Publié le 29 Septembre 2008

 

Cadix Sosnowski, isséen. Fusillé en 1943, à l'âge de 17 ans.

 


- Roger Forget : 23 ans, arrêté le 5 janvier 1943, avec son camarade Denis Lavocade, alors qu’il tente de s’emparer d’un avion allemand sur le terrain du ministère de l’Air à Issy-les-Moulineaux. Il est fusillé le 7 juillet 1943 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- René Froment, 36 ans, pilote d’essai, membre du réseau du Musée de l’Homme, arrêté à Nantes le 10 octobre 1941 et fusillé le 20 août 1942.

- Albert Girard : 19 ans, menuisier chez Citroën, il s’engage dans les FTP en mars 1942, et a pour mission la recherche de locaux d’hébergement pour les combattants malades ou blessés. Il est arrêté en avril 1942 et fusillé le 11 août.

- Georges Herrewyn, né en 1923, vient aux FTP en décembre 1942 et prend les fonctions de commissaire – lieutenant – aux opérations régionales (Bonnières, Mantes, Sartrouville, Versailles, Conflans). Il participe à de nombreux déraillements sur les lignes Paris-Brest, Paris-Rouen, Paris-Dieppe. Arrêté le 21 mars 1944, il est fusillé le 1er juillet.

- Raymond Jaclard, 24 ans, très tôt engagé dans les combats de la Guerre d’Espagne, il poursuit son engagement après 1940. Dénoncé, pris par la police française, il est enfermé à Fresnes, jugé et fusillé le 7 mars 1944 (Chevalier de la Légion d’Honneur, Médaille de la Résistance, Croix de Guerre avec palmes – Source : Bulletin municipal d’Alfortville).

- Eugène Janneton, 22 ans, tourneur, il s’engage dans les FTP en mai 1943. Commissaire aux opérations, il est arrêté sur dénonciation le 23 mars 1944 et fusillé le 1er juillet.

- Edouard Larat, 42 ans. Chaudronnier, arrêté par les Brigades Spéciales le 16 mai 1942. Jugé à l’Hôtel Continental du 15 au 30 septembre 1942, il est fusillé le 21 octobre ; ce jour-là, il tombe sous les balles nazies avec 14 de ses camarades.

- Ernest Julien Laval, 41 ans, tourneur, membre du réseau Front National. Agent de liaison, il contribue à la distribution de tracts. Il est arrêté alors qu’il se rend à un rendez-vous et qu’il est porteur d’une machine à écrire. Il est fusillé le 5 octobre 1942.

- Jean Lefebvre, 21 ans. Etudiant en chimie, il s’engage dans les rangs des FTP de la Région parisienne, sous les ordres de Raymond Losserand, et est chargé de la fabrication des explosifs. Il achète et stocke les produits nécessaires aux fabrications. Par la suite, il en assure même le transport pour les remettre aux groupes de combat. Arrêté, il est jugé à l’Hôtel Continental et est, lui-aussi, fusillé le 21 octobre 1942 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- Désiré Legendre, né le 18 mai 1910 à Angers. Imprimeur, membre du PCF, il est arrêté le 1er décembre 1941, par les Renseignements généraux, alors qu’il distribue des tracts. Sur son dossier, il est fait mention : « Fusillé le 5 octobre 1942 au Mont-Valérien » ; pourtant, son nom est inscrit, à la même date, sur la stèle du Stand de Tir (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- René Legrand, né le 26 juin 1901 à Paris, Directeur de Service à la Compagnie France Navigation. Il demeure au 22, route du Plessis à Villiers-sur-Marne et est arrêté à son domicile sur dénonciation. Il est, lui-aussi, fusillé le 21 octobre 1942 (Ministère de la Défense). 

- Louis Lenoir : né le 6 février 1905 à Cloyes, en Eure-et-Loir, maçon. Il entre en 1940 au sein de l’Organisation Spéciale, qui engendre plus tard les FTP. Il est arrêté en décembre 1941 alors qu’il est en mission de sabotage. Interné à la prison du Cherche-Midi, il est fusillé le 5 octobre 1942 (Ministère de la Défense). 

- Claude Lornage : 50 ans, ajusteur armurier, il rejoint les FTP en mars 1941 comme responsable de la zone Conflans-Poissy. Il est arrêté à son domicile par les Brigades Spéciales et est fusillé le 29 septembre 1942. 

- Raymond Losserand, né en 1903, artisan fourreur. Il adhère au PCF en 1931. Militant actif et bon orateur, il devient secrétaire de la Section du 14ème arrondissement puis conseiller municipal de Paris. Mobilisé en 1940, interné, il s’évade et travaille à reconstituer le PCF, dissous. Il est nommé chef de l’Organisation Spéciale puis participe à la création des FTP. Il multiplie les actions contre l’ennemi nazi. Arrêté le 16 mai 1942 par la police française, et après de nombreux interrogatoires, il est remis à la Gestapo qui le fait fusiller le 21 octobre 1942. Par la suite, son épouse Louise est arrêtée à son tour et envoyée à Auschwitz-Birkenau, d’où elle revient miraculeusement. 

- Emile Louys, né en 1885, croix de guerre 14-18, capitaine au ministère de l’Armement, membre du BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action), service monté par le colonel Passy, alias André Dewavrin, sous l’autorité du général de Gaulle. Emile Louys organise le repli de personnels des usines d’armement et participe à la création du réseau La Vérité, dépendant du Musée de l’Homme. Arrêté le 29 novembre 1941, il est fusillé, presque un an plus tard, le 27 octobre 1942. 

- Lucien Micaud, né le 5 octobre 1923. Employé aux Etablissements Chausson de Gennevilliers, il entre aux FTP en 1942 sous les ordres de Jean Lefebvre. Arrêtés, ils sont fusillés le même jour, le 21 octobre 1942.

- Jean-Armand Morice, né le 1er décembre 1919. Employé SNCF, il s’engage dans les FTP en septembre 1942, et rejoint le groupe Rémy Roussel. Le 30 mars 1944, il tente de soustraire deux camions d’armes aux Allemands. Il est arrêté sur dénonciation à Saint-Ouen en avril 1944 et est fusillé le 4 juillet (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

- Robert Pavard, 20 ans. Fraiseur chez Citroën, militant des Jeunesses Communistes, il entre dans les FTP et, sous les ordres de Raymond Losserand, participe à plusieurs attaques à la grenade et à l’explosif contre les troupes allemandes. Arrêté, condamné par le tribunal allemand du Grand Paris, il est fusillé le 28 août 1942, avec une dizaine de camarades.

- Raymond Pochon, né en 1923, il entre aux FTP en février 1944. Il participe à des coups de main contre l’occupant. Arrêté le 20 mars 1944 à l’occasion d’une opération sur Chaville, il est fusillé le 1er juillet 1944. 

- Pierre Rebière, né le 20 février 1909, il participe à la Guerre d’Espagne – il est blessé à Madrid en 1937 – dans les Brigades Internationales. Il fait partie des créateurs de l’Organisation Spéciale, puis des FTP, dont il entraîne les premières troupes. Nommé membre du Comité militaire national des FTP, avec le grade de lieutenant-colonel, il abat un officier allemand à Bordeaux. Et ce, en riposte à l’exécution des otages de Chateaubriand. Arrêté le 15 décembre 1941 par les Brigades Spéciales, il est torturé puis remis à la Gestapo qui le condamne à mort. Il est fusillé le 5 octobre 1942.

René Rodier, 22 ans, jeune résistant FTP sous les ordres du colonel Fabien, il participe à un attentat contre les troupes allemandes. Comme son père au Mont-Valérien, il est fusillé, mais au Stand de Tir, le 28 août 1942.

- Rémy Roussel, 27 ans, membre du réseau de résistance Libération-Nord, chef de groupe FTP, il tente, le 30 mars 1944, avec sept camarades et la complicité du chef de gare, de voler deux wagons d’armes à la gare de Saint-Ouen. Il est fusillé le 4 juillet 1944 (Ministère de la Défense). 

- Alfred Seguin, né le 23 juin 1941 à Saint-Brieuc, il s’engage dans les FTP en septembre 1941. Chef de groupe à Angers, il distribue des tracts et des journaux clandestins, puis participe à la destruction de lignes téléphoniques. Jugé à l’hôtel Intercontinental, il est fusillé le 5 octobre 1942 (son nom est également mentionné au Mont-Valérien – source : Ministère de la Défense). 

- Cadix Sosnowski, 17 ans, étudiant, membre de l’Union de la Jeunesse Juive, il s’engage dans un groupe de FTP d’Issy-les-Moulineaux. Il participe à plusieurs attentats, dont une attaque de véhicules allemands le 18 mars 1943, près de l’Ecole militaire. Arrêté par la police française dans une maison où il s’était réfugié, dénoncé par un passant, il est fusillé le 26 mai 1943 (Ministère de la Défense – Bureau Résistance). 

- Hyacinthe Tilly, 34 ans, il entre dans les FTP de la région de Chatelaudren en février 1943. Auteur de plusieurs attentats en Bretagne, il est arrêté en novembre 1943 et est fusillé au Stand de Tir le 24 juin 1944 (Ministère de la Défense).

- André Truchot, 21 ans, dessinateur, travaille comme livreur de colis et garçon de café pendant l’Occupation. Recherché par la Gestapo, il est arrêté et fusillé le 7 mars 1944 (son nom est également mentionné au Mont-Valérien – Source : Ministère de la Défense). 

- Marcel Vigne, né le 6 août 1904 en Ardèche, meunier aux Grands Moulins d’Angers, il s’engage dans les FTP en 1941. Il est arrêté alors qu’il prépare l’incendie des stocks allemands aux Grands Moulins, il est fusillé le 5 octobre 1942 (Ministère de la Défense). 

- René Vouhe, né en 1902 à Paris, il s’engage dans les FTP en décembre 1941 sous les ordres de Jean Debrais. Il participe à plusieurs attentats, entre autres le jet d’un engin explosif rue de l’Université. Arrêté le 22 avril 1942, il est fusillé le 28 août.

 

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Publié le 26 Septembre 2008

Robert Beck.

De nombreux éléments biographiques ci-après ont été obtenus grâce au site Internet www.plaques-commemoratives.org dirigé par Lionel Lechevallier et François Tanniou, soutenu, entre autres, par la Mairie de Paris, le Conseil général du Val-de-Marne, l’Etablissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense (ECPAD) et la RATP (retrouvez les portraits de certains des fusillés dans l’album : Stand de Tir – Fusillés). 
 

  • - Victor Beaussier nait le 5 septembre 1911 à Seiches-sur-le-Loir. En Anjou et en Touraine, entre juin 1940 et octobre 1941, il participe à des distributions de tracts, des sabotages de voitures allemandes, des lignes téléphoniques. Puis il fait du transport d’armes. Arrêté par les Brigades spéciales, il est fusillé le 5 octobre 1942.
  • - Robert Beck : né en 1897, dans une famille de syndicalistes de la CGT (Confédération générale du travail), Robert Beck est arrêté le 2 juillet 1941 par la police française et la Gestapo, alors qu’il dirige un réseau de renseignements pour le compte de l’Internationale communiste. Interrogé à moult reprises, il donne aucun nom et est fusillé le 6 février 1943.
  •   - Charles Bergeyre, né en 1913, entre en résistance en février 1941. Il participe aux sabotages des usines Renault et protège la manifestation du 14 juillet 1942. Arrêté en août 1942, il est fusillé le 25 septembre. 

    - André Bernardeau, né le 20 avril 1903, employé à la SNCF, fait partie de Résistance-Fer. Adhérent au PCF (Parti communiste français) en 1935, il en est devenu l’un des leaders. Il sabote, entre autres, une cabine de raccordement de câbles téléphoniques. Arrêté par la Brigade Spéciale de Paris en décembre 1941, jugé en septembre 1942, il est fusillé avec ses camarades le 5 octobre 1942. 

    - Mary-Emile Besseyre, 35 ans, communiste, un des responsables des FTP (Francs-Tireurs Partisans) de Paris, avec Gaston Carré et Raymond Losserand, est arrêté en mai 1942 suite à une filature. Il est fusillé le 21 octobre 1942. 

    - Carlo de Bortoli, 37 ans, ancien artisan brestois, membre des FTP, responsable de l’organisation au sein des travailleurs du bâtiment, est arrêté au lendemain d’un sabotage à l’Ecole Navale. Fusillé à Balard le 28 août 1942. 

    - Henri Brunet, 41 ans, démobilisé en juin 1940, alors qu’il est capitaine du Train des Equipages, rejoint sa Normandie, et grâce à son atelier de reproduction, propose de travailler pour les Allemands. Tous les plans des fortifications de Normandie et de la Manche passent dans l’atelier, où ils sont fournis également au réseau de résistance Turma. Découvert, Henri Brunet est fusillé le 29 septembre 1943. 

    - Gaston Béraut : né à Paris en 1921, il participe à la manifestation des étudiants à l’Arc de Triomphe en novembre 1940, puis entre dans la Résistance et devient commandant FTP pour la région de Villiers. Arrêté le 13 août 1942, il est fusillé le 21 octobre de la même année. 

    - Gaston Carré : employé des abattoirs de La Villette, ancien des Brigades Internationales pendant la Guerre d’Espagne en 1937, il est fait prisonnier en juin 1940, puis est libéré en juillet de l’année suivante. Désigné avec Raymond Losserand par le PCF, pour prendre la direction des FTP pour la Région parisienne, il participe à de nombreux sabotages des usines Renault, Citroën, Hotchkiss, des sabotages de moyens de communication, des déraillements de trains. Gaston Carré est arrêté le 12 mai 1942 avec certains de ses camarades et est fusillé le 21 octobre. Son épouse, Yvonne, sera déportée à Auschwitz où elle mourra, dévorée par des chiens en mars 1945 (source : Ministère de la Défense – Bureau Résistance). 

    - Gaëtan Charpentier, 34 ans, membre du réseau Hector. Linotypiste et typographe, il est arrêté pour avoir fait paraître le journal Le Gaulliste. Il est fusillé le 5 octobre 1942. 

    - André Chesnot, 21 ans, résistant FTP du groupe Victor Hugo, ayant participé à la destruction de voies de chemins de fer. Arrêté en août 1943, il est fusillé en mars 1944 au Mont Valérien. Il figure cependant sur la stèle des fusillés du Stand de Tir (à la date du 7 mars 1944). 

    - Georges Demesy, 46 ans, agent d’assurance, responsable des FTP de Villiers-sur-Marne, il réalise plusieurs opérations dont l’incendie des filets de camouflage de l’artillerie à Plessy. Arrêté en août 1942, il est fusillé le 21 octobre. 

    - René Dervaux, 34 ans, médecin engagé aux FTP en 1941, il créé un service de renseignements, participe à la récupération d’armes et leurs transports, et met en place un réseau sanitaire pour les blessés. Arrêté le 17 octobre 1943, il est averti au téléphone par un policier résistant. Mais en sortant de chez lui, la voiture de la Brigade Spéciale est devant sa porte… Fusillé le 7 mars 1944 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - André Diez, 21 ans, étudiant en chimie, résistant FTP, il est arrêté par la police française alors qu’il élabore des engins explosifs. Il est fusillé le 22 août 1942 (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Henri Douillot, 41 ans, conseiller municipal communiste, démobilisé puis interné politique à Sisteron jusqu’en mars 1941, il s’évade et, sous la direction de Raymond Losserand, effectue des distributions de tracts et des sabotages. Ensuite, il abat un soldat allemand le 20 avril 1942. Arrêté le mois suivant, il est fusillé le 21 octobre de la même année (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Fernand Drouin, né le 2 novembre 1909, agent d’assurances, officier du 2ème Bureau de l’Air, agent de renseignement ayant, entre autres, organisé le passage de parachutistes anglais et canadiens en Zone libre. Arrêté an août 1942, il est fusillé le 5 septembre (Ministère de la Défense, Bureau Résistance). 

    - Engros : famille de trois frères : Marcel, né le 20 décembre 1917, exécuté au Mont-Valérien le 23 mars 1942 ; Lucien, né le 15 mai 1920, torturé et massacré au Stand de Tir, le 28 août 1942 ; André, né le 21 novembre 1926, condamné à mort et fusillé au Mont-Valérien le 19 janvier 1943. Leur mère disparaît mystérieusement pendant cette période et n’a jamais reparue. Adam Rayski évoque l’hypothèse d’un rapt et d’une élimination par la Gestapo. 

    - André Fauré, bijoutier, secrétaire de la section d’Aubervilliers du PCF, arrêté pendant la « drôle de guerre », il est envoyé au camp de Gurs. Il s’évade et prend une activité de résistance. Arrêté de nouveau, il est fusillé le 21 octobre 1942.

    - Maurice Feld, né le 27 juillet 1924 à Varsovie. Résistant dès 1941, il participe de nombreuses actions contre la Wehrmacht. Libéré compte tenu de son âge, il est à nouveau arrêté et fusillé le 28 août 1942. 

    - Fontaine père et fils : Jules Eugène, 39 ans, responsable FTP pour la région de Fougères, et son fils, Roger Joseph, 17 ans – mais 13 ans au moment de son entrée dans la Résistance – sont arrêtés en novembre 1943, alors qu’ils ont derrière eux plusieurs actes de sabotage, des déraillements, des coups de mains et des attaques à la grenade contre la feldgendarmerie locale. Ils assurent également le ravitaillement de FTP et de réfractaires qu’ils abritent. Ils sont fusillés ensemble, le 24 juin 1944, à Fresnes, mais leurs noms sont inscrits sur la stèle du Stand de Tir (Ministère de la Défense, Bureau Résistance).

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Publié le 24 Septembre 2008

En 1940, Jean-Marie Arthus (15 ans), Jacques Baudry (18 ans), Pierre Benoît (15 ans), Pierre Grelot (17 ans) et Lucien Legros (16 ans) étudient au lycée Buffon, boulevard Pasteur à Paris. Comme bon nombre d’adolescents, dans l’enthousiasme et l’innocence de leur jeunesse, ils souhaitent s’en prendre à l’occupant. L’un de leurs professeurs – Raymond Burger – est arrêté pour avoir créé le mouvement de résistance Valmy. Les lycéens s’insurgent ; tentent d’entraîner leurs camarades dans des actions de protestation. Ils organisent des manifestations, sont reconnus et dénoncés. Seul, Pierre Benoît parvient à s’échapper et rejoint un groupe de FTP (Francs Tireurs-Partisans) à Moret-sur-Loing, près de Fontainebleau où il participe à des actions de sabotage. Il est à son tour arrêté par la Brigade Spéciale n°2 des Renseignements Généraux et retrouve ses camarades à la prison de la Santé, non sans avoir été longtemps torturé au moment de son passage dans les locaux de la police française et de la Gestapo.

Le 15 octobre 1942, les cinq jeunes sont condamnés à mort par le tribunal de la Luftwaffe et sont transférés à la prison de Fresnes. Ils sont exécutés au Stand de Tir le 8 février 1943.

 Adam Rayski présente dans Au Stand de Tir, les dernières lettres des lycéens, dont voici des extraits :

  •  - Jacques Baudry : « Mes pauvres parents chéris, on va m’arracher cette vie que vous m’avez donnée et à laquelle je tenais tant. C’est infiniment dur pour moi et pour vous. J’ai eu la chance de savoir, avant de mourir, que vous étiez courageux ».
  •  - Lucien Legros : « Je vais être fusillé à onze heures avec mes camarades. Nous allons mourir le sourire aux lèvres car c’est pour nous le plus bel idéal ».
  • - Pierre Benoît : « Pendant ces longs mois, j’ai beaucoup pensé à vous et j’aurais voulu, plus tard, vous donner tout le bonheur que votre affection pour moi, méritait en retour ».
  • - Pierre Grelot : « C’est la fin !… On vient nous chercher pour la fusillade. Tant pis… Mourir en pleine victoire, c’est un peu vexant, mais qu’importe ! … Le rêve des hommes fait événement ».
  • - Jean-Marie Arthus : « Mon grand chéri. Je ne sais si tu m’attendais à me revoir, je m’y attendais. On nous a appris ce matin que c’était fini, alors adieu ! ».

Depuis 1958, dans le XIVème arrondissement de Paris, existe une place « Martyrs des Cinq Martyrs du Lycée Buffon ». En 1952, la République française avait décidé de transférer leurs cendres dans la crypte de la Sorbonne.
 

 

 

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Publié le 19 Septembre 2008

9 – L’inauguration de la plaque commémorative en 1961 :

 

Le 23 avril 1961, trois ans avant la destruction du Stand de Tir, une plaque commémorative est inaugurée à l’initiative de l’Association des familles de fusillés. La plaque rappelant les noms des 143 martyrs est placée sur le mur du parking du ministère de l’Air (Base Aérienne 117). Adam Rayski rappelle que cette association bénéficia des appuis des mairies du XVème arrondissement de Paris et d’Issy-les-Moulineaux (le maire était Bonaventure Leca).

 

Sur la photographie de l’album présenté sur note site internet, se trouve le cliché – issu du livre d’Adam Rayski – qui montre, sur la tribune, Madame Decourdemanche, ancienne résistante. Elle termine son discours par ces mots : « N’oubliez pas votre devoir de Mémoire ». 

 

10 – La destruction de 1964 :

 

 

Une note du 14 février 1963 du Bureau Génie de la Direction de l’Infrastructure expose les conséquences en termes de superficie pour la construction de nouveaux bâtiments (« Casernement définitif de la B.A. 117 » – Base Aérienne). Précisément, pour construire les bâtiments nécessaires pour accueillir 500 sous-officiers, 2.000 hommes de troupe, un réfectoire, un mess (et d’autres bâtiments de services généraux), une surface de 4,7 hectares est indispensable De ce fait, il convient de prendre les parcelles, dénommées A, B et C (sur un plan dont une photographie figure dans l’album « Stand de Tir »). Le Stand de Tir est placé sur la parcelle A. 

Dans une note du 24 juin 1964, le Bureau Travaux de la Direction de l’Infrastructure de l’Armée de l’Air, ayant pour objet le Déplacement du Stand de Tir dit « de la Porte de Sèvres », indique ceci :

 

  • - « relatives au déplacement du Stand de Tir dit « de la Porte de Sèvres » dont le terrain d’emprise doit servir d’assiette à certaines installations du Casernement définitif du B.A. 117 ».
  • - « Il est précisé que la zone concernée est destinée » (…) « à l’édification d’un bâtiment services généraux et logement troupe ».
  • - « il conviendrait que soient examinés dès à présent les problèmes de principe posés par le transfert du Stand de Tir en cause ».

 

Un peu plus loin, le Bureau Travaux propose d’envisager le transfert du Stand de Tir sur la Base Aérienne de Villacoublay, « moyennant une participation financière de l’ordre de 1 million de francs au titre de la Section AIR ». Le colonel Arpurt, Chef du Bureau Militaire de la Direction de l’Infrastructure approuve cette note transmise à l’Etat Major pour avis.

 

Nous n’avons pas trouvé les éléments de réponse de l’Etat Major. Quoi qu’il en soit, par la suite, le transfert à Villacoublay est annulé et le Stand de Tir est bel et bien détruit pour être remplacé par les bâtiments dont il est question dans la note de juin 1964.

 

 

11 – Commémorations :

 

Depuis l’inauguration de la plaque de 1961, des commémorations ont régulièrement lieu à l’endroit où se trouvait le Stand de Tir. Elles sont l’œuvre de la mairie de Paris, du Souvenir Français du 15ème arrondissement (Présidé par Eric LENFANT), des associations d’Anciens Combattants.

N'oublions jamais qu'en ces lieux, si proches de Paris, si proches de nous,  furent massacrés 143 Résistants et Patriotes. Dans de prochains articles, le Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux présentera quelques-uns de ces martyrs.

"Les Allemands étaient chez moi
On m'a dit résigne-toi
Mais je n'ai pas pu
Et j'ai repris mon arme"


Emmanuel d'Astier de la Vigerie, la Complainte du Partisan.

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Publié le 15 Septembre 2008



 

 

5 – Les bourreaux du Stand de Tir :

 

Dans son livre, Adam Rayski présente les bourreaux du Stand de Tir. Il s’agit de la GFP et de groupes associés, appuyés et renseignés par la police française.
En 1942, Karl Oberg fait renaître à Paris la GFP (Geheime Feld Polizei), police militaire secrète, organe exécutif de l’Abwehr, contre-espionnage du Reich. Il s’agit d’accélérer la traque des Résistants. 

Le « groupe 6/10 » est créé : il s’agit d’un « Kommando für Kapital Verbrechen », ou crime suprême, dont les hommes vont administrer le Stand de Tir en véritables barbares. En cela, ils seront aidés pour les filatures, les traques, les interrogatoires et les tortures par la Brigade Spéciale n°2 de la préfecture de Police de Paris. 

 

6 – Les victimes :

 

A ce jour, nous n’avons pas trouvé les raisons qui poussaient les autorités allemandes à choisir le Stand de Tir ou le Mont Valérien, ou d’autres lieux encore, pour exécuter les Résistants et prisonniers. 

Au Stand de Tir, 143 personnes (répertoriées) sont fusillées entre 1942 et 1944. Sur ces 143 personnes, 54 avaient moins de 25 ans, 22 avaient entre 18 et 20 ans, 4 n’avaient que 17 ans. 

Les massacres commencent le 6 juillet 1942. Certaines journées voient les exécutions se succéder sans interruption : 6, le 20 août 1942 ; 12, le 28 août 1942 ; 17, le 5 octobre 1942 ; 15, le 21 octobre 1942 ; 16, le 7 mars 1944. 

La liste des personnes fusillées au Stand de Tir est l’une des images de l’album présenté sur notre site internet (des articles sur les fusillés et leur biographie vont suivre la publication de cette étude).

 

 

7 – Le Mur d’amiante :

 

L’une des énigmes du Stand de Tir réside en un épais mur d’amiante, qui se trouvait derrière des poteaux d’exécution (se reporter à l’illustration par la photographie se trouvant au début de cette étude) du pas de tir à 50 m. Il s’agissait d’un mur assez épais sur une hauteur d’environ 2,50 m et une longueur d’une dizaine de mètres.

 

7.1 – Les traces de mains :

 

Ce mur comportait de nombreuses traces de mains. Pas de traces laissées à plat, mais enfoncées dans le matériau, comme si l’on avait voulu s’y agripper. Dans son enquête, le commissaire Henri Danty fait la remarque suivante : « Au pas de tir, et sur une longueur de dix mètres, et sur toute leur hauteur, les murs sont tapissés d’une épaisse couche d’amiante et portent jusqu’à une hauteur de 2m50 des centaines d’empreintes de mains ».

 

Plusieurs hypothèses sont envisageables.

 

 

7.2 – Caractéristiques du matériau :

 

D’abord, il semble certain que les personnes qui ont posé ou fait poser ce mur d’amiante connaissaient parfaitement les caractéristiques du matériau. Des rapports font état des propriétés phoniques de l’amiante. Le mur aurait donc été construit pour limiter les nuisances sonores. De fait, cela peut s’expliquer par la nature même des activités exercées. Pour autant, le mur a-t-il été construit au moment de l’occupation allemande ou avant ? Il convient néanmoins d’indiquer qu’avant la présence allemande aucune note ni rapport ne fait mention de la construction spécifique.

 

Une deuxième hypothèse, présentée par Adam Rayski dans l’ouvrage Au Stand de Tir consiste en la supposition que les Allemands posèrent ce mur d’amiante et qu’ils le faisaient chauffer grâce à des câbles électriques placés à l’intérieur. Ainsi, monté à haute température, le mur d’amiante permettait d’ôter la vie aux suppliciés qui voulaient s’y accrocher pour échapper aux balles.

 

Cette hypothèse laisse sous entendre que les fusillés n’étaient pas forcément attachés et les yeux bandés, et que les Allemands pouvaient, par exemple, les faire courir et que les suppliciés s’accrochaient au mur dans l’espoir d’atteindre les soupiraux placés au-dessus du fameux mur. Cette macabre mise en scène est parfaitement illustrée dans le film l’Armée des Ombres de Jean-Pierre Melville, tourné en 1969. 

 

7.3 – Une chambre à gaz :

 

Là encore, il convient d’être très prudent. L’astrophysicien Jean-Pierre Petit a fait des recherches sur le Stand de Tir de Balard. Sur le site internet de son association « Savoir sans Frontières », il commence par mentionner sa propre expérience :

 

« J’ai été élève à l’Ecole Nationale Supérieure de l’Aéronautique de Paris, Supaéro, de 1959 et 1961. Les élèves de différentes Grandes Ecoles bénéficiaient d’un traitement spécial, vis-à-vis d’une formation prémilitaire (…). Cet entraînement comportait des séances de tir qui se tenaient dans un stand situé à Issy-les-Moulineaux. Je me souviens parfaitement qu’une salle de ce stand était tapissée de grillage, qui retenait, plaqué au mur, d’épaisses plaques d’amiante, qui représente un assez bon isolant phonique. D’après les photographies prises au moment de la Libération de Paris, ce grillage fut apposé après. Un sous-officier, préposé au tir, m’expliqua qu’il s’agissait de traces de doigts des gens qui avaient été gazés dans ce local et qui avaient cherché à grimper au mur pour échapper au gaz mortel ».

 

Jean-Pierre Petit présente des témoignages :

- Roger Réant : « Vu de mes yeux sur les lieux des cartouches de Ziklon B, des traces invraisemblables de mains sur le revêtement intérieur installé pour retenir les cris des mourants. Des cercueils en sapin à l’extérieur, des poteaux d’exécution criblés à hauteur des visages. Cette chambre à gaz jouxtait la bâtiment couvert du stand de tir. Elle comportait une fausse cheminée par laquelle la gestapo introduisait la cartouche mortelle de gaz. Des ventilateurs après l’exécution vidaient les gaz vers l’extérieur.

- Maurice Grégoire : « Je soussigné Monsieur Grégoire Maurice, engagé volontaire le 9 octobre 1944 au 117ème Bataillon de l’Air, boulevard Victor à Paris, certifie avoir découvert avec horreur lors de mon arrivée à la caserne les endroits où étaient fusillés les patriotes après leur arrestation. Cinq étaient situés dans le Stand de Tir et quatre dans la chambre à gaz ».

- Robert Vizet : « Je soussigné, Robert Vizet, parlementaire honoraire, ancien résistant, engagé volontaire pour la durée de la guerre 1939-1945, demeurant route de Villaine à Palaiseau, déclare me rappeler que lorsque j’étais de garde au Ministère de l’Air, en octobre 1944, d’avoir eu l’occasion de visiter le polygone d’Issy-les-Moulineaux où avaient été fusillés des résistants. Loin de là se trouvait une bâtisse dont l’intérieur était tapissé d’amiante où l’on voyait encore des traces de doigts, de mains qui semblaient exprimer des tentatives de gens qui s’y trouvaient enfermés, pour se hisser vers les soupiraux vitrés mais hermétiquement clos, afin de se soustraire à la suffocation des gaz. C’était, d’après les témoignages de l’époque, une chambre à gaz destinée dans ce secteur à l’extermination certainement de résistants ou de personnes dont les nazis voulaient se débarrasser. C’est vrai que depuis je n’ai pas eu à connaître ce qu’était devenu le lieu de tortures et d’exécutions par les gaz ».

 

Il est vrai qu’en France occupée existaient des endroits de tortures et des chambres d’extermination (cas d’un camp de travail à Thil et de son four crématoire, près de Longwy). De fait, Adam Rayski dans son ouvrage fait également mention d’une salle, photographie à l’appui, parfaitement isolée du reste du stand, mais qui comportait une installation de fours, « alimentés au gaz ou, éventuellement, au charbon », selon ses propres termes. Il indique également que le pas de tir à 50 m avec son mur d’amiante était bien isolé du pas de tir à 200 mètres. Les suppliciés étaient-ils gazés et / ou leurs restes brûlés ? Nous n’avons pas de preuves irréfutables.

 

 

8 – Le Stand de Tir ne sera pas classé « Monument historique » :

 

Dès la fin de la guerre, des voix commencent à s’élever afin de proposer de conserver le Stand de Tir tel quel et d’en faire un lieu de mémoire.

 

Le 16 février 1946, le ministre de l’Education nationale, Marcel-Edmond Naegelen estime dans une lettre : « qu’il y aurait intérêt de faire classer comme monument historique le Stand de Tir d’Issy-les-Moulineaux afin de conserver dans son état actuel ce lieu qui aurait été le témoin des atrocités allemandes » (document recueilli par Adam Rayski). 

Sur ordre du ministre de l’Intérieur, André Le Troquer, une enquête est demandée au préfet de Police de Paris, Charles Luizet, qui la délègue aux Renseignements généraux. Le document, en date du 8 avril 1946, est signé S. Allezain, par délégation du préfet Luizet et mentionne : «  Il apparaît que le classement du Stand comme monument historique ne présente plus beaucoup d’intérêt, les traces d’atrocités commises ayant à peu près disparues ».

 

Le préfet ajoute : « Tour à tour, les marques et traces de la barbarie nazie disparurent : chacun voulant emporter chez lui un souvenir. Ainsi, les marques des mains sur l’amiante furent emportées par les uns. D’autres, stupéfiés par la hauteur des empreintes faites sur l’amiante par les malheureuses victimes dans leurs détentes éperdues s’essayaient à sauter aussi haut qu’elles et détérioraient les véritables marques ». 

Il semble qu’André Le Troqueur ait confirmé cette décision.

 

Une précision s’impose : dans les mois qui suivent la Libération de Paris, le préfet Luizet est chargé par le général de Gaulle de remettre en marche l’Etat et principalement la préfecture de Police de Paris. Avec pour objectif secondaire d’afficher une volonté de réconciliation. Car des tensions existent, et elles sont importantes, entre les représentants des Forces Françaises de l’Intérieur (comprenant entre autres les résistants communistes ex-Francs Tireurs Partisans), les gaullistes, les représentants de l’administration, ceux qui se découvrent un passé de résistant... L’heure est également à l’épuration des personnes ayant collaboré avec les autorités allemandes. Mais à quel niveau de collaboration, un Français doit-il être jugé ? Un fonctionnaire qui a fait son devoir, c’est-à-dire obéi à sa hiérarchie, doit-il pour autant être considéré comme collaborateur de l’Allemagne nazie ? Les débats commencent, comme les procès, et un grand nombre de déclarations s’avère gênante. Vengeances personnelles, dénonciations, abus, lettres anonymes reprennent de plus belle, comme au temps de l’Occupation… Cela n’empêche pas la prononciation de près de 100.000 condamnations.

 

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Publié le 11 Septembre 2008

En novembre 2003, le journal d’Issy-les-Moulineaux Point d’Appui publiait un article d’appel à témoin afin d’en savoir plus sur un lieu oublié de la Résistance : le Stand de Tir.

 

La contribution du général Jean-Claude Ichac, les recherches de notre Comité et le livre d’Adam Rayski (édition de la Direction Générale de l’Information et de la Communication de la mairie de Paris), qui fut l’un des fondateurs du CRIF et qui nous a quitté en mars dernier, nous permettent d’exposer aujourd’hui les éléments ci-après en 11 points. 

Retrouvez les illustrations (extraits du livre d’Adam Rayski, Notes de l’armée de l’Air, plaque commémorative…) dans l’album de photographies intitulé : « Stand de Tir ».
 


 

1 – Création du Stand de Tir :

 

 

Le Stand de Tir de Balard fut créé en 1938 sur les terrains de l’Ecole Supérieure de l’Aéronautique. Il était destiné à l’entraînement des jeunes militaires. Les policiers venaient également s’y entraîner. Nous n’avons pas trouvé les raisons qui expliquent le choix de l’emplacement. Le Stand de Tir comportait deux pas de tir : le premier à 200m et le second à 50m.

 

 

2 – Lieu d’implantation :

 

Le lieu d’implantation du Stand de Tir a fait couler beaucoup d’encre. Etait-il sur la commune de Paris ou d’Issy-les-Moulineaux ? Les deux serions-nous tenté d’écrire. En fait, le Stand de Tir fut bâti sur l’ancien Champ de Manœuvres, endroit fort connu des anciens isséens, et qui fut berceau de l’aviation. Ce camp d’essais était situé à cheval sur les deux communes actuelles.

 

La localisation exacte du Stand de Tir, comme le montre les plans et les photographies présentées dans l’album « Stand de Tir » le situent juste au-dessus de l’actuel boulevard périphérique, à gauche de l’avenue de la Porte de Sèvres, quand on vient d’Issy. Plus précisément, il se situait sur la parcelle Ouest (dénommée également Parcelle A par les services de la Direction de l’Infrastructure de l’Armée de l’Air).

 

Un plan de 1963 montre également que le Stand de Tir se situait au sud des Services Techniques de la Marine Nationale.

 

 

3 – L’occupation allemande de 1940 et 1941 :

 

Après l’invasion de mai 1940, l’ensemble des bâtiments du ministère de l’Air et ceux jouxtant ce ministère, sont occupés par la Lutwaffe. L’armée et la police allemande s’installent dans plusieurs endroits de la capitale (hôtels, casernes, bâtiments administratifs) ; le plus célèbre étant l’hôtel Meurice sur la rue de Rivoli.

 

Depuis 1939, la police allemande est composée de la Geheime Staatspolizei (Gestapo – police secrète d’Etat) et du Sicherheitsdienst (SD – Service de Sécurité) de la SS (Schutzstaffel – initialement chargé de la protection du Führer, Adolf Hitler, puis devenu véritable Etat dans l’Etat). L’ensemble porte le sigle RSHA (Reichssicherheitshauptamt – Direction de la Sécurité du Reich).

 

Au départ, la Résistance française se manifeste principalement à l’extérieur, sous l’égide du général de Gaulle. C’est cette puissance qu’on appelle la France Libre, composée des Forces Françaises Libres. Peu à peu, d’abord sous forme d’actions de renseignement avant de passer à des actions de sabotage, d’exécution ou de signes contre l’Allemagne nazie, la Résistance française se montre également à l’intérieur du territoire national, que ce soit en Zone Occupée ou en Zone Libre.

 

 

4 – Le « tournant » de 1942 :

 

1942 marque un tournant. Il s’agit de la conjonction de la nomination d’un nouveau chef pour la police allemande, la collaboration accélérée et systématique de la police française et l’unification de la Résistance française par le préfet Jean Moulin, donc des actions de plus en plus visibles.

 

4.1 – L’application du décret d’Adolf Hitler :

 

Le 9 mars 1942, Adolf Hitler signe un décret qui dote la France d’un Chef suprême des SS et chef de la police, en la personne de Karl Oberg. Ce chef est en outre chargé d’organiser les rapports avec la police française.

 

Dès le mois d’avril, la Gestapo s’introduit en Zone Libre et commence ses enquêtes. Le décret entre en application en mai ; en juin, Karl Oberg prend ses fonctions (identiques à celles d’Himmler en Allemagne) et s’installe boulevard Lannes. Sous son commandement, deux entités sont créées : le BdS (Befehlshaber der Sicherheitspolizie und des Sicherheitsdienstes – 2.500 hommes), dont le quartier général se trouve avenue Foch (Helmut Knochen en est le directeur), et l’Ordnungspolizei (ORPO, de l’ordre de 2.400 hommes), dont le chef est von Schweininchen et qui s’installe rue de la Faisanderie.

 

En juillet 1942, Karl Oberg rencontre René Bousquet, Secrétaire général de la police française depuis le mois d’avril. Ils se mettent d’accord pour collaborer. Adam Rayski, dans son ouvrage Au Stand de Tir en reprend les éléments principaux :

 

1 - « Autant que possible, communication au préalable au Secrétaire Général à la Police, de toutes les mesures de principe qui touchent le travail commun.

2 - Communication à la Police française, des instructions d’ordre général, par la voie administrative française, pour autant que l’urgence ne s’oppose pas à cette réglementation, et ceci pour obtenir une direction unifiée et énergique de la Police française.

3 - Collaboration étroite entre les Commandants de la Police de la Sûreté, les Commandants des S.S., les préfets régionaux et les services subalternes de la police, pour l’exécution de toutes les mesures policières.

4 - Il est posé en principe que les mesures de représailles (exécutions et déportation) seront exercées, à l’avenir, seulement à l’égard des personnes qui n’auront été ni désignées par la police française aux services dépendant du Commandement des S.S. et du Chef de la Police, ni arrêtées par elle.

5 - Poursuite, par les autorités françaises, des délits politiques qui ne sont pas dirigés directement contre les intérêts du Reich allemand.

6 - Armement meilleur de toute la police française.

7 - Création de groupes mobiles de réserve.

8 - Création d’écoles pour augmenter le rendement et la puissance de choc dans la lutte contre les ennemis communs ».

 

De plus, dans une ordonnance, Karl Oberg écrit : « J’ai constaté que ce sont souvent les proches parents d’auteurs d’attentats, des saboteurs et des fauteurs de troubles, qui les ont aidés avant ou après leur forfait. Je me suis donc décidé à frapper des peines les plus sévères non seulement les auteurs mais aussi, au cas où ils seraient en fuite, les familles des criminels s’ils ne se présentaient pas dans les dix jours à un service de la police allemande ou française. En conséquence, j’annonce les peines suivantes :  

1 - Tous les proches parents masculins, les beaux-frères et cousins des fauteurs de troubles au-dessus de l’âge de dix-huit ans seront fusillés.

2 - Toutes les femmes parentes au même degré, seront condamnées aux travaux forcés.

3 - Tous les enfants de toutes les personnes ci-dessus âgés de moins de dix-huit ans seront confiés à une maison de redressement. »

 

 

4.2 – La réorganisation de la police française :

 

René Bousquet a donc été nommé Secrétaire général de la police en avril 1942. Il commence par la réorganiser ainsi :

 

- La loi du 23 avril 1941 créé la police nationale avec trois sections :

    - La Sécurité publique pour le corps de police urbains.
    - La police judiciaire (connue sous le nom de son sigle – PJ).
    - Les Renseignements généraux (RG).

 

- Dissolution de la police anti-juive et son remplacement par les Brigades Spéciales (BS) des Renseignements généraux : 10 % des effectifs de chaque commissariat est dédié à la traque des ennemis du régime : dissidents, prisonniers évadés, juifs, résistants, puis, plus tard, les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire).
- Création des Groupes mobiles de réserve (GMR, dont l’idée sera reprise plus tard au moment de la création des CRS – Compagnies républicaines de sécurité). Enfin, une école de la police nationale est ouverte à Lyon. Plus tard, l’ensemble du dispositif sera complété par l’ajout de la Milice, mise au point par Joseph Darnand.

Avec son adjoint Jean Leguay, René Bousquet va ouvrir la voie à la collaboration active avec Karl Oberg. Les conséquences immédiates de cette collaboration sont :

 

1 - Pierre Laval, chef du Gouvernement de Vichy, annonce à la radio la mise en place de la « Relève », qui engendrera le STO : pour trois travailleurs français partant en Allemagne, aider à l’effort de guerre, un prisonnier de l’Armée française sera libéré. « Je souhaite la victoire de l’Allemagne, parce que sans elle le bolchévisme s’installerait partout » ajoute-t-il.

2 - La Rafle du Vel’ d’hiv – juillet 1942 au Vélodrome d’Hiver à Paris, situé à l’angle du boulevard de Grenelle et de la rue Nélaton – où 12.884 juifs sont rassemblés avant d’être envoyés vers les Camps de la mort.

3 - Une chasse active envers tous les « terroristes » qui œuvrent contre les intérêts du Reich et de ses alliés.

4 - La trahison de l’Etat français à l’encontre des populations juives de la Zone libre : Pierre Laval, chef du Gouvernement de Vichy fait livrer des milliers de juifs réfugiés dans cette zone.

 

Il faut ajouter que la rue Lauriston, donc à quelques encablures de Balard, abritait la Carlingue, officine dirigée par l’ancien policier Jacques Bonny et son adjoint, Henri Lafont, et qu’à ce moment-là, elle va considérablement aider les Allemands dans la traque des Résistants et des « terroristes ».

 

 

4.3 – L’unification et l’intensification des actions de la Résistance française :

 

Dans l’ouvrage La France au combat (éditions Perrin), Georges Caïtucoli, ancien de la France Libre, écrit ceci : « Au début de 1942, la Résistance est sortie de la phase initiale caractérisée par la multiplication d’initiatives isolées et fragiles. »

 

Des groupes comme Libération-Nord, l’Organisation Civile et Militaire, Front National s’organisent et font parler d’eux en Zone Occupée. D’actions de contestations (placardage d’affiches, mise en point de journaux clandestins), elles se transforment en acte de sabotage et d’assassinats, même si le total de 200 soldats allemands tués dans toute l’année 1942 peut apparaître comme infime.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le 7 Septembre 2008

 

 

 

 

 

A l’occasion du 64ème anniversaire de la Libération de Paris, qui marque également celui d’Issy-les-Moulineaux, André Santini, maire et Secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique, a prononcé le discours ci-dessous. Nous tenons à le remercier ainsi que les services protocolaires d’Issy-les-Moulineaux qui nous ont autorisé à le publier (extraits). Retrouvez également les photographies dans l’album intitulé « 31 août 2008 – Libération d'Issy».

 

« Chaque année, avec la même émotion, nous nous réunissons pour marquer le souvenir des jours de la Libération de Paris et pour rendre hommage à ses glorieux acteurs.


En cette occasion, je tiens à saluer la mémoire de Guy Ducoloné qui vient de nous quitter et dont la présence était toujours riche d’enseignements lors de nos cérémonies. Tout au long de sa vie, il a défendu, en tant que résistant-déporté, les valeurs d’humanité, de fraternité et d’amitié entre les peuples (…). 

La dernière guerre mondiale, et sa fin en particulier, demeure une de nos références morales et politiques constantes. En célébrant le 64ème anniversaire de la Libération de Paris, nous entretenons là un grand événement de notre histoire locale et nationale.

 

En effet, tant de souvenirs, de tourmentes et de sacrifices restent bien ancrés dans le cœur de toutes celles et de tous ceux qui, par leur courage, leur abnégation et le don de soi, participèrent à la libération du sol de la France. Par ce qu’ils ont vécu dans leur chair et au plus profond de leur être, la mémoire de ce jour appartient à eux seuls.

 

64 ans déjà ! 64 ans et le chant de la Libération retentit, puissant encore, dans nos cœurs, à la mesure, il est vrai de l’horreur vécue. Le ferment national-socialiste avait accouché du IIIème Reich et durant quatre longues années, la France a vécu dans la peur, incrédule face à l’holocauste, à la torture, à la lâcheté et à la mort. Pourtant, notre pays a su compter sur beaucoup d’hommes et de femmes qui ont choisi le combat pour la Liberté, dans la clandestinité, dans la désobéissance aux ordres donnés par Vichy. En cette période difficile, les initiatives furent nombreuses et portèrent toutes en elles l’espoir de la Libération. 

Le 6 juin 1944, cet espoir commença à briller avec le débarquement de nos alliés sur les plages de Normandie. Le général de Gaulle destine alors à la 2ème Division Blindée de Leclerc, la conquête de la capitale.

 

La résistance isséenne a, depuis longtemps, préparé le terrain. Le 20 août 1944, le Groupe Bienvenu se met en place et les différentes organisations, jusqu’alors désunies, sont toutes réunies sous le contrôle du lieutenant-colonel Tari, commandant la 25ème division de la banlieue-sud, comprenant les compagnies d’Issy-les-Moulineaux, de Vanves, de Clamart, de Malakoff. Le 24 août, des patrouilles allemandes sillonnent la ville et échangent des coups de feu. Le soir même, un petit groupe d’hommes parvient à couper le câble téléphonique reliant le fort d’Issy aux autres unités de la Wehrmacht, isolant ce point d’appui fortement armé. Dans la nuit, les 550 Allemands de l’Ile Saint-Germain sont contraints de faire sauter leur DCA peu avant de se rendre sans condition. Après plus de cinq ans de guerre, Issy est enfin libérée mais à quel prix ! Cinq morts parmi les « Leclerc », auxquels il faut ajouter cinq FFI, autant de FTP, les dizaines de victimes des bombardements et 115 Isséens fusillés ou morts en déportation. 

Ce bilan, nous devons toujours l’avoir en mémoire. Il donne au rituel qui nous conduit chaque année à commémorer la Libération de notre Ville et celle de Paris, cette émotion profonde et sacrée.

 

64 ans après, les leçons de la Libération n’ont pas pris une ride. Nous sommes, en effet, débiteurs de ceux qui ont fait leur devoir de patriote par amour de la Liberté, par amour de leur pays, ceux-là même qui ont su, par des actions exemplaires, rendre au peuple sa fierté et à la nation son unité. Notre présence ici est le gage le plus sûr que les actions des héros de l’ombre ne soient jamais bafouées, la preuve, aussi, que nous savons nous rassembler autour d’une certaine idée de la France. 

Portons ce message à la jeune génération, celle qui, demain, se retrouvera devant ce monument. C’est elle qui devra entretenir la flamme du souvenir, seule arme utile contre l’oubli. Il dépend de chacun d’entre nous de continuer à faire vivre toutes les valeurs qui ont conduit à cette leçon de courage et de détermination que les Français Libres et les combattants de la Seconde Guerre mondiale nous ont léguée (…) ».

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