - Le dimanche 21 février 2010 à 11h00 : grande messe du Souvenir, en la basilique Notre-Dame-des-Victoires, place des Petits Pères, Paris 2ème (Métro Bourse).

 

Vous aurez toutes et tous à cœur de vous réunir avec votre drapeau pour ces deux rendez-vous, marquant ainsi votre volonté de prouver le dynamisme de notre association et bien sûr celui de votre comité.

 

Les Hauts-de-Seine se doivent d’être présents en ces deux occasions !

 

En vous remerciant Cher(e) Président(e), Cher(e) ami(e), pour la publicité que vous assurerez auprès de vos adhérents, veuillez accepter mon très cordial souvenir.

 

 

Votre Délégué général,

André LABOUR

 

 

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Publié le 11 Février 2010

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André Santini, ancien ministre, député-maire d'Issy-les-Moulineaux et les membres de la municipalité organisent un hommage à Missak Manouchian, le 21 février 2010, 66 ans jour pour jour  après sa disparition. En présence d'Henry Karayan et d'Arsène Tchakarian, survivants du Groupe Manouchian, cet hommage prendra la forme suivante :

- 15h : inauguration du buste à son effigie, conçu par le sculpteur Michel Adjar, isséen ; angle des rue Rabelais, Ferdinand Buisson, Emile Duployé et docteur Zamenhoff.

- 16h : réception offerte par la municipalité au Foyer du Conservatoire Niedermeyer, 11-13 rue Danton.

- 17h : projection à l'auditorium du conservatoire du film de Robert Guédiguian : "L'Armée du Crime" (entrée libre dans la limite des places disponibles).

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Publié le 31 Janvier 2010

 

Au cœur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux se trouve la tombe d’un jeune marin : André Fougerat, mécanicien à bord du Bretagne, mort à l’âge de 22 ans, le 3 juillet 1940, lors de la tragédie de Mers El-Kébir.
 

Les circonstances.

 

« Ce fut une décision odieuse, la plus inhumaine, la plus pénible de toutes celles que je n’aie jamais eu à partager » a écrit Winston Churchill, alors Premier ministre anglais.

 En rade de Mers El-Kébir près d’Oran, ce matin du 3 juillet 1940 doit commencer le désarmement de l’escadre de Méditerranée sous les ordres de l’amiral Darlan. Il s’agit des navires de lignes Dunkerque et Strasbourg, Provence et Bretagne, du porte d'hydravions Commandant Teste, ainsi que six contre-torpilleurs.

 L’amiral Gensoul, commandant cette partie de la flotte française, a prit pour navire amiral le croiseur de bataille Dunkerque. Ce désarmement réjouit les marins qui voient la fin de la captivé pour leurs camarades. A 6h25, après le survol de la rade par un hydravion britannique, le Foxhound, destroyer anglais, demande l’autorisation d’entrer en rade. Alors, on devine à l’horizon l’escadre qu’il précède, composée du porte-avion Ark Royal, des cuirassés Resolution et Valiant, du croiseur de bataille Hood (qui sera coulé par le cuirassé géant  Bismarck  le 26 mai 1941) ainsi qu’une douzaine d’escorteurs.

 Gensoul déclare : « Pas d’Anglais dans le port, cela pourrait être mal pris par la commission d’armistice » et refuse de recevoir le capitaine Holland de la Royal Navy. Celui-ci, par son entêtement, réussi à faire passer l’ultimatum de son supérieur, l’amiral Sommerville, qui comprend quatre possibilités :

 

-          Continuer le combat au coté des anglais.

-          Appareiller vers des ports britanniques avec équipages réduits.

-          Conduite de la flotte aux Antilles avec équipages réduits et sous escorte pour y être désarmés.

-          Sabordage dans un délai de six heures.

 Après la capitulation de la France, le sort de sa flotte pose un problème crucial : si les Allemands s’en emparaient, ils pourraient combler les trous laissés par la campagne de Norvège. L’amirauté britannique n’a nullement l’intention de leur faire ce cadeau,  nonobstant les garanties données par les français. L’amiral Darlan, aux ordres du Gouvernement de Vichy, ayant donné aux commandants des navires le message suivant : « Quelques soient les ordres reçus ne jamais abandonner à l’ennemi un bâtiment intact ». Et Sommerville de conclure : « Si vous refusez une offre équitable j’ai ordre de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour empêcher vos navires de tomber entres des mains allemandes ou italiennes ».

