Publié le 28 Septembre 2019

Rénovation de tombes à Vanves.

Sous l’égide de notre comité, avec l’enthousiasme et le concours financier de la municipalité de Vanves et du comité local de la Légion d’honneur, que nous remercions une nouvelle fois, cinq tombes ont été rénovées au cimetière communal de Vanves par les Etablissements Caruel.

 

Raymond Gautier, soldat de 2e classe du 89e régiment d’infanterie. Mort des suites de ses blessures à l’hôpital de Chatel Guyon le 9 octobre 1914. Né le 21 juin 1890 à Tacoignières dans le département de Seine-et-Oise (arrondissement de Mantes).

Rénovation de tombes à Vanves.

Alexis Franco, soldat de 2e classe du 403e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi dans la région de Reims le 16 avril 1917. Né le 14 juillet 1896 à Vanves.

Rénovation de tombes à Vanves.

Charles Boutin, soldat de 2e classe au 1er régiment léger (1er régiment d’infanterie légère). Mort pour la France le 29 octobre 1916, des suites de ses blessures dans l’ambulance 3/75 dans la Somme. Il était né le 16 janvier 1894 à Meudon.

Rénovation de tombes à Vanves.

Louis Guillier, soldat de 2e classe au 70e régiment d’infanterie territoriale, mort des suites de ses blessures le 13 septembre 1914 0 Montdidier, dans la Somme. Il était né à Neuvy-le-Roi (Indre et Loire) le 25 avril 1875.

Rénovation de tombes à Vanves.

Fernand de L’Isle, soldat de 2e classe au 74e régiment d’infanterie, tué à l’ennemi le 17 octobre 1918, dans les Flandres à Ypres (Belgique). Il était né le 6 avril 1891 à Bracquemont dans le département de Seine-Inférieur (Seine Maritime, arrondissement de Dieppe).

Rénovation de tombes à Vanves.

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Publié le 14 Septembre 2019

Les coloniaux : Emile Gentil.

Missions en Afrique.

 

Emile Gentil nait le 4 avril 1866 à Volmunster, dans le département de la Moselle. Diplômé de l’Ecole navale, elle sert pendant plusieurs années dans son arme. Il est chargé en tant qu’enseigne de vaisseau d’une mission hydrographique au Gabon, entre 1890 et 1892. Il choisit ensuite d’intégrer l’administration coloniale.

 

Sa première grande mission se déroule en Afrique entre 1895 et 1897. Son but est de trouver la voie la plus praticable entre le Gabon et le Tchad, pour constituer un bloc unique. Le 27 juillet 1895, il entreprend la remontée du fleuve Congo à bord du bateau le Léon Blot, un vapeur monté sur place.

 

Le Léon Blot est démonté, transporté à travers la forêt tropicale pour naviguer sur l’Oubangui, le Kemo, son affluent, puis, après un nouveau démontage, le Chari. En octobre 1897, il signe avec le sultan Gaourang, un traité d’alliance qui confie à la France le protectorat sur le Baghirmi pour le protéger du Rabah. Le 20 octobre, il pénètre dans le pays de Rabah et atteint le lac Tchad, le 28. Il rentre ensuite en France.

 

Deux années plus tard, Emile Gentil repart pour une seconde mission. Son but est de refouler Rabah, qui a défait Gaourang, qui demande secours en vertu du traité de protectorat. Le 16 août 1899, il atteint Gaoura, où il apprend la mort de Bretonnet, qui dirigeait une mission dans le Chari, tué lors du combat de Togbao, le 17 juillet.

 

Le 28 octobre 1899, il attaque à Kouno la plus importante garnison de Rabah où il est mis en échec. Le 11 avril 1900, à Mandjafa, il fait sa jonction avec la mission Foureau-Lamy et la mission Joalland-Meynier pour l’affrontement final avec Rabah à Kousséri qui a lieu le 22 avril 1900, et au cours duquel le commandant Lamy est tué. Gentil prend le commandement et fonde, le 29 mai 1900, Fort Lamy – actuelle capitale du Tchad, sous le nom de Ndjamena.

 

Commissaire général.

 

Le 5 février 1902, Emile Gentil est nommé commissaire général du gouvernement au Congo français. Hostile à la mission Brazza, venue enquêter en 1905, sur les exactions des Français à l’égard des populations indigènes, malmené par la presse dans l’affaire des massacres du Congo, mais innocenté par la commission Lanessan, Gentil reste en poste et organise les quatre circonscriptions du Gabon, du Moyen-Congo, de l’Oubangui-Chari et du Tchad, qui forment l’AEF. Il quitte l’Afrique en 1910.

 

L’ensemble de ces missions a été consigné dans des Comptes rendus de la Société de Géographie. Le Gouvernement français a conféré le nom de l’explorateur à un port établi à l’embouchure de l’Ogooué : Port-Gentil, au Gabon.

 

Emile Gentil meurt à Bordeaux le 30 mars 1914. Il est inhumé au cimetière du Père Lachaise, à Paris.

 

Il aura publié plusieurs ouvrages :

 

  • La chute de l’empire de Rabah (1895-1898), Paris, Hachette, 1902
  • Itinéraire de la Mission E. Gentil entre l’Oubangui et le Tchad, 1895-1989, Société de Géographie, Paris, 1898.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site sur l’Histoire : www.herodote.net
  • Site de l’ambassade de France au Gabon : https://ga.ambafrance.org/
  • Marcel Souzy, Les coloniaux français illustres, B. Arnaud, 1941.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 13 Août 2019

Au sous-lieutenant Isaac, de Vanves.

Une ascendance prestigieuse.

 

Henry Isaac nait le 7 mai 1883 à Basse-Terre en Guadeloupe. Ses parents sont Pierre Isaac et sa mère Jeanne Gagneur. Henry voit le jour au sein d’une famille très réputée dans l’île.

 

Pierre Isaac (1845 à Pointe-à-Pitre et 1899 à Vanves) est un administrateur et homme politique français. Directeur de l’Intérieur en Guadeloupe de 1879 à 1884, il est l’un des principaux artisans de l’organisation de l’enseignement primaire et secondaire publics dans l’île. Sénateur radical de Guadeloupe de 1885 à 1899, son implication et sa grande compétence, principalement dirigées vers les questions coloniales, lui valent d’être secrétaire du Sénat de 1892 à 1895. Il est considéré à Pointe-à-Pitre, selon le site même de la ville, comme « une des plus grandes figures de couleur qu’aient produites les Antilles françaises ».

 

Un héros.

