Publié le 3 Novembre 2019

Un camp de travailleurs malgaches à la ferme d’Haeringen. Date : juillet 1917.

Un camp de travailleurs malgaches à la ferme d’Haeringen. Date : juillet 1917.

Plus de quarante-et-un mille Malgaches ont été mobilisés pendant la Grande Guerre, soit près de huit pour cent du total des «indigènes» ayant servi dans l’armée française. Plus de trente-quatre mille d’entre eux ont été envoyés sur le front européen.

Le 12e bataillon de marche de tirailleurs malgaches, rattaché à la 1e division marocaine du général Daugan, est la principale unité combattante en France. Il prend par la suite les noms de «12e bataillon de chasseurs malgaches» puis, en janvier 1919, de «1er régiment de chasseurs malgaches». Formé à Saint-Raphaël en novembre 1916, il est engagé au combat en mai 1917 au chemin des Dames, année où trente-deux mille Malgaches sont recrutés sur l’île, mais reste surtout affecté à des travaux routiers et au transport de munitions. En 1918, au cours de la deuxième bataille de la Marne, le bataillon perd près de cinq cents hommes en quelques jours. Il est ensuite engagé dans les batailles du Soissonnais. Après l’armistice, il se retrouve en Lorraine puis, en décembre, sur le Rhin, enfin en zone d’occupation, en Allemagne.

 

Le carré militaire du cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux comporte deux tombes de travailleurs malgaches. Il s’agit de :

  • Ronandro, travailleur malgache du Groupe aviation.
  • Ramanonjisoa, travailleur malgache.

 

 

Sources :

  • Fonds ECPAD.
  • Crédits photographiques : Jacques Agié et fonds d’archives du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français.
  • Texte ECPAD et Souvenir Français d’Issy-Vanves.
Les Malgaches pendant la Première Guerre mondiale.

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Publié le 13 Octobre 2019

Quête nationale 2019 du Souvenir Français.

Pourquoi le Souvenir Français quête-t-il ?

 

Au début du XXe siècle, alors que seule la journée du 14 juillet était inscrite dans le calendrier commémoratif national, LE SOUVENIR FRANÇAIS a imposé que les journées du 31 octobre et du 1er novembre soient consacrées à rendre hommage aux combattants morts pour la liberté et la démocratie.

 

120 ans plus tard, ces journées sont toujours présentes dans notre calendrier national. Elles servent partout de support à la collecte organisée par les comités du SOUVENIR FRANÇAIS dans tous les cimetières et lieux publics de France.

 

L’argent collecté - 584.600 € en 2018 - sert à sauvegarder les tombes des combattants Morts pour la France rentrées en déshérence du fait de la disparition de leurs familles.

 

Cette année, un effort particulier sera porté à la sauvegarde et la rénovation des tombes des 3.500 combattants Morts pour la France durant la Drôle de guerre (03 septembre 1939/09 mai 1940). Il y a 80 ans. En se mobilisant pour remettre dans la lumière de la Mémoire ces combattants oubliés, LE SOUVENIR FRANÇAIS illustre pleinement sa devise « À NOUS LE

SOUVENIR … À EUX L’IMMORTALITÉ».

 

Message du contrôleur général des armées, Serge Barcelini, président-général du Souvenir Français.

 

« Après s’être arrêtés pendant 5 années sur les combattants de la Grande Guerre, à l’occasion d’un long et riche centenaire, les projecteurs de la Mémoire sont centrés sur la Libération de la France et sur le commencement de la Seconde Guerre mondiale, à l’occasion des 75e et 80e anniversaires. Ces commémorations sont l’occasion de rappeler à tous les français - et en particulier aux plus jeunes - les diverses pages de notre histoire nationale.

 

Mais ces anniversaires sont aussi l’occasion de rendre hommage aux 2 millions de français Morts pour la France qui durant les deux guerres mondiales ont donné leur vie pour la liberté de notre territoire et pour la défense de notre démocratie. Cet hommage rend nécessaire l’entretien et la sauvegarde de leurs tombes. 700.000 de ces combattants reposent dans les cimetières communaux ; les cimetières de nos villes et de nos villages. Ces tombes, qui sont des biens privés, disparaissent en fonction des mutations familiales.

 

LE SOUVENIR FRANÇAIS s’est donné comme objectif de les sauvegarder, car elles sont des éléments essentiels de notre mémoire collective.

 

Pour relever ce défi, LE SOUVENIR FRANÇAIS a besoin de TOUS.

AIDEZ-NOUS à sauvegarder NOTRE mémoire.

AIDEZ-NOUS à sauvegarder VOTRE mémoire. »

 

A Issy-les-Moulineaux, vous retrouverez les quêteurs à l’entrée du cimetière. Soyez généreux ! Le Comité d’Issy-Vanves vous remercie par avance.

 

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Publié le 11 Octobre 2019

Le traité de Sèvres, par Lisa Romeo.

Le traité de Sèvres est signé entre l’Empire ottoman et ses ennemis de la Première Guerre mondiale le 10 août 1920 dans les Hauts-de-Seine. L’Entente, victorieuse, impose alors ses conditions et achève le démembrement de l’Empire qui perd les quatre cinquièmes de son territoire.

La signature d’un accord de paix avec l’Empire ottoman.

Fin 1918, les troupes alliées occupent Constantinople, la capitale de l’Empire, ainsi que de nombreux territoires ottomans : les forces britanniques contrôlent la Mésopotamie et une bonne partie de la Syrie, la France occupe la Cilicie, les Italiens le sud-ouest de l’Anatolie et l’armée grecque se déploie en Thrace orientale et à Smyrne. L’avenir de la région est dorénavant largement entre les mains des puissances occidentales.

