Publié le 14 Octobre 2021

Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, n'est plus.

Cérémonies à venir.

Emmanuel Macron présidera l’hommage national qui sera rendu vendredi 15 octobre 2021 à 15 heures aux Invalides à Hubert Germain, le dernier Compagnon de la Libération décédé à l’âge de 101 ans.

Cet hommage « prendra la forme d’une cérémonie militaire dite d’honneurs funèbres incluant différents symboles militaires rappelant notamment son engagement dans la Légion étrangère et au cours duquel le Président de la République prononcera un éloge funèbre », a indiqué la présidence dans un communiqué. Après cet hommage national, Emmanuel Macron présidera aussi la cérémonie d’inhumation d’Hubert Germain le 11 novembre à l’Arc de Triomphe et au Mont-Valérien.

 

Biographie.

Fils d'un officier général issu des troupes coloniales, Hubert Germain est né le 6 août 1920 à Paris.

Il débute ses études secondaires à la mission laïque franco-arabe de Damas (1930-1932) et les poursuit au lycée Albert Sarraut à Hanoi puis au lycée Saint-Louis à Paris.

Bachelier, il prépare le concours de l'Ecole navale au lycée Michel Montaigne de Bordeaux au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939.

Mais, dès juin 1940, écartant le concours, il cherche les moyens de continuer la lutte en pensant gagner le Maroc.

Après une discussion à l'Etat-major général, replié à Bordeaux, avec un officier général ami de son père, Hubert Germain apprend que l'Afrique du Nord ne rentrera pas dans la guerre. Il prend alors la décision personnelle de continuer le combat.

Des troupes polonaises s'embarquant pour l'Angleterre à Saint-Jean-de-Luz, il parvient, avec trois camarades, à se joindre à elles et à monter à bord de l'Arandora Star, qui appareille pour la Grande-Bretagne le 24 juin 1940.

Engagé dès l'origine dans les Forces françaises libres, il est affecté sur le cuirassé Courbet où il suit les cours d'élève officier de marine. Alors qu'il étudie pendant la journée entre les alertes, Hubert Germain participe la nuit à la défense antiaérienne contre les raids allemands.

Au printemps 1941, il est affecté à l'Etat-major du général Legentilhomme, commandant en Palestine la 1ère Division légère française libre destinée à intervenir au Levant.

Après la campagne de Syrie à laquelle il participe, il est envoyé comme élève à l'école d'officiers de Damas en septembre 1941 ; il en sort aspirant pour être affecté au 2e Bureau de l'Etat-major de la 1ère Brigade française libre du général Koenig. En février 1942, il rejoint les rangs du 2e Bataillon à la 13e Demi-Brigade de la Légion Etrangère (13e DBLE) à laquelle il restera toute sa vie, très attaché.

Hubert Germain participe dès lors à la campagne de Libye au sein de la 1ère Brigade. Chef de section antichars, il se distingue dans les combats de Bir-Hakeim du 27 mai au 11 juin 1942 et est cité à l'ordre de l'armée pour avoir « montré de très belles qualités de chef » et avoir été « pour ses hommes un exemple constant de calme et de courage ». Il est promu sous-lieutenant en septembre 1942.

Il prend part ensuite aux combats de la 1ère Division française libre (1ère DFL) à l'Himeimat (El Alamein) en Egypte en octobre 1942 puis en Tunisie jusqu'en mai 1943.

En Italie, le 24 mai 1944, devant Pontecorvo, alors qu'il commande une section antichar en appui du 1er BLE, le lieutenant Germain est blessé en dirigeant le tir des mitrailleuses lourdes de sa section pour continuer à appuyer le bataillon qui attaque le long du Liri.

Evacué sur Naples, il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle en Italie fin juin 1944.

Il participe au débarquement de Provence en août 1944 et à la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon. Il prend part ensuite aux campagnes des Vosges, d'Alsace et termine la guerre dans le sud des Alpes, au massif de l'Authion.

Appelé comme aide de camp auprès du général Koenig commandant les forces françaises d'occupation en Allemagne, le lieutenant Hubert Germain est démobilisé en 1946.

Attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques, il est élu maire de Saint-Chéron (Essonne) en 1953, mandat qu'il conserve jusqu'en 1965.

Chargé de mission au cabinet de Pierre Messmer, ministre des Armées, de 1960 à 1962 puis, de nouveau, en 1967 et 1968.

Elu député de Paris en 1962, il sera réélu en 1968 puis en mars 1973. Président de l'amicale parlementaire "Présence et Action du Gaullisme" (1969-1972) Hubert Germain est vice-président du groupe UDR à l'Assemblée nationale (1971-1972).

De 1972 à 1974 Hubert Germain est ministre des PTT puis ministre chargé des relations avec le Parlement (mars-mai 1974).

Il fut également Président de la société française de télédistribution de 1975 à 1982.

Hubert Germain est membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis décembre 2010. Par décret du 25 novembre 2020, il est nommé chancelier d'honneur de l'Ordre de la Libération. Dernier compagnon de la Libération, Hubert Germain a reçu le grade de caporal-chef honoraire de la Légion étrangère en septembre 2021.

Hubert Germain est décédé le 12 octobre 2021 à l'Hôtel national des Invalides à Paris.

 

Décorations :

Grand-Croix de la Légion d'Honneur

Compagnon de la Libération - décret du 20 novembre 1944

Croix de Guerre 39/45 avec palmes

Médaille de la Résistance avec rosette

Membre de l'Ordre de l'Empire britannique

Grand-Croix de l'Ordre de Malte

Titulaire de plusieurs décorations étrangères.

 

 

Sources :

 

  • Journal La Voix du Nord.
  • Site Internet de l’Ordre de la Libération.
Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, n'est plus.

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Publié le 9 Octobre 2021

« Un petit air d'accordéon, ça sentait bon la France que l'on venait de quitter, ou que l'on allait bientôt retrouver pour les anciens » (photographie de soldats du 121e).

« Un petit air d'accordéon, ça sentait bon la France que l'on venait de quitter, ou que l'on allait bientôt retrouver pour les anciens » (photographie de soldats du 121e).

Le 121e régiment d’infanterie est une vieille unité de l’armée française. Créée en 1794, elle arbore sur son drapeau les victoires de Mondovi (1796), Saragosse (1809), Tarragone (1811), Lützen (1813), La Somme (1916), Verdun (1917), l’Aisne (1917-1918) et AFN 1952-1962. Dès le début de la guerre d’Algérie, le 121e est envoyé en Algérie. Il cantonne dans la région de la Grande Kabylie, non loin de Tizi-Ouzou.

Claude Franck est né le 18 mars 1932 à Issy-les-Moulineaux. Appelé sous les drapeaux, il rejoint son unité et est envoyé en Algérie. En juillet 1956, pris dans une embuscade, alors qu’il effectue une patrouille de reconnaissance, il est gravement blessé. Il décède le 9 juillet. Il est enterré au cimetière communal d’Issy.

 

1956 est une date particulière dans la guerre d’Algérie.

En 1956, lors de la campagne pour les élections législatives de janvier, Guy Mollet, secrétaire général de la Section Française de l’International Ouvrier (SFIO – ancêtre du Parti socialiste) anime, aux côtés de Pierre Mendès France, François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas, le « Front Républicain », coalition réunie sur un programme de modernisation économique et sociale et de paix négociée en Algérie, qui obtient une courte majorité. Alors que le président René Coty propose à Pierre Mendès France de former un gouvernement en 1956, celui-ci refuse et lui suggère Guy Mollet. Il est le dirigeant du Front républicain et la guerre d’Algérie est pour lui « imbécile et sans issue » ; l'indépendance est dictée par le bon sens.

Confronté, lors d'une visite à Alger le 6 février 1956, à l'hostilité violente (jets de fruits, de légumes, cris, menaces de mort explicites) de la population d'origine européenne (appelée « Journée des Tomates »), puis à l'impossibilité de réunir une majorité parlementaire sur une ligne libérale en Algérie, Guy Mollet s'engage dans une politique répressive et refuse toute solution négociée avant la conclusion d'un cessez-le-feu. Le 12 mars 1956, il demande et obtient le vote des pouvoirs spéciaux incluant notamment la création d'une procédure de justice militaire de « traduction directe » sans instruction, la légalisation des camps d'internement créés en 1955 et l'attribution aux militaires des pouvoirs de police.

Pour certains historiens et hommes politiques, le vote des pouvoirs spéciaux marque la responsabilité politique de la guerre dans la mesure où il confère d'importants pouvoirs à l'armée. Guy Mollet double en six mois les effectifs militaires déployés sur place en envoyant le contingent. Il doit renoncer à nommer Georges Catroux ministre résidant en Algérie. Il propose à Pierre Mendès France, puis à Gaston Defferre d'exercer cette fonction, mais ceux-ci refusent. Il désigne donc Robert Lacoste.

Mais rapidement, le gouvernement Mollet se trouve embourbé dans un engrenage infernal : aux exactions de l'armée française, répondent les attentats du FLN, désormais aveugles…

 

Sources :

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle de Claude Franck.
  • Archives du Comité du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Site Chtimiste sur l’historique du 12e RI.
  • Crédit photographique : site « Copains d’avant » - Section anciens du 12e RI.
  • Encyclopédie Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie