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Publié le 3 Juin 2018

Le trio des Fouga à l’entrée du musée du Bourget.

Le trio des Fouga à l’entrée du musée du Bourget.

Le 21 août 2016, su ce site Internet, j’écrivais dans un article intitulé « Morts en SAC, enfin reconnus », les phrase suivantes : « … une « Association du Mémorial des Aviateurs » vient de voir le jour. Son but, en liaison étroite avec le Musée de l'air et de l'espace du Bourget, est d'une part de mettre en place, sur l'esplanade du musée, un monument à la mémoire des aviateurs morts en service, et d'autre part d'installer, dans l'enceinte même du musée, une borne mémorielle permettant l'accès à une base de données rassemblant à terme plusieurs dizaines de milliers de noms, avec le maximum de renseignements sur chacun d'eux. »

 

Un peu moins de deux ans plus tard, pourquoi tous les adhérents du Souvenir Français doivent-ils se sentir concernés par l'état d'avancement de ce projet? La réponse à cette question se trouve dans les statuts de « l'Association du Mémorial des Aviateurs » qui stipulent, à l'article 6 : « Les membres de droit sont :

 

  • Le Directeur du Musée de l'air et de l'espace.
  • Le Maire de la commune de Dugny.
  • Le maire de la commune du Bourget.
  • Le Président du Souvenir français.
  • Le Président de l'association Les Ailes Brisées. » (*)

 

Que déduire de la présence « de droit » de notre président au sein de l'Association du Mémorial des Aviateurs ? Que d'une part le Souvenir Français est reconnu comme un des organismes incontournables parmi ceux qui promeuvent le devoir de mémoire, sans oublier le volet « air » de cette mission, et que d'autre part notre association juge l'initiative du Mémorial suffisamment importante pour décider, en approuvant ce choix, que son président puisse, de l'intérieur, en suivre, et peut-être au besoin, en compléter l'évolution.

 

Aujourd'hui, en mai 2018, on peut esquisser un premier « rapport d'étape ». Comme prévu, le « Mémorial des Aviateurs » comportera deux entités, le Monument, piloté par l'Armée de l'air, et l'Espace mémoriel, piloté par l'association :

 

  • Le projet retenu pour le monument a été conçu par Jean-Bernard Metais. Il sera implanté devant la porte d'entrée du Musée de l'air et de l'espace, sur l'aéroport du Bourget, au pied du trio des Fouga « Magister » aux couleurs de la Patrouille de France, et sera essentiellement constitué d'une pale d'hélice dressée verticalement, avec l’épitaphe « l'Armée de l'air, en hommage aux aviateurs » et portant les visages de deux légendes de l'aéronautique militaire, Georges Guynemer, mort au champ d'honneur, et Maryse Bastié, disparue en service aérien commandé. Si le calendrier est respecté, le monument pourrait être inauguré à l'automne, peut-être le 11 septembre, date anniversaire de la fin glorieuse du capitaine Guynemer.

 

  • L'Espace mémoriel sera, lui, implanté à l'intérieur du Musée, sans doute dans le hall dit « de la Cocarde ». Il se présentera sous la forme d'un produit multimédia accessible au public et permettant d'avoir accès à l'histoire des aviateurs morts dans l'accomplissement de leur mission. La constitution de la banque de données représente un travail considérable de recherche et de mise en mémoire. A ce jour plus d'un millier de fiches ont été réalisées et sont en cours de validation par un Conseil Scientifique et Historique, en donnant dans un premier temps la priorité à la période post-Guerre d'Algérie à nos jours, et à une sélection des « légendes » de l'aéronautique militaire.

 

Si de nombreux organismes, officiels ou privés, sont détenteurs des informations nécessaires et sont actuellement recensés et contactés par les équipes de l'association, il ne faut pas sous-estimer l'aide que peuvent apporter tous ceux qui ont découvert et photographié, au cours d'une promenade, une tombe oubliée en bordure de forêt, ou retrouvé dans leur grenier une boîte de souvenirs et de photos d'un aviateur de la famille, ou se souviennent des faits d'armes racontés par un ancien...

 

Communiqués à l'Association du Mémorial (**), ces photos, ces documents, ces lettres ou ces souvenirs peuvent permettre de compléter une biographie, rectifier une erreur, ou même réparer un oubli, action qui peut paraître, à tort, trop ponctuelle, voire insignifiante mais qui est au contraire indispensable pour que soit conservé le souvenir des aviateurs qui ont rejoint trop tôt le paradis des pilotes et des équipages disparus, car ...

 

« Quand on est oublié, c'est là qu'on meurt vraiment ».

 

 

 

Général de brigade aérienne (2s) Jean-Claude ICHAC

Président honoraire du Comité d'Issy-Vanves du Souvenir Français

 

 

(*)  Le Chef d'état-major de l'Armée de l'air, prévu dans une rédaction antérieure des statuts, à décidé, pour des raisons juridiques, de ne plus figurer dans cette liste.

 

(**) Association du Mémorial des Aviateurs : 5, rue Christophe Colomb, 75008 PARIS – Adresse email : memorialdesaviateurs@gmail.com

Projet du Mémorial des Aviateurs

Projet du Mémorial des Aviateurs

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Publié le 4 Janvier 2018

Opération Lamantin, par le général Michel Forget.

Un beau matin d'octobre 1977, à l'issue d'une prise d'armes, j'apprends que je suis nommé chef d'une opération à dominante aérienne top secrète en Mauritanie. On m'explique que ce pays était au bord de l'effondrement sous les coups du Polisario, à savoir ces rebelles chassés du Rio de Oro et réfugiés en Algérie dans la région de Tindouf, d'où ils lançaient des colonnes de véhicules fortement armés contre le train évacuant, à mille kilomètres de là, le minerais de fer de Zouerate vers le port de Nouadibouh, en Mauritanie.

 

La mission était simple. Il ne s'agissait pas d'éliminer le Polisario mais d'obliger celui-ci à renoncer à son mode d'action dont les effets sur l'économie de la Mauritanie étaient désastreux. Pour cela, il fallait intercepter et réaliser trois ou quatre frappes aériennes contre ces raids pour enlever à ces perturbateurs toute envie de poursuivre leur action. Il s'agissait de conduire des actions « coups de poing », brèves, efficaces et ce en engageant des moyens aériens peu nombreux mais puissants.

 

Lamantin – car tel a été son nom – fut une opération modeste : une poignée de Jaguar (au maximum 10) de la Force Aérienne Tactique projetés depuis la métropole à Dakar ; une poignée de Breguet Atlantic (au maximum 5), appareils de surveillance maritime de l'Aéronavale déjà en place depuis plusieurs mois chargés de surveiller la voie ferrée et quelques avions de transport tactique Transall. Par delà ce caractère modeste, Lamantin, opération purement aérienne, présentait des traits originaux qui en ont fait une grande première dans l'histoire de notre aviation.

 

Pour  la première fois en effet devaient être engagés en opération RÉELLE, c'est à dire avec ouverture du feu, des avions de combat à très grand rayon d'action ayant recours au ravitaillement en vol. Dans l'aviation tactique, certes, le ravitaillement en vol était pratiqué – sur une petite échelle – depuis les années 60, sur quelques F100 d'abord puis sur Jaguar dont un seul escadron avait en 1977 cette aptitude. Jusqu'ici, le ravitaillement en vol n'avait été utilisé que dans le cadre  de raids vers certains pays d'Afrique pour des missions de simple présence. Lamantin donnait l'occasion de montrer que l'aviation tactique avait le « bras long » et pouvait frapper à très basse altitude des objectifs à plus de 1.200 km des bases de départ avec retour direct sur celles-ci.

 

Pour la première fois, l'opération se caractérisait par la dispersion considérable de ses centres de décisions : Paris où l'ouverture du feu, avant chaque engagement, devait être donnée par le Président de la République en personne ; à 3.000 km de là, Nouakchott, où se trouvait mon PC et à 400 km plus au sud, Dakar où était implanté mon adjoint « air » avec la flotte aérienne. Aujourd'hui, une telle dispersion n'épate plus personne. À l'époque, ce n'était pas le cas.

 

Lamantin : opération modeste certes mais pas simple. Nous étions en effet pauvres en moyens de renseignement, ne disposant  d'aucun moyen nous permettant d'intercepter les colonnes du Polisario AVANT qu'elle n'attaque le train. Nous n'avions ni appareil de reconnaissance à très long rayon d'action, ni appareil adapté à la détection électronique d'objectifs au sol, ni drones, ni GPS, et surtout aucune possibilité de recueil de renseignements humains, par absence totale de troupes déployées sur ce théâtre, en dehors d'une zone étroite autour de la voie ferrée. Et je pense que même si nous avions eu de tels moyens, le résultat aurait été le même : vu la distance et la nature de l'espace à surveiller – plus de 1000 kilomètres d'un désert sans une route, sans un passage obligé, sans un douar – c'était chercher une aiguille dans une botte de foin.

 

On s'en est sorti en nous appuyant sur le renseignement de contact. C'est dire qu'il nous fallait attendre que le Polisario attaque le train pour que nous puissions agir. À partir de ce moment là en effet, l'adversaire était parfaitement repéré et à notre portée. Le Breguet Atlantic en mission de surveillance de la voie ferrée (600 kilomètres entre Zouerate et Nouadibouh!) se précipitait sur les lieux de l'attaque et ne quittait plus visuellement la colonne jusqu'à l'arrivée des Jaguar dont il facilitait la rejointe. Simultanément, tous les acteurs de l'opération devaient être avertis : moi même à Nouakchott, le Président de la République à Paris, les autorités de Mauritanie et du Sénégal, mon adjoint air avec ses Jaguar à Dakar. Dès qu'une attaque était signalée, je donnais l'ordre de faire décoller a priori les Jaguar, sans attendre le feu vert de l'Élysée sachant que les Jaguar avaient près de 800 kilomètres à parcourir avant d'atteindre la zone de la VF ce qui nous donnait le temps de solliciter – et en principe d'obtenir – l'autorisation d'ouvrir le feu. Moi même je montais immédiatement à bord du Transall dont je disposais à Nouakchott afin de me rendre sur les lieux, à environ 400 kilomètres de là, afin d'avoir le contact direct avec tous les appareils, afin de juger de la situation et de prendre en  toute connaissance de cause les décisions qui s'imposeraient.

 

C'était appliquer le principe du PC Volant. Cette façon d'opérer s'était imposée du fait de la faiblesse, à l'époque, de nos moyens de transmissions, certes diversifiés (HF-BLU, herziens, réseaux sénégalais) mais peu adaptés aux liaisons à très grande distance, surtout avec Paris. La nécessité de disposer de satellites de télécommunications, inexistants à l'époque en France mais indispensables dans le cadre de toute stratégie d'action extérieure, a été l'une des grandes leçons de cette opération.

 

Par delà ces difficultés, Lamantin fut un succès. Trois actions « coup de poing » en décembre 1977, conduites à plus de 1.200 kilomètres de Dakar, où deux colonnes du Polisario perdirent la moitié de leurs véhicules (45 sûrs)… sous les attaques des Jaguar à très basse altitude, à très grande vitesse (plus de 500 nœuds – 900 kilomètres/heure) et aux canons de 30mm ont contraint le Polisario à renoncer à son mode d'action. Il devait récidiver deux fois en mai 78, où ses colonnes furent traitées de la même façon et avec le même résultat. En 1979, Polisario et Mauritanie concluaient un cessez le feu, sanctionnant ainsi le succès de nos forces aériennes... et la sauvegarde de la Mauritanie.

 

Ce succès devait faire du bruit. Bien de nos amis de l'armée de terre eurent des sueurs froides, craignant de se voire ravir la vedette en Afrique, craintes pourtant vaines (nous étions à quelques mois de l'affaire de Kolwezi !). Que ces craintes soient fondées ou pas, il n'en restait pas moins que Lamantin avait montré le rôle majeur que nos forces aériennes modernes, aéronavales comprises, seraient désormais appelées à jouer dans  le cadre de notre stratégie d’action extérieure, marquée par ce que l'on appelle aujourd'hui les « opex », opérations plus amples, plus complexes aussi, au caractère interarmées plus marqué, mais opérations où nos forces aériennes – notamment nos chasseurs – ont fait depuis des années et font encore aujourd'hui un travail remarquable – Afghanistan, Libye, Mali, Moyen-Orient – toutes opérations où s'illustrent nos jeunes aviateurs auxquels, en tant qu'ancien, je tiens à rendre ici un vibrant hommage.

 

 

 

Général Michel FORGET

Ancien commandant de l'opération « Lamantin » - 1977

Ancien commandant  de la force Aérienne tactique (1979-1983)

 

Les photographies ci-dessous montrent les éléments suivants :

  • Photo 1 : à bord du Breguet Atlantic.
  • Photo 2 : le général Forget à bord de son PC volant.
  • Photo 3 : Jaguar au parking Ouakam (à noter le réservoir central de 1.200 l).
  • Photo 4 : ravitaillement en vol. Les missions comportaient trois ravitaillements en vol.
  • Photo 5 : après l’attaque d’un jaguar : véhicule pulvérisé (il est équipé d’une mitrailleuse antiaérienne sur trépied).
  • Photo 6 : après l’attaque d’un Jaguar (canons de 30 mm). On notera sur la plage arrière du véhicule : 1 bitube de 20 mm anti-aérien ; 1 monotube de 20 mm anti-aérien ; 2 bidons de 200 litres de carburant.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.
Opération Lamantin, par le général Michel Forget.

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Publié le 23 Août 2017

La Garde républicaine.

Présentation.

 

La Garde républicaine, commandée par un général de division, comprend deux régiments d’infanterie, un régiment de cavalerie, un état-major et des formations musicales (orchestre et chœur de l’armée française).

 

Le 1er régiment d’infanterie, implanté principalement à Nanterre, s’articule en trois compagnies de sécurité et d’honneur (CSH), une compagnie de sécurité de la présidence de la République (CSPR), un escadron motocycliste et la musique de la Garde républicaine.

 

Le 2e régiment d’infanterie, dont l’état-major est situé à la caserne Kellermann (Paris), se compose de quatre compagnies de sécurité et d’honneur (CSH), de la compagnie de sécurité de l'hôtel Matignon (CSHM) et de la compagnie de sécurité des palais nationaux (CSPN).

 

Le régiment de cavalerie s’articule en trois escadrons de marche, un escadron hors rang ainsi qu’un centre d’instruction. L’escadron hors rang comprend, notamment, une fanfare de cavalerie, un service vétérinaire et des maréchaux-ferrants.

 

Enfin, l’état-major dispose d’un bureau des opérations et de l’emploi, d’un bureau des ressources humaines et des services logistiques qui comprennent, en particulier, des ateliers de tradition (sellerie, armurerie et costumes d’époque).

 

Missions.

 

Elles sont au nombre de quatre :

 

1 - Assurer le protocole militaire de l'État :

Le protocole militaire est fortement ancré dans la tradition nationale et il revient à la Garde républicaine de l'assurer lorsque le Président de la République ou des chefs d'État étrangers y sont associés.

Il prend la forme de services à pied et d'escortes d'honneur à cheval ou à moto, notamment sur l’esplanade des Invalides et sur les Champs-Elysées.

La musique de la Garde et la fanfare de cavalerie sont spécialement chargées de rehausser l’éclat des cérémonies officielles.

La Garde rend également les honneurs aux présidents des deux assemblées parlementaires à l'ouverture de chaque séance.

 

2 - Assurer la sécurité des palais nationaux :

La Garde républicaine participe au fonctionnement régulier des institutions en assurant la sécurité des hauts lieux gouvernementaux et en contribuant sous réquisition permanente à celle des assemblées parlementaires. Le 1er régiment d'infanterie se consacre à la sécurité de l'Élysée (contrôle des entrées, rondes périmétriques) tandis que le 2e régiment d'infanterie assume les mêmes charges à Matignon, au Quai d'Orsay, à l’hôtel Beauvau, à l'hôtel de Brienne ainsi qu'au Palais Bourbon, au palais du Luxembourg et au Conseil constitutionnel.

Particularité parisienne, la Garde contribue aussi à la sécurité du Palais de justice.

 

Il n'est pas exceptionnel que des gardes républicains soient dépêchés temporairement dans des ambassades françaises à l'étranger lorsque la situation locale exige que leur sécurité soit renforcée.

Ces missions mobilisent quotidiennement 900 gendarmes qui bénéficient d'une formation adaptée au tir et à la maîtrise des individus. Parmi eux, les tireurs d’élite, qualifiés annuellement par le GIGN, sont dotés de fusils de précision pour s'opposer à d'éventuels tireurs embusqués.

 

3 - Contribuer à la sécurité publique générale :

Force polyvalente, la Garde républicaine met quotidiennement ses compétences techniques particulières au service de la sécurité publique générale.

Les sept pelotons d'intervention de l'infanterie sont fréquemment sollicités par les unités territoriales d'Ile-de-France et par des offices centraux, en cas d'interpellation à risque ou d’escorte de détenus. Leur haut degré d'entraînement les rend aptes à remplir des missions éprouvantes comme la lutte contre l'orpaillage illégal en Guyane.

Les motocyclistes de la Garde assurent de nombreuses escortes de convois sensibles et sécurisent les épreuves cyclistes majeures, au premier rang desquelles figure le Tour de France depuis 1953.

 

Les trois pelotons de surveillance et d'intervention à cheval développent de nouveaux savoir-faire en police montée. Une quarantaine de cavaliers sont employables par la préfecture de Police de Paris, dans le cadre de patrouilles urbaines ou d'appui des forces mobiles autour des stades. Plus largement, ils constituent une réserve d'intervention à disposition des autorités de sécurité publique sur l'ensemble du territoire dans les contextes et sur les terrains où la composante équestre apporte une plus-value : recherche de personne en milieu forestier, surveillance de zones difficiles d'accès, sécurité de grands rassemblements ou de secteurs touristiques.

 

4 - Contribuer au rayonnement international de la France :

Parce qu'elle incarne un prestige certain, la Garde républicaine constitue un vecteur de rayonnement à la disposition des plus hautes autorités de l'Etat. A cet effet, elle abrite dans ses rangs deux formations musicales de très haut niveau et capable d'interpréter les œuvres majeures du répertoire classique : l'Orchestre symphonique et le Chœur de l'Armée française.

D'autre part, ses compétences équestres intéressent de nombreux pays étrangers et sont à l'origine d'accords bilatéraux pour la formation de cavaliers ou la création d'unités complètes.

La ville d’Issy-les-Moulineaux est la ville marraine depuis l’an 2000 du 2e régiment d’infanterie de la Garde républicaine.

 

 

Sources :

 

Site de la Garde républicaine : www.gendarmerie.interieur.gouv.fr

Photo : copyright Wikipedia

 

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Publié le 17 Juin 2017

Jacques Vignaud donne une conférence sur la Résistance au collège Henri Matisse – Juin 2008.

Jacques Vignaud donne une conférence sur la Résistance au collège Henri Matisse – Juin 2008.

Nous avons eu la douleur de perdre notre ami et adhérent, Jacques Vignaud, le 3 juin 2017, à l’âge de 91 ans. Avant son inhumation dans le caveau de famille au cimetière de Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, un hommage lui a été rendu le jeudi 8 juin 2017, en l’église Saint-Benoît à Issy-les-Moulineaux, en présence de sa famille, ses amis, de Madame le sénateur Isabelle Debré et du Souvenir Français.

 

« Mon cher Jacques,

 

Nous y voilà. Ce dernier voyage dont tu me parlais souvent. Ce dernier voyage qui en vaut bien un autre aurait dit ton ami Gilbert Prouteau, le Chouan, qui s’y connaissait comme toi en impertinence, en philosophie de la vie mais aussi en contrepèteries et autres calembours.

 

D’autres voyages. Bien sûr. Celui que nous avons fait ensemble, au Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves pendant près de 10 ans. Quand toi le Gaulliste, tu m’écrivais ton histoire, celle de la Résistance, celle de ton parcours chez Time Life Magazine – où les Américains t’avait demandé de prendre les Parisiens en photos – ou plus tard dans le monde de la chimie, de l’apprentissage des langues ou encore des œuvres des Auberges de Jeunesse. Celui de ton engagement auprès des jeunes et en particulier du collège Henri Matisse.

 

Le voyage. Celui qui t’a amené à me parler de ton engagement dans la Résistance au 93e RI. Engagement dont tu parlais peu comme souvent ceux qui ont connu les combats. Tu n’as d’ailleurs jamais demandé les médailles auxquelles tu avais pourtant droit. Pensez donc : un adolescent qui fait écrire à sa mère « je ne rentrerai pas ce soir, car je rentre dans la Résistance ». Cet engagement qui fait te battre contre l’ennemi allemand dès tes premiers jours, vêtu d’un uniforme anglais, un peu trop grand, et sachant à peine te servir de la mitraillette que tes supérieurs t’ont confié. De missions de reconnaissance en combats et embuscades tu multiplies les coups dans la région de la Charente-Maritime.

 

En janvier 1945, avec quelques compagnons d’infortune, tu te retrouves bloqué par les Allemands à Marans, dans la Sèvre niortaise. Sonne l’heure de la retraite à travers les marais. Dans une maison, vous allez trouver refuge. Vous vous installez au premier étage pour mieux surveiller les alentours. Sans imaginer une seule seconde que les Allemands vont eux, dans la nuit, loger au rez-de-chaussée. Ils sont dix fois plus nombreux et mieux armés. Vous voilà prisonniers. « Faits comme des rats, des rabougris », aurait encore dit Gilbert Prouteau. Puis c’est l’évasion, digne d’un film d’aventure, avec des copains qui tombent, fauchés par la mitraille ennemie, une patrouille de la Wehrmacht qui ne regarde pas ou qui refuse de regarder trois jeunes gars qui se cachent dans les rues de la Rochelle. « De jeunes pouilleux, mais qui ont aussi libéré la France » aurait ajouté Maurice Druon.

 

Alors le voilà ton dernier voyage. Tu vas rejoindre ta chère Vendée. Tu vas retrouver, quelque part du côté de Mouilleron-en-Pareds Georges Clemenceau et le général de Lattre de Tassigny, tes idoles.

 

Une dernière fois je souhaiterais que l’on puisse t’entendre. Tu disais : « C’en est terminé de notre guerre. Bientôt les Allemands se rendent en masse. Notre joie est indescriptible. Pourtant. Ombres funestes. Je pense à tous nos camarades qui n’ont pas eu notre chance, qui se sont battus et ont été tués, qui se sont fait prendre, alors que la liberté s’offrait à eux. Ainsi, je pense particulièrement Paul Couzinet, Joseph Martin et Paul Rolland, qui ont été arrêtés alors qu’ils étaient au rez-de-chaussée de la caserne et que les premières évasions venaient d’être découvertes. Ils ont été lâchement abattus par la soldatesque ennemie et c’est un crime impardonnable. Nos combats sont demeurés au second plan, inconnus. Mais cela n’est ni tout à juste ni tout à fait bon. Le Devoir de Mémoire est indispensable si l’on veut que nos jeunes disposent encore aujourd’hui du patrimoine national que nous avons contribué à reconquérir. »

 

 

CDT (RC) Frédéric RIGNAULT

Président

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

 

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Publié le 14 Avril 2017

Cadet de Saumur - Promotion 1936.

Cadet de Saumur - Promotion 1936.

Né le 15 juillet 1912, il perd son père Mort pour la France durant la Première Guerre mondiale alors qu'il a à peine quatre ans. Marqué par ce sacrifice glorieux au service de la Patrie, il n'hésite pas à préparer Saint-Cyr où il devient un brillant élève de la promotion «Roi Alexandre 1er» (1934-1936).

 

Engagé en Lorraine avec son régiment dès 1939, il reçoit très vite le baptême du feu. Puis il se distingue sur la Loire, à la tête des «Cadets de Saumur», n'hésitant pas à attaquer à pied deux chars ennemis; grièvement blessé il sera fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre exceptionnel. Après avoir été instructeur à l'Ecole spéciale Militaire à Aix-en-Provence, il est mis en congé d'armistice où il entre dans la Résistance. Il est arrêté par les Allemands en 1943 mais réussit à s'évader et rejoint l'Afrique du Nord après un audacieux périple à travers la France, l'Espagne et le Portugal.

 

Placé à la tête d'un escadron du 3e Régiment de Spahis Marocains il participe brillamment à la campagne d'Italie où il fait preuve de magnifiques qualités de soldat et de chef. A la tête d'un groupement blindé, il se révèle un entraîneur d'hommes hors pair, forçant l'admiration des troupes françaises et alliées qui combattaient à ses côtés. Blessé grièvement à deux reprises il est promu officier de la Légion d'honneur à 32 ans.

 

A l'issue de la guerre il rejoint Saumur comme instructeur et est admis à l'école supérieure de guerre. Il sert alors dans des états-majors de rangs élevés à Paris puis en Allemagne. En 1956, il prend le commandement du 6e Régiment de Spahis Marocains en Algérie entraînant ses hommes avec un allant exceptionnel.

 

Affecté à Washington dans un organisme interallié, il est nommé général et se voit confier ensuite le commandement de la 7e brigade mécanisée expérimentant les structures interarmes. Commandant l'Ecole de Cavalerie de Saumur de 1965 à 1968, il va lui insuffler un esprit novateur et imaginatif inculquant à ses cadres et élèves la rigueur, la distinction et le panache. Investi du commandement du 1er Corps d'Armée à Nancy puis de la 6s Région Militaire à Metz, il aborde «avec une grande largeur de vue et une fertile imagination les questions humaines, tactiques et stratégiques».

 

Admis dans la 2e section du cadre des officiers généraux en 1973, il est nommé gouverneur des Invalides. Dans cette dernière action il va œuvrer pendant plus de vingt ans pour que l'Institution Nationale des Invalides soit digne de ses pensionnaires, payant lui-même de sa personne en entourant fraternellement et chrétiennement les hommes brisés de la guerre, méritant ainsi le surnom respectueux d'«Archange Gabriel».

 

Longtemps isséen, le général d'armée Gabriel de Galbert, Grand'Croix de la Légion d'Honneur meurt le 2 février 2001 à Arradon (Morbihan) dans sa 89e année.

 

 

 

 

Sources :

 

 

 

 

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Publié le 29 Janvier 2017

Le capitaine Marillier au Fort des Rousses.

Le capitaine Marillier au Fort des Rousses.

Décidément, ce début d’année 2017 est bien triste. Après avoir perdu Madame Glavany et son époux, le général Roland Glavany, le Souvenir Français d’Issy-Vanves voit disparaître deux de ses amis : Raymond Pétrus, Délégué général adjoint de notre association pour la Nièvre, et le colonel Richard Marillier.

 

Richard Marillier, c’était à la fois un compagnon de route d’une équipe digne des « Tontons Flingueurs » avec Jean Carmet, René Fallet, Jean Amadou, Antoine Blondin et bien d’autres encore. C’était l’aventure de la guerre d’Algérie puis l’engagement dans l’armée de terre, le Fort des Rousses en tant qu’officier chargé de la création d’un centre d’entraînement commando. C’était l’aventure du cyclisme avec Simplex puis les équipes militaires, le poste de Directeur Technique National, le Tour de France et l’Union Cycliste Internationale. Enfin, Richard Marillier était aussi un écrivain avec une œuvre de plus d’une dizaine d’ouvrages.

 

Segoule et le Vercors.

 

Richard Marillier nait le 22 avril 1924 à Garnay, non loin de Dreux. Jeune, il perd sa mère. Son père l’emmène en Bourgogne, dans un hameau du nom de Segoule, non loin de Saint-Benin d’Azy, au cœur du Nivernais. Là, Richard est élevé par sa grand-mère Clémentine. De cette époque, il tirera un ouvrage très beau : Grandir à Segoule.

 

Adolescent, il est envoyé pour faire des études à Grenoble. Avec des camarades, il rejoint la Résistance. Il combat au sein de la Section Chabal du maquis du Vercors. Richard Marillier : « L’histoire du Vercors est, à la fois, simple dans sa conception et très compliquée dans sa réalisation. De quoi s’agissait-il ? Tout simplement de faire du massif – véritable forteresse naturelle – une terre d’accueil et de recueil pour des unités parachutistes en liaison avec un débarquement dans le midi. En fait, il existait un décalage entre ce que le BCRA d’Alger prescrivait et les moyens nécessaires dont il ne disposait pas. Le maquis du Vercors ne disposait, le 6 juin, ni des effectifs ni de l’armement nécessaires. La suite, on la connaît : 15.000 soldats allemands (chasseurs de montagnes, bataillons de Volontaires de l’Est (« Mongols »), artillerie divisionnaire, 240 aviateurs, des panzers divisions, des parachutistes) sont déployés et attaquent. La bataille dure 56 heures ; le bilan est éloquent : l’Histoire retiendra que 629 maquisards auxquels il convient d’ajouter 210 civils y perdront la vie, ce qui signifie, si l’on s’en réfère aux chiffres officiels de l’Association des Pionniers du Vercors, que plus de 3.000 combattants ont pu, soit survivre dans le maquis au milieu des Allemands, soit quitter ce même plateau par des issues de secours. »

 

Le général de Gaulle ne manquera pas de décorer les soldats de cette section le 5 novembre 1944 à Grenoble.

 

Officier au sein de l’armée de terre.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, Richard Marillier rentre sur la Nièvre. Il part en direction de Dijon, capitale de la Bourgogne afin d’y décrocher un emploi. Là, il rencontre sa future femme, Jeanine, fille de Lucien Juy, créateur du dérailleur Simplex et de l’usine du même nom. Pendant près de dix ans, Richard Marillier va œuvrer pour cette entreprise, notamment en y montant une équipe cycliste afin de faire connaître les produits de l’usine et le dérailleur fameux.

 

En 1956, rappelé par les autorités, Richard Marillier doit effectuer une période militaire en Algérie. D’abord lieutenant de réserve au sein du 494e RI, il signe un engagement et ne quittera le sol algérien qu’en 1963, après commandé plusieurs commandos et œuvré pour les services secrets français. A ce titre, il fait partie de ceux qui découvrent en 1963 l’attaque envisagée de l’Algérie sur le Maroc. Mais les Marocains, prévenus par les autorités françaises, éviteront l’effet de surprise et, renversement de situation, renverront « manu militari » les envahisseurs chez eux (la « Guerre des Sables »). Il rentre en France avec le grade de capitaine.

 

L’armée de terre lui confie des missions liées au sport : moniteur de l’Ecole d’Antibes, prévôt de boxe, entraîneur national d’athlétisme au Bataillon de Joinville, initiateur de football et créateur du centre d’entraînement commando du Fort des Rousses.

 

Rappelé par d’anciennes connaissances du cyclisme, Richard Marillier quitte l’armée de terre : « Un jour je demandais à être reçu par la DPMAT, boulevard Saint-Germain à Paris. Un colonel de la Légion étrangère me dit : « Vous avez des notes de maréchal de France, vous êtes décoré jusqu’au nombril mais vous n’avez pas d’origine. Vous sortez du rang. Alors, vous finirez vieux commandant occupé à compter les chaussettes dans un régiment. Si on vous propose un poste au niveau national où vous pouvez continuer à servir le pays, allez-y. Mais attention, ne lâchez rien. Ne quittez pas l’armée. Elle ne vous le pardonnerait pas. Faites vous détacher. Bonne chance, mon vieux ».

 

L’aventure du cyclisme.

 

Ainsi, Richard Marillier va devenir Directeur Technique National du cyclisme français pendant onze ans, de 1970 à 1981. Sous sa direction, Cyrille Guimard est 2e au championnat du monde ; Régis Ovion est champion du monde amateur en 1971 ; en 1974, Raymond Poulidor et Mariano Martinez finissent 2e et 3e. En 1977, Josiane Bost est championne du monde. Lors de ces mêmes championnats, au Venezuela, Richard Marillier est contacté par les services secrets pour servir de couverture à une opération commandée par le futur général Rondot. Il s’agit d’intercepter le terroriste Carlos. L’opération échouera.

 

Consécration à Sallanches en 1980 avec le titre de champion du monde pour Bernard Hinault. Par la suite, Richard Marillier est nommé directeur adjoint délégué du Tour de France. Président de la Ligue du Cyclisme professionnel, membre du Comité Directeur de l’Union Cycliste Internationale de 1989 à 1992, Richard Marillier fait valoir ses droits à la retraite l’année suivante. Il continue à œuvrer dans le vélo avec le Tour Nivernais-Morvan et la Route Nivernaise. Puis, il se met à l’écriture et jusqu’en 2003, il va sortir pas moins d’une dizaine d’ouvrages le Vercors, ses aventures en Algérie, sur le monde du cyclisme, et quelques romans, bien souvent édités aux Editions de l’Armançon, maison bourguignonne dirigée par Gérard Gauthier.

 

Richard Marillier était, entre autres, commandeur dans l’Ordre national de la Légion d’honneur. Il vivait aux Assarts, sur le commune de Vitry-Lâché, dont il avait été le maire de pendant douze ans.

 

Ses obsèques se dérouleront le mercredi 1er février 2017 à 15h en l’église de Saint-Benin-des-Bois dans la Nièvre.

Richard Marillier et Bernard Hinault.

Richard Marillier et Bernard Hinault.

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Publié le 24 Janvier 2017

Général Glavany (Copyright Air et Cosmos).

Général Glavany (Copyright Air et Cosmos).

Le général Glavany a toujours inspiré le plus grand respect à ceux qui l'ont connu ou côtoyé au cours de leur carrière militaire au sein de l'armée de l'air.

 

Respect d'abord pour son attitude en 1942 quand, jeune officier chassé de l'École de l'Air comme toute sa promotion par l'occupant, il décidait de franchir les Pyrénées pour rejoindre l'AFN où il tournait pour un moment le dos à sa carrière d'aviateur en s'engageant dans le 1er bataillon de choc, donc dans l'armée de terre et ce pour être certain de participer à la lutte contre l'occupant. Ainsi allait-il combattre en Corse, en Italie, puis en Provence avant de remonter jusqu'à Dijon à la poursuite de l'adversaire, là où, blessé pour la quatrième fois, se terminait pour lui la guerre.

 

Respect pour sa carrière de pilote, reprise après 1945 dans la reconnaissance d'abord puis au service, à titre civil, de la firme Marcel Dassault en tant que pilote d'essais. Il devait s'illustrer alors en effectuant les premiers vol de deux prototypes célèbres, à savoir le 17 novembre 1956, celui du Mirage 3, avion mythique avec lequel il devait atteindre pour la première fois dans l'histoire de notre aviation deux fois la vitesse du son (mach 2) et le17 juin 1959, celui du Mirage IV, avion mythique lui aussi, appelé à constituer la première composante de nos Forces Nucléaires Stratégiques. Deux dates qui comptent dans l'histoire de nos forces aériennes.

 

Respect pour sa décision prise en 1959 de renoncer à son métier de pilote d'essais et de reprendre l'uniforme pour servir de nouveau l'armée de l'air en participant d'abord à la guerre d'Algérie. Affecté au Poste de Commandement Air Mobile (PCAM) de la 11e Division de Parachutistes, unité d'élite engagée dans le Constantinois, il y retrouvait l'ambiance du 1er bataillon de choc ... et la vie rude du djebel. Au retour d'Algérie, il devait assumer des responsabilités importantes tant en État-major (chef du bureau des programmes de matériels) qu'à la tête des bases aériennes d'Istres puis de Mont-de-Marsan avant de prendre le commandement des Écoles de l'Armée de l'Air en tant que général de corps aérien, commandement qu'il assuma jusqu'à la fin de son service actif en 1978.

 

Respect enfin pour le dévouement dont il n'a pas cessé de faire preuve à son retour dans la vie civile envers plusieurs organisations caritatives en assurant notamment la présidence de l'association des Ailes Brisées, de celle de Rhin et Danube et enfin à Issy même, en acceptant la présidence d'honneur de notre comité du Souvenir Français dont il suivait avec intérêt l'activité.

 

Homme de cœur, chrétien convaincu, pilote d'exception et chef militaire doué d'une autorité naturelle indiscutable de par l'étendue de son expérience à la fois technique et opérationnelle, le général Glavany restera une grande figure de l'Armée de l'Air... et de notre cité.

 

 

Général Michel Forget

Ancien de l'Armée de l'Air et membre du comité du Souvenir Français d'Issy

 

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Publié le 18 Janvier 2017

Roland Glavany, mon général.

Voilà une année qui commence bien mal. A quelques jours d’intervalle, Madame Glavany a rendu son âme à Dieu suivie de son époux le général de corps aérien, Grand’ Croix de la Légion d’honneur, Roland Glavany.

Roland Glavany était président d’honneur du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français. Il faudrait des pages et des pages pour raconter ce que fut sa vie. Cela a d’ailleurs fait l’objet d’un livre en juin 2013 : « Du Bataillon de choc au Mirage », en collaboration avec Bernard Bombeau, aux Editions Pierre de Taillac. Mais deux mots me viennent à l’instant pour définir le général Glavany : fidélité et amour.

Fidélité à la France quand alors élève de l’Ecole de l’Air, il décide de s’engager dans les Forces Françaises Libres, en passant par l’Espagne : « En 1943, comme des dizaines de milliers d’autres, j’ai traversé les Pyrénées puis l’Espagne. Il n’y avait que deux conditions ; d’abord, savoir marcher en montant ; cause : les Pyrénées ; la seconde : ne pas se faire piquer par les Allemands ; cause : l’Occupation ».

Roland Glavany débarque en Afrique du Nord. On lui explique que s’il veut continuer sa formation de pilote de chasse aux Etats-Unis, il lui faut attendre plus d’une année : « Pas question. J’ai demandé une unité para. Et c’est ainsi que j’ai atterri à Staouéli, à l’ouest d’Alger, au Bataillon de Choc du cher commandant Fernand Gambiez. Mais, manque de chance, ledit Bataillon venait de terminer son stage de transformation parachutiste. Et voilà pourquoi de fil en aiguille, à la tête de la 3ème section de la 3ème compagnie (les meilleurs…), j’ai « fait » trois débarquements en petits bateaux (LCI ou LCA) : la Corse en 1943 ; l’Ile d’Elbe et la Provence en 1944. »

Il sera blessé à trois reprises. D’abord en Corse où il débarque avec le bataillon en septembre 1943. Son métier : celui de commando, avec des actions de renseignement, des coups de mains contre les Allemands, et des missions de destruction avec son arme favorite : la grenade ! Blessé sérieusement, avec de nombreuses fractures, il est remis sur pied pour être à nouveau blessé – justement au pied – lors du débarquement de Provence sur les pentes du Mont Faron. Plus tard, le 10 septembre, avec le Choc, à l’entrée de Dijon, il tombe sur une mitrailleuse allemande : il est à nouveau touché, cette fois à la jambe.

Fidélité au chef, le général Giraud qui avait réunit les forces et moyens navals pour libérer la Corse : « Un des chefs militaires de la Résistance, le commandant Colonna d’Istria, put faire appel au général Giraud pour demander son appui. Celui-ci se tourna forcément vers le commandement allié en Méditerranée, lequel, en pleine organisation de la libération de l’Italie, lui fit comprendre qu’il fallait qu’il se débrouillât seul. Ce qu’il fit ». Soixante-dix ans plus tard, il disait encore : « De Gaulle, de Gaulle, oui bien sûr ! Mais n’oublions pas les actions extraordinaires du général Giraud, qui était unanimement apprécié chez nous ! ». Fidélité à ses camarades morts pour la France en Corse, comme l’adjudant-chef Richard de Préaudet : « Je n’oublie pas que sur ces routes de Corse, 300 d’entre-nous sont morts. Pour la France ».

Une fois la guerre terminée, Roland Glavany renoue avec l’armée de l’Air. Il termine enfin sa formation de pilote sur un P-51 de reconnaissance. Mais, comme l’écrit si bien Jean-Dominique Merchet, dans L’Opinion, « quelque chose est cassé ». Il décide d’intégrer l’école d’ingénieurs SupAéro et devient pilote d’essais au Centre d’essais en vol puis chez Dassault, où il se lie d’amitié avec Serge. Roland Glavany sera alors pilote d’essais de la famille des Mirages (Mirage III et Mirage IV). En 1958, il est le premier pilote à franchir Mach 2 en Europe. Pourtant, il verra encore des drames, comme ceux de ses camarades qui se tuent lors de ces fameux vols d’essais, tel Claude Dellys en 1952 ; Claude qui avait été son instructeur.

Fidélité de nouveau à ses compagnons d’armes. En 1959, il réintègre l’armée de l’Air et est nommé au sein de la 10e Division parachutiste du général Gracieux, chef du Poste de Commandement Aérien Mobile. « C’était un grand honneur. Nous devions obtenir des renseignements et diriger les appuis-feu aériens nécessaires aux régiments engagés. Le patron était le général Gracieux. Petit, râblé, d’un calme imperturbable, précis et concis dans ses ordres, d’une bonhomie apparente que démentait très vite un regard sans équivoque, le général Gracieux vivait pour sa division qu’il avait parfaitement en mains », dira-t-il.

Il voit au cœur des unités paras l’état d’esprit qui dérive. Tentation de suivre les généraux ? Certainement pas : « Totalement intégré à cette division parachutiste dont j’étais solidaire, je restais néanmoins un aviateur et gardais ma liberté d’esprit et de jugement. Si je n’étais pas lassé des combats – car l’allégresse des combats, cela existe – je voyais avec consternation ce beau pays peu à peu crucifié tandis que l’amertume des officiers montait tout autour de moi devant une politique qu’ils ne comprenaient point ».

Par la suite, Roland Glavany poursuivra sa carrière au sein de l’armée de l’Air, jusqu’en 1978 – avec les galons de général de corps aérien- après avoir commandé le CEAM (Centre d’Expériences Aériennes Militaires), la base de Mont-de-Marsan et les Ecoles de l’armée de l’Air.

Un regret ? Avoir tant et tant côtoyé les parachutistes sans en avoir le brevet : « Voilà pourquoi, ayant acquis avec mes étoiles de brigadier une plus grande liberté d’action, j’ai demandé à sauter vers 1975. Compte-tenu de mes blessures aux jambes, les toubibs dirent « au fou », jusqu’à ce que, lassé, un chef-toubib finit par déclarer : « Il veut sauter ? Qu’il saute ! ». Ce que je fis. Je le fis naturellement avec mes camarades des Commandos de l’Air, à Nîmes (salut au capitaine Ciappa). Nous sautions à partir d’un « Broussard » et j’aimais beaucoup cela, être assis par terre, les jambes à l’air avant de se balancer. Aussi, un jour de 1977, je participai à Avignon à un rassemblement para, devant le Chef d’état-major de l’Armée de l’Air de l’époque, le général Maurice Saint-Cricq, mon ami. Seulement voilà, à l’arrivée au sol, je sentis et entendis un « crac », à droite. Disons-le tout de suite, c’était la « bi-malléolaire » (sous-entendu la fracture) et deux mois de plâtre. Et mon chef vénéré vint alors vers moi : « Je te l’avais bien dit que tu jouais au c.. ». Et comme l’a dit un autre général, jaloux : « Ces trucs-là, faut les réussir ou s’abstenir ». Quel dommage. C’était le 4ème saut, pas le 5ème, qui lui m’aurait permis d’avoir droit à la plaque souvenir. C’est alors que je me suis rappelé m’être éjecté d’un Mystère IV en vrille que je ne parvenais pas à arrêter. J’étais pilote d’essais chez Monsieur Marcel Dassault, avant les « Mirages » et toute la série. C’était vingt ans avant, en 1955. J’ai dit cela à mes camarades de l’Armée de Terre : « 4 + 1 : ça fait 5 ! ». Ils ont condescendu à l’admettre. Et c’est ainsi que l’insigne de parachutiste est aujourd’hui en bonne place dans ma bibliothèque ».

Alors qu’il est à la retraite depuis quelques semaines (« J’avais entrepris des travaux dans la maison de campagne, mais je n’ai jamais été un grand bricoleur »), il est rappelé pour prendre la direction de l’Office Français d’Exportation des Matériels Aéronautiques.

Fidélité enfin en œuvrant pour les associations du Souvenir Français, des Ailes Brisées, dont il devient président, ou du Tomato Club. Fidélité aux camarades du débarquement de Provence en prenant la présidence de l’association Rhin et Danube. A un Résistant qui voulait lui apprendre d’où venait le général de Lattre de Tassigny, il avait répondu : « Tu sais – il tutoyait tout le monde et c’était bien souvent une marque d’affection – quand tu auras fait autant de cérémonies que moi à Mouilleron-en-Pareds, on en reparlera ! ».

Amour est le second mot qui me vient à l’esprit quand je pense au général Glavany. D’abord l’amour de la famille. Dans ses interviews, dans son ouvrage, il n’est pas un chapitre où le général n’évoque pas sa famille et le bonheur familial. Lors d’une réunion de notre Comité, il m’avait un jour indiqué : « Dans tout ce que tu fais, n’oublie jamais ta famille. Elle doit être la priorité. C’est important ».

Amour de son prochain. Esaïe 58 :7,8 41 : « N’est-ce pas que tu partages ton pain avec celui qui a faim, et que tu fasses entrer dans la maison les affligés qui errent sans asile ? Quand tu vois un homme nu, que tu le couvres, et que tu ne caches pas à ta propre chair ? ». L’amour de son prochain, le général Glavany l’a montré et démontré à maintes reprises. Ainsi, il fut l’un des piliers du Café 115, comme notre adhérente Louise Zazzera, géré par l’Association pour le Logement des Personnes Isolées Résidant à Issy-les-Moulineaux (Alpirim), sous la houlette de notre ami Marie-Auguste Gouzel, et cofinancé par la ville et la DRIHL 92. Ce Café permettant aux personnes sans abri de bénéficier d’un accueil, d’une orientation et/ou d’un accompagnement.

Amour de la littérature et des belles lettres. Pour son quatre-vingt-dixième anniversaire, nous lui avions offert une ancienne et très belle édition des Confessions d’un enfant du siècle, d’Alfred de Musset. Et voilà notre général nous remerciant en nous citant, par cœur, le premier chapitre dudit livre !

Amour de son épouse enfin. Quelle plus belle preuve d’amour que ne pas pouvoir survivre à la disparition de son épouse… Ce jeudi 19 janvier, l’on procède aux enterrements de Madame Glavany et de son mari dans le cimetière municipal d’Issy-les-Moulineaux. Bien triste journée.

 

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Souvenir Français d’Issy-Vanves

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

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Publié le 18 Novembre 2016

Certificat de Marcel Ichac.

Certificat de Marcel Ichac.

« A la fin de 1961, rentré en métropole en lieutenant tout neuf après deux ans de djebels et de désert, j'allai un jour déjeuner chez mes parents, apportant roulé dans un tube en carton un souvenir de mes récentes campagnes. Mon père (*) me demanda au café de quoi il s'agissait. Plein de fierté, je déroulai le précieux parchemin que m'avait remis quelques mois plus tôt, lors d'un pot avec ses principaux subordonnés, le Lieutenant-colonel Vuillemey, commandant le 153e régiment d'infanterie motorisé. C'était un certificat de bonne conduite nominatif du valeureux 15/3 qu'il me remit, à moi l'aviateur en bleu qui, pendant près d'une année, avait été admis au mess du régiment, s'y était fait quelques solides amitiés et avait partagé la vie de l'unité avec ses joies mais parfois aussi, malheureusement, ses coups durs.

 

Mais mon père n'accueillit pas cette présentation avec l'admiration que j'en attendais, car visiblement il pensait à autre chose. Il nous quitta d'ailleurs très vite et se retira dans son bureau où, aux bruits de tiroirs ou de classeurs ouverts et fermés, il était clair qu'il cherchait quelque chose. Une exclamation de satisfaction nous annonça qu'il devait l'avoir trouvé. De fait il revint avec à la main un document qu'il nous lut d'un ton officiel :

 

Certificat de bonne conduite

Le colonel Castella, commandant le 153ème régiment d'infanterie

certifie que le sergent ICHAC, Marcel,

... a tenu une bonne conduite... etc ...etc.. .

 

Ce certificat avait été délivré à Forbach, le régiment rentrant alors de quatre années d'occupation en Sarre où mon père avait accompli ses obligations militaires. Il était daté du 14 avril 1928, le mien était du 13 avril 1961. Ainsi, à un peu plus de trente ans d'intervalle, le père et le fils avait été également honorés par le commandant du même régiment prestigieux ! »

 

 

 

GBA (2s) Jean-Claude Ichac, président honoraire du Comité du Souvenir français d’Issy-Vanves.

(*) Marcel ICHAC (1906 – 1994), cinéaste réalisateur de plus de cinquante films de ski, de montagne et d'exploration, compagnon de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l'Annapurna, ou du Cdt Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge et au Pérou.

Certificat de Jean-Claude Ichac.

Certificat de Jean-Claude Ichac.

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Publié le 4 Septembre 2016

Jean Quillard salué par André Santini.
Jean Quillard salué par André Santini.

Jean Quillard, président des Anciens combattants volontaires, à la fois de la section d’Issy et de la délégation départementale, vient de nous quitter à l’âge de 83 ans, décédé des suites d’une chute accidentelle.

Né le 13 octobre 1933 à Mansle, en Charente, la famille Quillard monte à Paris et s’installe à Issy-les-Moulineaux, où le jeune Jean va faire une grande partie de sa scolarité.

En 1954, il fait son service militaire dans l’arme du train, au sein de la 3e DIA (Division d’infanterie algérienne), unité de l’Armée d’Afrique, avec le grade de maréchal des logis. La 3e DIA est alors une composante des FFA : Forces françaises en Allemagne. Cette division s’est illustrée au cours du second conflit mondial, en Italie et en Alsace en prenant une part importante dans la libération de la France. Pierre Montagnon a écrit à propos de la 3e DIA : « Les tirailleurs de la 3e DIA, la division des trois croissants, écriront sur les pentes des Apennins quelques-unes des plus belles pages d’héroïsme de l’histoire de l’armée française ».

Patriote et engagé, Jean Quillard rejoindra ensuite l’Union Française des Anciens Combattants (UFAC), mais aussi l’Association des Combattants Volontaires (ACV) dont il devient le président départemental pour les Hauts-de-Seine. Il passe une grande partie de sa carrière au sein de l’équipementier automobile Marchal, d’abord au service de la logistique, puis à la direction de l’éclairage et enfin à la direction du personnel. Là encore, il se mettra au service des autres et en 1979, il obtient même la médaille d’honneur du Travail.

La retraite est synonyme d’engagement citoyen pour Jean Quillard, qui se met au service la ville d’Issy-les-Moulineaux, à laquelle il est très attaché. Au Centre de recherches historiques d’Issy, où il est secrétaire et œuvre à valoriser l’histoire locale. Au sein du Conseil économique et social pendant plus de 7 ans, et au service du monde combattant et de la Mémoire bien sûr, où il est présent à toutes les commémorations.

Son engagement au service des autres sera récompensé le 11 novembre 2013, lorsqu’il reçoit les insignes de chevalier de l’Ordre national du Mérite, des mains d’André Santini.

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