 

Après plusieurs rencontres et conférences, les Alliés finissent par s’entendre sur les conditions de paix avec l’Empire lors de la conférence de San Remo, en Italie, en avril 1920. Un traité de paix est signé à Sèvres, en France, par le Sultan Mehmet VI (1861-1926), dernier sultan ottoman, qui choisit de coopérer avec les Alliés.

 

 

Les termes du traité.

Les conditions du traité sont pourtant humiliantes pour un des plus grands empires de l’histoire moderne. Si les Ottomans conservent Constantinople et le nord de l’Anatolie, leur souveraineté est dorénavant fortement limitée.

Tout d’abord, des sphères d’influence française et italienne sont établies. La France jouira donc d’un contrôle financier et administratif en Cilicie et l’Italie dans la région d’Adalia, dans le sud-ouest de la Turquie. Comme convenu à San Remo, les provinces arabes de l’Empire sont placées sous tutelle britannique en Palestine et en Irak, ou française en Syrie. La Grèce obtient, pour sa part, la Thrace orientale et la région de Smyrne. Cette dernière région fait cependant l’objet d’une clause particulière : elle est placée pendant cinq ans sous administration grecque et sous souveraineté ottomane. Au terme de cette période, les populations, grecques et turques, devront choisir, par référendum, leur pays de rattachement.

 

Par ailleurs, les Arméniens revendiquent une grande Arménie allant de la mer Noire à la mer Méditerranée et du Caucase à la Cilicie. Le traité de Sèvres prévoit finalement la formation d’un Etat indépendant plus restreint, comprenant les terres arméniennes russes et le Nord-est de l’Anatolie. Le principe d’un Kurdistan indépendant est également retenu par les Alliés. La délimitation de son territoire pose cependant de nombreux problèmes. Les Alliés s’entendent finalement sur la constitution d’un territoire autonome, compris dans la zone ottomane, au sud-ouest de l’Anatolie, comprenant environs 20 % des régions peuplées par les Kurdes. Son indépendance devra être considérée ultérieurement par la Société des Nations.

 

En outre, les détroits du Bosphore et des Dardanelles doivent être démilitarisés, neutralisés et gérés par une Commission internationale des détroits où sont représentés la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie. Leurs accès seront entièrement libres en cas de guerre comme en cas de paix et sont contrôlés.

 

Enfin, les capitulations sont rétablies et même élargis à tous les vainqueurs. Les finances et l’administration turques sont placées sous contrôle anglo-franco-italien. Les droits des minorités sont protégés. La Turquie est aussi sommée de livrer sa flotte, de réduire son armée à 15 000 hommes et 35 000 gendarmes. Le traité de Sèvres est donc d’une grande sévérité et limite fortement la souveraineté turque.

 

Si le sultan se résigne, après deux mois de discussion, à signer le traité de Sèvres, il est considéré comme inadmissible par les nationalistes, dirigés par Mustafa Kemal. Ce héros de la guerre, qui mène, à partir de l’Anatolie, une lutte acharnée contre le gouvernement de Constantinople et contre les puissances occupantes depuis juin 1919, le rejette immédiatement. La sévérité des clauses du traité de Sèvres l’aide alors à rallier une bonne partie de la population au mouvement. La Turquie en alors en pleine guerre civile et en pleine guerre contre la Grèce.

 

Les Alliés semblent avoir négligé l’importance du mouvement national turc. Ils s’aperçoivent très vite de leur incapacité à faire appliquer le traité qui ne sera finalement jamais ratifié. Dès l’automne 1920 et au fur et à mesure des victoires turques, certaines puissances appellent à une révision du traité. Une conférence se tient à Londres en février 1921 dans ce but, sans grands résultats. Le traité de Sèvres est finalement remplacé, le 24 juillet 1923, par le traité de paix de Lausanne qui marque définitivement la naissance de la République de Turquie indépendante s’étendant de la Thrace orientale à l’Asie mineure.

 

 

Bibliographie :

  • Jean-Pierre Derriennic, Le Moyen-Orient au XXème siècle, Paris, Armand Colin, 1980.
  • Nadine Picaudou, La Décennie qui ébranla le Moyen-Orient, 1914-1923, Bruxelles, Editions Complexe, 1992.
  • Salah Jmor, L’Origine de la question kurde, Paris, Editions L’Harmattan, 1994.
  • Robert Mantran, Histoire de la Turquie, Paris, Presses Universitaires de France, 1952.
  • M. E. Yapp, The Making of the modern Near East (1792-1923), London, Longman Group UK Limited, 1991.

 

Sources :

 

  • Site Internet de l’encyclopédie Wikipedia.
  • Site Internet « Les Clés du Moyen Orient » - Article de Lisa Romeo.

 

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Publié le 7 Octobre 2019

Extrait du clip de présentation du Souvenir Français sur You Tube.

Extrait du clip de présentation du Souvenir Français sur You Tube.

Vous l’avez peut-être noté : les journaux parlent de plus en plus du Souvenir Français. Ces derniers mois, Le Parisien a publié plusieurs articles concernant notre association.

Nous allons plus loin maintenant ! Comme l’a récemment indiqué notre Délégué général pour les Hauts-de-Seine, Claude Guy, un jeune adhérent de notre Comité d’Issy-Vanves, Adrien Ramassamy a mis en place différents vecteurs de communication.

Ces vecteurs sont maintenant accessibles depuis ce site :

 

Vous les trouverez tout en bas de cette page, à droite, dans la catégorie « Liens ». Vous trouverez également les liens vers nos sites :

 

  • Site national.
  • Site de la Délégation générale des Hauts-de-Seine.
  • Site de la Réserve Citoyenne du Gouverneur Militaire de Paris.
  • Site de la Délégation générale de Chine et d'Asie.
  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux.
  • Site de la ville de Vanves.
  • Site du Musée de l’Armée.
  • Site national de l’UNC.
  • Page Facebook du Souvenir Français de notre département.
  • Chaîne Youtube du Souvenir Français de notre département.

 

Bon surf !

 

F. RIGNAULT

Président du Comité d’Issy-Vanves

Délégué général adjoint.

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Publié le 28 Septembre 2019

Rénovation de tombes à Vanves.

Sous l’égide de notre comité, avec l’enthousiasme et le concours financier de la municipalité de Vanves et du comité local de la Légion d’honneur, que nous remercions une nouvelle fois, cinq tombes ont été rénovées au cimetière communal de Vanves par les Etablissements Caruel.

 

Raymond Gautier, soldat de 2e classe du 89e régiment d’infanterie. Mort des suites de ses blessures à l’hôpital de Chatel Guyon le 9 octobre 1914. Né le 21 juin 1890 à Tacoignières dans le département de Seine-et-Oise (arrondissement de Mantes).

Rénovation de tombes à Vanves.

Alexis Franco, soldat de 2e classe du 403e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi dans la région de Reims le 16 avril 1917. Né le 14 juillet 1896 à Vanves.

Rénovation de tombes à Vanves.

Charles Boutin, soldat de 2e classe au 1er régiment léger (1er régiment d’infanterie légère). Mort pour la France le 29 octobre 1916, des suites de ses blessures dans l’ambulance 3/75 dans la Somme. Il était né le 16 janvier 1894 à Meudon.

Rénovation de tombes à Vanves.

Louis Guillier, soldat de 2e classe au 70e régiment d’infanterie territoriale, mort des suites de ses blessures le 13 septembre 1914 0 Montdidier, dans la Somme. Il était né à Neuvy-le-Roi (Indre et Loire) le 25 avril 1875.

Rénovation de tombes à Vanves.

Fernand de L’Isle, soldat de 2e classe au 74e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi le 17 octobre 1918, dans les Flandres à Ypres (Belgique). Il était né le 6 avril 1891 à Bracquemont dans le département de Seine-Inférieur (Seine Maritime, arrondissement de Dieppe).

Rénovation de tombes à Vanves.

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Publié le 14 Septembre 2019

Les coloniaux : Emile Gentil.

Missions en Afrique.

 

Emile Gentil nait le 4 avril 1866 à Volmunster, dans le département de la Moselle. Diplômé de l’Ecole navale, elle sert pendant plusieurs années dans son arme. Il est chargé en tant qu’enseigne de vaisseau d’une mission hydrographique au Gabon, entre 1890 et 1892. Il choisit ensuite d’intégrer l’administration coloniale.

 

Sa première grande mission se déroule en Afrique entre 1895 et 1897. Son but est de trouver la voie la plus praticable entre le Gabon et le Tchad, pour constituer un bloc unique. Le 27 juillet 1895, il entreprend la remontée du fleuve Congo à bord du bateau le Léon Blot, un vapeur monté sur place.

 

Le Léon Blot est démonté, transporté à travers la forêt tropicale pour naviguer sur l’Oubangui, le Kemo, son affluent, puis, après un nouveau démontage, le Chari. En octobre 1897, il signe avec le sultan Gaourang, un traité d’alliance qui confie à la France le protectorat sur le Baghirmi pour le protéger du Rabah. Le 20 octobre, il pénètre dans le pays de Rabah et atteint le lac Tchad, le 28. Il rentre ensuite en France.

 

Deux années plus tard, Emile Gentil repart pour une seconde mission. Son but est de refouler Rabah, qui a défait Gaourang, qui demande secours en vertu du traité de protectorat. Le 16 août 1899, il atteint Gaoura, où il apprend la mort de Bretonnet, qui dirigeait une mission dans le Chari, tué lors du combat de Togbao, le 17 juillet.

 

Le 28 octobre 1899, il attaque à Kouno la plus importante garnison de Rabah où il est mis en échec. Le 11 avril 1900, à Mandjafa, il fait sa jonction avec la mission Foureau-Lamy et la mission Joalland-Meynier pour l’affrontement final avec Rabah à Kousséri qui a lieu le 22 avril 1900, et au cours duquel le commandant Lamy est tué. Gentil prend le commandement et fonde, le 29 mai 1900, Fort Lamy – actuelle capitale du Tchad, sous le nom de Ndjamena.

 

Commissaire général.

 

Le 5 février 1902, Emile Gentil est nommé commissaire général du gouvernement au Congo français. Hostile à la mission Brazza, venue enquêter en 1905, sur les exactions des Français à l’égard des populations indigènes, malmené par la presse dans l’affaire des massacres du Congo, mais innocenté par la commission Lanessan, Gentil reste en poste et organise les quatre circonscriptions du Gabon, du Moyen-Congo, de l’Oubangui-Chari et du Tchad, qui forment l’AEF. Il quitte l’Afrique en 1910.

 

L’ensemble de ces missions a été consigné dans des Comptes rendus de la Société de Géographie. Le Gouvernement français a conféré le nom de l’explorateur à un port établi à l’embouchure de l’Ogooué : Port-Gentil, au Gabon.

 

Emile Gentil meurt à Bordeaux le 30 mars 1914. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise, à Paris.

 

Il aura publié plusieurs ouvrages :

 

  • La chute de l’empire de Rabah (1895-1898), Paris, Hachette, 1902
  • Itinéraire de la Mission E. Gentil entre l’Oubangui et le Tchad, 1895-1989, Société de Géographie, Paris, 1898.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site sur l’Histoire : www.herodote.net
  • Site de l’ambassade de France au Gabon : https://ga.ambafrance.org/
  • Marcel Souzy, Les coloniaux français illustres, B. Arnaud, 1941.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 13 Août 2019

Au sous-lieutenant Isaac, de Vanves.

Une ascendance prestigieuse.

 

Henry Isaac nait le 7 mai 1883 à Basse-Terre en Guadeloupe. Ses parents sont Pierre Isaac et sa mère Jeanne Gagneur. Henry voit le jour au sein d’une famille très réputée dans l’île.

 

Pierre Isaac (1845 à Pointe-à-Pitre et 1899 à Vanves) est un administrateur et homme politique français. Directeur de l’Intérieur en Guadeloupe de 1879 à 1884, il est l’un des principaux artisans de l’organisation de l’enseignement primaire et secondaire publics dans l’île. Sénateur radical de Guadeloupe de 1885 à 1899, son implication et sa grande compétence, principalement dirigées vers les questions coloniales, lui valent d’être secrétaire du Sénat de 1892 à 1895. Il est considéré à Pointe-à-Pitre, selon le site même de la ville, comme « une des plus grandes figures de couleur qu’aient produites les Antilles françaises ».

 

Un héros.

 

Henry Isaac entreprend des études de droits, qu’il réussit brillamment et devient magistrat colonial en Extrême-Orient. Réformé du service militaire actif, se trouvant en congés au moment de la déclaration de guerre en 1914, il s’engage et est blessé en Champagne en 1915. Promu sous-lieutenant, il est versé dans un régiment de zouaves. Blessé une seconde fois dans la Somme, il entre alors dans l’aviation, en dépit du refus de sa mère. Au début du mois de juin 1917, son avion est abattu par les Allemands. Henry Isaac chute avec son appareil. Gravement blessé, il est transporté à l’hôpital temporaire 25 de Châteauroux dans l’Indre. C’est là qu’il décède le 10 juin 1917. Son corps est rapatrié sur Vanves et il est enterré dans la sépulture familiale.

 

Il était titulaire des décorations suivantes : chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre. Il avait été également cité à l’ordre du régiment.

 

Cérémonie à Vanves.

 

Le Souvenir Français a retrouvé les discours prononcés à l’occasion de la cérémonie des obsèques d’Henry Isaac, en l’église Saint-Rémy de Vanves, le 23 juin 1917. Et ils furent nombreux : le discours de M. Lencou-Barême, président de la Cour d’appel de l’Indochine; celui de M. Vollard, procureur de la République de l’Inde ; celui de M. le docteur Vitalien, Président du « Foyer Colonial » et ami de la famille ; celui de M. Emile Berthier, adjoint au maire de Vanves, qui était alors M. Aristide Duru. Auparavant, M. R. Boisneuf, député de la Guadeloupe, avait prononcé l’éloge funèbre du lieutenant Isaac.

 

Nous avons choisi de reproduire ici celui de M. Vollard puis celui de M. Berthier.

 

M. Vollard : « Dans les moments terribles que nous vivons, nous en sommes venus à opposer l’indifférence au spectacle, même des ruines, même des dévastations, par quoi notre pays et l’humanité entière se trouvent dépouillés de trésors d’un prix inestimable, des monuments de l’intelligence, de l’activité de générations multiples, du travail accumulé des siècles. Seule, la disparition de ceux qui nous sont chers sera capable, toujours, de nous émouvoir.

 

En vain, nous disons que le genre humain leur paiera le tribut d’une gratitude qui ne s’éteindra pas ; en vain savons-nous que leur souvenir, nimbé de gloire, sera célébré dans la mémoire des hommes ; que, participant d’une vie immatérielle et universelle, et comme réchauffés par l’élan, par le don des cœurs unanimes, ils vivront une vie plus intense que l’homme dans les travaux de la paix, qui se débat au milieu de l’obscurité d’un horizon borné, et, encore, pris dans les entraves de son être périssable ; vainement aussi, nous sentons que l’éternité est le partage des nobles ouvriers de la plus noble des causes : nous ne pouvons nous résoudre à voir disparaître, sans nous apitoyer, un bon entre les meilleurs.

 

J’ai connu Isaac, dans l’Inde. Il ne m’a pas été donné de l’y rencontrer souvent en raison de l’éloignement des circonscriptions judiciaires, mais il était de ceux qu’on pénétrait, qu’on aimait tout de suite. La franchise, beaucoup de bonne humeur, un esprit vif, pétillant : le charme opérait dès le premier contact. Il vous livrait son âme toute nue et il commandait la confiance et la sympathie. C’est le même entrain, c’est la même vivacité d’esprit, que je retrouvais, après quelque trois années de périls et de lutte, au cours de la visite qu’il eut l’amabilité de me faire, durant son dernier passage à Paris.

 

Isaac a porté très haut le drapeau de la Magistrature : il a été un exemple. Dans les situations les plus difficiles, il discernait son devoir du premier coup et il l’accomplissait jusqu’au bout, d’un courage tranquille, avec autant d’intelligence et d’impartialité que de fermeté.

 

Au moment de la déclaration de guerre, Isaac se trouvait en congé en France. Il contracta aussitôt un engagement, fut, dans la guerre, le modèle des soldats, et conquit les plus hautes et les plus flatteuses distinctions.

 

Isaac ne comptait que des amis. C’est dire quels regrets il laisse. J’aurais manqué à un devoir qu’il m’est doux de remplir, dans la plus attristante circonstance, si je n’avais essayé de dire, en y réunissant très imparfaitement, les sentiments qu’éveillera, chez ceux qui l’on connu, la disparition, à la suite d’une cruelle catastrophe, d’un noble cœur, du plus intègre des juges, du meilleur des amis ».

 

M. Berthier :

« Au nom de la Municipalité,

Au nom du Conseil municipal,

Au nom de la population toute entière,

 

J’adresse un dernier adieu au sous-lieutenant pilote Henry Isaac, et un hommage ému à sa mémoire.

 

La famille Isaac, originaire de la Guadeloupe, est venue se fixer à Vanves, il y a de longues années déjà, alors que celui qui repose ici et tous ses frères et sœurs n’étaient encore que des enfants ; nous avons conservé le souvenir de leur regretté père, Monsieur Isaac, sénateur de la Guadeloupe.

 

Le sous-lieutenant Isaac et ses frères firent leurs études au Lycée Michelet de Vanves, et tous surent se créer une situation enviable par leur travail.

 

Celui qui va reposer de son dernier sommeil dans ce cimetière était un magistrat colonial du plus bel avenir, la guerre l’enleva à ses fonctions pour l’envoyer défendre la mère-patrie. Il accomplit son devoir comme un héros, s’est particulièrement distingué par sa bravoure, obtint la Croix de guerre, et celle de la Légion d’Honneur. Déjà précédemment blessé, il fit une chute d’avion à Châteauroux et est mort pour la France à l’hôpital de cette ville le 20 juin 1917, âgé de 34 ans, après tant d’autres vaillants officiers et soldats, et après tant d’autres vaillants aviateurs, qui versent leur sang avec tant de courage et d’abnégation pour la défense sacrée de la Patrie.

 

Qu’il repose en paix, son sacrifice n’aura pas été inutile puisque la civilisation vaincra la barbarie et que le sang de nos héros, qui coule avec tant d’abondance arrose la moisson qui germe pour un avenir de paix, de justice, et de fraternité des peuples.

 

Que Madame Veuve Isaac, sa mère, que ses frères, ses sœurs, sa fiancée, toute sa famille reçoivent l’assurance de la très grande part que nous prenons à leur douleur et acceptent nos respectueuses condoléances.

 

Que ce témoignage de sympathie apporte un adoucissement à leur profond chagrin.

 

Adieu, sous-lieutenant Isaac, adieu.

 

 

 

 

Sources :

 

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle du lieutenant Isaac.
  • Site de la ville de Pointe-à-Pitre : www.ville-pointeapitre.fr
  • Site de la ville de Vanves – www.vanves.fr
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.
  • Discours retrouvés sur le site www.issuu.com

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Publié le 10 Août 2019

La FNAM.

1 - Histoire de l’association.

 

La Fédération nationale André Maginot a été créée en 1888, à Marseille, par des anciens combattants de la guerre 1870-1871 et des expéditions coloniales (Madagascar, Chine, Tonkin, Algérie, Tunisie). Elle se constitue en " Union fraternelle ".

 

Le 6 novembre 1894, elle se transforme en "Fédération nationale des anciens militaires blessés, gratifiés de réformés n° 1 ". Au début du 20e siècle, transférée à Paris, elle tient son premier congrès national à la Mairie du 10ème arrondissement, en juin 1911. Cette même année paraît le premier Bulletin de la Fédération.

 

Le 6 octobre 1918, André Maginot, alors ministre des colonies et de l’Afrique du Nord, devient président de la Fédération. Il le restera jusqu’à sa mort, le 7 janvier 1932. Le siège, alors situé au 8 boulevard Brune à Paris (15ème), est ensuite transféré au 23 rue Bourgogne à Paris (7ème). L’année suivante, l’intitulé de l’association devient " Fédération nationale des mutilés, victimes de guerre et anciens combattants " et sera reconnue d’utilité publique par arrêté du 23 mai 1933.

 

En 1926, le bulletin prend le nom de La Charte et la Fédération s’installe au 1bis rue Vanneau à Paris (7ème).

 

En 1953, en hommage à son illustre président, elle ajoute la référence à "André Maginot" et en 1961, est adoptée la dénomination simplifiée de : Fédération nationale André Maginot.

 

Depuis 1970, le siège est sis 24bis boulevard Saint-Germain à Paris (5ème) dans un hôtel particulier datant du 19e siècle, orné de fresques bibliques peintes par le célèbre Mazerolle qui décora également l’Opéra Garnier.

 

En ce début de 21ème siècle, la FNAM, qui ajoute à son appellation "des Anciens combattants et Victimes de guerre", rassemble plus de 200 groupements "fédéraux" ou "affiliés", soit un effectif de 330 000 membres.

 

Elle continue sa vocation de "fédérateur" et ne cesse d’accroître ses effectifs.

 

Elle édite six fois par an une revue de liaison La Charte distribuée à tous ses adhérents et auprès de différents organismes publics, tels que : mairies, préfectures, ministères, ambassades, etc.

La Fédération nationale André Maginot oriente ses activités vers :

 

  • la défense des droits et de l’honneur des anciens combattants et victimes de guerre,
  • les œuvres sociales destinées aux anciens combattants,
  • les subventions aux grandes causes humanitaires,
  • la préservation de la mémoire combattante, notamment auprès de la jeunesse.

 

 

2 - André Maginot.

 

André Maginot est né le 17 février 1877 à Paris. Ses parents lorrains étaient originaires de Revigny-sur-Ornain dans la Meuse. Intelligent, doué d’une excellente mémoire, le futur ministre fait de brillantes études de droit. Orphelin de père et aîné de quatre enfants, il est dispensé de deux années de service militaire sur trois. A son retour, il passe le doctorat de droit. A 23 ans, il est reçu au concours de l’auditoriat du Conseil d’Etat.

 

Très tôt, André Maginot décide de se lancer dans la politique. D’abord conseiller général de Revigny-sur-Ornain, il est ensuite élu, en 1910, député de Bar-le-Duc. Il conservera ce siège jusqu’à sa mort en 1932. A 36 ans, en 1913, il devient Sous-secrétaire d’Etat à la guerre et s’emploie à faire appliquer la loi des 3 ans de service militaire, dont il est un ardent défenseur.

 

Le Combattant

 

Lorsque la guerre éclate, estimant que sa place est au front, il s’engage comme simple soldat au 44ième régiment territorial. Sur sa demande, il est affecté à une compagnie d’avant-poste sur les Hauts de la Meuse au surplomb de la plaine de Woëvre. Ayant participé à de nombreuses patrouilles, il est rapidement persuadé que des unités de reconnaissance permanentes seraient plus efficaces. Il préconise donc la constitution de " patrouilles régulières ", qu’il dénomme ainsi. Elles sont composées d’une trentaine de volontaires soigneusement sélectionnés qu’il formera lui-même. La patrouille "Maginot" se distinguera dans de nombreuses circonstances. Le 9 novembre 1914, il est très grièvement blessé au cours d’une reconnaissance audacieuse. Pendant de longs mois, il restera hospitalisé et ne retournera plus au front. Titulaire de cinq citations et de la médaille militaire, il quitte la vie militaire avec le grade de sergent. Sa conduite exemplaire lui vaudra, le 12 mars 1919, d’être élevé au grade de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

 

André Maginot, homme politique

 

  • 1913/1914 : Sous-secrétaire d’Etat à la guerre ;
  • 1917 : Ministre des colonies et membre du Comité de guerre. Préoccupé par la situation des mutilés, il suit avec intérêt les objectifs et l’évolution des premières associations de victimes de guerre.
  • 1920/1922 : le ministère des pensions qu’il crée lui est confié. A ce poste, il s’applique à mettre au point la Charte du 31 mars 1919.
  • 1922/1924 : il cumule les postes de ministre de la guerre et ministre des pensions. Il fait voter la loi sur la réorganisation de l’armée et a soutenu la mise en œuvre de la loi du 4 août 1923 instituant la Retraite mutualiste du combattant.
  • 1928/1929 : Ministre des colonies ;
  • 1929/1932 : il est ministre de la guerre, ministère qu’il conservera jusqu’à sa mort. Il fait notamment poursuivre l’édification de la ligne fortifiée le long des frontières de l’Est qui avait été mise en œuvre par son prédécesseur Paul Painlevé. Victime d’une épidémie de typhoïde, André Maginot meurt dans la nuit du 6 au 7 janvier 1932 à l’âge de 55 ans. Le 10 janvier, les français lui rendent hommage en participant nombreux à ses obsèques nationales.

 

L’œuvre sociale d’André Maginot Conscient des drames provoqués par ce long et sanglant conflit, il préconise, dés 1917, la création d’un ministère chargé des pensions, primes et allocations de guerre. En janvier 1920, ce poste lui est confié. La France qui avait enregistré 1.400.000 tués, comptait par ailleurs quelques 3.000.000 de blessés. Il fait régler rapidement trois millions de dossiers ainsi que celui des veuves, des orphelins et des ascendants. Il met à contribution tous ses collaborateurs et lui-même reste en permanence dans son cabinet ministériel.

 

Le nombre de dossiers traités au ministère passent de 28 500 en février 1920 à 100 000 par mois dès le mois d’août, puis à 120 000 en octobre. Parallèlement à la liquidation des pensions, André Maginot fait entreprendre le regroupement des sépultures militaires. Il négocie âprement la gratuité des soins aux mutilés avec les professions de santé et des réductions de tarif avec les compagnies de chemin de fer. Après deux ans de marathon parlementaire, il obtient l’adoption d’une loi relative aux emplois réservés pour les mutilés de guerre.

Il mène par ailleurs une " épuisante politique de relations publiques " qui lui vaut une très grande popularité auprès de la plupart des associations d’anciens combattants et victimes de guerre.

 

Le monde combattant lui doit également :

 

  • la création de l’Office national des mutilés le 2 janvier 1918 ;
  • la loi du 31 mars 1919 reconnaissant le droit à réparation de toutes les catégories d’anciens combattants et victimes de guerre ;
  • la création de la carte du combattant le 18 décembre 1926 ;
  • la loi du 6 avril 1930 reconnaissant la qualité de combattant volontaire.

 

Enfin, lors du second anniversaire de l’armistice, André Maginot décidait de faire inhumer à Paris, sous l’arc de triomphe, le corps d’un soldat inconnu choisi au cours d’une cérémonie à la citadelle de Verdun. Et c’est le 11 novembre 1923, alors qu’il était ministre des pensions, qu’il alluma la flamme éternelle du souvenir sur la dalle sacrée.

 

La FNAM.

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Publié le 31 Juillet 2019

« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.

Antoine de Saint-Exupéry !

 

Pour les uns ce nom évoque le romancier, auteur de « Vol de nuit », « Terre des hommes » ou « Citadelle ». Pour d'autres c'est le souvenir du pilote de l'Aéropostale, compagnon de Mermoz, de Guillaumet, acheminant de la France à l'Amérique du sud, au milieu des années vingt, un précieux sac de correspondance avec une idée fixe : « Le courrier d'abord ! ». Pour les poètes, c'est l'auteur de l'inoubliable « Petit prince » et pour les férus d'aventures le pilote malheureux des grands raids aériens de l'entre-deux-guerres, vers l’Extrême-Orient avec un « crash » dans le désert égyptien ou entre les États-Unis et l'Amérique du sud avec un atterrissage forcé en catastrophe au Guatemala !

 

Mais pour ceux de l'Armée de l'air, St-Ex, c'est toute une carrière en trois époques :

 

1921 – 1923.

 

Alors mécanicien « avion » en 1921, sur la base de Strasbourg pendant son service militaire, il passe d'abord, à ses frais, son brevet de pilote civil, puis obtient au Maroc son brevet de pilote militaire. C'est ensuite Avord comme EOR (Elève-officier de réserve), avant Versailles, Villacoublay et enfin Le Bourget où, alors qu'il est sous-lieutenant, il est démobilisé, en juin 1923, après un grave accident à l’atterrissage, le premier d'une longue série qui émaillera la carrière de celui que ses camarades avaient surnommé « Pique la lune », allusion à son caractère rêveur !

 

1939 – 1940.

 

Arrive 1939 et la « drôle de guerre ». St-Ex est mobilisé, avec le grade de capitaine de réserve, d'abord comme instructeur sur la base de Toulouse-Francazal, puis au groupe de reconnaissance II/33 doté de bimoteurs d'assaut et de reconnaissance Bloch-174 et stationné près de Saint-Dizier. Le 10 mai 1940, c'est l'offensive allemande. Le 23 mai il effectue une mission de reconnaissance sur Arras, que les colonnes de blindés allemandes sont en train d'investir. Son appareil est touché à plusieurs reprises par la « flak » ennemie mais il parvient à le ramener sur le terrain de Nangis, équipage indemne. Cette action lui vaudra la croix de guerre avec palme et citation à l'ordre de l'Armée de l'air (1). Son unité se replie ensuite jusqu'à Perpignan où il est démobilisé à l'armistice. Après un bref passage en Afrique du Nord, il gagne les États-Unis où il va promouvoir l'idée de leur entrée en guerre contre l'Allemagne.

 

1943 – 1944.

 

Au printemps 1943 il rejoint l'Afrique du Nord et parvient malgré son âge, 43 ans, à se faire réaffecter en unité combattante, dans son ancien groupe de reconnaissance, le II/33. En effet ce dernier est maintenant doté de la version spécialisée reconnaissance-photo d'un chasseur américain, le « Lightning » P-38 « deux-queues » et les normes de l'US Army Air Force ont fixé pour ses pilotes l'âge limite de 30 ans ! Mais il est accepté sur l'insistance des autorités françaises. Cependant il maîtrise mal cette lourde machine et, après quelques incidents (dont, à l'instruction en Tunisie, la collision, au roulage, de l'aile de son appareil avec un arbre!) et vu ses ennuis de santé dues à ses blessures passées, il quitte son unité pour passer l'hiver à Alger. Il est alors commandant de réserve, mais les américains ne veulent plus le voir voler ! Au printemps 1944, alors que Saint-Exupéry tente de faire jouer tous ses contacts pour reprendre à nouveau le combat, la situation évolue : le débarquement en Provence est en préparation et les besoins en renseignement sont énormes. Alors un pilote de reconnaissance chevronné de plus en unité n'est pas à dédaigner. Il reprend donc sa place au II/33, à « La Hache » (2). Très vite l'unité se rapproche des futures plages du débarquement en Provence, avec un déploiement d'abord dans le sud de l'Italie, puis en Sardaigne, enfin, le 17 juillet, en Corse, première portion de la France métropolitaine libérée dès l'automne de 1943 (3), avec l'installation du groupe sur le terrain de Bastia-Borgo. C'est de là, le 31 juillet 1944, il y a juste 75 ans, que le commandant Saint-Exupéry, aux commandes du Lightning n°223, décolle pour une mission de reconnaissance à haute altitude le long de la vallée du Rhône, avec retour par Annecy et le long des Alpes. Mais il ne reviendra pas.

 

Pendant près d'un demi-siècle, aucun indice sérieux ne permit de lever le voile sur la disparition de Saint-Exupéry. Et puis, en septembre 1998, un pêcheur marseillais remonta dans ses filets un objet métallique qui, après nettoyage et expertises, se révéla être sans conteste la gourmette en argent du pilote disparu, cadeau que lui avait offert à New-York, en 1942, sa femme Consuelo. Dès lors la zone de recherche se précisait mais il fallut attendre le début des années 2000 pour que l'épave d'un P-38 soit enfin localisée au large de l’îlot de Riou, au sud de Marseille, et que des éléments de l'avion, remontés en septembre 2003, ne soient formellement identifiés par leur numéro de série. Ils sont exposés depuis au Musée de l'Aéronautique et de l'Espace du Bourget dans un espace dédié à cet aviateur mythique. Mais quelles furent les circonstances de sa disparition, panne mécanique, défaillance du pilote ou attaque d'un chasseur ennemi ? Le mystère reste entier.

 

Au sein de l'Armée de l'air, les traditions de « La Hache », et donc le souvenir du Petit Prince, furent reprises par l'Escadron de reconnaissance I/33, dissous en 2010 quand ses Mirage F-1 furent retirés du service, mais recréé comme unité de reconnaissance équipée de drones « Reaper » et opérant en particulier, au Sahel, dans le cadre de l'opération « Barkhane ».

 

 

 

Général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac

Président honoraire du comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français.

 

 

 

NOTES :

 

(1) Saint-Exupéry racontera cette mission dans son livre « Pilote de guerre », publié à New-York en 1942 sous le titre « Flight to Arras ».

(2) L'unité est l'héritière d'une escadrille de la Première Guerre mondiale, la SAL 33, commandée par le capitaine André Bordage qui avait choisi une hache rouge comme insigne, car c'était «  la hache d'A. Bordage » !

(3) Notre regretté Président d'honneur, le GCA Roland Glavany, ancien du Bataillon de Choc, nous avait raconté cette épopée dans ses souvenirs parus sur ce site.

 

 

LEGENDE DES ILLUSTRATIONS :

 

(SE1) Antoine de Saint-Exupéry aux commandes de son P-38.

(SE2) Le Bloch-174 en mission de reconnaissance sur Arras.

(SE3) Un Lightning « recco » du GR II/33 aux cocardes tricolores.

(SE4) Mirage F-1 CR du I/33 avec insignes « La Hache » et « Le Petit Prince » lors de la dissolution de l'escadron en 2010.

 

Crédits photographiques : les clichés sont à diffusion réservée.

 

« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.
« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.
« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.
« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.

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Publié le 24 Juillet 2019

Roger Blot.

Roger Blot.

Roger Blot nait le 2 février 1923 à Saint-Martin de Bossenay dans le département de l’Aube, non loin de Nogent-sur-Seine. Jeune adulte, il suit des cours à l’université de Paris, au Panthéon, en faculté de droit. En 1945, il intègre l’école interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan dans le cadre de la promotion « Victoire » (juillet à décembre 1945).

 

Par la suite, Roger Blot est versé dans le 5e BCCP (Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes).

 

Les BCCP.

 

Le 13 août 1947, l’état-major des armées décide la création de la demi-brigade coloniale de commandos parachutistes qui se formera à Vannes à compter du 1er octobre sous le commandement du colonel Massu. Le principe adopté consiste à former toutes les unités dans le même moule : le bataillon de commandement est installé à Vannes-Meucon avec sa compagnie d’instruction, pour ne donner leur vie propre aux bataillons que lors de leur affectation outre-mer.

 

A la fin du premier semestre 1948, l’organisation des parachutistes coloniaux présente sa forme presque définitive. Une demi-brigade est définitivement stationnée en métropole, la 1ère DBCCP et détient le drapeau du 2e RCP (selon le modèle des SAS anglais) et une autre demi-brigade est définitivement stationnée en Indochine avec le drapeau du 5e RIC. Quant aux bataillons, leur ordre est le suivant :

 

  • 1er BCCP (capitaine Ducasse) : Indochine, en instance de rapatriement ;
  • 2e BCCP (commandant Dupuis, tué en septembre 1948 puis capitaine Trinquier) : Indochine, rapatriable en novembre 1949 ;
  • 3e BCCP (commandant Ayrolles) : embarquement prévu fin septembre 1948 ;
  • 4e BCCP (capitaine Ducasse) : à créer début 1949 ;
  • 5e BCCP (commandant Grall) : parti le 5 juin pour l’Indochine ;
  • 6e BCCP (commandant Vernières – plus tard, le chef de bataillon sera le commandant Marcel Bigeard) : embarquement début 1949.

 

Au cours de la guerre d’Indochine, les 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e BPC vont ainsi se succéder dans notre colonie, certains d’entre eux effectuant plusieurs séjours après remise sur pied en métropole à l’issue de chacun d’eux. Plus tard, sera inauguré à Meucon, une stèle à la mémoire des 3.600 parachutistes de la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes tués à l’ennemi en Indochine de 1946 à 1954.

 

L’Indochine du 5e BCCP.

 

Sous les ordres du chef de bataillon Grall, le 5e BCCP embarque sur le Pasteur le 5 juin 1948 pour débarquer le 25 du même mois à Saigon. Le bataillon est dirigé sur Thu Duc et Di An, en Cochinchine.

 

La première sortie importante du bataillon a lieu le 7 juillet pour l’opération combinée ''Caîbe'', au cours de laquelle le GC4 (Groupe de Commandos n°4) est parachuté en bordure du canal de Nhon Ninh (plaine des joncs), en vue d'intervenir contre un important rassemblement vietminh. Dix jours plus tard, quarante-cinq hommes du GC2 (capitaine Heiblig) sont engagés dans le secteur de Phuoc An, à la recherche d'un camp de prisonniers Binh Xuyen : largage à Xom Ba Bong et mort du capitaine Heiblig, frappé d'une balle en plein cœur peu après son arrivée au sol. Dans le même temps, deux commandos du GC3 (lieutenant Florentin) partent en opération de nettoyage dans la région de Xuan Loc.

 

Du 31 juillet au 2 aout, l’opération combinée ''Tortue'' conduit le GC1 (capitaine Picherit) en sud Annam, dans le secteur de Phu My ou, après débarquement à Dégi, il procède à une fouille systématique des villages du littoral, détruisant l'ensemble de la batellerie locale, trois PC et deux campements rebelles.

 

Puis, le 13 aout, 175 hommes des GC1 et GC3 articulés en trois détachements aux ordres du capitaine Sorret, du capitaine Decorse et du lieutenant Florentin, sautent directement sur Ba Thu et sur Giong Dinh dans le cadre de l’opération ''Dragon'' destinée à détruire les PC de Nguyen Binh et de la zone 8. Sans résultat.

 

Dans les jours qui suivent le général commandant en Centre-Annam ayant obtenu l'implantation d'une formation parachutiste sur son territoire, le bataillon commence, unité par unité, son mouvement sur Tourane, sa nouvelle base : le GC2 (lieutenant Pradère-Niquet) arrive le 19 aout, suivi le 25 par le GC1, tous deux rejoints le 11 novembre par le GC3. Le GC4, resté en Cochinchine, devient compagnie autochtone du Bataillon de commandement de la 2°DBCCP.

 

L'Annam ne disposant que de très faibles moyens aériens, c'est à pied que les compagnies, dispersées entre Dong Hoï, Nha Trang et Hué, vont être engagées, jusqu'au mois d'avril 1949, dans une multitude d'actions de détail et d’opérations de nettoyage.

 

C’est au cours de ces opérations que le lieutenant Roger Blot est tué. Exactement le 1er mars 1949, à environ 2 kilomètres de Nga Ba, dans le secteur de Hué au centre du Vietnam. Roger Blot était chevalier de la Légion d'Honneur, croix de Guerre des TOE avec Palme et étoile d'Argent.

 

Son nom est gravé sur les monuments aux Morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux et sur la plaque commémorative de la faculté de droit de Panthéon Assas à Paris.

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Site Internet Mémorial GenWeb – Fiches du Monument aux Morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux – Fiche individuelle de Roger Blot.
  • Mémorial GenWeb – Contributeurs : Claude Richard, Gérard Doucet et Jérôme Charraud.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet : « Qui ose gagne ».
  • Forum de sites d’amicales d’anciens parachutistes coloniaux.
  • Site Internet

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine