Publié le 5 Août 2009

 

Le général de Gaulle à Alger – Juin 1958.

 

 

Les débuts de la guerre d’Algérie.

 

Dans notre histoire contemporaine, le mois de mai 1958 revêt une importance particulière. Cela fait près de trois ans et demi que la France doit faire face à ce que l’on appelle à l’époque les « événements d’Algérie » et qui se traduisent par des « opérations de maintien de l’ordre ». Nous avons heureusement l’honnêteté aujourd’hui de parler de guerre.

 

En novembre 1954, il en est tout autre. A la tribune de l’Assemblée nationale, le président du Conseil, Pierre Mendès-France déclare : « À la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse. Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle. On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la Nation et l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie font partie de la République, ils sont français depuis longtemps. Jamais la France, jamais aucun parlement, jamais aucun gouvernement ne cédera sur ce principe fondamental. L'Algérie, c'est la France et non un pays étranger que nous protégeons. »

 

En 1955, l’état d’urgence est décrété et les premiers contingents de militaires appelés sont envoyés en Algérie. Les massacres, de part et d’autre, bien souvent dans des proportions sans aucune commune mesure, sont fréquents.

 

En 1956, les combats – les escarmouches, guérilla ou encore coups de force – se déroulent maintenant partout aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Il ne s’agit pas d’emplois de forces conséquentes à proprement parler mais d’accrochages allant de quelques individus à plusieurs centaines. Il s’agit également d’attentats. La guerre d’Algérie n’est pas la situation d’une armée en ligne contre une autre. Pour la métropole, l’appel au contingent est systématique et les débarquements de soldats se multiplient. Le pouvoir confie le commandement militaire à un général chevronné, ayant fait ses preuves aussi bien à la fin de la Seconde Guerre mondiale qu’en Indochine : Raoul Salan.

 

1957 est marquée par la reprise en mains des villes. Se déroule, entre autres, la bataille d’Alger à partir du mois de janvier, sous les ordres du général Salan. Elle se solde par une victoire complète de l’Armée française, au prix, parfois, et comme dans tous les conflits, d’atrocités certaines. Mais, d’un point de vue diplomatique et politique, la France est montrée du doigt et perd peu à peu pied face à une population musulmane qui n’est pas acquise à sa cause. Il convient d’ajouter une opinion mondiale qui condamne cette guerre qui aux yeux d'un bon nombre d’observateurs n’est devenue qu’une « guerre de décolonisation » ou une émancipation du peuple algérien.

 

 

L’aspirant-médecin Jean Marcel N’Guyen-Thanh-Giung

 

Jean Marcel N’Guyen-Thanh-Giung est né à Saigon le 20 septembre 1930. Habitant Issy-les-Moulineaux, il est rattaché de ce fait au Bureau militaire du département de la Seine. Médecin-aspirant de la 102ème Section d’Infirmiers militaires basée à Oran, de la 12ème Division d’Infanterie, il est tué à l’occasion d’une embuscade, le 11 mai 1958 en Algérie.

 

 

Mai 1958.

 

Au début du mois de mai 1958, l’histoire s’accélère. Le gouvernement de Félix Gaillard vient de chuter. Pendant quelques semaines, c’est l’incertitude, alors que les combats ont repris. Le 10 mai 1958, Alain de Sérigny, directeur du journal l’Echo d’Alger, lance un appel au général de Gaulle. Le même jour, le ministre-résident Robert Lacoste quitte l’Algérie. Le plus haut représentant de la métropole vient de disparaître.

 

Le lendemain, des soldats français sont attaqués et massacrés. Pierre Pflimlin est pressenti pour former le nouveau gouvernement, alors que chacun sait sa volonté de négocier une sortie de crise en Algérie. A Alger, les « Pieds-Noirs » – près d’un million de métropolitains installés souvent depuis plusieurs générations – manifestent. Le général Massu qui s’est vu remettre par Félix Gaillard les pleins pouvoirs, civils et militaires, demande aux députés de surseoir à l’élection de Pierre Pflimlin, et fait parvenir à Paris un télégramme : « Exigeons création à Paris d’un gouvernement de salut public, seul capable de conserver l’Algérie partie intégrante de la métropole ».

 

Les députés refusent cette intrusion militaire dans le pouvoir législatif et exécutif et votent pour Pflimlin. Le lendemain, le même général Massu recommence et publie une conjuration au général de Gaulle : « Le comité de salut public supplie le général de Gaulle de bien vouloir rompre le silence en vue de la constitution d'un gouvernement de salut public qui seul peut sauver l'Algérie de l'abandon».

 

Le 15 mai 1958, le général Raoul Salan, toujours commandant de l'armée en Algérie, prononce, sur proposition du gaulliste Léon Delbecque, qui se trouve à ses côtés : «Vive la France, vive l'Algérie française, vive le général de Gaulle !». C’est un triomphe. Alors, depuis se retraite de Colombey-les-Deux-Eglises, Charles de Gaulle fait savoir qu’il est prêt à « assumer les pouvoirs de la République ». Le président de la République René Coty demande à l’Armée française en Algérie d’obéir à la République, de ne pas écouter Massu et Salan, et de rentrer dans le rang. Il n’est pas entendu.

 

Puis, le 27 mai, alors que la Corse a déjà décidé de former un Comité de Salut Public et de soutenir les insurgés d’Alger, le général de Gaulle fait indiquer : « J’ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l’établissement d’un gouvernement républicain. » L’opposition – Pierre Mendès-France, François Mitterrand, Jacques Duclos, Edouard Daladier – crie au scandale et au coup d’Etat.

 

Le 1er juin, René Coty fait publier le communiqué suivant : il fait appel au «plus illustre des Français... Celui qui, aux heures les plus sombres de notre histoire, fut notre chef pour la reconquête de la liberté et qui, ayant réalisé autour de lui l'unanimité nationale, refusa la dictature pour établir la République».

 

Charles de Gaulle forme immédiatement un gouvernement d’union nationale, où figurent des représentants de partis politiques aussi bien de gauche que de droite, avec pour mission de régler les affaires en Algérie et de mettre au point une nouvelle constitution. Il fait à Alger le premier voyage de sa présidence du Conseil et prononce le désormais fameux : « Je vous ai compris ! ».

 

La constitution de la Vème République est approuvée par référendum (79,2 % pour le « oui ») le 28 septembre 1958 et le 21 décembre de la même année, le général de Gaulle est élu, par un cortège électoral, premier président de la toute nouvelle république.

 

Trois ans et demi plus tard, l’Algérie est indépendante.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 26 Juillet 2009


 



Roger Fleury, ancien combattant, président de la FNACA d'Issy-les-Moulineaux.

 


Créée en pleine guerre d'Algérie, le 21 septembre 1958, la FNACA, Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, est l'association spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord. Comme le stipule l'article 2 de ses statuts, elle est indépendante à l'égard des pouvoirs publics et de tout parti politique.

 


Elle regroupe à ce jour 371.121 adhérents rassemblés dans 3.560 comités locaux ou cantonaux. Peuvent adhérer tous ceux ayant pris part à la guerre d'Algérie, aux combats du Maroc et de Tunisie, leurs veuves, ascendants et orphelins ainsi que les pupilles de la Nation.

 

Ses Buts :

 

  • - Défendre les droits matériels et moraux de tous ceux ayant pris part à la guerre d'Algérie et aux combats du Maroc et de Tunisie (1952-1962).
  • - Agir en faveur de la Paix en commémorant la date du 19 mars 1962, cessez-le-feu ayant mis fin officiellement à la guerre d'Algérie. 

L'action prépondérante de la FNACA a déjà permis :

 

  • - L'obtention de la reconnaissance de la qualité de combattant et l'attribution de la carte du combattant aux anciens d'Afrique du Nord (9 décembre 1974) ainsi que la reconnaissance officielle de la Guerre d'Algérie (18 octobre 1999).

 

Actuellement, la FNACA demande au gouvernement de reconnaître officiellement le 19 mars 1962 comme Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement, non fériée, non chômée, dédiée à la mémoire des 30 000 soldats français tombés en Afrique du Nord et à celle de toutes les victimes civiles.

  

 

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Publié le 26 Juillet 2009


A gauche : Michel Villenfin, porte-drapeau et trésorier ; à droite : Christian Poujols, président de l’UNC à Issy-les-Moulineaux.


 

L’Union Nationale des Combattants (UNC) est la plus ancienne des associations d’anciens combattants.

 

En 1917, le Père Brottier, aumônier militaire (cinq citations militaires dont une à l’ordre de l’Armée) convainc le président du Conseil Georges Clemenceau de la nécessité de fonder une association de combattants afin que ces derniers, blessés, convalescents, en permission ou encore de retour dans leurs foyers, puissent être selon la formule consacrée « unis comme au front ». Un journal est créé : « La Nouvelle France ».

 

Le Père Brottier, qui plus tard – en 1923 – sera le fondateur des Apprentis Orphelins d’Auteuil – reçoit l’appui du général Durand, héros de la défense du Grand Couronné de Nancy au début de la Grande guerre. Parmi les réalisations de l’association, il convient de citer :

 

  • - Création de la Fédération Interalliée des Anciens Combattants en 1920.
  • - La proposition de la retraite mutualiste, officiellement créée par la loi du 4 avril 1923.
  • - Fondation de la Caisse Autonome de Retraite des Anciens Combattants en 1924.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’UNC est placée en sommeil. Après la Libération, l’association reprend son activité. Les guerres de décolonisation lui apportent de nouveaux combats et de nouvelles missions, comme la reconnaissance des soldats français « Morts pour la France » au-delà de la date des Accords d’Evian en 1962 pour la Guerre d’Algérie (des combats se sont poursuivis jusqu’en 1964 en Algérie et en Afrique du Nord).

 

En 1997, l’UNC est devenue un Fédération qui intègre les  « Soldats de France » et par un protocole d'accord de 2007 les veuves de guerre (AEVOG).

 

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Publié le 18 Juillet 2009



Il y a du changement dans le comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux. Après plus de six années de présidence, Gérard RIBLET passe la main. Nous tenons à le remercier pour son dévouement et sa disponibilité.


Voici le nouveau bureau :

 

- Président d'honneur : général Roland GLAVANY.


- Présidents honoraires :

  - Général Jean-Claude ICHAC.

  - Gérard RIBLET.

- Président : Frédéric RIGNAULT.


- Trésorier : Gilles GUILLEMONT.


- Secrétaire : Thierry GANDOLFO.


- Porte-drapeau : Marcel LECONTE.

La nouvelle adresse est : 10, avenue Bourgain - 92130 Issy-les-Moulineaux - Tél. : 01 45 29 04 71
Adresse email : sfdg92@neuf.fr

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Publié le 12 Juillet 2009


 

Les infirmières, qui furent également baptisées « anges blancs », ont beaucoup apporté pendant le premier conflit mondial. Au nombre de 200.000 dans les troupes alliées, des milliers d’entre-elles se sont sacrifiées pour sauver des soldats. Ainsi au cœur du carré militaire d’Issy-les-Moulineaux, demeure une femme au milieu de centaines d’hommes… Il s’agit de Marguerite Montet, infirmière militaire, morte pour la France, le 22 septembre 1918.

 

Les Sections d’infirmiers militaires.

 

Les Sections d’infirmiers militaires sont dirigées par des médecins, qui peuvent avoir des galons différents selon leur âge, leurs années de services (…). Ils ont le titre de médecin attaché devant leur grade.

 

Les Sections d’infirmiers militaires sont des entités du Service de Santé des Armées et sont des éléments organiques de corps d’armée, au même titre que l’état-major, les sections du train des équipages, les secrétaires, le recrutement, les commis et ouvriers militaires d’administration ou encore les légions de gendarmerie. Les Sections d’infirmiers comportent bien entendu des infirmiers, et aussi des brancardiers, des chauffeurs, des médecins, des aides-soignants, des auxiliaires. Des infirmières également.


Il y a des années de cela, pour la revue « Je sais tout », le journaliste Paul Fuchs interrogea Charlotte Maître, infirmière militaire pendant la Grande guerre : « Il y a deux sortes d'infirmières : les unes dépendent d'associations libres et donnent gracieusement leur concours à l'État ; les autres, dont je suis, sont réellement incorporées dans l'armée et sont des soldats, en tout et pour tout. Assimilées aux officiers subalternes, nous touchons les mêmes rations qu'eux, nous voyageons avec les mêmes feuilles de route. Nous n'avons sur eux qu'un avantage, une indemnité d'habillement de cent francs par an ».

 

La Croix-Rouge.

 

La Croix-Rouge française, créée en 1864, se matérialise via plusieurs entités : la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM) et le Comité des Dames de la SSBM. Des scissions interviennent qui donnent naissances à deux autres œuvres : l’Association des Dames de France (ADF) et l’Union des Femmes de France (UFF).

 

Dès les premiers jours du conflit, la SSBM se rend sur les champs de batailles. A l’arrière, l’ADF et l’UFF œuvrent à l’organisation d’hôpitaux militaires provisoires et/ou auxiliaires. En 1918, on dénombre près de 1.400 hôpitaux. De nombreuses écoles, lycées, des châteaux (Chenonceau par exemple), sur tout le territoire national, sont transformés en unités de soins et de repos, en sanatorium ou encore en centres de tris pour l’envoi de colis aux soldats.

 

Ce sont près de 68.000 femmes qui s’engagent au sein de la Croix-Rouge française pour défendre la France et son armée.

 

Les religieuses.

 

Au même titre qu’il existe au sein de l’armée un service des aumôneries militaires, de très nombreuses religieuses se portent volontaires pour aider et soigner les blessés. Sœur Gabrielle à Clermont-en-Argonne, sœur Julie à Gerbéviller, sœur Cléophas de l’hôpital de Rochefort-en-Yvelines, sœur Thérèse, qui accompagne le corps expéditionnaire français dans les Dardanelles en 1915, les Sœurs franciscaines Missionnaires de Marie qui œuvrent à Paris, sont restées parmi les plus célèbres.

 

Il faut également mentionner les sœurs des ordres religieux originaires des pays alliés et qui interviennent sur le front.

 

Les religieuses reçoivent des décorations, comme la Médaille de la Reconnaissance française ou la Médaille des Epidémies (et de nombreuses décorations étrangères). Elles sont aussi citées à l’Ordre du corps d’armées ou de l’armée, comme Victoire Perrin, de l’ordre des Sœurs Hospitalières de Saint-Charles de Nancy : « Supérieure à l’hôpital de Blâmont, est restée à la tête de la maison pendant toute l’occupation allemande. D’une charité et d’un dévouement sans bornes, a donné ses soins, en pleine bataille des 14 et 22 août 1914, aux blessés français. Par la suite, au cours de la campagne, a caché à plusieurs reprises des patrouilles égarées dans les lignes allemandes et les a aidées à regagner nos lignes, sans souci des représailles ennemies auxquelles elle s’exposait.»

Les Armées alliées.

Il convient de distinguer les services de santé des armées présentent sur le sol français pendant la Première Guerre mondiale des associations caritatives et des dons de personnalités étrangères à l'Armée française.

Comme pour le Service de Santé de l'Armée française, des hôpitaux militaires de campagne et des centres de convalescence sont constitués sur réquisition de l'Administration par les armées belges, américaines, anglaises et troupes du Commonwealth (Canada, Inde, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Irlande du Nord...). C'est l'explication, par exemple, de la présence de nombreuses tombes belges dans le petit village d'Avon-les-Roches en Touraine.

Les interventions des YMCA (Young Men's Christian Association) anglaises et américaines, des oeuvres caritatives canadiennes, sud-africaines, ou encore australiennes, des dons de familles telles que les Rockefeller ou les Gould, sont primordiaux pour suppléer ou aider les infirmières militaires.

 

Quand les Etats-Unis lèvent un corps expéditionnaire pour aider son alliée la France, en 1917, il y a déjà presque trois ans que l'association américaine American Ambulance Field Service fournit des véhicules modernes pour le front occidental. Et au moment où ce même corps expéditionnaire quitte le port de New-York, il est accompagné de bataillons entiers d'infirmières.

Autre exemple : les ladies de la Société londonienne se dévouent corps et âmes pour créer et administrer des antennes en Belgique et dans le nord de la France, payant elles-mêmes les matériels et les médecins.

 

Le dévouement au soldat, de quelque origine qu'il soit.


Les services de santé agissent d'abord et principalement pour leurs armées. Mais il ne faut pas oublier que la Convention de 1906 pour l'amélioration du sort des blessés et malades dans les armées en campagne, signée à Genève, est généralement respectée et est associée à un esprit "chevaleresque" encore présent dans les conflits.

De fait, il n'est pas rare que les infirmières soient désignées pour s'occuper de blessés ennemis récupérés sur le champ de bataille.

C'est le cas d'Elisabeth Ridell Henderson, infirmière écossaise, qui raconte, bien des années plus tard, une demande particulière de sa supérieure : "Dans la matinée, un jeune scout est venu dans l'aile en saluant brièvement. Avec une étincelle espiègle dans les yeux, il m'a dit : "Ma soeur, la directrice veut vous voir dans son bureau immédiatement". Il savait très bien qu'un tel message a le don de mettre une personne à l'envers ! Voici ce que la directrice avait à me dire : "Ma soeur, il faut que vous prépariez vos bagages immédiatement : je vous envoie à une école dont nous avons pris possession afin de préparer les lieux pour que nous puissions recevoir 300 blessés allemands ce soir même". Je suis restée clouée sur place, puis j'ai répondu, désespérée : "Madame, ne pourriez-vous pas envoyer quelqu'un d'autre qui n'ait pas les mêmes sentiments que moi ? Le frère dont je suis le plus proche est porté disparu, le frère de mon fiancé a été tué en ramenant des prisonniers qui s'étaient rendus, et le fiancé d'une de mes soeurs, grièvement blessé, est à l'hôpital de Cambridge, à Aldershot, depuis près d'un an. Je ne pourrai pas toucher aux Allemands !" ai-je lancé fougueusement. La directrice a répondu doucement : "C'est un ordre !".

 

Pourquoi s'engagent-elles ?

Les infirmières s'engagent par devoir, par sentiment patriotique, par fidélité à un amour parti au feu, en souvenir d'un frère, d'un mari, d'un aïeul tombé au champ d'honneur. Les infirmières proviennent de toutes les classes sociales, de tous les milieux : de l'aristocrate à la paysanne, de l'ouvrière à la femme au foyer. Il n'est que de citer Elisabeth, reine de Belgique, Madeleine Jacquemaire, fille aînée du Président Georges Clemenceau, Louise de Bettignies, surnommée la "Jeanne d'Arc du Nord", qui, prisonnière des Allemands, refuse de fabriquer des pièces d'armement pour les ennemis de son pays, et finit par mourir de privations et de maladie dans les geôles du IIème Reich.

Ou encore Edith Cavell, infirmière anglaise, qui organise en 1915 l'évasion de nombreux blessés alliés de la zone d'occupation allemande. Pour ce fait de résistance, elle est arrêtée et exécutée le 12 octobre 1915. "J'ai pensé que c'était mon devoir de faire cela pour mon pays. Je suis anglaise et j'ai agi en patriote".

Léonie Bonnet dans son journal de la Grande Guerre écrit : "C'est dans le travail et la prière, qu'un très grand chagrin dont personne ne peut soupçonner l'existence, peut trouver un certain apaisement. Aujourd'hui plus qu'hier, et demain davantage, je penserai à ces deux mots : "Travail ; prière". (placé en exergue du livre Aimer et travailler, Léonie Bonnet, d'Alexandre Lafond et Céline Piot, Ed. Nérac).

 

Monuments et stèles.


A Pierrefonds, dans le département de l'Oise, le 20 août 1918, un bombardement aérien tue l'infirmière Elisabeth Jalaguier. Depuis, un monument a été érigé en sa mémoire et pour toutes les infirmières tombées au combat : "In memoriam. Gloire aux infirmières militaires de France. Ce monument est érigé dans le parc ou fut tuée Elisabeth Jalaguier".

 

Dans de nombreux édifices religieux se trouvent des stèles à la mémoire du sacrifice de ces femmes merveilleuses, comme par exemple à Paris, sur l'un des piliers de la nef de l'église Saint-Louis de Invalides. A Reims, a été inauguré en 1924, un monument pour les infirmières de la Première Guerre mondiale. A Berck-sur-Mer, le monument représente un Poilu sur un brancard. En dessous figurent ces mots : "Aux infirmières françaises, les combattants reconnaissants".

"Il fallait quand même consoler, distraire, encourager ceux qui, dans les trente lits de la salle, gisaient et souffraient pour la Patrie ; il fallait rire et sourire durant douze heures par jour, mais le soir, dans le dortoir sans feu, bien lasse, si lasse qu'elle avait à peine touché à sa ration, la jeune infirmière tirait alors les rideaux de son alcôve et sanglotait en appelant "sa maman" qui la gâtait si fort et la soignait si bien, elle, la pauvre gosse à peine sortie elle-même de l'enfance" (Louise C., infirmière belge, citée par Hubert Depester dans son ouvrage Nos héros et nos martyrs de la Grande Guerre - Ed. Tamines).

 

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Publié le 4 Juillet 2009

Au micro : Jean Boyer, président des Partisans français de Slovaquie.

 

Les Partisans français de Slovaquie est une association, présidée par M. Jean Boyer, isséen, dont le but est de perpétuer la mémoire de dizaines de Français qui, évadés du STO, ont combattu les troupes du IIIème Reich, au cœur de l’Europe de l’est. Jean Boyer fut l’un de ces Partisans.

 

Plusieurs stèles et monuments rappellent cet incroyable engagement :

 

- place Stefanik, à Paris, une plaque, inaugurée en 1994 pour le 50ème anniversaire du soulèvement des Français de Slovaquie, sur laquelle sont inscrits les mots suivants : « En 1944-1945, 147 évadés de guerre et 55 évadés du STO formèrent sous le commandement du capitaine de Lannurien, une compagnie de l’armée française qui fut intégrée dans la brigade de partisans « général Stefanik » en Slovaquie. Cette compagnie participa aux côtés de l’armée slovaque insurgée et de partisans russes à la lutte contre les nazis dans les Carpates. Elle eut 56 tués et 45 blessés. Elle fut citée à l’ordre de l’armée par le général de Gaulle en décembre 44, lors de son passage à Moscou ».

 

- un mausolée a été bâti à Strecno, en Slovaquie, sur lequel sont inscrites les phrases suivantes : « Que s’épanouisse la fraternité née des flammes de l’insurrection, que les fleurs des champs ornent les tombes des braves. A la gloire éternelle des fils de France portés par la Marseillaise à des exploits héroïques et tombés en vainqueurs dans la lutte commune pour notre bonheur et celui de l’Humanité ».

 

- une vitrine existe également au cœur du musée de l’Ordre de la Libération. Celle-ci reprend des cartes, des témoignages écrits, des décorations et expose les faits des combats des Français aux côtés des Slovaques. La vitrine a été inaugurée en 1981 en présence du ministre des Anciens combattants, M. Meric, d’un représentant du ministre de la Défense, du général Jean Simon, chancelier de l’Ordre de la Libération, le général de Boissieu, ancien Grand chancelier de la Légion d’Honneur, le chef du Service Historique de l’Armée de Terre, M. Sedivi, ambassadeur de Tchécoslovaquie.

 

Le 9 décembre 1944, à l’occasion d’un voyage à Moscou, le général de Gaulle avait écrit  ceci : « Le Groupe des Partisans Français en Slovaquie, magnifique unité, issue de la volonté de reprendre les armes et de participer aux combats libérateurs d’un groupe de Français évadés des geôles allemandes, sous l’énergique impulsion du capitaine de Lannurien, du lieutenant Poupet et du sous-lieutenant Tomasi, participant brillamment aux actions des partisans en Slovaquie, harcelant l’ennemi sans répit, lui causant de fortes pertes et détruisant ses communications.

 

Combattant loin de la Mère Patrie, souvent isolé au milieu des forces ennemies, fait l’admiration de ses camarades russes et slovaques par son ardeur au combat, son audace et ses hautes vertus morales.

 

Constitue un vivant témoignage du patriotisme français.

 

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec palme.

 

De Gaulle. »

 

 

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Publié le 27 Juin 2009

Le Régiment de Marche du Tchad.

Le Régiment de Marche du Tchad est, depuis 1995, l’une des quatre unités militaires parrainées par la ville d’Issy-les-Moulineaux. Les trois autres étant : le chasseur de mines tripartite « Andromède » (depuis 1985) ; l’escadron d’hélicoptère 3/67 « Parisis » (depuis 1990) et le 2ème Régiment d’infanterie de la Garde républicaine, depuis l’an 2000. Chacune de ses unités fera l’objet d’articles sur notre site.

 


Le Serment de Koufra.

 Le Régiment de Marche du Tchad (RMT), unité d’infanterie mécanisée des Troupes de marine, est un régiment récent. Il est créé en 1943 sur une double base : des militaires issus du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad et des métropolitains et européens ralliés en Afrique du Nord à la cause de la France Libre. Intégré à la 2ème Division blindée, commandée par le général Leclerc, le RMT est aussi appelé « Régiment du Serment » pour avoir prononcé – et tenu – le fameux Serment de Koufra le 2 mars 1941 : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Dès lors, les combats commencent : le RMT est en première ligne pour faire face aux troupes de Rommel dans le Fezzan (sud ouest de la Lybie). S’ensuit toute la reconquête du nord de l’Afrique.

 En août 1944, le RMT est le premier régiment français à entrer dans Paris, avant d’entamer la campagne des Vosges. Le 23 novembre 1944, le serment de Koufra est tenu : la ville de Strasbourg est libérée ! Le 12 juin 1945, le RMT est fait Compagnon de la Libération. D’ailleurs, ce sont près de 70 compagnons de l’illustre ordre qui ont appartenu au régiment. Il convient, par exemple, de citer Charles Colonna d’Istria, Jacques Massu, Louis Dio ou encore François Ingold.

 

Guerres de décolonisation

 En 1946, sous le commandement du lieutenant-colonel Massu et du général Leclerc, le RMT débarque en Indochine et libère Hanoï du Vietminh. Entre 1955 et 1959, pour protéger le royaume du Maroc, le RMT intervient dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre.

 

 

Aujourd’hui

 En 1996, le régiment reçoit la fourragère de l’Ordre de la Libération des mains du Président de la République. Les participations à des opérations de paix sont nombreuses : Kosovo, Tchad, Afghanistan. Le 19 août 2008, c’est dans ce pays, que le caporal Melam Baouma perd la vie au cours de l’opération de la vallée d’Uzbine.

 Implanté à Noyon depuis de nombreuses années, le Régiment de Marche du Tchad doit rejoindre d’ici une à deux années ses nouveaux quartiers à Colmar.

 Sa composition est de quatre compagnies de combat mécanisées, une compagnie d’éclairage et d’appui, une compagnie de commandement et de logistique, une compagnie de base et d’instruction, une compagnie de réservistes. Le régiment est, entre autres, doté des matériels suivants : 69 chars AMX 10P, 2 chars AMX-30, 16 VAB HOT, 11 VAB Rang et de postes de tir de missiles Milan et de missiles Eryx.

 Parmi ses nombreuses décorations, il convient de citer la Croix de la Libération, la Presidential Unit Citation, la Croix de Guerre 1939-1945, attribuée avec 4 palmes, la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire.
 

Soldats du RMT – Repas de la commémoration du 90ème anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918.


 

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Publié le 20 Juin 2009

 

Le vendredi 5 juin 2009, la ville d’Issy-les-Moulineaux a honoré le général Jean Combette en lui remettant la médaille de la ville. Il a lui-même remis la médaille du Comité de la Flamme à André Santini, ministre-maire.

 

 

 

Un engagement au service de la France

 

Né le 17 novembre 1925, Jean Combette prend exemple sur son père, mutilé de la Première Guerre mondiale, et s’engage pour défendre la Patrie en 1944. Membre des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), il rejoint ensuite la 1ère Armée du général de Lattre de Tassigny et combat en Allemagne. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est reçu à l’Ecole militaire interarmes de Saint-Cyr-Coëtquidan.

 

A 20 ans, en décembre 1945, nommé sous-lieutenant, il est affecté pour son premier poste à l’Ecole de Saumur. Puis, il est de tous les conflits de décolonisation de la seconde moitié du 20ème siècle : cinq ans en Indochine, où il est l’un des derniers officiers à quitter Hanoi, après même le cessez-le-feu de mai 1954 ; l’Algérie, ou à nouveau pendant près de cinq années il participe à ce que l’on appelle à l’époque « les événements ».

 

Entre 1962 et 1964, il est admis à l’Ecole Supérieure de Guerre. Quatre ans plus tard, direction les Pyrénées, à Tarbes, où il devient le chef de corps du 1er RHP (Régiment de Hussards Parachutistes). Il est ensuite stagiaire du Centre des Hautes Etudes Militaires, et, en 1975, prend la tête du cabinet du général Bigeard, devenu Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense. L’année suivante, il prend le commandement de la 3ème Division blindée en Allemagne puis est nommé en 1980 général de division (général de corps d’armée un an plus tard).

 

En 1986, détaché auprès du Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre, il œuvre pour le rapatriement des corps des militaires français tués pendant la Guerre d’Indochine. A ce titre, et du fait de l’ensemble des actions entreprises, il est également l’un des initiateurs de la nécropole de Fréjus érigée à la mémoire des combattants d’Indochine.

 

Parmi ses nombreuses décorations, il convient de citer : la croix de guerre 1939-1945, celle des T.O.E., la valeur militaire, avec dix citations, dont cinq à l’ordre de l’armée. Enfin, le général Jean Combette est grand croix de la Légion d’honneur et grand croix de l’Ordre national du Mérite. 

 

Le Comité de la Flamme

 

Le Comité de la Flamme, que l’on nomme également l’Union d’associations « La Flamme sous l’Arc de Triomphe » a été fondé le 2 novembre 1923, et reconnu d’utilité publique le 10 novembre 1949. Cette union fédère 760 associations d’anciens combattants et victimes de guerre et a pour but de faire raviver (rallumer signifierait que l’on éteint la flamme alors qu’elle doit brûler perpétuellement), quotidiennement, au crépuscule, la Flamme sur la tombe du Soldat inconnu. Par là-même, ce rituel honore la mémoire de l’ensemble des soldats et combattants français, morts au champ d’honneur.

 

 

« Servir mon pays »

 

En février 2007, présent à l’assemblée générale de la Délégation de Suisse de l’Observatoire Citoyen de Défense et de Protection civile, membre associé de l’Union des Sociétés françaises de Genève, le général Combette avait répondu ceci à une question de Philippe Abplanalp, secrétaire de l’Union : « On m’a demandé (ndlr : en 1999) si je voulais assumer les fonctions de la Présidence du Comité de la Flamme, alors que j’étais disponible. J’ai pensé que c’était l’occasion de continuer à servir mon pays. La flamme a été allumée pour la première fois le 11 novembre 1923, pour le cinquième anniversaire de l’armistice. Mais la tombe elle-même a été inaugurée le 28 avril 1921. Cette flamme ne s’est jamais éteinte. Elle a toujours brillé sous l’Arc de Triomphe. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, même sous l’Occupation allemande, elle a été ravivée tous les soirs par les anciens combattants. Tous les morts au champ d’honneur pour notre liberté, tous ces soldats inconnus sont représentés par le Soldat inconnu. Et lorsqu’on ravive la flamme, c’est un geste d’espérance qui veut dire : « Plus jamais ça ! »

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Publié le 15 Juin 2009


Le lundi 8 juin 2009, en présence de Monsieur le ministre-maire, André Santini, des représentants des associations d'anciens combattants, et de vétérans, dont Monsieur Giacomo Signoroni, ci-dessus, un hommage a été rendu à tous les isséens qui ont fait le sacrifice suprême au cours de la Guerre d'Indochine. Isséens, dont voici les noms :
 

BAILLOT Charles
BARTHEL René
BLOT Roger
BORDIER Claude
BORD  Victor
BOURIEZ Gérard
BROUET Nadi
CHAVIGNY DE LA CHEVROTIERE H.
CITE Claude
DUPONT Pierre
EOZENOU Jean
ESTEVE Henri
FLAGEUL Robert
GOURDIN Roland
HULOT Léopold
LAGACHE Jean
LAVARDE Yves
LEBLANC Jean
MAGNAVAL Emile
NONCLERC Maurice
PARRAIN René
PREAUD Roger
PUCCI Pierre
ROUGIER André
SAVARY Robert
VARLET Roger
VERRIER Roger
VERRON Maurice
VIBART Armand
ZINANI Alexandre


Retrouvez les photographies de cette commémoration dans l'album intitulé : "2009-06-08, Indochine".

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Publié le 10 Juin 2009

 

Le jeudi 28 mai 2009, devant le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français, le général Jean-Claude Ichac a présenté deux films de son père, Marcel Ichac

 

"Tempête sur les Alpes"

 

« Je souhaiterais, au travers de deux films de mon père, quelques jours après le 64ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945, rendre hommage à des combattants souvent oubliés, ces chasseurs alpins qui, pendant l’hiver 44/45, ont redonné à la France ses frontières des Alpes en les arrachant de haute lutte aux « Gebirgsjäger », les chasseurs de montagne allemands, qui les tenaient depuis plus de quatre ans. Un montagnard comme eux les accompagnait, non pas militaire mais civil, non pas porteur d’un quelconque armement mais muni de sa seule camera, Marcel Ichac.

 

Il était né en 1906, avait, dans les années vingt, accompli son service militaire au 153ème Régiment d’Infanterie de Forteresse, à l’époque en occupation en Sarre, et avait en 1939 été mobilisé au S.C.A. : le Service Cinéma des Armées, compte tenu de la quinzaine de films qu’il avait déjà réalisée. Démobilisé, il s’était installé en Haute-Savoie, à Megève, et, quand à partir d’août 1944, à la suite du débarquement de Provence, les vallées des Alpes furent peu à peu libérées, il rejoignit l’un de ses amis et compagnon de cordée, le lieutenant-colonel Alain Le Ray qui, à 34 ans, commandait la 7ème demi-brigade alpine, nouvellement formée, qu’il allait emmener jusqu’aux portes de Turin. Ces images on fait l’objet d’un film intitulé : « Tempête sur les Alpes ».

 

 

"Les Etoiles du Midi"

 

« La paix revenue, Marcel Ichac continua à réaliser des films documentaires de ski, de montagne et d’exploration. Il fut en effet, toujours avec sa camera, aux côtés de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l’Annapurna, du commandant Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge ou plus tard au Pérou. Mais c’est en 1959 qu’il put enfin réaliser son grand projet : tourner, en haute montagne, un grand film de fiction avec deux idées directrices. D’une part faire de la montagne non pas un simple décor mais la considérer comme le principal personnage du film, d’autre part ne pas essayer d’apprendre à des comédiens les gestes du grimpeur, mais faire rejouer à des alpinistes des scènes dont ils avaient été les acteurs ou les témoins, non pas en studio mais sur les lieux-mêmes, avec pour conséquence que l’équipe technique de tournage du film, elle aussi, devait être composée de montagnards chevronnés ! Et c’est ainsi que naquirent « Les étoiles de midi ». Mais dans un souci d’authenticité, il voulut aussi montrer que la montagne n’était pas seulement un terrain de jeu pour alpinistes en quête d’exploits sportifs ou d’absolu, mais qu’elle pouvait, aussi, être le théâtre de cette monstruosité inventée par les hommes et qui s’appelle « la guerre ». Mais la guerre peut être aussi le révélateur des plus belles qualités humaines : camaraderie, sens du devoir, héroïsme… Et Marcel Ichac choisit pour illustrer cet aspect d’inclure dans son film l’incroyable aventure du « Prisonnier de la Ronce » : trois alpinistes, en mission de reconnaissance, aperçoivent un soldat ennemi. Lequel semble être un escaladeur chevronné. Le « Gebirgsjäger  n’a pas vu les trois Français, tout occupé à grimper. Peu de temps après, prenant un couloir praticable, l’Allemand tombe sur les Français et se retrouve prisonnier. La reconnaissance des crêtes se poursuit. Entre les quatre soldats une fraternité d’alpiniste se créé. Pour autant, avant de redescendre vers le camp, le « Gebigsjäger » préfère se jeter dans le vide et faire une chute de près de 500 mètres ! Le plus incroyable étant que le jeune Allemand réussit, en dépit de plusieurs blessures, à se relever et s’enfuir. Il n’est pas question pour lui de ne pas rentrer à son campement. Pas question pour lui d’imaginer un seul instant que ses officiers puissent penser qu’il déserte. »

 

 

Une poignée de mains historique.

 

« Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Le film « Les étoiles de midi » rencontra un grand succès à sa sortie dans les salles, tant auprès du public que de la critique, obtenant, entre autres distinctions, le Grand prix du Cinéma Français, ancêtre de nos Césars ! La carrière internationale du film fut elle aussi remarquable au point que, fin 1961, une chaîne de télévision allemande basée à Munich le programma, en « prime time » comme on dit maintenant. Et, peu de temps après, le directeur de la chaîne reçut une lettre d’un téléspectateur bavarois, ancien médecin militaire, lui confirmant d’abord la véracité de l’épisode du « Prisonnier de la Ronce », lui-même ayant servi dans la même unité sanitaire que le Caporal-chef Hörnle, mais surtout lui donnant l’adresse de ce denier qui, toujours vivant, habitait aux environs du lac de Constance. Tout de suite, l’idée germa de faire se rencontrer les anciens adversaires.

 

Mais qui étaient les trois français qui effectuaient en fait ce jour-là ce que l’on appelait dans l’armée une « reconnaissance d’officiers », et qu’étaient-ils devenus ? Le directeur de la chaîne posa la question au réalisateur du film et il eut par retour la réponse qu’il espérait: le plus jeune était le Lieutenant de réserve Jacques Boell qui poursuivait une carrière civile (tout près d’ici, en fait, à Clamart !), après avoir raconté ses souvenirs de guerre dans un livre magnifique, « Eclaireurs-skieurs au combat »,  le deuxième, le capitaine Stéphane, héros des maquis de Belledonne, dans le Dauphiné, était plus tard tombé au champ d’honneur en Indochine. Et le troisième ? Le troisième, c’était leur chef, le Lieutenant-colonel Le Ray, le premier officier à s’être évadé de la fameuse forteresse allemande de Colditz en Saxe, l’un des fondateurs du maquis du Vercors et l’ancien commandant de cette 7ème demi-brigade de chasseurs alpins, à trois bataillons, les glorieux 6ème, 11ème et 15ème B.C.A. Il était toujours en activité et allait bientôt accéder aux étoiles de général. Et qui plus est, il était attaché militaire près notre ambassade en… Allemagne fédérale, à Bonn, près de Cologne !

 

Et c’est donc sans difficulté que la chaîne de télévision, la « Bayerische Rundfunk », put organiser, au cours d’une soirée de gala en février 1962, les retrouvailles des anciens adversaires. Et l’accolade que se donnèrent ce soir-là le futur général Le Ray, qui devait être promu plus tard Grand-croix de la Légion d’honneur, et le Caporal-chef Hörnle, Croix de fer de 1ère classe, valait bien la poignée de main qu’échangeaient, à la même époque, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer pour sceller, après trois guerres en moins d’un siècle, l’amitié franco-allemande !"

   

 

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