Publié le 22 Juillet 2010

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Le Comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français participera, le dimanche 29 août 2010, aux cérémonies de Libération de la cité.

 

- 9h30 : place Manouchian. Dépôt de gerbes.

 

- 9h45 : parc de la Résistance, ZAC Sainte Lucie. Dépôt de gerbes et discours de Monsieur Jegou, président de la FNDIRP.

 

- 10h05 : dépôt de gerbes au buste de Jean Moulin (pont Jean Moulin).

 

- 10h25 : place du 8 mai. Dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle.

 

- 10h40 : square Bonaventure Leca. Dépôt de gerbes au buste du maréchal Leclerc.

 

- 10h45 : fleurissement du monument aux morts de la ville. Discours de Monsieur Quillard, président des ACV et de Monsieur Santini, député-maire, ancien ministre.

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Publié le 10 Juillet 2010

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Vétérans de la Garde nationale et de la Guerre franco-prussienne. Etienne Lalis se tient debout, derrière à droite.

 

 

La Guerre franco-prussienne.

 

Le 2 juillet 1870, l’Espagne dont le trône est vacant depuis la révolution de 1868, confirme l’annonce de la Prusse d’une candidature du prince Léopold de Hohenzollern. L’Empire français ne peut accepter une telle décision qui viendrait à l’entourer de pays favorables à l’expansionnisme prussien. Le 12 juillet, le gouvernement espagnol déclare la candidature fameuse « caduque », mais le lendemain, le chancelier prussien Bismark provoque Napoléon III dans une dépêche : Hohenzollern s’est retiré et le chancelier « n’a plus rien d’autre à dire à l’ambassadeur de l’Empire français ». L’humiliation est accentuée dès le lendemain par une série de caricatures et d’articles dans la presse allemande. Bismarck veut « exciter le taureau gaulois » selon la formule restée célèbre. Poussé par l’opinion publique et une partie de son entourage, Napoléon III déclare la guerre à la Prusse.

 

Les mouvements militaires sont immédiatement déclenchés. Mais, profitant d’un meilleur armement, de forces aguerries et de la pitoyable stratégie des chefs de l’Armée française, les Prussiens défont les troupes de Napoléon III en quelques semaines. Ils se trouvent aux portes de Paris le 19 septembre 1870.

 

 

La guerre d’Etienne Lalis.

 

Madame Batard-Lalis a conservé un précieux document. Il s’agit du Livre d’Or des combattants de 1870-1871 de France et des colonies, publié au début des années 1900.

 

« Ancien sergent-fourrier, du 41ème Bataillon de la Garde nationale de la Seine, M. Lalis n’écoutant que son patriotisme s’engage pour la durée de la guerre. Bientôt, il est nommé sergent-major de la 2ème Compagnie de guerre 1er Bataillon du 13ème régiment de Paris qui occupe le poste avancé du château d ‘Issy. Dans cette position avancée, la Compagnie perd 4 hommes tués et onze blessés.

 

Il assiste également aux engagements avec l’ennemi à la gare aux Bœufs, à Choisy-le-Roi, à la gare de Clamart et au Moulin de pierre.

 

Le 29 décembre 1870, dans l’après-midi en poussant une reconnaissance sous les ordres du capitaine Candon, le sergent-major Lalis découvrit, caché dans une carrière, une certaine quantité de munitions et un outillage servant à la confection des cartouches. Cette carrière était située route de Gardes à Meudon sous la prise d’eau des bains, au lieu dit Les Montalats, carrière Malzac.

 

Ces munitions étaient enfermées dans 200 boîtes de tôle, le tout contenu dans des sacs.

 

Le général Coréard ordonna au lieutenant-colonel Jametel, une sortie de nuit pour aller s’emparer des munitions de guerre. Deux compagnies armées et un nombre d’hommes de corvées se mettaient en marche à 9 heures du soir dans la direction de Meudon.

 

Le capitaine Candon et le sergent-major Lalis guidèrent la colonne, qui marchait en se gardant de l’ennemi, précédée de tirailleurs et de flanqueurs, l’éveil pouvant d’un moment à l’autre attirer l’attention de l’ennemi.

 

Après un travail opiniâtre, nécessitant de grandes précautions, l’expédition rentrait avec les munitions au château d’Issy.

 

L’honneur de cette expédition revenait au capitaine Candon, mais une grande part au sergent-major Lalis qui le premier, signala l’existence de ce dépôt. »

 

Rapport du général Coréard, ordre du jour du 3 janvier 1871 : « Colonel, M. le Commandant en chef de la 3ème armée, a fait connaître à M. le Gouverneur de Paris, les détails de la reconnaissance opérée par le 13ème régiment de la garde mobilisée, sous la direction du colonel Jametel commandant le régiment : dans la nuit du 29 au 30 décembre 1870, le gouverneur a chargé M. le général Commandant supérieur des gardes mobilisés de la Seine, d’être auprès du Régiment et de son chef, l’interprète de sa vive satisfaction pour l’ordre parfait avec lequel cette opération a été conduite, et de féliciter en particulier, M. le capitaine Candon et son sergent-major Lalis qui a le 1er signalé l’existence du matériel ».

 

Le 25 février 1871, Etienne Lalis est nommé agent-comptable, avec rang d’adjudant, pour les 1ère et 2ème compagnies sédentaires et 2ème compagnie de guerre du 41ème Bataillon. Mais le mois suivant, les troupes prussiennes défilent sur les Champs-Elysées.

 

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 23 Juin 2010

Arriere Grand Pere Medailles

 

Etienne Lalis (1841 – 1918) – Photographie prise au début du 20ème siècle.

 

 

Madame Nicole Batard-Lalis, membre du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux, nous a fait parvenir des documents rares sur son arrière-grand-père, Etienne Lalis, et sur la commune d’Issy, à l’aube du 20ème siècle. Ces documents sont publiés dans l’album de photographies intitulé « Issy d’antan ».

 

 

La montée sur Paris.

 

Antoine Lalis nait dans le département de la Corrèze, à Saint-Etienne-aux-Clos, le jour de Noël 1799. Le Directoire vit ses dernières heures. Bientôt, un jeune général va prendre le pouvoir d’abord dans le cadre du Consulat, puis de l’Empire : Napoléon Bonaparte.

 

Quelques années plus tard, Antoine Lalis vient s’installer à Issy, qui n’est encore qu’un village. Il fait partie de ces Limousins qui viennent chercher fortune sur Paris. Certains s’établissent comme marchands de vins et de charbon, d’autres artisans ou manœuvriers. A force de travail et d’abnégation, Antoine Lalis s’octroie une place honorable. Il devient marchand carrier. Il épouse Françoise Bréant, née le 3 juillet 1813 à Clamart. Ils vivent rue du Puits, devenue depuis rue Lazare Carnot.

 

Il profite de la formidable expansion économique du 19ème siècle, d’abord sous les rois Charles X et Louis-Philippe 1er, puis sous le Second empire. Les bouleversements de Paris engendrés par les plans du préfet Hausmann nécessitent des milliers de tonnes de matériaux ! Les affaires de la famille se transforment pour devenir florissantes. Mais leur histoire s’arrête en 1870, quand, à une journée d’intervalle, le 26 et le 27 mai, deux mois avant le déclenchement de la Guerre franco-prussienne, Antoine puis Françoise Lalis sont rappelés à Dieu.

 

 

Les carrières.

 

Depuis l’antiquité, les Parisiens ont à disposition des carrières locales pour bâtir les monuments et leurs maisons. Celles-ci sont d’abord exploitées à ciel ouvert. On en trouve partout : être au plus proche de la capitale permet de substantielles économies de transport.

 

En leur temps, la chaux du département de la Seine – le blanc de Meudon et d’Issy – le calcaire au sud de Paris, le gypse de Montmartre ou encore l’argile des plaines de Vaugirard et le sable de la Seine, connaissent de grandes exploitations. Ainsi, c’est une carrière appartenant à des Pères Chartreux, située à l’intérieur même de leur enceinte de Port-Royal (actuel 14ème arrondissement) qui fournit aux 17ème et 18ème siècles des pierres pour les chantiers du palais du Louvre.

 

Mais l’urbanisation croissante et la baisse des rendements obligent les maîtres carriers à s’éloigner de la capitale ou à exploiter de nouveaux gisements en souterrain. Et à cela, il convient d’ajouter la construction de glacières pour les châteaux et demeures prestigieuses : ce sont des installations, souvent circulaires, creusées profondément dans le sol, offrant des propriétés isothermes qui permettent de conserver les aliments et la glace. Peu à peu, Paris et nombre de ses villes limitrophes se transforment en un véritable gruyère. D’ailleurs, en 1813, l’exploitation à l’intérieur de la capitale est stoppée. Les carrières du sud de Paris vont alors servir, pour partie, à récupérer les ossements des cimetières intra-muros, que la municipalité vide peu à peu. Les catacombes sont nées.

