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Publié le 10 Juin 2009

 

Le jeudi 28 mai 2009, devant le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français, le général Jean-Claude Ichac a présenté deux films de son père, Marcel Ichac

 

"Tempête sur les Alpes"

 

« Je souhaiterais, au travers de deux films de mon père, quelques jours après le 64ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945, rendre hommage à des combattants souvent oubliés, ces chasseurs alpins qui, pendant l’hiver 44/45, ont redonné à la France ses frontières des Alpes en les arrachant de haute lutte aux « Gebirgsjäger », les chasseurs de montagne allemands, qui les tenaient depuis plus de quatre ans. Un montagnard comme eux les accompagnait, non pas militaire mais civil, non pas porteur d’un quelconque armement mais muni de sa seule camera, Marcel Ichac.

 

Il était né en 1906, avait, dans les années vingt, accompli son service militaire au 153ème Régiment d’Infanterie de Forteresse, à l’époque en occupation en Sarre, et avait en 1939 été mobilisé au S.C.A. : le Service Cinéma des Armées, compte tenu de la quinzaine de films qu’il avait déjà réalisée. Démobilisé, il s’était installé en Haute-Savoie, à Megève, et, quand à partir d’août 1944, à la suite du débarquement de Provence, les vallées des Alpes furent peu à peu libérées, il rejoignit l’un de ses amis et compagnon de cordée, le lieutenant-colonel Alain Le Ray qui, à 34 ans, commandait la 7ème demi-brigade alpine, nouvellement formée, qu’il allait emmener jusqu’aux portes de Turin. Ces images on fait l’objet d’un film intitulé : « Tempête sur les Alpes ».

 

 

"Les Etoiles du Midi"

 

« La paix revenue, Marcel Ichac continua à réaliser des films documentaires de ski, de montagne et d’exploration. Il fut en effet, toujours avec sa camera, aux côtés de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l’Annapurna, du commandant Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge ou plus tard au Pérou. Mais c’est en 1959 qu’il put enfin réaliser son grand projet : tourner, en haute montagne, un grand film de fiction avec deux idées directrices. D’une part faire de la montagne non pas un simple décor mais la considérer comme le principal personnage du film, d’autre part ne pas essayer d’apprendre à des comédiens les gestes du grimpeur, mais faire rejouer à des alpinistes des scènes dont ils avaient été les acteurs ou les témoins, non pas en studio mais sur les lieux-mêmes, avec pour conséquence que l’équipe technique de tournage du film, elle aussi, devait être composée de montagnards chevronnés ! Et c’est ainsi que naquirent « Les étoiles de midi ». Mais dans un souci d’authenticité, il voulut aussi montrer que la montagne n’était pas seulement un terrain de jeu pour alpinistes en quête d’exploits sportifs ou d’absolu, mais qu’elle pouvait, aussi, être le théâtre de cette monstruosité inventée par les hommes et qui s’appelle « la guerre ». Mais la guerre peut être aussi le révélateur des plus belles qualités humaines : camaraderie, sens du devoir, héroïsme… Et Marcel Ichac choisit pour illustrer cet aspect d’inclure dans son film l’incroyable aventure du « Prisonnier de la Ronce » : trois alpinistes, en mission de reconnaissance, aperçoivent un soldat ennemi. Lequel semble être un escaladeur chevronné. Le « Gebirgsjäger  n’a pas vu les trois Français, tout occupé à grimper. Peu de temps après, prenant un couloir praticable, l’Allemand tombe sur les Français et se retrouve prisonnier. La reconnaissance des crêtes se poursuit. Entre les quatre soldats une fraternité d’alpiniste se créé. Pour autant, avant de redescendre vers le camp, le « Gebigsjäger » préfère se jeter dans le vide et faire une chute de près de 500 mètres ! Le plus incroyable étant que le jeune Allemand réussit, en dépit de plusieurs blessures, à se relever et s’enfuir. Il n’est pas question pour lui de ne pas rentrer à son campement. Pas question pour lui d’imaginer un seul instant que ses officiers puissent penser qu’il déserte. »

 

 

Une poignée de mains historique.

 

« Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Le film « Les étoiles de midi » rencontra un grand succès à sa sortie dans les salles, tant auprès du public que de la critique, obtenant, entre autres distinctions, le Grand prix du Cinéma Français, ancêtre de nos Césars ! La carrière internationale du film fut elle aussi remarquable au point que, fin 1961, une chaîne de télévision allemande basée à Munich le programma, en « prime time » comme on dit maintenant. Et, peu de temps après, le directeur de la chaîne reçut une lettre d’un téléspectateur bavarois, ancien médecin militaire, lui confirmant d’abord la véracité de l’épisode du « Prisonnier de la Ronce », lui-même ayant servi dans la même unité sanitaire que le Caporal-chef Hörnle, mais surtout lui donnant l’adresse de ce denier qui, toujours vivant, habitait aux environs du lac de Constance. Tout de suite, l’idée germa de faire se rencontrer les anciens adversaires.

 

Mais qui étaient les trois français qui effectuaient en fait ce jour-là ce que l’on appelait dans l’armée une « reconnaissance d’officiers », et qu’étaient-ils devenus ? Le directeur de la chaîne posa la question au réalisateur du film et il eut par retour la réponse qu’il espérait: le plus jeune était le Lieutenant de réserve Jacques Boell qui poursuivait une carrière civile (tout près d’ici, en fait, à Clamart !), après avoir raconté ses souvenirs de guerre dans un livre magnifique, « Eclaireurs-skieurs au combat »,  le deuxième, le capitaine Stéphane, héros des maquis de Belledonne, dans le Dauphiné, était plus tard tombé au champ d’honneur en Indochine. Et le troisième ? Le troisième, c’était leur chef, le Lieutenant-colonel Le Ray, le premier officier à s’être évadé de la fameuse forteresse allemande de Colditz en Saxe, l’un des fondateurs du maquis du Vercors et l’ancien commandant de cette 7ème demi-brigade de chasseurs alpins, à trois bataillons, les glorieux 6ème, 11ème et 15ème B.C.A. Il était toujours en activité et allait bientôt accéder aux étoiles de général. Et qui plus est, il était attaché militaire près notre ambassade en… Allemagne fédérale, à Bonn, près de Cologne !

 

Et c’est donc sans difficulté que la chaîne de télévision, la « Bayerische Rundfunk », put organiser, au cours d’une soirée de gala en février 1962, les retrouvailles des anciens adversaires. Et l’accolade que se donnèrent ce soir-là le futur général Le Ray, qui devait être promu plus tard Grand-croix de la Légion d’honneur, et le Caporal-chef Hörnle, Croix de fer de 1ère classe, valait bien la poignée de main qu’échangeaient, à la même époque, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer pour sceller, après trois guerres en moins d’un siècle, l’amitié franco-allemande !"

   

 

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Publié le 5 Mai 2009

 

Le commander Alexander Tesich, à gauche de l’ancien président américain George W Bush, lors d’une commémoration au cimetière américain du Mont Valérien.

 

 

L’association “Veterans of Foreign Wars of the United States” (VFW), est une organisation officielle de vétérans de l’armée américaine. Elle regroupe ainsi près de 1,5 millions de membres, ce qui en fait la plus importante organisation de ce genre dans ce pays.

 

Pour pouvoir appartenir à cette organisation, il faut être citoyen américain, avoir servi dans l'armée américaine et avoir été congédié de manière honorable de l'armée. Il faut de plus avoir servi dans l'armée dans un corps expéditionnaire à l'étranger durant un conflit et avoir été décoré d'une médaille ou d'un ruban. Parmi ces décorations se trouvent la SSBN Deterrent Patrol Insignia, le Combat Infatryman Badge, le Combat Medic Badge, le Combat Action Ribbon, le Combat Action Badge, l'Air Force Combat Action Medal et l'Air Force Expeditionary Service Ribbon (avec le bord doré).

 

Il est également suffisant d'avoir servi durant 30 jours consécutifs ou soixante jours non consécutifs en Corée. Les soldats qui sont actifs en zones de combat peuvent prétendre à l'organisation. L'organisation est reconnue officiellement par le Congrès américain depuis 1936. L'organisation a un poids électoral assez important et en profite pour réaliser un peu de lobyying au niveau du gouvernement américain pour améliorer les avantages des vétérans (pensions, soins de santé). L'organisation redistribue des montants importants d'argent à différentes associations sociales.

 

Son quartier général se situe aux Etats-Unis, 406 West 34th Street, à Kansas City dans l’Etat du Missouri. L’adresse internet de son site officiel est www.vfw.org

 

A Issy-les-Moulineaux, son siège est la Maison du Combattant, 4, rue du général Leclerc et elle est dirigée par le commander Alexander Tesich, vétéran américain de la Seconde Guerre mondiale.

 

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Publié le 31 Août 2008

Guy Ducoloné, au centre, pour la Journée de la Déportation 2008. A gauche, Roger Fleury, président de l’UFAC ; à droite, André Santini, ministre-maire, et Marie-Auguste Gouzel, maire-adjoint en charge des Affaires militaires.
 

 

Cette rentrée 2008 est marquée, pour le Souvenir Français et un grand nombre d’isséens et d’isséennes du sceau de la tristesse. Guy Ducoloné, à l'âge de 88 ans, nous a quitté le 25 août.

 

Le Souvenir Français tient particulièrement à lui rendre hommage. Depuis deux ans, Guy Ducoloné s’activait pour nous aider, facilitant les rencontres au sein des associations des anciens combattants et de la FNDIRP, l’association des Déportés sur laquelle nous avons écrit un article juste avant l’interruption des congés d’été, nous faisant don de son discours prononcé à Buchenwald le 14 juillet 2007, nous soutenant dans nos recherches pour le Devoir de Mémoire.

 

Né à Monsempron-Libos, dans le Lot-et-Garonne, le 14 mars 1920, Guy Ducoloné est d'abord ouvrier métallurgiste. Il adhère dès son plus jeune âge aux idées révolutionnaires et milite dans les Jeunesses communistes. Résistant à 20 ans dans les réseaux de son parti, il est arrêté et déporté au camp de Buchenwald.

 

Après la guerre, il épouse Madeleine Vincent, résistante communiste elle-aussi, déportée à Ravensbrück. Ensemble, ils vont gravir les échelons au sein de la hiérarchie du PCF, pour arriver au Comité central. Cet engagement politique se traduit également dans les élections : Guy Ducoloné est élu conseiller général d’Issy-les-Moulineaux en 1953 ; poste qu’il conserve jusqu’en 1988. De même, il gagne les élections législatives sur la ville en 1964 et demeure député pendant 24 ans. A l’Assemblée nationale, il est élu vice-président.

 

Député honoraire, président pendant des années de l’association internationale Buchenwald-Dora et Kommandos, commandeur dans l’ordre national du Mérite, officier de la Légion d’Honneur, il œuvre constamment pour le Devoir de Mémoire,  parcourant, entre autres, les écoles de la ville pour expliquer la Résistance et la Déportation aux jeunes générations.

 

Le 14 juillet 2007, devant les ruines du camp de Buchenwald, remerciant Gunther Pappenheim, qui adolescent en 1943 avait joué la Marseillaise pour faire plaisir aux prisonniers français - et il fut interné pour cela - Guy Ducoloné rappelait une nouvelle fois l'importance de ne jamais oublier ce qui fut : « Nous voulons que les jeunes et les moins jeunes conservent, non seulement le souvenir de nos camarades morts en ces lieux ; mais surtout qu’ils maintiennent le souvenir des causes et des responsables de leur mort et de nos misères. Aidons-les à refuser le mépris et la haine de l’autre quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion. (…) Aidons-les à refuser les idées de conquêtes mais à cultiver les idées de fraternité et de concorde entre les peuples ».

 

A nous d'oeuvrer pour que la mémoire de ce grand résistant demeure longtemps.

