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Publié le 11 Septembre 2010

Il n'était que temps !

 

Imaginez une conductrice d'ambulance, avec quelques centaines de milliers de kilomètres à son actif, qui recevrait officiellement son permis de conduire près de vingt ans après avoir quitté la vie professionnelle! Eh bien c'est un peu ce qui vient d'arriver le 2 septembre dernier au Médecin général inspecteur (2S) Valérie André, 3.200 heures de vol, quand elle a reçu des mains du chef d'état-major de l'armée de l'Air, devant le front des troupes et les drapeaux et fanions des unités d'hélicoptères de l'armée de l'air, le brevet militaire de pilote d'hélicoptère n°001. Pourquoi ce numéro ? Tout simplement parce que le n°01 avait bien sûr déjà été attribué, c'était à sa création en 1956, et c'est elle-même qui l'avait remis!

 

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La récipiendaire quelques secondes avant de recevoir son brevet.

 

 

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 … et regagnant sa place, portant son brevet tout neuf !

 

Née à Strasbourg en 1922, docteur en médecine en 1948, Valérie André s’engage en 1949 pour servir en Indochine.

 

Affectée à Saigon, elle se perfectionne en chirurgie de guerre pendant deux ans. Découvrant l'hélicoptère, elle revient en métropole et acquiert le brevet de pilote d’hélicoptère civil en 1950, avant de repartir en Indochine, orientant sa carrière dans la voie toute nouvelle des évacuations médicales héliportées. Elle totalise, dans des conditions périlleuses, 129 missions de guerre comme pilote d’hélicoptère et évacue, seule à bord, 165 blessés. Cinq citations avec croix de guerre TOE, dont quatre à l’ordre de l’armée, ainsi que la croix de chevalier de la Légion d’honneur pour faits de guerre viennent récompenser sa brillante conduite au feu.

 

En 1952, elle est intégrée dans les cadres de l’armée d’active avec le grade de médecin capitaine. De retour en France, elle rejoint le centre d’essais en vol de Brétigny-sur-Orge.

 

Affectée en 1959 en Algérie, elle y effectue 356 missions en tant que pilote. Deux citations à l’ordre du corps aérien avec croix de la valeur militaire lui sont attribuées.

 

Médecin-chef de la base aérienne de Villacoublay, puis conseiller du Commandement du transport aérien militaire (COTAM), elle est la première femme à être nommée officier général. C’est au poste de directeur du service de santé de la 2ème région aérienne qu’elle quitte le service actif en 1981.

 

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 Valérie André, « Miss Ventilateur » en Indochine, félicitée par le Général Forget.

 

Grand croix de la Légion d’honneur et grand croix de l’ordre national du Mérite, le médecin général inspecteur (2S) Valérie André est également titulaire de la médaille de l’aéronautique et de la médaille de vermeil d’honneur du service de santé des armées.

 

Si vous la croisez dans les rues d'Issy-les-Moulineaux, ou la rencontrez au cours d'une cérémonie patriotique, aux côtés de son neveu, André Santini, notre député-maire, ancien ministre, ne lui dites pas « Mes hommages, Madame », mais « Mes respects, mon Général ! ». Car elle y tient, à juste titre.

 

 

 

GBA (2S) JC Ichac – Président honoraire du Comité du Souvenir Français d'Issy.

(Photos JCI –  Eléments biographiques MIN.DEF.)

 

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Publié le 9 Juin 2010

La correspondance du général Guillaumat.

A la suite de l’article sur l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur la correspondance de guerre du général Guillaumat, héros de l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

Quand la France faisait la guerre dans les Balkans.

 

« Régulièrement, le grand public découvre encore d’émouvantes lettres de poilus décrivant la vie dans les tranchées et les réactions des combattants sous les tirs d’artillerie ou avant l’assaut. Mais quel était, dans le même temps, l’état d’esprit de leurs chefs? C’est l’objet de ces lettres que, chaque jour de la guerre ou presque, le général Adolphe Guillaumat a écrites à son épouse, repliée à Toulouse. Chef du cabinet militaire du ministre de la guerre en août 1914, l’armistice de 1918 le trouvera à la tête de la Vème armée à Charleville, après avoir été commandant d’une division sur la Marne et en Argonne, du 1er corps d’armée à Verdun et sur la Somme, de la IIème armée, de nouveau à Verdun, avant de partir prendre le commandement des armées alliées d’Orient, à Salonique, et de revenir comme Gouverneur militaire d’un Paris soumis aux bombardements des Gothas et de la « grosse Bertha ». Et pendant ces quatre longues années le Général Guillaumat  a décrit à son épouse, avec précision et humour, ses déplacements, ses activités, ses rapports avec ses subordonnés (dont un certain capitaine de Gaulle), ses égaux, ses supérieurs, Foch, Franchet d’Esperey, Joffre, Lyautey, Mangin, Nivelle, Pétain, Sarrail, mais aussi avec les plus hautes autorités françaises, Briand, Clemenceau, Doumer, Poincaré, ou étrangères. Cela donne lieu à des portraits tantôt respectueux et admiratifs, tantôt ironiques, voir féroces, qui jettent un jour nouveau sur les prises de décision dans la France de la guerre. Mais si ce grand soldat bougonne, critique, « grinche » comme il le reconnaît souvent, il obéit toujours et donne le meilleur de lui-même aux différents postes souvent prestigieux où il a été placé.

 

Humaine et riche, cette « Correspondance de guerre », transcrite et éditée par Paul Guillaumat, se doit de figurer, à côté des livres sur l’histoire de la 1ère guerre mondiale, dans la bibliothèque des passionnés de cette période difficile qui a façonné l’Europe que nous connaissons aujourd’hui ».

 

GBA (2S) J-C ICHAC

 

 

Editions L’Harmattan - Mémoires du XXème siècle - 2006 - 36 €

 

 

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Publié le 18 Octobre 2009

 

Monsieur André Santini et Monsieur Guy de Rochambeau.

 

« Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

Monsieur de Rochambeau,

 C’est un réel plaisir de vous accueillir aujourd’hui, mardi 6 octobre 2009 pour cette inauguration de la place dédiée à la mémoire du Maréchal de Rochambeau.

 Né en 1725 à Vendôme, Jean-Baptiste Donatien de Vimeur, deuxième fils du comte de Rochambeau, est élevé pour entrer dans les ordres mais la mort de son frère aîné le conduit finalement à la carrière des armes. En 1742 commence pour lui la vie militaire. Bientôt  aide de camp du duc d’Orléans (père de Louis-Philippe), il est vite renommé pour sa bravoure et son habileté dans les manœuvres. Nommé colonel à 22 ans, il se distingue au siège de Maastricht en 1748 et devient gouverneur de Vendôme en 1749. Après l'expédition de Minorque, en 1756, il est nommé général de brigade dans l'infanterie et colonel du régiment d'Auvergne. Il s’illustre aussi pendant la Guerre de sept ans, notamment à la bataille de Clostercamp (1760), pour le succès de laquelle il a une action déterminante malgré plusieurs blessures. Il est nommé maréchal de camp en 1761 et inspecteur de la cavalerie. Il est alors fréquemment consulté par les ministres pour des points techniques.

 Mais c’est la Guerre d’indépendance américaine qui le fera entrer dans l’Histoire. A partir de la fameuse "Boston Tea Party" du 16 décembre 1773 où les colons américains défient la couronne anglaise, le conflit devient latent et le recours aux armes approche.

 Dans les débuts du conflit militaire entre l’Angleterre et ses colonies, des Français y prennent part individuellement : Beaumarchais en se faisant marchand d’armes, Lafayette en organisant des corps francs. Rochambeau, lui, arrive aux Amériques à la tête d’un corps expéditionnaire français envoyé par Louis XVI et débarque à Newport le 11 Juillet 1780. Le général conseille alors à Washington d'attaquer les troupes anglaises engagées dans le Sud, ce qui débouchera sur la célèbre victoire de Yorktown.

 Le 5 Septembre 1781, l’amiral de Grasse remporte la victoire de la Chesapeake sur la flotte de l'amiral Graves. Un conseil de guerre est tenu le 18 Septembre à bord du bateau "Ville de Paris" entre Washington, Rochambeau et de Grasse. Le général anglais Cornwallis est retranché dans les places fortes de Yorktown, et de Gloucester. Dès le 28 Septembre, commencent les manœuvres d'investissement par les forces franco-américaines de ces deux places fortes. Au même moment, la flotte française de 28 vaisseaux de l'amiral de Grasse assure le blocus du port de Yorktown, empêchant ainsi tout ravitaillement ou toute fuite des britanniques par la mer.

 Les 6 000 britanniques et les 2 000 allemands font face aux 11 000 français et aux 6 000 hommes de Washington (incluant des Polonais, des Allemands, des Canadiens français et des Indiens cherokees). Après près de deux semaines d’affrontement, le 19 Octobre 1781, Cornwallis capitule et rend aux forces alliées les places de Yorktown et de Gloucester. Le général anglais se prétendant malade, il envoie un de ses subordonnés remettre son épée aux vainqueurs. Cette victoire doit beaucoup au comte de Rochambeau qui a su maintenir la discipline, préparer les détails et prendre les bonnes options, pour conduire au succès des armes.

 Cette bataille fut aussi la première grande opération militaire combinée (infanterie, cavalerie, artillerie et marine) de l'histoire, réunissant trois grands militaires : Washington, Rochambeau et de Grasse. Moins d’un an plus tard, le traité de Paris est signé, qui accorde l’indépendance aux anciennes colonies britanniques. A son retour en France, Rochambeau est acclamé à Versailles et décoré de l’Ordre du Saint-Esprit, mais la Révolution Française se prépare. Il commande quelque temps l'armée du Nord et de l'Alsace et est nommé Maréchal – le dernier de l'Ancien régime – en 1791 par Louis XVI. Devant la situation chaotique engendrée par les factions, les ordres contradictoires du gouvernement et la chute de l'autorité royale, il démissionne en 1792. Deux ans plus tard, arrêté par la Terreur, jugé et condamné à mort, il échappe par miracle à la guillotine le 9 Thermidor et retourne à Thoré-la-Rochette où il mourra le 12 mai 1807 à l'âge de 83 ans après avoir été décoré de la Légion d’Honneur par Napoléon.

Sans l’aide de la France, la rébellion des treize colonies contre la Grande-Bretagne aurait échoué. Il n'y aurait pas d'États-Unis d'Amérique. La victoire de Yorktown fut le point de départ et le symbole de la naissance des Etats-Unis et le début de l'amitié franco-américaine.

 C’est en la mémoire de son principal acteur, le Maréchal de Rochambeau, que j’ai l’honneur d’inaugurer cette place qui lui rend hommage en présence de son descendant, notre administré et ami, Monsieur Guy de Rochambeau ».

 

 

 

André SANTINI

Ancien ministre

Député – Maire d’Issy-les-Moulineaux.
 

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Publié le 26 Juillet 2009


 



Roger Fleury, ancien combattant, président de la FNACA d'Issy-les-Moulineaux.

 


Créée en pleine guerre d'Algérie, le 21 septembre 1958, la FNACA, Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie, est l'association spécifique des anciens combattants en Afrique du Nord. Comme le stipule l'article 2 de ses statuts, elle est indépendante à l'égard des pouvoirs publics et de tout parti politique.

 


Elle regroupe à ce jour 371.121 adhérents rassemblés dans 3.560 comités locaux ou cantonaux. Peuvent adhérer tous ceux ayant pris part à la guerre d'Algérie, aux combats du Maroc et de Tunisie, leurs veuves, ascendants et orphelins ainsi que les pupilles de la Nation.

 

Ses Buts :

 

  • - Défendre les droits matériels et moraux de tous ceux ayant pris part à la guerre d'Algérie et aux combats du Maroc et de Tunisie (1952-1962).
  • - Agir en faveur de la Paix en commémorant la date du 19 mars 1962, cessez-le-feu ayant mis fin officiellement à la guerre d'Algérie. 

L'action prépondérante de la FNACA a déjà permis :

 

  • - L'obtention de la reconnaissance de la qualité de combattant et l'attribution de la carte du combattant aux anciens d'Afrique du Nord (9 décembre 1974) ainsi que la reconnaissance officielle de la Guerre d'Algérie (18 octobre 1999).

 

Actuellement, la FNACA demande au gouvernement de reconnaître officiellement le 19 mars 1962 comme Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement, non fériée, non chômée, dédiée à la mémoire des 30 000 soldats français tombés en Afrique du Nord et à celle de toutes les victimes civiles.

  

 

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Publié le 26 Juillet 2009


A gauche : Michel Villenfin, porte-drapeau et trésorier ; à droite : Christian Poujols, président de l’UNC à Issy-les-Moulineaux.


 

L’Union Nationale des Combattants (UNC) est la plus ancienne des associations d’anciens combattants.

 

En 1917, le Père Brottier, aumônier militaire (cinq citations militaires dont une à l’ordre de l’Armée) convainc le président du Conseil Georges Clemenceau de la nécessité de fonder une association de combattants afin que ces derniers, blessés, convalescents, en permission ou encore de retour dans leurs foyers, puissent être selon la formule consacrée « unis comme au front ». Un journal est créé : « La Nouvelle France ».

 

Le Père Brottier, qui plus tard – en 1923 – sera le fondateur des Apprentis Orphelins d’Auteuil – reçoit l’appui du général Durand, héros de la défense du Grand Couronné de Nancy au début de la Grande guerre. Parmi les réalisations de l’association, il convient de citer :

 

  • - Création de la Fédération Interalliée des Anciens Combattants en 1920.
  • - La proposition de la retraite mutualiste, officiellement créée par la loi du 4 avril 1923.
  • - Fondation de la Caisse Autonome de Retraite des Anciens Combattants en 1924.

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’UNC est placée en sommeil. Après la Libération, l’association reprend son activité. Les guerres de décolonisation lui apportent de nouveaux combats et de nouvelles missions, comme la reconnaissance des soldats français « Morts pour la France » au-delà de la date des Accords d’Evian en 1962 pour la Guerre d’Algérie (des combats se sont poursuivis jusqu’en 1964 en Algérie et en Afrique du Nord).

 

En 1997, l’UNC est devenue un Fédération qui intègre les  « Soldats de France » et par un protocole d'accord de 2007 les veuves de guerre (AEVOG).

 

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Publié le 4 Juillet 2009

Au micro : Jean Boyer, président des Partisans français de Slovaquie.

 

Les Partisans français de Slovaquie est une association, présidée par M. Jean Boyer, isséen, dont le but est de perpétuer la mémoire de dizaines de Français qui, évadés du STO, ont combattu les troupes du IIIème Reich, au cœur de l’Europe de l’est. Jean Boyer fut l’un de ces Partisans.

 

Plusieurs stèles et monuments rappellent cet incroyable engagement :

 

- place Stefanik, à Paris, une plaque, inaugurée en 1994 pour le 50ème anniversaire du soulèvement des Français de Slovaquie, sur laquelle sont inscrits les mots suivants : « En 1944-1945, 147 évadés de guerre et 55 évadés du STO formèrent sous le commandement du capitaine de Lannurien, une compagnie de l’armée française qui fut intégrée dans la brigade de partisans « général Stefanik » en Slovaquie. Cette compagnie participa aux côtés de l’armée slovaque insurgée et de partisans russes à la lutte contre les nazis dans les Carpates. Elle eut 56 tués et 45 blessés. Elle fut citée à l’ordre de l’armée par le général de Gaulle en décembre 44, lors de son passage à Moscou ».

 

- un mausolée a été bâti à Strecno, en Slovaquie, sur lequel sont inscrites les phrases suivantes : « Que s’épanouisse la fraternité née des flammes de l’insurrection, que les fleurs des champs ornent les tombes des braves. A la gloire éternelle des fils de France portés par la Marseillaise à des exploits héroïques et tombés en vainqueurs dans la lutte commune pour notre bonheur et celui de l’Humanité ».

 

- une vitrine existe également au cœur du musée de l’Ordre de la Libération. Celle-ci reprend des cartes, des témoignages écrits, des décorations et expose les faits des combats des Français aux côtés des Slovaques. La vitrine a été inaugurée en 1981 en présence du ministre des Anciens combattants, M. Meric, d’un représentant du ministre de la Défense, du général Jean Simon, chancelier de l’Ordre de la Libération, le général de Boissieu, ancien Grand chancelier de la Légion d’Honneur, le chef du Service Historique de l’Armée de Terre, M. Sedivi, ambassadeur de Tchécoslovaquie.

 

Le 9 décembre 1944, à l’occasion d’un voyage à Moscou, le général de Gaulle avait écrit  ceci : « Le Groupe des Partisans Français en Slovaquie, magnifique unité, issue de la volonté de reprendre les armes et de participer aux combats libérateurs d’un groupe de Français évadés des geôles allemandes, sous l’énergique impulsion du capitaine de Lannurien, du lieutenant Poupet et du sous-lieutenant Tomasi, participant brillamment aux actions des partisans en Slovaquie, harcelant l’ennemi sans répit, lui causant de fortes pertes et détruisant ses communications.

 

Combattant loin de la Mère Patrie, souvent isolé au milieu des forces ennemies, fait l’admiration de ses camarades russes et slovaques par son ardeur au combat, son audace et ses hautes vertus morales.

 

Constitue un vivant témoignage du patriotisme français.

 

Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec palme.

 

De Gaulle. »

 

 

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Publié le 27 Juin 2009

Le Régiment de Marche du Tchad.

Le Régiment de Marche du Tchad est, depuis 1995, l’une des quatre unités militaires parrainées par la ville d’Issy-les-Moulineaux. Les trois autres étant : le chasseur de mines tripartite « Andromède » (depuis 1985) ; l’escadron d’hélicoptère 3/67 « Parisis » (depuis 1990) et le 2ème Régiment d’infanterie de la Garde républicaine, depuis l’an 2000. Chacune de ses unités fera l’objet d’articles sur notre site.

 


Le Serment de Koufra.

 Le Régiment de Marche du Tchad (RMT), unité d’infanterie mécanisée des Troupes de marine, est un régiment récent. Il est créé en 1943 sur une double base : des militaires issus du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad et des métropolitains et européens ralliés en Afrique du Nord à la cause de la France Libre. Intégré à la 2ème Division blindée, commandée par le général Leclerc, le RMT est aussi appelé « Régiment du Serment » pour avoir prononcé – et tenu – le fameux Serment de Koufra le 2 mars 1941 : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg ». Dès lors, les combats commencent : le RMT est en première ligne pour faire face aux troupes de Rommel dans le Fezzan (sud ouest de la Lybie). S’ensuit toute la reconquête du nord de l’Afrique.

 En août 1944, le RMT est le premier régiment français à entrer dans Paris, avant d’entamer la campagne des Vosges. Le 23 novembre 1944, le serment de Koufra est tenu : la ville de Strasbourg est libérée ! Le 12 juin 1945, le RMT est fait Compagnon de la Libération. D’ailleurs, ce sont près de 70 compagnons de l’illustre ordre qui ont appartenu au régiment. Il convient, par exemple, de citer Charles Colonna d’Istria, Jacques Massu, Louis Dio ou encore François Ingold.

 

Guerres de décolonisation

 En 1946, sous le commandement du lieutenant-colonel Massu et du général Leclerc, le RMT débarque en Indochine et libère Hanoï du Vietminh. Entre 1955 et 1959, pour protéger le royaume du Maroc, le RMT intervient dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre.

 

 

Aujourd’hui

 En 1996, le régiment reçoit la fourragère de l’Ordre de la Libération des mains du Président de la République. Les participations à des opérations de paix sont nombreuses : Kosovo, Tchad, Afghanistan. Le 19 août 2008, c’est dans ce pays, que le caporal Melam Baouma perd la vie au cours de l’opération de la vallée d’Uzbine.

 Implanté à Noyon depuis de nombreuses années, le Régiment de Marche du Tchad doit rejoindre d’ici une à deux années ses nouveaux quartiers à Colmar.

 Sa composition est de quatre compagnies de combat mécanisées, une compagnie d’éclairage et d’appui, une compagnie de commandement et de logistique, une compagnie de base et d’instruction, une compagnie de réservistes. Le régiment est, entre autres, doté des matériels suivants : 69 chars AMX 10P, 2 chars AMX-30, 16 VAB HOT, 11 VAB Rang et de postes de tir de missiles Milan et de missiles Eryx.

 Parmi ses nombreuses décorations, il convient de citer la Croix de la Libération, la Presidential Unit Citation, la Croix de Guerre 1939-1945, attribuée avec 4 palmes, la fourragère aux couleurs de la Médaille militaire.
 

Soldats du RMT – Repas de la commémoration du 90ème anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918.


 

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Publié le 20 Juin 2009

 

Le vendredi 5 juin 2009, la ville d’Issy-les-Moulineaux a honoré le général Jean Combette en lui remettant la médaille de la ville. Il a lui-même remis la médaille du Comité de la Flamme à André Santini, ministre-maire.

 

 

 

Un engagement au service de la France

 

Né le 17 novembre 1925, Jean Combette prend exemple sur son père, mutilé de la Première Guerre mondiale, et s’engage pour défendre la Patrie en 1944. Membre des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), il rejoint ensuite la 1ère Armée du général de Lattre de Tassigny et combat en Allemagne. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il est reçu à l’Ecole militaire interarmes de Saint-Cyr-Coëtquidan.

 

A 20 ans, en décembre 1945, nommé sous-lieutenant, il est affecté pour son premier poste à l’Ecole de Saumur. Puis, il est de tous les conflits de décolonisation de la seconde moitié du 20ème siècle : cinq ans en Indochine, où il est l’un des derniers officiers à quitter Hanoi, après même le cessez-le-feu de mai 1954 ; l’Algérie, ou à nouveau pendant près de cinq années il participe à ce que l’on appelle à l’époque « les événements ».

 

Entre 1962 et 1964, il est admis à l’Ecole Supérieure de Guerre. Quatre ans plus tard, direction les Pyrénées, à Tarbes, où il devient le chef de corps du 1er RHP (Régiment de Hussards Parachutistes). Il est ensuite stagiaire du Centre des Hautes Etudes Militaires, et, en 1975, prend la tête du cabinet du général Bigeard, devenu Secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense. L’année suivante, il prend le commandement de la 3ème Division blindée en Allemagne puis est nommé en 1980 général de division (général de corps d’armée un an plus tard).

 

En 1986, détaché auprès du Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants et Victimes de Guerre, il œuvre pour le rapatriement des corps des militaires français tués pendant la Guerre d’Indochine. A ce titre, et du fait de l’ensemble des actions entreprises, il est également l’un des initiateurs de la nécropole de Fréjus érigée à la mémoire des combattants d’Indochine.

 

Parmi ses nombreuses décorations, il convient de citer : la croix de guerre 1939-1945, celle des T.O.E., la valeur militaire, avec dix citations, dont cinq à l’ordre de l’armée. Enfin, le général Jean Combette est grand croix de la Légion d’honneur et grand croix de l’Ordre national du Mérite. 

 

Le Comité de la Flamme

 

Le Comité de la Flamme, que l’on nomme également l’Union d’associations « La Flamme sous l’Arc de Triomphe » a été fondé le 2 novembre 1923, et reconnu d’utilité publique le 10 novembre 1949. Cette union fédère 760 associations d’anciens combattants et victimes de guerre et a pour but de faire raviver (rallumer signifierait que l’on éteint la flamme alors qu’elle doit brûler perpétuellement), quotidiennement, au crépuscule, la Flamme sur la tombe du Soldat inconnu. Par là-même, ce rituel honore la mémoire de l’ensemble des soldats et combattants français, morts au champ d’honneur.

 

 

« Servir mon pays »

 

En février 2007, présent à l’assemblée générale de la Délégation de Suisse de l’Observatoire Citoyen de Défense et de Protection civile, membre associé de l’Union des Sociétés françaises de Genève, le général Combette avait répondu ceci à une question de Philippe Abplanalp, secrétaire de l’Union : « On m’a demandé (ndlr : en 1999) si je voulais assumer les fonctions de la Présidence du Comité de la Flamme, alors que j’étais disponible. J’ai pensé que c’était l’occasion de continuer à servir mon pays. La flamme a été allumée pour la première fois le 11 novembre 1923, pour le cinquième anniversaire de l’armistice. Mais la tombe elle-même a été inaugurée le 28 avril 1921. Cette flamme ne s’est jamais éteinte. Elle a toujours brillé sous l’Arc de Triomphe. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, même sous l’Occupation allemande, elle a été ravivée tous les soirs par les anciens combattants. Tous les morts au champ d’honneur pour notre liberté, tous ces soldats inconnus sont représentés par le Soldat inconnu. Et lorsqu’on ravive la flamme, c’est un geste d’espérance qui veut dire : « Plus jamais ça ! »

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Publié le 10 Juin 2009

 

Le jeudi 28 mai 2009, devant le Comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français, le général Jean-Claude Ichac a présenté deux films de son père, Marcel Ichac

 

"Tempête sur les Alpes"

 

« Je souhaiterais, au travers de deux films de mon père, quelques jours après le 64ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945, rendre hommage à des combattants souvent oubliés, ces chasseurs alpins qui, pendant l’hiver 44/45, ont redonné à la France ses frontières des Alpes en les arrachant de haute lutte aux « Gebirgsjäger », les chasseurs de montagne allemands, qui les tenaient depuis plus de quatre ans. Un montagnard comme eux les accompagnait, non pas militaire mais civil, non pas porteur d’un quelconque armement mais muni de sa seule camera, Marcel Ichac.

 

Il était né en 1906, avait, dans les années vingt, accompli son service militaire au 153ème Régiment d’Infanterie de Forteresse, à l’époque en occupation en Sarre, et avait en 1939 été mobilisé au S.C.A. : le Service Cinéma des Armées, compte tenu de la quinzaine de films qu’il avait déjà réalisée. Démobilisé, il s’était installé en Haute-Savoie, à Megève, et, quand à partir d’août 1944, à la suite du débarquement de Provence, les vallées des Alpes furent peu à peu libérées, il rejoignit l’un de ses amis et compagnon de cordée, le lieutenant-colonel Alain Le Ray qui, à 34 ans, commandait la 7ème demi-brigade alpine, nouvellement formée, qu’il allait emmener jusqu’aux portes de Turin. Ces images on fait l’objet d’un film intitulé : « Tempête sur les Alpes ».

 

 

"Les Etoiles du Midi"

 

« La paix revenue, Marcel Ichac continua à réaliser des films documentaires de ski, de montagne et d’exploration. Il fut en effet, toujours avec sa camera, aux côtés de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l’Annapurna, du commandant Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge ou plus tard au Pérou. Mais c’est en 1959 qu’il put enfin réaliser son grand projet : tourner, en haute montagne, un grand film de fiction avec deux idées directrices. D’une part faire de la montagne non pas un simple décor mais la considérer comme le principal personnage du film, d’autre part ne pas essayer d’apprendre à des comédiens les gestes du grimpeur, mais faire rejouer à des alpinistes des scènes dont ils avaient été les acteurs ou les témoins, non pas en studio mais sur les lieux-mêmes, avec pour conséquence que l’équipe technique de tournage du film, elle aussi, devait être composée de montagnards chevronnés ! Et c’est ainsi que naquirent « Les étoiles de midi ». Mais dans un souci d’authenticité, il voulut aussi montrer que la montagne n’était pas seulement un terrain de jeu pour alpinistes en quête d’exploits sportifs ou d’absolu, mais qu’elle pouvait, aussi, être le théâtre de cette monstruosité inventée par les hommes et qui s’appelle « la guerre ». Mais la guerre peut être aussi le révélateur des plus belles qualités humaines : camaraderie, sens du devoir, héroïsme… Et Marcel Ichac choisit pour illustrer cet aspect d’inclure dans son film l’incroyable aventure du « Prisonnier de la Ronce » : trois alpinistes, en mission de reconnaissance, aperçoivent un soldat ennemi. Lequel semble être un escaladeur chevronné. Le « Gebirgsjäger  n’a pas vu les trois Français, tout occupé à grimper. Peu de temps après, prenant un couloir praticable, l’Allemand tombe sur les Français et se retrouve prisonnier. La reconnaissance des crêtes se poursuit. Entre les quatre soldats une fraternité d’alpiniste se créé. Pour autant, avant de redescendre vers le camp, le « Gebigsjäger » préfère se jeter dans le vide et faire une chute de près de 500 mètres ! Le plus incroyable étant que le jeune Allemand réussit, en dépit de plusieurs blessures, à se relever et s’enfuir. Il n’est pas question pour lui de ne pas rentrer à son campement. Pas question pour lui d’imaginer un seul instant que ses officiers puissent penser qu’il déserte. »

 

 

Une poignée de mains historique.

 

« Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Le film « Les étoiles de midi » rencontra un grand succès à sa sortie dans les salles, tant auprès du public que de la critique, obtenant, entre autres distinctions, le Grand prix du Cinéma Français, ancêtre de nos Césars ! La carrière internationale du film fut elle aussi remarquable au point que, fin 1961, une chaîne de télévision allemande basée à Munich le programma, en « prime time » comme on dit maintenant. Et, peu de temps après, le directeur de la chaîne reçut une lettre d’un téléspectateur bavarois, ancien médecin militaire, lui confirmant d’abord la véracité de l’épisode du « Prisonnier de la Ronce », lui-même ayant servi dans la même unité sanitaire que le Caporal-chef Hörnle, mais surtout lui donnant l’adresse de ce denier qui, toujours vivant, habitait aux environs du lac de Constance. Tout de suite, l’idée germa de faire se rencontrer les anciens adversaires.

 

Mais qui étaient les trois français qui effectuaient en fait ce jour-là ce que l’on appelait dans l’armée une « reconnaissance d’officiers », et qu’étaient-ils devenus ? Le directeur de la chaîne posa la question au réalisateur du film et il eut par retour la réponse qu’il espérait: le plus jeune était le Lieutenant de réserve Jacques Boell qui poursuivait une carrière civile (tout près d’ici, en fait, à Clamart !), après avoir raconté ses souvenirs de guerre dans un livre magnifique, « Eclaireurs-skieurs au combat »,  le deuxième, le capitaine Stéphane, héros des maquis de Belledonne, dans le Dauphiné, était plus tard tombé au champ d’honneur en Indochine. Et le troisième ? Le troisième, c’était leur chef, le Lieutenant-colonel Le Ray, le premier officier à s’être évadé de la fameuse forteresse allemande de Colditz en Saxe, l’un des fondateurs du maquis du Vercors et l’ancien commandant de cette 7ème demi-brigade de chasseurs alpins, à trois bataillons, les glorieux 6ème, 11ème et 15ème B.C.A. Il était toujours en activité et allait bientôt accéder aux étoiles de général. Et qui plus est, il était attaché militaire près notre ambassade en… Allemagne fédérale, à Bonn, près de Cologne !

 

Et c’est donc sans difficulté que la chaîne de télévision, la « Bayerische Rundfunk », put organiser, au cours d’une soirée de gala en février 1962, les retrouvailles des anciens adversaires. Et l’accolade que se donnèrent ce soir-là le futur général Le Ray, qui devait être promu plus tard Grand-croix de la Légion d’honneur, et le Caporal-chef Hörnle, Croix de fer de 1ère classe, valait bien la poignée de main qu’échangeaient, à la même époque, le Général de Gaulle et le Chancelier Adenauer pour sceller, après trois guerres en moins d’un siècle, l’amitié franco-allemande !"

   

 

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Publié le 5 Mai 2009

 

Le commander Alexander Tesich, à gauche de l’ancien président américain George W Bush, lors d’une commémoration au cimetière américain du Mont Valérien.

 

 

L’association “Veterans of Foreign Wars of the United States” (VFW), est une organisation officielle de vétérans de l’armée américaine. Elle regroupe ainsi près de 1,5 millions de membres, ce qui en fait la plus importante organisation de ce genre dans ce pays.

 

Pour pouvoir appartenir à cette organisation, il faut être citoyen américain, avoir servi dans l'armée américaine et avoir été congédié de manière honorable de l'armée. Il faut de plus avoir servi dans l'armée dans un corps expéditionnaire à l'étranger durant un conflit et avoir été décoré d'une médaille ou d'un ruban. Parmi ces décorations se trouvent la SSBN Deterrent Patrol Insignia, le Combat Infatryman Badge, le Combat Medic Badge, le Combat Action Ribbon, le Combat Action Badge, l'Air Force Combat Action Medal et l'Air Force Expeditionary Service Ribbon (avec le bord doré).

 

Il est également suffisant d'avoir servi durant 30 jours consécutifs ou soixante jours non consécutifs en Corée. Les soldats qui sont actifs en zones de combat peuvent prétendre à l'organisation. L'organisation est reconnue officiellement par le Congrès américain depuis 1936. L'organisation a un poids électoral assez important et en profite pour réaliser un peu de lobyying au niveau du gouvernement américain pour améliorer les avantages des vétérans (pensions, soins de santé). L'organisation redistribue des montants importants d'argent à différentes associations sociales.

 

Son quartier général se situe aux Etats-Unis, 406 West 34th Street, à Kansas City dans l’Etat du Missouri. L’adresse internet de son site officiel est www.vfw.org

 

A Issy-les-Moulineaux, son siège est la Maison du Combattant, 4, rue du général Leclerc et elle est dirigée par le commander Alexander Tesich, vétéran américain de la Seconde Guerre mondiale.

 

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