Publié le 25 Juillet 2007

Au début du mois de juillet 2007, le Souvenir Français a rencontré Monsieur R. C., isséen de souche, Ancien Combattant Volontaire, qui, par pudeur et par modestie, a souhaité que son nom ne soit pas mentionné.

« Pour moi, l’engagement était naturel. De métier, j’étais mouleur – fondeur. En 1944, je rentre dans les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur). On nous faisait coucher dans le sous-sol de l’école Paul Bert. En septembre 1944, nous sommes regroupés au Petit Séminaire d’Issy, et nous devenons des Francs Tireurs Partisans (FTP). Je signe, comme tous mes camarades, un engagement pour la « durée de la guerre ». Je suis alors affecté à l’Etat-major et je deviens orienteur au 32ème régiment d’Artillerie Divisionnaire. Mon nouveau métier consiste à participer au déminage de zones et ensuite à calculer nos positions – nous faisons ce que nous appelons un cheminement calculé – dans le but de mettre en place des tripodes pour donner des coordonnées - longitudes et latitudes - qui permettront à l’artillerie de maximiser ses tirs. De plus, je donnais des coups de main aux observateurs ; ces missions consistaient à s’infiltrer, de préférence la nuit, dans les lignes ennemies. C’est dans ce contexte, que nous avons débarqué sur l’île d’Oléron, dans le cadre de l’Opération Jupiter ».

Les îles de Ré et d’Oléron, comme toute la côte, sont rapidement occupées par les Allemands, dès 1940. La Wehrmacht bâtit ce qui deviendra le Mur de l’Atlantique : 1.000 blockhaus, 1.300 pièces d’artillerie, des mines partout, sur les plages, les chemins, les prairies environnantes et un rideau de barbelés réputé infranchissable. En 1944, alors que l’avance des Alliés est réelle, au-delà de la Normandie, Hitler donne l’ordre aux secteurs fortifiés de la côte de résister. Ainsi, et jusqu’à la fin de la guerre, subsisteront des poches de résistance allemande à Dunkerque, Lorient, Saint-Nazaire et tout le secteur de La Rochelle (englobant les îles et Royan). La Résistance française n’est pas inactive et fournit des renseignements qui seront capitaux aux troupes de l’Opération Jupiter d’avril 1945.

 

« Avant le débarquement, les artilleurs ont pilonné les fortifications allemandes des îles, grâce aux renseignements que mes camarades et moi donnions. D’ailleurs, nous avions vu juste parce, entre les canons et les ouvrages ennemis, il y avait plusieurs kilomètres, et nous avons mis dans le mille ! J’étais d’ailleurs meilleur pour cela que pour le combat : dans la barge qui nous emmenait sur Oléron, il y avait tellement de vagues que mon fusil est passé par-dessus bord ! ».

 

A la fin, en mai 1945, après des combats parfois d’une grande intensité, les négociateurs de l’Opération Jupiter, dont le capitaine de frégate Meyer, obtiennent la reddition des îles, comme de toute la « poche de Royan ».

 


« A la suite de cette opération, j’ai fait quelques temps de classe à Saint-Loup sur Thouré puis, au sein de la 1ère Armée, Rhin et Danube – chère à de Lattre de Tassigny – je suis envoyé en Allemagne pour participer au déminage et à la destruction des bunkers de la ligne Siegfried. Plus d’une fois nos gars ont laissé leur vie dans des champs de mines. Je me souviens en particulier de mon lieutenant, Bonnet, qui est mort alors qu’il transportait des explosifs et des bouteilles d’oxygène dans sa chenillette. Le feu a pris dans le moteur et l’explosion a été terrible. Après, j’ai fait l’Ecole des Sous-officiers, en Allemagne, jusqu’en septembre 1945. J’ai même participé sur les Champs-Elysées au premier défilé de la Victoire. Puis, pour un certain nombre de raisons personnelles, et parce que j’avais déjà vu pas mal d’horreurs, j’ai quitté l’armée, je suis redevenu un civil et je suis entré chez Renault à Boulogne-Billancourt. Et j’ai oublié ce que j’avais fait ; je n’ai, par contre, j’avais effacé de ma mémoire les images des camarades, leur courage, et parfois leur vie sacrifiée ».

