Publié le 28 Août 2021

Joseph Joffre en 1889.

Joseph Joffre en 1889.

1885. Joseph Joffre a trente-trois ans.

Issu de l’école Polytechnique, il est de l’arme du génie. En 1872, il est entré à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie de Fontainebleau et a épousé Marie-Amélie Pourcheiroux, qui meurt en couches, deux années plus tard. Après une décennie à travailler aux fortifications de Paris, du Jura puis des Pyrénées-Orientales, dont il est originaire, il a demandé sa mutation en Extrême-Orient. Demande acceptée au début de l’année 1885.

Il est donc envoyé sur l’île de Formose (Taiwan). Nommé chef du génie sous les ordres de l’amiral Courbet, il prend en charge la fortification de la base de Chilung. L’objectif qui lui a été fixé est simple : dans la cadre de la guerre franco-chinoise, Joffre doit assurer la mainmise de la République française sur le Tonkin. Si l’Annam a accordé un protectorat français sur cette région du nord de l’actuel Vietnam, la conquête puis la pacification ne sont pas des campagnes faciles.

A la tête du génie, le capitaine Joffre est chargé d’organiser des postes de défense, d’améliorer les hôpitaux, d’ouvrir de nouvelles routes, des digues et des bureaux pour que l’armée puisse prendre possession de ses nouveaux territoires. Alors que la Chine abandonne toute prétention sur le Tonkin, Joffre gère le conflit contre ce qu’il reste des Pavillons Noirs, et qui sont devenus plutôt des bandits de grand chemin que des soldats assurant la lutte contre le colonisateur français.

En 1888, Joffre quitte le Tonkin, après avoir reçu la Légion d’honneur et avoir été cité à l’ordre de la division. Son retour en métropole va prendre plusieurs mois car il passe par la Chine, le Japon puis les Etats-Unis.

En septembre 1888, promu au grade de commandant, il est nommé au cabinet du directeur du génie. Il se spécialise dans la logistique ferroviaire. Ce poste ne dure guère : au début de l’année 1891, il est affecté au 5e régiment du génie puis à l’Ecole d’application de l’artillerie et du génie.

En octobre 1892, Joffre est envoyé en Afrique, dans la région du Soudan français (Mali). Il y dirige la construction d’une ligne de chemin de fer entre la capitale de cette région et Bamako. Au début de l’année 1894, Grodet, gouverneur du Soudan français confie au commandant Joffre une colonne pour continuer la conquête au nord de Bamako. Ainsi, Tombouctou tombe-t-elle aux mains des Français. Pour son fait d’armes, Joffre est nommé lieutenant-colonel.

Entre deux missions, de passage à Paris, il revoit une ancienne connaissance, Henriette Penon, à qui il fait un enfant, Germaine, qui viendra au monde le 1er janvier 1898 (Joffre épousera Henriette, civilement, en 1905).

Colonel en 1900, Joffre participe à la colonisation de Madagascar sous les ordres du général Gallieni. Au cours de son séjour malgache, et après vaincu des résistances locales, après avoir assuré la fortification du port de Diego-Suarez, Joffre est fait général de brigade et reçoit les insignes de commandeur de la Légion d’honneur.

Le général Joffre retourne en France au printemps de l’année 1903. On connait la suite : directeur du génie au ministère de la Guerre, chef de l’Etat-major de l’armée française, il va éviter à sa tête une défaite en 1914, et sous son commandement va remporter les victoires de la Marne puis de Verdun. Victoires ternies par les terribles batailles, pour peu de gains de terrains, de Champagne en 1915 et de la Somme en 1916.

Fait maréchal de France à la fin de l’année 1916, académicien, Joseph Joffre meurt en 1931.

 

Sources :

  • Joffre, Arthur Conte, Ed. Olivier Orban.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Ministère des Armées.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 19 Août 2021

Le Souvenir Français : qu'est-ce que c'est ?

La question.

Cadre ou simple adhérent de notre association, qui n'a pas eu un jour à répondre à cette question ? Et dans ce cas, le plus simple n'est-il pas de s'appuyer sur les explications données en page trois de notre revue trimestrielle « Le Souvenir Français » ? Mais, à la relecture, ces éléments peuvent peut-être apparaître un peu trop officiels pour, qui sait, amener un nouvel adhérent à notre association. Alors que les appuyer sur un exemple emblématique pourraient les rendre plus vivants, plus concrets, et par là susceptibles d'emporter sa décision.

Et, justement, les champs de bataille de la Première Guerre mondiale dans le nord-est de la France, comme les opérations qui ont suivi les débarquements en Normandie et en Provence, à la fin de la Seconde, ont malheureusement donné à notre association d'innombrables occasions d'illustrer son action en remplissant son devoir de mémoire. Mais, au contraire, l'exemple qui a été choisi a eu pour théâtre un lieu isolé, à plus de 1.500 mètres d'altitude en pleine montagne, à plus d'une heure de marche de la première agglomération, et concerne ce qui est peut-être le plus petit cimetière militaire de France, et donc il n'en est que plus frappant.

 

Le cas concret.

1944. Ce 13 juillet en début de nuit, sur le terrain de Blida, au sud d'Alger, un bombardier Halifax du 624e escadron de la Royal Air Force décolle avec pour mission le parachutage d'armes et de matériel à l'intention d'un maquis des Hautes Pyrénées.

L'équipage comprend sept membres, dont six britanniques, le pilote étant canadien. Arrivé sur zone au milieu de la nuit, après un vol à basse altitude au-dessus de la Méditerranée, l'appareil se dirige vers la zone de largage, aux environs du village de Nistos. Les membres du maquis ont balisé le site grâce à des signaux lumineux. Malgré un épais brouillard qui empêche l'équipage de les identifier, le pilote tente deux passages sans succès mais à la troisième tentative le Halifax s'écrase sur les pentes du Pic de Douly. Dans les jours qui suivent des résistants des villages voisins, guidés par de jeunes bergers, atteignent le lieu du drame. Les corps des sept membres de l'équipage, après recueil de leurs documents d'identification, sont inhumés sur place, dans une clairière, à proximité de l'épave de leur appareil. Après la Libération le petit cimetière est entouré d'une barrière en bois.

Handley Page « Halifax » de la Royal Air Force

Handley Page « Halifax » de la Royal Air Force

Le Souvenir Français.

Dès 1954 une plaque commémorative rappelant les faits fut installée lors d'une première cérémonie officielle, puis, dans les années 1990, un muret de pierre fut mis en place ainsi qu'une stèle portant des plaques offertes par les autorités britanniques et canadiennes et les municipalités des communes environnantes, tandis que chacune des sept sépultures était marquée d'une croix et recouverte d'une dalle.

Le Souvenir Français : qu'est-ce que c'est ?

Le petit cimetière anglo-canadien du « Clos du Douly ».

Les instances locales du Souvenir Français ont activement et financièrement participé à ces actions, comme en témoignent les plaques portant notre insigne, sur et derrière la stèle, assumant la vocation n°1 de l'association : « Conserver la mémoire de ceux et celles qui sont morts pour la France au cours de son histoire, ou qui l'ont honoré par de belles actions, notamment en entretenant leurs tombes ainsi que les monuments élevés à leur gloire, tant en France qu'à l'étranger ».

 

Le devoir de mémoire.

Régulièrement, autour de cette date du 14 juillet, des cérémonies sont organisées par les municipalités concernées et le Souvenir Français, en présence des autorités départementales et régionales généralement accompagnées d'un détachement de l'armée française et souvent avec la participation d'autorités britanniques ou canadiennes, ainsi que de détachements des forces armées de ces deux pays amis.

Des membres des familles des disparus ont également été accueillis à l'occasion de ces cérémonies qui ont permis à notre association de matérialiser sa vocation n°2 : « Animer la vie commémorative en participant et en organisant des cérémonies patriotiques nationales et des manifestations locales qui rassemblent les différentes générations autour de leur histoire ».

La cérémonie de juillet 2004.

La cérémonie de juillet 2004.

La transmission.

Même si, près de quatre-vingts ans après les faits, un grand nombre de ceux qui ont vécu ces événements ne sont plus là, la tragédie du Pic de Douly fait maintenant partie de la mémoire collective des habitants de cette région des Hautes Pyrénées. Cette mémoire est entretenue par l'action des membres de notre association comme le prouve le récent témoignage de l'actuelle Délégué Général des Hautes Pyrénées, « Ancienne directrice d'école et enseignante, nous avions travaillé sur ce crash », mettant ainsi en pratique la vocation n°3 du Souvenir Français : « Transmettre le flambeau du souvenir aux générations successives en leur inculquant, par la connaissance de l'histoire, l'amour de la Patrie et le sens du devoir ».

On ne peut que souhaiter que toutes les instances locales de notre association identifient, dans leur histoire locale, l’événement exceptionnel qui deviendra le socle incontournable de leur Devoir de mémoire.

 

Général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac,

Président honoraire du comité d'Issy-les-Moulineaux et Vanves

 

Sources :

  • Crédits photographiques : D.R.
  • Chronique aérospatiale – CESA – Texte sur le crash de l’avion anglais par l’adjudant-chef Jean-Paul Talimi, rédacteur au CESA et sous la direction de Marie-Christine Villatoux, docteur et agrégée en histoire, enseignant-chercheur au CReA.
  • Tous nos remerciements à Madame Sylvie Barboteau, Déléguée générale du Souvenir Français pour les Hautes-Pyrénées.

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Publié le 27 Juillet 2021

A la mémoire de Gérard Dalmont.

Gérard Dalmont nous a quitté le lundi 19 juillet 2021, à l’âge de 86 ans.

Originaire de Normandie, Gérard suit sa scolarité au lycée Jules Verne de Mondeville. Puis il apprend les métiers de la mécanique et devient élève ajusteur.

En 1955, militaire appelé, il rejoint la Tunisie au moment où le pays se détache du protectorat français pour devenir indépendant. Il est intégré dans une unité du Services des Essences des Armées, avec le grade de maréchal des logis. Il est responsable des matériels (pompes, flexibles,…).

Par la suite, Gérard Dalmont se marie, fonde une famille, reprend son métier de mécanicien puis entame une carrière de professeur au sein de l’école Saint-Nicolas de la Salle, groupe scolaire privé qui regroupe un collège, un lycée d’enseignement général et technologique, un lycée professionnel et un centre de formation d’apprentis. Là, entre 1966 et 1994, il va former de très nombreux jeunes aux métiers d’ajusteur-mécaniciens, dans le cadre de la formation de mécaniciens réparateurs automobiles.

Gérard Dalmont était membre de la FNACA, du Souvenir Français et porte drapeau de l’association des anciens élèves de Saint-Nicolas.

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Publié le 24 Juillet 2021

Les coloniaux : le maréchal Gallieni.

Joseph Gallieni nait en 1849 en Haute-Garonne. Il est d’origine italienne. Son père est officier d’infanterie.

En 1868, Joseph intègre l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr et en sort deux années plus tard avec le grade de sous-lieutenant. A la tête d’une section du 3e régiment d’infanterie de marine il participe à la Guerre franco-prussienne, notamment à Bazeilles. Blessé et fait prisonnier, il ne va rentrer en France que le 11 mars 1871.

En 1873, promu lieutenant, il passe trois années à la Réunion au sein du 2e régiment d’infanterie de marine. En 1876, ayant été muté au sein des tirailleurs sénégalais, il embarque pour Dakar, et de là, mène plusieurs expéditions en Afrique noire, entre autres l’exploration du fleuve Niger et l’établissement de postes aux frontières de l’Empire toucouleur. Ses succès lui permettent de passer capitaine en 1878.

Entre 1883 et 1886, nommé lieutenant-colonel, il est en Martinique puis est de nouveau affecté en Afrique. L’armée lui confie le commandement supérieur du Haut-Fleuve, c’est-à-dire la colonie du Sénégal. Il obtient des succès face aux chefs locaux comme Ahmadou ou Samary Touré. Son successeur, Louis Archinard arrive en 1888.

Joseph Gallieni est de retour en France où il est breveté d’état-major puis reçoit les galons de colonel. De 1892 à 1896, il est envoyé au Tonkin où il commande le 3e régiment de tirailleurs tonkinois.

Il lutte contre les pirates chinois puis consolide la présence française en organisant l’administration du pays. Son principal collaborateur est alors le commandant Lyautey. C’est à cette époque qu’il élabore les prémices de ce qui est convenu d’appeler sa doctrine coloniale, tels que la « tache d’huile », et la « politique des races », raffinement de la politique du diviser pour régner. Il s’exprime en outre avec une brutale franchise sur la méthode à suivre pour affermir les conquêtes coloniales : « Frapper à la tête et rassurer la masse égarée par des conseils perfides et des affirmations calomnieuses, tout le secret d’une pacification est dans ces deux termes. En somme, toute action politique dans la colonie doit consister à discerner et mettre à profit les éléments locaux utilisables, à neutraliser et détruire les éléments locaux non utilisables. »

Promu général de brigade en 1896, il est envoyé à Madagascar en tant que résident général. La cour royale, foyer de résistance contre la France, est placée sous surveillance. Il convient d’ajouter qu’à la méthode diplomatique, Gallieni opte plutôt pour la méthode rugueuse. Cela abouti à la déchéance de la reine Ranavalona III, exilée sur l’île de la Réunion. Cependant, dans le même temps, le général fait couvrir Madagascar d’infrastructures : chemin de fer, ponts, établissements publics, écoles laïques dans lesquelles sont dispensés des cours en français.

A Madagascar, comme auparavant en Indochine, Gallieni fait appliquer la politique dite de politique des races, qui consiste dans la reconnaissance de l’identité de chaque groupe ethnique et la fin de leur subordination à un autre groupe ethnique.

En août 1899, Joseph Gallieni est promu général de division. Depuis son séjour au Soudan, il a gagné de nombreuses relations au sein de ce que l'on nomme le « Parti colonial », un groupe de pression qui regroupe parlementaires, journalistes et représentants de chambres de commerce. Il publie plusieurs ouvrages narrant son expérience coloniale et y gagne une réputation d'administrateur capable. Il est alors considéré comme l'un des grands chefs militaires du moment.

À son retour définitif en France, en 1905, il a encore dix années devant lui avant la retraite. Il les consacre à préparer « la Revanche ». Gouverneur militaire de Lyon et commandant du 14e corps d’armée dès son retour, Grand-croix de la Légion d’honneur en novembre 1905, il est appelé au Conseil supérieur de la guerre en août 1908. Pressenti pour devenir commandant en chef de l’Armée française en 1911, il refuse l’offre pour la laisser au général Joffre, qui avait été l'un de ses adjoints à Madagascar, en prétextant son âge et sa santé.

Il prend sa retraite en avril 1914, mais il est rappelé en août après le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le 26 août 1914, il est nommé gouverneur militaire de Paris. Alors que les Allemands approchent et que le gouvernement part pour Bordeaux en catastrophe, Gallieni met la ville en état de défense, rassure les Parisiens par une proclamation et contribue à la victoire de la Marne, en septembre 1914, grâce, notamment, aux troupes, commandées par le général Edgard de Trentinian, qu’il envoie en renfort, après avoir réquisitionné les taxis parisiens.

Le 29 octobre 1915, il est nommé ministre de la Guerre du 5e gouvernement d’Aristide Briand. Il entre en conflit avec Joffre et évoque publiquement les erreurs commises à Verdun. Briand le désavoue et il est contraint de démissionner le 10 mars 1916.

Ayant des problèmes de santé, notamment un cancer de la prostate, il meurt le 27 mai 1916. Après des funérailles nationales et conformément à ses dernières volontés, il est inhumé auprès de son épouse dans le cimetière de Saint-Raphaël.

Il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en mai 1921. La promotion de Saint-Cyr de 1927 et l’avenue traversant l’esplanade des Invalides portent son nom.

 

Sources :

  • Gallieni, par Marc Michel, Ed. Fayard.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Ministère des Armées.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 11 Juillet 2021

Simone Michel-Lévy.

Biographie.

Simone Michel-Lévy est née le 19 janvier 1906 à Chaussin (Jura). Son père était plâtrier.

Après le brevet élémentaire, elle déménage avec ses parents à Chauny dans l'Aisne où elle entre à seize ans et demi dans l'administration des PTT.

En 1939, elle est contrôleur-rédacteur au département "Commutation" de la Direction des Recherches et du Contrôle technique, rue du général Bertrand à Paris.

Dès l'Armistice, elle s'élève contre la capitulation de la France et entre dans la Résistance en décembre 1940.

En 1941, elle participe avec Maurice Horvais, à la création du réseau "Action PTT", sous la direction d'Ernest Pruvost, collègue rencontré lorsqu'elle était en poste à Chauny. Le réseau a pour but, en profitant des possibilités professionnelles des PTT, d'étendre sur toute la France une ramification de cellules de renseignements et de transmissions.

Dans un premier temps, Simone Michel-Lévy met toute son énergie à développer un système de "boîte aux lettres" pour les communications clandestines.

Ses missions d'adjoint, responsable du secteur "radio", la conduisent à se déplacer fréquemment pour organiser l'"hébergement" de postes émetteurs, notamment dans le Sud-ouest, en Bretagne, et en Normandie. A Caen, elle assure ainsi, fin janvier 1942, sous le pseudonyme de Madame Flaubert, la première liaison avec le groupe local de la résistance PTT d'Henri Le Veillé, à qui elle amène, début mars, deux opérateurs radio équipés de leur poste.

A l'automne 1942, le réseau "Action PTT", qui s'est développé, prend contact avec la "Confrérie Notre-Dame" (CND) du colonel Rémy et l'"Organisation civile et militaire" (OCM) du colonel Touny. Pour la CND, Simone Michel-Lévy met en place, Gare de Lyon, une centrale permettant le transport du courrier clandestin et de postes émetteurs, par voitures postales et sacs plombés, en s'appuyant sur les "ambulants" des PTT dirigés par Edmond Debeaumarché. Un dépôt identique existe à la Gare Montparnasse pour les expéditions vers l'ouest.

Elle réalise ainsi, sous les pseudonymes de "Françoise" et de "Madame Royale", un excellent système d'acheminement du courrier à travers la France, qui marche à la perfection, soit par voie maritime, c'est-à-dire jusqu'aux chalutiers, soit par voie aérienne, et cela dans les deux sens.

Dès les premières heures du Service du Travail obligatoire (STO) en 1943, elle établit plus de cent cartes professionnelles des PTT à des jeunes réfractaires. En janvier 1943, Simone Michel-Lévy devient agent P1 (régulier) puis agent P2 (permanent). Elle mène donc une véritable double-vie, extrêmement harassante et anxiogène. Son chef de service Gaston Letellier, qui ferme les yeux sur ses absences et ses retards, indique qu'à cette époque : « Après des nuits de veille, des voyages épuisants, au retour de missions périlleuses de parachutage, on revoit Simone à sa table de travail, les traits tirés, mais souriante. Rien ne pouvait entamer son ardeur et la véritable flamme qui l'animait ».

La trahison de "Tilden", chef-opérateur radio de la CND, qui est à l'origine du démantèlement de la CND, met fin brutalement à son action. Au soir du 5 novembre 1943, Emma est appelée d'urgence par ce dernier dans un café proche de son bureau, le "François Coppée", boulevard du Montparnasse. C'est un piège. Elle est immédiatement arrêtée et conduite 101 avenue Henri Martin, dans les locaux de Georges Delfanne, alias Masuy, auxiliaire français de la Gestapo. Abominablement torturée par Masuy, Simone Michel-Lévy ne parle pas et est livrée à la Gestapo de la rue des Saussaies.

Internée à Fresnes puis au camp de Royallieu (Compiègne), Simone Michel-Lévy quitte la gare de Compiègne le 31 janvier 1944 dans le convoi des "27 000". Elle arrive le 3 février au camp de Ravensbrück où, pendant la quarantaine, elle aide une camarade musicienne à organiser une magnifique chorale qui fait un moment oublier leurs peines aux prisonnières.

En avril 1944, elle est envoyée en Tchécoslovaquie, au kommando de Holleischen, dépendant du camp de Flossenbürg, pour travailler dans une usine d'armement qui fabrique des munitions anti-aériennes. Elle y continue son action de résistante en sabotant.

Affectée à l'atelier 131 A de l'usine, elle est chargée de faire passer sous une énorme presse des chariots de cartouches remplies de poudre. Avec deux autres déportées, Hélène Lignier et Noémie Suchet, elle ralentit la chaîne, la désorganise, ce qui se solde parfois, pour la production du Grand Reich, par un manque de 10 000 cartouches. Elles font fonctionner la presse à vide, ce qui l'endommage et constitue, pour elles-mêmes, un danger immédiat malgré la protection d'une tour en maçonnerie. C'est ainsi que finalement la presse saute et qu'un rapport de sabotage visant les trois femmes est rédigé et envoyé à Berlin via Flossenbürg.

La réponse d'Himmler revient plusieurs mois après, dans le courant d'avril 1945, alors que tonnent déjà alentour les canons américains. Entre-temps, elles ont été condamnées à la bastonnade, sentence de 25 coups de bâtons exécutée en présence du commandant du camp et devant leurs camarades déportées.

Le 10 avril 1945, Simone Michel-Lévy, Hélène Lignier et Noémie Suchet doivent partir immédiatement pour le camp de Flossenbürg, où elles sont pendues par les Allemands, le 13 avril, 10 jours seulement avant la libération du camp.

 

Décorations.

  • Chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme.
  • Médaille de la Résistance.
  • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.
  • Médaille des Blessés.
  • Médaille commémorative de la Guerre 39/45 avec barrette "Engagé volontaire".
  • Médaille de la Déportation et de l'Internement pour faits de Résistance

 

Inauguration à Issy-les-Moulineaux.

Le 3 juin 2021 à 15h, en présence de Jean Michel-Lévy, descendant de Simone Michel-Lévy, dAndré Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux, de Stéphane Richard, Président-Directeur Général d’Orange et du général Christian Baptiste, Délégué National de l’Ordre de la Libération, a été inaugurée la rue Simone Michel-Lévy dans le quartier Val de Seine d’Issy-les-Moulineaux. Une plaque commémorative sur les nouveaux bâtiments de Bridge, le siège social d’Orange, construit à l’emplacement des anciens locaux des P.T.T. dans lesquels se trouvait la DRCT, a par ailleurs été apposée.

 

Sources :

  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux.
  • Site de l’Ordre de la Libération.
  • Crédit photographique : Nicolas Fagot – Studio 9.

 

Simone Michel-Lévy.

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Publié le 1 Juillet 2021

La bataille d'Issy.

Du fait de la présence sur son territoire d’un fort qui était un des pivots du dispositif militaire autour de Paris, Issy-les-Moulineaux se trouve au cœur des événements qui ont animé la capitale pendant l’année 1870 – 1871.

La Commune de Paris, vue d'Issy.

Cet ouvrage militaire imposant avait été créé pour protéger Paris des agressions extérieures et, de fait, pendant tout le mois de janvier 1871, et malgré le violent pilonnage qu’il subit, il parvient à résister vaillamment aux assauts des armées prussiennes. Seule, la signature de l’armistice oblige ses défenseurs à le quitter, non sans incompréhension, ni amertume.

La population parisienne, qui ressent également comme un affront le défilé des troupes ennemies sur les Champs-Elysées, se révolte le 18 mars, dans un climat de grande agitation politique et sociale. La Commune est proclamée quelques jours plus tard et le 3 avril elle envoie trois colonnes armées à l’assaut de Versailles où s’est réfugié le gouvernement. L’une d’entre elles, sous les ordres du général Eudes, passe par Issy. Mais la sortie se termine en débâcle et le soir-même, de retour à Issy, le général Eudes s’installe dans le séminaire de Saint-Sulpice. Une quinzaine de jours plus tard un bataillon de Fédérés vient l’y rejoindre, suivi d’autres. Commence alors une cohabitation avec la population dont l’étrangeté transparait aujourd’hui encore dans les mémoires écrits avec émotion, fatalisme, humour parfois, par les habitants et les combattants.

Au Fort, réoccupé par les Communards dès le 19 mars, les bombardements ont repris, plus intenses encore que l’hiver précédent, entrainant des pertes humaines considérables (jusqu’à 40 tués et 200 blessés certains jours). Ils redoublent de violence quand est lancée la grande offensive de la fin du mois d’avril. Les fantassins de Versailles, arrivant par Les Moulineaux, gravissent le coteau dont la pente les protège de la vue et des tirs du Fort, et en quelques jours, du 26 avril au 1er mai, ils s’emparent du grand parc de l’ancien château des Conti, du château lui- même et du cimetière. Leur progression, d’obstacle en obstacle, de mur en fossé et de fossé en tranchée emportés à la baïonnette, se poursuit, rapide, presque irrésistible, si bien que le Fort est évacué le 30 avril par les Fédérés et leur commandant, Edmond Mégy, démoralisés.

Quand le Délégué à la Guerre, Gustave Cluseret, en est informé, il rassemble aussitôt les compagnies d’un bataillon et accourt reprendre la position désertée que les troupes versaillaises n’avaient pas encore investie. L’affaire, et les dangers qu’elle a fait courir, fait grand bruit à Paris et la décision est prise de créer un Comité de Salut Public, dont le nom rappelle la Révolution et 1793. La politique générale de la Commune prend dès lors une orientation plus radicale.

Le Fort d’Issy ne sera définitivement abandonné par les Communards que le 8 mai. Le 2e corps de l’armée de Versailles y pénètre le lendemain. Il entame alors la reconquête du bourg jusqu’à Paris. Pour stopper, ou au moins freiner, son avancée, des barricades sont érigées dans les rues qui deviennent pour plusieurs jours le théâtre de batailles menées de part et d’autre d’une façon atroce. Comme en prélude à la « Semaine sanglante », les morts se chiffrent par centaines et la ville subit des destructions sévères, à l’exemple de ses monuments les plus remarquables en grande partie ruinés : le Séminaire et son parc, l’église Saint-Étienne, le couvent des Oiseaux (actuel Hôtel de Ville) et le château des Conti, si endommagé qu’il devra finalement être entièrement démoli au début du 20e siècle.

 

 

NB : feu notre ami Thierry Gandolfo, conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux pendant une vingtaine d’années, était devenu un spécialiste de la récupération de balles de fusils Chassepot ; balles récupérées ici et là dans son cimetière.

 

 

Sources :

  • Illustration : détail de l’œuvre intitulée « Etat actuel du fort d’Issy vu des avant-postes » (dessin d’après nature de M. Sellier).
  • Texte : ce texte a été publié pour la première fois sur le site de la ville d’Issy-les-Moulineaux – www.issy.com

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 19 Juin 2021

Le mot du président honoraire.

Chers membres du comité d'Issy-les-Moulineaux et de Vanves du Souvenir Français,

J'ai eu le plaisir de remettre, le samedi 5 juin 2021, en présence de Madame Christine Helary-Olivier, conseillère municipale déléguée aux affaires militaires, la croix de chevalier de l'ordre national du Mérite à notre président, Frédéric Rignault, également délégué départemental adjoint, cette distinction étant motivée par son engagement depuis plus de dix ans dans notre association.

Malheureusement, pour nous conformer aux règles en vigueur, nous avons dû réduire à dix le nombre de participants à cette cérémonie qui s'est tenue, avec masques, dans les Jardins du Carrousel à Issy-les-Moulineaux. Mais vous étiez représentés par notre drapeau, porté par notre camarade André Rabartin.

C'est donc par ce mot que je tenais à vous en informer, en transmettant de votre part au nouveau décoré nos plus amicales et chaleureuses félicitations.

 

 

Général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac,

Président honoraire du comité d'Issy-les-Moulineaux et Vanves du Souvenir Français

 

 

Crédit photographique : Gérard de Boissieu.

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Publié le 13 Juin 2021

A la mémoire de Roger Fleury.

Nous avons appris la disparition de Roger Fleury, à l’âge de 84 ans.

Roger Fleury, né en 1937, part en Algérie, appelé, à 19 ans. Il est intégré au 8e régiment d’infanterie motorisée. Installée à Saïda, dans le sud oranais, l’unité fait partie de la 13e division d’infanterie du général Ginestet en Zone Sud-Oranais. Roger, comme ses camarades de régiment, connaît de nombreux accrochages et s’en sort avec une toute autre vision que celle contée par les camarades qu’il a croisé avant de partir : « Non, la guerre d’Algérie ce n’était pas le Club Med et j’ai vu plus d’un camarade tomber à mes côtés. Des gars jeunes, robustes, qui parfois avaient des femmes et des enfants. On ne se remet jamais tout à fait de cela » nous confiera-t-il un jour.

Après son temps de service national militaire, Roger Fleury rentre en métropole et va faire carrière dans la presse, au NMPP (Nouvelles Messageries de la Presse parisienne), entreprise chargée de distribuer des imprimés à travers un réseau de points de vente. Reprise en 2010, l’entreprise s’appelle maintenant Presstalis.

Au début des années 1980, alors encore en activité, Roger Fleury prend la présidence du comité d’Issy-les-Moulineaux de la FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie). Vingt années plus tard, il remplace Raymond Thiebault à la présidence du comité local de l’UFAC (Union Française des Associations de Combattants).

Roger Fleury était père de quatre enfants. Il était un président respecté et très apprécié de ses compagnons d’armes et des membres des associations patriotiques de la ville d’Issy-les-Moulineaux. Il est enterré au cimetière communal à côté de son épouse, décédée en 1992.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Entretiens Jacques Tchirbachian – Président de l’UFAC d’Issy-les-Moulineaux.

 

A la mémoire de Roger Fleury.

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Publié le 30 Mai 2021

André Devambez, La Barricade, 1911, FNAC 14488, Centre national des arts plastiques © Domaine public / Cnap / crédit photo : © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux (détail).

André Devambez, La Barricade, 1911, FNAC 14488, Centre national des arts plastiques © Domaine public / Cnap / crédit photo : © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Franck Raux (détail).

Deux événements majeurs se sont inscrits entre l'été 1870 et l'été 1871 : la guerre contre la Prusse de septembre 1870 à janvier 1871, puis la Commune de mars à mai 1871. Paris subit deux sièges successifs et une place de tout premier plan revint au Fort d'Issy, qui commandait la partie la plus faible de l'enceinte de la capitale.

 

L'exposition privilégie la réinsertion de ces temps forts de l'histoire isséenne dans le contexte de l'époque, à travers la peinture, les arts graphiques et la sculpture. Elle permet ainsi de constater que si la Commune est devenue le fait marquant de l'année 1870-71, elle s'est longtemps effacée derrière la guerre franco-prussienne dont elle est une conséquence directe. Les deux événements présentent d'évidents points communs, dont le moindre n'est pas leur échec final. Pour l'artiste se pose alors une question : comment représenter l'issue malheureuse d'un conflit ? Si chacun a répondu avec ses émotions et ses engagements, chaque événement a aussi donné naissance à ses propres images.

 

Musée Français de la Carte à Jouer

Du 26 mai au 14 août 2021 – 16 rue Auguste Gervais – Issy -

 

Autour de l'exposition :

 

  • Jeudi 3 Juin à 18h30

CONFÉRENCE « ISSY AU COEUR DE L'ANNÉE TERRIBLE », par Florian Goutagneux. Du 8 septembre 1870, jour où le colonel Guichard reçoit le commandement du Fort d'Issy, au 18 mai 1871, jour où l'hospice des Petits Ménages est dévasté par des obus à pétrole, les événements isséens accompagnent ceux qui ont marqué la capitale.

 

  • Jeudi 10 juin à 18h30

CONFÉRENCE « UNE ILLUSTRATION DU SIÈGE DE PARIS, LA SUITE BINANT », par Sylvie Gonzalez, Conservateur honoraire. La Suite Binant, composée de 36 tableaux présentés à la fameuse Galerie Durand-Ruel en janvier 1872, exalte des épisodes héroïques de résistance civile et militaire pendant le siège de Paris.

 

  • Samedi 19 juin, de 14h à 18h

BIVOUAC DU 12e DE LIGNE DE L'ASSOCIATION ARDENNAISE NAPOLÉONIENNE (ANN)

4 soldats d'infanterie de marine encadrés par leur officier et 2 soldats d'infanterie de ligne en uniforme installent leur camp sur la terrasse du musée et présentent le quotidien du soldat, son équipement et son armement. Des évolutions tactiques offriront une évocation de l'entraînement à la baïonnette.

 

 

Denis BUTAYE

Directeur

Musée Français de la Carte à Jouer

16, rue Auguste Gervais

92130 Issy-les-Moulineaux 

 

Jours et heures d’ouverture du musée : mercredi, jeudi et vendredi : de 11h à 17h Samedi et dimanche : de 14h à 18h Eté : ouvert jusqu’au 14 août Fermé les jours fériés et du 15 août au 31 août Groupes : sur rendez-vous du mardi au dimanche

 

Cette exposition est réalisée avec le soutien du Souvenir français.

 

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Publié le 23 Mai 2021

A la mémoire d’Honoré Commeurec, de Vanves.

Honoré François Commeurec nait à Rennes le 12 décembre 1878, fils de François Commeurec et de Marie Lavigne. Veuf de Julie Delalande, Honoré Commeurec épouse en secondes noces Marie-Louise Boucherie.

Frère de la loge "La Parfaite Union" à l'Orient de Rennes, il est directeur fondateur des Imprimeries Réunies, président de la fédération des coopératives de production de l'Ouest. De 1908 à 1935, conseiller municipal de Rennes, Honoré est aussi militant syndicaliste, dirigeant de la chambre syndicale des ouvriers du livre, puis dirigeant local du parti Socialiste clandestin. Il participe à l'impression de journaux libres, aide à la filière d'évasion d'aviateurs alliés pour le réseau Bordeaux-Loupiac. Il lutte contre le S.T.O. De fait, toutes ces activités font qu’il est d’abord repéré par la Gestapo puis arrêté le 8 février 1944 à Rennes. Il est interné à la prison Jacques Cartier à Rennes avant d’être transféré le 29 juin au Fronstalag 122 de Royallieu-Compiègne, dans l’Oise.

Le 28 juillet 1944, alors que la bataille de Normandie bat son plein, Honoré Commeurec est déporté par convoi à destination de Neuengamme. Les nazis lui tatouent le matricule 40160 sur le bras.

Le 13 février 1945, Honoré Commeurec meurt d’épuisement à Sandbostel dont le stalag X B était transformé pour recevoir les déportés en Allemagne du nord victimes d'épidémies. Il avait 66 ans. L’acte de décès est dressé le 20 septembre 1946 par le ministère des Anciens combattants. Son corps est par la suite ré-inhumé au cimetière du Nord à Rennes.

Une rue lui rend hommage à Saint-Jacques-de-la-Lande, en Ille-et-Vilaine, ainsi qu’une place à Rennes.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Vanves. Passant souviens-t’ en la prochaine que tu passeras devant !

 

 

Sources :

  • Site de la ville de Vanves.
  • Site Mémorial GenWeb : fiche de la ville de Vanves et fiches individuelles.

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