Publié le 10 Novembre 2008

 

Rue Ernest Renan, début du 20ème siècle. L'Institut Saint-Nicolas se trouve sur la gauche de la rue.
 



« Le Jour de deuil de l’Armée allemande »
Au printemps de l’année 1918, l’Armée allemande profite de l’armistice qu’elle vient de signer avec la nouvelle Russie bolchévique pour transférer sur le front ouest des dizaines de milliers de soldats. Une offensive générale est déclenchée et les lignes françaises sont enfoncées en Picardie, en Champagne et sur la Marne. Après un instant de panique et d’hésitation, une contre-offensive est décidée et menée rapidement, sous le commandement militaire du général Foch et politique de Clémenceau. Le reflux des troupes du IIème Reich est immédiat et il s’en faut de peu que des divisions entières ne soient encerclées.
Le renfort des américains accélère l’offensive alliée. La situation devient si grave que le général Ludendorff, n’hésite pas à nommer la journée du 8 août 1918 comme « le jour de deuil de l’Armée allemande ». 
Quelques semaines plus tard, des pourparlers sont engagés entre les Américains et les Allemands. Ils discutent du projet du président des Etats-Unis, Woodrow Wilson. Ce plan en 14 points consiste, notamment, à mettre fin aux hostilités par l’évacuation des territoires occupés ou annexés, à assurer la liberté de navigation et du commerce, à créer une association des nations (qui deviendra la Société des Nations). 
Dans le même moment, l’empereur Guillaume II nomme un nouveau chancelier, le prince Max de Bade. Mais ce dernier n’arrive pas à enrayer le flot de colère du peuple germanique. De nombreux soldats et ouvriers refusent de retourner au combat ou de continuer à travailler pour la « machine de guerre ». L’Empire allemand est à l’agonie.

 

 

Colmar, Novembre 1918 : défilé d'artilleurs de campagne.

 


« Novembre 1918 »

Le 7 novembre, des émissaires allemands demandent à rencontrer des représentants du Grand Quartier Général français. Pendant trois jours, les émissaires du IIème Reich tentent d’imposer des conditions honorables, mais elles sont repoussées par les Français. Le 9 novembre, Max de Bade conseille à Guillaume II d’abdiquer et de se réfugier aux Pays-Bas. La république est proclamée, accueillie par une foule en liesse dans les rues de Berlin.
Dans le même moment, Louis Nicolas se meurt à l’hôpital temporaire d’Issy-les-Moulineaux, dans l’Institut Saint-Nicolas.
Le soldat de 2ème classe Louis Nicolas est né le 27 octobre 1872 à Plaisians dans la Drôme provençale. Au commencement de la guerre, il intègre le 118ème régiment d’Artillerie lourde. A l’époque, cette arme se caractérise par des canons imposants comme des 95 de campagne (le chiffre indique le diamètre des obus en mm), des 105, des 150, des 155, tirés par des quatre chevaux, ou des engins encore plus puissants tels des 240 ou 400, placés sur des rails de chemins de fer.

 

 

 

Canon Rimailho de 155.

 


A l’image de la plupart des régiments d’artillerie lourde, le 118ème est composé de plusieurs Groupes, eux-mêmes formés d’un Etat Major et de une à trois Batteries. Chaque Groupe peut être affecté à un Corps d’Armée différent et intervient soit pour des offensives soit pour couvrir des actions de repli stratégique. C’est le cas du 1er Groupe au moment de la Seconde bataille de la Marne, au cours de l’été 1918. On peut supposer qu’à l’occasion des combats dans le secteur, Louis Nicolas est tombé malade. Rapatrié dans un hôpital proche, celui de l’Institut Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, il y meurt le 10 novembre 1918. Louis Nicolas est le dernier militaire à rendre son âme à Dieu, à Issy-les-Moulineaux, pendant la durée des combats de la Première Guerre mondiale.

 
Le lendemain, à 5 heures du matin, l’armistice (initialement pour une durée de 36 jours) est signé, à Rethondes, dans le wagon du maréchal Foch. Les combats doivent cesser le jour même, onzième jour du onzième mois à 11 heures.
 

 

 

L’armistice vient d’être signé dans le wagon de Rethondes.

 


« Clémenceau à la Chambre »

Le 11 novembre, à 16 heures, avec la force de ses 77 ans, Georges Clémenceau, président du Conseil, s'avance d'un pas lourd et grave. Une à une, il monte les marches pour se rendre au pupitre de la Chambre des représentants (Assemblée nationale). 

« Messieurs, je cherche vainement ce qu’en une pareille heure, après cette lecture devant la Chambre des représentants français, je pourrais ajouter. Je vous dirai seulement que, dans un document allemand et dont, par conséquent, je n’ai pas à donner lecture à cette tribune en ce moment, document qui contient une protestation contre les rigueurs de l’armistice, les signataires dont je viens de vous donner les noms reconnaissent que la discussion a été conduite dans un grand esprit de conciliation. Pour moi, la convention d’armistice lue, il me semble qu’à cette heure, en cette heure terrible, grande et magnifique, mon devoir est accompli. Un mot seulement. Au nom du peuple français, au nom du Gouvernement de la République française, j’envoie le salut de la France une et indivisible à l’Alsace et la Lorraine retrouvées. »

 

 

Georges Clémenceau.

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Publié le 8 Novembre 2008



A l'occasion de notre quête, qui s'est déroulée comme chaque année devant le cimetière communal, le jour de la Toussaint, nous avons récolté près de 150 euros. Nous vous en remercions. Cette somme nous permettra de fleurir et d'entretenir les tombes de nos soldats morts pour la France.
 

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Publié le 26 Octobre 2008

Dans quelques jours, nous fêterons le 90ème anniversaire de l'armistice de Rethondes, mettant fin à la plus invraisemblable guerre de tous les temps : la Première Guerre mondiale. Retrouvez, dans l'album intitulé "Première Guerre mondiale" des photographies d'époque, les portraits de généraux et d'hommes politiques exemplaires, de batailles, d'ambulanciers, de médecins, d'hommes de Devoir...
 

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Publié le 24 Octobre 2008



Le samedi 11 octobre 2008, à Bois-Colombes, s'est déroulée l'assemblée départementale annuelle de l'ensemble des comités des Hauts-de-Seine. Monsieur Xavier Révillon, maire, Vice-président du Conseil général, a accueilli Monsieur le général Gérard Delbauffe, Président national du Souvenir Français, Monsieur André Labour, Délégué Général pour les Hauts-de-Seine, ainsi que l'ensemble des participants, dans la salle des mariages de la mairie.

L'organisation était assurée par le Comité local, sous l'impulsion de Madame Micheline Lenable, et a parfaitement oeuvré pour la réussite de la journée. Il est à noter que 23 portes-drapeaux étaient présents.

Des médailles ont été accordées par la Délégation, après approbation du Conseil d'Administration national, à plusieurs adhérents, pour les "services qu'ils ont rendu à l'Association et qui se sont fait remarquer par l'activité et le dévouement qu'ils ont déployés pour en accroître le rayonnement". Et le Comité d'Issy-les-Moulineaux a été à l'honneur pour cette année avec trois médaillés : 

- Monsieur Robert Choffé, du Comité d'Issy-les-Moulineaux.
Monsieur Thierry Gandolfo, Trésorier du Comité d'Issy-les-Moulineaux.
Monsieur Frédéric Rignault, Secrétaire du Comité d'Issy-les-Moulineaux.

La journée s'est poursuivie par une cérémonie avec dépôts de gerbes au cimetière, en présence, notamment, de Monsieur le maire de Bois-Colombes, de Monsieur Pierre Bousquet de Florian, Préfet des Hauts-de-Seine, de Monsieur le général Gérard Delbauffe et Monsieur André Labour. Retrouvez toutes les photographies de l'événement, dans l'album intitulé "2008-10-11, Bois Colombes".

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Publié le 19 Octobre 2008


 

Nous avons le plaisir de vous présenter la nouvelle version de notre site internet. Nous l'avons voulue plus claire, plus aérée, avec un choix de couleurs pastel.

De plus, nous avons ajouté une rubrique (sur la gauche de l'écran) : "Mémoire des hommes". Vous cliquez sur le lien et vous êtes sur le site "Mémoire des hommes" du ministère de la Défense. En entrant dans la rubrique "Recherche", vous pourrez découvrir les conditions de disparition de vos aieux à l'occasion des derniers conflits que la France ait connus.

Par ailleurs, comme chaque année, le Souvenir Français sera très actif au mois de novembre :

- Quête nationale : les 31 octobre et 1er novembre, nos quêteurs seront aux portes du cimetière communal pour récolter des fonds en vue de fleurir des tombes délaissées de nos Morts pour la France.

- Flammes de la Mémoire : le 10 novembre à 18h20, le Souvenir Français organise l'opération "Flammes de la Mémoire" avec le dépôt d'une bougie sur le monument aux morts, square Bonaventure Leca. Venez nombreux.

- Commémoration de l'armistice de 1918 : le 11 novembre, pour la célébration du 90ème anniversaire de l'armistice, le Souvenir Français participera à l'ensemble des cérémonies, dont le déroulement sera affiché sur les panneaux municipaux.


 

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Publié le 12 Octobre 2008



Michael Savelieff.


Au fond du carré militaire du cimetière d’Issy-les-Moulineaux, non loin d’un Alsacien-lorrain, d’une infirmière belge et d’un tirailleur sénégalais, gisent les restes de Michael Savelieff, soldat russe, décédé le 7 janvier 1919. Il fait partie de ces Morts pour la France, non natifs ou non répertoriés sur la commune, car décédés des suites de leurs blessures dans l’Institut Saint-Nicolas, alors réquisitionné et transformé comme hôpital militaire provisoire.


Les Alliés manquent d'hommes.

En août 1914, au déclenchement de la Première Guerre mondiale, les données démographiques sont simples : la France, avec une population de 39 millions de personnes, aligne une armée de 800.000 hommes. Ce qui est une proportion considérable, car les anciennes classes ont toutes été rappelées et la durée du service militaire a été portée à trois ans. Il s’agit d’engager un maximum de soldats dans une guerre rapide. « Aux vendanges, nous serons rentrés » entend-on un peu partout. Mais, de son côté, l’Allemagne, avec une population de 67 millions, n’a mobilisé que les jeunes classes, soient plus de 1.000.000 hommes. Cela représente environ vingt divisions de plus que l’Armée française. Qui plus est, le Reich a la capacité à mobiliser encore autant d’hommes en faisant appel aux réservistes.

Le premier allié de la France est l’Armée anglaise. En 1914, le Corps expéditionnaire britannique n’est que de 70.000 hommes (ses effectifs augmenteront avec les années) ; par contre, l’Empire peut compter sur ses colonies (Indes, Nigéria, Kenya) et ses dominions : Canada, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Terre-Neuve. L’est et le nord de la France se trouvent être les champs de bataille principaux ; toutes ces armées vont donc se croiser et s’affronter sur ces terres.

Les premiers combats sont parmi les plus violents. A la fin de l’année 1914, les armées belges, anglaises et françaises ont déjà perdu plus d’un million d’hommes, principalement des Français. Une bataille comme celle de la Marne, qui se déroule du 6 au 9 septembre 1914, représente plus de 80.000 morts dans les rangs français. Il n’est pas rare qu’une attaque, locale, se solde par 5.000 tués…

De leur côté, les Allemands n’ont perdu que 675.000 hommes.

Le recrutement d’effectifs supplémentaires est donc vital si les Alliés veulent vaincre le Reich. L’Armée britannique se renforce et tente, en 1915, avec l’Expédition des Dardanelles, d’ouvrir un nouveau front. L’Armée française fait appel à ses colonies. Des milliers d’hommes arrivent d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, d’Afrique Equatoriale Française et d’Afrique Occidentale Française.

L'appel à l'Armée russe.

Pour battre les Empires Centraux (Reich allemand et Empire Austro-hongrois), les Alliés comptent également sur l’immense Armée russe. Celle-ci est aux prises sur le front Est avec l’ensemble des armées ennemies. L’Armée russe est forte de plus de 5 millions d’hommes (armées d’active et réservistes). Les capacités semblent infinies. Mais cette armée cache de lourdes lacunes : pour une grande partie, elle est composée de paysans sans formation militaire, mal armés et mal équipés.

La France décide donc d’approcher son allié et de lui demander une aide par l’envoi de troupes. Dans le courant du mois de décembre 1915, le généralissime Joffre, commandant en chef de l’Armée française, fait envoyer une délégation de parlementaires auprès du tsar Nicolas II. Celle-ci est menée par Paul Doumer, sénateur et futur président de la République. La France souhaite obtenir 40.000 hommes par mois pour combler les pertes d’effectifs. En échange, elle s’engage à livrer de grandes quantités d’armes et plus de 450.000 fusils. Finalement, Nicolas II accepte la transaction mais se sont seulement 45.000 soldats russes qui sont envoyés pour appuyer les forces alliées : deux brigades sont envoyées en France (elles voyagent depuis l’extrême est de la Russie – Vladivostok – et débarquent à Marseille en passant par le canal de Suez) ; deux autres brigades sont envoyées sur le front des Balkans pour aider les corps expéditionnaires britanniques et français.

Après le défilé d’arrivée à Marseille et une formation militaire avec la fourniture d’équipements (dont un casque français sur lequel a été ajouté un aigle bicéphale), les soldats sont envoyés en Champagne et se battent courageusement dans les secteurs de Suippes et d’Aubérive. Au début de l’année 1917, les deux brigades attaquent et remportent le Fort de la Pompelle, près de Reims, puis, en avril, elles participent à l’offensive – et l’échec cuisant – du Chemin des Dames, déclenchée par le général Nivelle, nouveau chef de l’Armée française. Dans cette boucherie, les brigades russes perdent près de 5.000 soldats, sur les 19.000 engagés.

Les conséquences de la Révolution bolchévique.

Entre-temps, en février 1917, la Révolution bolchévique a été déclenchée par Lénine à Saint-Pétersbourg. Dilemme des ex-soldats du tsar : doivent-ils rejoindre la mère patrie et cesser les combats ou doivent-ils rester fidèles à Nicolas II et continuer la lutte aux côtés des Français (les négociations de paix entre les Empires Centraux et la Russie sont engagées en décembre 1917) ? Pour éviter une contamination des troupes françaises, il est décidé de partager les deux brigades : la 1ère, plutôt « rouge » est envoyée dans un camp militaire, la Courtine; la 2ème, plutôt loyaliste, est dirigée sur Felletin, également dans le département de la Creuse. Placer les deux divisions dans des camps proches est une erreur.

A La Courtine, les Russes pro-Lénine créent des comités bolchéviques et exigent le retour immédiat en Russie. Ils essaient également de rallier les Russes loyalistes. Le camp est transformé en une faction autogérée. L’Ukrainien Globa prend la tête du mouvement. Les soldats russes profitent également de leur isolement pour fraterniser avec les populations locales et coopèrent aux travaux des champs. Effrayé à l’idée que les idées bolchéviques ne contaminent la population, l’Etat-major de l’Armée française envoie plus de 3.000 hommes pour mater la rébellion. Les populations civiles sont évacuées le 12 septembre 1917 à la périphérie du camp, et le surlendemain, La Courtine est pilonnée à coups de canon. Rapidement matés, au prix de 150 morts, les soldats russes se rendent. Globa est arrêté.

Des Russes s'installent en France, et dans nos colonies.

L’épilogue de cette aventure consiste en l'engagement de près de 400 officiers et sous-officiers tsaristes dans l’Armée française. 11.000 hommes sont intégrés aux compagnies de travail (chemins de fer ; logistique ; armement…). Pour 5.000 autres Russes, réfractaires, c’est la direction de l’Algérie et le placement dans les fermes ou, souvent, ils remplacent les fellahs envoyés au front. En 1920, certains soldats russes sont autorisés à rentrer en Russie bolchévique. D’autres s’installent en France, et d’autres encore restent en Algérie.

Les tombes des soldats russes se trouvent principalement dans le cimetière militaire de Saint-Hilaire-le-Grand ; il y en a également à Cerny et Pontavert. Il y a plusieurs Savelieff dans le cimetière militaire de Saint-Hilaire-le-Grand. L’une de ces tombes ne porte que le nom de famille. Michel Savelieff et l’inconnu ne ferait-il qu’un ?

 

Défilé des soldats russes dans les rues de Marseille, en 1916.

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Publié le 3 Octobre 2008

 

Départ pour la chasse à dos d’éléphants ; région de Buon (Ban) Me Thuot (vers 1930).

 

 

Juin 2008. A la terrasse du café Le Comptoir d’Issy, nous rencontrons Louis Fortunat.

 

L'engagement. Le colonel Fabien.

« Je suis Lorrain. C’est dire si dans ma famille les invasions allemandes, on connaît ! Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, mes deux frères, au front, se retrouvèrent rapidement prisonniers. Etant âgé de 16 ans en 1940, je n’avais pas été incorporé. Mais, dans l’insouciance de ma jeunesse, et je dois bien avouer que j’étais un peu « tête brulée », je ne pouvais m’empêcher de montrer mon hostilité à l’envahisseur. Ce qui donnait souvent des soucis à ma pauvre mère. Ainsi, le jour du 11 novembre 1942, je refusai de saluer un drapeau du IIIème Reich et expliquai mes convictions à l’officier allemand qui me toisait. Je fus immédiatement conduit au poste de police et, de là, emmené dans une mine de fer de Lorraine où on m’intima l’ordre de ne pas me faire remarquer. Deux ans, deux longues années, je restai enfermé à creuser et pousser des wagonnets. En 1944, je réussis à me sauver et rejoindre les bois pour tomber sur des maquisards. Ils m’aidèrent et bientôt, je fus incorporé dans une unité dirigée par le colonel Fabien ».

Le colonel Fabien est un personnage fort connu de la Second Guerre mondiale. Pierre Georges, alias Fredo, alias le colonel Fabien, est né en 1919. Militant communiste, il est de tous les combats idéaux et militaires entre les deux Guerres mondiales, s’engageant par exemple dans la Guerre d’Espagne en 1936 pour défendre les Républicains. En 1939, du fait qu’il est un dirigeant du Parti communiste français et après le Pacte Germano-soviétique, Pierre Georges est arrêté. Il s’évade d’un train, à l’occasion d’un transfert. En Juin 1941, l’Allemagne nazie attaque l’Union soviétique. C’est pour Pierre Georges le moment de rejoindre la Résistance. En août 1941, il abat un officier allemand sur le quai de la station de métro Barbès. C’est le premier fait d’armes contre un haut gradé de la Wehrmacht. Arrêté en novembre 1942, Pierre Georges s’évade de nouveau au printemps 1943 et, forme une unité de FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) qui participe à la Libération de Paris, puis de la France. Son unité est alors placée sous le commandement du colonel Salan (qui lui-même s’illustrera en Indochine puis en Algérie).

Louis Fortunat : « C’est en Lorraine que je l’ai rencontré. Il était à la tête de la Brigade de Paris, avec le colonel Salan. Pour s’engager, il fallait être majeur, ou pas loin, et signer. C’était aussi simple que cela. Alors, fidèle à moi-même, je suis allé embrasser ma famille et me voilà parti pour faire la guerre. On était en août 1944. A la fin du mois de décembre 1944, j’appris la mort du colonel Fabien. Il avait été tué, ainsi que tout son état-major, par une mine qu’il tentait de désamorcer. Ensuite, nous poursuivîmes en Allemagne. Belle revanche pour un Lorrain ! Et puis, mes supérieurs me parlèrent de l’Indochine. Comme je m’étais engagé « pour la durée de la guerre », j’acceptai. En juin 1945, à Strasbourg, je fus incorporé aux hommes du général Leclerc. Le 12 octobre 1945, à Marseille, à bord d’un navire britannique, L’Orante, nous embarquâmes pour Saigon ».

Le départ pour l'Indochine.

Depuis 1940, l’Indochine est restée dans le giron du gouvernement de Vichy. Le Japon, Empire du Soleil Levant, laisse faire, puis change d’avis et réalise un coup de force le 9 mars 1945 : les Japonais envahissent les villes du Tonkin, d’Annam et de Cochinchine, se rendant maîtres rapidement des maigres garnisons françaises. De nombreux européens sont arrêtés, enfermés, massacrés. Et ce, sous les yeux des Vietnamiens, qui comprennent à cet instant que la France est loin d’être invincible. Le 11 mars 1945, l’empereur Bao-Daï, que tous disent à la botte de la République, proclame l’abolition du protectorat et annonce que le Vietnam prend en main son destin. De même, le prince Norodom Sihanouk, le lendemain, prononce l’indépendance du Cambodge.

En juin 1945, le général de Gaulle charge le général Leclerc d’organiser un corps expéditionnaire dont le but est de faire la guerre, avec les Alliés, à l’ennemi japonais. Intervenir devient urgent car à la conférence de Potsdam, Staline, Churchill et Truman (qui a succédé à Roosevelt, mort en avril 1945) se partagent les pays libérés / à libérer. Pour le Vietnam, ils décident qu’au nord du 16ème parallèle, ce sera une administration chinoise et qu’au sud, elle sera anglaise.

La France ne peut laisser faire. Leclerc fait nommer Jean Sainteny, commissaire de la République en Indochine. Alors que les troupes chinoises pénètrent au Tonkin, que des soldats anglais arrivent au sud, Jean Sainteny tente de faire entendre la voix de la France. Le 23 septembre, une opération surprise, avec des militaires français réarmés, et sans que les Anglais interviennent, permet de reprendre Saigon aux Japonais et leurs supplétifs.

Le 5 octobre, le général Leclerc entre dans la ville. Il est suivi quelques jours plus tard par le groupement Massu de la 2ème Division Blindée et la 9ème Division coloniale. Le général Salan s’installe à Hanoï, en tant que Délégué militaire du Haut-commissaire.

Louis Fortunat : « Nous arrivâmes à Saigon. Quel spectacle ! Moi, petit gars de la France profonde, je voyais des centaines de soldats japonais, immobiles, plantés au garde-à-vous, leurs armes à terre. Ils se rendaient avec dignité et grandeur. On n’entendait pas un mot. Il y avait quelque chose d’invraisemblable là-dedans. Et puis, les opérations commencèrent. Je fus nommé brancardier au sein de l’équipe chirurgicale. Les coloniaux et la 2ème DB progressèrent par l’intérieur du pays quand nous passions par le fleuve. Les premiers accrochages se déroulèrent à Cai-Nin ».

Ban Me Thuot.

Dès son débarquement, le groupement Massu ordonne l’opération Moussac qui permet la libération de plusieurs villes du delta du Mékong : Bentre, Cantho, Vinh Lang, Travinh. Le groupement est appuyé par le bataillon SAS Ponchardier. Le 25 novembre 1945, la ville de Ban Me Thuot est enlevée aux insurgés. Il y a là des éléments du Vietminh, des vietnamiens manipulés par les Japonais, et surtout des Caodaïstes, secte religieuse, forte de 1,5 millions d’adeptes, et alliée du Japon depuis le début de la Seconde Guerre mondiale.

Louis Fortunat : « Ban Me Thuot, ce fut terrible. D’abord, on me confia une jeep. Mais je ne savais pas conduire. Un colonel qui s’occupait, entre autres, des chauffeurs, me fit piloter l’engin sur un terrain de football. Et quelques heures plus tard, je domptais ma monture dans les rues du village voisin. Mon rôle consistait à aller chercher les blessés. Je notais les blessures sur un petit carton, que j’attachais au treillis, et je repartais vers l’antenne chirurgicale. Là, le médecin-lieutenant Valon faisait un boulot extra. Il arrivait à soigner des dizaines de blessés en même temps. Et il y avait aussi beaucoup de malades : la dysenterie, les fièvres amibiennes, par exemple, faisaient des ravages. Et moi ? Je ne le fus jamais ! Je passais mon temps à manger des fruits. J’ai dû engloutir des tonnes d’orange. C’est peut-être cela qui m’a sauvé. Le fait d’être en jeep me permettait de voyager partout. Depuis Saigon jusqu’à Hué et le col des Nuages, j’en fis des kilomètres au volant de ma voiture. Ainsi, je me souviens avoir traversé, en pleine nuit, la vallée des empereurs annamites. C’était un spectacle fabuleux de deviner leurs tombeaux. Les statues des souverains, de leurs gardes, des chevaux, se dessinaient sur un horizon d’étoiles et de clair de lune.

En décembre 1946, l’antenne chirurgicale fut placée à Tourane. Je rencontrai le commandant Eugène Guilbaud. Un vrai chef, qui savait se faire obéir ! Grâce à des renseignements obtenus auprès des Chinois, nous apprîmes – je ne le sus qu’après évidemment – qu’une offensive générale Vietminh se préparait. A la tête du 3ème régiment d’Infanterie coloniale, Guilbaud fit merveille et réussit non seulement à couper l’élan des communistes mais en plus à mener la contre-offensive. Il y avait des blessés partout. Je n’arrêtais pas. Une nuit, un officier vint me réveiller. Il fallait faire une autopsie sur un cadavre car le gradé était persuadé avoir à faire à un début d’épidémie. Je protestais, n’étant pas toubib. Me voilà en train de scier le crâne du pauvre gars. Je tentai de me rappeler ce que j’avais vu faire au bloc. Bien entendu, je ne fus pas capable de réaliser le diagnostic.

Une autre fois, il fallait que je surveille un blessé particulier. C’était un légionnaire, originaire de Suède. Un gaillard immense, qui devait approcher les deux mètres et pesait plus de 100 kg. Avec cette corpulence, il passait son temps à faire peur aux Vietnamiens. Je le gardai quelques jours. Je crois qu’il finit par migrer en Australie. »

En ce mois de décembre 1946, l’insurrection communiste est générale en Indochine. Depuis les bombardements sur Haiphong le mois précédent, par l’amiral Thierry d’Argenlieu, les colons français sont systématiquement attaqués. L’ordre finit pas être rétabli, mais au prix de lourdes pertes. « J’ai le souvenir d’avoir vu six légionnaires découpés à la machette. C’était horrible », reprend Louis Fortunat.

Le retour.

« En juin 1947, je repris le bateau pour la Mère patrie. Et pas tout seul ! Je ramenais avec moi ma fiancée. Une infirmière d’Issy-les-Moulineaux, rencontrée dans un hôpital de campagne. Bientôt elle deviendrait Madame Fortunat. Après cette guerre, je fis mille métiers, principalement dans la mécanique de précision. Je faisais aussi beaucoup de sport, comme du football. Je jouais en amateur au Stade Français. Je chantais également. Cela devint presque un second métier. Je pris des cours et m’améliorai. Le dimanche, il m’arrivait de chanter dans des hôtels particuliers, dans des galas où j’accompagnais des vedettes du moment comme Marie-Josée Neuville. Plus d’une fois, je doublai mon salaire ! On peut dire que j’en connus des vedettes du show business comme Eddie Constantine, Philippe Clay et puis Ludmila Tcherina. Quelle belle femme… ».

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Rédigé par Frédéric-Edmond RIGNAULT

Publié dans #Indochine

Publié le 29 Septembre 2008

 

Cadix Sosnowski, isséen. Fusillé en 1943, à l'âge de 17 ans.

 


- Roger Forget : 23 ans, arrêté le 5 janvier 1943, avec son camarade Denis Lavocade, alors qu’il tente de s’emparer d’un avion allemand sur le terrain du ministère de l’Air à Issy-les-Moulineaux. Il est fusillé le 7 juillet 1943 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- René Froment, 36 ans, pilote d’essai, membre du réseau du Musée de l’Homme, arrêté à Nantes le 10 octobre 1941 et fusillé le 20 août 1942.

- Albert Girard : 19 ans, menuisier chez Citroën, il s’engage dans les FTP en mars 1942, et a pour mission la recherche de locaux d’hébergement pour les combattants malades ou blessés. Il est arrêté en avril 1942 et fusillé le 11 août.

- Georges Herrewyn, né en 1923, vient aux FTP en décembre 1942 et prend les fonctions de commissaire – lieutenant – aux opérations régionales (Bonnières, Mantes, Sartrouville, Versailles, Conflans). Il participe à de nombreux déraillements sur les lignes Paris-Brest, Paris-Rouen, Paris-Dieppe. Arrêté le 21 mars 1944, il est fusillé le 1er juillet.

- Raymond Jaclard, 24 ans, très tôt engagé dans les combats de la Guerre d’Espagne, il poursuit son engagement après 1940. Dénoncé, pris par la police française, il est enfermé à Fresnes, jugé et fusillé le 7 mars 1944 (Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, Croix de Guerre avec palmes – Source : Bulletin municipal d’Alfortville).

- Eugène Janneton, 22 ans, tourneur, il s’engage dans les FTP en mai 1943. Commissaire aux opérations, il est arrêté sur dénonciation le 23 mars 1944 et fusillé le 1er juillet.

- Edouard Larat, 42 ans. Chaudronnier, arrêté par les Brigades Spéciales le 16 mai 1942. Jugé à l’Hôtel Continental du 15 au 30 septembre 1942, il est fusillé le 21 octobre ; ce jour-là, il tombe sous les balles nazies avec 14 de ses camarades.

- Ernest Julien Laval, 41 ans, tourneur, membre du réseau Front National. Agent de liaison, il contribue à la distribution de tracts. Il est arrêté alors qu’il se rend à un rendez-vous et qu’il est porteur d’une machine à écrire. Il est fusillé le 5 octobre 1942.

- Jean Lefebvre, 21 ans. Etudiant en chimie, il s’engage dans les rangs des FTP de la Région parisienne, sous les ordres de Raymond Losserand, et est chargé de la fabrication des explosifs. Il achète et stocke les produits nécessaires aux fabrications. Par la suite, il en assure même le transport pour les remettre aux groupes de combat. Arrêté, il est jugé à l’Hôtel Continental et est, lui-aussi, fusillé le 21 octobre 1942 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- Désiré Legendre, né le 18 mai 1910 à Angers. Imprimeur, membre du PCF, il est arrêté le 1er décembre 1941, par les Renseignements généraux, alors qu’il distribue des tracts. Sur son dossier, il est fait mention : « Fusillé le 5 octobre 1942 au Mont-Valérien » ; pourtant, son nom est inscrit, à la même date, sur la stèle du Stand de Tir (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- René Legrand, né le 26 juin 1901 à Paris, Directeur de Service à la Compagnie France Navigation. Il demeure au 22, route du Plessis à Villiers-sur-Marne et est arrêté à son domicile sur dénonciation. Il est, lui-aussi, fusillé le 21 octobre 1942 (Ministère de la Défense). 

- Louis Lenoir : né le 6 février 1905 à Cloyes, en Eure-et-Loir, maçon. Il entre en 1940 au sein de l’Organisation Spéciale, qui engendre plus tard les FTP. Il est arrêté en décembre 1941 alors qu’il est en mission de sabotage. Interné à la prison du Cherche-Midi, il est fusillé le 5 octobre 1942 (Ministère de la Défense). 

- Claude Lornage : 50 ans, ajusteur armurier, il rejoint les FTP en mars 1941 comme responsable de la zone Conflans-Poissy. Il est arrêté à son domicile par les Brigades Spéciales et est fusillé le 29 septembre 1942. 

- Raymond Losserand, né en 1903, artisan fourreur. Il adhère au PCF en 1931. Militant actif et bon orateur, il devient secrétaire de la Section du 14ème arrondissement puis conseiller municipal de Paris. Mobilisé en 1940, interné, il s’évade et travaille à reconstituer le PCF, dissous. Il est nommé chef de l’Organisation Spéciale puis participe à la création des FTP. Il multiplie les actions contre l’ennemi nazi. Arrêté le 16 mai 1942 par la police française, et après de nombreux interrogatoires, il est remis à la Gestapo qui le fait fusiller le 21 octobre 1942. Par la suite, son épouse Louise est arrêtée à son tour et envoyée à Auschwitz-Birkenau, d’où elle revient miraculeusement. 

- Emile Louys, né en 1885, croix de guerre 14-18, capitaine au ministère de l’Armement, membre du BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action), service monté par le colonel Passy, alias André Dewavrin, sous l’autorité du général de Gaulle. Emile Louys organise le repli de personnels des usines d’armement et participe à la création du réseau La Vérité, dépendant du Musée de l’Homme. Arrêté le 29 novembre 1941, il est fusillé, presque un an plus tard, le 27 octobre 1942. 

- Lucien Micaud, né le 5 octobre 1923. Employé aux Etablissements Chausson de Gennevilliers, il entre aux FTP en 1942 sous les ordres de Jean Lefebvre. Arrêtés, ils sont fusillés le même jour, le 21 octobre 1942.

- Jean-Armand Morice, né le 1er décembre 1919. Employé SNCF, il s’engage dans les FTP en septembre 1942, et rejoint le groupe Rémy Roussel. Le 30 mars 1944, il tente de soustraire deux camions d’armes aux Allemands. Il est arrêté sur dénonciation à Saint-Ouen en avril 1944 et est fusillé le 4 juillet (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- Robert Pavard, 20 ans. Fraiseur chez Citroën, militant des Jeunesses Communistes, il entre dans les FTP et, sous les ordres de Raymond Losserand, participe à plusieurs attaques à la grenade et à l’explosif contre les troupes allemandes. Arrêté, condamné par le tribunal allemand du Grand Paris, il est fusillé le 28 août 1942, avec une dizaine de camarades.

- Raymond Pochon, né en 1923, il entre aux FTP en février 1944. Il participe à des coups de main contre l’occupant. Arrêté le 20 mars 1944 à l’occasion d’une opération sur Chaville, il est fusillé le 1er juillet 1944. 

- Pierre Rebière, né le 20 février 1909, il participe à la Guerre d’Espagne – il est blessé à Madrid en 1937 – dans les Brigades Internationales. Il fait partie des créateurs de l’Organisation Spéciale, puis des FTP, dont il entraîne les premières troupes. Nommé membre du Comité militaire national des FTP, avec le grade de lieutenant-colonel, il abat un officier allemand à Bordeaux. Et ce, en riposte à l’exécution des otages de Chateaubriand. Arrêté le 15 décembre 1941 par les Brigades Spéciales, il est torturé puis remis à la Gestapo qui le condamne à mort. Il est fusillé le 5 octobre 1942.

René Rodier, 22 ans, jeune résistant FTP sous les ordres du colonel Fabien, il participe à un attentat contre les troupes allemandes. Comme son père au Mont-Valérien, il est fusillé, mais au Stand de Tir, le 28 août 1942.

- Rémy Roussel, 27 ans, membre du réseau de résistance Libération-Nord, chef de groupe FTP, il tente, le 30 mars 1944, avec sept camarades et la complicité du chef de gare, de voler deux wagons d’armes à la gare de Saint-Ouen. Il est fusillé le 4 juillet 1944 (Ministère de la Défense). 

- Alfred Seguin, né le 23 juin 1941 à Saint-Brieuc, il s’engage dans les FTP en septembre 1941. Chef de groupe à Angers, il distribue des tracts et des journaux clandestins, puis participe à la destruction de lignes téléphoniques. Jugé à l’hôtel Intercontinental, il est fusillé le 5 octobre 1942 (son nom est également mentionné au Mont-Valérien – source : Ministère de la Défense). 

- Cadix Sosnowski, 17 ans, étudiant, membre de l’Union de la Jeunesse Juive, il s’engage dans un groupe de FTP d’Issy-les-Moulineaux. Il participe à plusieurs attentats, dont une attaque de véhicules allemands le 18 mars 1943, près de l’Ecole militaire. Arrêté par la police française dans une maison où il s’était réfugié, dénoncé par un passant, il est fusillé le 26 mai 1943 (Ministère de la Défense – Bureau Résistance). 

- Hyacinthe Tilly, 34 ans, il entre dans les FTP de la région de Chatelaudren en février 1943. Auteur de plusieurs attentats en Bretagne, il est arrêté en novembre 1943 et est fusillé au Stand de Tir le 24 juin 1944 (Ministère de la Défense).

- André Truchot, 21 ans, dessinateur, travaille comme livreur de colis et garçon de café pendant l’Occupation. Recherché par la Gestapo, il est arrêté et fusillé le 7 mars 1944 (son nom est également mentionné au Mont-Valérien – Source : Ministère de la Défense). 

- Marcel Vigne, né le 6 août 1904 en Ardèche, meunier aux Grands Moulins d’Angers, il s’engage dans les FTP en 1941. Il est arrêté alors qu’il prépare l’incendie des stocks allemands aux Grands Moulins, il est fusillé le 5 octobre 1942 (Ministère de la Défense). 

- René Vouhe, né en 1902 à Paris, il s’engage dans les FTP en décembre 1941 sous les ordres de Jean Debrais. Il participe à plusieurs attentats, entre autres le jet d’un engin explosif rue de l’Université. Arrêté le 22 avril 1942, il est fusillé le 28 août.

 

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Publié le 26 Septembre 2008

Robert Beck.

De nombreux éléments biographiques ci-après ont été obtenus grâce au site Internet www.plaques-commemoratives.org dirigé par Lionel Lechevallier et François Tanniou, soutenu, entre autres, par la Mairie de Paris, le Conseil général du Val-de-Marne, l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD) et la RATP (retrouvez les portraits de certains des fusillés dans l’album : Stand de Tir – Fusillés). 
 

  • - Victor Beaussier nait le 5 septembre 1911 à Seiches-sur-le-Loir. En Anjou et en Touraine, entre juin 1940 et octobre 1941, il participe à des distributions de tracts, des sabotages de voitures allemandes, des lignes téléphoniques. Puis il fait du transport d’armes. Arrêté par les Brigades spéciales, il est fusillé le 5 octobre 1942.
  • - Robert Beck : né en 1897, dans une famille de syndicalistes de la CGT (Confédération générale du travail), Robert Beck est arrêté le 2 juillet 1941 par la police française et la Gestapo, alors qu’il dirige un réseau de renseignements pour le compte de l’Internationale communiste. Interrogé à moult reprises, il donne aucun nom et est fusillé le 6 février 1943.
  •   - Charles Bergeyre, né en 1913, entre en résistance en février 1941. Il participe aux sabotages des usines Renault et protège la manifestation du 14 juillet 1942. Arrêté en août 1942, il est fusillé le 25 septembre. 

    - André Bernardeau, né le 20 avril 1903, employé à la SNCF, fait partie de Résistance-Fer. Adhérent au PCF (Parti communiste français) en 1935, il en est devenu l’un des leaders. Il sabote, entre autres, une cabine de raccordement de câbles téléphoniques. Arrêté par la Brigade Spéciale de Paris en décembre 1941, jugé en septembre 1942, il est fusillé avec ses camarades le 5 octobre 1942. 

    - Mary-Emile Besseyre, 35 ans, communiste, un des responsables des FTP (Francs-Tireurs Partisans) de Paris, avec Gaston Carré et Raymond Losserand, est arrêté en mai 1942 suite à une filature. Il est fusillé le 21 octobre 1942. 

    - Carlo de Bortoli, 37 ans, ancien artisan brestois, membre des FTP, responsable de l’organisation au sein des travailleurs du bâtiment, est arrêté au lendemain d’un sabotage à l’Ecole Navale. Fusillé à Balard le 28 août 1942. 

    - Henri Brunet, 41 ans, démobilisé en juin 1940, alors qu’il est capitaine du Train des Equipages, rejoint sa Normandie, et grâce à son atelier de reproduction, propose de travailler pour les Allemands. Tous les plans des fortifications de Normandie et de la Manche passent dans l’atelier, où ils sont fournis également au réseau de résistance Turma. Découvert, Henri Brunet est fusillé le 29 septembre 1943. 

    - Gaston Béraut : né à Paris en 1921, il participe à la manifestation des étudiants à l’Arc de Triomphe en novembre 1940, puis entre dans la Résistance et devient commandant FTP pour la région de Villiers. Arrêté le 13 août 1942, il est fusillé le 21 octobre de la même année. 

    - Gaston Carré : employé des abattoirs de La Villette, ancien des Brigades Internationales pendant la Guerre d’Espagne en 1937, il est fait prisonnier en juin 1940, puis est libéré en juillet de l’année suivante. Désigné avec Raymond Losserand par le PCF, pour prendre la direction des FTP pour la Région parisienne, il participe à de nombreux sabotages des usines Renault, Citroën, Hotchkiss, des sabotages de moyens de communication, des déraillements de trains. Gaston Carré est arrêté le 12 mai 1942 avec certains de ses camarades et est fusillé le 21 octobre. Son épouse, Yvonne, sera déportée à Auschwitz où elle mourra, dévorée par des chiens en mars 1945 (source : Ministère de la Défense – Bureau Résistance). 

    - Gaëtan Charpentier, 34 ans, membre du réseau Hector. Linotypiste et typographe, il est arrêté pour avoir fait paraître le journal Le Gaulliste. Il est fusillé le 5 octobre 1942. 

    - André Chesnot, 21 ans, résistant FTP du groupe Victor Hugo, ayant participé à la destruction de voies de chemins de fer. Arrêté en août 1943, il est fusillé en mars 1944 au Mont Valérien. Il figure cependant sur la stèle des fusillés du Stand de Tir (à la date du 7 mars 1944). 

    - Georges Demesy, 46 ans, agent d’assurance, responsable des FTP de Villiers-sur-Marne, il réalise plusieurs opérations dont l’incendie des filets de camouflage de l’artillerie à Plessy. Arrêté en août 1942, il est fusillé le 21 octobre. 

    - René Dervaux, 34 ans, médecin engagé aux FTP en 1941, il créé un service de renseignements, participe à la récupération d’armes et leurs transports, et met en place un réseau sanitaire pour les blessés. Arrêté le 17 octobre 1943, il est averti au téléphone par un policier résistant. Mais en sortant de chez lui, la voiture de la Brigade Spéciale est devant sa porte… Fusillé le 7 mars 1944 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - André Diez, 21 ans, étudiant en chimie, résistant FTP, il est arrêté par la police française alors qu’il élabore des engins explosifs. Il est fusillé le 22 août 1942 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Henri Douillot, 41 ans, conseiller municipal communiste, démobilisé puis interné politique à Sisteron jusqu’en mars 1941, il s’évade et, sous la direction de Raymond Losserand, effectue des distributions de tracts et des sabotages. Ensuite, il abat un soldat allemand le 20 avril 1942. Arrêté le mois suivant, il est fusillé le 21 octobre de la même année (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Fernand Drouin, né le 2 novembre 1909, agent d’assurances, officier du 2ème Bureau de l’Air, agent de renseignement ayant, entre autres, organisé le passage de parachutistes anglais et canadiens en Zone libre. Arrêté an août 1942, il est fusillé le 5 septembre (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Engros : famille de trois frères : Marcel, né le 20 décembre 1917, exécuté au Mont-Valérien le 23 mars 1942 ; Lucien, né le 15 mai 1920, torturé et massacré au Stand de Tir, le 28 août 1942 ; André, né le 21 novembre 1926, condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien le 19 janvier 1943. Leur mère disparaît mystérieusement pendant cette période et n’a jamais reparue. Adam Rayski évoque l’hypothèse d’un rapt et d’une élimination par la Gestapo. 

    - André Fauré, bijoutier, secrétaire de la section d’Aubervilliers du PCF, arrêté pendant la « drôle de guerre », il est envoyé au camp de Gurs. Il s’évade et prend une activité de résistance. Arrêté de nouveau, il est fusillé le 21 octobre 1942.

    - Maurice Feld, né le 27 juillet 1924 à Varsovie. Résistant dès 1941, il participe de nombreuses actions contre la Wehrmacht. Libéré compte tenu de son âge, il est à nouveau arrêté et fusillé le 28 août 1942. 

    - Fontaine père et fils : Jules Eugène, 39 ans, responsable FTP pour la région de Fougères, et son fils, Roger Joseph, 17 ans – mais 13 ans au moment de son entrée dans la Résistance – sont arrêtés en novembre 1943, alors qu’ils ont derrière eux plusieurs actes de sabotage, des déraillements, des coups de mains et des attaques à la grenade contre la feldgendarmerie locale. Ils assurent également le ravitaillement de FTP et de réfractaires qu’ils abritent. Ils sont fusillés ensemble, le 24 juin 1944, à Fresnes, mais leurs noms sont inscrits sur la stèle du Stand de Tir (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

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Publié le 24 Septembre 2008

En 1940, Jean-Marie Arthus (15 ans), Jacques Baudry (18 ans), Pierre Benoît (15 ans), Pierre Grelot (17 ans) et Lucien Legros (16 ans) étudient au lycée Buffon, boulevard Pasteur à Paris. Comme bon nombre d’adolescents, dans l’enthousiasme et l’innocence de leur jeunesse, ils souhaitent s’en prendre à l’occupant. L’un de leurs professeurs – Raymond Burger – est arrêté pour avoir créé le mouvement de résistance Valmy. Les lycéens s’insurgent ; tentent d’entraîner leurs camarades dans des actions de protestation. Ils organisent des manifestations, sont reconnus et dénoncés. Seul, Pierre Benoît parvient à s’échapper et rejoint un groupe de FTP (Francs Tireurs-Partisans) à Moret-sur-Loing, près de Fontainebleau où il participe à des actions de sabotage. Il est à son tour arrêté par la Brigade Spéciale n°2 des Renseignements Généraux et retrouve ses camarades à la prison de la Santé, non sans avoir été longtemps torturé au moment de son passage dans les locaux de la police française et de la Gestapo.

Le 15 octobre 1942, les cinq jeunes sont condamnés à mort par le tribunal de la Luftwaffe et sont transférés à la prison de Fresnes. Ils sont exécutés au Stand de Tir le 8 février 1943.

 Adam Rayski présente dans Au Stand de Tir, les dernières lettres des lycéens, dont voici des extraits :

  •  - Jacques Baudry : « Mes pauvres parents chéris, on va m’arracher cette vie que vous m’avez donnée et à laquelle je tenais tant. C’est infiniment dur pour moi et pour vous. J’ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux ».
  •  - Lucien Legros : « Je vais être fusillé à onze heures avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres car c’est pour nous le plus bel idéal ».
  • - Pierre Benoît : « Pendant ces longs mois, j’ai beaucoup pensé à vous et j’aurais voulu, plus tard, vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi, méritait en retour ».
  • - Pierre Grelot : « C’est la fin !… On vient nous chercher pour la fusillade. Tant pis… Mourir en pleine victoire, c’est un peu vexant, mais qu’importe ! … Le rêve des hommes fait événement ».
  • - Jean-Marie Arthus : « Mon grand chéri. Je ne sais si tu m’attendais à me revoir, je m’y attendais. On nous a appris ce matin que c’était fini, alors adieu ! ».

Depuis 1958, dans le XIVème arrondissement de Paris, existe une place « Martyrs des Cinq Martyrs du Lycée Buffon ». En 1952, la République française avait décidé de transférer leurs cendres dans la crypte de la Sorbonne.
 

 

 

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