 

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Publié le 25 Juillet 2007

Le 21 octobre prochain, à 16h30, en la cathédrale Saint-Louis des Invalides, se déroulera le concert au profit du Souvenir Français. Organisé par le Comité local de Fontenay-aux-Roses (dont la Présidente est Françoise BELIN), le Gloria de Poulenc et la Messa di Gloria de Puccini seront donnés par les Choeurs de Paris et l'orchestre l'Odysée Symphonique. Pour obtenir des places, il convient de prendre contact avec les Choeurs de Paris (ou Mme BELIN) au 0146 60 67 89, 9, rue Alexandre Fleming 92260 Fontenay-aux-Roses. Le prix des places est de 25 € pour la première catégorie et de 20 € pour la seconde. Inscrivez-vous vite !




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Publié le 17 Juillet 2007

Juin 2007. Nous rencontrons le docteur Renée Boutet de Monvel, d’Issy-les-Moulineaux, médecin-gynécologue et qui a créé en 1962 le premier centre médical du Planning Familial en France. Nous nous asseyons à sa table. Les Métamorphoses de Richard Strauss – écrites en pleine tragédie allemande, au début de 1945 – nous accompagnent.

 

« Mai 1944. Les bombardements se multiplient sur Reims où nous habitons. Nous descendons fréquemment dans un abri souterrain bien précaire, creusé au fond du jardin de l’immeuble. Notre fils, Louis, âgé de 3 ans, y est chaque fois terrifié.

 

Mon mari et moi décidons que je parte avec nos deux enfants (3 ans et 16 mois) et avec ma sœur, Tita, pour nous installer provisoirement à Paris, dans un petit appartement loué par mes parents, rue de l’Université. Nous y serons, pensons-nous, à l’abri de tout bombardement. L’idée est d’y attendre qu’un oncle qui peut avoir de l’essence grâce à l’usine de goudron Lassailly, d’Issy-les-Moulineaux, fondée par son père et dont il est l’un des sous-directeurs, puisse nous faire conduire en voiture à Combleux, près d’Orléans, dans la propriété de ma grand-mère maternelle, en pleine campagne. Mon mari reste à Reims jusqu’à la fin de l’année scolaire, y étant professeur de lettres. Il nous rejoindra, un mois plus tard, faisant près de 200 kilomètres en bicyclette.

 

Nous logeons donc rue de l’Université. Un après-midi : coup de sonnette ! C’est Michel Bourgeois, 22 ans, ami aimé comme un frère, ayant été pensionnaire dans ma famille pendant plusieurs années, parce que nerveux et fragile. Il nous fait signe de ne pas faire de bruit et nous demande si nous voulons bien le recevoir une dizaine de jours. « Oui, bien sûr ». Il s’installe et se met de suite au travail. Sur un drôle de petite machine, il tape sans discontinuer quelque chose en morse. Il finit par nous dire que c’est pour Londres, des renseignements sur les endroits, en Normandie, où des parachutistes ou des avions pourraient atterrir. Après une semaine, il nous dit qu’il a terminé sa tâche et repart. Nous saurons plus tard qu’il a été arrêté en juillet 1944 et déporté à Bergen-Belsen. Nous ne le reverrons qu’à la fin de l’année 1945, venu nous voir à Bellevue (Meudon), squelettique mais ayant survécu à sa détention d’une année.

 

Nous, ma sœur Tita et les deux enfants, avons enfin la chance d’être emmenés en voiture à Combleux. Nous ne nous sommes pas très bien rendu compte de ce qu’il avait fait, qui a sans doute beaucoup servi.

 

A Combleux, règne un calme relatif. Je subis l’indignation d’une vieille tante au vu de ma 3ème grossesse. Nous participons au « goûter des mères » à la mairie car le ravitaillement est précaire. De nombreux réfugiés sont présents. Ma grand-mère en recueille un grand nombre, presque une quarantaine. Une sorte de vie communautaire s’installe dans cette maison familiale. Nous passons quelques nuits dans la cave car, début septembre 1944, il y a encore des bombardements sur Orléans et sa région. Nous voyons les Allemands, affolés, refluer. L’un d’eux entre dans la maison à la recherche de je ne sais quoi. Nous voilà nez-à-nez ; je pense qu’il a autant peur que moi et il s’enfuit sans demander son reste. Puis c’est l’arrivée des Américains, en jeeps, avec cigarettes et chocolat à profusion. Nous retournons en octobre 1944 à Reims. Nous y avons à nouveau des inquiétudes car, paraît-il, les Allemands ont lancé une contre-offensive et seront bientôt à Laon. Cette frayeur ne sera que passagère. Et au milieu de cela, mon fils, Olivier, naît le 13 décembre ».

 

Après la guerre, métamorphosé par son expérience des camps de concentration, Michel Bourgeois devient prêtre (« Grâce à l’homme, je n’ai pas manqué Dieu ») ; après un long séjour dans le nord, à Denain puis à Valenciennes, pendant 23 ans il est aumônier auprès des marins-pêcheurs de Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche. En octobre 2001, se confiant au journal La Croix, il disait ceci : « L’arrivée au camp était une plongée si radicalement « hors de toute référence connue » que l’entendement ne pouvait ni suivre ni digérer. Durant quatre mois, je suis demeuré en état de choc, sans pouvoir nommer ce que je vivais ».

 

 

Juin 2007. Nous rencontrons le docteur Renée Boutet de Monvel, d’Issy-les-Moulineaux, médecin-gynécologue et qui a créé en 1962 le premier centre médical du Planning Familial en France. Nous nous asseyons à sa table. Les Métamorphoses de Richard Strauss – écrites en pleine tragédie allemande, au début de 1945 – nous accompagnent.

 

 « Mai 1944. Les bombardements se multiplient sur Reims où nous habitons. Nous descendons fréquemment dans un abri souterrain bien précaire, creusé au fond du jardin de l’immeuble. Notre fils, Louis, âgé de 3 ans, y est chaque fois terrifié.

 

Mon mari et moi décidons que je parte avec nos deux enfants (3 ans et 16 mois) et avec ma sœur, Tita, pour nous installer provisoirement à Paris, dans un petit appartement loué par mes parents, rue de l’Université. Nous y serons, pensons-nous, à l’abri de tout bombardement. L’idée est d’y attendre qu’un oncle qui peut avoir de l’essence grâce à l’usine de goudron Lassailly, d’Issy-les-Moulineaux, fondée par son père et dont il est l’un des sous-directeurs, puisse nous faire conduire en voiture à Combleux, près d’Orléans, dans la propriété de ma grand-mère maternelle, en pleine campagne. Mon mari reste à Reims jusqu’à la fin de l’année scolaire, y étant professeur de lettres. Il nous rejoindra, un mois plus tard, faisant près de 200 kilomètres en bicyclette.

 

Nous logeons donc rue de l’Université. Un après-midi : coup de sonnette ! C’est Michel Bourgeois, 22 ans, ami aimé comme un frère, ayant été pensionnaire dans ma famille pendant plusieurs années, parce que nerveux et fragile. Il nous fait signe de ne pas faire de bruit et nous demande si nous voulons bien le recevoir une dizaine de jours. « Oui, bien sûr ». Il s’installe et se met de suite au travail. Sur un drôle de petite machine, il tape sans discontinuer quelque chose en morse. Il finit par nous dire que c’est pour Londres, des renseignements sur les endroits, en Normandie, où des parachutistes ou des avions pourraient atterrir. Après une semaine, il nous dit qu’il a terminé sa tâche et repart. Nous saurons plus tard qu’il a été arrêté en juillet 1944 et déporté à Bergen-Belsen. Nous ne le reverrons qu’à la fin de l’année 1945, venu nous voir à Bellevue (Meudon), squelettique mais ayant survécu à sa détention d’une année.

 

Nous, ma sœur Tita et les deux enfants, avons enfin la chance d’être emmenés en voiture à Combleux. Nous ne nous sommes pas très bien rendu compte de ce qu’il avait fait, qui a sans doute beaucoup servi.

 

A Combleux, règne un calme relatif. Je subis l’indignation d’une vieille tante au vu de ma 3ème grossesse. Nous participons au « goûter des mères » à la mairie car le ravitaillement est précaire. De nombreux réfugiés sont présents. Ma grand-mère en recueille un grand nombre, presque une quarantaine. Une sorte de vie communautaire s’installe dans cette maison familiale. Nous passons quelques nuits dans la cave car, début septembre 1944, il y a encore des bombardements sur Orléans et sa région. Nous voyons les Allemands, affolés, refluer. L’un d’eux entre dans la maison à la recherche de je ne sais quoi. Nous voilà nez-à-nez ; je pense qu’il a autant peur que moi et il s’enfuit sans demander son reste. Puis c’est l’arrivée des Américains, en jeeps, avec cigarettes et chocolat à profusion. Nous retournons en octobre 1944 à Reims. Nous y avons à nouveau des inquiétudes car, paraît-il, les Allemands ont lancé une contre-offensive et seront bientôt à Laon. Cette frayeur ne sera que passagère. Et au milieu de cela, mon fils, Olivier, naît le 13 décembre ».

 

Après la guerre, métamorphosé par son expérience des camps de concentration, Michel Bourgeois devient prêtre (« Grâce à l’homme, je n’ai pas manqué Dieu ») ; après un long séjour dans le nord, à Denain puis à Valenciennes, pendant 23 ans il est aumônier auprès des marins-pêcheurs de Saint-Vaast-la-Hougue, dans la Manche. En octobre 2001, se confiant au journal La Croix, il disait ceci : « L’arrivée au camp était une plongée si radicalement « hors de toute référence connue » que l’entendement ne pouvait ni suivre ni digérer. Durant quatre mois, je suis demeuré en état de choc, sans pouvoir nommer ce que je vivais ».

 

 

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Publié le 3 Juillet 2007

L’une des missions du Souvenir Français consiste en la transmission aux générations successives des valeurs de la République. Celles incarnées par les hommes et les femmes qui ont eu le courage et l’audace de refuser l’avilissement face à l’emprise nazie en 1940 sont essentielles et il convient de ne jamais l’oublier.

Le Comité d’Issy-les-Moulineaux est particulièrement fier de consacrer son premier portrait à Madeleine Vincent, qui fut l’une de ces Résistantes qui force respect et admiration.
 

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Madeleine Vincent est née en 1920 à Asnières, dans un milieu modeste, une famille d’ouvriers, d’employés et de journaliers agricoles, marquée par les malheurs de la Première Guerre mondiale. A 16 ans, elle adhère à la Jeunesse Communiste puis à l’Union des Jeunes Filles de France, nouvellement créée par Danielle Casanova, militante communiste et résistante elle-aussi, qui paiera cet engagement par sa déportation – et sa mort – à Auschwitz.

En 1997, Madeleine Vincent rendait ainsi hommage à celle qui fut son amie : « On ne dira jamais assez ce que cette organisation a fait, sous la direction de Danielle Casanova, pour rassembler les jeunes filles, défendre leurs droits, organiser l’aide aux enfants d’Espagne, éclairer sur la montée du nazisme en Allemagne, éveiller et développer chez elles les sentiments démocratiques et patriotiques. Ce fut pour beaucoup dans ma détermination, dans celle de dizaines de milliers de jeunes filles. Les événements qui suivirent l’ont bien démontré ».

Mécanographe de profession, Madeleine Vincent poursuit son combat en adhérant l’année suivante, en 1937, au Parti communiste. Dès juillet 1940, elle entre dans la Résistance et prend en charge l’organisation de l’action en zone interdite, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Elle prend les noms de « Paulette », « Josette » ou encore « Simone Lambert ».

Dénoncée, elle est arrêtée en gare de Douai le 9 janvier 1942. Emprisonnée à Loos, elle est ensuite transférée à Essen, puis à Kreuzbourg, Ravensbrück et Mauthausen. Avec un certain nombre de déportés, Madeleine Vincent se bat, autant qu’il est possible au milieu des soldats nazis et des Kameradenpolizeis (les fameux Kapos), pour refuser ou ralentir le travail industriel.

Libérée en 1945, Madeleine Vincent reprend son activité et devient secrétaire de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France puis secrétaire nationale de l’Union des Jeunes Filles de France. En 1954, elle est nommée au Comité Central du Parti communiste français et est élue au Bureau politique de 1970 à 1990. Elle y occupe diverses responsabilités dont le secteur des femmes, où elle joue un rôle important auprès de Gisèle Moreau puis de Marie-George Buffet, puis celui des élections.

Madeleine Vincent est faite officier de la Légion d’Honneur et reçoit cette distinction à l’hôtel de ville d’Issy-les-Moulineaux, commune où elle réside depuis de nombreuses années, en compagnie de son époux, Guy Ducoloné, ancien député, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, lui-même militant communiste et déporté à Buchenwald (Guy Ducoloné est présent sur l'album du 29 avril 2007 et intitulé "Journée de la Déporation)..

C’est dans cette même commune que le 22 novembre 2005 disparaît Madeleine Vincent, infatigable combattante des droits des femmes et de toutes les formes de barbarie.

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Publié le 13 Juin 2007

Témoignage sur le Vercors : Le malentendu permanent, par le colonel Richard MARILLIER.

Le 4 juin dernier, disparaissait le général Alain Le Ray, figure historique de la Résistance française. Le général fut le premier à s'être évadé de la forteresse de Colditz en 1941. Il entra en 1943 dans la résistance et devient le premier chef militaire du maquis du Vercors.

L’action du général Le Ray nous permet de rappeler ce que fut le maquis du Vercors. Le colonel Richard Marillier, commandeur de la Légion d'Honneur, résistant de la première heure sur ce plateau nous a fait l’amitié de nous donner son avis.


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«Je n’ai pas connu le capitaine Le Ray dans le Vercors pour la simple raison que je n’y étais pas lorsqu’il y était et qu’il n’y était plus lorsque j’y suis arrivé. Je l’ai rencontré, pour la première fois, le 5 novembre 1944, à Grenoble, lors d’une prise d’armes où nous faisions partie, tous les deux, des huit résistants décorés par le général de Gaulle. Je l’ai revu, par la suite, sur le front des Alpes, puis, beaucoup plus tard, en Région parisienne lorsqu’il était général. Ces dernières années, je lui téléphonais de temps en temps et nous évoquions le Vercors. Il me disait que cela le réconfortait de m’entendre puisqu’il n’y voyait plus guère et ne pouvait plus communiquer par l’écriture. Huit jours avant sa mort, Roland Bechmann (Lescot dans le Vercors), gendre de Jean Prévost, me téléphonait pour me dire que le général Le Ray était dans un coma profond et que c’était la fin.

 

L’histoire du Vercors est, à la fois, simple dans sa conception et très compliquée dans sa réalisation. De quoi s’agissait-il ? Tout simplement de faire du massif – véritable forteresse naturelle – une terre d’accueil et de recueil pour des unités parachutistes en liaison avec un débarquement dans le midi. Cette idée, exprimée par Pierre Dalloz et Jean Prévost, mise en forme par Alain Le Ray, relayée par Yves Farge et défendue par le général Delestraint et Jean Moulin devant le général de Gaulle à Londres, fut entérinée en février 1943 sous le nom de Plan Montagnard. En conséquence, un Comité de Combat du Vercors fut créé et commença ce que j’appelle un malentendu permanent entre ceux qui espèrent et ceux qui attribuent. Non, vous ne recevrez pas de renforts aéroportés mais recueillerez un commando de parachutistes américains et nous vous demandons d’aménager deux pistes d’atterrissage pour gros porteurs. Oui, le Plan Montagnard est toujours valable ; pour preuve, le 14 juillet 1944, 72 forteresses de l’US Air Force nous larguent, en plein jour, de quoi armer 2.000 hommes.

En fait, il existait un décalage entre ce que le BCRA d’Alger prescrivait et les moyens nécessaires dont il ne disposait pas. De toute façon, le drame du Vercors commença avec l’arrestation du général Delestraint et de Jean Moulin, les seuls qui se seraient opposés au déclenchement du Plan dans de telles conditions. Le maquis du Vercors ne disposait, le 6 juin, ni des effectifs ni de l’armement nécessaires. La suite, on la connaît : 15.000 soldats allemands (chasseurs de montagnes, bataillons de Volontaires de l’Est (« Mongols »), artillerie divisionnaire, 240 aviateurs, des panzers divisions, des parachutistes) sont déployés et attaquent. La bataille dure 56 heures ; le bilan est éloquent : l’Histoire retiendra que 629 maquisards auxquels il convient d’ajouter 210 civils y perdront la vie, ce qui signifie, si l’on s’en réfère aux chiffres officiels de l’Association des Pionniers du Vercors, que plus de 3.000 combattants ont pu, soit survivre dans le maquis au milieu des Allemands, soit quitter ce même plateau par des issues de secours. L’Histoire retiendra aussi qu’environ 120 soldats de la Wehrmacht y ont été tués et que le lendemain de l’opération du Vercors le général allemand Karl Pfaum a été relevé de son commandement, le général Streicker le remplaçant à la tête de la Division 157, le 1er septembre 1944 ».


Le colonel Marillier a publié plusieurs livres sur le Vercors, aux Editions de l’Armançon : http://www.editions-armancon.fr/ . Par ailleurs, le colonel Marillier connaît bien Issy-les-Moulineaux  : en tant que Directeur Adjoint Délégué du Tour de France, entre 1981 et 1990, il présentait chaque années au PACI les itinéraires et les équipes.

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Publié le 13 Juin 2007

Visite à Aisne-Marne :

 

Le dimanche 3 juin 2007, les associations des Anciens combattants d’Issy-les-Moulineaux ont visité le cimetière américain d’Aisne-Marne. Participaient, entre autres personnalités, à cet événement : les colonels Alexander et Kelly ; MR Riblet du Souvenir Français ; MR Fleury de l’UFAC et de la FNACA ; MR Poujols de l’UNC ; MR Quillard de l’ACV et MR Rossignol de la FNCPG / CATM. Retrouvez les photos sur l’album intitulé « Bois Belleau – Juin 2007 ».

 

 

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Le cimetière américain d’Aisne-Marne est géré par l’American Battle Monuments Commission. Fondée par le Congrès des Etats-Unis en 1923, cette commission a pour mission de conserver la mémoire des sacrifices et des exploits des forces militaires américaines là où elles servirent à partir de 1917. Le cimetière, d’une superficie de 21.25 ha, est situé au pied de la colline sur laquelle se trouve le Bois Belleau. Lorsque le Congrès autorisa, en 1921, son maintien en tant que l’un des huit cimetières permanents de la Première Guerre mondiale en terre étrangère, un accord fut passé avec le gouvernement français garantissant la jouissance des terres occupées à perpétuité, à titre gracieux sans aucun impôt ou taxe.



Le Bois Belleau

 

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Le Bois Belleau est un mémorial dédié à tous les Américains qui combattirent durant la Première Guerre mondiale ; il jouxte le cimetière derrière la Chapelle. On peut y voir des restes de tranchées, des trous d’obus et des vestiges de la guerre, trouvés dans les environs. Le monument ci-dessus est une stèle de granit noir, portant un bas-relief en bronze de Félix de Weldon représentant grandeur nature un Marine attaquant avec un fusil à baïonnette. Ce monument commémore la 4ème Brigade des Marines de la 2ème Division Américaine à qui revient principalement la capture du bois. 


Mémorial Américain d’Aisne-Marne  

 

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Situé sur la cote 204, à 3 km à l’ouest de Château-Thierry, le monument d’Aisne-Marne offre une vue étendue de la vallée de la Marne. De grandes statues symbolisant les Etats-Unis et la France unis par une longue amitié ornent son côté ouest, tandis que le côté est abrite un aigle aux dimensions également impressionnantes. Sous cette sculpture l’inscription suivante est gravée : « Le temps ne ternira pas la gloire de leurs exploits ».  

Il existe des documentations (dont est issu ce texte) sur le Cimetière américain d’Aisne-Marne ; celui-ci se trouve à Belleau dans le département de l’Aisne. Pour trouver des informations sur les cimetières et monuments américains en France, et ailleurs, se connecter : www.abmc.gov

 

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Publié le 1 Juin 2007

 

Bonjour,

Nous avons le plaisir d'ouvrir en ce jour du 1er juin 2007, le site web du Comité du Souvenir Français à Issy-les-Moulineaux.

 

L’association Le Souvenir Français a été créée en 1872, en Alsace et Lorraine occupées, pour assurer l’entretien des tombes des soldats français morts aux combats de la Guerre de 1870. Depuis, l’association n’a jamais cessé d’œuvrer pour la mémoire de celles et ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie au nom de la Patrie ; et ce, chaque année, dans une triple action : entretien, rénovation et fleurissement de plus de 120.000 tombes en France ; restauration de plus de 150 monuments ; réalisation de près de 50 stèles et monuments commémoratifs en France et à l’étranger ; organisation de visites de scolaires sur les lieux de mémoire de notre Histoire.

A Issy-les-Moulineaux, le Souvenir Français a besoin de vous ! Pour nous aider dans ces missions, pour nous aider à fleurir les tombes de nos glorieux aînés, pour nous permettre de perpétuer la mémoire de ceux qui ont donné leur vie pour sauver notre pays, adhérez et faites adhérer au Souvenir Français. Les cotisations annuelles sont à partir de 8 euros.

Pour tout renseignement et pour adhérer, merci de prendre contact avec le Souvenir Français – MR Gérard Riblet – 91, avenue du Gouverneur général Eboué – 92130 Issy-les-Moulineaux – Tél. : 01 46 48 00 05. Email : gerard.riblet.sf@club-internet.fr .

 

Par ailleurs, le Souvenir Français entreprend une grande collecte d’informations sur toutes celles et ceux dont les noms sont inscrits sur le Monument aux morts de la ville, dans le but d’informer et d’illustrer un site web en cours de réalisation, ainsi qu’un ouvrage à paraître. Toutes les informations, photographies peuvent nous être adressées par courrier à l’adresse ci-dessus ou par email aux adresses ci-dessous :

Président : Gérard Riblet – Email : gerard.riblet.sf@club-internet.fr

Comité d'Issy-les-Moulineaux : 

Président : Gérard Riblet 
Trésorier : Thierry Gandolfo
Secrétaire : Frédéric-Edmond Rignault

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