La Garde nationale 2/2 : 1871.

Publié le 14 Février 2009

 

Ce monument, placé proche de l’entrée du cimetière d’Issy-les-Moulineaux est dédié à la mémoire de quatre gardes nationaux d’Issy, morts en 1871. Il s’agissait de Messieurs Dufour, Legru, Hervieux et Duval. Ils appartenaient au 41ème bataillon de la Garde. Le monument a été édifié par souscription patriotique.

 

 

La Garde nationale et la Guerre franco-prussienne. 

Sous le Second Empire, la Garde nationale se voit confirmée dans ses prérogatives. Les officiers prêtent serment à l’empereur Napoléon III. En 1868, la loi Niel créé une Garde nationale mobile chargée de défendre les frontières. Celle-ci est principalement mise en œuvre pour appuyer l’armée contre la montée de l’expansion prussienne.

 

Au moment de la déclaration de guerre, la Garde nationale n’est que peu mobilisée. Seuls les ressortissants du Nord et de l’Est de la France sont incorporés à l’armée. Après les premières défaites, de nouveaux gardes sont appelés. Des régiments d’infanterie sont formés.

 

Arrivent le désastre de Sedan et la capture de l’Empereur : un gouvernement de la défense nationale est institué. Tous les gardes nationaux sont alors employés. Entre autres, ils participent au siège et à la défense de la capitale. En cela, on peut indiquer que la Garde nationale s’est transformée en dernier rempart contre l’envahisseur prussien.

 

Le Comité central de la Garde nationale. 

Cependant, dès la fin de l’année 1870, de nombreux gardes nationaux sont séduits par la propagande révolutionnaire et l’idéal anarchiste. Des comités se créent, des bataillons se soulèvent contre le gouvernement légitime. Celui-ci est incarné par Adolphe Thiers. En janvier 1871, après l’échec de la tentative de percée du front prussien à Buzenval, près de Rueil-Malmaison, l’armistice est signé. Le gouvernement, qui s’était réfugié à Bordeaux se rapatrie à Versailles, d’où le nom de « Versaillais » pour ses fidèles.

 

Le 1er mars, les Prussiens défilent sur les Champs-Elysées. Le surlendemain, le Comité central de la Garde nationale est constitué par des membres de la Délégation des vingt arrondissements de Paris (elle-même conçue en janvier 1871). Ce comité demande aux habitants de la capitale de ne pas céder à l’appel du gouvernement Thiers de négocier la paix avec les Prussiens et pousse à l’armement des parisiens pour « protéger le pays mieux que n’ont pu le faire jusque là les armées permanentes et à défendre, par tous les moyens possibles, la République menacée ».

 

Le Comité central s’installe à l’hôtel de ville de Paris et nomme des délégués pour l'administration municipale : Jourde et Varkin sont aux Finances ; Grollier et Vaillant à l’Intérieur ; Grousset aux Relations Extérieures ; Duval et Rigault à la Préfecture de Police ; Eudes à la Guerre ; Bergeret à l’Etat-major de la Garde nationale et Moreau dirige le Journal Officiel, organe de propagande. Les maires des arrondissements sont remplacés et peu à peu des quartiers se soumettent.

 

La Commune. 

Après les élections du 26 mars 1871, le Comité central cède la place à la Commune. Il demeure néanmoins sous son existence propre et conserve sa mission de la défense de Paris. Le mouvement insurrectionnel prend un certain nombre de décisions en faveur du « petit peuple » de Paris, ce qui provoque des troubles et le départ d’une partie de la population des quartiers chics de la capitale. Des bataillons de la Garde appuient ces décisions.

 

Mais la Commune se transforme rapidement en une sorte de « dictature du prolétariat ». Tous ceux qui soutiennent le pouvoir légitime sont susceptibles d’être passés par les armes ; des journaux « pro-versaillais » sont interdits ; les arrestations et exécutions sommaires se multiplient. Le gouvernement Thiers ne peut plus laisser faire. Après avoir adressé un ultimatum aux Parisien, les Versaillais profitent d’une trahison et entrent dans la capitale par la Porte de Saint-Cloud. Pendant une semaine, appelée la « Semaine sanglante » les combats sont acharnés entre les deux camps. A la fin du mois de mai 1871, la Commune est anéantie. Ses partisans, quand ils ne sont pas morts en combattant, sont fusillés, enfermés ou déportés, principalement en Nouvelle-Calédonie. 

 

La fin.

 

A la suite des événements de la Commune de Paris, la Garde nationale est dissoute le 25 août 1871, à Paris, comme dans toutes les communes de France…
 

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #1870-1871