Publié le 28 Décembre 2019

Un juste réparation en 2019. Alors, que vive 2020 !

En septembre 2017, sur les sites Internet de la Délégation du Souvenir Français des Hauts-de-Seine et du Comité d’Issy-Vanves, nous avions publié la photographie ci-dessus. Photographie reprise dans la presse (Le Figaro) pour illustrer un message fort de notre Président-général, le contrôleur général des armées Serge Barcellini : « aucune tombe d’un Mort pour la France ne doit disparaître ».

Il y a peu, Monsieur Alain Raoul, de Montville dans le département de Seine-Maritime, nous a écrit pour nous indiquer qu’il était intervenu pour que cette sépulture ne tombe pas en déshérence et en empêcher l’exhumation.

Il a également fait des recherches : le soldat en question est Robert Havé, né le 22 janvier 1894 à Montville et exerçant, avant la guerre, la profession de clerc de notaire. Il est incorporé à compter du 1er septembre 1914 au sein du 129e régiment d’infanterie. Robert Havé arrive au corps deux jours plus tard. Le 4 février 1915, il est nommé au grade de caporal puis passe caporal-fourrier le 6 juillet de la même année. Le 21 septembre 1915, blessé, il est évacué vers l’hôpital de Verneuil où il reste jusqu’au 29 novembre, avant un repos de 30 jours à Montville. Il « rentre au dépôt » le 31 décembre 1915, puis est envoyé en renfort le 21 janvier 1916. Il disparaît le 22 mai 1916 pendant la bataille de Verdun, à Douaumont. Il est rayé des contrôles le lendemain.

L’autorité militaire fixe son décès au 22 mai 1916, par jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal de Rouen le 29 octobre 1920 (avis du 129e régiment d’infanterie en date du 12 octobre 1922).

Selon Monsieur Raoul, Robert Havé ne serait probablement pas enterré avec ses parents.

Le Souvenir Français tient à vous remercier et vous féliciter, Monsieur, pour ce remarquable travail de Devoir de Mémoire.

Puisse 2020 nous apporter grand nombre de ces histoires !

 

 

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Comité

Délégué général adjoint.

Un juste réparation en 2019. Alors, que vive 2020 !
Un juste réparation en 2019. Alors, que vive 2020 !
Un juste réparation en 2019. Alors, que vive 2020 !
Un juste réparation en 2019. Alors, que vive 2020 !

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Publié le 18 Décembre 2019

Capitaine Petit - En Indochine - 2.

Retour à Hanoi.

 

« Après la chute de Dien-Bien-Phu, le Haut Commandement a remanié le dispositif. La défense du Tonkin devient la priorité. La déferlante Viêt sur le delta ne saurait tarder. Nous voilà de retour à Hanoi. Le GM7 doit rejoindre le delta du fleuve Rouge. Le 2 juin, nous partons en camions pour Ninh-Giang. Il s’agit d’évacuer un poste complètement isolé du reste du monde, encerclé par les Viets et sans possibilité d’être ravitaillé. Pour mener à bien ce repli, deux bataillons de Vietnamiens, un bataillon de Marocains (le mien), une batterie d’artillerie (du 105), une batterie de mortiers, un peloton de blindés, l’aviation d’observation et de chasse sont mis en œuvre.

 

Ma compagnie occupe le village le plus avancé dans le dispositif pour que les autres groupes puissent œuvrer sereinement. Quelques fusils communistes nous harcèlent mais rien de bien grave. A 14h, le poste saute avec les munitions qui ne peuvent être transportées. Le repli des troupes de tête s’exécute sans histoire avec les effectifs du poste. A 18h, l’opération est terminée. Tous les éléments sont rentrés à Dong-Ta. Aucune perte à signaler, mais deux blessés par mines et deux blessés sur des pièges harpons. Les pièges harpons sont très difficiles à détecter, puisque n’utilisant pas de métal. Il s’agit d’un trou de 25 x 25 cm et profond de 50 cm. Dans le fond du trou sont mis en place à la verticale des lames de bambou taillées en pointes acérées. Le tout est soigneusement recouvert d’une tresse en bambou, flexible et camouflée. Lorsqu’un individu met le pied sur un tel piège, il est aussitôt empalé au travers de son mollet. Ce genre de blessure nécessite le rapatriement sanitaire en métropole eu égard aux risques d’infections car le bambou est taillé comme un hameçon et ne peut être retiré.

 

Retour à Ninh-Giang. Nous bivaquons non loin du marché, qui est très animé. Les tonkinoises habillées d’un qué-nan noir et d’une chemise brune, ont dans leurs cheveux un turban marron (teinture traditionnelle) et mâchent et crachent du bétel, colorant leur dentition d’un rouge vif. Accroupies devant leurs paniers de légumes ou de poissons, elles jacassent bon train. L’une d’elles se lève et remonte son pantalon à mi-jambe. Elle se met à uriner à côté de son panier, l’éclaboussant en partie. L’air ambiant sent le nuoc-mam, comme partout ailleurs. Pris de l’envie de faire mes besoins, il y a au-dessus de la rizière quelques échafaudages disposant d’une nacelle dont le fond est percé d’un trou, une échelle en bambou permet d’y accéder. Assis à la turque à l’abri d’une palissade, les excréments tombent dans la rizière et nourrissent les poissons, le tout bien sûr à la vue de tout le monde qui s’en moque !

 

Dimanche 6 juin 1954, retour à Hanoi où nous montons la garde auprès des avions sur le terrain de Gia-Lam. Quelques jours plus tard, à l’occasion de la fête de l’Aïd el kébir avec des moutons en provenance d’Australie, nous organisons un méchoui. Nous sommes ensuite relevés par les parachutistes et nous partons en mission afin de fouiller des villages dans le secteur de Phuc-Yen. Le capitaine Fabre nous quitte. Il est remplacé par le lieutenant Lamarle. Mais ce dernier souffrant bientôt d’un abcès au pied, il me confie le bataillon.

 

Le 20 juin – Dien Bien Phu est maintenant tombé depuis plus d’un mois – sous le commandement du commandant Fournier-Foch nous partons plein sud jusqu’au village de Ha-Loi, où nous arrivons après une marche de nuit. Mais les soldats du Vietminh nous attendent. Nous avons un mort et deux blessés dans nos rangs dès l’engagement. Je fais tirer à la mitrailleuse. Nos ennemis se replient. Nous nous installons finalement au village. Au tour de ma compagnie de prendre la tête du dispositif. Ce village sent à 100% le Viet ! La cagna que j’occupe est propre, toute construite en bambou et chaume, de même que les lits de bambous tressés, les jarres enterrées à l’entrée sont remplies de nuoc-mam. Il y a certainement des caches dans le sol avec des galeries où la population se réfugie en cas d’alerte comme aujourd’hui. En général, c’est après plusieurs jours d’occupation que les nhà quê sortent de leurs trous. Pour l’heure, la nuit va tomber, il faut rester vigilant. Les ordres ont été donnés en cas d’alerte.

 

A 1h30 du matin, le Vietminh qui s’est infiltré jusqu’à moins de 150 mètres de nos positions ouvre le feu. Je dénombre rapidement cinq à six fusils et une arme automatique. La riposte est immédiate et pendant cinq minutes une fusillade très nourrie déchire l’air tranquille de la nuit. A peine j’arrive à régler le tir de mortier de 60 m/m et lorsque celui-ci est en place, les communistes sont déjà partis. Ils reviendront à 3h puis à 4h du matin. Je n’ai qu’un blessé. Eh bien le voilà mon baptême du feu !

 

Le lendemain, ils remettent cela avec un tir plus dense, plus précis. Mais nous sommes mieux préparés. Trente obus de mortier sont tirés en 5 mn. Les Viets se taisent et tout rentre dans le calme. Une cagna brûle dans le village voisin. Seigneur, vous m’éclairez. Vous m’aidez. Je n’ai donc plus rien à craindre. Vous êtes le défenseur de ma vie. Je n’ai plus peur. Que les ennemis de mon âme s’avancent menaçants et ils tomberont renversés par le Seigneur. Qu’ils s’y mettent à cent contre moi, je ne craindrai rien. Dieu est avec moi (entrée du 4e dimanche après la Pentecôte, psaume 26).

 

Samedi 26 juin 1954. Les commandants de compagnie sont convoqués au PC bataillon pour de nouvelles missions. La 14e compagnie et la mienne fourniront chacune deux sections pour monter une embuscade de nuit en deux points différents. Je prends la tête de la colonne. Nous marchons pendant 2 km. Nous voilà sur la position de recueil. Chacun prend sa place dans le plus grand silence, prêt à intervenir. Le temps s’écoule lentement et soudain c’est la fusillade qui rompt le silence. Trois Viets en éclaireurs sont arrivés face à nous, sortis de la nuit d’encre à quelques mètres. Notre caporal vietnamien, chef du commando, ouvre aussitôt le feu et tue net un Vietminh. Les deux autres s’évanouissent dans la nature. »

 

Sur la RC2.

 

« Après quelques jours de repos, nous repartons en mission. Nous voilà maintenant affectés sur la Route coloniale 2, qui relie Phuc-Yen à Vinh-Yen, et au-delà Viêtri, place forte déjà encerclée par le Vietminh. Cette route est le cordon ombilical qui permet chaque jour de ravitailler les postes échelonnés tous les cinq kilomètres. Il faut, avant de faire passer les convois, exécuter une ouverture de route, réparer les coupures, détecter et relever les mines posées dans la nuit. Chaque poste ouvre la route sur 2,5 km en allant de l’un vers l’autre. A mi-parcours, retour à la case départ. Tous ces postes sont pour la plupart occupés par l’armée libre vietnamienne.

 

Je retrouve la 16e compagnie, commandée par le lieutenant Tijani, d’origine marocaine, appuyé par le lieutenant d’artillerie Coffi. Avec leurs hommes, ils doivent aller fouiller un village plus en avant de notre position, à environ 200 mètres. Ils commencent leur installation, et soudain une fusillade très nourrie éclate. La compagnie Tijani est prise à bout portant. Elle a du mal à se ressaisir. En quelques secondes, c’est la mêlée générale. Toutes les armes crachent. Sur la digue où nous sommes installés, nous ne pouvons rien faire, sinon regarder, et encore, car les balles sifflent à nos oreilles. On relève plusieurs tués dont le lieutenant Coffi, qui venait de m’apprendre son prochain départ pour la métropole. L’accrochage se termine en quelques minutes.

 

Des accrochages, nous allons en avoir presque tous les jours. Il faut dire que la fin de la bataille de Dien Bien Phu a libéré des milliers et des milliers de soldats du Vietminh qui progressent maintenant vers la capitale Hanoi.

 

Vendredi 16 juillet 1954 : nous allons comme à l’exercice reprendre notre position sur la digue. Le lieutenant Lamarle a demandé un tir d’artillerie sur les quelques cagnas encore debout et qui gênent notre observation. Les premiers obus arrivent à destination et, grosse surprise, trois Viets s’échappent de toutes leurs jambes. Le tir d’arrêt tombe maintenant sur le village. Sitôt le tir levé, le lieutenant lance la 2e section appuyée par des mortiers de 60 mm. La 1ère section flanc-garde à gauche. La 2 n’a pas fait 50 mètres qu’elle est prise à partie par un groupe de 20 à 30 Bo-Dois. Ils vont se regrouper dans la partie gauche du village où se trouve la 1ère section, mais pris en sandwichs ils sont décimés. Quelques-uns se replient, de nombreux cadavres jonchent le terrain. Le PC bataillon donne l’ordre de se replier, le tir d’artillerie va être renouvelé.

 

Dans mon coin, toujours aux lisières du village, je suis le déroulement des opérations et n’y tenant plus, je me porte sur la digue et demande au lieutenant Lamarle ce que l’on fait. Il faut exploiter notre avantage pour aller ratisser le terrain. Le commandant Fournier-Foch donne son accord.

 

Sous mon commandement, avec mes deux équipes de voltigeurs, avec à leur tête le caporal Abdallah et les équipes de voltigeurs de la 1ère section, sous les ordres du sergent Mohamed, nous entamons notre progression en direction du village. Les armes automatiques des deux sections regroupées sous les ordres du sergent-chef Forner, nous couvriront sur notre flanc gauche. En un temps éclair, nous ratissons toute la partie gauche du village et récupérons 10 armes restées sur le terrain dont 3 pistolets-mitrailleurs Mat 49 et 4 fusils 36 (toutes des armes françaises). La fouille des cadavres ennemis ne donne rien sauf un incident qui aurait pu me coûter la vie : étant arrivé devant un corps avec Mimoun, nous le retournons et au même instant une grenade dégoupillée qui était coincée sous le corps entre en action. Nous avons tout juste le temps de nous écarter suffisamment. Au loin, d’autres ennemis lèvent un drapeau blanc.

 

En dépit des risques – faut-il les croire ? – nous allons à leur rencontre. Un premier prisonnier est interrogé par l’officier de renseignement. Nous apprenons que la fameuse Division 308 venant de Dien Bien Phu a été refaite à 80% de ses effectifs et qu’elle est arrivée entre Vinh-Yen et Phuc-Yen. Face à nous un régiment complet avec ses trois bataillons et deux en réserve à 5 km. Le bataillon de tête est devant nous à moins de 700 mètres. C’est avec l’une de ses compagnies que nous avons été en contact. Un peu plus loin, notre 16e compagnie est aux prises avec d’autres soldats. Dans l’accrochage, le sous-lieutenant Padonani est tué. C’était un ancien de la libération de la Corse, de l’Italie et de la France jusqu’au Rhin et la victoire finale en Allemagne. Il avait déjà fait un séjour en Indochine et arrivait à la fin du second. Depuis son nom, comme celui du lieutenant Coffi, est gravé dans le marbre du monument aux morts d’Indochine à Fréjus. »

 

Le cessez-le-feu.

 

« Mardi 20 juillet 1954 : je m’endors sur un lit de bambou, ayant demandé de me réveiller au moindre incident. Tout à l’heure, j’ai entendu le capitaine Menu (qui remplace le commandant Fournier-Foch à l’hôpital) dire : « Demain, nous serons au port ! ». Alors, ces bruits, c’était donc vrai. J’avais ouï dire que la délégation française à Genève, emmenée par Pierre Mendes-France avait donné son accord pour un cessez-le-feu le lendemain, mercredi 21 juillet 1954. Cela se confirme : dans les jours qui suivent, nous partons pour Haiphong et de là, le bateau pour Saigon.

 

Le cessez-le-feu ne prendra effet en Cochinchine que le 11 août. Nous sommes cantonnés sur l’hippodrome de Phu-Tu en marge de la ville. Le climat ici est bien différent. Chaleur humide et collante. Les douches sont les bienvenues pour se décrasser et éviter de voir surgir des petits champignons, appelés bourbouille, dans les replis de la peau. Lorsque la mousson sera installée, l’eau de pluie bienfaitrice facilitera ces décrassages quotidiens. Pendant la saison de la mousson qui dure six mois, il pleut régulièrement chaque jour pendant une heure. Dans les rues de Saigon, on peut voir dans les caniveaux passer les poissons dans les eaux qui dévalent !

 

Le 11 août 1954. 8h00. Tous les hommes sont rassemblés. Je présente l’ensemble au lieutenant Natali, qui à son tour, fait la présentation au commandant Roubaud. Il est accompagné du lieutenant-colonel Combe, adjoint du colonel Roumiantzoff. 8h00, heure précise du cessez-le-feu. Les couleurs françaises et vietnamiennes sont hissées respectivement sur leur mat. Suit un discours du commandant Roubaud sur la grandeur de cette guerre et assurant l’indépendance du Vietnam. Le clairon sonne le cessez-le-feu puis la sonnerie aux morts.

 

Le Vietnam est coupé en deux, par une ligne de démarcation située sur le 17e parallèle au nord de Hué. Vietnam Nord aux troupes communistes et Vietnam Sud aux troupes régulières vietnamiennes. Le retrait de nos troupes du nord vers le sud ne s’est pas fait sans détresse de la part des populations catholiques dont une grande partie est restée aux mains des communistes et vont subir les pires avanies. Déportations, tueries… C’est un véritable déchirement. Celles qui ont été transportées au sud se sont installées dans le secteur de Bien-Hoa, proche de Saigon. La France ici n’a pas rempli son devoir envers des populations acquises à notre cause. Une partie de la minorité Muong a été envoyée en Guyane afin de les sauver de la barbarie.

 

Début septembre, le bataillon va s’installer à Long-Thanh dans une plantation d’hévéas de la société des Terres-Rouges, sur la route de Cap Saint-Jacques. En ce lieu, sous la tente, nous construisons des baraquements en bois fournis en kit par les services du génie. La jungle est à nos portes, et dans cet univers impénétrable les troupeaux d’éléphants ne sont pas très loin, comme d’ailleurs les cerfs chevaux, les tigres et panthères, caïmans, singes. Les serpents aussi divers que variés en couleurs et en taille. A la nuit tombée, nous allons en jeep à la lumière de nos phares explorer les entrailles de la forêt envoutante. Les animaux surpris nous regardent puis détalent. Par précaution, nous sommes prêts à tirer en cas d’agression.

 

J’ai adopté un petit singe que j’ai dû relâcher tant il avait mis mes affaires sens dessus dessous.

 

Nous continuons à faire de l’instruction militaire, marches, exercices divers, préparation des sous-officiers aux brevets de chef de section. Défilés, prises d’armes, décorations. Le commandant Fournier-Foch nous a quitté. Il est remplacé par le commandant Bertin.

 

Un dimanche, je fais une escapade à Cap-Saint-Jacques, la station balnéaire de Saigon. Bain en mer de Chine. Quel délice…

 

Nous resterons encore de longs mois dans cette plantation de Long-Thanh. Instruction, marches dans la jungle : tout cela devient lassant. Les tirailleurs deviennent moins performants. Les nouvelles du Maroc leur arrivent avec l’espoir de l’indépendance, ce qui les rend impatients et l’on sent déjà poindre une certaine hostilité. 23 août 1955, nous embarquons sur le S/S Pasteur. Direction l’Afrique du Nord. Notre régiment rentre chez lui.

 

Le Maroc est en pleine effervescence. Le roi Mohamed V en exil à Madagascar est sur le point de revenir. L’indépendance n’est pas très loin ! Nous ne serons plus bientôt personae grata. Des exactions éclatent un peu partout contre les Français. C’est ainsi qu’avec le capitaine Serghini (officier marocain) qui était devenu mon nouveau commandant de compagnie, nous étions allés à Moulay-Idriss rendre visite à l’un de ses amis marocains caïd haut placé, patron des lieux. Nous avons dû faire demi-tour rapidement afin d’éviter d’être pris à partie par une bande d’excités.

 

Le 9 novembre, avec quelques camarades, nous partons en permission pour la France, avec une Aronde que j’ai achetée. Nous traversons l’Espagne puis le sud de la France et direction Cagnes-sur-Mer. »

 

 

Sources et photographies :

 

Les textes sont issus des mémoires du Capitaine Petit, sous la forme de recueils envoyés au Comité du Souvenir Français d’Issy-Vanves. Nous remercions le capitaine Petit pour sa confiance.

 

Les photographies des deux articles du capitaine Petit en Indochine présentent le lieutenant Petit et ses camarades ; des vues de Djibouti ; le général Gambiez inspectant les troupes ; le pont Paul Doumer à Hanoi ; les adieux à l’Indochine ; la remise du drapeau ; des officiers et des soldats du 9e RTM ; la traversée du pont à Hanoi par les représentants du Vietminh et du CEFEO ; la traversée du canal de Suez.

Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.
Capitaine Petit - En Indochine - 2.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 15 Décembre 2019

Une vue de Djibouti.

Une vue de Djibouti.

Mr. Dominique Petit a été militaire de carrière. Engagé dans les troupes coloniales, puis dans la Légion étrangère et enfin retour au sein de l’armée de terre, il a vécut le déclin de notre empire colonial. Officier d’active – comme on dit aujourd’hui – il a été envoyé en Indochine alors que celle-ci se détachait de l’Union française. Ensuite, il a été nommé au Sahara français puis a fait la guerre d’Algérie.

En 1962, direction Berlin au sein de l’état-major des Force Françaises en Allemagne puis, plus tard, ce sera une nouvelle mutation au Fort de Vincennes et le départ de l’institution. Alors une nouvelle vie commence, dans le monde de la grande distribution au sein des Docks de France (hypermarchés Mammouth, repris depuis par Auchan). Enfin, vint l’heure de la retraite et le déménagement vers Nice.

Le capitaine Petit sait ce qu’a été notre empire colonial. En faisant son métier de militaire, il l’a défendu, a guerroyé pour cela. Et si la guerre est ni belle ni romantique, le capitaine a aussi défendu les valeurs de la République et d’humanité que le monde entier reconnait à la France.

 

Départ et traversée.

 

« Ce matin-là, je suis destinataire d’une note de service émanant du colonel Chrétiennot, mon chef de corps au 4e RTM (régiment de tirailleurs marocains) : Désignations pour servir sur les théâtres d’opérations extérieures – Infanterie : tour normal – Sous-lieutenants : Barreau Charles et Petit Dominique.

 

Ouf ! Les dés sont jetés, je suis heureux de cette affectation. Depuis des années j’entends parler de cette guerre d’Indochine par tous ceux qui y sont allés et revenus, par ceux qui sont partis avec lesquels j’avais des liens fraternels et qui ne sont pas rentrés.

 

Oui, je suis content de partir là-bas, à 12.000 km. Défendre quoi au juste, se disent les Français moyens ? Pour moi, c’est clair : il faut barrer la route au communisme, d’autant que la situation au Tonkin semble chaque jour un peu plus critique. Avec Barreau, nous avons une chance terrible car nous partons dans les tous premiers de la promotion.

 

Ma permission se déroule calmement chez mes parents, à Cagnes-sur-Mer. Mon père, le colonel Petit, me prodigue ses conseils, ma mère me couvre de son regard pour garder en mémoire un maximum d’images de son fils. Evidemment tout peut arriver. Qui sait ? Elle a déjà vécu des moments très difficiles : son frère Jean tué en 14-18 ; son frère Jacques tué pendant la Seconde Guerre mondiale ; son fils François tué en 1944 pendant la campagne d’Italie devant Sienne et enterré dans le cimetière militaire de Rome…

 

Les côtes de la France s’estompent à l’horizon pendant que nous prenons notre premier repas à bord du SS Cambodge. Eh, oui, ce mercredi 7 avril 1954, nous avons embarqué quai de la Joliette sur ce magnifique bateau tout blanc. C’est un voyage de rêve que nous allons faire. Tout est impeccable, astiqué, rutilant. L’air est frais. Tout va bien. Nous sommes une douzaine d’officiers en première classe. Les autres passagers sont des civils.

 

Après une première nuit calme, nous passons dans l’après-midi du lendemain au large du Stromboli. Le temps est bouché mais j’aperçois une épaisse fumée noire qui s’échappe du cratère. Quelques heures passent. Le temps se couvre. L’horizon est maintenant noir. Alors que les côtes d’Italie et de Sicile se perdent dans le lointain, nous fonçons droit sur la tempête.

 

Je suis réveillé en sursaut par un très fort roulis. Je m’accroche à mon lit. Dans le noir, je ne distingue rien, mais par contre j’entends les paquets de mer qui viennent frapper la coque du bateau, qui prend parfois des inclinaisons impressionnantes. Le grincement des rivets accompagne le bruit de la mer. Levé tôt, je monte à 6h30 sur le pont. J’y suis seul ! L’étrave pique du nez dans la vague, d’énormes paquets de mer passent sur le pont avant et viennent se briser sur les vitres de la coursive où je me trouve. Le bateau fait face au vent qui balaye la mer blanche d’écume. Entre deux vagues, des creux impressionnants se succèdent. Ce mauvais temps perdure jusque dans la soirée à l’approche de la Crête. Enfin calmée, la mer laisse les autres passagers se regrouper au restaurant. Notre aventure continue. Nous voilà quelques heures plus tard, en vue de Port-Saïd.

 

Les sirènes d’un bateau voisin me réveillent brusquement. 7h. Par le hublot, je vois beaucoup de bateaux ancrés comme nous dans la zone portuaire. Le passage du canal de Suez ; long de 161 km, se fait en convoi à sens unique et les convois montant et descendant se croisent au milieu sur le lac Amer.

 

Pour l’heure, nous sommes à quai et à 8h nous pouvons descendre à terre visiter le port et un semblant de ville sans intérêt. Le vent fait tourbillonner la poussière des trottoirs en terre battue. De nombreux marchands égyptiens ont envahi le pont de notre bateau, offrant leur pacotille, des piastres. Un prestidigitateur sur la place arrière fait sensation, il est connu de tous ceux qui ont transité ici. C’est Gali-Gali. Autour du bateau est venue se coller une multitude de barques ayant à leur bord les marchandises les plus diverses : fruits, poissons, crevettes, maroquinerie…Nous avons quitté Suez dans le courant de la nuit et longé les côtes du Sinaï. En ce début de matinée nous entrons dans la mer Rouge et je dois dire qu’elle est d’un bleu éclatant. De Suez à Djibouti, la mer Rouge s’étend sur 2.500 km. A hauteur de Djedda, la largeur est de 300 km, aussi nous pouvons apercevoir les côtes d’Arabie.

 

Dans l’après-midi, nous croisons La Marseillaise qui rentre en France en provenance de Saigon. Trois coups de sirène retentissent et simultanément sur chacun des bâtiments les trois couleurs sont hissées puis amenées. Un pincement au cœur et une pensée pour tous ceux qui rentrent chez eux.

 

Escale à Djibouti. Après un dîner entre camarades, nous allons visiter la ville dans de superbes taxis. Retour au quai où il règne une ambiance fébrile. Toute la ville s’est déplacée ici. Un immense marché s’est installé sur le quai et parmi les marchandises les plus diverses, ce qui surprend le plus ce sont des pyramides de cartouches de cigarettes américaines, anglaises, s’élevant à plus de 1,50 mètres et sur des dizaines de mètres de long. A bord, c’est jour de fête. Toute la colonie française s’est donné rendez-vous. On boit beaucoup. On danse sur des musiques sud-américaines. Ici, chaque escale fait l’objet des mêmes débordements de joie.

 

Le 16 avril, nous quittons le golf d’Aden pour entrer dans l’océan Indien. Durant trois jours nous naviguerons sans voir âme qui vive. Les vagues de l’océan sont beaucoup plus amples qu’en Méditerranée.

 

Les côtes de Ceylan nous apparaissent au loin, brunes et vaporeuses. A l’approche, la végétation envahit tout l’espace. Ici, la vie exubérante de la nature s’oppose au monde minéral de la corne de l’Afrique.

 

Le S/S Cambodge s’est immobilisé en rade de Colombo. Nous voilà maintenant en vedette pour une visite organisée de la ville et de ses environs. Le parc et ses singes en liberté, le zoo et sa collection de serpents, du boa de 6 mètres de long à la petite vipère de 10 cm en passant par toutes sortes de najas et autres cobras. Les éléphants, tigres, panthères… Le tout dans un décor gigantesque, riche en couleurs et en odeurs. L’atmosphère est moite et chaude. La nature est luxuriante, touffue, inextricable, étouffante.

 

En quittant Ceylan, ce mardi 20 avril 1954, nous quittons un monde orienté vers l’occident. L’Inde, le Moyen-Orient étaient à portée de marche de l’Europe. Nous nous dirigeons maintenant vers le lointain monde du sud-est asiatique pour lequel la France nous envoyait défendre nos territoires d’Indochine : Tonkin, Annam, Cochinchine, Laos et Cambodge, qui sont en ce moment sous la pression du monde communiste qu’il soit chinois ou bien soviétique.

 

A bord, la vie est paisible. Nous profitons de tout ce qui nous est offert : piscine, jeux divers, cinéma, fêtes organisées, sans compter les excellents repas qui nous sont servis matins et soirs : un régal !

 

A Singapour, le vendredi 23 avril, le port est occupé par une armada de bateaux de guerre de Sa Majesté la reine Elisabeth II, hôte de la ville. Grands pavois partout, oriflammes, arcs de triomphe. La ville est propre, terrains de polo, tennis sur gazon, cricket, greens à perte de vue. La population ici est en majorité chinoise. Avant de retourner à bord à l’issue de notre visite, nous allons au célèbre cercle des officiers de l’armée anglaise, prendre un thé : il s’agit du Raffles.

 

Il nous faudra encore deux jours de navigation pour arriver à destination. C’est vers 8h du matin que le dimanche 25 avril nous arrivons à l’embouchure de la rivière de Saigon. Tous les passagers sont sur le pont et scrutent les rives de cette terre où les événements se précipitent. Les dernières nouvelles ne sont pas encourageantes… Dien-Bien-Phu… Le Tonkin ? »

 

Arrivée en Indochine.

 

« Tôt le lendemain, je me rends au bureau des affectations. Puisque c’est au Tonkin que le torchon brûle, je demande une affectation au Tonkin, ce qui m’est accordé sur le champ. La machine administrative est en marche. Je dois rejoindre à Hanoi, l’état-major des Forces Terrestres du Nord Viêtnam (FTNV). Je ne réalise pas encore très bien, ici à Saigon, que la vie ressemble à ce que l’on peut observer dans n’importe quelle grande ville. La population grouille dans les rues, dans les milieux civils et militaires. On parle de réceptions, tennis, concours hippiques… De mon côté, j’ai le ventre un peu serré. Je n’ai pas encore pris mes marques dans toute cette affaire et Dien-Bien-Phu est à l’agonie.

 

Avec mon contact, Edouard, nous allons dîner à L’Arc en Ciel, un restaurant très réputé. Un dîner chinois époustouflant : ailerons de requins, serpent spécialement cuisiné, pousses de nénuphar… Quels parfums subtils !

 

Le 29 avril, le Dakota qui assure la liaison avec Hanoi m’emporte vers d’autres cieux. Edouard m’a confié 75 kg de papiers (secrets) à remettre en mains propres à l’arrivée. Après une escale à Hué, nous arrivons à l’aéroport d’Hanoi, Gia-Lam.

 

Le commandant Tessere m’attend avec les 75 kg. Je suis le mouvement avec les documents dans une traction avant. Direction Hanoi par le pont Doumer construit par Eiffel, qui enjambe le fleuve Rouge sur une longueur de 4 km. Etant arrivé à destination, je suis invité à déjeuner à la popote du général Gambiez. Celui-ci est absent. Son fils vient d’être tué à Dien-Bien-Phu. Le général Bodet, commandant l’armée de l’air en Extrême-Orient préside la table et derechef je m’installe à sa droite. En face du général, se trouve le commandant Jacquelot.

 

Je me rends au bureau des affectations. Je demande à servir dans une unité de tirailleurs marocains, de préférence un groupement mobile. J’ai le choix entre trois bataillons et j’opte pour le 4/5e RTM, groupement mobile n°7 (GM7), commandé par un vrai colonial, le colonel Quiliquini. J’apprends plus tard que le GM7 est au Laos, ce n’est pas vraiment de chance pour moi qui voulais rester au Tonkin. »

 

 

Au Laos, au sein 4/5e RTM.

 

« Mercredi 5 mai 1954 : après deux jours d’attente forts longs, nous décollons enfin de Gia-Lam. Direction la Plaine des Jarres puis Vientiane. Halte à Seno. Samedi 8 mai, départ de Seno. Dien-Bien-Phu vient de tomber. Le recueillement témoigne de la gravité de la situation : 12.000 prisonniers et de très nombreux disparus.

 

Dimanche 9 mai 1954. Je rejoins mon bataillon à Phiafay, en 4x4 par la route : 51 km sud sur la RC13 (Route Coloniale n°13), reliant les provinces du nord et du sud et parallèle au Mékong, lequel d’une largeur impressionnante, roule ses eaux boueuses tout près de là. Déjeuner au PC (Poste de Commandement) du bataillon. Je me présente au commandant Fournier-Foch (petit-fils du maréchal et ancien élève de papa à Saint-Cyr), commandant le bataillon et tous ceux qui l’entourent : capitaine Menu, le toubib, le lieutenant Coffi. Je suis affecté à la 15e compagnie, commandée par le capitaine Fabre, ayant pour adjoint le lieutenant Lamarle. Le bataillon est composé de quatre compagnies de combat et d’une compagnie de soutien. Après le déjeuner le capitaine Fabre me conduit à la compagnie et, sur le sentier de brousse que nous empruntons, arrive en courant un tirailleur la mine déconfite : « Vite, vite, un blessé ! ». Nous pressons le pas et effectivement sur un brancard est allongé un homme avec un énorme pansement sur la tête, taché de rouge. Mais les acteurs de ce scénario ne sont guère convaincants et le rouge du pansement ressemble plutôt à du mercurochrome qu’à du sang… Nous trinquons à la santé de la compagnie !

 

Tout au long du mois de mai 1954, nous faisons des missions d’ouverture de routes, de protection de convois sur la grande voie de communication que constitue la RC reliant la Cochinchine, le Cambodge et le Laos. De temps à autre, je suis chargé d’aller occuper un poste d’observation. Notre installation est tout à fait sommaire. Nous sommes sous nos toiles de tente et la nuit les fourmis rouges ne tardent pas à nous dévorer. Il faut soigneusement choisir un endroit hors de leur parcours, les morsures sont très douloureuses. Un moyen de les éloigner consiste à utiliser les sachets de vin en poudre « Vinogel », les réhydrater et les asperger avec ce produit. De même, il faut aussi vérifier que quelques sangsues ne se soient pas introduites sous les vêtements. Question d’habitude ! »

 

Sources : Dominique Petit.

 

Capitaine Petit – En Indochine – 1.
Capitaine Petit – En Indochine – 1.
Capitaine Petit – En Indochine – 1.
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Capitaine Petit – En Indochine – 1.
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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 29 Novembre 2019

Hommage aux militaires morts au Mali.

Les commandos ont péri lundi soir au cours d’une opération de combat, suite à l’accident en vol de deux hélicoptères de l'armée de Terre engagés dans l’opération Barkhane.

 

« J’ai appris avec une profonde tristesse que 13 militaires de l'opération Barkhane ont péri hier soir, lundi 25 novembre 2019, lors de l'accident en vol de deux hélicoptères de l'armée de Terre au Mali, au cours d’une opération de combat » a déclaré Florence Parly, ministre des Armées, dans un communiqué de presse publié mardi matin. Une enquête est ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de ce drame.

 

« Cette terrible nouvelle endeuille nos armées, la communauté de défense et la France toute entière. Je tiens à assurer aux familles endeuillées que l'institution militaire est à leurs côtés dans cette épreuve » a ajouté la ministre.

 

Le ministère des Armées s’associe à elle pour présenter toutes ses condoléances à leurs familles, leurs proches et leurs frères d'armes.

 

Voici la liste des treize militaires morts pour la France :

 

  • Le capitaine Nicolas MÉGARD, du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • Le capitaine Benjamin GIREUD du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • Le capitaine Clément FRISONROCHE du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • Le lieutenant Alex MORISSE du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • Le lieutenant Pierre BOCKEL du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • L’adjudant-chef Julien CARETTE du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • Le brigadier-chef Romain SALLES DE SAINT PAUL du 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau.
  • Le capitaine Romain CHOMEL DE JARNIEU du 4e régiment de chasseurs de Gap.
  • Le maréchal des logis-chef Alexandre PROTIN du 4e régiment de chasseurs de Gap.
  • Le maréchal des logis Antoine SERRE du 4e régiment de chasseurs de Gap.
  • Le maréchal des logis Valentin DUVAL du 4e régiment de chasseurs de Gap.
  • Le maréchal des logis-chef Jérémy LEUSIE du 93e régiment d’artillerie de montagne de Varces.
  • Le sergent-chef Andreï JOUK du 2e régiment étranger de génie de Saint-Christol.

 

La Nation s’incline devant leur courage et leur engagement.

 

Le général de corps d’armée Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris, invite le plus grand nombre à rendre un dernier hommage aux treize soldats morts pour la France, à l’occasion du passage du cortège funéraire sur le pont Alexandre III, le lundi 2 décembre 2019, à 11h30.

 

 

 

 

Sources et droits photographiques : Ministère des Armées.

Texte : DICod et Réserve du Gouverneur Militaire de Paris.

Hommage aux militaires morts au Mali.

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Publié le 23 Novembre 2019

La nécropole nationale de Notre Dame de Lorette, dans le Pas-de-Calais.

La nécropole nationale de Notre Dame de Lorette, dans le Pas-de-Calais.

Cette tribune a été écrite par le contrôleur général des armées, Serge Barcellini, président-général du Souvenir Français, et publiée par le journal Le Figaro, le 10 novembre 2019.

 

« Il y a des moments où la mémoire est lumineuse, où le recueillement s’impose à nous et où l’histoire nous oblige.

L’inhumation à la nécropole nationale de Chattancourt (Meuse) du soldat Léon Eugène Mérat est un de ces moments forts qui croise l’histoire familiale, locale et nationale. Le 17 octobre 2019, son cercueil drapé de tricolore était placé devant la stèle cruciforme qui désormais portera son nom. Derrière lui, des soldats rendaient les honneurs. Devant lui, un prêtre lisait la prière des morts. «Soldat Mérat la France te rend hommage». Un hommage tardif car ses restes viennent d’être découverts sur le champ de bataille de Verdun 103 ans après sa disparition.

Ce type d’hommage, il y en a eu plusieurs dizaines depuis 2014. Le centenaire a en effet mobilisé l’intérêt de l’opinion publique pour ces soldats dont les restes sont retrouvés tardivement sur le champ de bataille. Des hommages forts et nécessaires qui honorent notre Nation.

300 000 tombes familiales témoignent de la volonté des familles au lendemain de la victoire d’offrir une sépulture familiale à leur père, leur fils ou leur époux.

Cependant il y a aussi des moments où la mémoire est honteuse, où notre conscience s’interroge et où l’histoire est oublieuse. Edmond Merlin est «Mort pour la France» le 30 juillet 1916 dans un hôpital de l’arrière à Thorens (Haute-Savoie). Sa famille a récupéré son corps et a inscrit son nom sur la tombe familiale. Cette tombe dans le cimetière de Thorens-Glières rappela pendant des décennies la dette que la France avait envers leur famille.

Des tombes familiales renfermant le corps d’un combattant de la Grande Guerre, il s’en construisit près de 300.000 dans les cimetières communaux de notre pays. Elles témoignèrent de la volonté des familles au lendemain de la victoire d’offrir une sépulture familiale à leur père, leur fils ou leur époux.

Or, à l’exemple de celle d’Edmond Merlin, des milliers de tombes ont déjà disparues ou sont en voie de disparaître. Des «Mort pour la France» rejoignent une fosse commune !

Les cimetières communaux sont placés sous le regard d’entreprises qui démarchent les maires soumis à la pression démographique dans les villes.

Quelle étrange situation. Alors que les restes de combattants retrouvés sur les champs de bataille en 2019 sont inhumés avec honneur, les restes de ceux qui ont été restitués aux familles sont jetés dans les fosses communes lorsque leurs tombes entrent en déshérence !

Depuis une décennie, en effet, les cimetières communaux sont placés sous le regard d’entreprises qui démarchent les maires soumis à la pression démographique dans les villes et rendus responsables de l’état d’abandon de nombreuses sépultures dans les villes.

Ce n’est pas à des entreprises privées d’arbitrer le sort des tombes familiales !

Le Souvenir Français dit «Non» à ce temps de l’oubli. Il s’oppose à la suppression des tombes des combattants «Mort pour la France» qui conduit au déracinement mémoriel de nos concitoyens.

Plus que jamais, ces tombes sont des bornes des chemins mémoriels de nos communes. Il est urgent de réagir avant qu’un Zola du temps présent lance un grand «J’accuse».

 

 

Crédit photographique : journal Challenges.

 

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Publié le 9 Novembre 2019

Les suicidés de la Première Guerre mondiale.

 

Durant quatre ans, tout au long de la Première Guerre mondiale, les Poilus ont envoyé des millions de lettres à leurs proches. Dans ces lignes, les soldats ont relaté leur quotidien sur le front, le courage, la camaraderie, l’héroïsme mais aussi l’ennui, la peur ou la solitude. Certains ont même raconté à leur famille le désarroi de leurs camarades. Dans un courrier daté du 11 août 1916, le caporal Perrier, originaire de Saône-et-Loire, s’inquiète d’un mal qui ronge les hommes. "Chez certains esprits, le moral est atteint. On sent une dépression chez beaucoup d’individus", écrit-t-il. Un peu plus loin, il rapporte même que plusieurs d’entre eux ont choisi de se donner la mort : "Nous espérons pour le moment que cette épidémie s’arrêtera là. Trois dans un mois à la même compagnie, c’est trop".

 

Infirmier à Verdun et dans l’Aisne, Jean Pottecher confie également à ses parents être témoin du même désarroi : "Un type de la 7e Cie que je ne connaissais pas (…) s’est suicidé hier d’un coup de révolver. Quoique je n’aime pas les généralisations trop rapides, je vous cite ce fait particulier comme un symptôme assez net de l’état de l’esprit du front (…). On dit que le suicide est épidémique : je ne sais pas si celui-ci contaminera le bataillon et s’il sera suivi d’autres".

 

Un chiffre impossible à établir.

 

Malgré "cette épidémie" décrite par ces soldats, très peu d’ouvrages sur la Grande Guerre se sont penchés sur les suicidés au cours du conflit. Xavier Trochu, historien et archiviste aux Archives municipales de Nantes, s’est ému de leur sort et a décidé de creuser la question. Pour cela, il a consulté les quelques 93 000 fiches de soldats, en ligne sur le site Mémoire des Hommes, n’ayant pas eu le droit à la mention Mort pour la France. "Sur celles-ci, j’en ai recensé plus de 3 900 qui avaient l’attribut de suicide. Cela correspond à la fourchette que l’historien Denis Rolland avait établie lors d’une conférence en 2004. Il arrivait à peu près à 4 000 / 4 500 morts par suicide", explique Xavier Trochu. "C’est très difficile d’être précis car le suicide en tant que tel n’est déjà pas quelque chose de facile à gérer chez les civils. Côté militaire, on se retrouve ainsi dans une situation encore plus particulière".

 

Le doute subsiste ainsi pour un certain nombre de fiches. "Il est difficile de savoir si la personne avait l’intention de se suicider ou pas. Il y a le cas par exemple de ceux qui se précipitaient sur le champ de bataille face à l’ennemi car ils en avaient marre. Ils n’ont pas été considérés comme suicidés mais comme morts pour la France", décrit l’historien. Au sein de l’armée, les militaires qui enregistraient les décès se sont aussi montrés plutôt enclin à cacher les suicides afin de protéger les proches : "Si on mettait cette mention, les conséquences pour les familles étaient immédiates : pas de pension ni de décoration. Au niveau local, elles se retrouvaient au ban de la société". Enfin, Xavier Trochu note que dans les hôpitaux militaires, "les médecins avaient certainement des réticences à dire que leurs patients s’étaient suicidés, car cela remettait en cause leur profession et le fait de savoir bien gérer une population malade".

 

En réalisant cette étude, l’archiviste a constaté un difficile accès aux sources. Mis à part ces fiches qui se révèlent incomplètes, parcellaires et surtout silencieuses, les documents manquent. Malgré tout, Xavier Trochu a pu dégager quelques tendances. "Ce ne sont pas forcément des gens qui sont en première ligne qui se suicident", a-t-il ainsi découvert. "Certains se donnent la mort à domicile, en cantonnement, en permission ou dans les hôpitaux". Contrairement à certaines idées reçues, ce ne sont non plus pas les plus jeunes qui finissent par craquer : "Parmi ces suicidés, il y a énormément de territoriaux, c’est-à-dire de soldats qui ont plus de 35 ans. La guerre est plus difficile à supporter pour eux car ils ont déjà une famille ou une vie bien installée".

 

"Un pauvre bougre emporté dans une énorme boucherie".

 

Cela a été le cas pour François-Maurice Fouassier, un soldat du 25e régiment d’infanterie territorial, originaire de Chemazé, en Mayenne. Ce père de quatre enfants s’est pendu le 19 mai 1916, à l’âge de 42 ans, à Laval, dans une chambre de son casernement où il était hospitalisé. Pourtant, il y a encore quelques mois, son arrière-petit-fils Christian Persin pensait que son ancêtre était décédé des suites d’une maladie. Il n’a découvert la véritable cause de son décès qu’en consultant sa fiche militaire : "J’ai appelé ma mère pour savoir s’il y avait un secret de famille, mais elle n’en savait rien. Elle n’avait jamais entendu parler d’un suicide de son grand-père. Ma grand-mère lui avait qu’il avait eu des gelures au pied et une maladie pulmonaire".

 

Mémoire des Hommes.

 

François-Maurice Fouassier a été enterré dans l’anonymat et son nom n’a pas été inscrit sur le monument aux morts. En découvrant la vérité, ce descendant de poilu a compris combien sa famille avait souffert de cette non-reconnaissance : "Je trouve cela particulièrement injuste que le fait de se suicider ait privé les proches de droits. La République a été sévère avec ces gens-là. Je sais que mon arrière-grand-mère a ramé socialement. Ils étaient très pauvres. C’était des métayers. Elle a été obligée de placer ses enfants chez des bourgeois en tant que domestiques".

 

Pour réparer cette injustice, Christian Persin a demandé auprès de l’Office national des anciens combattants que son arrière-grand-père soit reconnu comme Mort pour la France. Cette mention lui a été attribuée en juillet 2017. Il espère désormais que son nom apparaisse sur le Monument de Château-Gontier où il vivait avant-guerre. Cela devrait être chose faite à l’occasion du 11 novembre 2018 : "C’est une forme de réhabilitation. C’est un pauvre bougre qui a été emporté dans une énorme boucherie. Il y a laissé non seulement sa vie, mais sa famille en a aussi payé le prix". L’historien Xavier Trochu partage son avis. Pour lui, il est enfin temps de regarder ce passé en face : "C’est quelque chose de tabou et de pas facile. À l’époque, on a poussé l’individu à son extrême. C’est un sujet qui est difficile d’accès, mais qui mérite toute notre attention. Si ces hommes étaient restés dans un monde de paix, jamais il n’auraient pensé à se suicider".

 

Sources :

Stéphanie Trouillard - France 24

 

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Publié le 3 Novembre 2019

Un camp de travailleurs malgaches à la ferme d’Haeringen. Date : juillet 1917.

Un camp de travailleurs malgaches à la ferme d’Haeringen. Date : juillet 1917.

Plus de quarante-et-un mille Malgaches ont été mobilisés pendant la Grande Guerre, soit près de huit pour cent du total des «indigènes» ayant servi dans l’armée française. Plus de trente-quatre mille d’entre eux ont été envoyés sur le front européen.

Le 12e bataillon de marche de tirailleurs malgaches, rattaché à la 1e division marocaine du général Daugan, est la principale unité combattante en France. Il prend par la suite les noms de «12e bataillon de chasseurs malgaches» puis, en janvier 1919, de «1er régiment de chasseurs malgaches». Formé à Saint-Raphaël en novembre 1916, il est engagé au combat en mai 1917 au chemin des Dames, année où trente-deux mille Malgaches sont recrutés sur l’île, mais reste surtout affecté à des travaux routiers et au transport de munitions. En 1918, au cours de la deuxième bataille de la Marne, le bataillon perd près de cinq cents hommes en quelques jours. Il est ensuite engagé dans les batailles du Soissonnais. Après l’armistice, il se retrouve en Lorraine puis, en décembre, sur le Rhin, enfin en zone d’occupation, en Allemagne.

 

Le carré militaire du cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux comporte deux tombes de travailleurs malgaches. Il s’agit de :

  • Ronandro, travailleur malgache du Groupe aviation.
  • Ramanonjisoa, travailleur malgache.

 

 

Sources :

  • Fonds ECPAD.
  • Crédits photographiques : Jacques Agié et fonds d’archives du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français.
  • Texte ECPAD et Souvenir Français d’Issy-Vanves.
Les Malgaches pendant la Première Guerre mondiale.

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Publié le 13 Octobre 2019

Quête nationale 2019 du Souvenir Français.

Pourquoi le Souvenir Français quête-t-il ?

 

Au début du XXe siècle, alors que seule la journée du 14 juillet était inscrite dans le calendrier commémoratif national, LE SOUVENIR FRANÇAIS a imposé que les journées du 31 octobre et du 1er novembre soient consacrées à rendre hommage aux combattants morts pour la liberté et la démocratie.

 

120 ans plus tard, ces journées sont toujours présentes dans notre calendrier national. Elles servent partout de support à la collecte organisée par les comités du SOUVENIR FRANÇAIS dans tous les cimetières et lieux publics de France.

 

L’argent collecté - 584.600 € en 2018 - sert à sauvegarder les tombes des combattants Morts pour la France rentrées en déshérence du fait de la disparition de leurs familles.

 

Cette année, un effort particulier sera porté à la sauvegarde et la rénovation des tombes des 3.500 combattants Morts pour la France durant la Drôle de guerre (03 septembre 1939/09 mai 1940). Il y a 80 ans. En se mobilisant pour remettre dans la lumière de la Mémoire ces combattants oubliés, LE SOUVENIR FRANÇAIS illustre pleinement sa devise « À NOUS LE

SOUVENIR … À EUX L’IMMORTALITÉ».

 

Message du contrôleur général des armées, Serge Barcelini, président-général du Souvenir Français.

 

« Après s’être arrêtés pendant 5 années sur les combattants de la Grande Guerre, à l’occasion d’un long et riche centenaire, les projecteurs de la Mémoire sont centrés sur la Libération de la France et sur le commencement de la Seconde Guerre mondiale, à l’occasion des 75e et 80e anniversaires. Ces commémorations sont l’occasion de rappeler à tous les français - et en particulier aux plus jeunes - les diverses pages de notre histoire nationale.

 

Mais ces anniversaires sont aussi l’occasion de rendre hommage aux 2 millions de français Morts pour la France qui durant les deux guerres mondiales ont donné leur vie pour la liberté de notre territoire et pour la défense de notre démocratie. Cet hommage rend nécessaire l’entretien et la sauvegarde de leurs tombes. 700.000 de ces combattants reposent dans les cimetières communaux ; les cimetières de nos villes et de nos villages. Ces tombes, qui sont des biens privés, disparaissent en fonction des mutations familiales.

 

LE SOUVENIR FRANÇAIS s’est donné comme objectif de les sauvegarder, car elles sont des éléments essentiels de notre mémoire collective.

 

Pour relever ce défi, LE SOUVENIR FRANÇAIS a besoin de TOUS.

AIDEZ-NOUS à sauvegarder NOTRE mémoire.

AIDEZ-NOUS à sauvegarder VOTRE mémoire. »

 

A Issy-les-Moulineaux, vous retrouverez les quêteurs à l’entrée du cimetière. Soyez généreux ! Le Comité d’Issy-Vanves vous remercie par avance.

 

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Publié le 11 Octobre 2019

Le traité de Sèvres, par Lisa Romeo.

Le traité de Sèvres est signé entre l’Empire ottoman et ses ennemis de la Première Guerre mondiale le 10 août 1920 dans les Hauts-de-Seine. L’Entente, victorieuse, impose alors ses conditions et achève le démembrement de l’Empire qui perd les quatre cinquièmes de son territoire.

La signature d’un accord de paix avec l’Empire ottoman.

Fin 1918, les troupes alliées occupent Constantinople, la capitale de l’Empire, ainsi que de nombreux territoires ottomans : les forces britanniques contrôlent la Mésopotamie et une bonne partie de la Syrie, la France occupe la Cilicie, les Italiens le sud-ouest de l’Anatolie et l’armée grecque se déploie en Thrace orientale et à Smyrne. L’avenir de la région est dorénavant largement entre les mains des puissances occidentales.

 

Après plusieurs rencontres et conférences, les Alliés finissent par s’entendre sur les conditions de paix avec l’Empire lors de la conférence de San Remo, en Italie, en avril 1920. Un traité de paix est signé à Sèvres, en France, par le Sultan Mehmet VI (1861-1926), dernier sultan ottoman, qui choisit de coopérer avec les Alliés.

 

 

Les termes du traité.

Les conditions du traité sont pourtant humiliantes pour un des plus grands empires de l’histoire moderne. Si les Ottomans conservent Constantinople et le nord de l’Anatolie, leur souveraineté est dorénavant fortement limitée.

Tout d’abord, des sphères d’influence française et italienne sont établies. La France jouira donc d’un contrôle financier et administratif en Cilicie et l’Italie dans la région d’Adalia, dans le sud-ouest de la Turquie. Comme convenu à San Remo, les provinces arabes de l’Empire sont placées sous tutelle britannique en Palestine et en Irak, ou française en Syrie. La Grèce obtient, pour sa part, la Thrace orientale et la région de Smyrne. Cette dernière région fait cependant l’objet d’une clause particulière : elle est placée pendant cinq ans sous administration grecque et sous souveraineté ottomane. Au terme de cette période, les populations, grecques et turques, devront choisir, par référendum, leur pays de rattachement.

 

Par ailleurs, les Arméniens revendiquent une grande Arménie allant de la mer Noire à la mer Méditerranée et du Caucase à la Cilicie. Le traité de Sèvres prévoit finalement la formation d’un Etat indépendant plus restreint, comprenant les terres arméniennes russes et le Nord-est de l’Anatolie. Le principe d’un Kurdistan indépendant est également retenu par les Alliés. La délimitation de son territoire pose cependant de nombreux problèmes. Les Alliés s’entendent finalement sur la constitution d’un territoire autonome, compris dans la zone ottomane, au sud-ouest de l’Anatolie, comprenant environs 20 % des régions peuplées par les Kurdes. Son indépendance devra être considérée ultérieurement par la Société des Nations.

 

En outre, les détroits du Bosphore et des Dardanelles doivent être démilitarisés, neutralisés et gérés par une Commission internationale des détroits où sont représentés la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie. Leurs accès seront entièrement libres en cas de guerre comme en cas de paix et sont contrôlés.

 

Enfin, les capitulations sont rétablies et même élargis à tous les vainqueurs. Les finances et l’administration turques sont placées sous contrôle anglo-franco-italien. Les droits des minorités sont protégés. La Turquie est aussi sommée de livrer sa flotte, de réduire son armée à 15 000 hommes et 35 000 gendarmes. Le traité de Sèvres est donc d’une grande sévérité et limite fortement la souveraineté turque.

 

Si le sultan se résigne, après deux mois de discussion, à signer le traité de Sèvres, il est considéré comme inadmissible par les nationalistes, dirigés par Mustafa Kemal. Ce héros de la guerre, qui mène, à partir de l’Anatolie, une lutte acharnée contre le gouvernement de Constantinople et contre les puissances occupantes depuis juin 1919, le rejette immédiatement. La sévérité des clauses du traité de Sèvres l’aide alors à rallier une bonne partie de la population au mouvement. La Turquie en alors en pleine guerre civile et en pleine guerre contre la Grèce.

 

Les Alliés semblent avoir négligé l’importance du mouvement national turc. Ils s’aperçoivent très vite de leur incapacité à faire appliquer le traité qui ne sera finalement jamais ratifié. Dès l’automne 1920 et au fur et à mesure des victoires turques, certaines puissances appellent à une révision du traité. Une conférence se tient à Londres en février 1921 dans ce but, sans grands résultats. Le traité de Sèvres est finalement remplacé, le 24 juillet 1923, par le traité de paix de Lausanne qui marque définitivement la naissance de la République de Turquie indépendante s’étendant de la Thrace orientale à l’Asie mineure.

 

 

Bibliographie :

  • Jean-Pierre Derriennic, Le Moyen-Orient au XXème siècle, Paris, Armand Colin, 1980.
  • Nadine Picaudou, La Décennie qui ébranla le Moyen-Orient, 1914-1923, Bruxelles, Editions Complexe, 1992.
  • Salah Jmor, L’Origine de la question kurde, Paris, Editions L’Harmattan, 1994.
  • Robert Mantran, Histoire de la Turquie, Paris, Presses Universitaires de France, 1952.
  • M. E. Yapp, The Making of the modern Near East (1792-1923), London, Longman Group UK Limited, 1991.

 

Sources :

 

  • Site Internet de l’encyclopédie Wikipedia.
  • Site Internet « Les Clés du Moyen Orient » - Article de Lisa Romeo.

 

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Publié le 7 Octobre 2019

Extrait du clip de présentation du Souvenir Français sur You Tube.

Extrait du clip de présentation du Souvenir Français sur You Tube.

Vous l’avez peut-être noté : les journaux parlent de plus en plus du Souvenir Français. Ces derniers mois, Le Parisien a publié plusieurs articles concernant notre association.

Nous allons plus loin maintenant ! Comme l’a récemment indiqué notre Délégué général pour les Hauts-de-Seine, Claude Guy, un jeune adhérent de notre Comité d’Issy-Vanves, Adrien Ramassamy a mis en place différents vecteurs de communication.

Ces vecteurs sont maintenant accessibles depuis ce site :

 

Vous les trouverez tout en bas de cette page, à droite, dans la catégorie « Liens ». Vous trouverez également les liens vers nos sites :

 

  • Site national.
  • Site de la Délégation générale des Hauts-de-Seine.
  • Site de la Réserve Citoyenne du Gouverneur Militaire de Paris.
  • Site de la Délégation générale de Chine et d'Asie.
  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux.
  • Site de la ville de Vanves.
  • Site du Musée de l’Armée.
  • Site national de l’UNC.
  • Page Facebook du Souvenir Français de notre département.
  • Chaîne Youtube du Souvenir Français de notre département.

 

Bon surf !

 

F. RIGNAULT

Président du Comité d’Issy-Vanves

Délégué général adjoint.

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