seconde guerre mondiale

Publié le 10 Juin 2022

Au lieutenant d’aviation Pierre Meyzonnier.

Le nom de Pierre Meyzonnier est inscrit sur le monument aux morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux car au moment de son décès, pour la France, il était habitant de la ville, au 4 de la rue Edouard Voisembert.

Il y a quelques années de cela, nos collègues du Souvenir Français de la ville d’Apt, dans le Vaucluse, ont retrouvé une vieille plaque, couverte de poussière, dans la cave de la mairie. Une plaque à la mémoire de Pierre Meyzonnier, qui fut commissaire de police de cette ville de 1935 à 1937.

La mairie l’a alors confiée au comité local du Souvenir Français qui, fidèle à son engagement, a effectué des recherches et publié l’article que voici :

« Né à Venise en Italie, le 21 septembre 1911, Pierre Meyzonnier, après de brillantes études de Droit, est nommé commissaire de police stagiaire. Il prend son premier poste à Apt en août 1935. Un an et demi plus tard, il quitte notre ville pour Paris où il est affecté au Contrôle général des Services de police criminelle. Lieutenant pilote de réserve, il est mobilisé en août 1939 et affecté au bataillon de l’air n°112. Le 5 juin 1940, au matin, aux commandes de son avion, il assure avec 21 autres appareils Bréguet et Curtiss, une mission aérienne dans la région d’Abbeville (Somme). Arrivés sur zone, ils sont attaqués par une quinzaine de Bf109 allemands. Le combat fait rage, sept avions ennemis sont abattus. L’appareil de Pierre Meyzonnier tombe en flamme, au milieu d’une prairie, sur la commune de Beaucamps-le-Vieux. Retiré des débris, le corps sans vie de cet officier est inhumé dans le cimetière communal où les honneurs militaires lui sont rendus. Cité à l’ordre de l’Armée aérienne, la Médaille militaire et la Croix de guerre avec palme lui sont attribuées à titre posthume. »

Et le vendredi 8 juin 2018, la mairie, les anciens combattants, les habitants et le Souvenir Français d’Apt ont procédé à l’inauguration de la plaque rénovée, qui figure à l’entrée du nouveau bureau de police.

Merci à nos chers collègues : vous honorez nos valeurs !

 

Sources :

Au lieutenant d’aviation Pierre Meyzonnier.

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Publié le 23 Mai 2022

A Célestino Alphonso.

Célestino Alphonso (ou Alfonso) nait le 1er mai 1916 à Ituero de Azaba, en Espagne, dans la région de Salamanque. La famille émigre en France en 1927 et s’installe à Ivry-sur-Seine. Le jeune garçon apprend le métier de menuisier et s’installe à Issy-les-Moulineaux.

Mais dès l’âge de 20 ans, il décide de repartir pour son pays natal afin d’y aider ses compatriotes aux prises avec les Franquistes. Célestino devient officier des milices communistes espagnoles, commissaire politique dans la 2e Brigade internationale. En février 1939, alors qu’il rentre en France, il est interpellé et interné au camp d’Argelès-sur-Mer et en sort le 7 décembre.

De retour à Paris, et après quelques mois de travail, il est de nouveau arrêté et envoyé en Allemagne, d’où il revient en juin 1941. Alors, il milite pour le Parti communiste clandestin et distribue des tracts. Plusieurs membres de son groupe de résistants sont arrêtés. Il s’éloigne de Paris et s’installe à Orléans. En juillet 1943, il intègre les FTP-MOI (Francs-Tireurs Partisans – Main d’œuvre immigrée) de la région parisienne et participe à plusieurs opérations. La plus célèbre est l’assassinat du haut dignitaire nazi Julius Ritter, Responsable du STO (Service du Travail Obligatoire) en France. Pour son coup de main, il est accompagné de Missak Manouchian, Léo Kneler et Marcel Rayman (en fait, ils n’apprirent l’importance du personnage qu’avec les journaux allemands des jours suivants).

Le 17 novembre 1943, Célestino est arrêté une nouvelle fois et interné à Fresne. Il est condamné à mort pour sept meurtres reconnus de militaires allemands. Le 21 février 1944, il est fusillé dans la clairière du Mont Valérien.

Pour l’avant-dernier survivant du groupe Manouchian, mort en 2011, Henri Karayan, que les Isséens ont bien connu : « Célestino était notre meilleur tireur : une balle ça suffisait. Une balle ou deux ».

Célestino Alphonso est inhumé au cimetière communal d’Ivry.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site : https://www.memorialgenweb.org/
  • Des remerciements pour leur travaux à Jérôme Charraud et Bernard Laudet, contributeurs du site Memorial GenWeb.

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Publié le 9 Mai 2022

A Alain Grout de Beaufort, Compagnon de la Libération.

A Vanves, dans les locaux du lycée Michelet se trouve une plaque commémorant la mémoire de 41 anciens élèves, morts au cours de la Seconde Guerre mondiale. Parmi ces 41 noms figure celui d’Alain Grout de Beaufort, Compagnon de la Libération.

Alain Grout de Beaufort nait le 3 mai 1918 à Châtellerault dans la Vienne. Il est le fils d’Ernest Grout de Beaufort, officier de cavalerie, et d’Anne Creuzé. Habitant le château de Kerascouët à Saint-Yves en Bubry, dans le Morbihan, le jeune Alain poursuit ses études au lycée Michelet de Vanves avant d’entrer au sein de l’armée de l’Air. Aspirant au début de la guerre, il rejoint le Maroc après l’armistice puis rentre en France pour prendre part à des opérations clandestines avec ses frères Jacques et Guy. Parmi leurs faits d’armes, il faut noter le balisage des côtes pour diriger les bombardements de la Royal Air Force.

Agent du réseau de la Confrérie Notre-Dame du colonel Rémy (Gilbert Renault), il embarque pour l’Angleterre le 17 juin 1942 pour s’engager dans les Forces aériennes françaises libres (FAFL). Il est affecté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) et y dirige l’organisation des services « Action ».

Le 14 avril 1943, il est parachuté den France pour prendre le commandement du Centre d’opérations de parachutages et d’atterrissages (COPA) de la Région R6 (les départements du Puy-de-Dôme, de l’Allier, du Cantal, de la Haute-Loire et du Cher). Bientôt, il est également nommé Délégué militaire régional en R6. Par la suite, il réorganise le Service des opérations aériennes à Paris, comme chef du Bureau des Opérations Aériennes (BOA) pour la Région P (Paris) en 1944. Il gère également les parachutages sur le Morvan (centre de la Bourgogne) et sauve le maquis de Lormes (Nièvre).

Nommé adjoint de Jacques Chaban-Delmas à la direction militaire de la Zone Nord, il ne conserve ce poste que peu de temps : le 27 juillet 1944, il tombe dans un traquenard de la Gestapo et est arrêté en compagnie d’André Baude et André Rondenay (délégué militaire zone Nord). Ils ne sont pas formellement identifiés. Déportés, ils doivent faire parties des derniers convois pour l’Allemagne. Mais un ancien compagnon les reconnait sur le quai d’embarquement de la gare de Pantin. Alain Grout et André Rondenay sont alors emmenés dans une villa pour être torturés par la Gestapo, puis peu après sont fusillés en forêt de Domont dans le Val d’Oise.

Alain Grout de Beaufort avait le grade de lieutenance-colonel, était Compagnon de la Libération, croix de Guerre 39-45, médaillé de la Résistance avec rosette à titre posthume, Military Cross. A noter encore : les frères d’Alain Grout de Beaufort, Bernard et Jacques, de même que ses beaux-frères Jacques Bretagne et Henri Garnier sont tous Morts pour la France.

Outre le lycée Michelet, le nom d’Alain Grout de Beaufort apparait sur le monument aux morts de la commune d’Inguiniel, à Sainte-Anne-d’Auray, à Saint-Martin-du-Puy, dans la Nièvre, sur la plaque commémorative du prytanée militaire de La Flèche dans la Sarthe et sur le monument commémoratif de la Résistance à Domont.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site : https://www.memorialgenweb.org/
  • Des remerciements pour leur travaux à Jean Le Floch, Laurence Le Troedec, Pierre Gomez, Liliane Pizzighella, Claude Richard, Joël Godin, Philippe Frilley, contributeurs du site Memorial GenWeb.

 

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Publié le 16 Avril 2022

Le visage de Wladimir Rygaloff.

Le Comité du Souvenir Français d’Issy-Vanves entretient depuis des années la sépulture de Wladimir Rygaloff à Issy. Et ce à la demande de Mademoiselle Marie-Thérèse Borg, proche de Wladimir, et en accord avec Thierry Gandolfo, alors conservateur du cimetière, ainsi que la municipalité.

Nous connaissions une partie de l’histoire du jeune homme, racontée par Mlle Borg. Grâce au remarquable site : https://www.memorialgenweb.org/ nous avons maintenant la photographie de Wladimir et nous en savons un peu plus.

D’abord, il était le fils de Nicolas Rygaloff et d’Olga Livoff. Il habitait au 2, rue Claude Matrat (à la même adresse que le général Roland Glavany qui fut longtemps notre président d’honneur). Ensuite, à l’occasion de recherches au Service Historique de la Défense à Vincennes, son nom figure bien dans la liste des résistants des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI). Enfin, Wladimir Rygaloff fut arrêté avec trois de ses camarades lors d’une mission de transport d’armes et il fut fusillé rue Jean Mermoz à Versailles le 24 août 1944. Le lendemain, la ville de Paris était libérée de l’occupant nazi.

Enfin, par cette photographie nous rendons aussi hommage à Marie-Thérèse Borg, disparue à la fin de l’année 2018.

Merci à Daniel Fouquerel, Jérôme Charraud et Claude Richard pour leur travail éminent et leurs contributions au site « Mémorial Gen Web ».

 

Sources :

 

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Publié le 22 Janvier 2022

Maurice Romagon.

Maurice Romagon.

Maurice Romagon nait le 27 juillet 1886 sur la commune des Riceys, dans le département de l’Aube. Il est le fils de Pierre Romagon et de Julie Déon.

Jeune, il apprend les métiers du bois afin de travailler dans l’entreprise paternelle. Mais Pierre décède en 1906. Maurice reprend l’entreprise. Scieur de bois, il a été Compagnon du Tour de France. L’expérience de chef d’entreprise est de courte durée car l’année suivante, il est incorporé au 6e bataillon d’artillerie à pied afin d’y faire son service militaire. Après ses deux années, il passe dans la réserve active (le 1er octobre 1909). Ayant repris son métier, il est néanmoins mobilisé au déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914, et intègre le 82e régiment d’artillerie lourde.

Maurice Romagon est surveillé de près. Membre du Parti Socialiste Ouvrier, il a été en première ligne pour la défense des vignerons champenois en 1910. Dix ans plus, il devient membre du Parti Communiste Français et est envoyé comme représentant de l’Aube au congrès de Tours. Ses idées lui font perdre son métier (l’entreprise familiale a disparu et il a été embauché par différentes scieries) et Maurice devient délégué au congrès fédéral du Parti communiste de l’Aube en 1923. En 1925 puis en 1929, il est candidat aux élections municipales de Saint-Julien-les-Villas (Aube, arrondissement de Troyes) et se spécialise dans les questions coopératives.

En 1937, Maurice Romagon est le candidat du parti aux élections cantonales. Il remporte finalement l’élection et devient conseiller d’arrondissement de l’Aube, élu au 3e canton de Troyes. En septembre 1939, alors que le Pacte germano-soviétique vient d’être signé, le Parti Communiste Français est interdit. Maurice Romagon milite contre cette décision. Il est arrêté et condamné. Il réussit à s’évader de la prison de Dijon en juin 1940. En juillet, avec sa fille Cécile, il reçoit l’ordre de Jacques Duclos, dirigeant du parti, de ramasser les armes abandonnées, d’aider à l’évasion des prisonniers de guerre, et de participer à la rédaction et la distribution de tracts contre l’ennemi nazi et le régime de Vichy.

En octobre 1940, il est de nouveau arrêté et emprisonné à Troyes, en même temps que son épouse, Edwige, née Jourdheuille. Ils sont condamnés à trois années de prison et incarcérés à la prison de Clairvaux. Le 7 mars 1942, Maurice Romagon demande à prendre la place d’un jeune de 17 ans, condamné à être fusillé. Ainsi meurt celui qui fut élu de la République. Des obsèques officielles sont célébrées le 1er mai 1945 à Troyes, et Maurice Romagon est déclaré Mort pour la France quelques mois plus tard.

Maurice et Edwige ont quatre enfants, qui tous suivent l’exemple des parents. Ils entrent en résistance. Les deux fils passent au maquis, mais sont arrêtés et envoyés au camp de Compiègne en janvier 1943. De là, ils sont transférés au camp de Ravensbrück puis à Buchenwald et Dora en 1945. Ils sont de la « Grande marche » qui voit les déportés effectuer des centaines de kilomètres à pied pour passer d’un camp à l’autre, au fur et à mesure de l’avancée des Alliés. Si Pierre est finalement libéré et rapatrié en 1945, Raymond meurt à Ellrich. Il faisait partie d’un Kommando de travail sur des chantiers de creusement de galeries souterraines. Raymond qui avait pris au maquis FTP (Francs-Tireurs et Partisans – communiste) le nom de Tronchet.

Une rue Maurice Romagon garde son souvenir à Troyes, et les noms de Maurice et de Raymond sont inscrits sur le monument aux morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux.
  • Albert Ouzoulias, Les Bataillons de la jeunesse. Les jeunes dans la Résistance, Ed. Sociales, 1969.
  • Albert Ouzoulias, Les Fils de la nuit, Grasset, 1975.
  • Site Mémorial GenWeb – Fiches individuelles avec les annotations de Jean-Pierre Buot, Michel Schoettel, Stéphane Protois et Patrick Ridey.

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Publié le 11 Juillet 2021

Simone Michel-Lévy.

Biographie.

Simone Michel-Lévy est née le 19 janvier 1906 à Chaussin (Jura). Son père était plâtrier.

Après le brevet élémentaire, elle déménage avec ses parents à Chauny dans l'Aisne où elle entre à seize ans et demi dans l'administration des PTT.

En 1939, elle est contrôleur-rédacteur au département "Commutation" de la Direction des Recherches et du Contrôle technique, rue du général Bertrand à Paris.

Dès l'Armistice, elle s'élève contre la capitulation de la France et entre dans la Résistance en décembre 1940.

En 1941, elle participe avec Maurice Horvais, à la création du réseau "Action PTT", sous la direction d'Ernest Pruvost, collègue rencontré lorsqu'elle était en poste à Chauny. Le réseau a pour but, en profitant des possibilités professionnelles des PTT, d'étendre sur toute la France une ramification de cellules de renseignements et de transmissions.

Dans un premier temps, Simone Michel-Lévy met toute son énergie à développer un système de "boîte aux lettres" pour les communications clandestines.

Ses missions d'adjoint, responsable du secteur "radio", la conduisent à se déplacer fréquemment pour organiser l'"hébergement" de postes émetteurs, notamment dans le Sud-ouest, en Bretagne, et en Normandie. A Caen, elle assure ainsi, fin janvier 1942, sous le pseudonyme de Madame Flaubert, la première liaison avec le groupe local de la résistance PTT d'Henri Le Veillé, à qui elle amène, début mars, deux opérateurs radio équipés de leur poste.

A l'automne 1942, le réseau "Action PTT", qui s'est développé, prend contact avec la "Confrérie Notre-Dame" (CND) du colonel Rémy et l'"Organisation civile et militaire" (OCM) du colonel Touny. Pour la CND, Simone Michel-Lévy met en place, Gare de Lyon, une centrale permettant le transport du courrier clandestin et de postes émetteurs, par voitures postales et sacs plombés, en s'appuyant sur les "ambulants" des PTT dirigés par Edmond Debeaumarché. Un dépôt identique existe à la Gare Montparnasse pour les expéditions vers l'ouest.

Elle réalise ainsi, sous les pseudonymes de "Françoise" et de "Madame Royale", un excellent système d'acheminement du courrier à travers la France, qui marche à la perfection, soit par voie maritime, c'est-à-dire jusqu'aux chalutiers, soit par voie aérienne, et cela dans les deux sens.

Dès les premières heures du Service du Travail obligatoire (STO) en 1943, elle établit plus de cent cartes professionnelles des PTT à des jeunes réfractaires. En janvier 1943, Simone Michel-Lévy devient agent P1 (régulier) puis agent P2 (permanent). Elle mène donc une véritable double-vie, extrêmement harassante et anxiogène. Son chef de service Gaston Letellier, qui ferme les yeux sur ses absences et ses retards, indique qu'à cette époque : « Après des nuits de veille, des voyages épuisants, au retour de missions périlleuses de parachutage, on revoit Simone à sa table de travail, les traits tirés, mais souriante. Rien ne pouvait entamer son ardeur et la véritable flamme qui l'animait ».

La trahison de "Tilden", chef-opérateur radio de la CND, qui est à l'origine du démantèlement de la CND, met fin brutalement à son action. Au soir du 5 novembre 1943, Emma est appelée d'urgence par ce dernier dans un café proche de son bureau, le "François Coppée", boulevard du Montparnasse. C'est un piège. Elle est immédiatement arrêtée et conduite 101 avenue Henri Martin, dans les locaux de Georges Delfanne, alias Masuy, auxiliaire français de la Gestapo. Abominablement torturée par Masuy, Simone Michel-Lévy ne parle pas et est livrée à la Gestapo de la rue des Saussaies.

Internée à Fresnes puis au camp de Royallieu (Compiègne), Simone Michel-Lévy quitte la gare de Compiègne le 31 janvier 1944 dans le convoi des "27 000". Elle arrive le 3 février au camp de Ravensbrück où, pendant la quarantaine, elle aide une camarade musicienne à organiser une magnifique chorale qui fait un moment oublier leurs peines aux prisonnières.

En avril 1944, elle est envoyée en Tchécoslovaquie, au kommando de Holleischen, dépendant du camp de Flossenbürg, pour travailler dans une usine d'armement qui fabrique des munitions anti-aériennes. Elle y continue son action de résistante en sabotant.

Affectée à l'atelier 131 A de l'usine, elle est chargée de faire passer sous une énorme presse des chariots de cartouches remplies de poudre. Avec deux autres déportées, Hélène Lignier et Noémie Suchet, elle ralentit la chaîne, la désorganise, ce qui se solde parfois, pour la production du Grand Reich, par un manque de 10 000 cartouches. Elles font fonctionner la presse à vide, ce qui l'endommage et constitue, pour elles-mêmes, un danger immédiat malgré la protection d'une tour en maçonnerie. C'est ainsi que finalement la presse saute et qu'un rapport de sabotage visant les trois femmes est rédigé et envoyé à Berlin via Flossenbürg.

La réponse d'Himmler revient plusieurs mois après, dans le courant d'avril 1945, alors que tonnent déjà alentour les canons américains. Entre-temps, elles ont été condamnées à la bastonnade, sentence de 25 coups de bâtons exécutée en présence du commandant du camp et devant leurs camarades déportées.

Le 10 avril 1945, Simone Michel-Lévy, Hélène Lignier et Noémie Suchet doivent partir immédiatement pour le camp de Flossenbürg, où elles sont pendues par les Allemands, le 13 avril, 10 jours seulement avant la libération du camp.

 

Décorations.

  • Chevalier de la Légion d'Honneur.
  • Compagnon de la Libération - décret du 26 septembre 1945.
  • Croix de Guerre 39/45 avec palme.
  • Médaille de la Résistance.
  • Croix du Combattant Volontaire de la Résistance.
  • Médaille des Blessés.
  • Médaille commémorative de la Guerre 39/45 avec barrette "Engagé volontaire".
  • Médaille de la Déportation et de l'Internement pour faits de Résistance

 

Inauguration à Issy-les-Moulineaux.

Le 3 juin 2021 à 15h, en présence de Jean Michel-Lévy, descendant de Simone Michel-Lévy, dAndré Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux, de Stéphane Richard, Président-Directeur Général d’Orange et du général Christian Baptiste, Délégué National de l’Ordre de la Libération, a été inaugurée la rue Simone Michel-Lévy dans le quartier Val de Seine d’Issy-les-Moulineaux. Une plaque commémorative sur les nouveaux bâtiments de Bridge, le siège social d’Orange, construit à l’emplacement des anciens locaux des P.T.T. dans lesquels se trouvait la DRCT, a par ailleurs été apposée.

 

Sources :

  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux.
  • Site de l’Ordre de la Libération.
  • Crédit photographique : Nicolas Fagot – Studio 9.

 

Simone Michel-Lévy.

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Publié le 23 Mai 2021

A la mémoire d’Honoré Commeurec, de Vanves.

Honoré François Commeurec nait à Rennes le 12 décembre 1878, fils de François Commeurec et de Marie Lavigne. Veuf de Julie Delalande, Honoré Commeurec épouse en secondes noces Marie-Louise Boucherie.

Frère de la loge "La Parfaite Union" à l'Orient de Rennes, il est directeur fondateur des Imprimeries Réunies, président de la fédération des coopératives de production de l'Ouest. De 1908 à 1935, conseiller municipal de Rennes, Honoré est aussi militant syndicaliste, dirigeant de la chambre syndicale des ouvriers du livre, puis dirigeant local du parti Socialiste clandestin. Il participe à l'impression de journaux libres, aide à la filière d'évasion d'aviateurs alliés pour le réseau Bordeaux-Loupiac. Il lutte contre le S.T.O. De fait, toutes ces activités font qu’il est d’abord repéré par la Gestapo puis arrêté le 8 février 1944 à Rennes. Il est interné à la prison Jacques Cartier à Rennes avant d’être transféré le 29 juin au Fronstalag 122 de Royallieu-Compiègne, dans l’Oise.

Le 28 juillet 1944, alors que la bataille de Normandie bat son plein, Honoré Commeurec est déporté par convoi à destination de Neuengamme. Les nazis lui tatouent le matricule 40160 sur le bras.

Le 13 février 1945, Honoré Commeurec meurt d’épuisement à Sandbostel dont le stalag X B était transformé pour recevoir les déportés en Allemagne du nord victimes d'épidémies. Il avait 66 ans. L’acte de décès est dressé le 20 septembre 1946 par le ministère des Anciens combattants. Son corps est par la suite ré-inhumé au cimetière du Nord à Rennes.

Une rue lui rend hommage à Saint-Jacques-de-la-Lande, en Ille-et-Vilaine, ainsi qu’une place à Rennes.

Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Vanves. Passant souviens-t’ en la prochaine que tu passeras devant !

 

 

Sources :

  • Site de la ville de Vanves.
  • Site Mémorial GenWeb : fiche de la ville de Vanves et fiches individuelles.

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Publié le 14 Février 2021

Gabriel Crié et Gaston Guittet.

Gabriel Crié et Gaston Guittet.

Gabriel Crié nait le 11 août 1910 à Rambouillet dans les Yvelines. Il est le fils d’Henri Crié et de Gabrielle Fauconberg. Quant à Gaston Guittet, il nait le 2 juin 1919 à Paris. Si le premier habite Vanves, le second est domicilié à Malakoff. Le premier est métallurgiste ; le second gardien de la paix.

 

Voici le récit de leur acte de résistance : militant de l’Union syndicale CGT des travailleurs de la métallurgie de la région parisienne, Gabriel Crié travaille à la Compagnie des Compteurs à Montrouge. Résistant communiste, il patrouille le 21 août 1944 dans les rues de Vanves avec Gaston Guittet. Le capot de leur camionnette est orné d’un drapeau tricolore. Ils aperçoivent un homme blessé. Ce dernier raconte le combat qui a opposé les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) aux SS (Schutzstaffel de l’allemand « escadron de protection »).

 

Les résistants chargent le blessé à bord de la camionnette pour le conduire chez un médecin, le docteur Gillet, avenue Marcel Martinie. A l’actuel carrefour de l’Insurrection (ce carrefour prendra ce nom à la suite des événements d’août 1944), les hommes sont pris pour cible par un groupe de SS postés dans un blindé ; ces derniers étant chargés d’assurer la protection des soldats allemands en fuite. L’échange de tirs est disproportionné et la camionnette s’écrase contre un arbre. Les deux résistants sont tués. Quant au troisième homme, Emile Beauchamps, il a survécu à ses blessures.

 

Gabriel Crié et Gaston Guittet sont tous les deux enterrés au cimetière de Malakoff.

 

 

Sources :

 

  • Site de la ville de Vanves.
  • Site Mémorial GenWeb : fiche de la ville de Vanves et fiches individuelles.
  • Crédits photographiques : Laetitia Filippi et Claude Richard.

 

 

Au carrefour de l'Insurrection de Vanves.

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Publié le 14 Avril 2020

Albert Frédéric Culot de Vanves et le Réseau Alliance.

« L’Arche de Noé ».

 

Le réseau s’implante d’abord en Zone libre, dès novembre 1940. Il se développe ensuite en Zone occupée à partir de 1942. D’abord appelé Navarre, le réseau Alliance est surnommé « Arche de Noé » par les Allemands, car les membres ne se connaissent que sous le nom d’animaux (Aigle, Hermine, Tigre…).

 

Pour des raisons politiques, financières et militaires, le fondateur du réseau Georges Loustaunau-Lacau préfère rapprocher le réseau de l’Intelligence Service britannique plutôt que de la France Libre.

 

Après l’arrestation de Loustaunau-Lacau, Marie-Madeleine Fourcade, qui s’appelle à l’époque Marie-Madeleine Méric – « Hérisson » - devient le chef du réseau et le restera jusqu’à la fin de la guerre. Alliance recrute dans tous les milieux sociaux et partout en France. L’un de ses principes consistant à mettre l’accent sur les fonctionnaires qui peuvent assez facilement obtenir des informations et en faciliter le transport.

 

Le réseau accueille les différentes vagues d'officiers de l'armée d'Armistice ralliés à la Résistance lors de l'invasion de la zone libre par les armées allemandes en . Par exemple son sous-réseau Druides est constitué en 1943 par l’encadrement des Compagnons de France (organisation de jeunesse créée par l'État Français).

 

Le S.R. Alliance se charge notamment du renseignement sur les sous-marins pour la bataille de l’Atlantique, du départ du général Giraud vers l'Algérie en et devient l’un des éléments de la résistance giraudiste. Mais le matériel et les fonds restent en provenance des Services Secrets anglais. Il transmet les informations sur l'emplacement des rampes de nouvelle armes construites par l'Allemagne et transfère une carte de la côte atlantique de 17 mètres précisant toutes les forces allemandes ce qui contribue au succès du grand débarquement. Mais en 1943, la pénétration d'un agent du poste Abwehr (service de renseignement de l’état-major allemand) de Dijon, Jean-Paul Lien (qui après la victoire sera arrêté et exécuté) provoque l'effondrement d'une grande partie du réseau, alors que « Hérisson » est à Londres. Début 1944, il ne reste plus que 80 agents actifs.

 

Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944, 107 membres du réseau « Alliance », emprisonnés au camp de Schirmeck, sont massacrés (exécutés pour la plupart d'une balle de Lüger dans la nuque) au camp de concentration du Struthof en Alsace et leurs corps incinérés dans le four crématoire du camp.

 

D'autres membres du réseau subissent le même sort dans les prisons allemandes le long du Rhin. Ainsi, le , soit quelques heures après la libération de Strasbourg par la 2e Division blindée de Leclerc, neuf membres d’Alliance, détenus à la prison de Kehl, sont fusillés par la Gestapo sur la rive allemande du Rhin et leurs corps jetés dans le fleuve. Trois autres sont tués à Fribourg-en-Brisgau dont le colonel Kauffmann et Pradelle, son lieutenant.

 

Au printemps 1944, le réseau avait rejoint le BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action) du colonel Passy ; unité de la France Libre.

 

Albert Frédéric Culot.

 

Albert Frédéric Culot nait à Vanves le 28 octobre 1896. Il est le fils de Victor Culot et d’Irma de Landry. Très jeune, il entre à la SNCF où la direction lui confie un emploi de cordonnier.

 

Agent du secteur « Grand Hôtel » (Centre de la France), il fait partie de l’état-major du réseau. Il œuvre auprès d’Edouard Kauffmann, lieutenant-colonel dans l’armée de l’Air. Culot est arrêté le 17 avril 1944, et est déporté, comme ses camarades, sous protocole Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard » en français – en application de ce décret, il est possible de transférer en Allemagne toutes les personnes représentant « un danger pour la sécurité de l’armée allemande » – saboteurs, résistants, opposants…– et à terme, de les faire disparaître dans un secret absolu).

 

Le 1er mai 1944, Albert Frédéric Culot est déporté dans le département du Bas-Rhin à Shirmeck, puis transférer au camp de concentration de Natzwiller-Struthof et exécuté comme beaucoup d’autres résistants dans la nuit du 1er au 2 septembre 1944.

 

Son nom apparait sur la plaque mémorielle du camp de concentration du Struthof ; sur le Mémorial de l’Alliance à Paris et à Vanves. Le mémorial parisien est dédié aux 432 membres d'un Service de Renseignements Militaires, morts pour la France sous l'occupation allemande entre 1940 et 1945, grâce au travail remarquable de Marie-Madeleine Fourcade (et de son équipe), fondatrice après-guerre de l'Association Amicale "Alliance" pour aider les anciens membres de son réseau et les familles des disparus. L'Association a pu retracer le destin de chacun d'eux et même pour 105 des fusillés en Allemagne, retrouver leur corps et les identifier.

 

 

 

Sources :

 

  • Site du Ministère des Armées : Mémoire des Hommes – Fiches individuelles.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelles.
  • Site sur le Réseau Alliance : www.reseaualliance.org

 

Le crématoire du camp de concentration de Natzwiller-Struthof.

Le crématoire du camp de concentration de Natzwiller-Struthof.

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