 

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Publié le 26 Juillet 2008

Créée au cours du mois d’octobre 1945, par des déportés et des internés, la Fédération nationale des déportés, internés et résistants et patriotes œuvre d’abord pour le Devoir de Mémoire : conserver l’héritage et la mémoire de toutes celles et de tous ceux morts, entre autres, dans les Camps de concentration. A ce titre, l’association rassemble des anciens déportés comme des hommes et des femmes qui combattirent le 3ème Reich.Le Comité d’honneur est composé de personnalités suivantes : Pasteur Aimé Bonifas, Henry Bulawko, Révérend-Père Robert Chautagnat, Roland Dumas, Grand Rabbin Alain Goldmann, Juliette Gréco, Stéphane Hessel, Alix Lhote, Georges Séguy, Pierre Sudreau, Serge Wourgaft.
A Issy-les-Moulineaux, l'association est présidée par Guy Ducoloné, dont la photographie est ci-dessus. Guy Ducoloné a été résistant, déporté à Buchenwald. Après la guerre, il entame une carrière politique qui va le mener aux responsabilités de conseiller général d'Issy de 1953 à 1988 et député de la circonscription de 1964 à 1988. Officier de la Légion d'honneur, président de l'association internationale Buchenwald-Dora, ancien vice-président de l'Assemblée nationale, député honoraire, Guy Ducoloné est aidé dans ses fonctions au sein du Comité local de la FNDIRP par Mesdames Lucette Pontet et Georgette Poussange. 

 

 

L’association intervient également dans plusieurs domaines :

 # Activités judiciaires : constitution de partie civile dans les procès intentés pour crime contre l’humanité, ou contre les tentatives négationnistes.
# Activités internationales : contribution aux efforts pour la paix, le développement et le désarmement (soutien aux actions contre les mines anti-personnelles par exemple).
# Activités sociales : entraide et solidarité, création d’un centre médical et d’une maison de retraite…
# Activités médicales : mieux connaître la pathologie spécifique et les séquelles de la déportation et de l’internement pour mieux soigner.

Le 27 avril 2008, à l’occasion de la Journée nationale de la Déportation, Guy Ducoloné indiquait :

« La dictature nazie en Allemagne, l’occupation des pays d’Europe sont bien d’une époque particulière qui oblige à une mémoire bien précise. Les mots de Berthold Brecht sont encore vrais : « Le ventre de la bête immonde est toujours fécond ». En participant à cette journée nous sommes de ceux qui disent : non au racisme et à l’antisémitisme ; oui à la solidarité et à l’amitié entre les hommes et les femmes sans distinction de religion, de tradition ou de couleur de peau. C’est ce message que sans relâche portent les associations de déportés d’internés de leurs familles et de leurs amis. (…).

Il est nécessaire aujourd’hui de rappeler les épreuves subies par les dizaines de milliers de victimes des exactions qui furent infligées à ceux, hommes et femmes, qui s’étaient élevés contre la barbarie ou furent arbitrairement envoyés à la mort. Il est nécessaire de rendre hommage aux armées alliées et aux forces de la Résistance intérieure et extérieure qui ont permis la victoire sur le nazisme. Il est nécessaire que soient tirés les enseignements susceptibles d’éclairer l’avenir. Les nouvelles générations doivent avoir conscience de la valeur primordiale des principes que les nazis et leurs complices avaient foulés au pied. Elles doivent lutter sans relâche contre les violations des droits de la personne humaine. Souvenons-nous ! Le regard qui prive l’autre de sa dignité et de sa liberté, avant de le priver de son droit à l’existence, est une réalité toujours prompte à resurgir. C’est pourquoi, les survivants demandent aux générations montantes, instruites de ce qui fut et conscientes de ce qui est, d’avoir le courage et l’énergie de construire un monde meilleur ».

 Enfin, l’association édite une revue, le Patriote Résistant, et a un site internet : www.fndirp.asso.fr


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Publié le 29 Juin 2008

 

En 1872, un professeur alsacien, Xavier Niessen (photographie ci-dessus), a la volonté de manifester le refus du nouvel ordre prussien et de prouver l’attachement indéfectible des Alsaciens et des Lorrains à la Patrie française et de maintenir le souvenir des provinces perdues dans tous les départements français. Il croit, avec quelques amis, que le culte des morts pour la France et l’entretien de leurs tombes peuvent et doivent constituer le trait d’union capable de conserver dans les esprits le sentiment d’unité nationale.
En 1887, à Neuilly-sur-Seine, Xavier Niessen créé le Souvenir Français. Sa pensée va d’abord aux 100.000 soldats de la République qui sont morts dans la Guerre franco-prussienne. En dépit de la défaite de l’empereur Napoléon III, il s’agit de ne jamais oublier ceux qui se sont sacrifiés pour que la France reste « une et indivisible ».
Le développement de l’association est très rapide : moins de vingt ans après sa création, le Souvenir Français est présent dans 81 départements. En 1906, elle est « reconnue d’utilité publique ». L’année suivante, un premier comité local se créé en Moselle occupée, dans le petit village de Vallières. Dans un élan identique à celui des autres provinces, l’association se développe en Alsace-Lorraine. L’empressement des populations à se remémorer leur patrie d’origine est tel, que de nombreux comités sont organisés, des monuments à la mémoire des soldats français sont érigés. Devant cet engouement, les Autorités prussiennes finissent par interdire le Souvenir Français, en 1913.
Après la Première Guerre mondiale, en 1920, est créé le Service National des sépultures : dès lors l’Etat prend à sa charge les cimetières militaires de l’ancienne zone des armées et organise des nécropoles nationales. Le rôle du Souvenir Français se concentre alors sur les carrés militaires communaux, à la demande de nombreuses municipalités, ainsi que sur les monuments spécifiques et disséminés un peu partout dans nos villes et nos campagnes.
Au 1er janvier 1939, le Souvenir Français comprend plus de 100.000 adhérents. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le fonctionnement de l’association est désorganisé, les comités locaux sont souvent laissés en jachère. Cela n’empêche pas le Comité national, dirigé par le général Lacapelle, de commencer la prise en compte des tombes des 80.000 soldats sacrifiés pendant la campagne de mai 1940, en France.
Depuis 1945, les missions du Souvenir Français sont :

 

          # Conservation de la mémoire de celles et ceux qui sont Morts pour la France.
          # Entretien des tombes et monuments élevés à leur mémoire.
          # Transmission aux générations successives des valeurs de la République.

1.700 comités ont été créés, regroupant plus de 200.000 adhérents, dans les communes de la Métropole, des DOM et des TOM, ainsi que dans 63 pays, généralement où se trouvent des tombes de soldats français ou morts pour la France. Régulièrement, des cérémonies d’amitié sont organisées, comme aux Etats-Unis, à Madagascar, en Algérie, en Ukraine ou encore au Vietnam ou en Grande-Bretagne.
Plus de 200 monuments ont été réalisés ou réhabilités, grâce à l’action du Souvenir Français ; plus de 40.000 actions pédagogiques ont été organisées. Chaque année, environ 4.000.000 € sont dépensés pour ces actions. Les financements venant des cotisations, des quêtes, de legs, dons ou encore de subventions.
Pour le département des Hauts-de-Seine, le délégué général est André Labour et les comités locaux sont les suivants : Antony, Asnières, Bois-Colombes, Boulogne-Billancourt, Bourg-la-Reine, Fontenay-aux-Roses, Chatillon, Clamart, Colombes, Courbevoie, Garches, Issy-les-Moulineaux, La Garenne-Colombes, Le Plessis Robinson, Levallois-Perret, Malakoff, Meudon, Montrouge, Neuilly-sur-Seine, Puteaux, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Sceaux, Sèvres, Vaucresson, Ville d'Avray, Villeneuve-la-Garenne.

Du Souvenir Français, le général de Gaulle a dit : « le Souvenir Français poursuit une œuvre admirable. C’est la vie de la France qu’il défend en s’occupant de ceux des siens qui morts pour elle. Leur exemple, dont la mémoire est grâce à vous perpétuée, permet en effet aux générations nouvelles de mesurer la valeur de la liberté et le prix dont il faut savoir la payer. C’est donc avec le plus grand plaisir que j’accepte de donner mon patronage à votre association ».
 


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Publié le 6 Mai 2008

 

 

Le jeudi 8 mai 2008 au matin, le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français procédera à la quête du Bleuet de France (esplanade de la mairie).

 

 

L’origine du Bleuet de France remonte à 1916, quand deux infirmières, Suzanne Lenhardt et Charlotte Malleterre, décident de palier à la souffrance de combattants en leur faisant confectionner des bleuets en tissu pour les vendre. Le but étant également de procurer des ressources à ces mêmes blessés. Cette fleur est choisie car les uniformes étant « bleu horizon », les jeunes appelés sont surnommés les « bleuets ». Une telle pratique existe également en Angleterre mais la fleur est le coquelicot. Lors de la terrible offensive de la Somme en juillet 1916, plus importante opération militaire anglaise sur le continent, cette fleur se trouvait en grande quantité dans les champs de Picardie.

Après la Première Guerre mondiale, l’action devient nationale, et les deux infirmières créent un atelier de confection de l’emblème aux Invalides. A la quête du 11 novembre s’ajoute, en 1957, celle du 8 mai.


Frédéric Rignault, secrétaire du Souvenir Français à Issy-les-Moulineaux avec le général Roland Glavany, président d'honneur de ce même comité.

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Publié le 23 Avril 2008

 

Le 13 mars 2008, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) a annoncé la disparition, à 94 ans, d’Adam Rayski.
De son vrai nom Abraham Rajgrodski, il nait dans une famille juive polonaise, à Bialystok, le 14 août 1913. Dès son adolescence, il s’engage au parti communiste clandestin puis émigre à Paris en 1932. Il devient journaliste, est engagé comme rédacteur en chef du quotidien français en langue yiddish la Naïe Presse (Presse Nouvelle) puis entre à L’Humanité. Il est alors nommé responsable de la section juive du Parti communiste français. En 1940, après s’être sauvé d’un camp de transit de prisonniers de guerre à Nantes, il intègre la MOI (Main d’œuvre Immigrée) puis les Francs-Tireurs et Partisans (Missak Manouchian suit un parcours identique). En 1943, il participe à la création du CRIF, clandestin, dont la mission consiste à aider les Juifs à se soustraire à l’Occupation allemande.
A la Libération, Adam Rayski est décoré pour ses faits d’armes (Croix de guerre, médaille de la Résistance) et part pour la Pologne où il dirige un groupe de presse. Coupant les liens avec le Parti communiste polonais en 1957, il rentre en France et écrit de nombreux ouvrages sur la résistance des Juifs pendant l’Occupation. Il préside l’Union des résistants et déportés juifs de France (URDF) et continue son inlassable combat pour la mémoire de ses camarades de combat, ainsi que pour tous les résistants.
Adam Rayski a publié de nombreux ouvrages. Il convient de citer : Nos illusions perdues (Balland, 1985) ; Qui savait quoi ? (La Découverte, 1987) ; De Gaulle et les Juifs (URDF, 1994) ; La Rafle du Vel d’Hiv (Mairie de Paris, 2002) ; l’Affiche Rouge (Mairie de Paris, 2003).
Il est important de signaler qu’Adam Rayski a publié en 2006, grâce à la Mairie de Paris, une enquête sur le Stand de Tir, situé dans le 15ème arrondissement de la capitale, à la limite de la commune d’Issy-les-Moulineaux, sur l’ancien emplacement du Champ de Manœuvres, où se déroulaient jusque dans les Années 30 des essais et des démonstrations aériennes. Le Comité du Souvenir Français reviendra plus longuement dans de prochains articles sur le Stand de Tir.

 

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Publié le 18 Avril 2008

 

 

Le général de corps aérien Michel Forget, isséen, a fait une brillante carrière d’officier pilote de chasse. Il a assumé tous les commandements correspondants à sa spécialité. Il a quitté le service actif en 1983 après avoir commandé pendant quatre ans la Force Aérienne Tactique. Auteur de plusieurs ouvrages (« Puissance aérienne et stratégies » - 2001, « Guerre froide et guerre d’Algérie » - 2002, « Notre défense dans un monde en crise » - 2006, « Du Vampire au Mirage » - 2007), il est correspondant de l’Académie des Sciences Morales et Politiques et a été Vice Président national du Conseil d’Administration du Souvenir Français.

 

 

« Un beau matin du mois d’avril 1965, notre Défense aérienne entrait en transes. Un objet lumineux non identifié était en effet signalé à la verticale de Pierrelatte. Pierrelatte ! Site stratégique majeur où était enrichi à l’époque l’uranium nécessaire à la réalisation de nos armes nucléaires. L’objet étant stable, il ne pouvait s’agir d’un avion. Il n’en était pas moins indispensable de renseigner les autorités politiques sur sa nature. L’honneur de notre Défense aérienne était en jeu, même si l’affaire était à la limite du domaine de sa compétence !

Ainsi, le Mystère IV d’alerte de la base d’Orange avait-il reçu l’ordre de décoller pour reconnaître l’intrus, suivi ensuite d’un Vautour puis d’un Super-Mystère, ces deux appareils ayant réussi à grimper jusqu’à 15.000 mètres d’altitude (50.000 pieds) sans parvenir à identifier l’objet en question. Plus les altitudes atteintes par les intercepteurs étaient élevées, plus celui-ci paraissait inaccessible et mystérieux. La température montait dans les hautes sphères de la Défense aérienne. Son commandant se décidait finalement à demander à l’escadre de Dijon, alors équipée du meilleur intercepteur de l’époque, le Mirage IIIC, d’intervenir, bien que Pierrelatte soit en dehors du rayon d’action du Mirage.

Et c’est ainsi que, en tant que commandant de l’escadre de Dijon, je bondissais dans un Mirage IIIC et me retrouvais en l’air, bien décidé à résoudre l’énigme. Cap au sud après le décollage, et je montais à pleine puissance à 12.000 mètres d’altitude (40.000 pieds). A partir de Lyon, j’accélérais pour prendre une vitesse égale à une fois et demie la vitesse du son (Mach 1,6 – soit 1.960 km/h) pour monter ensuite jusqu’à 15.000 mètres. A la bonne distance de l’objet non identifié indiqué par le contrôleur radar, je tirais sur le manche pour gagner le maximum d’altitude tant en perdant de la vitesse (on appelle cela un « zoom »). Et c’est ainsi qu’ayant atteint 19.000 mètres (63.000 pieds), je distinguais parfaitement au-dessus de moi l’objet en question : il s’agissait en fait d’un simple ballon sonde dont je vis les antennes qui pendaient en dessous de lui. Un ballon dont l’altitude réelle devait être de l’ordre de 24.000 mètres (80.000 pieds !). L’information était transmise au contrôleur au sol, lequel pouvait rassurer les autorités de la Défense aérienne… et de l’Armée de l’air.

L’honneur était sauf. Il ne restait plus aux autorités qu’à identifier les maladroits qui avaient manifestement perdu le contrôle de leur ballon sonde… mais ce n’était plus notre affaire. Quant à moi, il me restait quand même à me soucier de la suite des événements, les jaugeurs de carburant atteignant leurs limites basses ! Aux altitudes et vitesses atteintes au cours de ma mission, effectuée de bout en bout à pleine puissance, la consommation de carburant avait été considérable et ce pour un avion dont la capacité en pétrole n’était pas la caractéristique la plus marquante. Moteur plein réduit, profitant de la finesse remarquable de l’avion, je descendais en vol plané pour me poser sans encombre à Istres où j’étais accueilli par Roland Glavany, alors colonel commandant la base. Durée du vol : 35 minutes !

Général Michel Forget. »

"PS : J’avais enfreint au cours de ce vol les consignes de sécurité, lesquelles interdisaient de voler au-dessus de 15.000 mètres sans le scaphandre spécial qui ressemblait à celui que portent les cosmonautes. Il faut dire qu’il fallait au moins vingt minutes pour endosser un tel équipement lourd et peu confortable, et ce, avec l’aide d’un spécialiste de l’habillage. Il y a maintenant prescription et j’ajoute qu’aucune autorité ne s’est inquiétée alors de savoir dans quelle tenue j’avais fait ma mission… "

 

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Publié le 12 Février 2008

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« En 1943, j’ai traversé l’Espagne comme des dizaines de milliers d’autres jeunes Français (il n’y avait que deux conditions ; d’abord, savoir marcher en montant ; cause : les Pyrénées ; la seconde : ne pas se faire piquer par les Allemands ; cause : l’Occupation). A Alger, après Gibraltar, j’ai refusé de partir aux USA pour compléter une formation de pilote et, étant arrivé, j’ai demandé l’unité para la plus proche. 

