Les fusillés du Stand de Tir - 2/3

Publié le 26 Septembre 2008

Robert Beck.

De nombreux éléments biographiques ci-après ont été obtenus grâce au site Internet www.plaques-commemoratives.org dirigé par Lionel Lechevallier et François Tanniou, soutenu, entre autres, par la Mairie de Paris, le Conseil général du Val-de-Marne, l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD) et la RATP (retrouvez les portraits de certains des fusillés dans l’album : Stand de Tir – Fusillés). 
 

  • - Victor Beaussier nait le 5 septembre 1911 à Seiches-sur-le-Loir. En Anjou et en Touraine, entre juin 1940 et octobre 1941, il participe à des distributions de tracts, des sabotages de voitures allemandes, des lignes téléphoniques. Puis il fait du transport d’armes. Arrêté par les Brigades spéciales, il est fusillé le 5 octobre 1942.
  • - Robert Beck : né en 1897, dans une famille de syndicalistes de la CGT (Confédération générale du travail), Robert Beck est arrêté le 2 juillet 1941 par la police française et la Gestapo, alors qu’il dirige un réseau de renseignements pour le compte de l’Internationale communiste. Interrogé à moult reprises, il donne aucun nom et est fusillé le 6 février 1943.
  •   - Charles Bergeyre, né en 1913, entre en résistance en février 1941. Il participe aux sabotages des usines Renault et protège la manifestation du 14 juillet 1942. Arrêté en août 1942, il est fusillé le 25 septembre. 

    - André Bernardeau, né le 20 avril 1903, employé à la SNCF, fait partie de Résistance-Fer. Adhérent au PCF (Parti communiste français) en 1935, il en est devenu l’un des leaders. Il sabote, entre autres, une cabine de raccordement de câbles téléphoniques. Arrêté par la Brigade Spéciale de Paris en décembre 1941, jugé en septembre 1942, il est fusillé avec ses camarades le 5 octobre 1942. 

    - Mary-Emile Besseyre, 35 ans, communiste, un des responsables des FTP (Francs-Tireurs Partisans) de Paris, avec Gaston Carré et Raymond Losserand, est arrêté en mai 1942 suite à une filature. Il est fusillé le 21 octobre 1942. 

    - Carlo de Bortoli, 37 ans, ancien artisan brestois, membre des FTP, responsable de l’organisation au sein des travailleurs du bâtiment, est arrêté au lendemain d’un sabotage à l’Ecole Navale. Fusillé à Balard le 28 août 1942. 

    - Henri Brunet, 41 ans, démobilisé en juin 1940, alors qu’il est capitaine du Train des Equipages, rejoint sa Normandie, et grâce à son atelier de reproduction, propose de travailler pour les Allemands. Tous les plans des fortifications de Normandie et de la Manche passent dans l’atelier, où ils sont fournis également au réseau de résistance Turma. Découvert, Henri Brunet est fusillé le 29 septembre 1943. 

    - Gaston Béraut : né à Paris en 1921, il participe à la manifestation des étudiants à l’Arc de Triomphe en novembre 1940, puis entre dans la Résistance et devient commandant FTP pour la région de Villiers. Arrêté le 13 août 1942, il est fusillé le 21 octobre de la même année. 

    - Gaston Carré : employé des abattoirs de La Villette, ancien des Brigades Internationales pendant la Guerre d’Espagne en 1937, il est fait prisonnier en juin 1940, puis est libéré en juillet de l’année suivante. Désigné avec Raymond Losserand par le PCF, pour prendre la direction des FTP pour la Région parisienne, il participe à de nombreux sabotages des usines Renault, Citroën, Hotchkiss, des sabotages de moyens de communication, des déraillements de trains. Gaston Carré est arrêté le 12 mai 1942 avec certains de ses camarades et est fusillé le 21 octobre. Son épouse, Yvonne, sera déportée à Auschwitz où elle mourra, dévorée par des chiens en mars 1945 (source : Ministère de la Défense – Bureau Résistance). 

    - Gaëtan Charpentier, 34 ans, membre du réseau Hector. Linotypiste et typographe, il est arrêté pour avoir fait paraître le journal Le Gaulliste. Il est fusillé le 5 octobre 1942. 

    - André Chesnot, 21 ans, résistant FTP du groupe Victor Hugo, ayant participé à la destruction de voies de chemins de fer. Arrêté en août 1943, il est fusillé en mars 1944 au Mont Valérien. Il figure cependant sur la stèle des fusillés du Stand de Tir (à la date du 7 mars 1944). 

    - Georges Demesy, 46 ans, agent d’assurance, responsable des FTP de Villiers-sur-Marne, il réalise plusieurs opérations dont l’incendie des filets de camouflage de l’artillerie à Plessy. Arrêté en août 1942, il est fusillé le 21 octobre. 

    - René Dervaux, 34 ans, médecin engagé aux FTP en 1941, il créé un service de renseignements, participe à la récupération d’armes et leurs transports, et met en place un réseau sanitaire pour les blessés. Arrêté le 17 octobre 1943, il est averti au téléphone par un policier résistant. Mais en sortant de chez lui, la voiture de la Brigade Spéciale est devant sa porte… Fusillé le 7 mars 1944 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - André Diez, 21 ans, étudiant en chimie, résistant FTP, il est arrêté par la police française alors qu’il élabore des engins explosifs. Il est fusillé le 22 août 1942 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Henri Douillot, 41 ans, conseiller municipal communiste, démobilisé puis interné politique à Sisteron jusqu’en mars 1941, il s’évade et, sous la direction de Raymond Losserand, effectue des distributions de tracts et des sabotages. Ensuite, il abat un soldat allemand le 20 avril 1942. Arrêté le mois suivant, il est fusillé le 21 octobre de la même année (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Fernand Drouin, né le 2 novembre 1909, agent d’assurances, officier du 2ème Bureau de l’Air, agent de renseignement ayant, entre autres, organisé le passage de parachutistes anglais et canadiens en Zone libre. Arrêté an août 1942, il est fusillé le 5 septembre (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Engros : famille de trois frères : Marcel, né le 20 décembre 1917, exécuté au Mont-Valérien le 23 mars 1942 ; Lucien, né le 15 mai 1920, torturé et massacré au Stand de Tir, le 28 août 1942 ; André, né le 21 novembre 1926, condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien le 19 janvier 1943. Leur mère disparaît mystérieusement pendant cette période et n’a jamais reparue. Adam Rayski évoque l’hypothèse d’un rapt et d’une élimination par la Gestapo. 

    - André Fauré, bijoutier, secrétaire de la section d’Aubervilliers du PCF, arrêté pendant la « drôle de guerre », il est envoyé au camp de Gurs. Il s’évade et prend une activité de résistance. Arrêté de nouveau, il est fusillé le 21 octobre 1942.

    - Maurice Feld, né le 27 juillet 1924 à Varsovie. Résistant dès 1941, il participe de nombreuses actions contre la Wehrmacht. Libéré compte tenu de son âge, il est à nouveau arrêté et fusillé le 28 août 1942. 

    - Fontaine père et fils : Jules Eugène, 39 ans, responsable FTP pour la région de Fougères, et son fils, Roger Joseph, 17 ans – mais 13 ans au moment de son entrée dans la Résistance – sont arrêtés en novembre 1943, alors qu’ils ont derrière eux plusieurs actes de sabotage, des déraillements, des coups de mains et des attaques à la grenade contre la feldgendarmerie locale. Ils assurent également le ravitaillement de FTP et de réfractaires qu’ils abritent. Ils sont fusillés ensemble, le 24 juin 1944, à Fresnes, mais leurs noms sont inscrits sur la stèle du Stand de Tir (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

Rédigé par Frédéric-Edmond RIGNAULT

Publié dans #Seconde Guerre mondiale

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