 

Les chantiers abandonnés sont loin d’être tous suffisamment consolidés et les accidents ne manquent pas : au cours du 19ème siècle, régulièrement des portions de rues ou des immeubles s’effondrent. A Issy-les-Moulineaux même, le 1er juin 1961, une carrière de craie s’effondre. L’accident tue vingt-et-une personnes. Car il s’agit bien d’un accident dû aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur la ville depuis deux jours, et non un attentat de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) comme le croient un temps les autorités.

 

 

Etienne Jacques Lalis.

 

Antoine et Françoise Lalis ont plusieurs enfants, dont Etienne Jacques Lalis, qui voit le jour à Issy le 26 novembre 1841. Rapidement, Etienne entreprend de travailler auprès de son père. Et ajoute au métier de marchand carrier celui de marchand de vin !

 

Etienne Lalis épouse Anne Flore Morlet, née le 2 juillet 1837 à Paris. En 1870, à l’âge de 29 ans, dans un élan de patriotisme, il s’engage dans l’armée « pour la durée de la guerre ». Cet engagement est à placer aussi dans le cadre d'un contexte familial très difficile : en juillet 1869, le marchand carrier perd son épouse. Elle venait de fêter son trentième anniversaire.

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 20 Juin 2010

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Au premier plan, de gauche à droite : Giacomo Signoroni ; André Labour, Délégué général du Souvenir Français, général Jean-Claude Ichac.

 

« Mon cher Signoroni, Mon cher ami...

 

Non, cela ne va pas!

 

Dans notre Maison du Combattant, je ne peux pas utiliser l'une de ces formules, sympathiques certes, mais qui ne sont pas à leur place ici. Alors je vous dirais tout simplement:

 

Mon Adjudant-chef!

 

Car vous appeler par votre grade marque ce galon que vous avez gagné après plus de quinze ans passés dans la Légion Étrangère. Et que l'on ne voit ici aucune marque d'une quelconque subordination, pour deux raisons : d'abord parce que, avec la fin de la carrière dans « l'active », cette notion disparaît au profit de la camaraderie et de l'amitié, ensuite et surtout, et personne je pense ne me contredira, parce qu'un adjudant-chef de la Légion vaut bien un général de l'armée de l'air!

 

Vous êtes né en Italie, il y a un peu moins de quatre-vingt-dix ans. Emigré en France, vous vous engagez à la fin de la deuxième guerre mondiale et vous rejoigniez la mythique « 13 », la 13ème Demi-brigade de Légion étrangère, avec laquelle vous êtes très vite appelé à servir en Indochine, où vous allez effectuer trois séjours, où vous serez blessé trois fois, et d'où vous reviendrez avec trois citations, dont une à l'ordre de l'armée, et la prestigieuse médaille militaire. Nous venons d'honorer il y a trois jours, le 8 juin, le souvenir de vos camarades tombés en Indochine à vos côtés, dans ces lieux dont beaucoup ont été oubliés, s'ils n’ont jamais été connus, et où vous vous êtes illustré: Tan-My, Xon-Lon, Kham-Thien. Seul demeure dans notre mémoire collective Diên-Biên-Phù et son terrible siège de 55 jours à l'issue duquel, blessé à votre poste de combat, vous serez contraint à la reddition et fait prisonnier avant de connaître le calvaire des camps Viet Minh jusqu'à votre libération en août 1954. Puis ce sera l'A.F.N. et ce que l'on appelait à l'époque les « opérations de maintien de l'ordre » sur la frontière marocaine, jusqu'en 1961.

 

Pendant toutes ces années à la Légion, vous aurez été tour à tour voltigeur de pointe, pionnier, cavalier, et même parachutiste, dans la Compagnie para du 3ème Régiment Étranger d'Infanterie. Et à ce sujet je ne résiste pas au plaisir de vous raconter une anecdote personnelle qui devrait vous rappeler bien des souvenirs. Rentrant d'un séjour aux États-Unis, je suis un jour passé dans le sud-ouest, près de Nérac, pour saluer, dans sa retraite très active, mon témoin à notre mariage, le général Paul Arnaud de Foïard, légionnaire et parachutiste. J'avais rapporté d'une visite au PC des Forces Aériennes Stratégiques américaines un beau T-shirt portant la fière devise de ce commandement: « Peace is our profession », « La paix est notre métier », devise soulignant le rôle primordial de la dissuasion dans le maintien de la Paix. Paul, après avoir lu cette devise, a souri et m'a déclaré: « War is mine !», « Moi, mon boulot, c'est la guerre! ». Car c'était un guerrier, qui après avoir été résistant, fait prisonnier, évadé, avait débarqué en aspirant, en Provence, avant de remonter jusqu'aux Vosges, puis de terminer la campagne d'Allemagne avec une blessure, trois citations et la médaille militaire en un trimestre ! Il avait ensuite rejoint en Indochine le 3ème R.E.I., où il fût votre chef. Plus tard il commandera en Algérie le 2ème Régiment Étranger Parachutiste  et en métropole la 11ème Division Parachutiste.

 

Et bien vous aussi, mon Adjudant-chef, comme lui, vous avez été un guerrier, digne de vos grands anciens de Camerone, et comme eux un exemple pour ceux qui aujourd'hui servent sous le képi blanc ou le béret vert, en métropole, outre-mer ou en Afghanistan. Et c'est pourquoi, c'est avec une grande joie et une grande fierté, Adjudant-chef Giacomo Signoroni, Officier de la Légion d'Honneur, que, au nom de notre Député-maire, Monsieur André Santini, ancien ministre, je vous remets ce « Diplôme d'Honneur aux combattants de l'Armée Française, 1939-1945 », signé de Monsieur Hubert Falco, Secrétaire d'Etat à la défense et aux anciens combattants, « en reconnaissance de votre action pour la France », vous qui êtes devenu un de ses enfants il y a bientôt cinquante-cinq ans.

 

Avec toutes nos félicitations, et notre admiration. »

 

Général de brigade aérienne (2S)

Jean-Claude Ichac

Président honoraire du Comité

d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français

 

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Publié le 19 Juin 2010

 

Le vendredi 11 juin, à la Maison du Combattant d'Issy-les-Moulineaux, s'est déroulée, dans une ambiance amicale et chaleureuse, une double remise de décorations :

 

- Monsieur Giacomo Signoroni a reçu, de la part du général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac, le brevet d'ancien combattant de l'Armée française pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce brevet, signé par le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, Hubert Falco,  avait été reçu par Monsieur André Santini, qui n'avait pu se déplacer pour la cérémonie. Nous publierons prochainement le discours prononcé par le général à cette occasion.

 

- Monsieur Christian Poujols a reçu, des mains d'André Labour, Délégué général du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine, la médaille d'honneur de l'association.

 

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De gauche à droite : le général Ichac, Giacomo Signoroni, Frédéric Rignault, Président du Souvenir Français d'issy-les-Moulineaux.

 

Poujols 5

 

André Labour s'adresse à Christian Poujols (qui tient un document dans les mains), avant de lui remettre la médaille d'Honneur du Souvenir Français, et le diplôme signé par le général Delbauffe, Président général de l'association.

 

Merci à M. de Boissieu pour les photographies.

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Publié le 13 Juin 2010

Croix de Lorraine

 

"Le silence emplit ma maison. De la pièce d'angle, où je passe la plupart des heures du jour, je découvre les lointains dans la direction du couchant. Au long de quinze kilomètres, aucune construction n'apparaît. Par-dessus la plaine et les bois, ma vue suit les longues pentes descendant vers la vallée de l'Aube, puis les hauteurs du versant opposé. D'un point élevé du jardin, j'embrasse les fonds sauvages où la forêt enveloppe le site, comme la mer bat le promontoire. Je vois la nuit couvrir le paysage. Ensuite, regardant les étoiles, je me pénètre de l'insignifiance des choses".

Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre.

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Publié le 9 Juin 2010

A la suite de l’article sur l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur la correspondance de guerre du général Guillaumat, héros de l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

Quand la France faisait la guerre dans les Balkans.