Et c’est ainsi que j’ai atterri à Staouéli, à l’ouest d’Alger, au Bataillon de Choc du cher commandant Fernand Gambiez. Mais, manque de chance, ledit Bataillon venait de terminer son stage de transformation parachutiste. Et voilà pourquoi de fil en aiguille, à la tête de la 3ème section de la 3ème compagnie (les meilleurs…), j’ai « fait » trois débarquements en petits bateaux (LCI ou LCA) : la Corse en 1943 ; l’Ile d’Elbe et la Provence en 1944. 

Quand, en 1945, après quelques blessures, j’ai rejoint mon « alma mater », l’Armée de l’Air, je n’avais toujours pas sauté en parachute. Ceci devint une obsession, un regret forcément lancinant, d’autant qu’en 1959, en Algérie, je fus officier « Air » d’une glorieuse unité para : la 10ème D.P. des généraux Gracieux puis Saint-Hillier. 

Voilà pourquoi, ayant acquis avec mes étoiles de brigadier une plus grande liberté d’action, j’ai demandé à sauter vers 1975. Compte-tenu de mes blessures aux jambes, les toubibs dirent « au fou », jusqu’à ce que, lassé, un chef-toubib finit par déclarer : « Il veut sauter ? Qu’il saute ! ». Ce que je fis. 

Je le fis naturellement avec mes camarades des Commandos de l’Air, à Nîmes (salut au capitaine Ciappa). Nous sautions à partir d’un « Broussard » et j’aimais beaucoup cela, être assis par terre, les jambes à l’air avant de se balancer. Aussi, un jour de 1977, je participai à Avignon à un rassemblement para, devant le Chef d’état-major de l’Armée de l’Air de l’époque, le général Maurice Saint-Cricq, mon ami. Seulement voilà, à l’arrivée au sol, je sentis et entendis un « crac », à droite. Disons-le tout de suite, c’était la « bi-malléolaire » (sous-entendu la fracture) et deux mois de plâtre. Et mon chef vénéré vint alors vers moi : « Je te l’avais bien dit que tu jouais au c.. ». Et comme l’a dit un autre général, jaloux : « Ces trucs-là, faut les réussir ou s’abstenir ».

 Quel dommage. C’était le 4ème saut, pas le 5ème, qui lui m’aurait permis d’avoir droit à la plaque souvenir.
C’est alors que je me suis rappelé m’être éjecté d’un Mystère IV en vrille que je ne parvenais pas à arrêter. J’étais pilote d’essais chez Monsieur Marcel Dassault, avant les « Mirages » et toute la série. C’était vingt ans avant, en 1955. J’ai dit cela à mes camarades de l’Armée de Terre : « 4 + 1 : ça fait 5 ! ». Ils ont condescendu à l’admettre. Et c’est ainsi que l’insigne de parachutiste est aujourd’hui en bonne place dans ma bibliothèque.

 

Vive les paras !

 

Général Roland Glavany

Grand Croix de la Légion d’Honneur. »




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Publié le 22 Novembre 2007

Hommage à Paul Pin.

 

Monsieur Paul Pin nous a quittés le 28 août dernier. Le journal d’Issy-les-Moulineaux, Point d’Appui, et nous remercions son Directeur de la Rédaction, nous a autorisé à reproduire ici le texte paru dans le numéro du mois de novembre 2007.

«  Paul Pin, Officier des Palmes Académiques, Commandeur de la Légion d’Honneur et Grand Croix de l’Ordre National du Mérite nous a quitté le 28 août dernier. Elève officier de marine à Santé navale, il entre dans la Résistance en 1940 et rejoint l’armée américaine en 1944. Il participera, notamment, à la libération de Prague en Tchécoslovaquie. Sa vie civile sera consacrée à la recherche médicale et à l’enseignement. Docteur en médecine, Docteur ès sciences, médecin-chef de service hospitalier honoraire et Professeur honoraires des Universités, il enseignera la chimie et la biochimie.

Paul Pin a su mêler intelligemment sa vocation scientifique et sa passion pour le football en se consacrant parallèlement à la Commission centrale médicale de contrôle antidopage. Engagé politiquement au service de son département, il siègera pendant de 1966 à 1998 au Conseil général des Hauts-de-Seine occupant notamment les fonctions de Président de la Commission culture jeunesse et sports puis en tant que membre de la commission permanente. »

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