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Publié le 12 Novembre 2007

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Le Comité du Souvenir Français à Issy-les-Moulineaux est particulièrement fier d’annoncer que le général de corps aérien (CR) Roland Glavany a accepté d’en être son Président d’Honneur.

 

 

 
Né le 22 août 1922 à Nantes, Roland Glavany est reçu en 1940 à l’Ecole de l’Air. Après l’offensive allemande en France, comme bon nombre de jeunes français qui refusent l’Occupation puis le STO, il quitte le territoire en passant par l’Espagne et rejoint l’Algérie où se trouvent les généraux de Gaulle et Giraud.
 
En mai 1943, Roland Glavany est l’un des premiers à intégrer le tout nouveau Bataillon d’assaut, bientôt nommé « Choc ». Il s’agit d’une unité d’élite, intégrée à l’Armée B (celle de Lattre et qui deviendra la 1ère Armée, « Rhin et Danube »), entraînée aux actions commandos, dont l’esprit a été résumé ainsi : « Chic du cavalier, Puissance de la Légion, Légèreté du Chasseur ».
 
Le bataillon participe à la libération de l’île d’Elbe et de la Corse. Puis c’est le débarquement de Provence et la campagne de France, de Toulon à Colmar, l’entrée en Allemagne et la chute de Sigmaringen.


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En 1945, Roland Glavany rejoint l’armée de l’Air, et en 1948, un stage à « Sup Aéro » lui permet d’intégrer le CEV (Centre d’Essais en Vol) en 1950. Jusqu’en 1959, d’abord pilote sur Vautour, il entre ensuite chez Dassault et réalise les premiers vols des Mirage I, III et IV. En 1958, il est le premier pilote en Europe à voler à Mach 2 (vol horizontal).

Il y a aussi la guerre d’Algérie, à laquelle il participe entre 1958 et 1960. Puis il entre à l’Etat Major de l’Armée de l’Air et continue sa carrière au sein de l’Ecole Supérieure de Guerre Aérienne, et prend les commandements des bases aérienne de Bordeaux, Istres et enfin Mont-de-Marsan. Nommé général, l’armée lui confie la direction des Ecoles de l’Armée de l’Air pour y faire preuve, une fois de plus, de tout son enthousiasme et sa foi.

 
A la retraite, le général de Corps aérien Roland Glavany ne reste pas inactif et préside, de 1978 à 1983 l’OFEMA (l’Office Français d’Exportation de Matériel Aéronautique) puis prend la présidence de plusieurs associations, dont Rhin et Danube puis les Ailes Brisées. Enfin, depuis 1998, il est membre d’honneur de l’Académie de l’Air et de l’Espace.
 
Roland Glavany, Grand Croix de la Légion d'Honneur, a publié plusieurs ouvrages et articles, entre autres, sur le Bataillon de Choc. 

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Croquis J. NOETINGER (Air & Cosmos n° 1061 du 14 septembre 1985).

 

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Publié le 21 Septembre 2007

 

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Le 14 mars 2007, à l’Hôpital Suisse d’Issy-les-Moulineaux, disparaissait une grande dame de la Résistance : Lucie Aubrac.

 

Lucie Aubrac, de son vrai nom Bernard, puis épouse Samuel, voit le jour le 29 juin 1912, dans une famille de viticulteurs du Mâconnais. La jeune Lucie suit de brillantes études, qui l’amènent à passer avec succès le concours de l’Ecole normale primaire et devenir professeur. Rapidement indépendante, en accord avec l’esprit de rébellion, la jeune femme s’engage dans les Jeunesses communistes à l’âge de vingt ans. Pour autant, son refus de l’embrigadement lui dicte de ne pas suivre les cours de l’Ecole de Moscou.
Agrégée d’histoire, nommée professeur à Strasbourg, Lucie y fait la connaissance de sa vie : Raymond Samuel, ingénieur des Ponts et Chaussées, issu de la bourgeoisie juive et de deux ans son cadet. Ils se marient en 1939. A l’automne 1940, Lucie et Raymond Samuel se réfugie à Lyon. Lors d’un passage à Clermont Ferrand, Jean Cavaillès, qui fut le collègue de Lucie à Strasbourg, leur présente Emmanuel Astier de la Vigerie. Celui-ci a créé, dès le début de la guerre, une organisation anti-nazie dénommée « La dernière colonne ». Dès lors, le couple donne tout son temps libre à cette organisation.

L’année suivante, Lucie et Raymond Aubrac (ils ont emprunté ce nom à un personnage de roman policier), entrent de plus en plus en clandestinité et participent au mouvement de Résistance « Libération » dont Emmanuel Astier de la Vigerie est l’âme fondatrice. Ce qui n’empêche pas la jeune femme de conserver son métier de professeur. Jusqu’en novembre 1943, elle enseigne au lycée de jeunes filles Edgard Quinet de Lyon. « Libération » devient rapidement l’un des plus importants mouvements de la Zone sud, avec « Combat » d’Henry Frenay. Chargé de la branche paramilitaire de l’organisation, Raymond Aubrac est arrêté une première fois en mars 1943. Il est libéré grâce à l’action de son épouse.

Le 21 juin 1943, Raymond Aubrac participe, à Caluire, à une réunion importante, en compagnie de plusieurs hauts membres de mouvements clandestins, dont Jean Moulin, chef du Conseil National de la Résistance. Les hommes de Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon, au courant de la situation, entourent la villa Castellane qui sert de couverture aux résistants. Tous les hommes sont arrêtés.

Lucie Aubrac monte alors une opération armée pour faire libérer son époux et ses compagnons. Se faisant passer pour la fiancée du prisonnier, Lucie, prétendument enceinte, rencontre Klaus Barbie et lui demande d’autoriser le mariage en prison. Raymond peut être fusillé ; il ne peut laisser la jeune femme dans le déshonneur. A l’occasion de ces rencontres, Lucie fait passer des plans d’évasion à son mari. Pendant un transfert, le 21 octobre 1943, elle décide avec ses compagnons de passer à l’action. Le camion dans lequel se trouvent Raymond et quatorze résistants est attaqué. Quatre soldats allemands trouvent la mort dans l’accrochage. A la suite de cette action, le couple Aubrac rejoint Londres. C’est là que leur fils, Jean-Pierre, nait en février 1944.
Après la guerre, Raymond Aubrac est nommé, à Marseille, Commissaire de la République. De son côté, Lucie Aubrac représente le Mouvement de libération nationale à l’Assemblée consultative à Paris. Par la suite, redevenue professeur, elle utilise sa notoriété dans des combats pour la décolonisation du Maroc et de l’Algérie, participe aux instances dirigeantes du Mouvement de la Paix, d’inspiration communiste, s’engage auprès d’Amnesty international et de différentes associations de défense des Droits de l’homme.
Grand officier de la Légion d’honneur, Lucie Aubrac est l’auteur de plusieurs ouvrages : La Résistance (R. Lang 1945) ; Ils partiront dans l’ivresse (Le Seuil, 1984) ; La Résistance expliquée à mes petits-enfants (Le Seuil, 2000).

En 1997, l’histoire des Aubrac est portée à l’écran grâce à un film réalisé par Claude Berri.
 

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Publié le 7 Septembre 2007


(© Le Figaro)

 

Le 29 août 2007, à l’âge de 91 ans, est mort un grand homme de Devoir : Pierre Messmer.

Juillet 2003. Le hasard d’une rencontre dans l’aéroport d’Orly. Je m’approche de Pierre Messmer. « Monsieur le premier ministre, c’était comment Bir Hakeim ? ». L’homme au regard d’acier a un moment d’interrogation et de stupeur. Il se reprend : « Monsieur, Bir Hakeim, c’était de la folie. Mais nous n’avions pas le choix. Nous étions en guerre. Nous ne pouvions plus reculer. Nous avions en tête les images très précises de juin 1940. Et nous étions des hommes de Devoir. Tout de même, la brigade Koenig ne comptait que 3.700 hommes à opposer aux trente mille allemands de Rommel. C’était gonflé ! ».

Pierre Messmer est né à Vincennes le 20 mars 1916, au plus fort de la bataille de Verdun. Il sort de l’Ecole nationale de la France d’outre-mer et intègre le 12ème régiment de tirailleurs sénégalais. Il est maintenu dans cette unité, avec le grade de lieutenant, à la déclaration de guerre en 1940. Prisonnier, il s’évade et sans même entendre l’Appel du 18 juin, rejoint le général de Gaulle à Londres. Entre 1941 et 1945, il est de tous les combats : Erythrée, Syrie, Lybie avec Bir Hakeim et El Alamein, la Tunisie, la France, Paris, la campagne d’Allemagne. Sa bravoure au feu, son sens du commandement (promu capitaine en 1941), son courage lui apportent la reconnaissance du général : par le décret du 23 juin 1941, il reçoit l’ordre de la Libération, et devient ainsi membre de cette confrérie d’armes extraordinaire.

Plutôt que de rentrer dans le rang, Pierre Messmer accepte des missions toujours plus risquées : après un bref passage à la tête de la mission française de Calcutta, il se fait parachuter au Tonkin, au milieu des lignes du Viet-Minh, afin d’étudier les forces ennemies. Prisonnier, il s’évade après deux mois de captivité. Il commence alors une deuxième carrière dans l’administration de la France d’Outre-Mer : entre 1946 et 1959, il sert en Indochine, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, en A.O.F. et termine en tant que haut commissaire de la République en A.E.F. Membre du cabinet du ministre Gaston Deferre, en 1956, conscient des problématiques de décolonisation, il travaille à l’élaboration d’une loi cadre préparant l’évolution de l’Afrique française.

Le général de Gaulle l’appelle en 1960 pour en faire son ministre des Armées. Poste que Pierre Messmer conservera jusqu’en 1969, un record. C’est le commencement d’une troisième carrière : après la vie militaire et les postes de l’Outre-Mer, vient la politique. En cette période troublée, rien ne lui est épargné. Il doit faire face aux « événements » d’Algérie, à l’O.A.S. (Organisation de l’Armée Secrète) et à la révolte des généraux à Alger en 1961. Par la suite, Pierre Messmer travaille à la mise au point de la force nucléaire française et la modernisation des armées. En 1969, au moment du départ du général, il quitte le gouvernement et fonde l’association Présence du Gaullisme.

En 1971, sous la présidence de Georges Pompidou, Pierre Messmer est nommé à Matignon. Il y restera un peu plus de deux ans. Il avoue, dans ses Mémoires, ne « jamais s’y être senti à l’aise ». Il travaille néanmoins avec acharnement à la mise en place du nucléaire civil pour faire face à la montée du prix du pétrole et accroître l’indépendance énergétique du pays. Choix salutaire quand éclate, en 1973, le premier « choc pétrolier ». Homme libre, refusant les manigances et manœuvres de parti (« la politique n’est pas mon métier » dit-il), il décide de ne pas se présenter à la présidence de la République à la mort de Georges Pompidou en 1974. Cela ne l’empêche pas de mener une brillante carrière politique locale, aux services de ses concitoyens, se faisant élire député de la Moselle dès 1968. Mandat qu’il conservera jusqu’en 1988 ; il est aussi maire de la ville de Sarrebourg et président du Conseil Régional de Lorraine.

En 1992, se retirant de la vie politique, Pierre Messmer prend la présidence de l’Institut Charles de Gaulle, puis, en 1995, celle de la Fondation Charles de Gaulle. Elu à l’Académie des sciences morales et politiques en 1988, puis à l’Académie française en 1999, au fauteuil de Maurice Schumann, gaulliste historique lui aussi, il est choisi ensuite pour être chancelier de l’Ordre de la Libération.

Homme d’action, de vertu, Pierre Messmer était avant tout un Français libre.

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Publié le 3 Juillet 2007

L’une des missions du Souvenir Français consiste en la transmission aux générations successives des valeurs de la République. Celles incarnées par les hommes et les femmes qui ont eu le courage et l’audace de refuser l’avilissement face à l’emprise nazie en 1940 sont essentielles et il convient de ne jamais l’oublier.

Le Comité d’Issy-les-Moulineaux est particulièrement fier de consacrer son premier portrait à Madeleine Vincent, qui fut l’une de ces Résistantes qui force respect et admiration.
 

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Madeleine Vincent est née en 1920 à Asnières, dans un milieu modeste, une famille d’ouvriers, d’employés et de journaliers agricoles, marquée par les malheurs de la Première Guerre mondiale. A 16 ans, elle adhère à la Jeunesse Communiste puis à l’Union des Jeunes Filles de France, nouvellement créée par Danielle Casanova, militante communiste et résistante elle-aussi, qui paiera cet engagement par sa déportation – et sa mort – à Auschwitz.

En 1997, Madeleine Vincent rendait ainsi hommage à celle qui fut son amie : « On ne dira jamais assez ce que cette organisation a fait, sous la direction de Danielle Casanova, pour rassembler les jeunes filles, défendre leurs droits, organiser l’aide aux enfants d’Espagne, éclairer sur la montée du nazisme en Allemagne, éveiller et développer chez elles les sentiments démocratiques et patriotiques. Ce fut pour beaucoup dans ma détermination, dans celle de dizaines de milliers de jeunes filles. Les événements qui suivirent l’ont bien démontré ».

Mécanographe de profession, Madeleine Vincent poursuit son combat en adhérant l’année suivante, en 1937, au Parti communiste. Dès juillet 1940, elle entre dans la Résistance et prend en charge l’organisation de l’action en zone interdite, dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Elle prend les noms de « Paulette », « Josette » ou encore « Simone Lambert ».

Dénoncée, elle est arrêtée en gare de Douai le 9 janvier 1942. Emprisonnée à Loos, elle est ensuite transférée à Essen, puis à Kreuzbourg, Ravensbrück et Mauthausen. Avec un certain nombre de déportés, Madeleine Vincent se bat, autant qu’il est possible au milieu des soldats nazis et des Kameradenpolizeis (les fameux Kapos), pour refuser ou ralentir le travail industriel.

Libérée en 1945, Madeleine Vincent reprend son activité et devient secrétaire de l’Union de la Jeunesse Républicaine de France puis secrétaire nationale de l’Union des Jeunes Filles de France. En 1954, elle est nommée au Comité Central du Parti communiste français et est élue au Bureau politique de 1970 à 1990. Elle y occupe diverses responsabilités dont le secteur des femmes, où elle joue un rôle important auprès de Gisèle Moreau puis de Marie-George Buffet, puis celui des élections.

Madeleine Vincent est faite officier de la Légion d’Honneur et reçoit cette distinction à l’hôtel de ville d’Issy-les-Moulineaux, commune où elle réside depuis de nombreuses années, en compagnie de son époux, Guy Ducoloné, ancien député, ancien vice-président de l’Assemblée nationale, lui-même militant communiste et déporté à Buchenwald (Guy Ducoloné est présent sur l'album du 29 avril 2007 et intitulé "Journée de la Déporation)..

C’est dans cette même commune que le 22 novembre 2005 disparaît Madeleine Vincent, infatigable combattante des droits des femmes et de toutes les formes de barbarie.

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