Publié le 15 Juin 2009


Le lundi 8 juin 2009, en présence de Monsieur le ministre-maire, André Santini, des représentants des associations d'anciens combattants, et de vétérans, dont Monsieur Giacomo Signoroni, ci-dessus, un hommage a été rendu à tous les isséens qui ont fait le sacrifice suprême au cours de la Guerre d'Indochine. Isséens, dont voici les noms :
 

BAILLOT Charles
BARTHEL René
BLOT Roger
BORDIER Claude
BORD  Victor
BOURIEZ Gérard
BROUET Nadi
CHAVIGNY DE LA CHEVROTIERE H.
CITE Claude
DUPONT Pierre
EOZENOU Jean
ESTEVE Henri
FLAGEUL Robert
GOURDIN Roland
HULOT Léopold
LAGACHE Jean
LAVARDE Yves
LEBLANC Jean
MAGNAVAL Emile
NONCLERC Maurice
PARRAIN René
PREAUD Roger
PUCCI Pierre
ROUGIER André
SAVARY Robert
VARLET Roger
VERRIER Roger
VERRON Maurice
VIBART Armand
ZINANI Alexandre


Retrouvez les photographies de cette commémoration dans l'album intitulé : "2009-06-08, Indochine".

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Publié le 10 Juin 2009

 

Le jeudi 28 mai 2009, devant le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français, le général Jean-Claude Ichac a présenté deux films de son père, Marcel Ichac

 

"Tempête sur les Alpes"

 

« Je souhaiterais, au travers de deux films de mon père, quelques jours après le 64ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945, rendre hommage à des combattants souvent oubliés, ces chasseurs alpins qui, pendant l’hiver 44/45, ont redonné à la France ses frontières des Alpes en les arrachant de haute lutte aux « Gebirgsjäger », les chasseurs de montagne allemands, qui les tenaient depuis plus de quatre ans. Un montagnard comme eux les accompagnait, non pas militaire mais civil, non pas porteur d’un quelconque armement mais muni de sa seule camera, Marcel Ichac.

 

Il était né en 1906, avait, dans les années vingt, accompli son service militaire au 153ème Régiment d’Infanterie de Forteresse, à l’époque en occupation en Sarre, et avait en 1939 été mobilisé au S.C.A. : le Service Cinéma des Armées, compte tenu de la quinzaine de films qu’il avait déjà réalisée. Démobilisé, il s’était installé en Haute-Savoie, à Megève, et, quand à partir d’août 1944, à la suite du débarquement de Provence, les vallées des Alpes furent peu à peu libérées, il rejoignit l’un de ses amis et compagnon de cordée, le lieutenant-colonel Alain Le Ray qui, à 34 ans, commandait la 7ème demi-brigade alpine, nouvellement formée, qu’il allait emmener jusqu’aux portes de Turin. Ces images on fait l’objet d’un film intitulé : « Tempête sur les Alpes ».

 

 

"Les Etoiles du Midi"

 

« La paix revenue, Marcel Ichac continua à réaliser des films documentaires de ski, de montagne et d’exploration. Il fut en effet, toujours avec sa camera, aux côtés de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l’Annapurna, du commandant Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge ou plus tard au Pérou. Mais c’est en 1959 qu’il put enfin réaliser son grand projet : tourner, en haute montagne, un grand film de fiction avec deux idées directrices. D’une part faire de la montagne non pas un simple décor mais la considérer comme le principal personnage du film, d’autre part ne pas essayer d’apprendre à des comédiens les gestes du grimpeur, mais faire rejouer à des alpinistes des scènes dont ils avaient été les acteurs ou les témoins, non pas en studio mais sur les lieux-mêmes, avec pour conséquence que l’équipe technique de tournage du film, elle aussi, devait être composée de montagnards chevronnés ! Et c’est ainsi que naquirent « Les étoiles de midi ». Mais dans un souci d’authenticité, il voulut aussi montrer que la montagne n’était pas seulement un terrain de jeu pour alpinistes en quête d’exploits sportifs ou d’absolu, mais qu’elle pouvait, aussi, être le théâtre de cette monstruosité inventée par les hommes et qui s’appelle « la guerre ». Mais la guerre peut être aussi le révélateur des plus belles qualités humaines : camaraderie, sens du devoir, héroïsme… Et Marcel Ichac choisit pour illustrer cet aspect d’inclure dans son film l’incroyable aventure du « Prisonnier de la Ronce » : trois alpinistes, en mission de reconnaissance, aperçoivent un soldat ennemi. Lequel semble être un escaladeur chevronné. Le « Gebirgsjäger  n’a pas vu les trois Français, tout occupé à grimper. Peu de temps après, prenant un couloir praticable, l’Allemand tombe sur les Français et se retrouve prisonnier. La reconnaissance des crêtes se poursuit. Entre les quatre soldats une fraternité d’alpiniste se créé. Pour autant, avant de redescendre vers le camp, le « Gebigsjäger » préfère se jeter dans le vide et faire une chute de près de 500 mètres ! Le plus incroyable étant que le jeune Allemand réussit, en dépit de plusieurs blessures, à se relever et s’enfuir. Il n’est pas question pour lui de ne pas rentrer à son campement. Pas question pour lui d’imaginer un seul instant que ses officiers puissent penser qu’il déserte. »

 

 

Une poignée de mains historique.

