Publié le 9 Août 2016

Le journaliste Lucien Bodard et le général de Lattre de Tassigny.

Le journaliste Lucien Bodard et le général de Lattre de Tassigny.

2 – Les journalistes.

 

Albert Londres.

Albert Londres : né en 1884 à Vichy et mort en mai 1932 dans l’océan Indien dans l’incendie du bateau Georges Philippar. Journaliste, écrivain, il dit à l’occasion d’une conférence : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire tort, il est de porter la plume dans la plaie ».

Correspondant de guerre pendant la Première Guerre mondiale, Albert Londres voyage par la suite dans de nombreuses contrées. En 1922, il se rend en Asie et raconte, dans le journal illustré Excelsior, ce qu’il voit en Chine et au Japon, ainsi qu’en Indochine.

 

Henry Chavigny de la Chevrotière.

Né le 11 septembre 1883 à Saigon, il meurt assassiné par le Vietminh 12 janvier 1951. Journaliste puis rédacteur en chef à L’Impartial, alors journal le plus lu en Cochinchine, il défend une conception coloniale « éclairée » de la présence française en Indochine. Il s’oppose violemment à André Malraux, en 1923, alors que ce dernier organise un pillage des temples d’Angkor. Anticommuniste, alors que Malraux leur est favorable, Henry Chavigny quitte L’Impartial et fonde La Dépêche, qui sera là encore un très grand succès auprès des Français d’Indochine. Il meurt assassiné et reçoit à titre posthume la Légion d’honneur et la Croix des Théâtres des Opérations Extérieures.

 

André Malraux.

Difficile de cataloguer André Malraux, né en 1901 à Paris et mort à Créteil en 1976 : journaliste, écrivain, Résistant, homme politique, communiste, gaulliste, ministre de la Culture, concepteur des Maisons de la Culture… Concernant l’Indochine, les aventures d’André Malraux commencent en 1923 quand il décide, avec son épouse Clara, de rapporter en France des morceaux de temples volés à Angkor. Pris, condamné pour cela, il effectue une année de prison au Cambodge. En 1925, de retour en Indochine, il fonde le journal L’Indochine, qui dénonce la politique colonialiste de la France. En dépit d’un succès réel, le journal ne dure pas longtemps. André Malraux quitte de nouveau l’Asie… pour y revenir dans les années 1930 où il visite, entre autres, le Japon. Il a publié de nombreux ouvrages dont l’ouvrage Les Conquérants, qui raconte l’engagement communiste chinois.

 

Paul Bonnecarrère.

Né en 1925 et mort en 1977, Paul Bonnecarrère est un écrivain et journaliste français. Engagé volontaire au 1er régiment de chasseurs parachutistes en 1944. Après guerre, il devient correspondant de guerre en Indochine, à Suez et en Algérie. Au cours de ces campagnes, il vit au sein des troupes de choc et lie de solides amitiés qui l’amèneront à écrire deux ouvrages sur la Légion étrangère : Par le sang versé, Fayard, 1969 et La guerre cruelle, Fayard 1972. Le premier recevra le prix Eve Delacroix en 1969 et fera de lui l’un des grands de la littérature militaire.

 

René Vital.

Né en 1924 et mort en 1993. A sa mort, son journal Paris Match publiait ceci : « Originaire de Pau, René Vital aurait souhaité devenir acteur, mais il s’est retrouvé régisseur au théâtre des Mathurins à Paris. Il était l’mai de l’acteur Michel Auclair, qui l’a introduit à Match en 1952. La technique n’était pas son fort, mais son charme et son humour étaient ravageurs. Cet acteur-né ne pensait qu’à faire rire son entourage. S’il n’a pas exercé le métier de comédien sur les planches, il l’a bien exercé dans la vie. Tout reportage qu’il rapportait était à ses yeux, obligatoirement exceptionnel. Il aimait par-dessus tout la boxe et le rugby. Envoyé en Indochine, il a assisté à la libération des combattants de Diên Biên Phù. Il était également présent à la fusillade de la rue d’Isly à Alger. Mais le reportage qui l’a le plus meurtri est la catastrophe du barrage de Fréjus, en décembre 1959. Il ne pouvait supporter la douleur des parents qui nettoyaient le visage de leurs enfants. Il a quitté Match l’année suivante ».

 

Lucien Bodard.

Né en janvier 1914 à Chongqing dans le Sichuan (Chine), il meurt en mars 1998 à Paris. Fils de diplomate, diplômé en Sciences politiques, Lucien Bodard commence sa carrière de journaliste en 1944 au sein du gouvernement provisoire pour lequel il travaille (section presse – informations). En 1948, il devient grand reporter pour France-Soir et est envoyé en Indochine en tant que correspondant de guerre. De cette histoire, il va sortir une œuvre monumentale, et qui reste une référence, La Guerre d’Indochine, publiée en cinq volumes publiés de 1963 à 1967. Ses livres décrivent aussi les événements politiques et historiques relatifs à la Chine : La Chine et la Douceur (1957) ; La Chine du cauchemar (1961) ; Mao (1970) ; les Grandes Murailles (1987) ; le Chien de Mao (1998).

 

Max Clos.

Grand reporter au Figaro pendant la guerre d’Indochine, Max Clos est né en 1925 et mort en 2002. Grand reporter au Figaro au début de la guerre d’Indochine, il passe ensuite à l’Associated Press puis au journal Le Monde. Il est expulsé du Vietnam sud en 1955, par le gouvernement de Ngo Dinh Diem.

 

Jean Lartéguy.

De son vrai nom Jean-Pierre Lucien Osty, né en septembre 1920 et mort en février 2011 à l’Hôtel de Invalides. Volontaire en octobre 1939, il s’évade de France en mars 1942 en passant par l’Espagne. Formé à l’école militaire de Cherchell, en Algérie, il rejoint l’armée française de la Libération, comme officier dans les commandos d’Afrique. Il sert sept ans comme officier d’active avant de rejoindre la réserve. Blessé en Corée, plusieurs fois décoré (Légion d’honneur, Croix de Guerre 29-45, Croix TOE), Jean Lartéguy a été témoin comme correspondant de guerre – Paris Match – de nombreux événements du 20e siècle : révolution d’Azerbaïdjan, guerre de Palestine, guerre de Corée, Indochine, Algérie, guerre du Viet Nam. Il reçoit le prix Albert Londres en 1955. L’un des ses ouvrages le plus connu est certainement Les Centurions, paru en 1960 aux éditions Presse de la Cité.

 

Brigitte Friang.

Née en janvier 1924 et décédée en mars 2011 à Apt.

A l’âge de 19 ans, elle entre dans un réseau militaire d’action lié au BCRA de Londres, chargé d’organiser des parachutages dans la région Ouest. En 1994, elle participe à la tentative d’évasion du résistant Pierre Brossolette, mais capturée, et après avoir été torturée, elle est déportée à Ravensbrück. A son retour de déportation, elle participe à partir de 1946 à la création du RPF pour ramener Charles de Gaulle au pouvoir. En 1951, elle devient correspondante de guerre et part pour l’Indochine. Elle y accompagne les commandos de parachutistes en opération (elle obtient son brevet de saut militaire), et se rend notamment dans le camp retranché de Diên Biên Phù, mais ne peut y rester en raison de son identité de femme. Elle raconte son expérience dans les Fleurs du Ciel (1955). Par la suite, elle couvre l’expédition de Suez et la guerre du Viet Nam. Elle travaille alors pour la télévision française (ORTF) dont elle est licenciée l’été 1968 pour avoir pris position en faveur d’une autonomie du journalisme dans le service public.

 

Jacques Chancel.

Né en juillet 1928 et mort en décembre 2014 à Paris, Jacques Chancel a connu mille vies, mille épreuves. Formé à l’Ecole des transmissions de Montargis, il est envoyé en Indochine où il est affecté comme correspondant à la radio de Saigon. A la demande des autorités militaires, il change son vrai nom Crampes en Chancel. Neveu d’un inspecteur général des Forêts en Indochine, ce dernier le confie à William Bazé, président de l’Association des orphelins eurasiens, qui possède des singes domestiques et des éléphants et fréquente l’empereur Bao Daï. Jacques Chancel devient, à 19 ans, correspondant de guerre pour Radio France Asie. A Saigon, à l’Hôtel Continental, il rencontre Lucien Bodard, Max Clos, Jean Lartéguy, fréquente les fumeries d’opium et Pierre Schoendoerffer. Il parcourt également les pays d’Asie pour le compte de Paris Match. En 1952, alors qu’il se trouve avec des officiers dans une jeep, celle-ci saute sur une mine. Il tombe dans le coma et perd la vue pendant sept mois. Il écrit dans La Nuit attendra : « J’ai toujours été handicapé par cette mémoire, j’avais comme une honte et je ne pouvais pas en parler, c’est pour cela que j’ai attendu si longtemps pour le faire ».

