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Publié le 18 Septembre 2022

Tirailleurs défilant dans les rues d’Alger, en 1957.

Tirailleurs défilant dans les rues d’Alger, en 1957.

Belkacem Slimani nait le 27 février 1940 à Attala, commune de la Wilaya de Tizi Réniff, en Grande Kabylie. Soldat du 27e régiment de tirailleurs algériens, unité de l’Armée d’Afrique, implantée à Avignon, Tarascon et Arles, il prend part à la guerre d’Algérie.

Le 12 mars 1961, il meurt pour la France à Merouana (qui à l’époque s’appelait Corneille), une commune de la région du Belezma, massif montagneux du nord-est de l’Algérie, non loin de la ville de Batna.

Belkacem Slimani avait 21 ans. Il est enterré dans le cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux, sous le monument aux Morts pour la France.

Le dimanche 25 septembre 2022, la ville d’Issy-les-Moulineaux organisera la commémoration départementale – comme chaque année – en hommage aux Harkis et autres Membres des Formations Supplétives.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Archives militaires – Caserne Bernadotte de Pau.
  • Site « Memorial Gen Web » avec les contributions de Jérôme Charraud, Stéphane Protois et Claude Richard.
  • Crédit photographique : Jacques Grévin, Intercontinentale AFP.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 23 Juillet 2022

Batterie d'artillerie en Algérie, en appui d'une opération dans une vallée.

Batterie d'artillerie en Algérie, en appui d'une opération dans une vallée.

En ce mois de juillet 2022, l’Algérie fête le soixantième anniversaire de son indépendance. La France commémore les Accords d’Alger, mais aussi ne veut pas oublier certains événements terribles comme le massacre d’Oran le 5 juillet 1962.

Localement, à Issy-les-Moulineaux, Jacques Prieur aurait pu fêter ses 87 ans ce 5 août 2022. Mais il est Mort pour la France en Algérie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Jacques Prieur était canonnier de 1ère classe de la 1ère batterie du 4e régiment d’artillerie coloniale. Appelé du contingent, il avait rejoint cette unité créée en 1900 en Indochine et implantée au Tonkin (Hanoi, Lang Song et Haiphong).

Le 1er juin 1958 à Tiberbatine, sur le territoire militaire d’Aïn-Sefra, commune de Colomb-Béchar, Jacques Prieur est tué au combat.

Le 9 septembre suivant, le général Michel de Brébison, alors Directeur des Troupes d’Outre-Mer, signe l’acte de décision de la mention « Mort pour la France » sur le carnet militaire de Jacques Prieur.

Jacques Prieur est enterré dans le cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Archives militaires – Caserne Bernadotte de Pau.
  • Site « Memorial Gen Web » avec les contributions de Jérôme Charraud, Stéphane Protois et Claude Richard.
  • Crédit photographique : Blog (canalblog) sur les études coloniales.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 12 Mars 2022

Paras du 3e RPC, en Algérie.

Paras du 3e RPC, en Algérie.

Au 3e bataillon colonial de commandos parachutistes.

Créé en janvier 1948, cette unité rejoint l’Indochine en novembre de la même année. En mai 1950, le 3e reprend le poste de Dong Khé dans le nord du Vietnam, là où stationnait le 8e régiment de tirailleurs marocains. Deux fois cité à l’ordre de l’armée, le régiment est dissous après son sacrifice lors de la bataille de la RC4 en octobre 1950. Lors de cet épisode, le 3e BCCP du capitaine Cazaux et le 1er BEP (Bataillon Etranger Parachutiste) du commandant Segrétain vont pratiquement disparaître.

Récréé le 27 décembre 1951, le 3e reçoit l’appellation de 3e bataillon de parachutistes coloniaux le 28 mai 1952 et s’illustre encore en Indochine où il est de nouveau cité à l’ordre de l’armée, à la suite de la bataille de Nan San.

L’année suivante, fournissant l’ossature du 5e bataillon de parachutistes vietnamiens, le 3e est de nouveau dissous… pour être confié deux années plus tard à un certain lieutenant-colonel Bigeard. Ce dernier va transformer un régiment d’appelés en une unité d’élite. Les anciens d’Algérie disent que c’était là un des régiments préférés des Pieds-noirs pendant la bataille d’Alger. Dès lors, l’unité est présente dans toutes les grandes opérations en Algérie puis participe aux combats de Bizerte.

Devenu le 3e régiment de parachutistes d’infanterie de marine le 1er décembre 1958, il rentre en métropole et s’installe le 22 juillet 1962 à Carcassonne où il est entièrement professionnalisé en 1976.

En 1968, le régiment intervient au Tchad lors de la première guerre civile tchadienne, puis en 1978 au sud Liban où son chef, le colonel Salvan, est grièvement blessé, puis à Djibouti, de nouveau au Tchad, en Centrafrique, en Nouvelle-Calédonie, au Togo, au Gabon, au Rwanda, en Irak, en Turquie, au Zaïre, en ex-Yougoslavie, au Congo et enfin au Kosovo où il obtient sa cinquième citation. Depuis il est intervenu en Côte d'Ivoire, en Afghanistan et au Mali.

Parmi les chefs de corps, il convient de citer :

 

  • 3e BCCP : chef de bataillon Ayrolles : janvier 1948 - septembre 1949 ; capitaine Cazaux : septembre 1949 - mai 1950 ; chef d’escadron Decorse : mai 1950 - octobre 1950.
  • 3e BPC : capitaine Bonnigal : décembre 1951 - avril 1953 ; capitaine Bouvery : avril 1953 - août 1953 ; chef de bataillon Lenoir : juin 1955 - novembre 1955.
  • 3e RPC : colonel Marcel Bigeard : du 1er novembre 1955 au 12 avril 1958 ; lieutenant-colonel Trinquier : avril 1958 - décembre 1958.

La devise du régiment est la suivante : remplaçant la fameuse devise du 3e BCCP, « descendre partout et s’élever toujours » par « Être et durer », devise créée par le général Marcel Bigeard qui a demandé cette devise et un nouvel insigne quand il en a pris la charge.

 

Georges Pinchaud.

Georges Pinchaud est né à Paris 14e le 3 janvier 1936. Isséen, sergent au 3e RPC, il est tué au combat le 17 novembre 1958 à Bir Babalou, sur la commune d’Aumale, au cours, comme il était dit à l’époque, « des opérations de maintien de l’ordre en Algérie ».

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Site : https://www.histoiredumonde.net/
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Forum du site : « Chemin de Mémoire parachutistes ».
  • Site du Ministère des Armées.
  • Crédit photographique : forum du site « Chemin de Mémoire parachutistes ».

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 9 Octobre 2021

« Un petit air d'accordéon, ça sentait bon la France que l'on venait de quitter, ou que l'on allait bientôt retrouver pour les anciens » (photographie de soldats du 121e).

« Un petit air d'accordéon, ça sentait bon la France que l'on venait de quitter, ou que l'on allait bientôt retrouver pour les anciens » (photographie de soldats du 121e).

Le 121e régiment d’infanterie est une vieille unité de l’armée française. Créée en 1794, elle arbore sur son drapeau les victoires de Mondovi (1796), Saragosse (1809), Tarragone (1811), Lützen (1813), La Somme (1916), Verdun (1917), l’Aisne (1917-1918) et AFN 1952-1962. Dès le début de la guerre d’Algérie, le 121e est envoyé en Algérie. Il cantonne dans la région de la Grande Kabylie, non loin de Tizi-Ouzou.

Claude Franck est né le 18 mars 1932 à Issy-les-Moulineaux. Appelé sous les drapeaux, il rejoint son unité et est envoyé en Algérie. En juillet 1956, pris dans une embuscade, alors qu’il effectue une patrouille de reconnaissance, il est gravement blessé. Il décède le 9 juillet. Il est enterré au cimetière communal d’Issy.

 

1956 est une date particulière dans la guerre d’Algérie.