 

« Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Le film « Les étoiles de midi » rencontra un grand succès à sa sortie dans les salles, tant auprès du public que de la critique, obtenant, entre autres distinctions, le Grand prix du Cinéma Français, ancêtre de nos Césars ! La carrière internationale du film fut elle aussi remarquable au point que, fin 1961, une chaîne de télévision allemande basée à Munich le programma, en « prime time » comme on dit maintenant. Et, peu de temps après, le directeur de la chaîne reçut une lettre d’un téléspectateur bavarois, ancien médecin militaire, lui confirmant d’abord la véracité de l’épisode du « Prisonnier de la Ronce », lui-même ayant servi dans la même unité sanitaire que le Caporal-chef Hörnle, mais surtout lui donnant l’adresse de ce denier qui, toujours vivant, habitait aux environs du lac de Constance. Tout de suite, l’idée germa de faire se rencontrer les anciens adversaires.

 

Mais qui étaient les trois français qui effectuaient en fait ce jour-là ce que l’on appelait dans l’armée une « reconnaissance d’officiers », et qu’étaient-ils devenus ? Le directeur de la chaîne posa la question au réalisateur du film et il eut par retour la réponse qu’il espérait: le plus jeune était le Lieutenant de réserve Jacques Boell qui poursuivait une carrière civile (tout près d’ici, en fait, à Clamart !), après avoir raconté ses souvenirs de guerre dans un livre magnifique, « Eclaireurs-skieurs au combat »,  le deuxième, le capitaine Stéphane, héros des maquis de Belledonne, dans le Dauphiné, était plus tard tombé au champ d’honneur en Indochine. Et le troisième ? Le troisième, c’était leur chef, le Lieutenant-colonel Le Ray, le premier officier à s’être évadé de la fameuse forteresse allemande de Colditz en Saxe, l’un des fondateurs du maquis du Vercors et l’ancien commandant de cette 7ème demi-brigade de chasseurs alpins, à trois bataillons, les glorieux 6ème, 11ème et 15ème B.C.A. Il était toujours en activité et allait bientôt accéder aux étoiles de général. Et qui plus est, il était attaché militaire près notre ambassade en… Allemagne fédérale, à Bonn, près de Cologne !

 

Et c’est donc sans difficulté que la chaîne de télévision, la « Bayerische Rundfunk », put organiser, au cours d’une soirée de gala en février 1962, les retrouvailles des anciens adversaires. Et l’accolade que se donnèrent ce soir-là le futur général Le Ray, qui devait être promu plus tard Grand-croix de la Légion d’honneur, et le Caporal-chef Hörnle, Croix de fer de 1ère classe, valait bien la poignée de main qu’échangeaient, à la même époque, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer pour sceller, après trois guerres en moins d’un siècle, l’amitié franco-allemande !"

   

 

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Publié le 6 Juin 2009

 

 

Formation.

 

 

 

Roger Derry nait dans le département de l’Orne. Très jeune, il devient un militant de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Au cours de sa formation religieuse, il étudie dans divers établissements dont le Séminaire Saint-Sulpice d’Issy-les-Moulineaux. Prêtre en 1930, il devient directeur du Bon Conseil, après en avoir été un membre actif pendant de nombreuses années.

 

Le Bon Conseil, situé rue Albert de Lapparent à Paris, est un lieu fondé en 1894 par l’abbé Esquerré et qui poursuit aujourd’hui encore ses trois missions initiales : intégration de groupes et de mouvements catholiques tels que des scouts, des guides, des petits chanteurs ; développement personnel et collectif grâce aux activités sportives ; développement culturel des élèves grâce à l’action de l’Association culturelle.

 

 

La résistance.

 

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, l’abbé Roger Derry devient aumônier de la 6ème D.I.N.A. et de la 40ème Division d’Infanterie. Croix de Guerre avec palmes, après les combats de la campagne de France, il revient à Paris après l’armistice du 17 juin 1940. Ce jour-là le maréchal Pétain s’exprime à la radio : « Je fais à la France le don de ma personne. (…). C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat ». L’abbé Roger Derry entre alors courageusement en résistance.

 

Son engagement est malheureusement de courte durée. Dénoncé, il est arrêté le 9 octobre 1941. Après moult interrogatoires, dont on peut bien imaginer les circonstances, l’abbé Derry est déporté, condamné à mort à Düsseldorf le 1er septembre 1943 et exécuté avec une grande sauvagerie : il est décapité à Cologne le 15 octobre 1943.

 

 

 

La dernière lettre.

 

(Extrait des archives du Bon Conseil).

 

L’abbé Derry écrit à Monseigneur Chevrot, curé de Saint-François Xavier.

 

« Mon Cher Monsieur le Curé,

Je suis à quelques jours, peut-être à quelques heures de ma mort. Dieu est bien bon qui me donne une grande paix et cette joie de l'esprit dont parle l'auteur de l'Imitation. Il n'y a rien pour la nature : le corps est brisé, le cœur est meurtri, mais l'âme est dans les hauteurs. Je ne cesse de remercier le bon Dieu qui, dans son immense bonté, m'a redonné tant de ferveur. J'aurais pu mourir, sinon dans le péché, du moins dans la tiédeur que la trop grande activité extérieure risquait d'entraîner. Or, la paille des cachots, le jeûne le plus rigoureux, les humiliations et les misères de toutes sortes, la solitude, tout ce que Dieu dans sa Providence a permis pour mon bien, joint à la prière et à l'oraison continuelle, m'ont conduit sur des sommets où il fait beau et bon. Ma vie depuis deux ans n'a été qu'une messe continue et ce sera bientôt après l'immolation du Calvaire, la communion la plus intime et l'action de grâces éternelles. (…).

 

Comme Dieu est bon ! Car ma confiance est plus grande que la crainte que je pourrais concevoir à cause de mes péchés. Je demande cependant vos prières et des messes pour toutes celles que je n'aurai pas dites (c'est surtout cela qui fut ma grosse souffrance et qui est aussi l'objet de mes craintes).

 

Je vous demande pardon de n'avoir pas été ce que j'aurais dû être, comme je demande pardon à tous ceux à qui involontairement j'aurais pu faire de la peine ou causer quelque tort. Je n'ai toujours voulu que le bien : si je me suis trompé dans les moyens, je me rattraperai bientôt en me donnant pour tous.

 

Quels regrets de ne pouvoir plus me livrer à l'apostolat, et de savoir que ma vie est terminée ici-bas. Le bon Dieu l'avait-il marquée si courte ? Mes responsabilités ne sont-elles pas très grandes d'avoir réduit ma vie qu'il voulait pour lui seul plus longue ? ... Mais je dépasse et j'abandonne ces craintes pour me jeter le plus complètement possible en Dieu.

 

J'offre ma vie pour toutes les grandes causes que j'aurais voulu mieux servir, pour Dieu, pour l'Église, pour la France, pour ma chère paroisse Saint François-Xavier, où je suis si souvent par la pensée, pour mon cher Bon-Conseil, pour tous ceux que j'aime.

 

Puisse ma mort être ma messe la mieux célébrée, la plus généreusement et la plus joyeusement offerte. Je vais bientôt, Cher Monsieur le Curé, voir Celui que, malgré tout, j'ai tant aimé. Je vais enfin l'aimer comme j'aurais voulu l'aimer toute ma vie, et j'espère, de là-haut, faire plus de bien que je n'en ai fait ici-bas ...

 

J'aurais encore tant de choses à vous dire. Mon cœur est plein à déborder et je suis obligé de terminer. (Si vous saviez dans quelles conditions je griffonne ce mot !... les bottes !...) Je pense à tous, je n'oublie personne. Je prie pour tous. J'ai tant aimé ! Mais il me semble que j'aime bien mieux encore et bientôt, de là-haut, comme je vous aiderai !

 

Comme Dieu est bon de me faire finir sur la paille d'un cachot, dans le dénuement le plus absolu, mais que j'aime, dans l'extrême pauvreté et l'obéissance. Comme la prière et l'oraison sont faciles. Mon bréviaire que j'ai pu dire presque toujours a été ma grande consolation, ma nourriture quotidienne avec l'Imitation de Jésus-Christ. Je n'avais jamais autant goûté les Psaumes.

 

Je demande encore pardon à tous ceux que j'aurai pu contrister. Priez beaucoup pour moi ! Demandez à mes chers confrères la charité de messes. Et puis, à bientôt, au ciel !... où je suis déjà par la pensée et le désir. Je me permets de vous embrasser très filialement. Je vous redis toute mon affection et puis devinez tout ce que je ne dis pas mais dont mon cœur est plein.

 

Dieu soit béni et vive la France !

 

ROGER

Le 2 Septembre 1943 »

 

 

 

 

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Publié le 1 Juin 2009

 

Christian Poujols, président de la section d’Issy-les-Moulineaux de l’Union Nationale des Combattants, a participé à la guerre d’Algérie en tant que parachutiste au sein de la 10ème Division parachutiste. Sur le terrain d’aviation « La Cigogne », près de Blida, il a assisté à une aventure incroyable.

 

 

 

 

« C’était le 23 septembre 1958. J’étais en Algérie depuis quelque temps déjà. Dans les régiments de parachutistes, il y a plusieurs catégories de sauts : des sauts de jour, de nuit, avec ou sans armes… Et puis, chaque année nous avions des sauts d’entretien.

 

L’avion de l’époque était le Nord Atlas 2501. C’était un avion à tout faire : il pouvait aussi bien prendre des passagers civils que militaires ; des marchandises ou des équipements pour l’armée. Une de ses particularités consistait en l’ouverture du fuselage à l’arrière. Cela offrait une possibilité multiple de largages, au même titre que ses transports. Je crois qu’il avait été surtout construit sous licence par la SNECMA (à l’origine, c’était une conception de la Société Nationale de Construction Aéronautique du Nord ou SNCAN).

 

Alors voilà. L’avion décolle de La Cigogne, son chargement et le largueur à bord. Un gars du 1er REP (Régiment Etranger de Parachutistes).  Le largage devait se faire sur la zone de saut du terrain d’entraînement. Cela faisait partie des exercices habituels des largueurs, du contrôle du matériel… Lequel largueur sautait systématiquement, en saut d’entretien, après avoir « basardé » le matériel.