Par la suite, il animera une émission de radio sur France Inter, Radioscopie, et Le Grand Echiquier sur la télévision publique ; émissions ancrées dans la mémoire collective des Français.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 8 Août 2016

Les écrivains d'Indochine - 1 - Les romanciers.

Alain Quella-Villéger, dans Indochine, un rêve d’Asie, publié par Omnibus en 2010, a recueilli de nombreux textes écrits par des écrivains français établis ou ayant séjourné en Indochine. Dans sa préface, il a écrit ceci : « L’Indochine est un mythe. Au-delà des nostalgies coloniales de certains et des images pour cartes postales façon sampans et baie d’Along des autres, l’Indochine tient une place particulière dans les rêves d’Asie des Occidentaux, français en l’occurrence – une place tardivement prise, à la différence de l’Orient arabe, de la Chine, voire du Japon – mais la place d’une perle, au premier rang de l’Empire. Or, une abondante littérature de fiction accompagna cette histoire franco-indochinoise, à la fois miroir, porte-voix et envers du décor. L’histoire de cette mise en valeur de ce « nouveau monde » asiatique entraîna dans son sillage une riche escorte littéraire, une mythologie même, toute épopée ayant ses héros et ses héros de papier ».

 

Il ne convient pas dans ces articles de rapporter in-extenso les auteurs français ayant « fait » la littérature indochinoise. Il s’agit d’en présenter quelques-uns, parmi les plus connus. Œuvre simpliste de vulgarisation, mais bien nécessaire… L’idée du Souvenir français d’Issy consiste à présenter des auteurs en les classant selon les critères suivants : les romanciers, les journalistes, les militaires. L’idée originale n’est pas de nous mais du Souvenir Français de Chine et d’Asie – avec lequel notre Comité est jumelé – grâce à une présentation minutieuse de Monsieur Michel Nivelle, sous la direction de notre ami, Délégué général du Souvenir Français pour l’Asie et la Chine : Monsieur  Claude R. Jaeck.

 

 

1 – Les romanciers.

 

Henri Mouhot.

Alexandre Henri Mouhot (Montbéliard, 1826 – Luang-Prabang, 1861) est un naturaliste, explorateur et écrivain français de l'Asie du Sud-Est. On lui doit notamment d'avoir fait découvrir à l'Europe les vestiges de l'architecture khmère.

Né le 25 mai 1826 en Franche-Comté dans une famille protestante, Alexandre Mouhot étudie au collège Cuvier de sa ville natale, Montbéliard, puis à l'âge de 18 ans, il part enseigner le français à l'école militaire de Saint-Pétersbourg. Poussé par le goût du voyage et de l'art naissant de la photographie (le daguerréotype), il visite l'Italie et l'Allemagne, puis l'Angleterre, où il épouse Anna Park, une descendante (vraisemblablement la petite-fille) de l'explorateur Mungo Park, avant de s'établir en 1856 dans l'île de Jersey.

 

Durant cette période il affine ses connaissances en Sciences naturelles et tout spécialement en ornithologie et en conchyliologie. Après la lecture d'ouvrages sur les expéditions, notamment The Kingdom and People of Siam: with a narrative of a mission to that country in 1855 de Sir John Bowring (1857), il décide de partir à la découverte du Siam, du Cambodge et du Laos. De Londres, il embarque sur un navire de commerce, à voiles, pour Bangkok le 27 avril 1858 avec son chien Tine-Tine. Le voyage dure quatre mois. Il devient alors l'ami des rois du Cambodge Ang Duong, qui régna jusqu'en 1860, puis Norodom ; et durant l'hiver 1859-60, il explore et fait redécouvrir aux yeux des Occidentaux, le site d'Angkor, ancienne capitale de l'empire khmer.

 

À l'été 1860, Henri Mouhot repart de Bangkok vers le Laos, jusqu'à Luang Prabang où il meurt de la fièvre jaune le 10 novembre 1861.

 

Albert de Pouvourville.

Né à Nancy en 1861, Albert Puyou de Pouvourville est l’un des figures majeures de la littérature indochinoise. Son Annam sanglant (1897) est l’un des chefs d’œuvre de l’asiatisme littéraire. Son œuvre ne connut pourtant jamais l’audience que méritent les qualités de son écriture. Esprit curieux, volontiers fier et tête brûlée, il entame une carrière militaire (Ecole de Saint-Cyr, 1880), démissionne (1887), s’engage la même année comme simple soldat dans la Légion étrangère, ce qui le conduit au Tonkin (1887). Rapatrié pour raisons de santé, il repart en Indochine dans la province de Son-Tay, mais doit à nouveau rentrer en métropole, victime d’anémie. Il fait sans doute un troisième séjour au Tonkin, avant de démissionner à nouveau. Il se lance dans des études taoïstes et fréquente les milieux occultistes, fume l’opium, critique la politique coloniale, entretient une correspondance abondante avec Pierre Louÿs, Claude Farrère, Pierre Mille. En 1890, il publie De l’autre côté du mur, puis le Maître des sentences (1909) et Rimes d’Asie (1912). « Dans le jardin des gloires françaises, la fleur tonkinoise plantée par nos soins plus amoureux qu’habiles, se sera flétrie, au vent utilitaire de l’économie politique ». Il meurt en 1939.

 

Georges Groslier.

Georges Groslier nait en 1887 au Cambodge. Tôt, ses parents lui font découvrir le site archéologique d’Angkor. L’éblouissement que lui procure cette découverte des joyaux de la culture et de l’art khmer détermine alors le cours de son existence. Il rentre en France où il multiplie les publications et les conférences destinées à faire connaître la culture khmère. Ces activités lui valent de se voir confier en 1913 et 1914 une mission au Cambodge par le ministère de l’Instruction publique et la Société asiatique. En 1917, il est mobilisé, et appelé par le Gouverneur général, Albert Sarraut, qui lui confie la mission de revitaliser les traditions artistiques des peuples indochinois.

 

Sur les fondations de l’Ecole des Arts décoratifs ouverte en 1912, au sein de la Manufacture royale du Palais elle-même créée par le roi Sisowath en 1907, il organise l’Ecole des arts cambodgiens, véritable lieu de transmission du savoir-faire des anciens « maîtres » vers les apprentis artisans du pays. La réussite de cette école qui développe sa propre coopérative de production d’artisanat khmer contribue à la notoriété de Georges Groslier désormais connu comme le rénovateur des arts cambodgiens. Devenu Directeur des Arts cambodgiens puis Inspecteur général des Arts en Indochine, il est le créateur, l’organisation et le premier conservateur du Musée Albert Sarraut à Phnom Penh (aujourd’hui Musée national du Cambodge), modèle d’architecture khmère traditionnelle. Retraité à partir de 1942, il se maintient au Cambodge et s’engage dans la résistance contre l’occupant japonais en tant qu’opérateur radio. Il est capturé, emprisonné et meurt sous la torture à 58 ans.

 

Il a laissé une quantité impressionnante d’articles, d’études et d’analyse sur les arts asiatiques, de même que de nombreux romans dont C’est une idylle, au Mercure de France, en 1929.

 

Georges-André Cuel.

Voilà un romancier et cinéaste, né en 1889 et mort en 1946, dont l’œuvre est restée dans la mémoire des spécialistes mais dont la vie demeure assez mystérieuse. Pour ainsi dire, on ne la connait pas… On lui doit de nombreux romans : Barocco en 1924, El Guemouna, le marchand de sable en 1930, Tamara, L’homme fragile… et de nombreux films autant comme auteur que dialoguiste : La femme perdue, Tamara la complaisante, Roi de Camargue, Pas de coup dur pour Johnny…

 

Jean Marquet.

Jean Marquet est un écrivain français né en 1883 et mort en 1954 à Nice. Il a travaillé et habité de nombreuses années en Indochine française, a appris les dialectes locaux à son arrivée, et s’est réellement intégré par imprégnation ce qui lui a permis de produire une œuvre riche sur la vie et les mœurs locales. La grande particularité de son œuvre est que le romancier ne se met pas à la place de l’Européen étranger mais à celle du paysan indochinois. Il a écrit de nombreuses œuvres pédagogiques et historiques.

 

Claude Farrère.

Claude Farrère (1876-1957), de son vrai nom Frédéric-Charles Bargone, est un essayiste, historien, romancier, officier de marine. Fils d’un colonel d’infanterie coloniale, il entre en 1894 à l’École navale. Affecté à l’artillerie d’assaut pendant la Première Guerre mondiale, il est capitaine quand est signée la paix ; il démissionne en 1919 pour se consacrer à sa seconde passion : les lettres.

Il avait publié, dès avant la guerre, plusieurs romans (Fumée d’opium, L’Homme qui assassina, Mlle Dax, jeune fille, La Bataille, Les Petites Alliées, Thomas l’Agnelet) dont l’un, Les Civilisés, lui avait obtenu le prix Goncourt en 1905. Durant l’entre-deux-guerres, il poursuit cette œuvre, puisant à la double source du réalisme et de ses souvenirs d’officier de marine en Extrême-Orient. On lui doit également une Histoire de la Marine française (1934). N’étant pas démuni de bravoure, il s’illustre le 6 mai 1932 en s’interposant entre le président Doumer et son assassin, ce qui lui vaut deux balles dans le bras. En 1933, il s’engage au sein du Comité français pour la protection des intellectuels juifs persécutés. Après deux échecs, il est élu à l’Académie française le 28 mars 1935, par 15 voix au second tour, au fauteuil de Louis Barthou, arrachant son fauteuil à Paul Claudel.

 

Claude Farrère a été président de l’Association des écrivains combattants. Il a donné son nom à une distinction littéraire délivrée par cette association, le prix Claude-Farrère, créé en 1959 pour "un roman d'imagination et n'ayant obtenu antérieurement aucun grand prix littéraire".

 

Albert Garenne.

Né à Moulins-Engilbert dans la Nièvre en 1873 et mort en 1958, Albert Garenne a vécut plusieurs vies… Après avoir vécu ses 8 premières années à Moulins-Engilbert, ses parents s'établissent à Autun en 1880. Il s'enrôle à l'âge de 18 ans dans l'infanterie coloniale et reçoit sa formation militaire à Saint-Maixent l'Ecole, dans les Deux-Sèvres. De là, il est envoyé à Madagascar comme sous-lieutenant de marine où il s'illustre par de brillantes prestations dans un contexte malgache troublé, ce qui lui vaut de porter très jeune le grade de Chevalier de la Légion d'Honneur et de recevoir du général Gallieni une importante concession à Fort Dauphin. Après la dévastation de cette concession lors d'une révolte, il reprend du service dans l'armée où il participe à plusieurs expéditions en Afrique et en Indochine. Il participe à la Première guerre mondiale et en ressort avec le grade de colonel. En 1918, il est nommé commandant supérieur des troupes du Pacifique et du bataillon de Nouvelle-Calédonie avec mission de mâter l'insurrection Canaque. A Nouméa, en 1919, il écrit déjà deux poèmes : Révoltes et Deux petits sonnet d'hier mais doute de lui-même comme écrivain suite à un échec à l'Académie Française avec la parution de La Forêt Tragique en 1918.

 

Retraité, le colonel Garenne s'adonne à la littérature en s'inspirant de ses expériences malgaches, africaine, calédonienne et indochinoise. Il écrit des poèmes, Cris, Chansons et Le vieux Claude suivi de L'Urne de cristal. Outre La Forêt Tragique, roman finalement couronné par l'Académie Française, il publie La Captive Nue (1925), A Nouméa, ou l'amour qui mène au bagne et Idylle Canaque, passions et drames coloniaux (1933), Le Refuge ou la haine d'un Sorcier jaune (1936, réédité en 1953), ouvrage également couronné par l'Académie Française, toutes œuvres fortement teintées d'une observation très fine des sociétés exotiques de l'époque, celles qu'il a côtoyées et, bien-sûr, de la pensée coloniale prévalant à l'époque au début du 20ème siècle.

 

René Jouglet.

René Jouglet est un écrivain français né en 1884 et mort à Montrouge en 1961. Au début des années 1930, il effectue de nombreux voyages en Asie, qui vont construire son œuvre littéraire, au sein de laquelle il convient de citer : Les Roses de la Vie en 1912 ; Frères en 1927 ; Voyage à la république des piles, en 1928 ; Dans le soleil des jonques en 1935 ; Soleil levant en 1936 ; Les Paysans en 1951 et 52 ; le Mal du Siècle en 1960.

 

Jean D’esme.

Né à Shanghai en 1894, Jean d’Esménard, petit-neveu de poète et fils d’un fonctionnaire des douanes d’Indochine originaire de la Réunion, fait ses études à Paris et entre en 1914 à la section indochinoise de l’Ecole coloniale. Mais la guerre 14-18 puis le mariage l’orientent plutôt vers le journalisme et les voyages. Il devient Jean d’Esme et fait une brillante carrière dans de grands journaux parisiens : Je sais tout ; le Matin ; L’Intransigeant.

 

Dans une œuvre marquée par l’épopée coloniale, par des biographies de grands coloniaux ou militaires, par le reportage aussi, ses voyages en Afrique lui inspirent des romans : le Soleil d’Ethiopie ; L’Homme des sables ; Au Dragon d’Annam ; les Dieux rouges… Jean d’Esme rend son âme à Dieu en 1966.

 

Alfred Droin.

Né à Troyes en 1878, d’une famille de boulangers, il entre à 18 ans dans l’infanterie de marine, et met son lyrisme au service de la gloire tricolore : Amours divines et terrestres (1901). Son séjour indochinois de huit années auprès du gouverneur Klobukowski, qui lui permet de visiter le Cambodge, le Siam, le Tonkin, donne naissance à la Jonque victorieuse puis à Rimes tonkinoises. Plus tard, il publie la Tête de Thi-Ba puis Thi-Ba, fille d’Annam. Il meurt en 1967.

 

Marguerite Duras.

Née à : Gia Dinh (Saigon) en Indochine française, le 4 avril 1914 et décédée à Paris, le 3 mars 1996. Marguerite Duras (Marguerite Donnadieu) reste en Indochine jusqu'à l'âge de dix-huit ans. Après des études de mathématiques, sciences politiques, et une licence de droit, elle est secrétaire au Ministère des Colonies, de 1935 à 1941. Pendant la guerre, elle entre dans la Résistance. En 1945, elle s'inscrit au Parti communiste dont elle est exclue dix ans plus tard. Elle publie son premier roman, Les Impudents, en 1943. C'est le début d'une œuvre de fiction importante avec des romans comme : Un Barrage contre le Pacifique, Le Marin de Gibraltar, Moderato cantabile, Le Ravissement de Lol V. Stein, Le Vice-Consul, L'Amante anglaise. Le roman "L'Amant" obtient le Prix Goncourt en 1984 et apporte la célébrité à Marguerite Duras. Jean-Jacques Annaud en fait un film, quelque temps plus tard. Elle publie ensuite un témoignage, La Douleur, puis Les Yeux bleus, cheveux noirs, Emily L., La Vie matérielle, La Pluie d'été. Après avoir été scénariste et dialoguiste pour le cinéma (Hiroshima, mon amour), Marguerite Duras va réaliser ses propres films (Nathalie Granger, Le Camion). Elle se consacre aussi au théâtre, notamment avec les pièces : Les Viaducs de la Seine-et-Oise, Des Journées entières dans les arbres, Le Square, La Musica, L'Amante anglaise (Prix Ibsen 1970).

 

Jean Hougron.

Né de parents bretons (en 1923), fils de cheminot, il suit dans son enfance les mutations de son père : Cherbourg, Paray-le-Monial, et Dreux où il arrive en 1936 et où il enseignera plus tard l’anglais et les sciences. Il fait un stage d’un an dans une maison d’import-export à Marseille qui l’envoie en Indochine en juin 1947. Là-bas, il se fait chauffeur de camion et parcourt le Laos, le Cambodge, la Chine du sud et la Thaïlande. Tour à tour planteur de tabac, ramasseur de benjoin ou de corne molle de cerf, marchand de bière, il en profite également pour apprendre le laotien et le chinois. En 1949, il rentre à Saigon, et devient journaliste à Radio France-Asie, jusqu’en 1951, date de son retour en France. Parmi ses ouvrages, on peut citer : la Nuit indochinoise, Tu récolteras la tempête, Je reviendrai à Kandara et Mort en fraude, adapté au cinéma en 1957. Jean Hougron meurt en 2001 à Paris.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 10 Juillet 2016

Et Pétain devint chef de guerre.

« Les bombardements de l’artillerie lourde allemande, du 21 février et de la nuit du 21 au 22, précédèrent la ruée des divisions d’assaut ; nulle part encore, sur aucun front et dans aucune bataille, on n’en avait connu de pareils. Ils visaient à créer une « zone de mort », dans laquelle aucune troupe ne pourrait se maintenir. Une trombe d’acier, de fonte, shrapnells et de gaz toxiques s’abattit sur nos bois, nos ravins, nos tranchées, nos abris, écrasant tout, transformant le secteur en un champ de carnage, empuantissant l’atmosphère, portant l’incendie jusqu’au cœur de la ville, s’attaquant même aux ponts et aux localités de la Meuse jusqu’à Génicourt et Troyon. De formidables explosions secouaient nos forts, les empanachaient de fumée. On ne saurait décrire une telle action, qui n’a sans doute jamais été égalée en violence et qui concentra, sur le triangle étroit compris entre Brabant-sur-Meuse, Ornes et Verdun, le feu dévastateur de plus de 2 millions d’obus !

Lorsque les troupes allemandes se portèrent en avant, par petits éléments, le 21 après-midi, puis le 22 au matin – après une nuit où l’artillerie avait repris sans interruption son « pilonnage » infernal – par colonnes se poussant les unes les autres, elles espéraient progresser l’arme à la bretelle. Quelles ne furent pas leur stupéfaction et leur désillusion de voir que partout, sur leur chemin, des Français surgissant des décombres et – loqueteux, épuisés, mais redoutables quand même – défendaient les ruines de tous leurs points d’appui !

La résistance des chasseurs de Driant, le député-soldat, l’écrivain célèbre, vaut qu’on la rappelle.

Dans le bois des Caures, veillaient les 56e et 59e bataillons de chasseurs, avec quelques éléments du 165e régiment d’infanterie, en tout quelques 1.200 hommes ; 6 batteries de 75 et 8 batteries lourdes les appuyaient. Ils furent assaillis par les quatre régiments, soit 8.000 à 10.000 hommes, que soutenaient 7 batteries de 77 mm et environ 40 batteries lourdes. Le bombardement préparatoire les avait littéralement écrasés ; la plupart des abris s’étaient effondrés sous les explosions ; les pertes, avant la prise de contact avec l’assaillant, atteignaient un chiffre très élevé. Nos chasseurs tinrent cependant, à l’intérieur du bois, cernés et traqués de tous côtés, pendant près de vingt-quatre heures. Les troupes du 30e corps déployaient une vaillance étonnante et presque invraisemblable. Chaque centre de résistance – bois, village, lacis de tranchées éboulées ou groupement chaotique de trous d’obus – permettait à nos unités de renouveler les exploits des chasseurs de Driant et contribuait pour sa part à briser la ruée.

D’abord en camions-autos, par la route Souilly – Verdun, puis à pied par petites colonnes, les éléments prélevés sur les deux divisions de réserve générales se rapprochaient des lignes. Mais, dès leur débouché au-delà de la Meuse, ils étaient saisis, ralentis et désarticulés par le bombardement, entravés par les évacuations des blessés et par les convois de ravitaillement, engourdis par le froid au cours des longs arrêts que leur imposait le brusque engorgement des arrières. Aux rendez-vous indiqués, à l’entrée de leurs secteurs d’engagement, les unités montantes cherchaient les chefs des fractions déjà au feu et les guides désignés pour les conduire ; or, ceux-ci, pourchassés de place en place par les explosions et par les gaz, errant eux-mêmes dans la bagarre, faisaient souvent défaut…

Alors, les sections et les compagnies de renfort marchaient à l’aventure, droit au nord, progressaient sous les fumées et parmi les bruits assourdissants de la bataille, et soudain se heurtaient à l’adversaire, l’accrochaient, lui opposaient, en attendant mieux, le rempart de leurs corps. Sans contacts à droite et à gauche, sans liaison avec l’artillerie, sans mission précise, sans tranchées pour s’abriter, sans boyaux pour assurer leurs communications, sans savoir à qui et comment adresser leurs comptes rendus ou demander des instructions, elles formaient barrage là où le sort les amenait.

Me trouvant disponible avec mon quartier général à Noailles, je considérais comme extrêmement probable ma désignation pour le front de Verdun, où l’importance de la lutte engagée et des renforts envoyés à la bataille justifiait l’entrée en ligne d’une armée nouvelle. Je ne fus donc point surpris de recevoir, le 24 au soir, l’ordre de mettre immédiatement mon quartier général en route vers Bar-le-Duc et de me présenter moi-même au général Joffre le 25 au matin.

J’arrivai à Chantilly à 8 heures et fut aussitôt introduit auprès du général en chef qui, dans une ambiance quelque peu fiévreuse et agitée, conservait son calme coutumier. Le général Joffre, sans longues phrases, me fit connaître son impression sur la situation qui lui paraissait sérieuse, mais non alarmante ; il me prescrivit de me rendre en toute hâte à Bar-le-Duc pour me tenir prêt à remplir telle mission que le général de Castelnau, mandaté à cet effet, me préciserait. Je me hâtai vers Dugny, au sud de Verdun, où se trouvait le poste de commandement du général. A Dugny, j’appris un grave événement : le 20e corps s’était courageusement battu toute la journée autour du village de Douaumont, mais le fort venait de tomber par surprise au pouvoir de l’ennemi. Nous perdions ainsi le meilleur et le plus moderne de nos ouvrages, celui qui résumait les raisons de notre confiance, le splendide observatoire qui nous aurait permis de surveiller et de battre le terrain des approches allemandes et d’où, maintenant, l’ennemi pourrait diriger ses regards et ses coups vers les moindres replis du cirque sacré de Verdun !

Je rapportai moi-même la nouvelle de la chute du fort aux généraux de Castelnau et de Langle, à Souilly. Le général de Castelnau estimait qu’il n’y avait plus une minute à perdre pour « organiser » le commandement et éviter les erreurs comme celle qui caractérisait les événements de la journée. Dans l’après-midi, il avait téléphoné à Chantilly pour proposer de me confier le commandement des fronts de Verdun sur les deux rives de la Meuse, « avec mission d’enrayer l’effort prononcé par l’ennemi sur le front nord de Verdun ». Le général Joffre approuvait sa décision.

A 11 heures, je prenais donc la direction de la défense de Verdun, déjà responsable de tout et n’ayant aucun moyen d’action… Dans une salle vide de la mairie, je me mettais en communication téléphonique avec le général Balfourier, commandant les forces engagées dans le secteur d’attaque : « Allo ! C’est moi, général Pétain. Je prends le commandement. Faites-le dire aux troupes. Tenez ferme. J’ai confiance en vous… ». « C’est bien mon général. On tiendra ! Vous pouvez compter sur nous comme nous comptons sur vous ! ».

Aussitôt après, j’appelais le général de Bazelaire, commandant les secteurs de la rive gauche, et je lui donnais les mêmes avertissements, en lui indiquant le prix exceptionnel que j’attachais à la conservation de nos positions à l’ouest de la Meuse. Il me répondait, comme venait de le faire le général Balfourier, sur le ton d’une confiance affectueuse et absolue.

La liaison morale, du chef aux exécutants, était assurée.

Un peu plus tard, vers minuit, arrivait le colonel de Barescut, mon chef d’état-major. Sur une carte à grande échelle plaquée au mur, je marquais au fusain les secteurs des corps d’armée en position, ainsi que le front à occuper, et je dictais l’ordre que l’on devrait faire parvenir à toutes les unités le lendemain matin.

Tels furent, à Verdun, mes premiers actes de commandement ».

Des années après la bataille de Verdun, le maréchal Pétain se confia au journal L’Illustration. Le texte ci-dessus est un extrait du journal.

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Publié le 20 Juin 2016

Robert Choffé prononçant son discours de remerciements.
Robert Choffé prononçant son discours de remerciements.

Samedi 18 juin 2016, à l’issue de la commémoration relative à l’anniversaire de l’Appel du général de Gaulle, la municipalité d’Issy-les-Moulineaux et le Comité de la Société des membres de la Légion d’Honneur de la ville, ont organisé la remise des insignes de chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur, à Monsieur Robert Choffé, membre de notre comité du Souvenir Français.

Robert Choffé était à l’occasion parrainé par Michel Rossignol, président du Comité local de l’association ACPG-CATM et maire-adjoint honoraire d’Issy-les-Moulineaux. Michel Rossignol a prononcé le discours suivant :

« Monsieur le Député-maire,

Monsieur le Président de la SMLH,

Messieurs les Présidents des associations d'anciens combattants,

Mesdames, Messieurs,

Cher Robert Choffé,

C'est un grand honneur pour moi d'avoir été sollicité par Robert Choffé pour être aujourd'hui son parrain. Jamais je n'aurai imaginé lorsque j'avais 9 ans en 1944, qu'un jour, un ancien FFI, comme ceux que je voyais courir dans les rues, accompagnant et guidant des soldats de la 2e DB pour déloger les occupants, nombreux, de l'École Militaire, à 300 mètres de chez moi, me demanderait de le parrainer pour lui remettre cette prestigieuse décoration.

Robert Choffé, vous êtes né le 8 août 1925, vous allez avoir bientôt 91 ans. A 19 ans, vous vous engagez dans les FFI à Issy-les-Moulineaux après avoir été apprenti chez Renault ou vous êtes entré en octobre 1940 comme mouleur-fondeur à l'atelier de fonderie de bronze.

Bien qu'étant encore «mineur», vous commencez déjà à vous révolter contre l'occupant en ajoutant du plomb dans le bronze destiné aux pièces de locomotives. Après la destruction de la fonderie par un bombardement, vous êtes réquisitionné par l'occupant pour remettre en état les voies de chemin de fer détruites par les bombes. Vous vous manifestez à nouveau avec l'aide d'un copain de votre âge en enfouissant des traverses et des pièces métalliques nécessaires à la remise en état des voies qui devaient permettre le transport de troupes ou de matériel de guerre. Cet engagement dans les FFI vous permettra de participer à la prise de ce qui a été appelé le campement d’Issy-les-Moulineaux dans l'île St Germain.

Après avoir été regroupés au Grand Séminaire, vous décidez de vous engager pour la durée de la guerre au Fort de Vincennes. Nous sommes en septembre 1944. Suite aux tests que vous avez effectués vous êtes versé au 32e régiment d'artillerie; vous êtes alors spécialisé dans l'orientation et le calcul des positions de canon de 155 court mais aussi dans le déminage. Votre régiment est alors appelé à la résorption de la poche de Royan et vous vous illustrez à la pointe de Vallières et dans l'île d'Oléron, pour le déminage de plusieurs positions de batteries, ce qui vous vaut une citation à l'ordre du Régiment avec attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.

Votre régiment participe ensuite à l'occupation de l'Allemagne. En juillet 1945, après le peloton de sous-officier, vous êtes nommé maréchal des logis et vous serez libéré le 9 février 1946. Vous êtes par ailleurs titulaire de la Croix du Combattant Volontaire, de la Médaille Militaire, du titre de Reconnaissance de la Nation.

Bravo, et mes félicitations pour ce brillant parcours.

Au nom du Président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier de la Légion d'Honneur.

Avec toutes nos félicitations ».

Michel Rossignol.

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Publié le 14 Juin 2016

Capitaine Dominique Bonelli.

Le samedi 11 juin 2016, s’est éteint le capitaine Dominique Bonelli.

Corse, né en Algérie, d’un père militaire, Dominique Bonelli s’engage à l’âge de 22 ans et part pour l’Indochine. Il est lieutenant au 8e choc sous les ordres du capitaine Pierre Tourret. Fait prisonnier, il est de ceux qui font La Longue Marche : les 10.000 prisonniers de Diên Biên Phù vont parcourir une distance de 700 kilomètres pour rejoindre plusieurs camps de prisonniers. Parcours puis emprisonnement dans des conditions effroyables puisque plus de 70 % d’entre eux ne reviendra pas.

A l’issue de la guerre d’Indochine, Dominique Bonelli réalise son rêve : il intègre la Légion étrangère. Départ pour la guerre d’Algérie où il sert sous les ordres du prestigieux colonel Jeanpierre. Il est blessé à deux reprises. L’Algérie, c’est aussi une certaine idée de la France, de l’engagement et de la fidélité. Avec pour maître mot : ne pas trahir.

Au moment du putsch des généraux à Alger contre la politique du général de Gaulle, Pierre Sergent, dans son ouvrage Je ne regrette rien (Fayard, 1972) indique : « De la villa, la vue était sublime. Une Méditerranée de carte postale, immobile et violemment colorée par un soleil vertical. Midi sur la ville blanche. Située sur les hauts d'Alger, cette villa des Tagarins dominait la baie. Là-bas, sur une éminence, parmi les eucalyptus, se dressaient les murailles blanches du Fort-l'Empereur, édifié par Charles Quint... Mais l'heure n'était pas aux méditations historiques ni aux émotions touristiques. Et l'homme tourné vers ce merveilleux paysage n'était nullement enclin à la poésie, malgré un regard bleu, presque transparent. Il tirait méthodiquement sur une courte pipe recourbée. C'était le général Challe. Le général Challe attendait le commandant de Saint-Marc. Ce vendredi 21 avril, Challe était arrivé aux Tagarins, accompagné du colonel Broizat et du général Zeller. La veille, à 1 heure du matin, tous trois avaient atterri en secret à Blida, après avoir pris clandestinement l'avion en métropole, à l'aérodrome militaire de Creil. Et ils se retrouvaient à Alger, dans cette villa où un petit état-major occulte préparait la conquête de la cité. Pour l'essentiel, le plan prévoyait le mouvement d'une unité, la plus sûre : le 1er régiment étranger de parachutistes. A eux seuls, les légionnaires prendraient la ville. Ils seraient toutefois aidés par une unité de parachutistes dont l'objectif était ce fort de Charles Quint où, gardées par le colonel de gendarmerie Debrosse, se tenaient les autorités civiles d'Alger qu'entouraient quelques poignées d'officiers supérieurs. Le 1er R. E. P. assurerait donc le gros du travail. La caserne Pélissier, où siégeait le corps d'armée d'Alger : objectif de la 1re compagnie, dont le commandant était assisté par le capitaine Rubin de Cervens et le lieutenant Godot, et de la 2e compagnie, aux ordres du lieutenant Oliviet Picot d'Assignies. Les émetteurs radio d'Ouled-Fayet : 3e compagnie du capitaine Estoup. La Délégation générale : compagnie portée du lieutenant Durand-Ruel. L'école de police d'Hussein Dey : la compagnie d'accompagnement, avec les capitaines Ponsolle et Carreté. La 4e compagnie du capitaine Bonelli serait tenue en réserve. »

Jugé avec ses pairs, le capitaine Bonelli est condamné à la prison avec sursis et doit quitter l’armée. Il était titulaire de nombreuses décorations ; entre autres, grand officier de la Légion d'Honneur, Croix de guerre, 10 citations, TOE, Croix de la Valeur Militaire, 2 blessures de guerre. Il avait 88 ans.

En 2008, le capitaine Bonelli avait décidé de se confier à Bénédicte Helcégé, dans un ouvrage intitulé L’Arbre à Papillons, dont Roger Faulques, Grand officier de la Légion d’honneur avait écrit la préface : « Dominique Bonelli appartient à cette race des orgueilleux et son ambition l’a porté à toujours être parmi les meilleurs des meilleurs. La Légion étrangère et la guerre lui permirent d’exercer cette volonté absolue. Porte-drapeau du 1er REP, en 1961 les événements l’ont contraint à tout quitter, la mort dans l’âme, la rage au cœur, avec la douleur de perdre ce qu’il aimait par-dessus tout : la vie partagée avec ses légionnaires. Il s’est battu pour repartir de rien et, à nouveau, viser l’excellence. Avec une volonté farouche pour rebondir, il a gardé son goût du combat et du dépassement : activité professionnelle, sports de compétition, il a gravi les échelons avec enthousiasme, sans jamais perdre cet optimisme et cette joie de vivre qui l’habitent toujours. Tous deux, nous avons aimé la guerre, propos choquants aujourd’hui où l’aspiration naturelle à la paix se confond trop souvent avec le pleutre et inconscient pacifisme…Nous avons aimé la guerre parce qu’elle ne permet pas de tricher : face à lui-même, à la souffrance et à la mort, l’homme exprime ce qu’il est vraiment. Il se bat pour une cause qui le dépasse. C’est ce qui donne sa vraie grandeur à un Soldat digne de ce nom. Si la vie nous a conduits sur des voies bien différentes, notre amitié a traversé, sans faiblir, les années qui sont derrière nous… et continuera à nous unir pour celles qu’il nous reste à parcourir. »

Les obsèques du capitaine Dominique Bonelli auront lieu le jeudi 16 juin à 11 heures aux Invalides et seront suivies des honneurs militaires.

Sources :

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Publié le 7 Juin 2016

Le chasseur de mines Andromède.

Présentation.

Les chasseurs de mines du type "tripartite" ont été construits en coopération entre la France, la Belgique et les Pays-Bas. L'Andromède a été construit par la Direction des Constructions Navales (DCN) à Lorient : Mis sur cale le 5 mars 1980, il est lancé le 22 mai 1982 et entre en service le 19 octobre 1984.

L'Andromède est basé à Brest et la ville d’Issy-les-Moulineaux parraine le chasseur de mines Andromède depuis le 9 novembre 1985.

Missions.

  • Détection, localisation, classification, identification puis destruction ou neutralisation des mines par fonds de 10 à 80 mètres.
  • Guidage des convois sous menace de mines.
  • Travaux sous la mer, recherche d'épaves.

Caractéristiques.

  • Coque en composite verre/résine polyester
  • Déplacement : 615 tonnes en pleine charge
  • Dimensions : 51,5 x 8,90 x 3,80 mètres
  • Tirant d'air : 21,50 mètres
  • Vitesse maximale : 15 nœuds sur propulsion principale, 7 sur propulsion auxiliaire
  • Distance franchissable : 3000 nautiques à 12 nœuds
  • Autonomie : 15 jours
  • Stabilisation au roulis à vitesse nulle

Énergie et Propulsion.

  • Moteur principal: moteur diesel Werkspoor-Wärtsilä ARUB 215 V 12 ; 1 hélice à pas variable ; 1900 ch (1.400 kW)
  • Propulsion auxiliaire: 2 gouvernails actifs ACEC de 120 cv ; 1 propulseur d'étrave
  • Énergie électrique: 3 turbogaz alternateurs Astazou de 250kW ; 1 alternateur diesel DAF de 180 kW

Équipements électroniques.

  • 1 radar Racal-Decca DRBN-38
  • 1 sonar DUBM-21 E (TSM 2022 Mk 3 )
  • 1 sonar SPIV (sonar propulsé à immersion variable)
  • Système de pilotage automatique
  • Système de radionavigation Syledis
  • Système numérisé de transmissions intérieures SNTI
  • Système de transmission par satellite Inmarsat mini M

Armement.

  • 1 mitrailleuse AA 20 mm F2
  • 2 mitrailleuses 12,7 mm
  • 2 mitrailleuses 7,62 mm
  • Identification et neutralisation : 6 plongeurs-démineurs ou 2 poissons auto-propulsés PAP 104

Équipage.

  • 5 officiers
  • 32 officiers mariniers
  • 12 quartiers-maîtres et matelots

Sources :

  • Ministère de la Défense.
  • Blog de Christian Clot pour la photographie.

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Publié le 29 Mai 2016

Sidi Bel Abbès - L'entrée de la caserne de la Légion étrangère.

Sidi Bel Abbès - L'entrée de la caserne de la Légion étrangère.

Installation.

En 1830 a lieur le débarquement des troupes du maréchal de Bourmont, et très vite, les opérations de conquête ne cessent de se développer. En 1835, le maréchal Bertrand Clauzel se lance dans une grande expédition ayant pour but de détruire Mascara, capitale établie par l'émir Abd el-Kader. Cette expédition débute le 10 novembre à Oran et se termine comme convenu à Mascara le 5 décembre. Tout au long de ce trajet, le général ne manque pas d'établir des relais fortifiés dans de multiples lieux stratégiques. Parmi ces endroits stratégiques, on retrouve le plateau de Sidi Bel Abbès qui permet de surveiller et ainsi de contrôler tous les déplacements des autochtones entre Mascara et Tlemcen mais également entre orna et les Hauts Plateaux. Ce poste de surveillance est érigé sur la rive droite de la Mekerra, face au mausolée de Sidi Bel Abbès.

Vers 1840, le gîte d'étape est transformé en campement provisoire puis en poste permanent deux ans plus tard afin de mieux surveiller les tribus. Puis en 1843, le général Bugeaud y installe un camp retranché derrière un fossé et des remparts construits par les chasseurs d'Afrique et la Légion étrangère. Cependant, les légionnaires vivent dans l'isolement et sont constamment confrontés à des difficultés de ravitaillement. Pour améliorer leurs conditions de vie dans cette région, ils s'investissent dans des travaux de drainage des marais, de débroussaillage du sol, le débarrassant ainsi des palmiers-mains (le doum), des genêts épineux, des jujubiers sauvages, etc.

Dès 1843, l'émir Abd el-Kader opposant à la colonisation française dirige plusieurs opérations contre les troupes du général Bedeau qui installe une redoute tenue par la Légion étrangère à proximité du modeste mausolée du marabout Sidi Bel Abbès, sur la rive droite de la rivière Mekerra. La ville de Sidi Bel Abbès embryonnaire en 1843 est véritablement créée après les années 1850 par les Français. Elle est une ville-garnison de la Légion étrangère dès 1843 et en sera la maison-mère jusqu'à l'indépendance de l'Algérie en 1962.

En 1847, le général Lamoricière, commandant de la division d'Oran, a l'idée de concevoir une ville fortifiée pour encore mieux surveiller les tribus indigènes, mais aussi faciliter la libre circulation entre mascara et Tlemcen et entre Oran et les Hauts Plateaux. La proposition du général est très bien accueillie par la commission, et le 10 novembre 1848, le gouverneur général propose la création de la ville en se basant sur les plans qu'avait dessinés le capitaine Prudon. Et c'est ainsi que par décret du 5 janvier 1849, le président de la République le prince Louis-Napoléon Bonaparte décide : « il est créé à Sidi Bel Abbès… un centre de population européenne de 2 000 à 3 000 habitants auquel on attribuera le nom de Sidi Bel Abbès ».

La redoute construite en 1843 près de la koubba ou chapelle de Sidi Bel Abbès est le centre de la ville prévue par le plan de colonisation républicain après 1848. Des confiscations de terres aux indigènes sont organisées sans ménagement. Mais les premiers colons déportés politiques français sont décimés par les maladies et affaiblis par les brutalités de leurs geôliers. L'absence de sources dans la plaine rend les premières installations agricoles complexes et pénibles. Le sol peu compact se laisse facilement défricher, mais la régulation de l'eau est impossible : il y a trop puis plus du tout. La colonisation reste à l'état de projet.

Napoléon III accueilli triomphalement par les militaires français et les chefs traditionnels algériens accentue la politique de mise en valeur des terres afin de fortifier le pays. L'appel à la colonisation est placardé dans les contrées rurales françaises, mais aussi dans les pays limitrophes de la France. Le voyage aller est suivant les différents contrats passés avec le colon, souvent offert gracieusement ou offert à prix réduit, une aide substantielle en nature ou équipement est promise à l'arrivée pour l'installation.

Les Français s’établissent.

Les premières installations telles que les remparts et les rues se réalisent lentement entre 1849 et1857. Les casernes militaires et l'hôpital datent de la même époque. Les édifices publics et les constructions privées sont construits plus tardivement. Au tournant de 1860, des milliers de colons européens, hommes, femmes et enfants arrivent en chariot dans la contrée. La première année d'adaptation est difficile car aucun aménagement viable n'est réalisé. Mais qu'une sécheresse récurrente survienne ou une nuée de sauterelles ou criquets du désert dévaste les premières bonnes récoltes. Les colons épuisés, parfois malades, à force de construire leurs abris, de défricher sans expérience les sols et de lancer les premières cultures expérimentales, sont obligés de s'endetter. Les familles même paysannes subissent les privations inconnues dans leurs anciens terroirs.

Les familles de colons s'appauvrissent et perdent les plus vieux ou les jeunes les plus faibles emportés par les fièvres, les famines. Les survivants qui ont compris qu’il ne leur sera pas délivré de billet retour observent les pauvres petits cultivateurs musulmans, suivent et adaptent leurs pratiques ancestrales. Les colons européens qui disposent d'eau abondante par pompage s'associent avec des familles autochtones démunies de terres et parviennent à force de labeur combinant leurs différents savoirs techniques et agraires à trouver des solutions simples et provisoires. Les autochtones leur apprennent à trouver l'eau à faible profondeur en excavant facilement la couche d'argile arénacée mal compactée qui compose le socle géologique de la plaine, à réguler la nappe phréatique des zones maraîchères avec des plantations de peupliers et de trembles. Mais il faut stocker les récoltes avec efficacité pour ne pas subir les terribles revers de fortune.

La ville est entourée de murs de protections avec quatre portes qui permettent l'accès à la ville : au nord la porte d'Oran, au sud la porte de Daya, à l'ouest la porte de Tlemcen et enfin celle de Mascara à l'est. Elle est appelée parfois « biscuit-ville » par les voyageurs en raison de sa fonction de ville étape pour le ravitaillement pour les troupes descendant vers le sud. Tous les postes-magasins militaires s'appellent ainsi. C'était un nom commun et non pas un nom propre comme Daya, Frendah, etc.

Napoléon III au cours d'un second voyage débarque à Sidi Bel Abbès le 16 mai 1865, décide que la ville s'abrègera de Bel-Abbes. On ne sait pourquoi le décret consacrant ce changement n'a jamais été rendu. En prenant le toponyme de la modeste kouba ou tombe près de la rive gauche de l'oued Mekerra proche de la redoute militaire protectrice, la ville reprend et porte à la postérité le nom d'un saint homme musulman "Sidi Bel Abbès Bouzidi".

Le premier maire de la ville est Monsieur Roubière en 1870.

En 1881, Sidi Bel Abbès, est une commune chef-lieu de subdivision militaire de 16.840 habitants, chef-lieu d'arrondissement du département d'Oran en pleine croissance ferroviaire. Une voie ferrée la relie à Sainte-Barbe-du-Tlélat, station de la grande ligne d'Alger à Oran. Ce carrefour ferroviaire à 52 km est le point de départ d'un embranchement vers Sidi Bel Abbès qui dessert successivement les stations de Saint-Lucien, Lauriers-Roses, Oued-Imbert, Trembles et Sidi-Brahim. La ligne de Sidi Bel Abbès à Ras El-Mâ est inaugurée en avril 1883.