 Gensoul essaie de temporiser et répond qu’en aucun cas il ne livrerait la flotte aux Allemands.

 A 9h55, le Dunkerque ordonne les dispositions de combat. Les avions britanniques mouillent des mines dans la passe, on repousse l’ultimatum de trois heures. 17h30 marque la fin de cet ultimatum. L’angoisse commence : « Ils ne tireront pas ! ».

 17h55, quatre salves sont tirées par les anglais : « Ils ont osé, ordre d’appareiller, ouvrez le feu » ordonne Gensoul. Le combat est violent mais bref : « J’ai ouvert le feu à 17h54, et je l’ai stoppé à 18h04 » déclare Sommerville dans son rapport.

 Le Strasbourg parvient à manœuvrer et s’enfuir vers Toulon (où il se s’abordera en 1942). Avec lui s’échappe le porte-avion Commandant Teste, cinq destroyer et les six croiseurs d’Alger. Le Bretagne, touché de plein fouet, s’embrase et coule, emportant avec lui 1.012 marins. Les avions torpilleurs de l’Ark Royal achèvent le Dunkerque, resté à quai ; le Provence est mit hors de combat, le Terre Neuve et l’aviso Rigault de Genouilly, ainsi que le remorqueur L’Esterel qui avait guidé le Foxhound dans la passe, sont coulés.

 L’opération britannique baptisé « Opération catapulte » a causé la mort de 1.300 marins, en a blessé 350 en seulement dix obus tirés au but à une distance de 13000 m avec une redoutable efficacité et de torpilles larguées par les Sworld Fish de l’Ark Royal.

 Gensoul regagne Vichy, Darlan le décore et le cite : « Ayant reçu un ultimatum odieux, a refusé d’y souscrire et a répondu à la force par la force ». Les marins français retirent alors les décorations britanniques qu’ils ont reçus lors de la première partie du conflit et celles qu’ils ont reçu pendant la Grande guerre.

 

Les conséquences.

 Le capitaine Holland écœuré par cette lutte fratricide demande dès le 7 juillet 1940 à être relevé de son commandement, et se retrouve simple soldat.

 Charles de Gaulle indique : « Pas un français qui n’ai apprit avec douleurs et colères que des navires français avaient coulés par des nos alliés. Cette décision n’est pas le résultat d’un glorieux combat »

 Et Mers El-Kébir n’est qu’un élément de « l’Opération catapulte » dirigée contre la Marine française. Dans les ports anglais de Portsmouth, Plymouth, etc..., les équipages des bâtiments au mouillage sont arrêtés et internés dans des camps préparés d’avance et traités en prisonniers de guerre. Peu de marins rejoignent les Forces Navales Françaises Libres (FNFL). L’essentiel est rapatrié sur la base navale de Casablanca. La flotte de Méditerranée orientale est arraisonnée à Alexandrie par l’amiral Cunningham.

 Quant à l’amiral Sommerville, il continue son opération à Casablanca. Mais, en septembre 1940, en compagnie de marins de la FNFL, il est mit en déroute devant Dakar, resté loyal au Gouvernement de Vichy. Cette situation ne durera qu’un temps. Déjà en août 1940, le général Leclerc est reçu en libérateur en Afrique Equatoriale Française ; le Sénégal, partie intégrante de l’Afrique Occidentale Française, se ralliera en novembre 1942 à la France Libre.

 

*Thierry Gandolfo est ancien sous-officier du 32ème régiment d’artillerie, conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux et membre du bureau du Comité du Souvenir Français de cette commune.

 

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Publié le 21 Janvier 2010

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Un régiment révolutionnaire.

 

 

 

En 1794, le gouvernement de la 1ère République française créé la 166ème demi-brigade de Bataille, ancêtre du 166ème régiment d’infanterie.