 

L’opération commence. Tout semble normal. Nous sommes au sol. Nous regardons l’exercice par simple routine. D’un seul coup, à l’arrière de l’appareil, c’est la stupéfaction : l’avion traine le parachutiste derrière lui ! On voit bien que le gars du 1er REP n’a pas pu sauter car les suspentes de son parachute sont restées accrochées à je ne sais quoi au cœur de l’avion. La tour de contrôle prévient le pilote qu’il doit atterrir immédiatement. Vous imaginez un peu le message du contrôleur aérien au pilote de l’Atlas : « Reviens vite, le para que tu devais larguer vole derrière toi ! ». Je suppose que le gars avait essayé de couper les suspentes pour ensuite utiliser son ventral. En vain.

 

L’avion atterrit. Il bloque ses freins pour parcourir le minimum de terrain, avec son délicat paquetage. On se précipite vers le para, persuadé que nous sommes en présence d’un gars mort ou déchiqueté. Et là : point de mal ! Le parachutiste est relevé, puis placé sur un brancard et zou : dans une ambulance. On ne lui trouva que deux côtes cassées ! »

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 20 Mai 2009


Formation musicale.

 

 

 

 

Vincent d’Indy nait à Paris le 27 mars 1851, au sein d’une famille aristocrate, formée de possédants et de militaires, et originaire de la région du Vivarais (sud de l’Ardèche). Les d’Indy sont de ces milieux de la grande bourgeoisie parisienne, qui vouent leur temps aux affaires et aux mondanités. La musique tient une grande place dans leur vie. Antonin, le père de Vincent, est violoniste amateur. Sa grand-mère, Rézia d’Indy, épouse de Théodore d’Indy, chef d’escadron dans la Garde royale, est une pianiste avertie. Elle a suivi les cours de professeurs prestigieux comme Jean-Louis Adam et Kalkbrenner. C’est elle qui assure l’éducation et la formation musicale du jeune Vincent.

 

Entre 1862 et 1870, Vincent d’Indy étudie le piano avec Louis Diémer, l’harmonie avec Albert Lavignac, puis au hasard d’un déménagement avenue de Villars (dans le quartier des Invalides à Paris), la famille d’Indy fait la connaissance du compositeur Henri Duparc. Aîné de trois ans de Vincent, les deux jeunes hommes se lient d’amitié. Leur rencontre est fructueuse et pendant les années 1870, ils travaillent ensemble presque quotidiennement.

 

En 1869, année de l’obtention de son baccalauréat, Vincent d’Indy voyage en Suisse, en Autriche et en Italie.

 

La Guerre franco-prussienne.

 

Mais l’heure est à la guerre. En juillet 1870, l’empereur Napoléon III déclare la guerre à la Prusse. Après quelques semaines, les ennemis sont aux portes de Paris. Vincent d’Indy n’hésite pas et s’engage dans la Garde nationale. Il est affecté au Bataillon 105 qui tient garnison au fort d’Issy. Il n’a pas oublié que sa famille compte de nombreux militaires et il tient lui-aussi, à servir sa patrie comme l’a fait un bon nombre de ses aïeux. Il participe aux combats, avec courage, ce qui lui vaut de recevoir les galons de caporal et une citation. Dans un livre, publié en 1872, intitulé Histoire du 105ème bataillon de la garde nationale en 1870-71 par un engagé volontaire dudit bataillon de dix-neuf ans, il raconte ses souvenirs et pleure la capitulation de l’Armée française : « J’assure que, tous, nous aurions consenti à souffrir encore trois fois plus pour ne pas subir une honte pareille… ».

 

 

Premières œuvres.

 

Même si Vincent d’Indy a déjà publié quelques œuvres à la fin des années 1860, comme les Quatre romances sans paroles, Angoisse, La Chanson des aventuriers de la Mer, sa production démarre après le conflit franco-prussien. Il devient l’élève du grand compositeur César Franck, puis il voyage en Allemagne. Il découvre Franz Liszt et Johannes Brahms. A Bayreuth, on lui autorise, grâce à une porte dérobée, de visualiser, de dos, le grand Richard Wagner.

 

En 1875, Vincent d’Indy épouse sa cousine, Isabelle de Pampelonne. Par la suite, et jusqu’en 1878, il tient plusieurs postes, dont la maîtrise d’orgues de Saint-Leu la Forêt. Il continue à composer et, en 1885, il obtient le Grand Prix de la ville de Paris pour son poème dramatique, Le Chant de la Cloche. Cinq années plus tard, à la mort de César Franck, il est élu président de la Société Nationale de Musique (il en était le secrétaire depuis 1876). Il devient également professeur au Conservatoire de Paris et est fait chevalier de la Légion d’honneur.

 

 

La Schola Cantorum.

 

En 1894, avec ses compagnons Charles Bordes et Alexandre Guilmant, il créé la Schola Cantorum. Au départ, cette école a pour vocation l’étude de la musique religieuse, mais peu à peu, elle devient une école d’enseignement de très haute tenue. Erik Satie, Isaac Albéniz, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Edgard Varèse, Albert Dupuis, en sont élèves. Leur célébrité et leur génie musical sont la meilleure des illustrations des enseignements reçus.

 

A partir de 1904, et jusqu’à sa mort, Vincent d’Indy est le directeur de cette école.

 

Des tournées triomphales.

 

En 1895, Vincent d’Indy réalise des tournées en Espagne, en Belgique, aux Pays-Bas. Il est bientôt fait chevalier du roi Léopold de Belgique ; partout, ce n’est que triomphe et acclamation du public. En 1905, il tourne aux Etats-Unis, à la tête de l’Orchestre symphonique de Boston. Il y interprète des œuvres d’artistes contemporains : César Franck, – qu’il défend avec passion – Gabriel Fauré, Ernest Chausson ou encore Albéric Magnard.

 

Son épouse rend son âme à Dieu la même année. Vincent d’Indy se réfugie encore et toujours dans le travail. En même temps, il prépare des représentations à l’Opéra de Paris, étudie des musiques religieuses comme la messe en si de Jean-Sébastien Bach, et compose des opéras et autres pièces.

 

En 1912, il est fait officier de la Légion d’honneur. Il devient membre de l’Académie royale d’Angleterre, de la Société pour la Promotion de la Musique aux Pays-Bas, de la commission pour l’enseignement de la musique de la ville de Paris. Il est aussi membre du jury du Conservatoire de musique de Lyon, entre 1906 et 1922.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, il reste à Paris, avenue de Villars, dans cet appartement qu’il habite depuis sa tendre enfance. Il fait la connaissance de Caroline Janson, une jeune pianiste (trente-six ans les séparent) qui devient élève avant de l’épouser en 1920. Le couple fait construire une villa, à Agay, sur les bords de la Méditerranée. Vincent d’Indy délaisse alors le château familial des Faugs à Boffres en Ardèche.

 

Vincent d’Indy continue, pendant les dernières années de sa vie, à mêler composition et enseignement musical, défendant une certaine « moralité » de l’œuvre artistique. Il s’éteint à Paris, le 2 décembre 1931. Apprenant sa mort, le journaliste du Journal de Genève, Henri Gagnebin indique : « Et maintenant l’infatigable travailleur prend son repos ».

 

Œuvres.

 

Parmi les nombreuses œuvres de Vincent d’Indy, il convient de noter : La Forêt Enchantée, Jour d’été sur la montagne, Wallenstein, en musique orchestrale ; des Sonates pour piano, pour violon et violoncelle, en musique de chambre ; Le Chant de la Cloche, en musique vocale ; Attendez-moi sur l’orme, Le Rêve de Cinyras ou encore la Légende de Saint-Christophe, parmi les cinq opéras composés par ses soins.

 

Des disques d’œuvres de Vincent d’Indy sont disponibles, aux Editions EMI ou Erato.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871

Publié le 12 Mai 2009

En ce vendredi 8 mai, Issy-les-Moulineaux a commémoré la fin de la Seconde Guerre mondiale (64ème anniversaire). En présence d'André Santini, ministre-maire, de Frédéric Lefebvre, député, des présidents des asociations d'anciens combattants et de nombreux élus et de personnalités, parmi lesquelles il convient de citer Michel Leclerc de Hautecloque, fils du général Philippe Leclerc, et devant les troupes des unités parrainées par la ville, notre ami Robert Choffé a reçu la médaille militaire, en reconnaissance de son engagement en 1944 et sa participation aux combats, dont la libération de l'île d'Oléron. Retrouvez toutes les photographies de l'évènement dans l'album intitulé "2009-05-08, Issy".
 


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Publié le 5 Mai 2009

 

Le commander Alexander Tesich, à gauche de l’ancien président américain George W Bush, lors d’une commémoration au cimetière américain du Mont Valérien.

 

 

L’association “Veterans of Foreign Wars of the United States” (VFW), est une organisation officielle de vétérans de l’armée américaine. Elle regroupe ainsi près de 1,5 millions de membres, ce qui en fait la plus importante organisation de ce genre dans ce pays.

 

Pour pouvoir appartenir à cette organisation, il faut être citoyen américain, avoir servi dans l'armée américaine et avoir été congédié de manière honorable de l'armée. Il faut de plus avoir servi dans l'armée dans un corps expéditionnaire à l'étranger durant un conflit et avoir été décoré d'une médaille ou d'un ruban. Parmi ces décorations se trouvent la SSBN Deterrent Patrol Insignia, le Combat Infatryman Badge, le Combat Medic Badge, le Combat Action Ribbon, le Combat Action Badge, l'Air Force Combat Action Medal et l'Air Force Expeditionary Service Ribbon (avec le bord doré).

 

Il est également suffisant d'avoir servi durant 30 jours consécutifs ou soixante jours non consécutifs en Corée. Les soldats qui sont actifs en zones de combat peuvent prétendre à l'organisation. L'organisation est reconnue officiellement par le Congrès américain depuis 1936. L'organisation a un poids électoral assez important et en profite pour réaliser un peu de lobyying au niveau du gouvernement américain pour améliorer les avantages des vétérans (pensions, soins de santé). L'organisation redistribue des montants importants d'argent à différentes associations sociales.