La ville prospère émerge d'une verte oasis qui l'entoure à perte de vue avec au loin de vastes champs cultivés, de beaux villages et des domaines fermiers importants. Elle possède un tribunal de première instance, un comice agricole, un théâtre, un hôpital et des marchés fort importants. La ville croît avec 16.980 habitants en 1883.

Des montagnes environnantes, la ville s'aperçoit au milieu d'un fourré d'arbres. De magnifiques plantations de trembles et de peupliers se répartissent en dehors du mur d'enceinte. La ville au plan géométrique est divisée en deux quartiers à peu près égales : le quartier civil et le quartier militaire. Les rues se coupent toutes à angle droit. Celles qui aboutissent aux quatre portes sont plantées de beaux arbres qui égaient également le boulevard. De jolies places à l'ombre embellissent la ville. Le principal commerce concerne les grains, les bestiaux et l'alfa transformé dans quelques usines de la ville. Une minoterie importante ensachant de la farine blanche et des farines non panifiables est déjà active.

Le quartier civil possède une église, un théâtre, un marché couvert, un hôtel de ville et des écoles. Le quartier militaire est rempli de l'activité des casernes de cavalerie et d'infanterie, en particulier la légion, mais il compte des bâtiments du génie, des unités d'artillerie, le service aux subsistances, l'hôpital militaire et le cercle des officiers.

Au-delà des plantations d'arbres, se développe la zone des jardins. Les coins les plus fertiles sont la plaine de Tessala, la vallée de l'oued Sarno, les terres alluvionnaires de la Mekerra. Une longue suite d'habitations forme les faubourgs de la ville, caractérisés par des implantations de communautés ethniques à côté des exploitations de maraîchage. Se remarque ainsi un village espagnol, un village nègre, une communauté alsacienne et allemande…

Les fermes des colons souvent isolées prennent la forme de petites maisons blanchâtres et tristes. Elles occupent de vastes superficies de labour et de vigne, elles sont très nombreuses, et en conséquence fort dispersés dans la vaste plaine ondulée. Le concours agricole organisé en avril 1883 à Sidi Bel Abbès est une réussite indéniable qui fait connaître autant la quantité que la qualité des productions agro-pastorales de l'Oranais : les spécimens de races d'élevage bovines, chevalines et ovines, les instruments agraires à l'instar des modèles de charrues, les machines opérationnelles comme les moissonneuses et batteuses à vapeur, enfin les récentes prouesses de l'industrie agricole font merveille. L'image de la ville pionnière qui ne compte que deux décennies d'existence apparaît pour la première fois, sérieuse, appliquée à l'essor agricole et à ses aménagements urbains. La plaine de Sidi Bel Abbès représentée par des grandes fermes modèles et les constructions mécaniques de la ville rivalise pleinement avec la grande plaine aval du Sig, ou encore Mina et Habria.

Le départ.

L'indépendance de l'Algérie en 1962 est un traumatisme pour la France et ses unités militaires. Elles doivent, comme les civils, quitter Sidi Bel Abbès. Pour la légion, le coup est encore plus violent puisque la ville est l'un de ses centres de commandement, fondé en 1842. En partant, elle brûle le pavillon chinois qui, pris en 1884 à Tuyen Quang (pendant la conquête du Tonkin), ne devait pas quitter Sidi bel-Abbès, emporte la main de bois du capitaine Danjou, les reliques du musée du Souvenir et exhume les cercueils du général Rollet (Père de la Légion), du prince Aage de Danemark et, symboliquement, du légionnaire Heinz Zimmermann, dernier tué d'Algérie, qui seront transférés à Puyloubier, près de Marseille.

Sources :

  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.
  • Georges Bensadou, Sidi-bel-Abbès naissance d’une ville, L’Algérianiste, septembre 1996.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • L’armée d’Afrique, Collectif, Ed. Lavauzelle, 1980.
  • Site www.legion-etrangere.com du Ministère de la Défense.
Rue Mascara.

Rue Mascara.

Le Grand café.

Le Grand café.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 25 Mai 2016

Le général Forget, André Santini, Frédéric Rignault.

Le général Forget, André Santini, Frédéric Rignault.

Le jeudi 19 mai s’est déroulée en la salle multimédia de la mairie d’Issy-les-Moulineaux, une conférence sur le thème : « Nos armées au temps de la Ve République ».

 

Elle était animée par Monsieur le général de corps aérien Michel Forget, Grand’Croix de la Légion d’honneur.

 

Elle avait été précédée d’un mot d’accueil de Monsieur André Santini, ancien ministre, député-maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Cette conférence était fondée sur un livre écrit par le général et publié aux editions Economica : www.economica.fr

 

 

Depuis le début de la Ve République, nos armées ont dû s’adapter sans cesse aux contraintes de situations stratégiques essentiellement fluctuantes auxquelles se sont ajoutées plus récemment celles d’un manque de plus en plus grave de ressources financières. Le général Forget en évoque les conséquences en s’attardant sur les réductions drastiques imposées à leur format par deux fois en 2008 et 2013 et sur les retards qui s’accumulent dangereusement sur la modernisation de leurs armements et équipements. Il en analyse les raisons afin de dégager les axes d’effort conditionnant le redressement qui s’impose aujourd’hui avec l’émergence de la menace du terrorisme islamiste et l’extension au territoire national des théâtres d’opérations.

Ce livre est aussi pour l’auteur l’occasion de rendre un hommage appuyé à nos armées qui, par-delà les faiblesses et les failles qu’elles révèlent aujourd’hui se situent au tout premier rang des armées de l’Union européenne grâce à l’expérience exceptionnelle qu’elles ont acquise du fait de leur engagement quasi permanent tant sur le continent qu’à l’extérieur, grâce aussi à leur professionnalisme et aux qualités intrinsèques de discipline et de réactivité qui sont les leurs.

***

Le général de corps aérien (2e section) Michel FORGET a fait une carrière complète d’officier pilote de chasse. Depuis qu’il a quitté le service actif en 1983, il se consacre à des études sur la défense. Il a publié cinq ouvrages ainsi que de nombreux articles traitant de questions militaires. Il est correspondant de l’Institut de France (Académie des sciences morales et politiques).

Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.
Nos armées au temps de la Ve République.

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Publié le 14 Mai 2016

Guerre franco-chinoise. Halte de la colonne française à Lang-Son.

Les origines de la guerre.

Les origines de la conquête française de l’Indochine remontent aux implantations françaises sous Louis XVI en 1785 (entre autres des missions catholiques). Elle est véritablement lancée par Napoléon III sous le Second Empire et systématisée par Jules Ferry, sous la Troisième République. Des premières tentatives d’occupation eurent lieu dans le delta du Mékong. La France, depuis 1860, s’était lancée dans une politique active de colonisation en Extrême-Orient. Dès l’année 1862, un premier traité de Saigon signé avec l’empereur d’Annam reconnaissait la souveraineté des Français sur les provinces du Sud, qui formèrent la Cochinchine.

Bien qu’un deuxième traité de Saigon signé en 1874 ouvrit le fleuve Rouge à la libre circulation, les Pavillons Noirs harcelaient les navires de commerce français au début des années 1880. Cette milice, levée par Liu Yongfu (un Chinois originaire du Guangxi) gênait fortement le commerce français.

Aussi, le gouvernement de la République, en la personne de Jean-Bernard Jauréguiberry (à l’origine un officier de marine basque devenu homme politique), ministre de la Marine, envoya un petit corps expéditionnaire au Tonkin pour nettoyer la vallée du fleuve Rouge des Pavillons Noirs. La cour de l’empereur Qing vit l’arrivée de cette armée européenne comme une menace pour ses frontières, émit une protestation et se prépara à la guerre.

La prise du Tonkin.

Le capitaine de vaisseau Henri Rivière, commandant trois canonnières et sept cents hommes, prit la citadelle d’Hanoï, capitale du Tonkin, le 25 avril 1882, comme l’avait fait Francis Garnier en 1873 (aussitôt reprise, le corps de l’officier ayant été retrouvé quelques jours plus tard, tué par les Pavillons Noirs, qui l’avait décapité, émasculé et dont ils avaient retiré le cœur !). Le 27 mars 1883, il prit Nam Dinh, mais la faiblesse des effectifs dont il disposait entraîna la répétition des événements de 1873.

Deux mois plus tard, Les Pavillons Noirs encerclèrent Hanoï. Rivière fit une sortie le 16 puis une autre le 19, au cours de laquelle il fut tué. La mort de Rivière déchaîna les bellicistes de la Chambre des Députés à Paris. Jules Ferry confia alors les deux divisions navales d’Extrême-Orient au contre-amiral Courbet qui arriva le 18 août 1883 à l’improviste devant Thuân-an, le port de Hué, qu’il bombarda.