 

L’année suivante, sous le commandement du général Schérer puis du général Kellermann, l’unité participe à la Première Campagne d’Italie. Il s’agit pour la France d’aller combattre l’Autriche sur plusieurs fronts : le Main, le Danube et en Italie du nord. L’engagement dans cette région est confié au tout jeune général Bonaparte, avec les succès que l’on sait…

 

La demi-brigade prend part ensuite aux guerres de l’Empire. Beaucoup plus tard, en 1913, l’unité devient le 166ème régiment d’infanterie et établit ses quartiers dans la caserne Chevert à Verdun, dans la Meuse. Sa devise est : Je suis de Verdun. Régiment de forteresse, l’unité reçoit dans sa formation des bataillons des 132, 150, 151 et 154ème RI. Les soldats qui le composent sont donc originaires du nord et de l’est de la France auxquels sont ajoutés des Normands et des Parisiens. Le régiment de réserve porte le numéro 366.

 

 

Etre du Bourbonnais.

 

Commune du sud du département de l’Allier, dans l’arrondissement de Montluçon, aux confins du Bourbonnais et de l’Auvergne, Blomard est de ces petits villages qui représentent bien la France rurale du début du 20ème siècle, chère à l’historien Pierre Miquel, avec ses paysans, ses cafés et autres échoppes modestes, son église, son école et son instituteur, hussard noir de la République, et ses commerçants ambulants.

 

C’est là que le 21 septembre 1896 nait Ferdinand Pontet. Il a pour frères Albert et Louis. Ferdinand apprend le métier de maçon et « monte sur Paris », comme bon nombre de jeunes à la recherche d’un emploi et s’installe à Issy-les-Moulineaux, alors commune du département de la Seine.

 

 

La Première Guerre mondiale.

 

Un document exceptionnel (« Mon régiment ») a été retrouvé et numérisé par Monsieur Marc Terraillon en 2007. Il s’agit de l’histoire du 166ème régiment d’infanterie racontée par l’un de ses soldats pendant la Première Guerre mondiale. Le document a été publié à l’issue du conflit par l’imprimerie Berger-Levrault.

 

En août 1914, donc installé dans la caserne Chevert de Verdun, le 166 est placé en état d’alerte. Sa première mission consiste en une défense active du secteur de Verdun. Pour contrecarrer l’offensive allemande, le 166 est appelé sur le secteur de la ville d’Etain. C’est là, à la tête de ses hommes, que le chef de corps, le colonel Jacquot, est tué d’une balle en plein front, dès les premiers engagements.

 

Plusieurs combats se déroulent ensuite autour de le secteur d’Haudiomont. A la fin de l’année 1914, le régiment a déjà perdu 7 officiers, 22 sous-officiers et près de 300 soldats.

 

En mars et avril 1915, le 166ème RI participe aux attaques dans l’Argonne, sur la plaine marécageuse de la Woëvre. Le bilan est terrible : en octobre de la même année, le régiment est transporté à l’arrière pour se refaire. Près de 1.200 hommes manquent à l’appel.

 

En février de l’année suivante, le 166 est au cœur de la bataille de Verdun : « En dépit de la conjuration des éléments naturels et des inventions les plus meurtrières de la science humaine, nous tenons tête aux attaques réitérées des Allemands ». En septembre suivant, après une période de repos, il est transporté sur le front de la Somme et fait preuve, dès les premiers engagements, d’un courage inouï en repoussant des troupes du IIème Reich, bien souvent au prix de corps à corps sauvages.

 

1917 voit le 166ème régiment d’infanterie se battre dans la Somme à Bouchoir puis à Avocourt, avant d’être intégré à la IVème Armée et de passer en Champagne : « A la plus mauvaise époque de l’année, sur les positions où il faut, dans la boue et l’eau, tenir sans relâche au prix de souffrances héroïques, le régiment va subir presque à son arrivée en ligne, de furieuses attaques ».

 

Jusqu’en juin 1918, l’unité tient « avec zèle » (général Lebrun) son rang dans le secteur de Saint-Hilaire le Grand (département de la Marne).

 

 

Les combats de la Lys.

 

Le 166ème régiment d’infanterie est appelé à relever le 128ème RI le 17 octobre 1918, dans les Flandres belges, proche de la rivière de la Lys. La tâche du 166 consiste à enfoncer l’ennemi qui partout recule.

 

« Dans la nuit du 19 au 20 octobre, le bataillon Lecocq relève le bataillon Mazoyer. Gardant toujours le contact avec l'ennemi, et manœuvrant avec habileté et opiniâtreté, nos fractions avancées font tomber les résistances successives ; elles abordent maintenant l'obstacle principal : la Lys, rivière de 30 mètres de largeur et d'une profondeur uniforme de 3 à 4 mètres, aux bords encaissés, au courant assez rapide.

 

Il n'existe aucun gué, aucune passerelle à proximité. Une vieille barque découverte dans les décombres d'une maison est mise à l'eau, et le capitaine Lecocq, prêchant d'exemple, effectue le premier le passage, protégé par le feu de nos mitrailleuses qui combattent les mitrailleuses ennemies. Avec des moyens aussi précaires, le passage est long et difficile, ce n'est qu'au bout de deux heures que la compagnie Lacour, tête d'avant-garde, aura pu franchir le cours d'eau. Elle se déploie aussitôt et prend sous son feu la ligne avancée ennemie, de façon à permettre à la 4e compagnie du 43e B. T. S. (NB : bataillon de soutien) de passer à son tour. Le mouvement terminé, de concert, ces deux compagnies essaient de progresser, mais l'ennemi constatant la faiblesse de notre situation, déclenche une violente contre-attaque avec un effectif bien supérieur au nôtre, et par un violent bombardement de la rive ouest, empêche l'arrivée des renforts. Pendant plusieurs heures, l'adversaire est maintenu ; il renouvelle ses efforts et lance des troupes fraîches à l'attaque. Les ailes commencent à céder et nos pertes sont sensibles. L'ennemi arrive au corps à corps, la lutte est menée sauvagement des deux côtés, mais la supériorité numérique de celui-ci rejette dans la rivière la 4e compagnie sénégalaise.

 

La barque a coulé ; le centre de la compagnie Lacour, acculé à la rivière, se cramponne désespérément à la position, et, grâce à l'appui de nos mitrailleuses de la rive gauche, cause de telles pertes à l'ennemi, que celui-ci est contraint d'abandonner son projet et de se replier. La 5e compagnie organise alors une solide tête de pont, pendant que la section du génie construit avec les sacs Hébert une passerelle de fortune. Grâce à l'énergie, à la bravoure et à la ténacité du 166e, le débouché sur la rive droite de la Lys est conservé et la progression va pouvoir reprendre.

 

Le 21, la compagnie Charrois relève la compagnie Lacour, repousse énergiquement une nouvelle contre-attaque ennemie et, reprenant l'offensive, s'empare de la ferme Peereboon, capturant 27 Allemands. Le 23, le bataillon Anglaret remplace le bataillon Lecocq et, malgré les mitrailleuses ennemies, réussit par son ardeur et son mordant à gagner la route de Courtrai à Gand, objectif assigné au régiment. Le 25, le régiment est relevé par dépassement et porté sur la rive ouest de la Lys, où il reste en réserve de corps d'armée.

 

II avait perdu, au cours de cette brillante avance, 5 officiers et 242 hommes. »

 

Parmi ces 242 hommes, figure le soldat de 2ème classe, Ferdinand Jean Baptiste Pontet, de la classe 1916, matricule 10927 au 3ème Bureau du Recrutement de la Seine. « Tué à l’ennemi » est-il indiqué sur la fiche remplie par les services administratifs du 166ème RI.

 

Aujourd’hui, l’une des descendantes de Ferdinand Pontet habite Issy-les-Moulineaux. Il s’agit de sa petite-nièce, et qui n’est autre que Lucette Pontet, porte-drapeau depuis des années de la section de notre commune de l’association FNDIRP (Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants Patriotes).

 

 

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Publié le 8 Janvier 2010

 

Parachutistes en Indochine




Le 11 janvier prochain, cela fera 58 ans que disparaissait le général Jean de Lattre de Tassigny, héros de la guerre d'Indochine. L'Indochine, c'était loin ; cela ne concernait que les militaires de carrière et c'était un temps où les Français étaient bien divisés sur le fait de conserver, ou pas, des colonies. Il a fallu attendre un film, en 1993, puis les témoignages se sont multipliés. Enfin, dans les années 2000, la République a reconnu cette guerre en une commémoration officielle. Retrouvez les héros de la guerre d'Indochine, quel que soit leur camp, et les images de ce qui fut "la Perle de l'Empire colonial français", dans l'album de photographies intitulé "007 - Indochine". N'oublions pas.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine