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Publié le 11 Avril 2017

Le Champ de Manœuvre à Issy. © Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

Le Champ de Manœuvre à Issy. © Musée de l’Air et de l’Espace du Bourget.

La ville de Paris souhaite rejeter à l’extérieur de son territoire le terrain de manœuvres du champ de Mars. En 1889, elle saisit l’occasion offerte par l’Exposition Universelle, et annonce son désir de conserver un certain nombre de monuments, dont la Tour Eiffel. Elle acquiert alors des terrains à Issy qu’elle échange ensuite avec l’Armée. Le 31 décembre 1891, les militaires s’installent sur la commune d’Issy-les-Moulineaux et l’Armée devient le plus gros propriétaire foncier.

 

Les militaires louent leurs terrains aux premiers « avionneurs » qui cherchent un espace pour leurs essais. Très vite, la vocation de la plaine s’affirme autour du champ de manœuvres : elle devient au début du XXe siècle le principal lieu d’implantation des industries aéronautiques.

 

A Issy-les-Moulineaux, les frères Charles et Gabriel Voisin s’installent en 1907 en bordure du champ de manœuvres afin d’effectuer facilement leurs essais. Après le décès accidentel d’Edouard Nieuport, pilote chevronné installé à Suresnes, Henri Deutsch de la Meurthe décide le transfert de l’entreprise à proximité des établissements Voisin à Issy. Les frères Caudron créent une école de pilotage et s’installent dans un atelier à l’intersection des rues Rouget de Lisle et Camille Desmoulins.

 

Qualifié par tous les historiens de « Berceau de l’aviation mondiale » le terrain d’Issy-les-Moulineaux voit son histoire débuter fortuitement pendant l’année 1905 alors qu’il se trouve remarqué par quelques fanatiques de l’aviation naissante.

 

Usant de ses relations, Ernest Archdeacon, mécène passionné, obtient l’autorisation d’utiliser ce terrain sous certaines conditions qui revêtent très rapidement un caractère dissuasif pour nos pionniers. Parmi les contraintes imposées par l’autorité militaire, maîtresse du lieu, figure l’obligation de mener les essais de 4 à 6 heures du matin.

 

Toutefois, la phase de l’aviation inaugurée à Issy-les-Moulineaux semble la plus pure de toute l’histoire de cette science : intuition et expérimentation vont de paire avec imagination créatrice. Il est intéressant de constater par exemple que Farman, Voisin, Delagrange ont tous trois étudiés aux Beaux-Arts. Ces pionniers sont en même temps les inventeurs, les ingénieurs et les pilotes d’essai des machines qu’ils mettent sur pied.

 

Au fil du temps et des courses aériennes organisées, le nouveau terrain d’aviation attire les foules de curieux. Celles-ci envahissent le terrain ou se hissent sur les toits pour profiter du spectacle. De simples hangars, puis de véritables ateliers - qui deviendront les entreprises Voisin, Caudron… - s’installent autour du champ d’aviation, faisant de ce quartier le quartier de l’aviation, dont aujourd’hui les noms de rues évoquent encore le passé glorieux.

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédies Wikipédia, Larousse et Britannica.
  • Site Internet de la ville d’Issy-les-Moulineaux : www.issy.com

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 13 Février 2016

Ateliers de chars à Issy-les-Moulineaux.
Ateliers de chars à Issy-les-Moulineaux.

Les usines Renault du quai Stalingrad.

Autant l’entreprise Renault avait œuvré pour l’effort de guerre au cours de la Première Guerre mondiale en développant puis fournissant des véhicules et notamment des chars qui donnaient satisfaction, autant dans les années 1930, Louis Renault est moins enclin à recommencer. Proche des Croix-de-Feu du colonel de la Rocque puis de la Cagoule, il déclare en 1935, à l’occasion d’une visite en Allemagne au chancelier Adolf Hitler : « Une guerre économique entre la France et l’Allemagne n’aurait d’avantages que pour l’Angleterre et l’Amérique » ; auparavant il avait indiqué : « On ne peut plus gagner d’argent qu’en fabriquant des véhicules de tourisme ».

De fait, dans ces années-là, Renault construit des chars en petites séries et qui ne donnent pas satisfaction : si le modèle FT de 1931 et le digne héritier des chars de 1918 et sa production est de plus de 1.500 engins, ce ne sera pas le cas du Renault D3 de 1932 puis de l’AMR de 1933 et de l’AMC de 1934.

Donc, prenant acte de cette situation, et face à la montée du péril allemand, le Gouvernement Front Populaire de Léon Blum nationalise les usines Renault d’Issy en 1936, qui sont alors spécialisés dans ce type d’armement.

Ces usines, situées quai de Stalingrad, se voient confier la mise au point et la construction de chars qui vont prendre le nom d’AMX : « A comme Ateliers » ; « MX comme MoulineauX ».

L’AMX 13.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1949, ces usines, qui ont vu passer les constructions des chars de 1914 et de 1940, mettent au point le prototype de l’AMX 13 qui va être fabriqué à Roanne dans une unité qui existe toujours et qui dépend maintenant de la société Nexter, descendante de ces temps-là.

La mise au point et l’expérimentation financées en grande partie par les Etats-Unis, durent jusqu’en 1955, année de sortie des premiers modèles de série des Ateliers de Roanne (ARE). A partir de 1964, Creusot-Loire, à Chalon-sur-Saône, remplace l’ARE et une troisième ligne de montage est ouverte aux Forges et Chantiers de la Méditerranée à la Seyn-sur-Mer. La fabrication se termine en 1985.

Le canon de 75 mm dérive de celui des Panthers allemands : il est alimenté par deux barillets rotatifs d’une capacité de six obus. Ce système évite l’emploi d’un membre d’équipage pour charger les obus, mais une fois les douze projectiles tirés, le retour à l’arrière est nécessaire pour compléter les barillets. Le canon de 90 mm introduit en 1967 est également à barillets, la durée du rechargement complet allant de 1h à 1h30.

A partir de 1965, l’AMX 13 est équipé dans certains régiments de quatre missiles SS-11, deux de chaque côté. En opérations, l’Armée française le déploie durant la Guerre d’Algérie avec, en mars 1958, 114 AMX 13. L’Armée d’Israël l’emploie durant la crise du canal du Suez en 1956, la guerre des Six Jours de 1967 et la guerre de Kippour de 1973.

En France, au début des années 1980, environ 1.010 de ces chars sont en parc dans l’armée de Terre. Ils sont alors en cours de remplacement dans les régiments mécanisés par les AMX 30.

L’AMX 30.

En 1967, c’est au tour de l’AMX 30 d’être conçu à Issy-les-Moulineaux (ce sera d’ailleurs le dernier de la série à y être conçu).

L’AMX 30 est un assemblage d’acier coulé et corroyé. Sa tourelle est coulée d’une seule pièce. L’équipage se compose de quatre hommes. Le pilote est assis à l’avant gauche du châssis et les trois autres membres de l’équipage (le chef de char et le tireur à droite, le chargeur à gauche) sont installés dans la tourelle.

L’AMX 30 est mis en service à partir de 1967. Le premier régiment à en être équipé est le 503e régiment de chars de combat à Mourmelon, suivi du 501e à Rambouillet. Les régiments blindés des Forces Françaises en Allemagne sont équipés par les séries suivantes sorties des Ateliers de Roanne. L’ordre de bataille décidé en 1967 prévoit un régiment de chars AMX 30 pour chacune des quinze brigades des cinq divisions mécanisées alors en service. Au début des années 1980, environ 1.210 AMX 30 sont en ligne en compagnie de 1.010 AMX 13. Au 1er janvier 1989, un total de 1.258 chars AMX 30 est en service dans l’armée de Terre française.

L’armement principal du char est un canon Giat CN-105 F1 d’un calibre de 105 mm, opéré par le tireur ou le chef de char (qui a une commande prioritaire), et la télémétrie optique est opérée par le chef de char qui définit la cible, calcule la distance et transmet les informations verbalement au tireur. L’AMX 30 dispose en armement secondaire d’un canon automatique coaxial de 20 mm, en remplacement de la mitrailleuse de 12,7 mm d’origine, et armant également l’AMX 10. Celui-ci a pour particularité de pouvoir être pointé en site, indépendamment du canon principal, pour servir de DCA légère. Une mitrailleuse de 7,62 mm couplée à un projecteur (pouvant recevoir un filtre infrarouge pour la vision de nuit) est fixée sur le tourelleau et commandée depuis l’intérieur par le chef de char. Des lance-pots fumigènes disposés de part et d’autre de l’arrière de la tourelle complètent la défense rapprochée de l’engin blindé.

Comme d’autres blindés, il peut être équipé d’un schnorchel pour franchir les voies d’eau. Il est par la suite modernisé à plusieurs reprises puis finalement retiré en 1997, remplacé par le char Leclerc.

Désaffectation des usines.

En 1992, l’usine, désaffectée depuis plusieurs années, revit grâce à une association d’artistes qui s’installe sur cet espace en friche : 5.000 mètres carrés dans un immense hangar, dessiné par Gustave Eiffel, en bordure de Seine. Aujourd’hui, des immeubles de bureaux et d’habitations ont pris la place de ces ateliers qui avait fait, un temps, la gloire de la commune.

Sources :

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 10 Avril 2011

 

Issy 018

 

En 1988, André Santini écrivait la préface d'un ouvrage dû à l'association CRHIM (Centre de Recherches Historiques d'Issy-les-Moulineaux), qui présentait notre commune au début du 20ème siècle, à travers des cartes postales et des photographies, triées et mises en pages grâce aux travaux de Florian Goutagneux, Agnès Barbier, Catherine Stouls-Nicolas pour le musée municipal, et René Le Bacon, Jean-Marc Szmaragd pour l'association CRHIM.

 Dans le cadre de la mission du Souvenir Français du Devoir de Mémoire, nous nous sommes permis de présenter ces photographies.

 

Issy 017

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 19 Septembre 2010

 

Inondations 2 Issy 1910

« La Crue centennale ».

 

En janvier 1910, la Seine connait sa crue la plus importante et ce avec une grande rapidité : il lui faut une dizaine de jours pour atteindre son maximum (8,62 mètre au pont d’Austerlitz). Plus de 20.000 immeubles sont évacués. Pratiquement tous les quartiers le long de la Seine sont touchés.

 

Il est difficile d’imaginer ce que fut cette inondation, appelée « centennale », tant aujourd’hui, le fleuve est encadré et endigué. Une seule image : au pont de l’Alma, le zouave bien connu a de l’eau jusqu’aux épaules !

 

Mais dans ce désastre, l’on oublie généralement d’évoquer les villes de banlieues : Issy-les-Moulineaux, Gennevilliers, Epinay, Saint-Denis et l’Ile qui porte le même nom (…).

 

Les causes peuvent être résumées selon trois facteurs :

 

  • - pluviométrie anormale et très abondante.
  • - neige et gel particulièrement importants.
  • - débordement de plusieurs rivières : entre autres l’Yonne et le Loing.

 

 

Le Petit Journal.

 

Voici deux extraits du Petit Journal du dimanche 13 février 1910 :

 

« Il a fallu beaucoup de courage aux malheureux inondés pour supporter les privations, les tristesses dont ils furent victimes pendant que l'eau ravageait leurs maisons qu'ils avaient dû fuir. Mais ne leur en faudra-t-il pas plus encore pour rentrer au logis dévasté par le fléau et réparer les ruines que l'inondation y a accumulées ?

 

Dans quel état épouvantable la retrouvent-ils, la chère maison !... Les portes brisées, les fenêtres enfoncées, les parquets disloqués, les plafonds fendus. Des murs, l'humidité suintera pendant de longues semaines encore... Et le mobilier ?...Quel désastre ! Les meubles, la literie, tout est perdu. C'est un affreux spectacle de ruine et de désolation ; et l'on comprend, en y songeant, que leur premier sentiment devant ce tableau lamentable soit un sentiment d'horreur et de découragement. »

 

L’âme de Paris : « Un sentiment que Paris n'aura guère manifesté dans l'occurrence, c'est l'a peur. L'eau débondait sur les quais; dans les rues, envahissait les maisons, le sol s'effondrait : le Parisien vaquait à ses affaires comme de coutume et ne s'affolait pas.

 

Au contraire, il allait au danger. On lui avait dit qu'il y avait péril à s'approcher des parapets ! N'importe ! Le Parisien voulait voir. La curiosité est chez lui plus forte que la prudence... Songez donc !... On ne reverrait probablement plus jamais ça. Il y avait plus d'un siècle que pareille inondation n'avait ravagé la capitale. Et l'on eût voulu que le Parisien, si curieux de sa nature, restât chez lui. Allons donc !... Il a couru les quais, la banlieue, il a voulu voir, il a vu. A certains jours, il y eut cinq cent mille personnes qui se pressèrent tout le long de la Seine, s'arrêtant sur les ponts où la circulation était permise, contemplant le fleuve en furie... Tout cela, sans désordre, sans bousculade, sans un cri... Et ce fut un beau spectacle que celui de ce peuple s'imposant ainsi spontanément la discipline qui convenait. »

 

 

Inondations 1 Paris 1910 

 

 

Inondations 1 Issy 1910 

(merci à Mme Batard-Lalis pour les clichés). 

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 25 Juillet 2010

 

Escalier Mairie1

Etienne Lalis est présent sur les marches de la mairie d’Issy ; il porte la main à sa veste.

 

Après la guerre.

 

A la suite de la défaite française en 1871, Etienne Lalis est renvoyé à la vie civile et il reprend ses activités de marchand carrier et de marchand de vin. C’est un personnage connu et respecté d’Issy.

 

Dans le Livre d’Or des Combattants de 1870-1871 (publié au début des années 1900), Etienne Lalis est présenté ainsi : « Si un homme a rendu de grands services dans sa vie civile et militaire, payé de sa personne et de son argent dans les nombreuses sociétés humanitaires et patriotiques, dont il fit et fait encore partie, c’est bien M. Lalis dont nous donnons aujourd’hui la figure si connue et si sympathique. Président de la Chambre syndicale des Marchands carriers de France, Vice-Président de l’Union des fournisseurs du bâtiment à Paris, arbitre-expert, à titre gratuit, devant les tribunaux. »

 

 

Le monument de la municipalité pour les combattants de 1870-1871 dans le cimetière d’Issy.

 

Extrait du Livre d’or : « Le siège de Paris terminé, la 2ème Compagnie a demandé à la Municipalité d’ouvrir une souscription pour élever un monument et y déposer les corps des camarades tués à Issy devant l’ennemi.

 

Cette autorisation lui a été accordée et la commune a donné le terrain dans le cimetière. Le 5 décembre 1871, c’est au milieu d’une grande affluence et d’une belle manifestation patriotique que les corps de ces malheureuses victimes du devoir ont été ramenés et déposés dans le cimetière. De belles couronnes furent déposées et toute la population d’Issy avait été invitée à y assister. A cette cérémonie, de beaux discours furent prononcés.

 

La guerre terminée, notre camarade Lalis fut un des plus zélés organisateurs de nos nombreuses sociétés patriotiques, humanitaires et mutualistes.

 

Il est membre du conseil d’administration de la grande et belle société des Vétérans des armées de terre et de mer 1870-1871 ; Président de la Fédération des sections du département de la Seine ; Président de la 251ème section d’Issy, a obtenu la médaille d’honneur en or de la Société pour services rendus. Membre du Comité de l’œuvre des Vieux Militaires ; Délégué général de la 1ère section d’Issy, membre fondateur de l’œuvre. Membre de la Société du Souvenir Français ; membre du Bureau de la société d’assistance à la Vieillesse et à l’invalidité d’Issy et de nombreuses sociétés dont il est membre et membre d’honneur.

 

Le 13 juillet 1905, le gouvernement de la République lui décernait la médaille de la Mutualité.

 

Le 4 décembre 1905, M. Lalis était nommé officier d’académie et le 13 novembre 1909, il recevait la médaille d’argent de la Mutualité et le 5 mars 1911, la médaille d’honneur de l’Encouragement au Bien.

 

Ceux qui comme lui font le bien, savent défendre toutes les causes justes, reconnaissent les services rendus, ne transigent jamais avec leur conscience, pour ceux-là, comme nous le faisons aujourd’hui pour le camarade Lalis, on peut dire que ce sont des hommes de bien qui méritent le respect et la sympathie de leur concitoyens.

 

Nous croyons donc rendre un grand service en montrant ces bons Français qui savent tout sacrifier à l’intérêt général, et à l’humanité. M. Lalis fait partie de cette phalange d’hommes dont un pays doit s’honorer et conserver toujours la mémoire ».

 

Reconnu par ses pairs et la municipalité, Etienne Lalis vit ses dernières années à Issy-les-Moulineaux. Il est couvert d’honneurs, de médailles et de récompenses. Il décède le 23 juillet 1918. L’Armée française vient de remporter la Seconde bataille de la Marne.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 23 Juin 2010

Arriere Grand Pere Medailles

 

Etienne Lalis (1841 – 1918) – Photographie prise au début du 20ème siècle.

 

 

Madame Nicole Batard-Lalis, membre du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux, nous a fait parvenir des documents rares sur son arrière-grand-père, Etienne Lalis, et sur la commune d’Issy, à l’aube du 20ème siècle. Ces documents sont publiés dans l’album de photographies intitulé « Issy d’antan ».

 

 

La montée sur Paris.

 

Antoine Lalis nait dans le département de la Corrèze, à Saint-Etienne-aux-Clos, le jour de Noël 1799. Le Directoire vit ses dernières heures. Bientôt, un jeune général va prendre le pouvoir d’abord dans le cadre du Consulat, puis de l’Empire : Napoléon Bonaparte.

 

Quelques années plus tard, Antoine Lalis vient s’installer à Issy, qui n’est encore qu’un village. Il fait partie de ces Limousins qui viennent chercher fortune sur Paris. Certains s’établissent comme marchands de vins et de charbon, d’autres artisans ou manœuvriers. A force de travail et d’abnégation, Antoine Lalis s’octroie une place honorable. Il devient marchand carrier. Il épouse Françoise Bréant, née le 3 juillet 1813 à Clamart. Ils vivent rue du Puits, devenue depuis rue Lazare Carnot.

 

Il profite de la formidable expansion économique du 19ème siècle, d’abord sous les rois Charles X et Louis-Philippe 1er, puis sous le Second empire. Les bouleversements de Paris engendrés par les plans du préfet Hausmann nécessitent des milliers de tonnes de matériaux ! Les affaires de la famille se transforment pour devenir florissantes. Mais leur histoire s’arrête en 1870, quand, à une journée d’intervalle, le 26 et le 27 mai, deux mois avant le déclenchement de la Guerre franco-prussienne, Antoine puis Françoise Lalis sont rappelés à Dieu.

 

 

Les carrières.

 

Depuis l’antiquité, les Parisiens ont à disposition des carrières locales pour bâtir les monuments et leurs maisons. Celles-ci sont d’abord exploitées à ciel ouvert. On en trouve partout : être au plus proche de la capitale permet de substantielles économies de transport.

 

En leur temps, la chaux du département de la Seine – le blanc de Meudon et d’Issy – le calcaire au sud de Paris, le gypse de Montmartre ou encore l’argile des plaines de Vaugirard et le sable de la Seine, connaissent de grandes exploitations. Ainsi, c’est une carrière appartenant à des Pères Chartreux, située à l’intérieur même de leur enceinte de Port-Royal (actuel 14ème arrondissement) qui fournit aux 17ème et 18ème siècles des pierres pour les chantiers du palais du Louvre.

 

Mais l’urbanisation croissante et la baisse des rendements obligent les maîtres carriers à s’éloigner de la capitale ou à exploiter de nouveaux gisements en souterrain. Et à cela, il convient d’ajouter la construction de glacières pour les châteaux et demeures prestigieuses : ce sont des installations, souvent circulaires, creusées profondément dans le sol, offrant des propriétés isothermes qui permettent de conserver les aliments et la glace. Peu à peu, Paris et nombre de ses villes limitrophes se transforment en un véritable gruyère. D’ailleurs, en 1813, l’exploitation à l’intérieur de la capitale est stoppée. Les carrières du sud de Paris vont alors servir, pour partie, à récupérer les ossements des cimetières intra-muros, que la municipalité vide peu à peu. Les catacombes sont nées.

 

Les chantiers abandonnés sont loin d’être tous suffisamment consolidés et les accidents ne manquent pas : au cours du 19ème siècle, régulièrement des portions de rues ou des immeubles s’effondrent. A Issy-les-Moulineaux même, le 1er juin 1961, une carrière de craie s’effondre. L’accident tue vingt-et-une personnes. Car il s’agit bien d’un accident dû aux pluies torrentielles qui se sont abattues sur la ville depuis deux jours, et non un attentat de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) comme le croient un temps les autorités.

 

 

Etienne Jacques Lalis.

 

Antoine et Françoise Lalis ont plusieurs enfants, dont Etienne Jacques Lalis, qui voit le jour à Issy le 26 novembre 1841. Rapidement, Etienne entreprend de travailler auprès de son père. Et ajoute au métier de marchand carrier celui de marchand de vin !

 

Etienne Lalis épouse Anne Flore Morlet, née le 2 juillet 1837 à Paris. En 1870, à l’âge de 29 ans, dans un élan de patriotisme, il s’engage dans l’armée « pour la durée de la guerre ». Cet engagement est à placer aussi dans le cadre d'un contexte familial très difficile : en juillet 1869, le marchand carrier perd son épouse. Elle venait de fêter son trentième anniversaire.

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 5 Mars 2008

 

« Les Années 1930, ça me connaît : je suis né en 30 ! Il faut imaginer Issy comme une ville sur sa colline avec en contrebas Les Moulineaux et Paris. Car il y avait deux communes, bien distinctes, séparées par une droite partant de la Porte de Versailles (la rue Renan) jusqu’au quartier de la Ferme (avenue de Verdun aujourd’hui). D’un côté, Issy, ses moulins et la colline ; de l’autre, Les Moulineaux, ses usines, la Seine et ses maraîchers. Une partie des Moulineaux était une plaine alluviale. Ernest Richard, mon arrière-grand-père maternel, a connu la grande crue de 1910, où l’eau arrivait jusqu’à la mairie actuelle ! D’ailleurs les caves du bâtiment étaient inondées et, rue Charlot, l’eau était montée à trois mètres au-dessus du sol. 

 

 

 

Il me reste des souvenirs des ces années-là. Ceux que j’ai vécu ; ceux racontés par Ernest Richard, mort en 1942, et qui lui, avait fait la Guerre de 1870-1871 à Issy. Nous sommes isséens depuis six générations ; je ne suis pas sûr que beaucoup de familles de la ville puissent en dire autant. 

Je me souviens. Je me souviens des travaux du métro, qui envahirent la ville pendant près de deux années pour faire la ligne et les stations. La ligne, d’ailleurs, allait jusqu’à La Ferme. Car il y avait une véritable ferme, et nous y allions nous ravitailler de toutes sortes de produits. Les souterrains du métro devaient même aller jusqu’à Meudon, pour garer les trains sous la colline. Mais pour cela, il fallait quitter le département de la Seine pour entrer en Seine et Oise. Et la politique s’en est mêlée… 

En tant qu’égoutier, j’ai passé ma vie dans les tunnels, les souterrains. Paris et ses sous-sols, c’est du « par cœur » pour moi. A Issy, il y en avait beaucoup aussi : adolescent, j’entrais par une ouverture, située sous le perron de la maison de Victor Hugo (en bas de la rue de la Glacière) et nous allions jouer avec des copains. L’un des souterrains partait du château des Conti, passait entre l’actuel Hôpital Suisse et le Petit Séminaire, pour ensuite sortir à l’hôpital de Vaugirard, dans Paris. 

La mairie s’est installée en 1895 dans l’ancienne maison des champs du financier Beaujon. Au cours du 19ème siècle, le bâtiment abritait un établissement d’éducation, géré par des religieuses, pour jeunes filles de l’aristocratie – le Couvent des Oiseaux. Au moment de cette installation, des travaux de démolition des murs de clôture du couvent furent entrepris et on retrouva une quantité de squelettes d’enfants aux pieds du mur nord (sous l’actuelle station d’autobus). L’affaire fit grand bruit. Des jeunes filles de bonnes familles, vous pensez… 

La ville de Paris était entourée d’enceintes de pierres et de briques rouges. En ces années-là, elles furent démolies et les matériaux servirent à construire des logements, qui sont devenus par la suite les fameux HLM de Paris en brique rouge. Des écoles également furent construites. Il y avait aussi des fossés : ils furent comblés par la terre sortie des travaux des lignes du métro. 

Issy et Les Moulineaux, c’étaient deux villes ouvrières avec des chevaux, donc des abreuvoirs (l’un d’eux se situait place de la Fontaine), des charrettes. Les chevaux étaient souvent destinés à travailler pour les briqueteries de Clamart. Pour emprunter le pont qui reliait la terre ferme à l’Ile Saint-Germain, il fallait passer par un péage. Des villes avec des commerçants, des artisans, des bottiers, des maréchaux-ferrants, des cordonniers… A la porte de Versailles, se trouvait l’Octroi (toutes les marchandises qui entraient dans Paris devaient régler une redevance). Précisément, il se trouvait dans l’actuelle rue Jeanne d’Arc. Et puis, il y avait de grandes usines : la Société anonyme des Publications Périodiques ; la Brasserie des Moulineaux (près de 120 personnes fabriquaient de la bière) ; la Française des Munitions (Etablissement Gévelot) ; la Blanchisserie de Grenelle ; la Manufacture des Tabacs… 

Il y avait aussi un tramway, qui peu à peu fut abandonné. Il allait de la Ferme jusqu’au jardin du Luxembourg. Les rails furent rapidement retirés car les vélos coinçaient leurs roues dedans. 

Je me souviens de 1936. Après les années difficiles de la Grande Crise de 1929, 1936 marquait l’amorce d’une reprise économique. Mais c’était surtout la libération des ouvriers ! Au mois d’avril, le Front Populaire remporta les élections législatives. Maurice Thorez appela à l’union des ouvriers contre les « 200 familles » (c’est du moins ce que racontaient mes parents). A la Maison du Peuple (actuel PACI), Thorez souvent venait haranguer la foule depuis le balcon. En face, il y avait une biscuiterie. Ma famille participa aux manifestations dans Les Moulineaux. La police envoya la Garde républicaine pour réprimer le mouvement. Nous qui étions de petits gosses, on pouvait facilement s’approcher des cavaliers. Des gars nous donnaient des billes qu’il fallait lancer sous les sabots des chevaux pour les faire tomber. Et gare à celui qui passait entre les mains ennemies : le cavalier se faisait égorger ! Il faut aussi dire que la Garde républicaine chargeait sabre au clair et il n’y avait pas de discussions possibles. 

Mes parents et moi habitions rue de la Glacière. Le nom vient de la présence des anciens puits à glace du château Conti. Ils étaient astucieusement faits de briques revêtues d’argile. A l’intérieur, il y faisait toujours frais. Quand il gelait, on allait chercher de la glace sur les berges de la Seine et on remplissait les puits. Le système était particulièrement ingénieux car en plaçant de la glace en janvier ou en février, on pouvait l’utiliser jusqu’en juin ! 

En semaine, nous allions à l’école Voltaire. Bien entendu, il y avait une école des garçons (à côté de l’actuel restaurant McDonald) et l’école des filles (en face – elle a été démolie en 2001-2002). Les classes pouvaient comporter jusqu’à 50 élèves ; on travaillait sur des grandes tables et quand il n’y avait plus de places, on mettait des planches pour relier les tables. Par ailleurs, de nombreux jeunes garçons fréquentaient Saint-Nicolas. A ce sujet, il me semble important de souligner que, plus tard, sous l’Occupation, des Frères de Saint-Nicolas ont caché des enfants juifs. Moi qui étais en ses murs entre 1940 et 1942, j’ai bien connu plusieurs dizaines d’enfants cachés. 

J’ajoute qu’au sein même de ma famille, j’ai eu plusieurs « frères » officieux jusqu’en 1944. 

On s’amusait quand même. Le dimanche, quand c’était la saison, on allait chaparder des raisins dans les vignes, vers les carrières. Et la grande sortie était d’aller aux Champs de Manœuvres et voir les avions. Il y avait des parades aériennes, des départs de courses, des démonstrations de dirigeables ou de montgolfières. Les pilotes étaient de vraies vedettes : Antoine de Saint-Exupéry, par exemple. Et on évoquait le souvenir des As de la Première Guerre mondiale ou des pionniers comme Santos-Dumont et Mermoz. Dans les fossés de Paris, avant qu’ils soient comblés, on allait à la pêche à la grenouille. Enfin, il y avait quatre cinémas : un à la Ferme, le deuxième à la place de l’immeuble qui a été repris par les services techniques de l’ambassade de Chine, le troisième dans la descente de la rue Jean Jaurès et le quatrième sur la place de Corentin Celton. 

Et puis sont arrivées les « années terribles » : 1940 et l’invasion des soldats SS. Et là, c’est une autre histoire.»

 

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Rédigé par Frédéric-Edmond RIGNAULT

Publié dans #Issy d'antan