Le 25 août 1883, par le traité de Hué, l’empereur d’Annam cédait le Tonkin à la France, sous la forme d’un protectorat. La Chine rejeta le traité et envahit la province du Tonkin. Bien qu’aucun des deux pays n’eût formellement déclaré la guerre, les opérations militaires commencèrent à l’automne 1883. Lors de la campagne de Bac Ninh, les forces françaises s’emparèrent des citadelles de Son Tay et Bac Ninh sur le fleuve Rouge.

La guerre.

Le 11 mai 1884, la Chine acceptait la convention de Tianjin puis le 9 juin, le traité de Hué, qui assurait le protectorat français sur l’Annam et le Tonkin. Ce protectorat s’organisait avec la création de l’Escadre d’Extrême-Orient et du Corps du Tonkin.

Cependant, le 23 juin 1884, des forces chinoises attaquèrent par surprise une colonne française à Bac-Lé. Cette colonie, menée par le lieutenant-colonel Dugenne, avait été envoyée pour occuper le pays, en accord avec le traité de Hué. Au cours de l’accrochage, 20 soldats français furent tués dont le lieutenant Genin et les capitaines Jeannin et Clemenceau. Du côté chinois, on releva plus de 300 cadavres. Cela mena à une prolongation de la guerre, surtout quand il apparut que les Chinois n’avaient nullement l’intention de payer l’indemnité de guerre.

Bien que les commandants des forces terrestres et navales françaises aient fortement sollicité une attaque directe sur Pékin, la capitale des Qing, le Président du Conseil, Jules Ferry restreignit les opérations à l’Indochine et au sud de la mer de Chine méridionale, craignant qu’une telle agression provoque une réaction des autres puissances européennes, et particulièrement du Royaume-Uni et de l’Empire de Russie. La marine nationale mit sur pied l’Escadre d’Extrême-Orient pour la durée de ce conflit.

La Marine française, sous le commandement du vice-amiral Amédée Courbet, bloqua les ports de Kilung (Keelung) et Tamsui sur l’île de Formose (aujourd’hui Taïwan), avant de tenter un débarquement contre les troupes impériales (auquel Joseph Joffre, futur maréchal de France, participa en tant que capitaine du génie) qui échoua le 6 août 1884 (NDLR – il existe toujours un cimetière militaire français à Keelung).

La bataille de Fuzhou se plaça au cœur des opérations effectuées sous le commandement de Courbet sur la rivière Min entre le 23 et le 29 août 1884. Elle vit la destruction en une demi-heure de la marine chinoise ancrée dans cette rade, récemment construite sous la supervision d’un Français, Prosper Giquel. Courbet bombarda ensuite l’arsenal de Fuzhou, écrasa les batteries de la passe Mengam et détruisit les forts de la passe Kimpaï. Cette victoire, la dernière victoire navale française du 19e siècle, se fit au prix de seulement dix tués et quarante-neuf blessés. Le 1er octobre 1884, Courbet – qui venait de recevoir ses galons d’amiral – revint une deuxième fois devant Kilung et enleva la ville, puis le 29 mars 1885, il occupa les îles Pescadores, chapelet d’îles au large de Formose, qui commande le détroit de Fou-Kien, entre Formose et le continent. Courbet fut dès lors considéré comme un héros national, mais sa santé déclinait, rongé depuis deux ans par le choléra. Il mourut à bord de son navire, le Bayard, le 11 juin 1885. Le docteur Doué annonça : « Messieurs, l’amiral Courbet est mort ».

Au Tonkin, la mousson mettait fin aux offensives françaises, permettant aux Chinois d’avancer dans le delta. Ils firent le siège de la forteresse de Tuyën Quang qui fut défendue par un bataillon de la Légion étrangère pendant 36 jours. Cette bataille est toujours célébrée dans la marche officielle de la Légion.

En février 1885, un corps expéditionnaire français, composé de deux brigades, marcha vers le haut Tonkin et conquit Lang Son. Une des deux brigades quitta la ville pour venir en aide aux assiégés de Tuyên Quang. Le commandant de la brigade restante cherchant à contrer l’offensive des Chinois, lança une attaque de l’autre côté de la frontière et fut défait à la bataille du col de Zhennan. Se retirant de Lang-Son, les Français stoppèrent une contre-attaque à la bataille de Ky Lua. Cependant, son commandant, le général de Négrier étant blessé dans l’action, son remplaçant ordonna, peut-être sous l’effet de la panique, que Lang Son soit rapidement abandonnée le 28 mars 1885. Alors, la brigade se débanda vers le delta du fleuve Rouge, abandonnant l’essentiel des gains réalisés durant la campagne de 1885. Quant à la ville de Lang Son, elle fut reprise quelques mois plus tard.

Ce revers militaire conduit le commandant du corps expéditionnaire, le général de division d’infanterie de marine Louis Brière de l’Isle, à croire que le delta lui-même était menacé. Ses rapports alarmistes à Paris entraînèrent la chute du ministère Ferry le 30 mars 1885, sous d’effroyables huées politiciennes.

Dans les jours suivants, Brière de l’Isle réalisé que la situation était moins compromise qu’il ne le pensait. Cependant, le nouveau gouvernement s’efforça de mettre fin aux opérations. La défaite, que les Français appelèrent « l’affaire du Tonkin » fut un scandale politique majeur pour les partisans de l’expansion coloniale. Ce ne fut que dans les années 1890 que le parti colonial reprit l’ascendant dans l’opinion.

L’Indochine française.

Malgré cette retraite, les opérations terrestres virent le succès des Français au Tonkin, tandis que les victoires navales de la France forcèrent la Chine à reconnaître sa défaite. Le traité de paix, d’amitié et de commerce mettant fin à la guerre fut signé le 9 juin 1885. La Chine reconnaissait alors le traité de Hué et abandonnait sa suzeraineté sur l’Annam et le Tonkin.

La France était déjà présente en Cochinchine et au Cambodge. Avec l’Annam (et le Laos), elle contrôlait tout l’est de la péninsule indochinoise. En 1887, fut créée l’Indochine française, réunissant la Cambodge et les trois entités issues du territoire vietnamien.

Il est à noter que cette épopée fut racontée par le lieutenant de vaisseau Pierre Loti. Il avait embarqué en mai 1883 sur l’Atalante pour participer à la campagne du Tonkin. Il fit publier le récit, heure par heure, de la prise de Hué dans Trois journées de la guerre en Annam, dans le journal Le Figaro.

Sources :

  • Georges Fleury, La Guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Recherches dans les archives des Bulletins de l’Ecole français d’Extrême-Orient d’archéologie.
  • Recherches biographiques André Malraux.
  • Recherches sur l’histoire de la presse française en Indochine.
  • Extraits du journal Le Figaro du 28 décembre 1993.
  • Encyclopédie en ligne Wikipédia.
  • Encyclopédie en ligne Larousse.
  • Site Internet : « papiers-de-chine.over-blog.com »
  • Jacques Chancel, La nuit attendra, Flammarion.
  • Jean Meyer et Martine Acerra, Histoire de la marine française, Rennes Editions Ouest-France.
  • Michel Vergé-Franceschi, Dictionnaire d’histoire maritime, Ed. Robert Laffont.
  • Les Français en Indochine, des années 1830 à la fin de la Seconde Guerre mondiale, par Jean-Pierre Duteil, professeur à l’université de Paris VIII.
  • Articles de l’écrivain Pierre Loti, in Le Figaro.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 1 Mai 2016

La Patrouille de France ouvrant le défilé 2015 au dessus des Champs Elysées - Copyright 20 Minutes

La Patrouille de France ouvrant le défilé 2015 au dessus des Champs Elysées - Copyright 20 Minutes

Monsieur André Santini, ancien ministre, député-maire d’Issy-les-Moulineaux, Monsieur Marie-Auguste Gouzel, maire-adjoint honoraire, conseiller municipal délégué aux Affaires militaires, et le comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux – Vanves ont le plaisir de vous inviter à la conférence donnée par Monsieur le général de corps aérien, Michel FORGET, Grand Croix de la légion d’honneur,

Jeudi 19 mai 2016, à 18h30.

Mairie d’Issy-les-Moulineaux

Salle Multimédia.

62, rue du général Leclerc à Issy.

sur le thème : « Nos armées au temps de la Ve République ».

 

Cette conférence sera suivie d’une dédicace de son ouvrage éponyme.

Le Souvenir Français compte sur vous !

 

Pour vous rendre à la mairie d’Issy, voici quelques indications :

  • Métro : ligne 12 – Station Mairie d’Issy.
  • Parking : Mairie.
  • Bus : 123, 169, 190, 290, 323 – Arrêt : Mairie d’Issy.

 

 

 

Frédéric RIGNAULT

Président du Comité d’Issy – Vanves du Souvenir Français

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine

Commandant dans la Réserve citoyenne du Gouverneur militaire de Paris.

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