Disparition de Paul Leterrier.
Publié le 3 Septembre 2025
Paul Leterrier, né le 21 décembre 1921 au Havre et mort le 28 août 2025 à Cherbourg, est un militaire française, engagé dans le 1er régiment de fusiliers marins et les Forces Françaises Libres.
Il est l'ultime survivant des fusiliers marins de la bataille de Bir Hakeim.
Jeunesse.
Dès l'âge de quinze ans, Paul Leterrier devient garçon de cabine de la Compagnie générale transatlantique, à bord du paquebot Normandie. Il est ensuite ouvrier à l'usine d'armements de Schneider et Cie au Havre, puis serveur au grand hôtel Frascati et à la brasserie Paillette, dans la même ville.
Après l’armistice du 22 juin 1940, il parvient à se rendre en zone libre et s'engage dans la marine du régime de Vichy avec le secret espoir de déserter pour rejoindre les Forces Navales Françaises Libres.
Enrôlement dans la France libre et batailles.
Lors d'une escale à Beyrouth en septembre 1941, avec la marine du régime de Vichy à bord du paquebot Colombie, Paul Leterrier échappe à la surveillance des « pétainistes » et déserte. Il est d'abord interrogé par les services de renseignements anglais, puis il s'engage dans la 1ère brigade française libre.
En mai 1942, il est l'un des 3 700 militaires engagés dans la bataille de Bir Hakeim. Paul Leterrier raconte y avoir été blessé deux fois, notamment une première fois en recevant des éclats au dos, aux jambes, à l'abdomen et aux poumons, envoyés par un Messerschmitt BF108.
La seconde fois, toujours à Bir Hakeim le 9 juin 1942, il est de nouveau blessé lorsque son unité est encerclée par les Allemands, recevant un tir d'artillerie et un éclat dans la cuisse, parvenant à le retirer avec ses doigts, selon ses dires.
La même année, en 1942, il est également engagé dans la seconde bataille d’El Alamein, en Egypte. Il participe ensuite à la campagne de Tunisie en mai 1943, au cours de laquelle il rencontre le Premier ministre du Royaume-Uni, Winston Churchill à Carthage. Il est envoyé en Italie en 1944 à la bataille de Monte Cassino.
Il prend part au débarquement de Provence, le15 août 1944, et à la libération de la France, depuis la vallée du Rhône et jusqu’en Alsace.
Après la guerre.
Après la Seconde Guerre mondiale, Paul Leterrier s'engage dans les services de renseignement français : il est recruté en 1958 au sein de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST), qui prendra par la suite le nom de DGSI (Direction Générale de la Sécurité Intérieure).
Il se rend dans la famille de Charles Régereau, son meilleur ami tué par un officier allemand, et il y rencontre sa future femme Marie-Anne, la sœur cadette de son frère d'armes et ils se marient en 1946.
En juin 2018, il publie un ouvrage en forme de témoignage retraçant son parcours lors de la bataille de Bir Hakeim et la Seconde Guerre mondiale. L'ouvrage est titré « J'étais fusilier marin à Bir Hakeim ; le récit inédit d'un des derniers témoins » et publié aux Éditions Pierre de Taillac.
Le 13 décembre 2021, à l'occasion de son centième anniversaire, il est fait commandeur de la Légion d’honneur. La cérémonie se déroule sur la place d’arme de la compagnie de fusiliers marins Le Goffic de Cherbourg. La distinction lui est remise par le vice-amiral Philippe Dutrieux, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord, lequel revient sur le parcours du vétéran vivant désormais à Digosville (Manche).
Le 11 juin 2022, à l'occasion des 80 ans de la bataille de Bir Hakeim dont il est l'ultime fusilier marin survivant, il accorde un entretien au journal Le Figaro. Le 24 décembre 2023, sa femme Marie-Anne, avec qui il est marié pendant soixante-dix-sept ans, meurt dans la nuit de Noël. En 2024, il réside dans sa maison de retraite de la Bucaille à Cherbourg.
Le 28 août 2025, le préfet de la Manche annonce par un communiqué de presse, la mort de Paul Leterrier.
Sources :
- Site de l’Elysée : www.elysee.fr
- Encyclopédie Wikipédia.
- Crédits photographiques : Facebook.
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