 

Son quartier général se situe aux Etats-Unis, 406 West 34th Street, à Kansas City dans l’Etat du Missouri. L’adresse internet de son site officiel est www.vfw.org

 

A Issy-les-Moulineaux, son siège est la Maison du Combattant, 4, rue du général Leclerc et elle est dirigée par le commander Alexander Tesich, vétéran américain de la Seconde Guerre mondiale.

 

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Publié le 25 Avril 2009

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Les débuts.

 

A l’armistice de 1918, l’aviation militaire française comptait 10.000 appareils dont 3.800 en ligne, répartis en 288 escadrilles, 3.000 appareils en écoles et 3.000 en réserve. Notre industrie aéronautique était la première au monde. Elle employait 190.000 personnes et avait produit pendant les quatre années de guerre 50.000 avions et 90.000 moteurs ! Ces chiffres traduisent le spectaculaire et foudroyant développement d’une aviation qui était encore dans les limbes en 1914 avec à peine 160 avions en ligne.

 

Les premiers textes officiels la concernant se situent en effet au début des années 1910. En octobre 1910, avait été créée une inspection de l’aéronautique chargée de suivre les progrès de l’aviation et d’en étudier les applications au domaine militaire. Deux ans plus tard, en mars, une loi avait été promulguée fixant les grandes lignes de l’organisation de notre aviation militaire.

 

Au début du conflit, bombardement et observation étaient les premières et seules missions envisagées pour l’aviation, et ce, aussi bien côté Français qu’Allemand. A la mi-août 1914, des appareils français bombardaient les hangars à dirigeables de la base de Metz, tandis qu’en septembre, Paris subissait son premier raid aérien – quelques bombes larguées (de fait, des obus de 90mm) sans causer de dommages significatifs. De telles actions n’eurent aucune influence sur le cours des événements. Plus important en revanche allait être le rôle de l’aviation d’observation : le 3 septembre 1914, un de nos appareils confirmait l’infléchissement vers le sud des colonnes allemandes, lesquelles se détournaient ainsi de la capitale. Même s’il ne fut pas le seul, ce renseignement devait conduire le général Joffre à donner le signal de la contre-offensive. Et ce fut la victoire de la Marne.

 

En novembre 1914, était constitué le premier groupe de bombardement, le GB1, suivi de trois autres entre cette date et mars 1915. Ces groupes étaient équipés d’appareils Voisins, biplans, biplaces, volant à une vitesse de 90 km/h, équipés d’un moteur de 80 CV dont l’hélice, placée à l’arrière présentait l’avantage d’offrir une grande visibilité verticale. En mai 1915, un raid de 18 de ces appareils était dirigé contre des usines d’armement de Ludwigshafen, laissant entrevoir ainsi le rôle stratégique de l’aviation.

 

L’action aérienne dans les domaines évoqués devait entraîner une réaction, celle de l’artillerie visant à s’opposer aux survols ennemis et surtout celle d’avions cherchant à abattre en vol les appareils de l’adversaire. C’est ainsi que le 5 octobre 1914, un équipage français (sergent-pilote Frantz et son mécanicien Quenault) remportait, pour la première fois au monde, une victoire aérienne en abattant au fusil mitrailleur de bord un biplace allemand. Un nouveau rôle se dessinait pour l’aviation : la chasse ! Un rôle qui eut d’abord du mal à s’affirmer en l’absence de toute étude sur le tir aérien.

 

 

Verdun.

 

C’est la bataille de Verdun – février à décembre 1916 – qui allait imposer définitivement le fait aérien dans la conduite des opérations militaires. L’offensive allemande déclenchée fin février reposait en effet sur l’engagement d’une puissante artillerie dont le réglage devait être assuré par des observateurs installés dans des ballons captifs. Le total était protégé par une flotte de près de 300 avions concentrés sur la zone et destinés à interdire toute intrusion d’appareils cherchant à détruire lesdits ballons captifs, voire les avions allemands chargés eux aussi de régler les tirs d’artillerie. L’enjeu était déterminant pour la réussite de l’offensive en question. Devant cette situation, le général Pétain convoquait un pilote très expérimenté, le commandant de Rose. Il lui ordonnait de rassembler les meilleurs pilotes de chasse afin de balayer l’aviation allemande du ciel de Verdun. S’engageait alors une bataille aérienne, la première du genre, dont le sort allait conditionner celui de la bataille au sol. La notion de bataille aérienne en vue d’acquérir la supériorité aérienne, préalable nécessaire au succès des armes, faisait son entrée dans l’Histoire. Elle ne la quittera plus.

 

Quant à notre aviation de chasse, elle acquérait à Verdun ses lettres de noblesse. Sa spécificité et son importance étaient désormais reconnus. Les premiers groupes de chasse étaient officiellement créés en octobre 1916, réunissant plusieurs escadrilles sous un même commandement afin de pouvoir agir en concentrant au maximum les forces.

 

 

Le développement de l’aviation militaire.

 

Notre aviation militaire devait connaître à partir de 1916 un développement considérable, conséquence de l’expérience acquise et aussi des rapides progrès techniques enregistrés dans tous les domaines de l’aéronautique.

 

L’aviation de bombardement partageait ses missions, d’une part, entre les attaques de concentrations de troupes, les cantonnements, les voies de communication et d’autre part, le bombardement à caractère stratégique avec une tendance de plus en plus marquée, pour ce dernier, aux raids de nuit. A l’automne 1917 cependant, la mise en service d’un nouvel appareil de bombardement – et de reconnaissance – plus puissant, plus rapide et mieux armé que ses prédécesseurs, le Bréguet XIV, permettait de relancer les bombardements de jour, notamment ceux à caractère stratégique : blocus du bassin lorrain, raids de représailles massifs sur les villes du Rhin, en liaison avec l’aviation britannique.

 

L’aviation de reconnaissance connaissait une évolution analogue et inaugurait les missions de reconnaissance stratégique de nuit.

 

L’aviation de chasse, de son côté, équipée à partir de 1917 d’un remarquable appareil, le Spad VII, affirmait son concept d’emploi. Aux missions de chasse à caractère offensif, elle ajoutait celles de couverture aérienne afin à la fois d’interdire à l’adversaire le survol de certaines zones et, d’assurer la protection de l’aviation d’observation.

 

Bombardement, reconnaissance, chasse : l’aviation militaire moderne était née. En 1918, toutes ses principales missions avaient été définies et défrichées. Afin de respecter le principe fondamental de concentration des forces, les unités aériennes étaient de plus en plus lourdes. Ainsi, en février 1918, après les escadrilles, puis les groupes, les premières escadres rassemblant sous un même commandement plusieurs groupes étaient créées. Au mois de mai suivant, naissait la Division aérienne, à savoir un ensemble de 600 appareils, moitié chasse, moitié bombardement et reconnaissance, grande unité mise à la disposition du Grand Quartier Général ou d’un groupe d’armées en vue d’une action donnée.

 

A partir d’août 1918, l’aviation était jetée en masse dans la grande bataille terrestre. Chaque offensive devait être appuyée par une force aérienne de 300 à 500 appareils : couverture de la zone d’offensive, actions de bombardements sur les arrières de l’adversaire, appui reconnaissance, appui feu rapproché des troupes par le mitraillage des tranchées adverses. En septembre 1918, ce furent même 1.500 appareils qui furent engagés en appui aussi bien direct qu’indirect de l’offensive du Corps d’armées américain destiné à éliminer le saillant de Saint-Mihiel.

 

En novembre 1918, notre aviation militaire était la première au monde. En cinq années, près de 16.450 pilotes et 2.000 observateurs avaient été formés. Elle avait acquis une expérience exceptionnelle. Elle avait contribué puissamment à la victoire, au prix de près de 5.500 pilotes tués du fait de l’ennemi ou par accident. Pour beaucoup, elle était destinée, de par l’importance de son rôle et la spécificité de ses conditions d’emploi, à constituer une armée à part entière. Ce sera l’objet d’âpres discussions et de polémiques désastreuses, pendant de nombreuses années avec les conséquences que l’on sait en 1940. Mais c’est déjà une autre histoire…

 

 

 

Général Michel Forget.

 

 

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(*) Le général de corps aérien Michel Forget, isséen, a fait une brillante carrière d’officier pilote de chasse. Il a assumé tous les commandements correspondants à sa spécialité. Il a quitté le service actif en 1983 après avoir commandé pendant quatre ans la Force Aérienne Tactique. Auteur de plusieurs ouvrages (« Puissance aérienne et stratégies » - 2001, « Guerre froide et guerre d’Algérie » - 2002, « Notre défense dans un monde en crise » - 2006, « Du Vampire au Mirage » - 2007), il est correspondant de l’Académie des Sciences Morales et Politiques et a été Vice Président national du Souvenir Français.

 

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Publié le 10 Avril 2009


Ernest, en uniforme allemand et Adèle Lerdung, née Burgy, et leurs enfants : Lucien, Bernard et Marguerite.


 

Le Traité de Francfort

 

Le 10 mai 1871, le traité de Francfort est signé entre la toute nouvelle République française et l’Empire allemand. Il stipule que la France doit verser une indemnité de guerre de 5 milliards de francs or. En gage, l’est du pays est occupé (il le sera jusqu’en 1873). Et une partie de l’Alsace et de la Lorraine est annexée. Ce nouveau territoire va rapidement devenir le sujet majeur de la pensée collective française : il convient, dès que les armées seront reconstituées, de récupérer au plus vite la chère Alsace-Lorraine.

 

 

L’Alsace-Lorraine

 

L’Alsace-Lorraine est un territoire à part au sein de l’Empire allemand. Ce n’est pas un Etat ou une région, mais une province régie directement par les organes de l’Empire. Dans les faits, les lois allemandes votées par le Conseil Fédéral de l’Empire s’appliquent au lendemain de l’annexion. S’ensuit un double mouvement de population : de nombreux Français émigrent. Il leur suffit bien souvent de passer la frontière et de se poser à quelques kilomètres de là où ils étaient installés. Des villes comme Nancy ou Belfort voient leur population croître rapidement. Dans le même temps, de nombreux Allemands s’installent dans cette nouvelle « annexe » de l’Empire. Pour autant, il ne s’agit pas d’une migration massive, même si elle est plus importante dans des cités comme Metz (dont une partie est reconstruite à cette époque) que dans la région de Strasbourg.

 

Pour les Allemands, l’Alsace-Lorraine représente un nouveau territoire, qui leur appartient, soit, mais il y subsiste une population et une « manière de vivre » qui vont souvent à l’encontre des habitudes, des manières, d’outre-Rhin. Pour les Français, il convient de faire le moins de concessions possibles. D’ailleurs, l’association le Souvenir Français nait à ce moment-là, grâce à l’énergie d’un Alsacien-Lorrain émigré à Neuilly-sur-Seine : Xavier Niessen. Il croit, avec quelques amis, que le culte des morts pour la France pendant la Guerre franco-prussienne, et l’entretien de leurs tombes, peuvent et doivent constituer le trait d’union capable de conserver dans les esprits le sentiment d’unité nationale. En Alsace-Lorraine, le développement de l’association et l’enthousiasme qu’elle provoque sont tels que celle-ci est dissoute en 1913.

 

 

A la veille de la Première Guerre mondiale

 

A la suite de l’attentat de Sarajevo et de ses conséquences dans le jeu des alliances européennes, le 3 août 1914, l’Empire allemand déclare la guerre à la République française. « Nach Berlin » est-il écrit sur les wagons qui emmènent les soldats sur le front. Pour la France, cette guerre n’est qu’une histoire de semaines.

 

La population d’Alsace-Lorraine est-elle à ce moment-là farouchement opposée aux Allemands ? Très difficile à estimer. Il y a, comme toujours, des minorités d’un côté et une majorité silencieuse de l’autre. Des groupes germanophiles se forment tandis que d’autres revendiquent le rattachement à la France « d’avant », donc un refus d’intégrer l’armée du Reich. Mais, parce que la vie est ainsi faite, des Allemands, souvent fonctionnaires de l’Empire, se sont installés et ont fondé des familles. Ils sont totalement intégrés. Et dans les écoles, pour mieux se comprendre, la langue allemande est favorisée.

 

Pourtant, après les premières batailles, il en va tout autrement. Une haine sourde nait entre les deux populations. Les Allemands multiplient les vexations vis-à-vis des habitants de l’Alsace-Lorraine. Et puis, comme dans toutes les provinces de l’Empire, la région annexée est contrainte de fournir des bataillons de soldats : les Alsaciens-Lorrains sont généralement méprisés, considérés comme des « moins que rien » et sont envoyés combattre sur le Front russe, où ils servent en première ligne.

 

 

Ernest Lerdung

 

Ernest Lerdung est Alsacien, originaire du village d’Aspach (sud du département du Haut-Rhin, vers Altkirch). Comme ses concitoyens, il est enrôlé dans l’Armée allemande.

 

Selon son petit-fils, Claude, Ernest Lerdung est fait prisonnier par les Français. Plutôt que de rester dans un camp militaire, il donne son accord pour travailler pour la France et son effort de guerre. Il est alors envoyé à Issy-les-Moulineaux et œuvre dans la fabrication de cartouches pour le fusil Lebel, chez Gévelot. Cette société est à l’époque l’un des gros employeurs de la région. Développée par la famille du même nom en 1825, l’usine fabrique d’abord modestement des cartouches pour les fusils de chasse. A la fin du Second Empire, en 1867, elle se lance dans la mise au point et l’industrialisation de munitions de guerre. Les conflits franco-allemands permettant à cette activité un essor sans précédent…

 

 

 

C’est en travaillant dans ces usines, qu’Ernest Lerdung, au cours d’un accident, perd la vie. C’était le 19 octobre 1918. Il avait 28 ans.

 

Ernest Lerdung, Alsacien-Lorrain, ayant commencé la guerre, contre son gré sous l’uniforme allemand, l’a poursuivie en soutenant la France, sa patrie d’origine. Quelques mois plus tard, un tribunal le déclare « Mort pour la France ». Il est enterré au cimetière d’Issy-les-Moulineaux, dans le carré militaire.

 

 

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Publié le 4 Avril 2009

Le dimanche 22 mars 2009, une délégation du Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français s’est rendue en Picardie pour visiter les champs de bataille de la Somme qui ont vu, pendant la Première Guerre mondiale, l’Armée britannique, et ses alliés du Commonwealth, se battre aux cotés des Français contre les troupes du IIème Reich.

 

La journée a commencé par la visite de Mémorial du bois de Delville, dédié aux troupes sud-africaines qui s’y sont battues en 1916. Chargée par l’armée britannique de faire face au 4ème Corps d’armée allemand, la brigade sud-africaine, forte de plus de 3.000 hommes, tient le bois pendant 4 jours et 4 nuits, allant jusqu’aux corps à corps. A la relève, seuls 142 hommes sortent de ce carnage…

 

Ensuite, notre délégation a visité l’Historial de la Grande Guerre de Péronne et est passée sur les hauts lieux de mémoire de l’Armée britannique (monument de Thiepval, la Grande Mine, cimetières de Guillemont, de Pozières…). La journée s’est terminée par un dépôt de gerbes à la chapelle de Rancourt, érigée en mémoire du jeune lieutenant Jean du Bos, mort pour la France. La chapelle est aujourd’hui administrée par le Souvenir Français.
 

Retrouvez toutes les photographies de notre voyage en Picardie dans l’album éponyme.




La chapelle du Souvenir Français à Rancourt (Somme).
 

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