 

Henry Isaac entreprend des études de droits, qu’il réussit brillamment et devient magistrat colonial en Extrême-Orient. Réformé du service militaire actif, se trouvant en congés au moment de la déclaration de guerre en 1914, il s’engage et est blessé en Champagne en 1915. Promu sous-lieutenant, il est versé dans un régiment de zouaves. Blessé une seconde fois dans la Somme, il entre alors dans l’aviation, en dépit du refus de sa mère. Au début du mois de juin 1917, son avion est abattu par les Allemands. Henry Isaac chute avec son appareil. Gravement blessé, il est transporté à l’hôpital temporaire 25 de Châteauroux dans l’Indre. C’est là qu’il décède le 10 juin 1917. Son corps est rapatrié sur Vanves et il est enterré dans la sépulture familiale.

 

Il était titulaire des décorations suivantes : chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre. Il avait été également cité à l’ordre du régiment.

 

Cérémonie à Vanves.

 

Le Souvenir Français a retrouvé les discours prononcés à l’occasion de la cérémonie des obsèques d’Henry Isaac, en l’église Saint-Rémy de Vanves, le 23 juin 1917. Et ils furent nombreux : le discours de M. Lencou-Barême, président de la Cour d’appel de l’Indochine; celui de M. Vollard, procureur de la République de l’Inde ; celui de M. le docteur Vitalien, Président du « Foyer Colonial » et ami de la famille ; celui de M. Emile Berthier, adjoint au maire de Vanves, qui était alors M. Aristide Duru. Auparavant, M. R. Boisneuf, député de la Guadeloupe, avait prononcé l’éloge funèbre du lieutenant Isaac.

 

Nous avons choisi de reproduire ici celui de M. Vollard puis celui de M. Berthier.

 

M. Vollard : « Dans les moments terribles que nous vivons, nous en sommes venus à opposer l’indifférence au spectacle, même des ruines, même des dévastations, par quoi notre pays et l’humanité entière se trouvent dépouillés de trésors d’un prix inestimable, des monuments de l’intelligence, de l’activité de générations multiples, du travail accumulé des siècles. Seule, la disparition de ceux qui nous sont chers sera capable, toujours, de nous émouvoir.

 

En vain, nous disons que le genre humain leur paiera le tribut d’une gratitude qui ne s’éteindra pas ; en vain savons-nous que leur souvenir, nimbé de gloire, sera célébré dans la mémoire des hommes ; que, participant d’une vie immatérielle et universelle, et comme réchauffés par l’élan, par le don des cœurs unanimes, ils vivront une vie plus intense que l’homme dans les travaux de la paix, qui se débat au milieu de l’obscurité d’un horizon borné, et, encore, pris dans les entraves de son être périssable ; vainement aussi, nous sentons que l’éternité est le partage des nobles ouvriers de la plus noble des causes : nous ne pouvons nous résoudre à voir disparaître, sans nous apitoyer, un bon entre les meilleurs.

 

J’ai connu Isaac, dans l’Inde. Il ne m’a pas été donné de l’y rencontrer souvent en raison de l’éloignement des circonscriptions judiciaires, mais il était de ceux qu’on pénétrait, qu’on aimait tout de suite. La franchise, beaucoup de bonne humeur, un esprit vif, pétillant : le charme opérait dès le premier contact. Il vous livrait son âme toute nue et il commandait la confiance et la sympathie. C’est le même entrain, c’est la même vivacité d’esprit, que je retrouvais, après quelque trois années de périls et de lutte, au cours de la visite qu’il eut l’amabilité de me faire, durant son dernier passage à Paris.

 

Isaac a porté très haut le drapeau de la Magistrature : il a été un exemple. Dans les situations les plus difficiles, il discernait son devoir du premier coup et il l’accomplissait jusqu’au bout, d’un courage tranquille, avec autant d’intelligence et d’impartialité que de fermeté.

 

Au moment de la déclaration de guerre, Isaac se trouvait en congé en France. Il contracta aussitôt un engagement, fut, dans la guerre, le modèle des soldats, et conquit les plus hautes et les plus flatteuses distinctions.

 

Isaac ne comptait que des amis. C’est dire quels regrets il laisse. J’aurais manqué à un devoir qu’il m’est doux de remplir, dans la plus attristante circonstance, si je n’avais essayé de dire, en y réunissant très imparfaitement, les sentiments qu’éveillera, chez ceux qui l’on connu, la disparition, à la suite d’une cruelle catastrophe, d’un noble cœur, du plus intègre des juges, du meilleur des amis ».

 

M. Berthier :

« Au nom de la Municipalité,

Au nom du Conseil municipal,

Au nom de la population toute entière,

 

J’adresse un dernier adieu au sous-lieutenant pilote Henry Isaac, et un hommage ému à sa mémoire.

 

La famille Isaac, originaire de la Guadeloupe, est venue se fixer à Vanves, il y a de longues années déjà, alors que celui qui repose ici et tous ses frères et sœurs n’étaient encore que des enfants ; nous avons conservé le souvenir de leur regretté père, Monsieur Isaac, sénateur de la Guadeloupe.

 

Le sous-lieutenant Isaac et ses frères firent leurs études au Lycée Michelet de Vanves, et tous surent se créer une situation enviable par leur travail.

 

Celui qui va reposer de son dernier sommeil dans ce cimetière était un magistrat colonial du plus bel avenir, la guerre l’enleva à ses fonctions pour l’envoyer défendre la mère-patrie. Il accomplit son devoir comme un héros, s’est particulièrement distingué par sa bravoure, obtint la Croix de guerre, et celle de la Légion d’Honneur. Déjà précédemment blessé, il fit une chute d’avion à Châteauroux et est mort pour la France à l’hôpital de cette ville le 20 juin 1917, âgé de 34 ans, après tant d’autres vaillants officiers et soldats, et après tant d’autres vaillants aviateurs, qui versent leur sang avec tant de courage et d’abnégation pour la défense sacrée de la Patrie.

 

Qu’il repose en paix, son sacrifice n’aura pas été inutile puisque la civilisation vaincra la barbarie et que le sang de nos héros, qui coule avec tant d’abondance arrose la moisson qui germe pour un avenir de paix, de justice, et de fraternité des peuples.

 

Que Madame Veuve Isaac, sa mère, que ses frères, ses sœurs, sa fiancée, toute sa famille reçoivent l’assurance de la très grande part que nous prenons à leur douleur et acceptent nos respectueuses condoléances.

 

Que ce témoignage de sympathie apporte un adoucissement à leur profond chagrin.

 

Adieu, sous-lieutenant Isaac, adieu.

 

 

 

 

Sources :

 

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle du lieutenant Isaac.
  • Site de la ville de Pointe-à-Pitre : www.ville-pointeapitre.fr
  • Site de la ville de Vanves – www.vanves.fr
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.
  • Discours retrouvés sur le site www.issuu.com

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Publié le 10 Août 2019

La FNAM.

1 - Histoire de l’association.

