Publié le 31 Août 2008

Guy Ducoloné, au centre, pour la Journée de la Déportation 2008. A gauche, Roger Fleury, président de l’UFAC ; à droite, André Santini, ministre-maire, et Marie-Auguste Gouzel, maire-adjoint en charge des Affaires militaires.
 

 

Cette rentrée 2008 est marquée, pour le Souvenir Français et un grand nombre d’isséens et d’isséennes du sceau de la tristesse. Guy Ducoloné, à l'âge de 88 ans, nous a quitté le 25 août.

 

Le Souvenir Français tient particulièrement à lui rendre hommage. Depuis deux ans, Guy Ducoloné s’activait pour nous aider, facilitant les rencontres au sein des associations des anciens combattants et de la FNDIRP, l’association des Déportés sur laquelle nous avons écrit un article juste avant l’interruption des congés d’été, nous faisant don de son discours prononcé à Buchenwald le 14 juillet 2007, nous soutenant dans nos recherches pour le Devoir de Mémoire.

 

Né à Monsempron-Libos, dans le Lot-et-Garonne, le 14 mars 1920, Guy Ducoloné est d'abord ouvrier métallurgiste. Il adhère dès son plus jeune âge aux idées révolutionnaires et milite dans les Jeunesses communistes. Résistant à 20 ans dans les réseaux de son parti, il est arrêté et déporté au camp de Buchenwald.

 

Après la guerre, il épouse Madeleine Vincent, résistante communiste elle-aussi, déportée à Ravensbrück. Ensemble, ils vont gravir les échelons au sein de la hiérarchie du PCF, pour arriver au Comité central. Cet engagement politique se traduit également dans les élections : Guy Ducoloné est élu conseiller général d’Issy-les-Moulineaux en 1953 ; poste qu’il conserve jusqu’en 1988. De même, il gagne les élections législatives sur la ville en 1964 et demeure député pendant 24 ans. A l’Assemblée nationale, il est élu vice-président.

 

Député honoraire, président pendant des années de l’association internationale Buchenwald-Dora et Kommandos, commandeur dans l’ordre national du Mérite, officier de la Légion d’Honneur, il œuvre constamment pour le Devoir de Mémoire,  parcourant, entre autres, les écoles de la ville pour expliquer la Résistance et la Déportation aux jeunes générations.

 

Le 14 juillet 2007, devant les ruines du camp de Buchenwald, remerciant Gunther Pappenheim, qui adolescent en 1943 avait joué la Marseillaise pour faire plaisir aux prisonniers français - et il fut interné pour cela - Guy Ducoloné rappelait une nouvelle fois l'importance de ne jamais oublier ce qui fut : « Nous voulons que les jeunes et les moins jeunes conservent, non seulement le souvenir de nos camarades morts en ces lieux ; mais surtout qu’ils maintiennent le souvenir des causes et des responsables de leur mort et de nos misères. Aidons-les à refuser le mépris et la haine de l’autre quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion. (…) Aidons-les à refuser les idées de conquêtes mais à cultiver les idées de fraternité et de concorde entre les peuples ».

 

A nous d'oeuvrer pour que la mémoire de ce grand résistant demeure longtemps.

 

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