 

« Régulièrement, le grand public découvre encore d’émouvantes lettres de poilus décrivant la vie dans les tranchées et les réactions des combattants sous les tirs d’artillerie ou avant l’assaut. Mais quel était, dans le même temps, l’état d’esprit de leurs chefs? C’est l’objet de ces lettres que, chaque jour de la guerre ou presque, le général Adolphe Guillaumat a écrites à son épouse, repliée à Toulouse. Chef du cabinet militaire du ministre de la guerre en août 1914, l’armistice de 1918 le trouvera à la tête de la Vème armée à Charleville, après avoir été commandant d’une division sur la Marne et en Argonne, du 1er corps d’armée à Verdun et sur la Somme, de la IIème armée, de nouveau à Verdun, avant de partir prendre le commandement des armées alliées d’Orient, à Salonique, et de revenir comme Gouverneur militaire d’un Paris soumis aux bombardements des Gothas et de la « grosse Bertha ». Et pendant ces quatre longues années le Général Guillaumat  a décrit à son épouse, avec précision et humour, ses déplacements, ses activités, ses rapports avec ses subordonnés (dont un certain capitaine de Gaulle), ses égaux, ses supérieurs, Foch, Franchet d’Esperey, Joffre, Lyautey, Mangin, Nivelle, Pétain, Sarrail, mais aussi avec les plus hautes autorités françaises, Briand, Clemenceau, Doumer, Poincaré, ou étrangères. Cela donne lieu à des portraits tantôt respectueux et admiratifs, tantôt ironiques, voir féroces, qui jettent un jour nouveau sur les prises de décision dans la France de la guerre. Mais si ce grand soldat bougonne, critique, « grinche » comme il le reconnaît souvent, il obéit toujours et donne le meilleur de lui-même aux différents postes souvent prestigieux où il a été placé.

 

Humaine et riche, cette « Correspondance de guerre », transcrite et éditée par Paul Guillaumat, se doit de figurer, à côté des livres sur l’histoire de la 1ère guerre mondiale, dans la bibliothèque des passionnés de cette période difficile qui a façonné l’Europe que nous connaissons aujourd’hui ».

 

GBA (2S) J-C ICHAC

 

 

Editions L’Harmattan - Mémoires du XXème siècle - 2006 - 36 €

 

 

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Publié le 7 Juin 2010

 

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Le Comité d'Issy-les-Moulineaux vous informe des prochaines manifestations patriotiques :

 

- Le mardi 8 juin 2010, la Nation rendra hommage "aux Morts pour la France en Indochine". Cette cérémonie se déroulera devant le monument érigé par la commune d'Issy, à l'angle du boulevard Gambetta et de la rue Henri Mayer, à 18h00.

 

- Le vendredi 18 juin 2010, à 18h00, en liaison avec le Comité local de l'Union Française des Anciens Combattants, la municipalité d'Issy commémorera le 70ème anniversaire de l'Appel du 18 juin, lancé depuis Londres par le général de Gaulle.

 

 

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Publié le 18 Mai 2010

DG Chine

 

Notre site Internet.

 

Notre site Internet est particulièrement remarqué et est souvent cité en exemple par le Conseil d’administration de notre association. Nous en sommes très fiers. Ce qui nous vaut également d’aider régulièrement des comités ou des délégations dans la mise en place de leur propre site.

 

Le Souvenir Français en Chine.

 

La Délégation de Chine pour le Souvenir Français a été créée en 2007 grâce au travail remarquable réalisé par Claude Jaeck, Délégué Général, entrepreneur français installé dans ce pays depuis plus de trente ans. Il y a travaillé entre autres pour les groupes Essilor, Delifrance, Arc International. Conseiller du Commerce Extérieur de la France pour la Thaïlande puis Hong-Kong et maintenant Shanghai, Claude Jaeck est aidé dans sa mission par des universitaires, des professeurs de lycées français en Asie, ainsi que de nombreux passionnés par l’Histoire, qu’ils soient installés en Asie ou en métropole.

 

Forte de près de 200 membres, la délégation a deux correspondants afin de mieux assurer la couverture de ce continent :

 

  • - M. Marc Burban, correspondant à Pékin.
  • - M. François Drémeaux, correspondant à Hong-Kong.

 

Ses contributeurs sont également présents à Singapour, au Vietnam, dans le Yunnan.

 

Sous le haut patronage de S.E. Monsieur Hervé Ladsous, ambassadeur de France en Chine, les membres honoraires de la délégation sont :

 

  • - M. Marc Fonbaustier, Consul Général de France à Hong-Kong.
  • - M. Jean-Raphaël Peytregnet, Consul Général de France à Canton.
  • - M. Thierry Mathou, Consul Général de France à Shanghai.
  • - M. Christian Testot, Consul Général de France à Pékin.
  • - M. Serge Lavroff, Consul Général de France à Wuhan.
  • - M. Emmanuel Rousseau, Consul Général de France à Chengdu.
  • - M. René Consolo, Consul Général de France à Shenyang.
  • - M. Loïc Frouart, Attaché de Défense.
  • - Mme Annick de Kermadec-Bentzman, Présidente de la Chambre de Commerce française de Chine.

 

Claude Jaeck définit ainsi le rôle de la Délégation : « Contribuer à rechercher, à comprendre et à écrire l’Histoire de ceux qui nous ont précédé en Chine, transmettre à nos concitoyens et aux générations futures cette ‘Histoire des Français de Chine’ par le maintien de leur souvenir, tel est le grand dessein de la Délégation Générale du Souvenir Français en Chine depuis sa création en 2007 au sein de notre Association métropolitaine plus que centenaire.»

 

 

Le partenariat.

 

C’est en remarquant le site Internet du Comité d’Issy-les-Moulineaux que Claude Jaeck nous a fait la proposition suivante : placer sur le site de la Délégation de Chine du Souvenir Français l’ensemble des articles de notre site ayant pour théâtre d’opérations l’Asie. Et finalement, ainsi va l’Histoire : quoi de plus naturel que de s’appuyer sur le comité d’une ville reconnue pour son engagement dans les nouvelles technologies, le Devoir de Mémoire et liée, depuis 2003, au District de Chongwen à Pékin.

 

Ainsi, vous pouvez maintenant aller sur le site de la Délégation de Chine : http://www.souvenir-francais-asie.com et lire les aventures et épopées du capitaine Henry Pagès, de Louis Fortunat, de Charles Richez, d’Henry Chavigny de la Chevrotière ou de l’engagement de Giacomo Signoroni à Diên Biên Phù. Bien entendu, de l’autre côté, de nombreux Français d’Asie connaissent aujourd’hui quelques isséens !

 

Etre présent sur le site de la Délégation de Chine est pour nous un grand honneur et un formidable encouragement à continuer notre devoir. Merci Monsieur le Délégué général.

 

 

Frédéric RIGNAULT

Président du Comité d’Issy-les-Moulineaux

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

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Publié le 7 Mai 2010

Marchions vers la France

 

En cette veille du 65ème anniversaire de la capitulation allemande, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur un ouvrage publié en 1954 par son oncle, Pierre Ichac.

 

 

Souvenirs de l’Armée d’Afrique.

 

« Il y avait dans l'armée des Grecs un Athénien qui n'était ni général, ni officier, ni même militaire ». C'est par cette citation tirée de l'Anabase de Xénophon, écrite en 400 avant Jésus-Christ et racontant la fameuse « Retraite des Dix Mille », que Pierre Ichac (1) ouvrait, en 1954, ses carnets de souvenirs sous le titre : « Nous marchions vers la France »(2).

 

Mais contrairement à son illustre prédécesseur ce n'était pas une retraite, mais bien une offensive victorieuse qu'il avait accompagnée, des confins de Tunisie aux côtes de Provence et jusqu'aux Vosges, en passant par la Corse et l'Italie, aux côtés des Tabors marocains et des tirailleurs de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne, avec comme seul armement son appareil photo et sa machine à écrire. Car, réformé compte tenu des séquelles d'un accident dans sa jeunesse, c'est comme correspondant de guerre qu'il était là. Et c'est à ce titre qu'il terminera la guerre, lui le civil qui n'aimait pas les décorations, avec la croix de guerre avec Etoile d'argent !

 

A lire ces souvenirs on se rend vite compte que c'est un journaliste qui parle, pour les lecteurs de « Vaincre » ou des dépêches de l'Agence France-Presse. Quand il commente un combat, il sait aussi bien décrire le matériel engagé que les réactions des hommes et les enseignements tactiques. Ecoutons-le évoquer la contre-offensive allemande du 18 janvier 1943, sur les Dorsales tunisiennes : «  Pour la première fois sur un champ de bataille d'Occident, voire sur aucun champ de bataille, les chars les plus puissants du monde, les Mark VI Tigre, que Stalingrad même semble ne pas avoir connus, viennent d'apparaître. ...le carrefour d'Oum el-Abouab, son arc romain qui se dresse, solitaire… C'est à son débouché oriental que… le 7ème Marocain a vu se ruer, transfigurés par le clair de lune, les premiers Tigre  de la 21ème Panzer. Les tirailleurs n'y résistent pas... Le 1er Bataillon est dispersé. Le deuxième... perd près de quatre cents hommes, en se désenclavant... ».

 

Mais la leçon a servi: « C'est l'expérience douloureusement acquise... qui joue désormais le rôle principal. Leur espoir d'endommager les chars n'est pas plus grand, mais ils manœuvrent mieux. Ils savent qu'ils ont un efficace moyen de défense: c'est la montagne, le djebel... Très vite, ils se révéleront des virtuoses de la montagne. Bientôt, on ne concevra plus les Français sans le djebel, ni le djebel sans les Français ».

 

Et de fait d'abord en Corse fin 1943 - « La Corse – commençaient à dire les anciens du Maroc – c'est le Riff, en quatre fois plus haut! » – puis en Italie, des Abruzzes au massif du Maio, qui bloque l'accès au Garigliano, en passant par le terrible Mont Cassino, c'est par les sentiers, par les cols, par les crêtes que tirailleurs et goumiers, avec leur armement, leur matériel, sur leurs mulets ou à dos d'hommes, avanceront, combattront et repousseront les troupes allemandes au delà de la ligne « Gustav », permettant aux alliés d'entrer dans Rome le 4 juin 1944 et prenant Sienne le 3 juillet (se reporter à la photographie illustrant ces propos). Puis, après le débarquement de Provence du 15 août et la progression à travers le massif des Maures, c'est encore « par les hauts » que les unités de la 3ème D.I.A. contourneront les barrages sur les routes, les forts enterrés et les casemates sur les pentes, avant de libérer Marseille.

 

Et Pierre Ichac était là, au PC du général de Monsabert, dit « Monsabre », le général à la Baraka, ou dans sa jeep, ou à pied, ou au-dessus, en place arrière du Piper d'observation, ou aux côtés du général de Lattre, sur l'ex-paquebot polonais Bathory s'approchant du golfe de Saint-Tropez, pour pouvoir rédiger le soir, à chaud, dans un bivouac de fortune, ses « papiers », partageant la vie de ces combattants, et tous leurs risques, comme il le rapporte avec humour lors de ce dialogue en Italie avec son chauffeur :

 

- Ils t'ont bien reçu au parc auto, les Tunisiens? Tu n'as pas eu d'ennuis, pas d'obus dans le ravin? Ça s'est bien passé?

- Très bien, Monsieur Ichac... les camarades m'ont offert le café... Mais sur la montagne, qu'est-ce qu'il est tombé!... Oh! Et puis aussi, y a eu un moment où c'était marrant, Monsieur Ichac. Je ne sais pas si vous l'avez vu? Les obus tombaient tout en haut, et y avait quatre types qui étaient pris dessous et qui couraient...

- Bougre d'idiot, criai-je, c'était moi! »

 

 

Un dernier mot. On a beaucoup évoqué, à l'occasion de la sortie en salle du film « Indigènes », l'oubli dans lequel serait tombé le souvenir des sacrifices des troupes venues d'Afrique du Nord. Pierre Ichac lui-même l'envisageait quand il écrivait, après la libération de Marseille sur laquelle se termine ce livre : « La première phase de la guerre – celle qui appartient en propre à l'Armée d'Afrique – sera finie... et oubliée des Français avant d'avoir été connue d'eux ».

 

Mais lui du moins avait, avec la publication de ses carnets, fait tout son possible pour que ce souvenir demeure, mettant en pratique notre belle devise qu'il aurait pu reprendre à son compte: « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

 

GBA (2S) JC Ichac

 

 

 

NOTES

 

(1) Pierre Ichac (1901 – 1978), journaliste, cinéaste, photographe, ethnographe et homme de radio, était le frère aîné de Marcel Ichac (voir sur  le site du comité d'Issy les Moulineaux l'article du 10 juin 2009, « Deux films de Marcel Ichac »). Les membres de notre Délégation se souviendront que les deux frères passèrent, avant la Première Guerre mondiale, leur enfance à Rueil-Malmaison.

 

(2) Amiot Dumont, 1954.

 

 

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