 

La Fédération nationale André Maginot a été créée en 1888, à Marseille, par des anciens combattants de la guerre 1870-1871 et des expéditions coloniales (Madagascar, Chine, Tonkin, Algérie, Tunisie). Elle se constitue en " Union fraternelle ".

 

Le 6 novembre 1894, elle se transforme en "Fédération nationale des anciens militaires blessés, gratifiés de réformés n° 1 ". Au début du 20e siècle, transférée à Paris, elle tient son premier congrès national à la Mairie du 10ème arrondissement, en juin 1911. Cette même année paraît le premier Bulletin de la Fédération.

 

Le 6 octobre 1918, André Maginot, alors ministre des colonies et de l’Afrique du Nord, devient président de la Fédération. Il le restera jusqu’à sa mort, le 7 janvier 1932. Le siège, alors situé au 8 boulevard Brune à Paris (15ème), est ensuite transféré au 23 rue Bourgogne à Paris (7ème). L’année suivante, l’intitulé de l’association devient " Fédération nationale des mutilés, victimes de guerre et anciens combattants " et sera reconnue d’utilité publique par arrêté du 23 mai 1933.

 

En 1926, le bulletin prend le nom de La Charte et la Fédération s’installe au 1bis rue Vanneau à Paris (7ème).

 

En 1953, en hommage à son illustre président, elle ajoute la référence à "André Maginot" et en 1961, est adoptée la dénomination simplifiée de : Fédération nationale André Maginot.

 

Depuis 1970, le siège est sis 24bis boulevard Saint-Germain à Paris (5ème) dans un hôtel particulier datant du 19e siècle, orné de fresques bibliques peintes par le célèbre Mazerolle qui décora également l’Opéra Garnier.

 

En ce début de 21ème siècle, la FNAM, qui ajoute à son appellation "des Anciens combattants et Victimes de guerre", rassemble plus de 200 groupements "fédéraux" ou "affiliés", soit un effectif de 330 000 membres.

 

Elle continue sa vocation de "fédérateur" et ne cesse d’accroître ses effectifs.

 

Elle édite six fois par an une revue de liaison La Charte distribuée à tous ses adhérents et auprès de différents organismes publics, tels que : mairies, préfectures, ministères, ambassades, etc.

La Fédération nationale André Maginot oriente ses activités vers :

 

  • la défense des droits et de l’honneur des anciens combattants et victimes de guerre,
  • les œuvres sociales destinées aux anciens combattants,
  • les subventions aux grandes causes humanitaires,
  • la préservation de la mémoire combattante, notamment auprès de la jeunesse.

 

 

2 - André Maginot.

 

André Maginot est né le 17 février 1877 à Paris. Ses parents lorrains étaient originaires de Revigny-sur-Ornain dans la Meuse. Intelligent, doué d’une excellente mémoire, le futur ministre fait de brillantes études de droit. Orphelin de père et aîné de quatre enfants, il est dispensé de deux années de service militaire sur trois. A son retour, il passe le doctorat de droit. A 23 ans, il est reçu au concours de l’auditoriat du Conseil d’Etat.

 

Très tôt, André Maginot décide de se lancer dans la politique. D’abord conseiller général de Revigny-sur-Ornain, il est ensuite élu, en 1910, député de Bar-le-Duc. Il conservera ce siège jusqu’à sa mort en 1932. A 36 ans, en 1913, il devient Sous-secrétaire d’Etat à la guerre et s’emploie à faire appliquer la loi des 3 ans de service militaire, dont il est un ardent défenseur.

 

Le Combattant

 

Lorsque la guerre éclate, estimant que sa place est au front, il s’engage comme simple soldat au 44ième régiment territorial. Sur sa demande, il est affecté à une compagnie d’avant-poste sur les Hauts de la Meuse au surplomb de la plaine de Woëvre. Ayant participé à de nombreuses patrouilles, il est rapidement persuadé que des unités de reconnaissance permanentes seraient plus efficaces. Il préconise donc la constitution de " patrouilles régulières ", qu’il dénomme ainsi. Elles sont composées d’une trentaine de volontaires soigneusement sélectionnés qu’il formera lui-même. La patrouille "Maginot" se distinguera dans de nombreuses circonstances. Le 9 novembre 1914, il est très grièvement blessé au cours d’une reconnaissance audacieuse. Pendant de longs mois, il restera hospitalisé et ne retournera plus au front. Titulaire de cinq citations et de la médaille militaire, il quitte la vie militaire avec le grade de sergent. Sa conduite exemplaire lui vaudra, le 12 mars 1919, d’être élevé au grade de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

 

André Maginot, homme politique

 

  • 1913/1914 : Sous-secrétaire d’Etat à la guerre ;
  • 1917 : Ministre des colonies et membre du Comité de guerre. Préoccupé par la situation des mutilés, il suit avec intérêt les objectifs et l’évolution des premières associations de victimes de guerre.
  • 1920/1922 : le ministère des pensions qu’il crée lui est confié. A ce poste, il s’applique à mettre au point la Charte du 31 mars 1919.
  • 1922/1924 : il cumule les postes de ministre de la guerre et ministre des pensions. Il fait voter la loi sur la réorganisation de l’armée et a soutenu la mise en œuvre de la loi du 4 août 1923 instituant la Retraite mutualiste du combattant.
  • 1928/1929 : Ministre des colonies ;
  • 1929/1932 : il est ministre de la guerre, ministère qu’il conservera jusqu’à sa mort. Il fait notamment poursuivre l’édification de la ligne fortifiée le long des frontières de l’Est qui avait été mise en œuvre par son prédécesseur Paul Painlevé. Victime d’une épidémie de typhoïde, André Maginot meurt dans la nuit du 6 au 7 janvier 1932 à l’âge de 55 ans. Le 10 janvier, les français lui rendent hommage en participant nombreux à ses obsèques nationales.

 

L’œuvre sociale d’André Maginot Conscient des drames provoqués par ce long et sanglant conflit, il préconise, dés 1917, la création d’un ministère chargé des pensions, primes et allocations de guerre. En janvier 1920, ce poste lui est confié. La France qui avait enregistré 1.400.000 tués, comptait par ailleurs quelques 3.000.000 de blessés. Il fait régler rapidement trois millions de dossiers ainsi que celui des veuves, des orphelins et des ascendants. Il met à contribution tous ses collaborateurs et lui-même reste en permanence dans son cabinet ministériel.

 

Le nombre de dossiers traités au ministère passent de 28 500 en février 1920 à 100 000 par mois dès le mois d’août, puis à 120 000 en octobre. Parallèlement à la liquidation des pensions, André Maginot fait entreprendre le regroupement des sépultures militaires. Il négocie âprement la gratuité des soins aux mutilés avec les professions de santé et des réductions de tarif avec les compagnies de chemin de fer. Après deux ans de marathon parlementaire, il obtient l’adoption d’une loi relative aux emplois réservés pour les mutilés de guerre.

Il mène par ailleurs une " épuisante politique de relations publiques " qui lui vaut une très grande popularité auprès de la plupart des associations d’anciens combattants et victimes de guerre.

 

Le monde combattant lui doit également :

 

  • la création de l’Office national des mutilés le 2 janvier 1918 ;
  • la loi du 31 mars 1919 reconnaissant le droit à réparation de toutes les catégories d’anciens combattants et victimes de guerre ;
  • la création de la carte du combattant le 18 décembre 1926 ;
  • la loi du 6 avril 1930 reconnaissant la qualité de combattant volontaire.

 

Enfin, lors du second anniversaire de l’armistice, André Maginot décidait de faire inhumer à Paris, sous l’arc de triomphe, le corps d’un soldat inconnu choisi au cours d’une cérémonie à la citadelle de Verdun. Et c’est le 11 novembre 1923, alors qu’il était ministre des pensions, qu’il alluma la flamme éternelle du souvenir sur la dalle sacrée.

 

La FNAM.

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Publié le 31 Juillet 2019

« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.

Antoine de Saint-Exupéry !

 

Pour les uns ce nom évoque le romancier, auteur de « Vol de nuit », « Terre des hommes » ou « Citadelle ». Pour d'autres c'est le souvenir du pilote de l'Aéropostale, compagnon de Mermoz, de Guillaumet, acheminant de la France à l'Amérique du sud, au milieu des années vingt, un précieux sac de correspondance avec une idée fixe : « Le courrier d'abord ! ». Pour les poètes, c'est l'auteur de l'inoubliable « Petit prince » et pour les férus d'aventures le pilote malheureux des grands raids aériens de l'entre-deux-guerres, vers l’Extrême-Orient avec un « crash » dans le désert égyptien ou entre les États-Unis et l'Amérique du sud avec un atterrissage forcé en catastrophe au Guatemala !

 

Mais pour ceux de l'Armée de l'air, St-Ex, c'est toute une carrière en trois époques :

 

1921 – 1923.

 

Alors mécanicien « avion » en 1921, sur la base de Strasbourg pendant son service militaire, il passe d'abord, à ses frais, son brevet de pilote civil, puis obtient au Maroc son brevet de pilote militaire. C'est ensuite Avord comme EOR (Elève-officier de réserve), avant Versailles, Villacoublay et enfin Le Bourget où, alors qu'il est sous-lieutenant, il est démobilisé, en juin 1923, après un grave accident à l’atterrissage, le premier d'une longue série qui émaillera la carrière de celui que ses camarades avaient surnommé « Pique la lune », allusion à son caractère rêveur !

 

1939 – 1940.

 

Arrive 1939 et la « drôle de guerre ». St-Ex est mobilisé, avec le grade de capitaine de réserve, d'abord comme instructeur sur la base de Toulouse-Francazal, puis au groupe de reconnaissance II/33 doté de bimoteurs d'assaut et de reconnaissance Bloch-174 et stationné près de Saint-Dizier. Le 10 mai 1940, c'est l'offensive allemande. Le 23 mai il effectue une mission de reconnaissance sur Arras, que les colonnes de blindés allemandes sont en train d'investir. Son appareil est touché à plusieurs reprises par la « flak » ennemie mais il parvient à le ramener sur le terrain de Nangis, équipage indemne. Cette action lui vaudra la croix de guerre avec palme et citation à l'ordre de l'Armée de l'air (1). Son unité se replie ensuite jusqu'à Perpignan où il est démobilisé à l'armistice. Après un bref passage en Afrique du Nord, il gagne les États-Unis où il va promouvoir l'idée de leur entrée en guerre contre l'Allemagne.

 

1943 – 1944.

 

Au printemps 1943 il rejoint l'Afrique du Nord et parvient malgré son âge, 43 ans, à se faire réaffecter en unité combattante, dans son ancien groupe de reconnaissance, le II/33. En effet ce dernier est maintenant doté de la version spécialisée reconnaissance-photo d'un chasseur américain, le « Lightning » P-38 « deux-queues » et les normes de l'US Army Air Force ont fixé pour ses pilotes l'âge limite de 30 ans ! Mais il est accepté sur l'insistance des autorités françaises. Cependant il maîtrise mal cette lourde machine et, après quelques incidents (dont, à l'instruction en Tunisie, la collision, au roulage, de l'aile de son appareil avec un arbre!) et vu ses ennuis de santé dues à ses blessures passées, il quitte son unité pour passer l'hiver à Alger. Il est alors commandant de réserve, mais les américains ne veulent plus le voir voler ! Au printemps 1944, alors que Saint-Exupéry tente de faire jouer tous ses contacts pour reprendre à nouveau le combat, la situation évolue : le débarquement en Provence est en préparation et les besoins en renseignement sont énormes. Alors un pilote de reconnaissance chevronné de plus en unité n'est pas à dédaigner. Il reprend donc sa place au II/33, à « La Hache » (2). Très vite l'unité se rapproche des futures plages du débarquement en Provence, avec un déploiement d'abord dans le sud de l'Italie, puis en Sardaigne, enfin, le 17 juillet, en Corse, première portion de la France métropolitaine libérée dès l'automne de 1943 (3), avec l'installation du groupe sur le terrain de Bastia-Borgo. C'est de là, le 31 juillet 1944, il y a juste 75 ans, que le commandant Saint-Exupéry, aux commandes du Lightning n°223, décolle pour une mission de reconnaissance à haute altitude le long de la vallée du Rhône, avec retour par Annecy et le long des Alpes. Mais il ne reviendra pas.

 

Pendant près d'un demi-siècle, aucun indice sérieux ne permit de lever le voile sur la disparition de Saint-Exupéry. Et puis, en septembre 1998, un pêcheur marseillais remonta dans ses filets un objet métallique qui, après nettoyage et expertises, se révéla être sans conteste la gourmette en argent du pilote disparu, cadeau que lui avait offert à New-York, en 1942, sa femme Consuelo. Dès lors la zone de recherche se précisait mais il fallut attendre le début des années 2000 pour que l'épave d'un P-38 soit enfin localisée au large de l’îlot de Riou, au sud de Marseille, et que des éléments de l'avion, remontés en septembre 2003, ne soient formellement identifiés par leur numéro de série. Ils sont exposés depuis au Musée de l'Aéronautique et de l'Espace du Bourget dans un espace dédié à cet aviateur mythique. Mais quelles furent les circonstances de sa disparition, panne mécanique, défaillance du pilote ou attaque d'un chasseur ennemi ? Le mystère reste entier.

 

Au sein de l'Armée de l'air, les traditions de « La Hache », et donc le souvenir du Petit Prince, furent reprises par l'Escadron de reconnaissance I/33, dissous en 2010 quand ses Mirage F-1 furent retirés du service, mais recréé comme unité de reconnaissance équipée de drones « Reaper » et opérant en particulier, au Sahel, dans le cadre de l'opération « Barkhane ».

 

 

 

Général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac

Président honoraire du comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français.

 

 

 

NOTES :

 

(1) Saint-Exupéry racontera cette mission dans son livre « Pilote de guerre », publié à New-York en 1942 sous le titre « Flight to Arras ».

(2) L'unité est l'héritière d'une escadrille de la Première Guerre mondiale, la SAL 33, commandée par le capitaine André Bordage qui avait choisi une hache rouge comme insigne, car c'était «  la hache d'A. Bordage » !

(3) Notre regretté Président d'honneur, le GCA Roland Glavany, ancien du Bataillon de Choc, nous avait raconté cette épopée dans ses souvenirs parus sur ce site.

 

 

LEGENDE DES ILLUSTRATIONS :

 

(SE1) Antoine de Saint-Exupéry aux commandes de son P-38.

(SE2) Le Bloch-174 en mission de reconnaissance sur Arras.

(SE3) Un Lightning « recco » du GR II/33 aux cocardes tricolores.

(SE4) Mirage F-1 CR du I/33 avec insignes « La Hache » et « Le Petit Prince » lors de la dissolution de l'escadron en 2010.

 

Crédits photographiques : les clichés sont à diffusion réservée.

 

« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.
« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.
« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.
« Le 31 juillet 1944, il y a 75 ans, Saint-Ex partait retrouver le Petit Prince », par le GBA (2S) Jean-Claude Ichac, ancien de la 33e Escadre de reconnaissance.

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Publié le 24 Juillet 2019

Roger Blot.

Roger Blot.

Roger Blot nait le 2 février 1923 à Saint-Martin de Bossenay dans le département de l’Aube, non loin de Nogent-sur-Seine. Jeune adulte, il suit des cours à l’université de Paris, au Panthéon, en faculté de droit. En 1945, il intègre l’école interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan dans le cadre de la promotion « Victoire » (juillet à décembre 1945).

 

Par la suite, Roger Blot est versé dans le 5e BCCP (Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes).

 

Les BCCP.

 

Le 13 août 1947, l’état-major des armées décide la création de la demi-brigade coloniale de commandos parachutistes qui se formera à Vannes à compter du 1er octobre sous le commandement du colonel Massu. Le principe adopté consiste à former toutes les unités dans le même moule : le bataillon de commandement est installé à Vannes-Meucon avec sa compagnie d’instruction, pour ne donner leur vie propre aux bataillons que lors de leur affectation outre-mer.

 

A la fin du premier semestre 1948, l’organisation des parachutistes coloniaux présente sa forme presque définitive. Une demi-brigade est définitivement stationnée en métropole, la 1ère DBCCP et détient le drapeau du 2e RCP (selon le modèle des SAS anglais) et une autre demi-brigade est définitivement stationnée en Indochine avec le drapeau du 5e RIC. Quant aux bataillons, leur ordre est le suivant :

 

  • 1er BCCP (capitaine Ducasse) : Indochine, en instance de rapatriement ;
  • 2e BCCP (commandant Dupuis, tué en septembre 1948 puis capitaine Trinquier) : Indochine, rapatriable en novembre 1949 ;
  • 3e BCCP (commandant Ayrolles) : embarquement prévu fin septembre 1948 ;
  • 4e BCCP (capitaine Ducasse) : à créer début 1949 ;
  • 5e BCCP (commandant Grall) : parti le 5 juin pour l’Indochine ;
  • 6e BCCP (commandant Vernières – plus tard, le chef de bataillon sera le commandant Marcel Bigeard) : embarquement début 1949.

 

Au cours de la guerre d’Indochine, les 1er, 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e BPC vont ainsi se succéder dans notre colonie, certains d’entre eux effectuant plusieurs séjours après remise sur pied en métropole à l’issue de chacun d’eux. Plus tard, sera inauguré à Meucon, une stèle à la mémoire des 3.600 parachutistes de la 1ère demi-brigade coloniale de commandos parachutistes tués à l’ennemi en Indochine de 1946 à 1954.

 

L’Indochine du 5e BCCP.

 

Sous les ordres du chef de bataillon Grall, le 5e BCCP embarque sur le Pasteur le 5 juin 1948 pour débarquer le 25 du même mois à Saigon. Le bataillon est dirigé sur Thu Duc et Di An, en Cochinchine.

 

La première sortie importante du bataillon a lieu le 7 juillet pour l’opération combinée ''Caîbe'', au cours de laquelle le GC4 (Groupe de Commandos n°4) est parachuté en bordure du canal de Nhon Ninh (plaine des joncs), en vue d'intervenir contre un important rassemblement vietminh. Dix jours plus tard, quarante-cinq hommes du GC2 (capitaine Heiblig) sont engagés dans le secteur de Phuoc An, à la recherche d'un camp de prisonniers Binh Xuyen : largage à Xom Ba Bong et mort du capitaine Heiblig, frappé d'une balle en plein cœur peu après son arrivée au sol. Dans le même temps, deux commandos du GC3 (lieutenant Florentin) partent en opération de nettoyage dans la région de Xuan Loc.

 

Du 31 juillet au 2 aout, l’opération combinée ''Tortue'' conduit le GC1 (capitaine Picherit) en sud Annam, dans le secteur de Phu My ou, après débarquement à Dégi, il procède à une fouille systématique des villages du littoral, détruisant l'ensemble de la batellerie locale, trois PC et deux campements rebelles.

 

Puis, le 13 aout, 175 hommes des GC1 et GC3 articulés en trois détachements aux ordres du capitaine Sorret, du capitaine Decorse et du lieutenant Florentin, sautent directement sur Ba Thu et sur Giong Dinh dans le cadre de l’opération ''Dragon'' destinée à détruire les PC de Nguyen Binh et de la zone 8. Sans résultat.

 

Dans les jours qui suivent le général commandant en Centre-Annam ayant obtenu l'implantation d'une formation parachutiste sur son territoire, le bataillon commence, unité par unité, son mouvement sur Tourane, sa nouvelle base : le GC2 (lieutenant Pradère-Niquet) arrive le 19 aout, suivi le 25 par le GC1, tous deux rejoints le 11 novembre par le GC3. Le GC4, resté en Cochinchine, devient compagnie autochtone du Bataillon de commandement de la 2°DBCCP.

 

L'Annam ne disposant que de très faibles moyens aériens, c'est à pied que les compagnies, dispersées entre Dong Hoï, Nha Trang et Hué, vont être engagées, jusqu'au mois d'avril 1949, dans une multitude d'actions de détail et d’opérations de nettoyage.

 

C’est au cours de ces opérations que le lieutenant Roger Blot est tué. Exactement le 1er mars 1949, à environ 2 kilomètres de Nga Ba, dans le secteur de Hué au centre du Vietnam. Roger Blot était chevalier de la Légion d'Honneur, croix de Guerre des TOE avec Palme et étoile d'Argent.

 

Son nom est gravé sur les monuments aux Morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux et sur la plaque commémorative de la faculté de droit de Panthéon Assas à Paris.

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Site Internet Mémorial GenWeb – Fiches du Monument aux Morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux – Fiche individuelle de Roger Blot.
  • Mémorial GenWeb – Contributeurs : Claude Richard, Gérard Doucet et Jérôme Charraud.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet : « Qui ose gagne ».
  • Forum de sites d’amicales d’anciens parachutistes coloniaux.
  • Site Internet

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 14 Juillet 2019

Mourir à Faya-Largeau.

Faya-Largeau est une oasis en plein cœur du désert du Djourab, au pied des monts du massif du Tibesti, au Tchad. Originellement appelée Faya, la ville fut renommée Largeau lors de la colonisation française, d’après le nom du colonel Etienne Largeau, officier français qui joua un grand rôle dans la conquête du pays en s’emparant de la ville en 1913. Quand le Tchad recouvra l’indépendance, la ville prit le nom de Faya-Largeau.

Cette même année, Jean Vuillaume naît à Nomeny dans le département de la Meurthe-et-Moselle. Quelques années plus tard, il quitte sa Lorraine et s’installe sur la commune de Vanves. Il s’est engagé. Officier d’active, il fait l’école de Saint-Maixent et intègre le Promotion de l’Education Nationale (1930-1933). Il est titulaire du brevet d’observateur en avion. Au moment de l’armistice de 1940, alors lieutenant de gendarmerie, il rejoint Londres. De là, il est envoyé en Afrique Equatoriale Française et intègre le Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad (RTST).

Cette unité a été créée au Tchad en 1910. Après la défaite de 1940, le régiment se rallie majoritairement aux Français Libres du général de Gaulle. Plusieurs compagnies font partie de l’expédition contre l’oasis de Koufra en Lybie, qui est la première victoire des Forces Françaises Libres. Plus tard, les cadres européens du RTST vont bâtir le RMT : Régiment de Marche du Tchad, unité glorieuse de l’épopée du général Leclerc en Afrique puis en Europe.

 

De Koufra au Fezzan.

Le 2 décembre 1940, le général Leclerc, promu commandant militaire du Tchad, est chargé de préparer l'opération contre le Fezzan et, pour commencer, contre l'oasis fortifiée de Koufra (Sud-Est de la Libye, près de la frontière égyptienne). À Fort-Lamy, capitale du Tchad, il retrouve ses compagnons du Cameroun : Jean Colonna d’Ornano, Jacques Massu, Jacques de Guillebon et prend également le commandement du fameux RTST. Il va y ajouter d’autres unités venant principalement du Congo et du Gabon. En tout 6.000 hommes dont 500 européens. En quelques jours, il réunit les moyens de transport (une centaine de camionnettes, équipées de mitrailleuses et de mortiers de 81 mm) et les effectifs (350 hommes) nécessaires au raid sur Koufra. Comme Fort-Lamy est à 1.200 km de la frontière italienne (et à plus de 1.500 km de Koufra), il s'installe à Faya-Largeau, au nord du Tchad. Après trois mois de préparatifs et de reconnaissances terrestres et aériennes, la colonne Leclerc s'empare de Koufra le 1er mars 1941.

Revenu à Fort-Lamy, Leclerc se consacre, dans les mois qui suivent, à sa prochaine mission : le Fezzan. À partir du 15 février 1942, quatre patrouilles de dix voitures, appuyées par onze avions du groupe "Bretagne", vont porter à un ennemi distant de plus 600 km des coups sévères et inattendus. Le général Vézinet, qui y participa, racontera : "Des petites colonnes motorisées partaient du Tchad en se camouflant, arrivaient par surprise au pied d'un poste italien, s'en emparaient et brûlaient le poste, libéraient les combattants indigènes et faisaient prisonniers les Italiens" Les Français s'emparent ainsi de plusieurs postes importants.

C’est au cours de ces escarmouches que Jean Vuillaume trouve la mort. Exactement le 2 mars 1942, dans une attaque contre le poste italien de Zuila en Lybie. Chevalier de la Légion d’Honneur et Croix de Guerre 1939-1945 avec palme, il est en outre cité : "Officier fanatique qui pousse à l'extrême la bravoure et le goût du combat. Parvenu audacieusement à proximité d'un poste fortifié, a ouvert le feu à bout portant sur l'ennemi, lui causant des pertes. Ayant réussi à décrocher sa patrouille, a été grièvement blessé en allant chercher le corps d'un de ses indigènes. Est mort des suites de ses blessures ».

 

Jean Vuillaume laisse une épouse, jeune institutrice, installée à Châtelaillon dans le département des Charentes Maritimes, ainsi qu’une fille, âgée de 15 ans. L’officier est déclaré Mort pour la France. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la ville de Nomeny en Lorraine, à Montigny-lès-Metz et sur la plaque commémorative de l’église Saint-Rémy de Vanves.

 

Quant à la guerre en Afrique du Nord, on connait la suite : la conquête du Fezzan, la libération de la Tunisie, l’alliance avec les Anglais de Montgomery, puis la chevauchée héroïque en France depuis la Normandie avec les Américains.

 

 

Sources :

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorial GenWeb.
  • Site Overblog avec l’article sur la conquête du Fezzan par les troupes du général Leclerc.
  • Général Vézinet, Le général Leclerc, Editions France-Empire (1997).

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Publié le 27 Juin 2019

Soldats français au Mont Cassin (Monte Cassino).

Soldats français au Mont Cassin (Monte Cassino).

Le prix du sang.

 

« Sur le sol d’Italie, de novembre 1943 à juillet 1944, le corps expéditionnaire français armé sur la terre d’Afrique a marqué du sang de 7.000 des siens la route victorieuse qui l’a conduit de Naples à Sienne avant son élan pour la libération de la France. Passant, songe que ta liberté a été payée de leur sang ! »

 

Telles sont les deux dédicaces que l’on peut lire au cimetière français de Venafro en Italie. Dans son ouvrage Vaincre sans gloire (Ed. Les Belles Lettres), l’historienne Julie Le Gac explique comment le corps expéditionnaire français (CEF) sombra dans l’oubli très rapidement : « Le souvenir de son chef, Alphonse Juin, seul général de la Seconde Guerre mondiale à avoir été consacré maréchal de son vivant, est éclipsé par celui des libérateurs de la France, Leclerc et de Lattre. La bataille de Monte Cassino, point d’orgue d’affrontements âpres et meurtriers en Italie, résonne désormais de manière fort lointaine dans la mémoire collective. Le terme même de « corps expéditionnaire » obscurcit, par sa technicité, l’humanité de l’histoire des combats d’Italie ».

 

Indigènes.

 

Le CEF a été constitué en novembre 1943, en Afrique du Nord, à partir d’unités de l’armée d’Afrique ayant participé à la campagne de Tunisie, renforcées, au fil du temps, par une mobilisation de 176.000 Européens et 223.000 « indigènes » provenant d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. Tous ne partiront pas en Italie car nombre d’entre eux sont encore en formation quand le CEF est retiré du front en juillet 1944 pour participer au débarquement de Provence, le mois suivant, auquel participeront de nouvelles recrues.

 

A son apogée en mai 1944, le CEF comptait 120.000 hommes sur les 600.000 soldats alliés présents en Italie. Si la majorité des officiers (souvent métropolitains) et au moins deux tiers des sous-officiers étaient européens, le CEF était composé à 60 % de maghrébins. Ces derniers formaient jusqu’à 88 % de la troupe dans l’infanterie (tirailleurs ou goumiers) tandis que les Européens servaient dans les armes dites « techniques » (cavalerie blindée, artillerie et génie) et quelques-uns dans des régiments de tirailleurs, comme des spécialistes antichars, transmetteurs, etc…

 

Les unités principales étaient, par ordre d’entrée sur le théâtre, la 2e division d’infanterie marocaine, la 3e division d’infanterie algérienne, la 4e division marocaine de montagne et la 1ère division français libre. Les 1er, 3e et 4e groupes de tabors marocains (bataillons de soldats appartenant à des goums marocains – unités d’infanterie légère – sous encadrement français) ont joué également un grand rôle. Trois mille femmes ont servi dans les transmissions, le service de santé, etc…

 

Le CEF s’est illustré tout au long de la campagne : en décembre 1943 dans la conquête du Pantano et de la Mainarde, puis dans celle du Belvédère en janvier 1944. Au printemps, il a participé à la rupture de la ligne Gustave avant d’entrer dans Rome avec les Américains, puis de remonter vers Sienne. Sur 6.287 tombes actuellement dans les cimetières militaires français en Italie, 4.272 sont des sépultures musulmanes. Plus de 11% des officiers français engagés en Italie y ont trouvé la mort. Le nombre de blessés du CEF, maghrébins et européens, s’élèvera à plus de 25.500.

 

Le CEF a été commandé du début à la fin par le général Juin. « Il était aimé par nous car c’était un des nôtres, s’est souvenu Henri Orsoni, un rapatrié d’Algérie. Son père était gendarme à Constantine donc c’était un pied-noir comme nous. Et il était simple, abordable. Oui, c’était quelqu’un de valeur ».

 

Souvent décrit comme le plus sportif français du 20e siècle, le champion d’athlétisme Alain Mimoun a combattu dans les rangs du CEF. Né Ali Mimoun Ould Kacha dans une famille pauvre d’agriculteurs algériens, il était caporal au 83e bataillon de génie de la 3e DIA, quand il a été grièvement blessé en janvier 1944, évitant de justesse l’amputation de sa jambe.

 

La légende Alain Mimoun.

 

Athlète reconnu régionalement, Alain Mimoun signe un contrat avec le Racing Club de France après le rétablissement de ses blessures et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Dès 1947, le jeune homme domine les courses de fond en France : il est sacré champion sur 5.000 et 10.000 mètres. A l’international, son principal adversaire – qui deviendra aussi son ami – est le Tchécoslovaque Emile Zatopek. Ainsi en 1948, Mimoun doit se contenter des médailles d’argent aux Jeux olympiques de Londres, sur 10.000 derrière Zatopek. Il en sera de même quatre ans plus tard aux jeux d’Helsinki. En 1956, Alain Mimoun prend sa revanche et remporte le marathon des Jeux de Melbourne. Ce jour-là il porte le dossard n°13.

 

En plus de vingt années de compétitions, Alain Mimoun va remporter 32 titres de champions de France, 4 médailles olympiques, 2 aux championnats d’Europe, 6 au Cross des Nations. En 1963, après les Accords d’Evian, il demande sa « reconnaissance de nationalité française ». En 2002, à Argenteuil en Région parisienne, il assiste à l’inauguration du 50e stade portant son nom.

 

Admis à l’hôpital militaire Bégin à Saint-Mandé, il y meurt dans la soirée du 27 juin 2013. Un hommage national lui est rendu en présence du Président de la République, le 8 juillet dans la cour d’honneur des Invalides. Un bâtiment de l’hôpital militaire porte maintenant son nom « Halle Caporal Alain Mimoun ».

 

La ville d’Issy-les-Moulineaux peut s’enorgueillir d’avoir donné le nom d’Alain Mimoun à l’un de ses complexes sportifs, situé rue Rabelais, dans le quartier des Epinettes.

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Extrait de TIM (Terre Info Magazine) n°250 Décembre 2013 (texte Bernard EDINGER).
  • Crédit photographie – Site « lechoduchampdebataille.blogspot.com »
  • Crédit photographique – Journal Libération.

 

Monte Cassino, le CEF et Alain Mimoun.

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Publié le 15 Juin 2019

« La République avait dit son refus au nazisme », par Fabien Lavaud.

« Comme chaque année, nous voici réunis pour la commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale.

 

8 mai 1945 : ce jour-là prenait fin en Europe la guerre la plus meurtrière de l’histoire de l’Humanité. Plus de cinquante millions de femmes et d’hommes, dont la moitié était des civils, avaient péri au cours de ce conflit mondial.

 

8 mai 1945 : le général de Lattre de Tassigny signait, au nom de la France, la capitulation de l’Allemagne nazie. La France était ainsi à Berlin, effaçant la défaite de 1940 et l’esprit collaborationniste. Dès le 18 juin 1940, la République avait dit son refus et sa volonté d’agir pour permettre à la France de retrouver sa place au sein des grandes nations, afin d’apporter son message universel et humaniste de liberté, d’égalité et de fraternité.

 

8 mai 1945 : ce jour-là rayonnait donc la victoire des valeurs humanistes et démocratiques sur une idéologie raciste et criminelle, grâce à ces femmes et ces hommes qui avaient accepté l’effacement de leur destin individuel devant celui collectif de la France.

 

Rappelons-nous à ce titre ces mots gravés dans la pierre, au Mémorial de Caen : « La douleur m’a brisé, la fraternité m’a relevé, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté ». Ou bien celui de Colombey-les-Deux-Eglises : « Il existe un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde ». Rappelons-nous également ces paroles du général de Lattre de Tassigny dans son Ordre du Jour n°9 : « Vous avez, par vos efforts, votre ferveur, votre héroïsme, rendu à la Patrie son rang et sa grandeur ».

 

8 mai 2019, 74 ans plus tard. Cette journée nous permet d’honorer tous ces héros tombés au Champ d’Honneur. Les soldats, les résistants, les déportés, les Justes mais aussi tous celles et ceux qui sont venus d’autres continents pour libérer la France de l’occupation nazie.

 

Que faut-il retenir, sinon que la Résistance se conjugue au pluriel, là où le résistant est au singulier ? Son acte traduit un attachement fort à des valeurs dont la perte conduit à une révolte compulsive. En l’occurrence, la poignée de Montoire, qui avait laissé la France hébétée. N’oublions jamais les exécutions du Mont Valérien, celles du Stand de Tir, à deux pas d’ici, la rafle du Vel d’Hiv’, la déportation, les enfants d’Izieu, les massacres des populations, les camps de la mort. Alors le résistant hisse le drapeau de la colère et jette à la face de l’oppresseur son mépris de l’intolérance, de la haine et de la barbarie. Il hurle, tandis que les autres se cloîtrent dans le silence obscur. Il agit car au fond, c’est sa survie qui en dépend.

 

Des actes solitaires, est né l’esprit de résistance.

 

Résister, devenir un résistant, relève de l’indicible, de ce qui fonde en nous le meilleur ou le pire et c’est seulement en passant, ou pas, à l’acte que se révèle notre nature. Et nous : qu’aurions-nous été ? Il est plus facile d’écrire l’Histoire que de la faire et de se poser la question aujourd’hui de ce que nous aurions été.

 

C’est pourquoi devant ce monument érigé pour la mémoire, il nous faut honorer ces femmes et ces hommes qui sont entrés en résistance et même si nous ne acquittons jamais tout à fait de notre dette à leur égard, faisons tout pour que leur sacrifice ne soit pas vain.

 

Permettez-moi de rendre hommage en ce jour au résistant M. Jean-Baptiste Boyer, décédé le 22 janvier dernier à l’âge de 95 ans. Il fut maquisard en Slovaquie contre les troupes nazies. Prisonnier, évadé, il est cité à l’Ordre de l’Armée par le général de Gaulle, le 9 décembre 1944. Après la guerre, il fit carrière à La Poste, où il termina inspecteur général. A Issy-les-Moulineaux, il présidait l’Amicale des Anciens combattants et partisans de Slovaquie. Pensées également à nos militaires en opérations extérieures, qui eux-aussi font face à la barbarie. Souvenons-nous du médecin-capitaine Marc Laycuras, tombé pour la France au Mali lors de l’opération Barkhane le 2 avril dernier. N’oublions pas la résistance de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris qui pendant plusieurs heures luttèrent le 15 avril contre l’incendie de Notre Dame de Paris. Ils ont sauvé « La Paroisse de la France », ce joyau gothique du 13e siècle.

 

Soyons vigilants. L’Histoire nous rappelle que les événements peuvent basculer très vite et que nul ne sait comment les choses peuvent finir, d’autant que les armes sont si nombreuses et si monstrueuses par l’ampleur des dégâts qu’elles peuvent occasionner.

 

N’oublions jamais : les idées qui sèment la discorde et l’horreur seront toujours présentes dans le monde et dans nos sociétés.

 

Au nom du souvenir, guettons-les, traquons-les, dénonçons-les avant qu’elles ne grandissent trop et ne nous ramènent dans les ténèbres. Soyons les résistants de la paix au sein de l’Europe. Voilà notre combat du souvenir, du Devoir de Mémoire.

 

Vive la Paix, vive la République, vive la France. »

 

 

Fabien Lavaud,

Président départemental de l’Association des Combattants Volontaires

Membre du bureau du Souvenir Français d’Issy-Vanves.

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Publié le 29 Mai 2019

Cinq des chefs historiques du FLN (Front de Libération Nationale) : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella.

Cinq des chefs historiques du FLN (Front de Libération Nationale) : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella.

1956 en Algérie.

 

Roger Langlois nait le 13 avril 1934 à Issy-les-Moulineaux. Il meurt en Algérie le 17 août 1956.

 

1956 en Algérie est l’année de l’escalade dans les événements (on parle bien d’événements car l’Algérie c’est alors la France. Donc il s’agit bien d’événements policiers, ou pire de guerre civile, mais pas d’une guerre entre deux nations).

 

Donc, en cette année 1956, les élections anticipées en France donnent une majorité relative au Front républicain, situé à gauche de l’échiquier politique. Le nouveau président du Conseil, M. Guy Mollet, est initialement partisan de l’indépendance, et même de l’indépendance rapide. Mais devant l’impossibilité d’obtenir une majorité parlementaire sur l’Algérie l’amène à modifier sa position pour aller vers des négociations après l’arrêt des événements et des élections.

 

Le 7 janvier, les oulémas algériens publient un manifeste en faveur de l’indépendance. Le 22 du même mois, l’écrivain Albert Camus, Pied-noir, appelle en vain à la trêve civile. Le 6 février, lors de l’installation du nouveau gouverneur, le général Catroux, une manifestation monstre se déroule à Alger. Ce dernier est conspué par la population, de même que le président du Conseil. Catroux est rapidement remplacé par Robert Lacoste, plus proche des Pieds noirs.

 

Le 12 mars, face à des attentats et des embuscades militaires qui ne faiblissent pas, Guy Mollet fait voter la loi sur les « pouvoirs spéciaux » de l’armée. Cette dernière prend de plus en plus de pouvoirs jusque-là tenus par des civils, comme la police et la justice. Dans la foulée, le nombre de militaires (du contingent) présents sur le sol algérien passe de 200.000 à 400.000 !

 

Le 20 août 1956 se déroule le Congrès de La Soummam. C’est là que les fondements de l’Etat algérien sont posés dans la plate-forme politique de la Soummam adoptée par le Front de Libération Nationale.

 

Le 22 octobre, l’avion d’Air Maroc, conduisant de Rabat à Tunis cinq des chefs historiques du FLN est détourné dans l’espace international sur Alger : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella sont arrêtés et demeurent prisonniers jusqu’en 1962. Moins d’un mois plus tard, le général Salan, qui s’est illustré en Indochine, est nommé commandant en chef de l’armée en Algérie.

 

L’année 1956 se termine tragiquement. Le 28 décembre, Amédée Froger, président de la Fédération des maires d’Algérie, est assassiné. Son enterrement, deux jours plus tard, veille de la Saint- Sylvestre, donne lieu à des émeutes qui dégénèrent dans ce qui sera alors appelé des « ratonnades ».

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Archives départementales du Souvenir Français.
  • Caserne Bernadotte de Pau – Archives militaires.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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