En 1956, lors de la campagne pour les élections législatives de janvier, Guy Mollet, secrétaire général de la Section Française de l’International Ouvrier (SFIO – ancêtre du Parti socialiste) anime, aux côtés de Pierre Mendès France, François Mitterrand et Jacques Chaban-Delmas, le « Front Républicain », coalition réunie sur un programme de modernisation économique et sociale et de paix négociée en Algérie, qui obtient une courte majorité. Alors que le président René Coty propose à Pierre Mendès France de former un gouvernement en 1956, celui-ci refuse et lui suggère Guy Mollet. Il est le dirigeant du Front républicain et la guerre d’Algérie est pour lui « imbécile et sans issue » ; l'indépendance est dictée par le bon sens.

Confronté, lors d'une visite à Alger le 6 février 1956, à l'hostilité violente (jets de fruits, de légumes, cris, menaces de mort explicites) de la population d'origine européenne (appelée « Journée des Tomates »), puis à l'impossibilité de réunir une majorité parlementaire sur une ligne libérale en Algérie, Guy Mollet s'engage dans une politique répressive et refuse toute solution négociée avant la conclusion d'un cessez-le-feu. Le 12 mars 1956, il demande et obtient le vote des pouvoirs spéciaux incluant notamment la création d'une procédure de justice militaire de « traduction directe » sans instruction, la légalisation des camps d'internement créés en 1955 et l'attribution aux militaires des pouvoirs de police.

Pour certains historiens et hommes politiques, le vote des pouvoirs spéciaux marque la responsabilité politique de la guerre dans la mesure où il confère d'importants pouvoirs à l'armée. Guy Mollet double en six mois les effectifs militaires déployés sur place en envoyant le contingent. Il doit renoncer à nommer Georges Catroux ministre résidant en Algérie. Il propose à Pierre Mendès France, puis à Gaston Defferre d'exercer cette fonction, mais ceux-ci refusent. Il désigne donc Robert Lacoste.

Mais rapidement, le gouvernement Mollet se trouve embourbé dans un engrenage infernal : aux exactions de l'armée française, répondent les attentats du FLN, désormais aveugles…

 

Sources :

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle de Claude Franck.
  • Archives du Comité du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Site Chtimiste sur l’historique du 12e RI.
  • Crédit photographique : site « Copains d’avant » - Section anciens du 12e RI.
  • Encyclopédie Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 4 Avril 2021

Sépulture de Roger Boissinot et de ses parents à Malakoff.

Sépulture de Roger Boissinot et de ses parents à Malakoff.

Rober Boissinot.

Roger Boissinot nait le 27 septembre 1929 à Argentat en Corrèze. Présumé militaire de carrière sur la fiche du site « Mémorial GenWeb », il a le grade de caporal-chef au 15e bataillon de chasseurs alpins pendant la guerre d’Algérie. Il est tué le 9 août 1956 à Mizrana. Il habitait Vanves et est enterré à Malakoff avec ses parents.

 

Marcel Chailley.

Marcel Chailley est né le 16 septembre 1910 à Douai, dans le département du Nord. Il est le fils d’Hippolyte Chailley, professeur au lycée de Douai et d’Hermance Liébron.

L’Académie des sciences d’Outre-Mer a publié une notice biographique sur Marcel Chailley : « cadre spécial des troupes de marine (CSTMa), Marcel Chailley est chargé de l’action psychologique et de l’africanisation à la Direction des Affaires militaires au ministère de la France d’outre-mer. Chef de bataillon d’infanterie coloniale, il est affecté en Mauritanie entre 1932 et 1934, il rejoint la Côté française des Somalis de 1935 à 1937, puis est envoyé au Soudan et au Niger entre 1946 et 1948 avant de retourner en Mauritanie de 1949 à 1950. Au Sénégal cette même année, il poursuit sa carrière en Indochine avec notamment un séjour au Tonkin entre 1952 et 1954, avant d’être envoyé en Afrique Occidentale française en 1955 et à Madagascar l’année suivante. Spécialisé dans les questions islamiques et ethnographiques, il est titulaire du Prix Juvenal Dessaignes de la Société de géographie. Il participe à de nombreuses conférences à la radiodiffusion française, à l'Unesco et à la Société de géographie. Officier de l'instruction publique, il est élevé aux rangs successifs de chevalier de la Légion d'honneur en 1950 et d'officier en 1960. Il reçoit également la croix de Guerre 39-45 et la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs. Marcel Chailley est membre correspondant de la 5e section l'Académie des sciences d'outre-mer le 1er février 1957. Le 19 avril 1938, il avait épousé Mademoiselle Hélène Baillet ».

Le chef de bataillon Marcel Chailley meurt à Vanves le 4 octobre 1962 d’une maladie qu’il aurait contractée au cours de la guerre d’Indochine. La mention « Mort pour la France » est attribuée en date du 21 février 1963. Il demeurait rue Falret à Vanves.

 

Bernard Fageol.

Bernard Fageol nait le 16 septembre 1933 à Brasles, dans le département de l’Aisne. Sergent dans l’armée de l’Air, il est tué le 26 avril 1958 en Algérie, sur la commune de Frenda, dans le département de Tiaret. La sépulture de Bernard Fageol est au cimetière de Bagneux.

Dans le magazine de la commune de Brasles, daté de janvier 2017, la municipalité annonce inaugurer une nouvelle plaque sur le monument aux morts. Celle-ci concerne deux soldats morts pour la France en Algérie : Kléber Levigne et Bernard Fageol.

 

Lucien Henrion.

Né la 19 mai 1931, Lucien Henrion est artilleur de 2e classe à la 1ère batterie du 31e régiment d’artillerie. Il est tué le 15 septembre 1956 à Sétif, dans l’arrondissement de Constantine. Il est enterré au cimetière de Vanves.

 

 

Sources :

 

Dévoilement de la plaque à la mémoire de Bernard Fageol à Brasles (Aisne).

Dévoilement de la plaque à la mémoire de Bernard Fageol à Brasles (Aisne).

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 26 Juillet 2020

Algérie - Un char a pris position dans Alger.

Algérie - Un char a pris position dans Alger.

 

Brève histoire du 1er RIMa.

 

Héritier des « Compagnies franches de la mer », créées en 1622 par Richelieu, le 1er RIMa est porté aux fonds baptismaux par décret royal en 1822, au sein du ministère de la Marine. Ce régiment fait ainsi partie des « Quatre Grands » de l’infanterie de marine qui tenaient garnison dans les quatre ports militaires français, prêts à embarquer: le « Grand Un » à Cherbourg ; le « Grand Deux » à Brest ; le « Grand Trois » à Rochefort ; le « Grand Quatre » à Toulon.

 

Regroupées par ordre du roi en un Régiment de la Marine, ces unités recevaient la mission d’assurer le service des armes à bord des bâtiments. Jusqu’en 1831, le Service des Troupes de Marine, chargées de tenir garnison à bord des navires de l’Etat, fut nettement distinct de celui des Troupes des Colonies, chargées de l’occupation de nos possessions Outre-mer et fournies par le Ministère de la Guerre. Ainsi, ces soldats d’infanterie vont devenir des « marsouins » c’est-à-dire qu’on les affuble du nom de ce cétacé qui accompagne souvent les bateaux.

 

Le 7 août 1822, une ordonnance royale créait deux régiments d’Infanterie de Marine qui furent licenciés en 1827. Recréés sous la dénomination du 1er et 2e Régiments de la Marine en 1831, ils reçoivent mission de pourvoir au service ordinaire des garnisons des colonies françaises. Portés à trois en 1838 et dénommés Régiments d’Infanterie de Marine, ils se voient confier le service de garnison des ports militaires du royaume et celui des colonies. Devenu 1er régiment d’infanterie coloniale en 1900 à la création de l’infanterie coloniale au sein du ministère de la Guerre, il reprend le nom de RIMa en 1958, lorsque l’infanterie coloniale redevient l’infanterie de marine.

 

Le 1er RIMa en Algérie.

 

Dissous en tant que Régiment le 31 mars 1947 (le 1er BIC subsiste), ce dernier est reformé le 16 janvier 1948 à partir de ce bataillon, puis réorganisé le 1er janvier 1948 à Satory et à Dreux.

 

L'insurrection sanglante de novembre 1954 et les attentats perpétrés par le FLN durant l'année 1955 marquent le début de la guerre d'Algérie. Très vite, le régiment est sollicité pour renforcer la présence militaire.

 

En 1955, il fournit des renforts pour l'Algérie, puis participe aux opérations de maintien de l'ordre sous la dénomination du 1er RIMa (1958) Secteur de Palestro.

 

Le 6 août 1955, le 1er bataillon débarque à Oran et s'installe dans les Aurès, région aride et montagneuse au climat hostile de l'est Algérien. Il est chargé de poursuivre et détruire les bandes rebelles du FLN. Le 3e bataillon est envoyé au Maroc mais passera au 23e RIC. En 1956, le 2e bataillon et l'état-major viennent renforcer le dispositif sur le terrain. Seul demeure, en métropole, un centre d'instruction chargé de former les contingents appelés.

 

Début 1957, pour mettre hors de combat les poseurs de bombe du FLN qui font régner la terreur, " la bataille d'Alger " est lancée. Les deux bataillons changent de secteur et s'installent dans la banlieue sud-est d'Alger, plus particulièrement dans le secteur de Palestro qu'ils sont chargés de pacifier. Palestro est un secteur sensible où le FLN avait massacré 20 soldats français en mai 1956. Le 1er bataillon et ses deux commandos de chasse, devenu EMT n°1, tiennent le quartier de Laperrine, en zone sud et l'EMT n°2 (ex-2e bataillon) et son commando de chasse, a la responsabilité du quartier de Guerrouma.

 

Dans sa zone d'action, le régiment assure une mission de quadrillage par une présence continue sur le terrain. Patrouilles et embuscades de jour et de nuit ponctuent la vie des marsouins. Ils participent également aux grandes opérations contre les katibas rebelles où les trois commandos de chasse du 1er se montrent particulièrement redoutables.

 

Les accords d'Evian consacrent l'indépendance de l'Algérie en mars 1962. Les bataillons du 1er RIMa sont rapatriés en métropole un an plus tard, assurant, entre temps, le maintien de l'ordre dans un contexte très éprouvant.

 

De 1954 à 1963, le 1er RIMa aura passé plus de 9 ans en Algérie. Au prix de 82 marsouins morts au combat, il aura permis la capture de plus de 2.000 rebelles dont 350 pris les armes à la main.

 

Parmi ses morts, l’un d’eux habitait Issy-les-Moulineaux. Il s’agit du soldat de 2e classe Jean Gosselin, né le 9 septembre 1939 à Nevers dans la Nièvre. Il est décédé le 5 septembre 1961 à l’hôpital Barbier Hugo à Alger, des suites d’un accident survenu en service commandé.

 

 

Sources :

 

  • Archives photographiques de la Délégation générale du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Site des Troupes de Marine : www.troupesdemarine.org
  • Site sur les véhicules mythiques : https://mvcgfrance.org

 

NB : cet article est le 500e de ce site, depuis sa création le 1er juin 2007.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 14 Mars 2020

Rue d’Isly, 26 mars 1962, 14 h 50 : devant la poste, les Algérois se jettent à terre pour échapper aux tirs.

Rue d’Isly, 26 mars 1962, 14 h 50 : devant la poste, les Algérois se jettent à terre pour échapper aux tirs.

Situation en Algérie en mars 1962.

 

Nous sommes le 18 mars 1962. Le général de Gaulle, Président de la République, vient d’annoncer les Accords d’Evian. Voilà des mois qu’il a tranché. Cette guerre ne peut être gagnée politiquement, même si l’armée française a réussi sur le terrain. Le lendemain, 19 mars, aura lieu le cessez-le-feu dans cette Algérie qui est encore française pour quelques semaines.

 

En face, il y a les Pieds-Noirs – Européens installés depuis, parfois, des générations sur le sol algérien – et ceux qui sont prêts à tout, y compris à régler cela dans le sang, pour que les départements français d’Algérie ne changent pas. C’est l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète) dirigée par le général Salan, qui bénéficie d’un grand prestige dans les rangs de l’armée et de la population européenne. Ce dernier lance un appel aux combattants de son organisation : « harceler toutes les positions ennemies dans les grandes villes d’Algérie ». Il s’agit pour l’OAS, et ses partisans, de provoquer un soulèvement contre l’armée française et les Algériens du FLN (Front de Libération National).

 

A Alger, des partisans se barricadent dans le quartier de Bab El Oued. Des unités de l’armée française viennent au contact et décident d’interdire l’entrée du quartier aux Européens qui veulent soutenir l’OAS. Cette unité est le 45e régiment de tirailleurs, composé de militaires d’expérience mais aussi de jeunes recrues.

 

La manifestation.

 

Le 23 mars, six jeunes soldats – ils sont des appelés du contingent – sont pris pour cible par des partisans de l’OAS et abattus. Les soldats qui entourent Bab El Oued décident de passer à l’action. Les combats font une quinzaine de victimes. Mais pour contrecarrer le plan de l’armée, l’OAS lance un appel à la grève et demande aux Européens de venir les secourir. Une manifestation est montée le 26 mars, alors que tout rassemblement a été interdit par le préfet, Vitalis Cros.

 

Plusieurs milliers de personnes convergent donc pour aider les partisans de l’OAS. Parmi ces manifestants, il y a des familles entières, avec femmes et enfants.

 

Tout à coup, une rafale d’arme automatique est lâchée. Plusieurs hypothèses – excuses ou explications – sont données : l’OAS a tiré sur les soldats alors que les manifestants approchaient. D’autres versions contredisent cela. Un ordre d’ouverture du feu a-t-il été donné ? Trop tard… Les soldats du 4e RT, qui ont plus l’habitude de traquer les fellaghas dans le djebel que de faire face à des manifestants, n’écoutent pas les ordres de leurs supérieurs qui appellent à cesser le feu.

 

Le drame se noue en quelques minutes. Le bilan officiel est de 46 morts et de 150 blessés. Bilan jamais validé par d’autres sources qui, elles, parlent de 80 morts.

 

Au soir de cette tuerie, le général de Gaulle prend une nouvelle fois la parole. Il n’a pas un mot pour ce qui s’est passé dans la journée à Alger. Il parle au nom de la Nation et de ses intérêts supérieurs. Il appelle les Français à ratifier les Accords d’Alger. Cette guerre politiquement ne peut être gagnée. Mais tous les Français n’ont pas le droit de voter : un décret du 20 mars 1962 empêche ceux des départements d’Algérie de participer à ce référendum.

 

Que faire ? Lâchés par l’armée, voyant que l’OAS ne peut défendre l’Algérie française, malmenés par les Algériens, des dizaines de milliers de Pieds-Noirs décident de s’exiler en métropole. C’est « la valise ou le cercueil » !

 

Quant aux victimes ? Les familles n’ont jamais eu le droit de récupérer les corps, beaucoup ayant été clandestinement enterrés au cimetière Saint-Eugène, aujourd’hui cimetière Bologhine, dans le nord d’Alger.

 

Pour l’historien Benjamin Stora : « le silence fait sur ce massacre est un des exemples les plus marquants de la censure pratiquée pendant la guerre d’Algérie : comme pour beaucoup d’événements, le gouvernement français n’a jamais reconnu sa responsabilité ».

 

 

 

 

Sources :

 

  • Crédit photographique : Paris Match.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Jean Monneret, Une ténébreuse affaire : la fusillade du 26 mars 1962, Offset, 2007.
  • Benjamin Stora : Les guerres sans fin, un historien entre la France et l'Algérie, Paris, Stock, 2008 ; Les immigrés algériens en France : une histoire politique, 1912-1962, Hachette Littératures, 2009 ; Le mystère De Gaulle : son choix pour l'Algérie, Robert Laffont, 2009.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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Publié le 12 Janvier 2020

Capitaine Petit - En Algérie - 2.

Dans les Aurès.

 

« Des rumeurs saugrenues circulent, laissent entrevoir un retour vers notre base d’Arzew. Les rumeurs se transforment vite en déplacement vers un autre grand massif du sud algérien : les Aurès.

 

Le 4 octobre 1960, une grande opération est lancée. Elle porte le nom « d’Ariège » et s’inscrit dans le cadre des opérations de démantèlement des zones refuges rebelles qui ont commencé en 1959 dans l’Ouarsenis puis se sont poursuivies dans le Hodna, en Kabylie et la presqu’île de Collo. Dernière phase du plan Challe, d’importantes opérations sont déclenchées dans les Aurès. La 11e DI, sous les ordres du colonel Langlois, groupe le 3e REI, le 5e REI, le 1er REP, le 1er REC et le 2e REP. Ensemble, ils vont opérer côte à côte durant cinq semaines de durs combats. Plus de 700 rebelles seront mis hors de combat et près de 700 armes saisies. Les opérations de ratissage se succèdent. Les résultats sont là.

 

Dix jours plus tard, nous accrochons une importante bande de rebelles. La compagnie fait face à un ennemi fortement retranché. Mais les légionnaires veulent en finir. Ils montent à l’assaut. De suite, 12 rebelles sont tués. Les 16 et 17 octobre, héliportés à 20 km au sud, nous réussissons avec quelques autres compagnies, à encercler des bandes éparses de fellaghas. Au soir de ces deux journées, 124 ennemis sont neutralisés. Ma compagnie est regroupée à proximité du 3e escadron du 1er REC. Je suis invité à partager le diner à la popote de cet escadron dans un véhicule 6x6 où se trouvent le capitaine Deheurles, le lieutenant Bao-Long, prince d’Annam et fils de Bao-Daï, le lieutenant Morillon (futur général d’armée et commandant des Forces françaises en Bosnie).

 

Après presqu’une année d’opérations sans discontinuer, nous voilà de retour à Arzew : remise en condition, prise d’armes, décorations, repas de corps. En permission du 17 décembre au 2 janvier 1961, je repars pour la métropole. Je passe les fêtes de fin d’année à Grasse et à Nice, en compagnie de ma fiancée, Françoise Desgeorges. Mais ça s’agite là-bas !

 

Le 20 décembre, dans une allocution radiotélévisée, le général de Gaulle a indiqué : « Le Peuple français est donc appelé à dire par référendum, s’il approuve, comme je le lui demande, que les populations algériennes, lorsque la paix règnera, choisissent elles-mêmes leur destin. Cela signifie : ou bien rompre avec la République française, ou bien en faire partie ou s’y associer ». On peut dire qu’à ce moment-là le sort de l’Algérie est clairement défini. Mon régiment est rameuté à Alger pour faire face, une seconde fois, aux événements qui s’y déroulent depuis le discours fameux. En date du 25 janvier, par décret paru au Journal Officiel, je suis promu au grade de capitaine ».

 

Dans le sud oranais – Le putsch.

 

« Le capitaine Roger Mougin, commandant la 1ère compagnie, est muté au Laos. Le colonel Pfirrmann me nomme pour prendre le commandement de cette compagnie.

 

Le 28 février, de graves incidents viennent de se produire à Oran place du docteur Roux où deux femmes européennes ont été brûlées. Appelé à la rescousse, c’est vers 16h00 que le régiment se dirige vers le centre ville. C’est sur les marches du perron du Grand Lycée que Mougin me passe le commandement en présence de l’adjudant de compagnie, puis s’éclipse dans la nuit naissante vers son destin. Le PC de l’EMT1 aux ordres du commandant Camelin, sous les ordres duquel je suis dorénavant placé, s’installe au stade Ben-Yamine Ville-Nouvelle. Habituellement, c’est au cours d’une prise d’armes que le colonel transmet le fanion de la compagnie de l’ancien au nouveau commandant de compagnie. Mais les circonstances ne s’y prêtent guère.

 

La 1ère compagnie patrouille à proximité immédiate de la Grande Mosquée, elle-même toute proche de la place du docteur Roux. C’est vendredi, jour de prière. La cour de la mosquée est pleine à craquer d’individus au coude à coude, aux visages barbus et hostiles. J’envoie dans cette foule la 1ère section forte d’une trentaine de légionnaires, qui se faufile et se trouve aussitôt noyée dans cette masse mouvante, avec le sentiment de ne pas pouvoir agir en cas de clash. Le chef de section, le sergent-chef Wasclulesky, me demande par radio du renfort ce que je fais en dirigeant une autre section vers les lieux. Je m’y rends également avec mon radio, l’infirmier et mon fidèle ordonnance. Il est vrai que dans de telles circonstances, c’est l’angoisse qui vous étreint. Une bavure et c’est le carnage. Aussitôt, je fais sortir mes deux sections de la cour que nous avons sous contrôle de l’extérieur. Des patrouilles et des bouchons sont assurés jour et nuit jusqu’au 3 mars 1961.

 

Nous retournons sur Arzew où nous recevons les félicitations du général Lhermitte, commandant le secteur urbain d’Oran. Début avril, nous faisons mouvement vers la petite palmeraie d’Aïn-el-Orak au sud de Géryville, elle-même au sud de l’Oranais. Notre mission se résume à la surveillance et l’assistance d’un regroupement de près de 6.000 nomades encerclés par un réseau de barbelés. Une entrée et une sortie contrôlée par mes légionnaires. La nuit, c’est patrouille sur la périphérie et embuscade. La plupart de la population masculine est pro-FLN, ce qui coupe court à tous renseignements. Mes hommes sont tous formés à la discipline légion. On ne transige pas sur une faute, aussi sommes-nous reconnaissants dans la rectitude du de voir accompli. Pour résumer : ça tourne rond. J’ai pu constater à plusieurs reprises, lors d’accrochages, l’allant de cette troupe d’élite, qui, sans coup férir, avance au charbon et prend aussitôt le dessus sur son adversaire au mépris de tous les dangers.

 

Le 11 avril 1961, l’Algérie est déclarée Etat souverain. Aussi, le 22 avril, à Alger, c’est le putsch des généraux Challe, Jouhaud, Zeller et Salan. Le 1er REP, commandé par le commandant Elie Denoix de Saint-Marc, venu de Zéralda, se place sous le commandement des généraux. L’armée a pris le pouvoir dans l’ordre et la discipline. La population, en liesse, manifeste sa joie, aussi bien parmi les pieds noirs que parmi la population algérienne dont les femmes quittent le voile et défilent dans l’allégresse. Au 2e bureau, des ralliements à la cause française sont enregistrés dans les rangs du FLN.

 

J’écris à ma fiancée : « Ce matin, une grande nouvelle sur les ondes. L’armée a pris le pouvoir en Algérie. Tu t’imagines facilement la joie de cette armée française qui souffrait, qui attendait que quelque chose se passe. Enfin, c’est chose faite maintenant, dans l’ordre et la discipline comme je n’osais l’espérer. Le général Challe est un homme raisonnable, ayant les pieds sur terre. Tu peux être sûre que nous sommes tous derrière lui. Comment t’exprimer tous mes sentiments ? Tout le monde savait que le général de Gaulle traitait secrètement avec le FLN pour lui donner tous les pouvoirs. Tu penses bien que cela ne pouvait avoir lieu. Tu sais aussi quelle était ma position sur ce sujet. Dans les milieux musulmans, ce doit être un immense soulagement. Nous savons maintenant à quoi nous en tenir ; notre mission de soldat a repris tout son sens, toute sa valeur, c’est une très grande satisfaction morale. Tu peux croire aussi que tous les « plastiqueurs » ou « troublions » de tous acabits seront remis dans le bon chemin. Les grandes choses ne se réalisent pas dans le désordre. L’ordre règne en Algérie. J’ai écouté la radio, celle d’Alger et celle de la France. Le gouvernement raconte des histoires sur ce qui se passe ici. Crois-moi, c’est la dernière chance maintenant. Il faut s’unir, l’armée ne fait qu’un bloc. Comme je te le disais, nombre de musulmans respirent maintenant. Pour moi, la chose est nette, je suis derrière Challe. D’un instant à l’autre, nous sommes prêts à descendre sur Oran ».

 

J’ajoute, deux jours plus tard : « Deux jours déjà, c’est fou ce que le temps passe vite. En commençant cette lettre le 22, je n’ai pu la terminer. Sous les ordres du commandant Camelin, en une heure de temps ce jour-là, nous avons bouclé nos cantines et pris le chemin du nord. Destination inconnue. Nous étions dans la joie. Nous avons quitté notre poste et toute la nuit sur les routes nous avons roulé. A 4h30, le 23, nous sommes donc arrivés à Saïda. La prise de contact avec nos camarades légionnaires du 1er RE, tous du même avis, et tous avec des sourires immenses, l’espoir fait vivre ! Du coup, personne ne s’est couché tellement l’ambiance était bonne. Les discussions allaient bon. Tous derrière Challe ! ».

 

C’est la compagnie portée commandée par le lieutenant Lepivain qui est allée encercler le PC du général Ginestet, lui demandant de se placer sous les ordres de Challe. Mais cette requête n’a pas abouti. Le 25 avril, c’est la reddition de Challe et la fin de l’insurrection. Le 27 avril, le 1er REP est enfermé au camp de Zéralda avec les 14e et 18e RCP. Le 30 avril, les cérémonies pour l’anniversaire de Camerone ne seront pas célébrées à Sidi-Bel-Abbès.

 

Nous regagnons notre poste d’Aïn-el-Orak dans la tristesse. En fin d’après-midi, un incident éclate à la 2e section réunie sous la guitoune. Un légionnaire la menace avec son pistolet-mitrailleur. Mon sang ne fait qu’un tour. Je coiffe mon képi. J’entre. Je m’approche du légionnaire et je me plante devant lui, au garde-à-vous à le toucher. Son arme est sur ma poitrine. Il me vient à penser qu’un légionnaire bien instruit obéit toujours aux ordres de ses supérieurs. Par trois fois, je le somme de se mettre au garde-à-vous et de rendre son arme. Les quelques secondes qui suivent sont longues. Le silence est total. D’un seul coup, il s’effondre et me donne son PM. Un coup de bourdon, le mal du pays, une injustice ? Allez savoir ! Bref, la suite de cette histoire se solde par 15 jours de prison.

 

Le 5 mai, le commandant Camelin rejoint Oran aux arrêts de forteresse. Le lieutenant Lepivain quitte délibérément le régiment et rejoint Alger pour se placer clandestinement dans la mouvance de l’OAS (Organisation de l’Armée Secrète). Le colonel Pfirrmann, également aux arrêts de forteresse, garde son commandement. De retour d’Oran, le colonel nous déclare : « Je me suis rangé derrière le général Challe. Je n’aurai pas voulu que plus tard mon fils dise : « Et toi papa, qu’as-tu fait pour l’Algérie ? ». Je suis pied noir, c’est ma peau. J’ai beau me laver, rien n’y change. Je suis passé dans beaucoup de bureaux. J’ai vu beaucoup de colonels, qui lors du 23 avril me disaient : « Je suis avec vous. Nous sommes avec vous ». Maintenant, ils n’osent plus me regarder. Je préfère être à ma place qu’à la leur. On ne reconnaît plus ses amis ».

 

A Zéralda, le 1er REP est dissous. Tous ses officiers sont aux arrêts. Les compagnies sont dirigées sur Thiersville, encadrées par un officier de chaque compagnie. La route est jalonnée de CRS. La population européenne massée sur le parcours jette des fleurs en signe de reconnaissance. Les légionnaires déchargent leur mitraillette à chaque passage dans une ville. Le 16 juillet, au cours d’une prise d’armes, le lieutenant-colonel Bénézit prend le commandement du régiment en lieu et place du colonel Pfirrmann. Le commandant Colin remplace le commandant Camelin à la tête de l’EMT1.

 

Nous effectuons des reconnaissances. Nous sommes ensuite relevés par une compagnie du 2e REI, commandée par le fils du maréchal Juin. Le régiment n’est plus en odeur de sainteté. Nous sommes parqués le long de la frontière, dans des postes. Les véhicules de train qui d’habitude sont à notre disposition pour tous nos déplacements nous ont été retirés, de telle sorte que le commandement n’a plus à se méfier de nous. Il est vrai que des troubles risquent encore d’éclater. Des rumeurs circulent ici et là comme quoi nous serions sur le point de rejoindre Sidi-Bel-Abbès en vue de constituer une enclave française de fait, comprenant le siège de la Légion et toute la région au nord avec Oran et le port de Mers-El-Kebir. Et les mois passent. Pénibles.

 

Le 30 avril 1962, nous célébrons Camerone dans une ambiance emprunte d’une grande simplicité. Un repas amélioré est servi au mess. Je fais la tournée des sections et bois quelques bières avec les légionnaires. L’un d’eux me saisit mon képi et commence à faire le pitre avec. Arrive le commandant Colin, visiblement ivre. Il hurle « C’est inadmissible ! Un légionnaire ne porte pas le képi de son capitaine. Je vous mets aux arrêts ». Prévenu, le colonel nous reçoit dans son bureau. Ne sachant plus très bien ce qu’il fait, le commandant Colin donne un grand coup de sa canne sur le bureau du colonel et se met de nouveau à hurler. Le colonel n’est pas dupe et me demande de sortir de son bureau, afin d’avoir un entretien particulier avec le commandant. La décision est immédiate : le commandant Colin rejoindra la base arrière d’Arzew en attendant sa mutation hors légion.

 

Retour au quotidien. Nous tuons le temps en inspection de matériels d’équipement, de sports et quelques incursions au Maroc, au-delà du rideau du barrage. Figuig n’est pas très loin. Mon temps de commandement touchant à sa fin, je quitte le régiment fin juin. Le capitaine Savatier est désigné pour me remplacer. Le colonel Bénézit préside la cérémonie. De mes mains, il transmet le fanion de la compagnie dans celles du capitaine Savatier. Musette en bandoulière et car de rouge, adieux la Légion.

 

En permission à Cagnes-sur-Mer chez mes parents, je me marie le 10 juillet 1962 en l’église Notre Dame de Nice avec Mademoiselle Françoise Desgeorges. Ma nouvelle affectation prendra la direction de l’Allemagne à l’état-major du Secteur français de Berlin. Une semaine plus tôt, le général de Gaulle a reconnu l’indépendance de l’Algérie ».

 

 

 

 

Photographies :

 

Ces textes sont issus des mémoires du capitaine Petit, qui nous a fait l’amitié de nous les faire parvenir. Ses mémoires sont d’un seul bloc. Nous les avons sectionnées en plusieurs parties pour des facilités de transposition sur internet. Nous remercions le capitaine Petit pour ce témoignage remarquable et sa confiance.

 

Les photographies des deux articles du capitaine Petit sur sa période algérienne présentent des défilés du 5e REI à Arzew ; des opérations dans les Aurès ; le capitaine Petit ; le cimetière de Tlmecen ; opérations sur la presqu’île de Collo ; la visite du général de Gaulle et de Pierre Messmer ; opérations en Kabylie ; passation de commandement au capitaine Savatier ; les adieux à la Légion.

 

Capitaine Petit - En Algérie - 2.
Capitaine Petit - En Algérie - 2.
Capitaine Petit - En Algérie - 2.
Capitaine Petit - En Algérie - 2.
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Capitaine Petit - En Algérie - 2.
Capitaine Petit - En Algérie - 2.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 11 Janvier 2020

Capitaine Petit – En Algérie – 1.

Sidi Bel-Abbes.

 

« Le 8 décembre 1958, j’arrive à la « Maison Mère » de la Légion étrangère, sise à Sidi Bel-Abbes. C’est le « Quartier Viénot ». Lorsqu’on y pénètre, on a devant soi la « Voie Sacrée » que nul ne peut fouler, à l’exception de la prise d’armes qui commémore chaque année la bataille de Camerone au Mexique le 30 avril 1863.

 

Au fond est érigé le Monument aux morts, couronné d’une mappemonde flanquée aux quatre coins cardinaux d’une statue rappelant les différents théâtres d’opérations où s’est illustrée la Légion. Arrivant d’une unité régulière, il me faut revêtir les attributs distinctifs. Je vais chez le maître-tailleur pour m’équiper : képi noir, fond rouge, galons d’or, grenade évidée à sept branches, pattes d’épaules, écussons, insigne du régiment…

 

Ainsi paré, je vais me présenter au colonel commandant le 1er RE (régiment étranger), le colonel Thomas qui a qualifié cette visite de courtoisie bienveillante.

 

Le 1er RE représente le lieu commun, le centre administratif par où toutes les nouvelles recrues doivent transiter durant l’instruction de base avant de rejoindre les unités combattantes. De même lorsqu’il s’agit de mutations, fins de contrat. C’est la plaque tournante, la « Portion centrale ».

 

C’est à Arzew que je rejoins le régiment le 8 décembre 1958. Le 5e régiment étranger d’infanterie, qui était jusque là installé sur le secteur de Turenne, vient d’être placé en réserve générale d’opération ici même avec sa base arrière. En effet, dans le cadre du Plan Challe, ont été constituées plusieurs divisions d’intervention, capables d’agir aux quatre coins du territoire. Ce sont la 11e Division d’Infanterie (DI) et la 10e Division Parachutiste (DP) à laquelle le régiment est rattaché. Nous sommes sans fausse modestie la fine fleur de l’armée sur laquelle le commandement va compter pour atteindre ses objectifs : la pacification.

 

A mon arrivée à Arzew, le capitaine Valent, officier étranger d’origine slave, grand seigneur, me reçoit en l’absence du régiment partit le matin même en opération dans la région de la Gada d’Aflou, région d’Aïn-Sefra, dans le sud oranais. Il est chargé de réquisitionner un certain nombre de villas et locaux pour y installer les cadres et les services au retour du régiment. La troupe trouvant son salut sous la tente. »

 

Dans l’Ouarsenis.

 

« Nous sommes fin décembre 1958 et le temps ne nous épargne pas. Ciel bas sur la mer. Vent et pluie traversent l’espace sans discontinuer. Les Oranais convoqués pour la réquisition de leur propriété ne sont pas contents de leur sort.

 

Le régiment remonte bredouille de son opération. Il est commandé par le colonel Gabriel Favreau. Il était auparavant chef de cabinet du maréchal Juin. Il porte un bandeau noir ou blanc sur l’œil droit qu’il a perdu, d’où son surnom « neunoeil ». Dynamique, il en veut et ne nous laissera pas chômer. Présenté, je suis affecté à l’ETM2 (Etat-Major Tactique), commandé par le commandant Edouard Repellin, et à la 9e compagnie, dont le chef est le capitaine Debrouker. Je serai son second. J’ai maintenant mon ordonnance, un légionnaire d’origine italienne.

 

Le 4 janvier 1959, nous défilons sur le front de mer à Oran. Un journaliste a relaté dans L’Echo d’Oran, la prestation du 5e REI : « Clôturant le défilé à pied, le 5e régiment étranger d’infanterie, drapeau en tête, s’avance aux accents de la célèbre marche légionnaire. La foule s’apprêtait à applaudir ces magnifiques soldats lorsque soudain, elle se figea, emplie d’une indéfinissable émotion. Les notes des cuivres et des tambours s’estompaient au loin, et c’est dans un silence étonnamment profond que les hommes au képi blanc, bottés de caoutchouc, passèrent devant les tribunes du front de mer ».

 

Le 16 janvier, nous faisons mouvement pour nous porter dans la région de Frenda. Cela ne donne rien. Les jours suivants non plus. Lever à 5h30, départ dans la foulée et bivouac à 22h. A ce rythme, les « canards boiteux » ne tiendront pas longtemps. Pour ma part, cela me va. Quelques jours plus tard, alors que j’avais envoyé mon Italien chercher un réchaud au camp, il n’est pas revenu. Déserteur ! Il a pris mes vêtements civils. Je l’imagine, allant prendre le bateau pour l’Italie, avec des vêtements civils trois fois trop grands pour lui… Il ne donnera pas de nouvelles. Certains déserteurs ont la gentillesse de nous écrire pour nous dire qu’ils sont bien arrivés et que tout va bien !

 

Les opérations se suivent. Chaque jour nous allons dans les bas-fonds traquer les fellaghas qui se replient. Nous trouvons des infrastructures de repos et de ravitaillement que nous détruisons en attendant mieux. Notre action vise à vider la zone de tous les éléments rebelles, en vue d’installer plus tard des postes permanents de contrôle. Le 25 mars, au cours d’un ratissage, un voltigeur de ma section repère sur le terrain devant nous un fellagha en fuite. Voilà le bougre rattrapé. Il s’avère que cet homme est l’opérateur radio du poste avec lequel il communique avec Oujda au Maroc. Le 14 avril, mon beau-frère, Edouard Bonhoure, affecté au 2e Bureau de l’état-major à Alger me dit par lettre : « Bravo pour ton boulot dans l’Ouarsenis, le zèbre que tu as piqué était extrêmement intéressant et c’est moi qui m’occupais de cette affaire, sans savoir que tu étais à l’origine du coup. Le seul ennui c’est qu’il se passe beaucoup trop de temps entre la capture et le moment où les services techniques peuvent l’utiliser ».

 

Notre dispositif se resserre autour de la zone suspecte. Nous avons repéré une bande de 50 fellaghas. De son côté, la 11e compagnie en a tué 4 et fait un prisonnier. Regroupés à 16h00 aux environs de la Côte 1055, nous nous préparons pour la nuit. Auparavant, nous grenouillons dans les thalwegs situés au nord. Bien nous en prend, car la 1ère section découvre deux abris avec quelques vivres. A son tour la 2e section trouve deux autres niches. Je pénètre dans l’une d’elles et découvre un musulman mozabit (originaire du Mzab et généralement commerçant), les jambes et les bras attachés dans le dos, suspendu par une corde au dessus d’un feu dont il ne reste que quelques braises. Le ventre est plus ou moins carbonisé. Une boîte de médicaments enveloppée d’un papier blanc porte l’inscription « Au frère Si Mohamed, Commandant la Wilaya 4 ». Nous sommes là au cœur du dispositif ennemi. Plus bas, dans le thalweg, de nombreux abris attestent de la présence d’un katiba (compagnie) qui s’est évanouie dans la nature. Notre mozabit, encore vivant, est détaché. Plus tard, il est transporté par un hélicoptère Alouette qui le conduit à Molière, au PC (Poste de Commandement) de la 10e DP pour identification et suite à donner.

 

30 avril : nous fêtons Camerone. 147 rebelles ont été capturés, mais des camarades, des amis, ont offert leur vie au cours de ces combats récents. Notre pensée fervente monte vers eux. Quelques jours plus tard, des hélicoptères nous déposent sur DZ indiquée par le commandement. Mais lors de la deuxième rotation, l’appareil heurte le sol suite à une chute du régime moteur. Nous déplorons 6 morts et deux blessés. Je l’ai échappé belle : à une rotation près…

 

Le 17 et 18 mai, nouvelle action de 48h dans le fief du Commando 54, troupe d’élite rebelle. Le 1er REP (régiment étranger parachutiste) et le 3e REI (régiment étranger d’infanterie) engagés dans la même opération ont accroché les rebelles en fin de matinée. Ils se replient vers notre zone d’action. C’est au tour du lieutenant Alain Ivanoff du 1er bataillon de manœuvrer et donner l’assaut. En pleine action, il tombe frappé d’une balle en pleine tête. Malgré les pertes sévères, les éléments décimés du Commando 54 s’évanouissent dans le maquis inextricable des fonds d’oueds.

 

Le 2 juin, je fais mouvement sur Arzew avec la 4e section de la compagnie et des détachements des autres compagnies pour assister aux cérémonies religieuses et militaires qui vont rendre hommage et adieux aux tués des derniers combats. Le lieutenant-colonel Dubos indique : « Le régiment, une fois de plus hélas, est en deuil. J’ai le douloureux privilège à vous lieutenant Ivanoff, à vous sergent Swanda, à vous les légionnaires Eibl, Palomino et Maier de vous saluer une dernière fois et de vous adresser au nom du colonel Favreau et de tout le 5e Etranger, un ultime adieu. A nous se sont joints des délégations de vos camarades, représentants tous ceux qui, par suite des nécessités opérationnelles impératives, n’ont pas pu venir partager notre peine et vous accompagner dans cette dernière partie de votre chemin sur cette terre. Votre destin est accompli et si votre vie fut brève, elle reste pour nous un exemple et l’idéal d’une vie de soldat ».

 

Les jours suivants nous entraînent dans la région située à l’est de Champlain et au sud de la Petite Kabylie. Durant toutes ces opérations, tous nos déplacements se font avant le lever du jour, pour une mise en place dès l’aurore sur notre base de départ. Dans ces conditions, nous dormons peu, mais nous sommes entraînés au physique comme au moral à faire de tels efforts prolongés. Le 27 juin 1959, le colonel Favreau est élevé à la dignité de Grand Officier de la Légion d’honneur par le général Gilles, représentant le général Challe. Le surlendemain, le capitaine de Broucker quitte le régiment. La compagnie, sous mes ordres, défile devant le commandant Repellin. Quant au capitaine, il boit, devant la compagnie rassemblée, le traditionnel car de vin rouge et reçoit la musette contenant quelques vivres de route. »

 

Le Hodna et la Kabylie.

 

« Le 6 juillet 1959, nous faisons mouvement dans un premier temps sur Blida, puis dans un deuxième temps sur Tizi-Ouzou. En réalité, nous avons été détournés vers les Monts du Hodna au sud de Bordj-Bou-Arredidj, cette destination ayant été tenue secrète jusqu’au dernier moment pour ne pas alerter nos adversaires. Les opérations « Jumelles » et « Etincelle » viennent de débuter. Elles consistent en de grandes opérations visant à encercler l’ennemi et l’anéantir. Avec d’autres unités de la 10e DP, durant onze jours, sur les pentes pré-sahariennes, nues, ravinées, inhospitalières, surchauffées par un soleil de plomb, nous avons découvert une importante base arrière, stocks de matériels divers : machines à coudre, tissus, vivres, chaussures, appareils de soudure…

 

Après quelques jours de terrain, nous voilà au repos au Bordj-R’dir. Souffrant d’une douleur intense a la mâchoire depuis plus jours, je me rends à l’infirmerie pour me faire soigner. Je demande le dentiste. Un certain bipède mal coiffé me dit qu’il se trouve au mess. Je lui demande d’aller le chercher. Ce dernier revient après un moment et me répond qu’il ne peut être dérangé, étant attablé ! Mon sang ne fait qu’un tour et j’indique au pauvre garçon que désobéir à un officier de la Légion est une faute extrêmement grave. L’aspirant dentiste arrive enfin. Je lui demande de m’arracher cette molaire qui me fait souffrir. Il se saisit d’un instrument et d’un geste bref et convaincant il s’exécute. Soulagé, mais endolori, je le quitte avec mes remerciements.

 

Le terrain est difficile à pénétrer. Nous devons prendre position, voir sans être vu. Enfin, le 19 août, nous repérons 11 fellaghas. Je fais mon compte-rendu et demande l’appui d’autres compagnies. Une heure plus tard, une compagnie est héliportée. Nous progressons. Les fellaghas refluent. Dans leur retraite, ils passent dans la zone de ratissage de la compagnie voisine. Dix d’entre eux sont tués ou faits prisonniers. Le n°150 de Képi Blanc (octobre 1959) relate l’affrontement : « La 12e compagnie du capitaine Frigard qui déjà depuis six jours grenouille dans la zone de refuge de Bounaaman, est en déplacement. Il est 12h30. Dans un terrain boisé, au relief accidenté, la 1ère section commandée par le lieutenant Lambert, aborde un village abandonné. Tout à coup, le tir des armes automatiques retentit. Parmi les maisons en ruines, un rebelle tente de s’enfuir. Blessé, il tombe mais se relève et se laisse glisser dans un ravin. La section s’élance aussitôt. Mais que se passe-t-il ? Derrière une murette deux mains agitent un mouchoir blanc. Puis, le silence régnant, deux têtes émergent, une femme et un homme, Monsieur et Madame Dubois de Dunilac, ressortissants suisses, installés en AFN depuis des années, prisonniers des rebelles depuis deux mois. Ils étaient gardés par deux rebelles armés de fusils de chasse. Le gardien blessé est retrouvé, ainsi que son fusil, le second reste introuvable ».

 

Je pars en permission pendant le mois de septembre 1959. La joie de se retrouver chez soi. De voir ses parents.

 

De retour en Algérie, je passe le commandement de la compagnie au capitaine Derréal, non sans regret. Je suis affecté auprès du commandant Repellin à l’EMT 2 en qualité d’officier de renseignement. Le commandant donne une soirée au cercle à Sidi-Bel-Abbès. J’y rencontre Olivier, lieutenant au 1er REC (régiment étranger de cavalerie) et Françoise. La soirée s’éternise jusqu’au lever du jour. Un ingénieur américain, venu étudier l’emploi des hélicoptères, qui ne jure que par la Légion, finit par rouler sous la table. Ah « The Foreign Legion » il s’en souviendra toute sa vie ! Il y a là aussi le général Gardy, inspecteur de la Légion, qui danse sans arrêt. Sa spécialité est de mettre sa main droite sous le sein gauche de sa partenaire, d’où le surnom qui lui est donné de « masse au sein ». Ceci pour la petite histoire… »

 

 

Dans la presqu’ile de Collo.

 

« Nous quittons Arzew le 1er novembre 1959. La presqu’île de Collo, 1.525 km², est un massif épais dont la tête est le Ghoufi qui culmine à 1.183 mètres. Les trois-quarts de ces djebels abrupts sont couverts de chênes liège. Cette zone incontrôlée depuis fort longtemps, est le siège d’une implantation du FLN, servant à la fois de transit et de repos pour les unités infiltrées depuis la Tunisie. La forêt de chênes cache sous ses frondaisons un maquis touffu, impénétrable, quelques rares pistes.

 

Le chêne liège n’est plus exploité depuis des années. Ce sont deux sociétés qui, en temps ordinaire, récoltent près d’un million de quintaux transformés en 22 millions de bouchons, vendus à l’URSS. Aujourd’hui, c’est l’armée qui assure la sécurité des chantiers. Plusieurs opérations ne donnent aucun résultat. Les fellaghas ne souhaitent pas nous rencontrer. Il va falloir agir par petits groupes pour ne pas attirer l’attention.

 

Le 24 novembre 1959, une équipe d’officiers du régiment part en reconnaissance sur la frontière tunisienne. Je rate mon frère Stéphane de peu. Il se présente à la popote des sous-officiers de Bône, où nous étions la veille. Nous passons de poste en poste. Le colonel nous a expliqué l’organisation de son secteur et le ratissage en cours. Le 27, par la piste qui longe le barrage électrifié, nous rejoignons Ouenza. La nuit précédente, une bande de fellaghas a forcé le barrage. Le bouclage est en cours. Rendus au PC opérationnel, nous apprenons que ladite bande est encerclée. Le premier bilan fait ressortir 45 tués et 69 prisonniers ! Finalement le nombre de tués se monte à 145. Armement pris en conséquence. C’est un échec total pour le FLN qui voulait, en franchissant le barrage, faire bonne impression avant la session de l’ONU. En fait, il existe deux réseaux électrifiés. Le premier longe grosso-modo la frontière. L’alerte est donnée en cas de franchissement. C’est alors que le second réseau en retrait de quelques kilomètres est mis sous tension. C’est dans cet espace que les rebelles sont pris et ne peuvent en sortir.

 

Retour sur nos cimes à Collo. Noël approche. Les opérations de nettoyage se multiplient, refoulant nos adversaires dans leurs derniers retranchements possibles. Comme le veut la tradition, chaque section prépare sa crèche qui sera ensuite évaluée. Les trois sections ayant obtenu le meilleur classement seront récompensées. La neige tombe abondamment.

 

Le 26 janvier 1960, n’ayant pas de commandement particulier, j’ai obtenu une permission de 15 jours pour me rendre à Alger. Cependant, la situation est très tendue sur le plan politique. Des troubles ont éclaté à Alger et Constantine. Très occupés par nos activités opérationnelles, nous ne sommes pas toujours au courant de ce qui se passe dans les hautes sphères. En réalité, le général Massu a été limogé de son commandement après la création des comités de salut public. Cette nouvelle n’a pas été acceptée des partisans de l’Algérie française qui ont réagi comme on va le voir.

 

Arrivé à Constantine où je dois prendre mon train, une grève immobilise tous les moyens de transport. Le 1er REC a été dépêché la veille en vue du maintien de l’ordre. Mon ami Olivier est aux portes de la ville avec son escadron. Nous suivons à la radio le déroulement des événements. Les manifestants crient « A bas de Gaulle » et réclament l’intégration de l’Algérie à la France. Le lendemain je fais le trajet vers Alger en jeep. Je me rends chez des amis. Inutile de dire combien notre cœur souffre.

 

A Alger, c’est l’insurrection. En effet, dès le 23 janvier, le député Pierre Lagaillarde a occupé avec 30 hommes la faculté boulevard Laférrière, suivi par un grand nombre de pieds-noirs des unités territoriales (5.000) groupés autour de la Grande Poste. Le 1er REP et le 1er RCP (régiment de chasseurs parachutistes) ont été rameutés en ville pour maintenir l’ordre. Des tirs sur les forces de l’ordre ont fait 14 morts dans les rangs de la gendarmerie mobile et 9 morts parmi les civils musulmans. Lagaillarde, sur les barricades, indique : « Nous résisterons jusqu’au bout, dussions-nous mourir. Nous ne voulons que l’intégration de l’Algérie à la France. Luttons tous ensemble pour l’Algérie française ». D’autres régiments arrivent en renfort, à commencer par le mien, 5e REI. La situation se détend peu à peu quand il apparaît que la troupe ne tirera pas sur la foule et que la fraternité se soit établie avec les unités territoriales. Le 1er février 1960, le siège des facultés est levé.

 

Mes amis pleurent de rage. Pour ma part, je veux m’en tenir au discours du général de Gaulle : « L’autodétermination, une fois la pacification terminée ». Il n’empêche, son discours a bien évolué : du « je vous ai compris » le 4 juin 1958, il est devenu le 16 septembre 1959 : « trois solutions : la sécession, la francisation, l’association ».

 

Le 3 mars 1960, le général de Gaulle fait une nouvelle « tournée des popotes ». Outre la présence des tous les officiers du régiment, ont fait le déplacement tous les officiers de la 13e demi-brigade la Légion étrangère. L’arrivée du chef de l’Etat est précédée de celles du général Hubert, commandant la 11e DI, du général Gandoet, commandant le corps d’armée, du général Challe, commandant en chef, du ministre des Armées, Pierre Messmer, et enfin de Monsieur Delouvrier. Sept autres hélicoptères, de type « banane », transportent des « mouches du coche »…

 

De Gaulle arrive enfin. Tout le monde au garde-à-vous. Nous sommes là, autour de lui. Il écoute l’exposé de la situation militaire et les résultats obtenus par le général Challe, puis nous indique : « Nous n’abandonnerons pas l’Algérie. Il n’y aura pas de Dien-Bien-Phu en Algérie. C’est de la fumisterie que de penser à l’indépendance de l’Algérie. Le FLN ne veut pas d’un cessez-le-feu. Votre mission reste de combattre et de lui prendre ses armes, puisqu’il ne veut pas les déposer. Il est absolument impossible de dire aujourd’hui ce que sera l’Algérie de demain. L’Algérie française, ce sont des mots et l’avenir d’un pays ne repose pas sur des mots. Le problème de l’Algérie sera définitivement tranché après la victoire de nos armes et par les Algériens eux-mêmes ».

 

Dans les semaines qui suivent, nous recommençons nos ratissages. Mais ils ne donnent rien. Seules des traces prouvent le passage de fellaghas. Au régiment, le colonel Favreau passe la main au colonel Pfirrmann. C’est un dur à cuire, un « marche ou crève ». Vieux grognard, il a commencé comme simple légionnaire et a gravé tous les échelons. Ce qui par ailleurs est remarquable. Malheureusement, son langage est émaillé de grossièretés sans nom. La cérémonie passée, nous continuons nos opérations. Eté 1960, nous remplaçons les harkis – ils ne sont plus du tout en sécurité – pour rassurer les récolteurs de liège.

 

Le commandant Repellin nous quitte. Il est remplacé par le commandant Buzy-Debat. Il a comme adjoint le capitaine Maestrali, qui vient de nous arriver de Madagascar. Je suis attaché à ce dernier en tant qu’officier de renseignement ».

 

Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.
Capitaine Petit – En Algérie – 1.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 29 Mai 2019

Cinq des chefs historiques du FLN (Front de Libération Nationale) : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella.

Cinq des chefs historiques du FLN (Front de Libération Nationale) : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella.

1956 en Algérie.

 

Roger Langlois nait le 13 avril 1934 à Issy-les-Moulineaux. Il meurt en Algérie le 17 août 1956.

 

1956 en Algérie est l’année de l’escalade dans les événements (on parle bien d’événements car l’Algérie c’est alors la France. Donc il s’agit bien d’événements policiers, ou pire de guerre civile, mais pas d’une guerre entre deux nations).

 

Donc, en cette année 1956, les élections anticipées en France donnent une majorité relative au Front républicain, situé à gauche de l’échiquier politique. Le nouveau président du Conseil, M. Guy Mollet, est initialement partisan de l’indépendance, et même de l’indépendance rapide. Mais devant l’impossibilité d’obtenir une majorité parlementaire sur l’Algérie l’amène à modifier sa position pour aller vers des négociations après l’arrêt des événements et des élections.

 

Le 7 janvier, les oulémas algériens publient un manifeste en faveur de l’indépendance. Le 22 du même mois, l’écrivain Albert Camus, Pied-noir, appelle en vain à la trêve civile. Le 6 février, lors de l’installation du nouveau gouverneur, le général Catroux, une manifestation monstre se déroule à Alger. Ce dernier est conspué par la population, de même que le président du Conseil. Catroux est rapidement remplacé par Robert Lacoste, plus proche des Pieds noirs.

 

Le 12 mars, face à des attentats et des embuscades militaires qui ne faiblissent pas, Guy Mollet fait voter la loi sur les « pouvoirs spéciaux » de l’armée. Cette dernière prend de plus en plus de pouvoirs jusque-là tenus par des civils, comme la police et la justice. Dans la foulée, le nombre de militaires (du contingent) présents sur le sol algérien passe de 200.000 à 400.000 !

 

Le 20 août 1956 se déroule le Congrès de La Soummam. C’est là que les fondements de l’Etat algérien sont posés dans la plate-forme politique de la Soummam adoptée par le Front de Libération Nationale.

 

Le 22 octobre, l’avion d’Air Maroc, conduisant de Rabat à Tunis cinq des chefs historiques du FLN est détourné dans l’espace international sur Alger : Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed, Mohamed Boudiaf, Ahmed Ben Bella sont arrêtés et demeurent prisonniers jusqu’en 1962. Moins d’un mois plus tard, le général Salan, qui s’est illustré en Indochine, est nommé commandant en chef de l’armée en Algérie.

 

L’année 1956 se termine tragiquement. Le 28 décembre, Amédée Froger, président de la Fédération des maires d’Algérie, est assassiné. Son enterrement, deux jours plus tard, veille de la Saint- Sylvestre, donne lieu à des émeutes qui dégénèrent dans ce qui sera alors appelé des « ratonnades ».

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Archives du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Archives départementales du Souvenir Français.
  • Caserne Bernadotte de Pau – Archives militaires.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

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