Publié le 4 Décembre 2007

Octobre 2007. Rue Madame, nous rencontrons Marie-Antoinette et Georges Mouchmoulian. Voici leur histoire, en quatre parties :

 

1.      Massacres en Turquie.

2.      L’orphelinat puis l’arrivée à Marseille.

3.      La Seconde Guerre mondiale.

4.      A Issy-les-Moulineaux.

 

 

1 – De Sivas à Issy : massacres en Turquie

 

 

Sivas est une ville importante, placée sur le plateau Anatolien, à plus de 1.275 m d’altitude. Située dans la vallée du Kizilirmak, Sivas a une histoire riche, faite des dominations hittite, phrygienne, lydienne puis perse. La ville a ensuite fait partie du Royaume de Cappadoce. Important carrefour caravanier sur les routes Nord-Sud et Est-Ouest (Byzance – Arménie), Sivas a connu un développement considérable, sous les Seldjoukides, avant de tomber sous l’envahisseur mongol, l’impitoyable Tamerlan, en 1400.
Sous l’Empire ottoman, et jusqu’à la fin du 19ème siècle, Sivas va rester une capitale régionale. Comme dans toutes les cités turques, qu’elles soient en Cappadoce, en Anatolie, dans les Monts Taurus ou encore à Istanbul, de fortes communautés arméniennes vivent et commercent avec les Turcs.

Les populations se connaissent ; elles ne se mélangent pas toujours mais, des siècles de coexistence, ont tissé des relations relativement pacifiques. Pourtant, en 1896, puis en 1909, des massacres sont perpétrés contre les Arméniens. Ils sont, principalement, le fait d’un mouvement, le CUP (Comité Union et Progrès) et de ses membres, appelés Jeunes-Turcs. 

Ce mouvement répond à une aspiration nationaliste : depuis le milieu du 19ème siècle, l’Empire ottoman subit des revers tant militaires que politiques. La période de déclin est amorcée. Les Jeunes-Turcs veulent revenir à une constitution forte, un pouvoir nationaliste et apporter un renouveau à la société. Dans un premier temps, cette volonté nationaliste, globale, leur permet de s’associer à des partis réformistes d’autres peuples de l’empire : des Grecs, des Kurdes ou encore le Dashnak arménien. 

Arrivés au gouvernement du sultan Abdülhamid II en 1908, les Jeunes-Turcs se trouvent confrontés rapidement à une société extrêmement complexe, découvrent les arcanes et querelles de pouvoir. L’anarchie gagne toutes les couches de la population. L’idée originelle est rapidement remplacée par un discours beaucoup plus xénophobe. Sous l’influence de son leader, Enver Pacha, l’Empire ottoman ne peut être que turc et la religion, musulmane.

Caricature du Sultan AbdulHamid II (© Wikipedia.org)

 

 

Georges Mouchmoulian : « Il y a toujours eu des problèmes entre les Turcs, les Arméniens et les autres peuples en Turquie. Les Kurdes par exemple. Nous vivions dans les mêmes villes, mais pas dans les mêmes quartiers. Certains métiers ne nous étaient pas autorisés, d’autres réservés. Surtout nous n’avions pas la même religion. Les premiers massacres ont commencé à la fin du 19ème siècle, et puis, il y eut Adana en 1909, où on releva plusieurs milliers de morts parmi mes compatriotes. » 

Les années suivantes ne vont être qu’une lente agonie de l’Empire ottoman. Après la perte des territoires grecs, de la Serbie, de la Roumanie (congrès de Berlin en 1878), l’empire voit partir ses possessions en Lybie, au profit de l’Italie. A l’Est, la situation n’est guère plus brillante. Depuis 1878, la Russie s’est emparée de territoires et des villes de Kars, Batoum et Ardahan en Anatolie orientale. Par idéal religieux, ou du fait des situations tendues avec les Turcs, des Arméniens se sont engagés dans l’Armée russe et ont participé à cette conquête.

En novembre 1914, l’Empire ottoman, qui a signé le 2 août un traité d’alliance avec l’Allemagne, entre en guerre aux côtés des empires centraux (IIe Reich et Empire austro-hongrois). 

Prenant prétexte de la désertion de soldats arméniens de l’Armée ottomane, de soulèvements dans des villes de l’Est, comme Van (alors que la population arménienne se barricadait justement pour se protéger des exactions des Jeunes-Turcs), Enver Pacha et Talaat Pacha décident d’appliquer, d’abord secrètement, le plan d’élimination des Arméniens (« Ermeni sorunu »), mis au point depuis plusieurs années. 

Dans la majeure partie des villes turques, le principe retenu est toujours le même : à la perquisition dans les maisons de notables arméniens, succède leur arrestation, des tortures pour avouer une quelconque cache d’armes, et leur exécution, en dehors de la ville. 

Georges Mouchmoulian : « Nous habitions un petit village à côté de Sivas. Il s’appelait Govdunm. En arménien, cela signifie le « village des vaches » ! Mon grand-père était une personnalité ; il avait été maire. Les Turcs cherchaient les familles arméniennes. Tous les hommes devaient être incorporés dans l’armée pour y exécuter les plus basses œuvres. Mon père avait refusé cela. Il décida de partir se réfugier dans une grotte. Il fut rapidement retrouvé par les Turcs, qui le massacrèrent. Et ce n’était pas fini. Mon grand-père était âgé. Il n’avait pas pu suivre son fils. Et quand bien même d’ailleurs… Il a été pris par les soldats. Il a été tué lui aussi. Ses assassins l’ont emmené et ils l’ont empalé sur sa canne. Jusqu’à ce le bout sorte par la gorge !  Quant à ma mère, mes frères et mes sœurs, nous en avons réchappé par miracle. Après, ma mère a contacté des personnes que nous connaissions aux Etats-Unis et elle y a envoyé ma sœur aînée. C’était vers 1916-1917». 

A la fin de la Première guerre mondiale, les armées turques sont défaites sur pratiquement tous les champs de bataille : elles reculent aussi bien en Palestine qu’en Irak. Les Grecs en profitent pour débarquer en Asie mineure et s’installer sur la côte ionienne. Le général Mustapha Kemal, Jeune-Turc, chef militaire de grand renom, qui s’est illustré entre autres aux Dardanelles en 1915 contre les contingents français et anglais, appelle au sursaut national et repousse les forces grecques. C’est la fin définitive de l’Empire ottoman et l’avènement de la Turquie nouvelle, sous la houlette du général.

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Publié le 22 Novembre 2007

Hommage à Paul Pin.

 

Monsieur Paul Pin nous a quittés le 28 août dernier. Le journal d’Issy-les-Moulineaux, Point d’Appui, et nous remercions son Directeur de la Rédaction, nous a autorisé à reproduire ici le texte paru dans le numéro du mois de novembre 2007.

«  Paul Pin, Officier des Palmes Académiques, Commandeur de la Légion d’Honneur et Grand Croix de l’Ordre National du Mérite nous a quitté le 28 août dernier. Elève officier de marine à Santé navale, il entre dans la Résistance en 1940 et rejoint l’armée américaine en 1944. Il participera, notamment, à la libération de Prague en Tchécoslovaquie. Sa vie civile sera consacrée à la recherche médicale et à l’enseignement. Docteur en médecine, Docteur ès sciences, médecin-chef de service hospitalier honoraire et Professeur honoraires des Universités, il enseignera la chimie et la biochimie.

Paul Pin a su mêler intelligemment sa vocation scientifique et sa passion pour le football en se consacrant parallèlement à la Commission centrale médicale de contrôle antidopage. Engagé politiquement au service de son département, il siègera pendant de 1966 à 1998 au Conseil général des Hauts-de-Seine occupant notamment les fonctions de Président de la Commission culture jeunesse et sports puis en tant que membre de la commission permanente. »

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Publié le 14 Novembre 2007

 
Samedi 10 novembre 2007, l'opération "Flammes de la Mémoire" s'est déroulée à Issy-les-Moulineaux. La manifestation, de portée nationale, consistait, pour chaque comité local du Souvenir Français, à placer des bougies sur le monument aux Morts pour la France de chaque commune. 

Notre comité tient à remercier Monsieur Gouzel, maire-adjoint en charge des Affaires Militaires, Monsieur Raineri, de la mairie d'Issy-les-Moulineaux, ainsi que l'ensemble des présidents des associations d'anciens combattants, au premier rang desquelles il convient de citer Monsieur Poujols, Président de la section locale de l'UNC (Union Nationale des Combattants) qui a intégré notre manifestation au coeur de la cérémonie de la remise de la flamme de l'Arc de Triomphe. 

Retrouvez les photographies de l'événement dans l'album intitulé "10 novembre - Flammes de la Mémoire" (avec, entre autres, la participation de marins de l'Andromède, navire dont la ville d'Issy-les-Moulineaux est marraine).


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Publié le 12 Novembre 2007

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Le Comité du Souvenir Français à Issy-les-Moulineaux est particulièrement fier d’annoncer que le général de corps aérien (CR) Roland Glavany a accepté d’en être son Président d’Honneur.

 

 

 
Né le 22 août 1922 à Nantes, Roland Glavany est reçu en 1940 à l’Ecole de l’Air. Après l’offensive allemande en France, comme bon nombre de jeunes français qui refusent l’Occupation puis le STO, il quitte le territoire en passant par l’Espagne et rejoint l’Algérie où se trouvent les généraux de Gaulle et Giraud.
 
En mai 1943, Roland Glavany est l’un des premiers à intégrer le tout nouveau Bataillon d’assaut, bientôt nommé « Choc ». Il s’agit d’une unité d’élite, intégrée à l’Armée B (celle de Lattre et qui deviendra la 1ère Armée, « Rhin et Danube »), entraînée aux actions commandos, dont l’esprit a été résumé ainsi : « Chic du cavalier, Puissance de la Légion, Légèreté du Chasseur ».
 
Le bataillon participe à la libération de l’île d’Elbe et de la Corse. Puis c’est le débarquement de Provence et la campagne de France, de Toulon à Colmar, l’entrée en Allemagne et la chute de Sigmaringen.


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En 1945, Roland Glavany rejoint l’armée de l’Air, et en 1948, un stage à « Sup Aéro » lui permet d’intégrer le CEV (Centre d’Essais en Vol) en 1950. Jusqu’en 1959, d’abord pilote sur Vautour, il entre ensuite chez Dassault et réalise les premiers vols des Mirage I, III et IV. En 1958, il est le premier pilote en Europe à voler à Mach 2 (vol horizontal).

Il y a aussi la guerre d’Algérie, à laquelle il participe entre 1958 et 1960. Puis il entre à l’Etat Major de l’Armée de l’Air et continue sa carrière au sein de l’Ecole Supérieure de Guerre Aérienne, et prend les commandements des bases aérienne de Bordeaux, Istres et enfin Mont-de-Marsan. Nommé général, l’armée lui confie la direction des Ecoles de l’Armée de l’Air pour y faire preuve, une fois de plus, de tout son enthousiasme et sa foi.

 
A la retraite, le général de Corps aérien Roland Glavany ne reste pas inactif et préside, de 1978 à 1983 l’OFEMA (l’Office Français d’Exportation de Matériel Aéronautique) puis prend la présidence de plusieurs associations, dont Rhin et Danube puis les Ailes Brisées. Enfin, depuis 1998, il est membre d’honneur de l’Académie de l’Air et de l’Espace.
 
Roland Glavany, Grand Croix de la Légion d'Honneur, a publié plusieurs ouvrages et articles, entre autres, sur le Bataillon de Choc. 

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Croquis J. NOETINGER (Air & Cosmos n° 1061 du 14 septembre 1985).

 

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Publié le 8 Novembre 2007

Georgette Poussange et Lucette Pontet sont membres du comité d’Issy-les-Moulineaux de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes.

 
Georgette Poussange : 

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Dépôt de gerbe par Mme Poussange – à gauche – et Mr Fleury, président de l’UFAC d’Issy-les-Moulineaux, le 29 avril 2007 (Journée de la Déportation).


« En 1939, j’avais 13 ans, et nous habitions Malakoff. Après la déclaration de guerre, les alertes se sont multipliées. Nous étions dans un sentiment de panique. Nous descendions dans les abris – généralement les caves – pour un oui ou un non. De plus, les mairies avaient distribué des masques à gaz. Cela renforçait le sentiment de malaise et d’impuissance. De notre fragilité également. Tout à coup, nous pouvions disparaître.

 
Toujours à la mairie, on nous avait distribué des sortes de laissez-passer, ou bon d’évacuation, je ne sais plus. Tous ceux qui le pouvaient étaient poussés à quitter la ville. Alors, nous sommes montés dans un train, à destination de la ville de Le Blanc, dans l’Indre. Ma mère et ses quatre enfants. Et le spectacle qui nous était offert n’était guère réjouissant : nous voyions défiler les soldats français qui revenaient du front. Ils semblaient paniqués. Et des rumeurs annonçaient l’arrivée imminente des Allemands. Alors, nous suivions le troupeau…
 
L’accueil des populations de province ne fut pas toujours simple, c’est le moins qu’on puisse dire. En dépit de ces fameux « bons » que nous montrions dès notre arrivée dans une ville, il ne fallait pas se faire remarquer. Nous passions, en quelque sorte, pour des envahisseurs. Chaque soir, il fallait trouver où dormir, de quoi nourrir trois enfants en bas âge. J’aidais ma mère comme je pouvais.
 
Quand l’armistice a été prononcé, nous sommes rentrés à Malakoff puis nous avons habité les Hauts d’Issy. Là, nous reprîmes l’habitude de faire la queue afin d’avoir des tickets de rationnement pour tous les produits de la vie quotidienne : le pain, le savon (en pâte uniquement), les légumes, la viande ; le dentifrice, par exemple, avait disparu. Le beurre : on nous donnait des quantités infimes. Nous avions faim. Chaque élément prenait une importance considérable. Vous aviez oublié quelque chose : il fallait retourner faire la queue. Combien de fois me suis-je levée à 4h du matin pour patienter devant une boutique. Et souvent, pour ne rien avoir. On vivait au crochet de la mairie et des allocations familiales.
 
Ceux qui avaient les moyens prenaient leur voiture et allaient à la campagne. Puis, ils revenaient et vendaient ce qu’ils avaient négocié avec des agriculteurs, des commerçants, des amis ou la famille. Des bombardements, j’ai surtout conservé le souvenir de ceux du début de l’année 1942. Le ciel était rouge des flammes des usines Renault de l’île Seguin. Il y eut de nombreux morts. Je me souviens également des soldats allemands blessés. Nous voyions passer des convois en direction de l’hôpital Percy.»

 

Lucette Pontet :



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A droite, Mme Pontet, porte-drapeau du comité local de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes.

 

 

 

 

 
« Pour ma part, j’habitais le quartier de la Ferme, en face de l’usine Chausson. Aujourd’hui, on aurait du mal à y croire, mais il y avait là une véritable ferme, avec des animaux de basse-cour, des vaches. On déplaçait souvent ces dernières d’ailleurs. On envoyait les pauvres bêtes à la campagne, se refaire une santé et brouter de la bonne herbe, et les nouvelles venues étaient nourries de foin. Une fois, l’une d’elles s’est échappée : je vois encore mon frère courir après dans les rues de la ville. C’était folklorique, tout de même. La ferme servait à fournir du lait pour les habitants des Moulineaux, et c’était aussi, avec ses pigeons et ses lapins, un commerce comme un autre. Je trouvais cela formidable.
 
A l’époque, j’étais une petite fille. Je me souviens avant tout des bombardements. Les usines Renault étaient souvent visées. Et nous avions une source d’informations hors pair : notre chien ! Avec mes parents, il suffisait de voir le chien inquiet, puis aboyer, et nous savions que quelques minutes plus tard, nous allions être bombardés. Ou du moins que des avions allaient nous survoler pour bombarder Boulogne ou Paris.
 
Il y a eu des bombardements allemands, et aussi anglais et américains. Je ne saurais pas dire lesquels ont fait le plus de morts. Mais souvent j’entendais mes parents évoquer le triste sort d’une maison, d’une rue (Auguste Gervais par exemple) ou encore d’un immeuble. Le bas de Meudon était particulièrement visé. Il y eut aussi le Pont de Sèvres, en 1944. Un dimanche, alors, que les parisiens allaient au champ de course de Longchamp. Ce fut un massacre.
 
Beaucoup de choses, certainement insignifiantes pour les adultes, m’ont marquées durant cette période. Ainsi, je me souviens des fenêtres qu’il fallait calfeutrer, des ampoules de couleur bleue qu’il fallait partout installer. Surtout, ne pas se faire remarquer et respecter le couvre-feu.
 
A l’école, j’allais chez les Sœurs (Ecole Jean-Pierre Timbaud). Nous chantions « Maréchal nous voilà ». Moi qui étais gauchère, je me suis souvent fait taper sur les doigts pour changer de main.
 
Les descentes de police étaient fréquentes. Une fois, boulevard Rodin, nous avons vu la Gestapo entrer dans un immeuble. Nous savions que des choses horribles allaient se passer.
 
Et puis la Libération est arrivée. On a d’abord vu de plus en plus de Résistants. Beaucoup portaient des brassards des F.F.I. Un bon nombre d’entre eux était certainement d’authentiques héros ; il y en eut aussi qu’on avait vu « discuter » peu de temps auparavant avec les Allemands. Ensuite, ce furent les soldats de la 2ème Division Blindée, de Gaulle, les Américains. Nous étions enfin libres ».

 

 

 

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Publié le 4 Novembre 2007

 

Mois de novembre chargé pour le Souvenir Français !

  • - Le samedi 10 novembre 2007, à 18h15, au monument aux Morts de la ville d’Issy, esplanade de l’hôtel de ville, le Comité d’Issy-les-Moulineaux participera à l’action nationale des Flammes de la Mémoire. Cette action consistera à déposer et allumer des bougies au pied du monument, à la mémoire de celles et ceux qui ont donné leur vie pour la France. 
  • - Le dimanche 11 novembre 2007, notre comité participera aux cérémonies de commémoration de l’armistice de la Première Guerre mondiale.
  • - Le dimanche 18 novembre 2007, notre comité participera à une cérémonie nationale du souvenir, à 10 heures, au Mont Valérien. Le rendez-vous est fixé sur place à 9h30 ; un départ sera également organisé depuis l’Arc de Triomphe, à 9 heures, à l’angle haut de l’avenue Friedland. Il n’y aura pas de délégation officielle de notre comité, mais certains de nos adhérents seront présents parmi les anciens combattants et le public.

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Publié le 28 Octobre 2007

 Comme chaque année, la quête nationale du Souvenir Français se déroulera le 1er novembre.

 


Pour Issy-les-Moulineaux, les quêteurs se tiendront à l’entrée du cimetière. La quête, source de financement de l’association, sert principalement à l’achat de fleurs pour les tombes d’hommes et de femmes ayant donné leur vie pour la France et dont les sépultures sont parfois à l’état d’abandon.
Pour rappel, les trois missions du Souvenir Français sont :
 
Ø      Conservation de la mémoire de celles et ceux qui sont Morts pour la France.
Ø      Entretien des tombes et monuments élevés à leur mémoire.
Ø      Transmission aux générations successives des valeurs de la République par, entre autres, le maintien du souvenir de ces morts.
 
Par avance, nous vous remercions de votre générosité.
Le Souvenir Français, comité d’Issy-les-Moulineaux.

 

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Publié le 19 Octobre 2007

Bien connus des isséens, Jacqueline et Roger Foveau animent l’association Issy Loisirs Entraide, fondée en 1983, dont le but est l’organisation d’activités culturelles, sportives et sociales.

 

 

 

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Jacqueline Foveau :
 
« En 1940, j’avais huit ans. J’étais à Saint-Denis. Avec mes parents et mon frère, nous habitions près du square Pierre de Geyter (le musicien de l’Internationale), à côté de la basilique. A l’école, j’étais chez les Sœurs de la Compassion. La « Drôle de guerre », c’était pour nous un jeu mais aussi une angoisse. Il y avait tout le temps des alertes. Alors, il fallait descendre dans la cave, prendre au passage les masques à gaz que la mairie nous avait distribués. Et puis on attendait, sans vraiment savoir ce qui allait se passer. Du haut de mes huit ans, c’était pour moi une aventure. D’autant que pour avoir des informations, nous allions au cinéma. Nous étions dans l’irréalité.
 
Vient le mois de mai : les Allemands envahissent notre cher pays. Les nouvelles sont horribles. L’Armée française est partout bousculée, défaite. Mon père est très inquiet. A l’usine, on lui demande de continuer, autant que possible, à travailler comme si de rien n’était. Et les troupes du Reich arrivent dans Saint-Denis. Les soldats se placent partout en ville ; prennent position à la mairie, dans les usines. Ainsi, mon père, bien entendu sans le vouloir – et comment résister ? – travaille maintenant pour eux, car la production est directement envoyée de l’autre côté du Rhin.
 
Dans notre vie quotidienne, les bouleversements sont immédiats : tout est réquisitionné. On commence à manquer. Il faut attendre des heures pour avoir un morceau de viande, du pain. On nous distribue des tickets, mais cela ne suffit pas. Mon père échange des bons pour du tabac contre du lait, dont je me rappelle même la marque : Guigoz !
 
Et puis, à l’école, l’atmosphère change. Le temps de l’insouciance est vite passé pour faire place à une réalité pour le moins terrible. Une de mes camarades me dit comment son père a été arrêté et fusillé pour acte de résistance.
 
La rafle du Vel d’Hiv, en 1942, cela a été quelque chose d’inimaginable. Je connaissais bien l’endroit pour y être souvent allée avec mon papy. Il était un fan de vélo. A Saint-Denis comme dans Paris, nous voyons la police française et la Gestapo entrer dans les immeubles, rechercher des juifs. Un monde de fous.
 
Manquant de tout, persuadée que nous pouvons être arrêtés d’un moment à l’autre – c’est le temps du STO (Service du Travail Obligatoire) – nous décidons de partir dans le sud, en Zone libre, au Puy en Velay, où des amis ont une grande maison. Alors, nous laissons mon grand-père paternel pour veiller sur notre appartement et nous voilà, mon père, ma mère, mon frère, mes deux grands-mères, entassés dans notre voiture, sur les routes de France.
 
Peu avant la ligne de démarcation, un gars nous hèle : « Ne prenez pas cette route, elle est bouchée. Passez à droite, c’est à couvert ». Bien nous en a pris : moins d’un quart d’heure plus tard, nous entendons des avions qui foncent sur la route. Le bruit est épouvantable ; une sorte de sirène qui vous glace le sang. Des balles passent à quelques dizaines de mètres de nous. Des morts partout. Des gens que nous avions vus quelques instants plus tôt : ils étaient là. Par terre. Allongés dans des flaques de sang.
 
Nous nous installons au Puy ; quelques mois. On survit au jour le jour. Là aussi, beaucoup de gens manquent de tout. Si la vie n’est pas meilleure en Haute-Loire, autant rentrer. Nous optons pour Pontoise où nous connaissons des personnes. Avec mon frère, me voilà inscrite à une nouvelle école, au milieu d’enfants que je ne connais pas. Mon père retourne à Saint-Denis, voir ce qu’il est advenu du grand-père. Il va bien.
 
Plus d’une année a passé. Les postes de radio nous donnent des informations. L’Armée allemande va de défaite en défaite. C’est le Débarquement ; un matin d’août 1944, je vois arriver des soldats français. C’est le délire. Nous pleurons de joie. Des gens sortent avec des drapeaux. Un jeune gars s’approche de moi. Nous sympathisons. Il me demande d’être sa marraine de guerre. Comment refuser ? Mon filleul, bien que plus âgé que moi, repart deux jours plus tard pour l’Est. Il a une guerre à continuer. Et nous restons amis. Nous le sommes toujours restés. Aujourd’hui, il a 83 ans, il habite le sud de la France et se porte merveilleusement bien.
 
C’est au tour des Américains d’entrer dans Saint-Denis. D’eux, je me souviens surtout m’être gavée de chocolat et de chewing-gums. Et puis, il y a des bas nylons. Quelle révolution ! J’ai conservé ma première paire plus d’un an.
 
Après la guerre, je suis entrée comme sténodactylo à la Société Générale d’Entreprise, rue du Faubourg Saint Honoré, en face de l’Elysée (j’y ai vu Vincent Auriol). C’est là que j’ai rencontré Roger, qui faisait un stage.»
 
Roger Foveau :
 
« Je suis un gars du Nord, un Ch’ti, né en 1929, à Saint-Saulve. Ma mère était gouvernante et mon père jardinier. Nous étions logés dans la maison de la famille Billiet, grande famille du Nord – Jules Billiet a été maire de Valenciennes de 1919 à 1925.  Cette famille avait neuf enfants ; et moi, j’étais enfant unique.
 
1939 : mon père est mobilisé. Je ne le reverrai plus pendant cinq ans. Dès les premiers combats, il a été fait prisonnier. Comment voulez-vous résister quand vous êtes cavalier et qu’on vous demande de charger face à des chars ennemis ? Pris, il part en Allemagne et restera dans une ferme jusqu’en 1945.
 
Les informations sont alarmantes. Les troupes du Reich arrivent. Il faut nous sauver au plus vite. Monsieur Billiet décide de rester dans la maison familiale ; ma mère, Madame Billiet, les enfants et moi prenons les voitures. Nous partons pour Brest, où nous devons être hébergés chez des amis. Et c’est dans cette ville que j’ai vu « mon » premier soldat allemand.
 
Finalement, nous rentrons à Valenciennes puis à Paris. Mr Billiet étant Président de la Bonneterie de France, dont le siège est à Paris, nous logeons dans l’immeuble du boulevard de Strasbourg. Les Billiet occupent le second étage, quant à ma mère et moi, nous nous installons au 3ème étage. Comme tous les enfants, je vais à l’école. Mon quotidien est difficile, nous manquons un peu. Mais je n’ai pas le souvenir d’avoir été réellement privé. J’étais chanceux.
 
Pour moi, la Seconde Guerre mondiale, ce sont surtout deux moments inoubliables. L’un est affreux : ce sont les femmes tondues puis fusillées devant la mairie du 10ème arrondissement. D’ailleurs, on peut encore voir les traces des balles.
 
Le second, c’est l’arrivée du général de Gaulle à l'Hôtel de Ville. Là où il a tenu ces paroles extraordinaires : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré, libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle. »
 
J’y étais ! Oh, bien entendu, je n’étais pas placé à côté du général. Mais dans la foule, tout proche, il y avait là un jeune gars et c’était moi !
 
Après la guerre, j’ai préparé un concours pour entrer à l’Ecole des travaux publics et j’en  suis sorti ingénieur en 1950. J’ai commencé par faire un stage dans l’Est (où je me suis occupé de l’application du plan Marshall) puis un second stage dans la fameuse Société Générale d’Entreprise (qui appartient aujourd’hui à Vinci). Et, j’ai rencontré la Jacqueline.
 
Nous nous sommes mariés, à Saint-Denis, dans la basilique, et nous avons eu trois enfants : Jean-Michel, Eric et le petit dernier, Patrick. »

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Publié le 11 Octobre 2007

 


Le dimanche 29 août 2004, André Santini inaugurait, à Issy-les-Moulineaux, la place Groupe Manouchian, et prononçait un discours sur l’histoire de ces résistants. Henry Karayan, proche du Groupe Manouchian et Georges Duffau, fils de Joseph Epstein, responsable pour la Région Parisienne des Francs Tireurs et Partisans Français, prononcèrent également des discours.
 
Quelle est donc l’histoire du Groupe Manouchian ?
 
Missak Manouchian est né le 1er septembre 1906, dans le village d’Adyaman en Turquie, au sein d’une famille de paysans arméniens. Il a huit ans quand son père meurt, probablement tué par des militaires turcs. Puis sa mère disparaît à son tour, victime de maladie et de la famine qui touche la population arménienne à cette époque. Le jeune Missak est recueilli par une famille kurde puis par une institution chrétienne syrienne. Ce pays est alors sous protectorat français. L’arrivée en France, à Marseille, se déroule en 1925.
 
Missak apprend le métier de menuisier. Pour autant, il n’y accorde guère d’intérêt. Son plaisir est dans la fréquentation des bibliothèques et les cercles intellectuels arméniens. Il quitte rapidement le sud de la France pour se fixer à Paris. Il suit des cours de littérature, de philosophie et d’histoire. Dans le même temps, il fonde avec des amis deux revues littéraires : Tchank (Effort) et Machagouyt (Culture).
 
Proche des idées révolutionnaires, Missak Manouchian adhère et milite en 1934 au Parti communiste, participe aux « universités ouvrières » créées par les syndicats ouvriers (CGT) et s’enrôle dans le groupe arménien de la MOI (Main d’œuvre Immigrée). Groupe dont il prend le contrôle après la défaite française de 1940, tout en maintenant ses activités militantes, devenues illégales après l’interdiction du Parti communiste en France, faisant suite à la signature du pacte Germano-Soviétique (août 1939). Arrêté puis rapidement libéré (la police ne retient aucune charge contre lui), Missak Manouchian est versé avec son groupe, en 1943, dans la FTP-MOI, groupe de Francs-Tireurs Partisans (créé en 1941 par la direction du parti communiste français), dirigée par Boris Holban. En quelques mois, Manouchian est nommé commissaire technique des FTP-MOI. Il multiplie les actions contre l’ennemi nazi : attentats, sabotages, déraillements de train sont fréquents. Leur plus grand fait d’armes consiste en l’exécution, le 28 septembre 1943, du général SS Julius Ritter ; cet événement a un impact très important à Berlin et Heinrich Himmler donne l’ordre à son représentant en France, Karl Oberg, de réprimer les auteurs de l’acte.
 
A cette époque, le dirigeant pour la Région Parisienne des Francs-Tireurs Partisans est Joseph Epstein. Il donne rendez-vous à Missak Manouchian le 15 novembre 1943 à Evry Petit-Bourg (devenue Evry). Suivi depuis son domicile jusqu’au lieu de la rencontre (il semble que Missak Manouchian ait été vendu), les deux résistants sont arrêtés et torturés. Ils ne parleront pas. Les Brigades Spéciales des Renseignements Généraux, alliées de Berlin, finissent par démanteler l’ensemble du réseau. Après un simulacre de procès, vingt-deux membres du Groupe Manouchian, sont fusillés au Mont Valérien le 21 février 1944 (Joseph Epstein est exécuté le 11 avril 1944). En vain, la propagande allemande tente de faire passer les résistants pour des criminels, au moyen d’une affiche demeurée célèbre : l’Affiche Rouge.
 




 

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