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Publié le 8 Février 2020

Au lieutenant Blanc.

 

William Blanc, lecteur de notre site internet, a pris contact avec nous pour nous parler de son grand-père, Paul – dit « Paulo » – Blanc lieutenant au 1er RCP (régiment de chasseurs parachutistes) mort pour la France en avril 1948 en Indochine.

 

Cette série d’articles comprendra une présentation des états de services et des campagnes (1), un épisode épique sur son évasion vers la Slovaquie (2), les conditions de sa mort (3), ses citations (4) et le baptême de promotion parachutistes Classe 1951 (5).

 

Lieutenant Blanc – 1 – L’épopée.

 

Paul Blanc nait le 15 septembre 1921 à Alger, de l’union d’Alexis Blanc et de Marie Ottavioli. Il est incorporé au Chantiers de Jeunesse n°103 le 13 novembre 1942 et en est libéré quelques semaines plus tard pour intégrer l’Ecole des Elèves Aspirants de Cherchell en Algérie, la veille de Noël 1942. Il en sort avec le grade d’aspirant le 10 mai 1943.

 

L’aspirant Paul Blanc est affecté au Bataillon de Parachutistes de Fez. Le 15 décembre 1943, il est nommé au grade de sous-lieutenant de réserve. Quelques mois plus tard, lors de la campagne d’Italie, il est blessé par balle à la jambe gauche à San Casciano. Il est alors fait prisonnier et est emmené en Allemagne dans un Oflag… d’où il s’évade à la troisième tentative. De là, il rejoint la Slovaquie toute proche et s’enrôle auprès des résistants locaux et des Partisans français (ce sont des prisonniers de guerre, évadés, qui œuvrent avec la résistance slovaque et sont appuyés par des cadres de l’Armée Rouge).

 

En juin 1945, Paul Blanc rejoint la France et gagne Avord dans le Cher pour être intégré au 1er RCP (régiment de chasseurs parachutistes). De là, il part pour Nancy au Centre de Préparation aux Grandes Ecoles et est intégré dans l’Armée d’active avec le grade de sous-lieutenant. Affecté au dépôt commun de la Légion étrangère en 1946 il est promu au grade lieutenant la même année. En novembre, il rejoint le 1er RCP et fait mouvement avec le 3e bataillon sur Bône en Algérie.

 

En janvier 1947, Paul Blanc, alors passé au 1er bataillon du 1er RCP rejoint Sétif en Algérie puis embarque sur le S/S Athos pour l’Indochine. Il débarque à Saigon en février 1947 puis fait mouvement sur Hanoi pour entrer en campagne avec la Demi-Brigade de Marche Parachutiste.

 

Le 7avril 1948, le lieutenant Paul Blanc est tué au kilomètre 40 de la route de Cao Bang. Il s’était marié le 23 décembre 1943 à Mademoiselle Jacqueline Dessauger, alors domiciliée à Tlemcen (au Pavillon militaire) et il était père de deux enfants.

 

 

Sources :

Archives familiales.

 

Au lieutenant Blanc.

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Publié le 19 Janvier 2020

2016 - Robert Choffé est fait chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, en présence de présidents des associations d’anciens combattants et d’André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux.

2016 - Robert Choffé est fait chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, en présence de présidents des associations d’anciens combattants et d’André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux.

Le Comité d’Issy-les-Moulineaux – Vanves du Souvenir Français vient de perdre l’un de ses amis, un de ses grands anciens et plus vieux piliers ! Robert Choffé nous a quitté le 12 janvier 2020. Isséen depuis toujours, Robert Choffé était un ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale.

Engagé très jeune dans les FFI (Forces Françaises de l’Intérieur), il avait été affecté à un régiment d’artillerie. Ainsi nous disait-il il y a quelques années : « Pour moi, l’engagement était naturel. De métier, j’étais mouleur – fondeur. En 1944, je rentre dans les FFI. On nous faisait coucher dans le sous-sol de l’école Paul Bert. En septembre 1944, nous sommes regroupés au Petit Séminaire d’Issy. Je signe, comme tous mes camarades, un engagement pour la « durée de la guerre ». Je suis alors affecté au 32e régiment d’artillerie divisionnaire et je deviens orienteur ».

Par la suite, avec son unité, Robert participa à la libération de l’île d’Oléron et à de nombreux combats : « Avant même la fin de la guerre, en avril 1945, j’ai fait quelques temps de classe à Saint-Loup sur Thouré puis, au sein de la 1ère Armée, Rhin et Danube – chère à de Lattre de Tassigny – je suis envoyé en Allemagne pour participer au déminage et à la destruction des bunkers de la ligne Siegfried. Plus d’une fois nos gars ont laissé leur vie dans des champs de mines. Je me souviens en particulier de mon lieutenant, Bonnet, qui est mort alors qu’il transportait des explosifs et des bouteilles d’oxygène dans sa chenillette. Le feu a pris dans le moteur et l’explosion a été terrible. »

 

Le 6 mai 1945, le brigadier Choffé, du 32e régiment d’artillerie de la 10e division d’infanterie de la Première Armée était cité à l’ordre du régiment : « Brigadier à l’équipe d’orientation du groupe, a participé au déminage de plusieurs positions de batterie avec un sang-froid et une compétence remarquable. A toujours été volontaire pour les missions les plus périlleuses en particulier à la pointe de Vallières et dans l’île d’Oléron. La présente citation donne droit au port de la Croix de Guerre avec Etoile de Bronze ».

 

Robert Choffé : « Après, j’ai fait l’Ecole des Sous-officiers, en Allemagne, jusqu’en septembre 1945. J’ai même participé sur les Champs-Elysées au premier défilé de la Victoire. Puis, pour un certain nombre de raisons personnelles, et parce que j’avais déjà vu pas mal d’horreurs, j’ai quitté l’armée, je suis redevenu un civil et je suis entré chez Renault à Boulogne-Billancourt. Et j’ai oublié ce que j’avais fait ; je n’ai, par contre, j’avais effacé de ma mémoire les images des camarades, leur courage, et parfois leur vie sacrifiée ».

 

Robert Choffé était chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’honneur, Croix de Guerre 1939-45, titulaire de la médaille militaire, médaillé des combattants volontaires.

 

Le Souvenir Français présente ses plus sincères condoléances à sa famille et ses amis.

 

 

 

Sources :

 

  • Entretiens Robert Choffé, de 2008 à 2018.
  • Documents Archives personnelles de Robert Choffé.
  • Photographie Copyright Souvenir Français Issy-Vanves.

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Publié le 11 Octobre 2019

Le traité de Sèvres, par Lisa Romeo.

Le traité de Sèvres est signé entre l’Empire ottoman et ses ennemis de la Première Guerre mondiale le 10 août 1920 dans les Hauts-de-Seine. L’Entente, victorieuse, impose alors ses conditions et achève le démembrement de l’Empire qui perd les quatre cinquièmes de son territoire.

La signature d’un accord de paix avec l’Empire ottoman.

Fin 1918, les troupes alliées occupent Constantinople, la capitale de l’Empire, ainsi que de nombreux territoires ottomans : les forces britanniques contrôlent la Mésopotamie et une bonne partie de la Syrie, la France occupe la Cilicie, les Italiens le sud-ouest de l’Anatolie et l’armée grecque se déploie en Thrace orientale et à Smyrne. L’avenir de la région est dorénavant largement entre les mains des puissances occidentales.

 

Après plusieurs rencontres et conférences, les Alliés finissent par s’entendre sur les conditions de paix avec l’Empire lors de la conférence de San Remo, en Italie, en avril 1920. Un traité de paix est signé à Sèvres, en France, par le Sultan Mehmet VI (1861-1926), dernier sultan ottoman, qui choisit de coopérer avec les Alliés.

 

 

Les termes du traité.

Les conditions du traité sont pourtant humiliantes pour un des plus grands empires de l’histoire moderne. Si les Ottomans conservent Constantinople et le nord de l’Anatolie, leur souveraineté est dorénavant fortement limitée.

Tout d’abord, des sphères d’influence française et italienne sont établies. La France jouira donc d’un contrôle financier et administratif en Cilicie et l’Italie dans la région d’Adalia, dans le sud-ouest de la Turquie. Comme convenu à San Remo, les provinces arabes de l’Empire sont placées sous tutelle britannique en Palestine et en Irak, ou française en Syrie. La Grèce obtient, pour sa part, la Thrace orientale et la région de Smyrne. Cette dernière région fait cependant l’objet d’une clause particulière : elle est placée pendant cinq ans sous administration grecque et sous souveraineté ottomane. Au terme de cette période, les populations, grecques et turques, devront choisir, par référendum, leur pays de rattachement.

 

Par ailleurs, les Arméniens revendiquent une grande Arménie allant de la mer Noire à la mer Méditerranée et du Caucase à la Cilicie. Le traité de Sèvres prévoit finalement la formation d’un Etat indépendant plus restreint, comprenant les terres arméniennes russes et le Nord-est de l’Anatolie. Le principe d’un Kurdistan indépendant est également retenu par les Alliés. La délimitation de son territoire pose cependant de nombreux problèmes. Les Alliés s’entendent finalement sur la constitution d’un territoire autonome, compris dans la zone ottomane, au sud-ouest de l’Anatolie, comprenant environs 20 % des régions peuplées par les Kurdes. Son indépendance devra être considérée ultérieurement par la Société des Nations.

 

En outre, les détroits du Bosphore et des Dardanelles doivent être démilitarisés, neutralisés et gérés par une Commission internationale des détroits où sont représentés la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie. Leurs accès seront entièrement libres en cas de guerre comme en cas de paix et sont contrôlés.

 

Enfin, les capitulations sont rétablies et même élargis à tous les vainqueurs. Les finances et l’administration turques sont placées sous contrôle anglo-franco-italien. Les droits des minorités sont protégés. La Turquie est aussi sommée de livrer sa flotte, de réduire son armée à 15 000 hommes et 35 000 gendarmes. Le traité de Sèvres est donc d’une grande sévérité et limite fortement la souveraineté turque.

 

Si le sultan se résigne, après deux mois de discussion, à signer le traité de Sèvres, il est considéré comme inadmissible par les nationalistes, dirigés par Mustafa Kemal. Ce héros de la guerre, qui mène, à partir de l’Anatolie, une lutte acharnée contre le gouvernement de Constantinople et contre les puissances occupantes depuis juin 1919, le rejette immédiatement. La sévérité des clauses du traité de Sèvres l’aide alors à rallier une bonne partie de la population au mouvement. La Turquie en alors en pleine guerre civile et en pleine guerre contre la Grèce.

 

Les Alliés semblent avoir négligé l’importance du mouvement national turc. Ils s’aperçoivent très vite de leur incapacité à faire appliquer le traité qui ne sera finalement jamais ratifié. Dès l’automne 1920 et au fur et à mesure des victoires turques, certaines puissances appellent à une révision du traité. Une conférence se tient à Londres en février 1921 dans ce but, sans grands résultats. Le traité de Sèvres est finalement remplacé, le 24 juillet 1923, par le traité de paix de Lausanne qui marque définitivement la naissance de la République de Turquie indépendante s’étendant de la Thrace orientale à l’Asie mineure.

 

 

Bibliographie :

  • Jean-Pierre Derriennic, Le Moyen-Orient au XXème siècle, Paris, Armand Colin, 1980.
  • Nadine Picaudou, La Décennie qui ébranla le Moyen-Orient, 1914-1923, Bruxelles, Editions Complexe, 1992.
  • Salah Jmor, L’Origine de la question kurde, Paris, Editions L’Harmattan, 1994.
  • Robert Mantran, Histoire de la Turquie, Paris, Presses Universitaires de France, 1952.
  • M. E. Yapp, The Making of the modern Near East (1792-1923), London, Longman Group UK Limited, 1991.

 

Sources :

 

  • Site Internet de l’encyclopédie Wikipedia.
  • Site Internet « Les Clés du Moyen Orient » - Article de Lisa Romeo.

 

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Publié le 10 Août 2019

La FNAM.

1 - Histoire de l’association.

 

La Fédération nationale André Maginot a été créée en 1888, à Marseille, par des anciens combattants de la guerre 1870-1871 et des expéditions coloniales (Madagascar, Chine, Tonkin, Algérie, Tunisie). Elle se constitue en " Union fraternelle ".

 

Le 6 novembre 1894, elle se transforme en "Fédération nationale des anciens militaires blessés, gratifiés de réformés n° 1 ". Au début du 20e siècle, transférée à Paris, elle tient son premier congrès national à la Mairie du 10ème arrondissement, en juin 1911. Cette même année paraît le premier Bulletin de la Fédération.

 

Le 6 octobre 1918, André Maginot, alors ministre des colonies et de l’Afrique du Nord, devient président de la Fédération. Il le restera jusqu’à sa mort, le 7 janvier 1932. Le siège, alors situé au 8 boulevard Brune à Paris (15ème), est ensuite transféré au 23 rue Bourgogne à Paris (7ème). L’année suivante, l’intitulé de l’association devient " Fédération nationale des mutilés, victimes de guerre et anciens combattants " et sera reconnue d’utilité publique par arrêté du 23 mai 1933.

 

En 1926, le bulletin prend le nom de La Charte et la Fédération s’installe au 1bis rue Vanneau à Paris (7ème).

 

En 1953, en hommage à son illustre président, elle ajoute la référence à "André Maginot" et en 1961, est adoptée la dénomination simplifiée de : Fédération nationale André Maginot.

 

Depuis 1970, le siège est sis 24bis boulevard Saint-Germain à Paris (5ème) dans un hôtel particulier datant du 19e siècle, orné de fresques bibliques peintes par le célèbre Mazerolle qui décora également l’Opéra Garnier.

 

En ce début de 21ème siècle, la FNAM, qui ajoute à son appellation "des Anciens combattants et Victimes de guerre", rassemble plus de 200 groupements "fédéraux" ou "affiliés", soit un effectif de 330 000 membres.

 

Elle continue sa vocation de "fédérateur" et ne cesse d’accroître ses effectifs.

 

Elle édite six fois par an une revue de liaison La Charte distribuée à tous ses adhérents et auprès de différents organismes publics, tels que : mairies, préfectures, ministères, ambassades, etc.

La Fédération nationale André Maginot oriente ses activités vers :

 

  • la défense des droits et de l’honneur des anciens combattants et victimes de guerre,
  • les œuvres sociales destinées aux anciens combattants,
  • les subventions aux grandes causes humanitaires,
  • la préservation de la mémoire combattante, notamment auprès de la jeunesse.

 

 

2 - André Maginot.

 

André Maginot est né le 17 février 1877 à Paris. Ses parents lorrains étaient originaires de Revigny-sur-Ornain dans la Meuse. Intelligent, doué d’une excellente mémoire, le futur ministre fait de brillantes études de droit. Orphelin de père et aîné de quatre enfants, il est dispensé de deux années de service militaire sur trois. A son retour, il passe le doctorat de droit. A 23 ans, il est reçu au concours de l’auditoriat du Conseil d’Etat.

 

Très tôt, André Maginot décide de se lancer dans la politique. D’abord conseiller général de Revigny-sur-Ornain, il est ensuite élu, en 1910, député de Bar-le-Duc. Il conservera ce siège jusqu’à sa mort en 1932. A 36 ans, en 1913, il devient Sous-secrétaire d’Etat à la guerre et s’emploie à faire appliquer la loi des 3 ans de service militaire, dont il est un ardent défenseur.

 

Le Combattant

 

Lorsque la guerre éclate, estimant que sa place est au front, il s’engage comme simple soldat au 44ième régiment territorial. Sur sa demande, il est affecté à une compagnie d’avant-poste sur les Hauts de la Meuse au surplomb de la plaine de Woëvre. Ayant participé à de nombreuses patrouilles, il est rapidement persuadé que des unités de reconnaissance permanentes seraient plus efficaces. Il préconise donc la constitution de " patrouilles régulières ", qu’il dénomme ainsi. Elles sont composées d’une trentaine de volontaires soigneusement sélectionnés qu’il formera lui-même. La patrouille "Maginot" se distinguera dans de nombreuses circonstances. Le 9 novembre 1914, il est très grièvement blessé au cours d’une reconnaissance audacieuse. Pendant de longs mois, il restera hospitalisé et ne retournera plus au front. Titulaire de cinq citations et de la médaille militaire, il quitte la vie militaire avec le grade de sergent. Sa conduite exemplaire lui vaudra, le 12 mars 1919, d’être élevé au grade de chevalier dans l’Ordre national de la Légion d’Honneur.

 

André Maginot, homme politique

 

  • 1913/1914 : Sous-secrétaire d’Etat à la guerre ;
  • 1917 : Ministre des colonies et membre du Comité de guerre. Préoccupé par la situation des mutilés, il suit avec intérêt les objectifs et l’évolution des premières associations de victimes de guerre.
  • 1920/1922 : le ministère des pensions qu’il crée lui est confié. A ce poste, il s’applique à mettre au point la Charte du 31 mars 1919.
  • 1922/1924 : il cumule les postes de ministre de la guerre et ministre des pensions. Il fait voter la loi sur la réorganisation de l’armée et a soutenu la mise en œuvre de la loi du 4 août 1923 instituant la Retraite mutualiste du combattant.
  • 1928/1929 : Ministre des colonies ;
  • 1929/1932 : il est ministre de la guerre, ministère qu’il conservera jusqu’à sa mort. Il fait notamment poursuivre l’édification de la ligne fortifiée le long des frontières de l’Est qui avait été mise en œuvre par son prédécesseur Paul Painlevé. Victime d’une épidémie de typhoïde, André Maginot meurt dans la nuit du 6 au 7 janvier 1932 à l’âge de 55 ans. Le 10 janvier, les français lui rendent hommage en participant nombreux à ses obsèques nationales.

 

L’œuvre sociale d’André Maginot Conscient des drames provoqués par ce long et sanglant conflit, il préconise, dés 1917, la création d’un ministère chargé des pensions, primes et allocations de guerre. En janvier 1920, ce poste lui est confié. La France qui avait enregistré 1.400.000 tués, comptait par ailleurs quelques 3.000.000 de blessés. Il fait régler rapidement trois millions de dossiers ainsi que celui des veuves, des orphelins et des ascendants. Il met à contribution tous ses collaborateurs et lui-même reste en permanence dans son cabinet ministériel.

 

Le nombre de dossiers traités au ministère passent de 28 500 en février 1920 à 100 000 par mois dès le mois d’août, puis à 120 000 en octobre. Parallèlement à la liquidation des pensions, André Maginot fait entreprendre le regroupement des sépultures militaires. Il négocie âprement la gratuité des soins aux mutilés avec les professions de santé et des réductions de tarif avec les compagnies de chemin de fer. Après deux ans de marathon parlementaire, il obtient l’adoption d’une loi relative aux emplois réservés pour les mutilés de guerre.

Il mène par ailleurs une " épuisante politique de relations publiques " qui lui vaut une très grande popularité auprès de la plupart des associations d’anciens combattants et victimes de guerre.

 

Le monde combattant lui doit également :

 

  • la création de l’Office national des mutilés le 2 janvier 1918 ;
  • la loi du 31 mars 1919 reconnaissant le droit à réparation de toutes les catégories d’anciens combattants et victimes de guerre ;
  • la création de la carte du combattant le 18 décembre 1926 ;
  • la loi du 6 avril 1930 reconnaissant la qualité de combattant volontaire.

 

Enfin, lors du second anniversaire de l’armistice, André Maginot décidait de faire inhumer à Paris, sous l’arc de triomphe, le corps d’un soldat inconnu choisi au cours d’une cérémonie à la citadelle de Verdun. Et c’est le 11 novembre 1923, alors qu’il était ministre des pensions, qu’il alluma la flamme éternelle du souvenir sur la dalle sacrée.

 

La FNAM.

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Publié le 24 Février 2019

L'ONACVG.

L’Office national des anciens combattants et victimes de guerre est un établissement public sous tutelle du ministère des Armées, créé le 2 mars 1916, alors que la bataille de Verdun fait rage !

 

Il s’agit à l’époque d’un établissement public autonome interministériel géré par un Conseil d'administration. La loi du 27 juillet 1917 crée ensuite l'Office National des Pupilles de la Nation, puis celle du 19 décembre 1926 donne le jour à l'Office national du combattant. Durant les années 1933 et 1934, la fusion successive de ces trois organismes permet la création de l'Office national des mutilés, combattants, victimes de la guerre et pupilles de la nation. En 1946 cet organisme récupère la gestion des services sociaux du Ministère des prisonniers, déportés et réfugiés et s'appelle désormais l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de guerre. Depuis 1991, intègre également l'aide aux victimes d'actes de terrorisme.

 

Missions.

 

L’ONACVG a trois missions principales :

 

  • la reconnaissance et la réparation ;
  • la solidarité ;
  • la mémoire.

 

Il a pour objectif de préserver les intérêts matériels et moraux de ses ressortissants : anciens combattants, invalides et blessés de guerre, veuves de guerre, pupilles de la Nation, victimes de guerre, et plus récemment, d’actes de terrorisme. Aujourd’hui, il apporte un soutien à près de trois millions de ressortissants de toutes les générations du feu. Il est également l’opérateur majeur de la politique mémoriel du ministère des Armées.

 

Une organisation structurée.

 

La direction générale de l’Office, située au sein de l’Hôtel national des Invalides, a pour fonction de piloter la politique générale définie par le conseil d’administration sous le contrôle du directeur général. Elle gère également le fonctionnement global de l’établissement et coordonne l’activité des services départementaux dans le cadre de leurs missions. Un service de proximité est implanté dans chaque chef-lieu de département, ainsi qu’en Outre-Mer, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie, et en Afrique du Nord (Algérie, Maroc, Tunisie). Gérés par des directeurs départementaux, les services de proximité sont chargés de décliner localement les différentes missions de l’Office.

 

La gouvernance.

 

L’Office est une organisation paritaire. Cette dernière permet aux anciens combattants et victimes de guerre de participer aux grandes décisions concernant leur avenir via différentes structures : le conseil d’administration, les conseils départementaux et l’ensemble des commissions spécialisées.

 

Le conseil d’administration se prononce sur le budget, le compte financier, la répartition entre associations des subventions destinées à l’action sociale en faveur de leurs adhérents (ressortissants de l’Office), le placement des capitaux et revenus provenant de libéralités faîtes à l’ONACVG. Les membres sont nommés pour 4 ans par arrêté du 27 janvier 2012. Ce conseil est composé de quatre commissions :

 

  • La commission permanente délibère sur les questions confiées par délégation du conseil d’administration, donne son avis sur les projets de textes réglementaires relatifs à l’Office, propose un règlement intérieur, et examine les questions soumises par le ministre ou le directeur général.
  • La commission des affaires générales et financières étudie les questions concernant le fonctionnement, le budget et les comptes de l’ONACVG, et examine les points inscrits à l’ordre du jour du conseil correspondant à son domaine de compétence.
  • La commission « mémoire et solidarité » délibère sur les questions à l’ordre du jour concernant la solidarité, la réinsertion professionnelle, l’hébergement des ressortissants âgés, la participation au droit à réparation et les actions de mémoire.
  • Le comité d’honneur est constitué d’anciens administrateurs ayant accompli au moins trois mandats au sein du conseil d’administration de l’Office, et examine les questions soumises par le ministre.

 

Dans les Hauts-de-Seine.

 

Désormais présidés par les préfets, les conseils départementaux sont désormais appelés « conseils départementaux pour les anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la Nation ». Au sein de chaque conseil, plusieurs groupes de travail sont constitués, portant sur les demandes d’aides relevant de la solidarité, sur les projets relatifs à la politique de Mémoire, sur les demandes de délivrance des diplômes d’honneur de porte-drapeau, sur l’attribution de l’insigne des victimes civiles, et sur l’attribution de cartes et titres.

 

Adresse et coordonnées pour notre département :

 

Préfecture des Hauts-de-Seine - 167-177 avenue Joliot-Curie - 92000 Nanterre

Tél : 01 40 97 21 40 - Horaires d'ouverture : du Lundi au Mardi : de 09h00 à 12h30 de 14h00 à 17h30. Permanence pour l'action sociale le lundi ou sur rendez-vous : du Jeudi au Vendredi : de 09h00 à 12h30 de 14h00 à 17h30.

 

Directeur : Jean-Baptiste ROMAIN, attaché d'administration

 

 

 

Sources :

 

  • Site de l’ONAC VG -
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Archives départementales du Souvenir Français des Hauts-de-Seine.
  • Archives photographiques du Souvenir Français – Comité Issy-Vanves.

 

Assemblée générale du Souvenir Français des Hauts-de-Seine de 2016 à Chaville. M. Jean-Baptiste Romain, directeur départemental de l’ONACVG, félicite M. Daniel Jouin, président du Comité de Boulogne et délégué général adjoint pour la tenue de la cérémonie.

Assemblée générale du Souvenir Français des Hauts-de-Seine de 2016 à Chaville. M. Jean-Baptiste Romain, directeur départemental de l’ONACVG, félicite M. Daniel Jouin, président du Comité de Boulogne et délégué général adjoint pour la tenue de la cérémonie.

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Publié le 5 Février 2019

Monsieur Jean-Baptiste Boyer.

Jean-Baptiste Boyer s’est éteint à 95 ans le mardi 22 janvier 2019 à Gentilly en Région parisienne. Il a été inhumé mercredi 30 janvier à Issy-les-Moulineaux.

 

Je connaissais bien Jean-Baptiste Boyer : il y a près de douze années de cela – nous étions en juillet 2007 – je l’avais rencontré, mail Raymond Menand à Issy. Fort gentiment et élégamment, M. Boyer m’avait reçu et avait conté sa guerre contre les troupes nazies en Slovaquie. Ce récit se trouve toujours sur ce site, à la date du mois d’août 2007.

 

Jean-Baptiste Boyer avait fait partie du maquis dirigé par le capitaine Georges Barazer de Lannurien (1915-1988) avec 200 Français évadés de camps de prisonniers et de l’usine d’armements de Dubnica nad Vahom. C’est eux qui avaient lancé le 27 août 1944 l’insurrection contre la Wehrmacht et le régime fasciste de Mgr Tiso, dans les montagnes de Strečno, dans le nord-ouest de la Slovaquie satellisée par Hitler. Ils laissèrent 56 camarades tués au combat, un des plus forts taux de perte d’une unité française pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Certains maquisards, faits prisonniers par les Allemands, furent fusillés. D’autres, comme M. Boyer, réussirent à s’évader grâce à la complicité d’autochtones, la veille de leur exécution. Après l’écrasement du Soulèvement, ils furent cités à l’ordre de l’armée par le général de Gaulle le 9 décembre 1944.

 

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, Alain de Boissieu, camarade de promotion à Saint-Cyr du capitaine de Lannurien, aida à la reconnaissance de ces courageux partisans.

 

Les survivants durent leur salut à l’Armée rouge et ils ne rentrèrent en France qu’à l’été 1945. Ces combattants sont célébrés sans discontinuer en Slovaquie. Jean-Baptiste Boyer qui fit carrière à la Poste où il finit Inspecteur général présidait l’Association des Anciens Combattants de Slovaquie. Avec Alain Bétry, il rédigea ses mémoires en 2012, très utiles pour les historiens. Elles ont été publiées par les Editions Atlantes (en vente chez vos libraires isséens Chantelivres, Caractères et Gutenberg – ou directement sur le site d'Atlante éditions : http://www.atlante-editions.fr/ )

 

M. Boyer était officier dans l’Ordre de la Légion d’honneur, officier dans l’Ordre National du Mérite, Croix de Guerre 39-45, Croix du Combattant Volontaire 39-45, médaille des Évadés, Croix des Combattants Volontaires de la Résistance, médaille de l’Insurrection slovaque.

 

Lui survit dans le Morbihan Roger Naël, sans doute le dernier des résistants français de Slovaquie.

 

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Crédit photographique : Alain Bétry.
  • Archives du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français.
  • Site de l’ambassade de France en Slovaquie.
  • « Résistants, partisans français en Slovaquie » par Jean-Baptiste Boyer – Ed. Atlantes.
Monsieur Jean-Baptiste Boyer.

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Publié le 19 Août 2018

Issy-les-Moulineaux – 21 Février 2010 – Inauguration de la place Missak Manouchian. André Santini est entouré d’Arsène Tchakarian (à gauche) et d’Henry Karayan (à droite).

Issy-les-Moulineaux – 21 Février 2010 – Inauguration de la place Missak Manouchian. André Santini est entouré d’Arsène Tchakarian (à gauche) et d’Henry Karayan (à droite).

Le 21 février 2010, André Santini inaugurait le buste de Missak Manouchian sur la place qui porte désormais son nom. Deux personnalités étaient présentes : Henry Karayan (disparu en 2011) et Arsène Tchakarian, qui vient de mourir le 4 août dernier. Il était le dernier survivant du fameux « Groupe Manouchian ».

 

Un enfance dans l’Empire ottoman.

 

Arsène Tchakarian nait le 21 décembre 1916 à Sabandja dans l’Empire Ottoman, dans la région de Bursa (nord-ouest de la Turquie actuelle). Persécutée – le génocide arménien a commencé l’année précédente – la famille fuit le territoire et se réfugie d’abord en Bulgarie. En 1928, avec des papiers obtenus de longue lutte, elle peut gagner la France par le port de Marseille. Nous sommes en 1930, et le jeune adolescent Arsène voit son père rejoindre les mines de Decazeville tandis que lui-même monte sur Paris afin d’y apprendre le métier de tailleur.

 

Six ans plus tard, à l’occasion des manifestations durant le Front Populaire, Arsène Tchakarian fait la rencontre de Missak Manouchian, un poète arménien et militant communiste. Rencontre qui va bouleverser sa vie.

 

La Résistance.

 

En 1937, il a alors 21 ans, Arsène Tchakarian fait son service militaire au 182e régiment d’artillerie lourde à Vincennes. Appelé en 1939, il participe à la « drôle de guerre » puis combat dans les Ardennes et la Meuse en mai 1940. Il est démobilisé à Nîmes le 5 août suivant.

 

Il s’en retourne sur Paris et reprend contact avec Missak Manouchian. Les premiers actes de résistance commencent par des distributions de tracts. Mais ce n’est pas simple de faire face à l’ennemi nazi quand celui-ci s’est allié au grand frère communiste. La résistance commence réellement en juin 1941 avec la rupture du pacte germano-soviétique. L’action du groupe de Missak et de la MOI (Main d’œuvre Immigrée) prend alors de l’ampleur et se radicalise. Le premier coup d’éclat date du 17 mars 1943 : Arsène Tchakarian, Missak Manouchian et Marcel Rayman attaquent une formation de feldgendarmes à Levallois-Perret.

 

Sous le nom de « Charles », Tchakarian et ses compagnons sont les auteurs d’actes de résistance de plus en plus nombreux contre les nazis. Ils organisent des sabotages et commettent des attentats. Le groupe Manouchian abat la général SS Julius Ritter le 28 septembre 1943. Il s’agissait d’un responsable du Service du Travail Obligatoire (STO). Ce sont près d’une quinzaine d’actions qui vont être menées au cours de cette année.

 

Après l'arrestation de Missak Manouchian et de seize à vingt-trois autres membres (selon les sources) de son groupe en mi-novembre 1943 qui sont jugés et exécutés, Tchakarian est caché à Paris grâce à Léon Navar, commissaire de police de Montrouge, et de la police résistante de la préfecture de Paris. En mai 1944, en raison de son expérience militaire et de ses actes en tant que résistant, il est exfiltré vers Bordeaux pour aider à la préparation du bombardement du camp d'aviation de Mérignac par les Alliés. Après coup, il est appelé à Paris début juin 1944. Il rejoint début août le maquis de Lorris, participe aux combats du Sud de la Loire puis à la libération de Paris. Il est alors nommé lieutenant et commande une vingtaine de résistants.

 

Après la Seconde Guerre mondiale.

 

A partir de 1950, il devient historien, membre de la Commission des Fusillés du Mont-Valérien et chargé de recherches auprès du Ministère de la Défense. Il reste apatride qu'en 1958, année où il est naturalisé français. Il reprend par la suite son activité de tailleur.

 

En 1996, Arsène Tchakarian devient président du Mouvement des Arméniens de France pour le Progrès (MAFP), association qui rassemblait alors les anciens membres de la Commission Nationale Arménienne qui avait été supprimée par le PCF peu avant la chute de l’URSS. Il meurt le 4 août 2018 à l’hôpital  Paul Brousse à Villejuif. Il est inhumé le 14 août 2018 au cimetière parisien d’Ivry près du « carré des fusillés » où reposent ses camarades du groupe Manouchian.

 

Décorations.

 

  • Commandeur dans l’Ordre national de la Légion d’honneur.
  • Palmes académiques.
  • Croix du Combattant Volontaire 1939-1945.

 

Publications.

 

  • Les Francs-tireurs de l'affiche rouge, Paris, Les Ed. Sociales, 1986.
  • Les Fusillés du Mont-Valérien, Nanterre, Comité national du souvenir des fusillés du Mont Valérien, 1991.
  • Les Commandos de l'Affiche Rouge, en collaboration avec Hélène Kosséian-Bairamian, Ed. du Rocher, 2012.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Archives photographiques du Souvenir Français d’Issy-Vanves.
  • Notices biographiques d’Arsène Tchakarian sur les sites des journaux Le Parisien, Le Figaro et le journal du conseil général du Val-de-Marne.

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Publié le 9 Août 2018

La FNCPG-CATM.

Pour retracer l'historique de la Fédération Nationale des Combattants Prisonniers de Guerre et Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc, il convient de remonter bien avant la Charte du 8 Août 1945 et même avant la Libération du Territoire National.

 

Les Centres d'entraide, ouverts aux prisonniers de guerre et à leurs familles, furent les premières pierres de l'édifice d'où devait naître la FNPG (Fédération Nationale des Prisonniers de Guerre). Les premiers rapatriés, complètement désorientés, y retrouvèrent un esprit de générosité qui les réconforta et les évadés y reçurent aide et assistance. Parallèlement et sous l'impulsion de quelques camarades, et plus spécialement d'évadés, naquit le Mouvement National des Prisonniers de Guerre et Déportés (MNPGD), mouvement clandestin où les Prisonniers de Guerre apportèrent une contribution importante à la Résistance française.

 

C'est de la fusion des Centres d'entraide et de la MNPGD que naît, le 5 avril 1945, la FNPG (Fédération Nationale des Prisonniers de Guerre). Reconnue d'utilité publique par le décret du 1er avril 1948, la Fédération des Prisonniers de Guerre comptait à l'époque plus d'un million d'adhérents ; elle n'a, depuis, cessé d'œuvrer, tant sur le plan de la défense des droits que sur le plan civique et social de ceux qui furent absents 5 ans.

 

A partir de 1963, les Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc, rejoignent les Combattants Prisonniers de Guerre au sein de la Fédération devenue « Fédération Nationale des Combattants Prisonniers de Guerre et Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc ».

 

Puis, ce sera en 1975, les Veuves des camarades PG et CATM décédés, ainsi que les Anciens Combattants et Victimes de guerre de tous les conflits (Corée, Indochine, Guerre du Golfe, Forpronu, militaires des Opérations Extérieures (OPEX).

 

La Fédération Nationale des Combattants Prisonniers de Guerre et Combattants d'Algérie, Tunisie, Maroc fédère près de 145.000 adhérents au 31 décembre 2012 et plus globalement l'ensemble des ressortissants de l'Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre représentant 93 associations départementales en France, en Outre-Mer, en Belgique et à Jersey.

 

A Issy-les-Moulineaux, la FNCPG CATM a été présente pendant de nombreuses années. Disparue depuis trois ans, son dernier président a été Monsieur Michel Rossignol, qui a beaucoup œuvré pour sa commune, entre autres au conseil municipal, comme au sein des associations d’anciens combattants et patriotiques comme le Souvenir Français.

 

 

Sources :

 

  • FNCPG CATM Section de Rouffignac.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site national de FNCPG CATM : www.fncpg-catm.org

 

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Publié le 11 Juillet 2018

L’escadron d’hélicoptère 3/67 « Parisis » : unité filleule de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

Présentation.

L’escadron d’hélicoptère 03.067 « Parisis » est l’une des quatre unités filleules de la ville d’Issy-les-Moulineaux (les autres étant le Régiment de Marche du Tchad, le 2e régiment d’infanterie de la Garde républicaine, le chasseur de mines « tripartite » Andromède).

Cet escadron, créé à Villacoublay le 1er octobre 1964, où il est toujours implanté (Base 107), dépend de la brigade aérienne d’appui et de projection (BAAP), dépendante du commandement des forces aériennes (CFA).

 

Historique.

 

Après avoir volé sur Sikorsky H-34 puis Alouette II, en Algérie notamment, l'escadron reçoit des Alouette III, puis, à la fin des années 80, des Fennec. Dès le début des années 90, la mission « MASA », mesures de sûreté aérienne, se développe au Parisis pour protéger le ciel parisien. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, cette mission devient la mission principale de l'unité qu'elle effectue de jour comme de nuit, sur tout le territoire français.

 

De 1996 à 2005, l'escadron comportait une escadrille supplémentaire. Elle était composée de 3 Super-puma pour le transport des hautes autorités de l'Etat. Elle a depuis rejoint les autres appareils de transport gouvernementaux.

 

Missions.

 

L'escadron d'hélicoptères 03.067 " Parisis " est équipé de 10 hélicoptères Eurocopter AS 555 « Fennec ».

Il assure comme mission principale les mesures actives de sûreté aérienne (MASA). Cette mission s'inscrit dans le cadre de la posture permanente de sûreté, renforcée au lendemain des attaques du 11 septembre 2001.

En alerte 24h/24, 7j/7, les équipages du "Parisis", secondés par des tireurs d'élites, commandos de l'air de formation, sont en mesure d'intervenir en quelques minutes, par tous les temps, de jour comme de nuit, en cas de doute sur l'identité ou les intentions d'un aéronef.

L'emploi d'hélicoptères dans le cadre des missions de défense aérienne est une particularité française. Ce concept unique au monde, récent, développé par les personnels du "Parisis" suscite l'intérêt de nos voisins européens et de nos partenaires militaires comme par exemple les Etats-Unis qui emploient depuis peu une unité équivalente afin de protéger Washington.

 

Exemples d'opérations auxquelles l'escadron a participé :

Détachement permanent en Côte d'Ivoire (Abidjan) : soutien logistique et aide au commandement au profit de la force Licorne déployée sur place.

Dispositifs Ponctuels de sûreté aérienne :

  • Sommet des Ministres de la Défense Européen (Deauville 2008) ;
  • Sommet de l'Otan (Strasbourg, mars 2009) ;
  • Salon International de l'Aéronautique (Le Bourget, juin 2009) ;

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site de la mairie d’Issy-les-Moulineaux.
  • Site de l’Armée de l’Air.
  • Site du Ministère des Armées.

 

L’escadron d’hélicoptère 3/67 « Parisis » : unité filleule de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

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Publié le 10 Juin 2018

Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.

Notre ami et adhérent Giacomo Signoroni vient de nous quitter le 22 mai 2018, à la veille de ses 97 ans. Ancien d’Indochine et d’Algérie, Giacomo Signoroni était pensionnaire de l’Institut National des Invalides depuis la fin de l’année 2016.

 

Voici ci-après son éloge funèbre par le général de corps d’armée Christophe de Saint-Chamas, Gouverneur des Invalides, le 25 mai 2018.

 

« Mon Adjudant, voici venu le moment des adieux que vous adresse la famille de l’Institution Nationale des Invalides, cette famille des Pensionnaires que vous aviez rejointe il y a un an et demi, et que vous quittez au terme d’une vie marquée par de magnifiques aventures et par de douloureuses épreuves.

 

C'est l’émotion que nous ressentons alors que, dans quelques instants, vous allez franchir le seuil de cette Cathédrale Saint Louis des Invalides, l’Eglise des Soldats, pour traverser la Cour d’Honneur des Invalides porté par des soldats du détachement d’honneur, pour rejoindre le carré militaire du cimetière de Vaugirard où vous allez pouvoir reposer au milieu des Pensionnaires qui vous y ont précédé. Il me revient l'honneur d'être l'interprète de tous ceux qui vous entourent aujourd’hui, pour vous exprimer notre considération et notre chaleureuse affection.

 

Giacomo SIGNORONI, votre vie tout entière fut une épopée. Vous êtes né le 23 mai 1921 à Castagneto Po, un village situé à quelques kilomètres de Turin au cœur du Piémont italien, où votre père est cultivateur. Votre mère meurt en vous donnant naissance et vous perdez votre père à l’âge de huit ans. Orphelin, c’est votre marraine qui vous élève et qui vous inculque les valeurs de la patrie. C’est donc tout naturellement, que lorsque l’Italie se range aux côtés des Forces de l’Axe, vous décidez de vous engager et servez alors au sein de l’armée italienne.

 

Après avoir assisté à pas mal d’atrocités et constaté le démantèlement de votre nation, vous émigrez dans le sud de la France à la fin de la guerre. Devenu apatride, vous décidez en décembre 1945 de vous engager dans les rangs de la Légion Etrangère. Affecté à la 13e Demi-brigade de la Légion Etrangère, vous rejoignez votre unité stationnée à Bizerte en Tunisie. Désignée pour combattre en Extrême-Orient, la « 13 » commandée par le Colonel de SAIRIGNÉ, débarque à Saïgon le 3 mars 1946. Engagé en Cochinchine au sein de la 2e compagnie, vous êtes rapidement nommé caporal. Votre comportement au feu vous vaut de recevoir la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures avec une première citation à l’ordre du régiment dès novembre 1946.

 

Promu caporal-chef le 1er mars 1947, vous êtes nommé sergent en octobre de la même année. Vous vous faites remarquer à nouveau le 6 mars 1948, en vous élançant à la tête de votre groupe pour venir en renfort des éléments de tête de votre compagnie. Blessé par balle à la poitrine au cours de cette action, vous êtes cité une nouvelle fois à l’ordre de la division.

A peine remis de votre blessure, vous vous portez volontaire pour rejoindre les premiers légionnaires parachutistes et êtes affecté en mai 1948 à la compagnie parachutiste du 3e REI à Hanoï. Au sein de cette unité, vous vous distinguez à maintes reprises et notamment le 28 janvier 1949 à Kham Thien dans la région d’Hanoï au Tonkin, où vous êtes une nouvelle fois blessé et cité à nouveau à l’ordre du régiment.

 

Vous assistez alors à la dissolution de cette compagnie parachutiste du 3e REI et à la création du 1er BEP. Arrivé au terme de votre séjour, vous embarquez en juin 1949 sur le Pasteur pour rentrer en Afrique du Nord. Après quelques mois passés à Sidi-Bel-Abbès, la Maison mère de la Légion Etrangère, vous êtes réaffecté à la 13e DBLE où vous rejoignez le 4e Bataillon en décembre 1949. Au cours de ce second séjour en Indochine, vous êtes promu sergent-chef en juin 1950. Vous rentrez sans encombre en Afrique du Nord en janvier 1952.

 

Vous repartez pour un troisième séjour indochinois en mars 1953. Affecté comme chef de la section pionniers au 1er Bataillon de la 13e DBLE, vous rejoignez en fin d’année le camp retranché de Dien Bien Phu. Quand on vous interrogeait à ce sujet, vous aviez coutume de dire « Là-bas, nous avons tous fait notre travail en soldat ». Au risque de froisser votre modestie, je voudrai tout simplement reprendre le texte de la citation qui accompagnait la concession de votre Médaille Militaire : « Sous-officier d’une bravoure faisant l’admiration de tous, lors des attaques qui se sont succédées pendant les mois de mars et d’avril 1954 à Dien Bien Phu (Vietnam du Nord), a fait preuve d’un rare sens du devoir en remplissant sans défaillance toutes les nombreuses missions qui lui étaient confiées, malgré les tirs particulièrement violent de l’artillerie et des armes de tout calibre. A combattu jusqu’à l’extrême limite de ses forces. Digne des plus belles traditions de la Légion Etrangère… ».

 

Blessé grièvement le 10 avril 1954, vous êtes nommé adjudant au feu six jours plus tard. Le 8 mai, à la chute du camp retranché, vous êtes fait prisonnier par le Viet Minh et malgré vos blessures, emmené en captivité dans des conditions épouvantables. Vous allez alors vivre l’enfer pendant plus de trois mois et demi avant d’être enfin libéré le 22 août. Rapatrié sanitaire en Afrique du Nord, vous bénéficiez d’une période de convalescence, avant d’être affecté au 5e Régiment étranger d’infanterie avec lequel vous effectuez un quatrième et dernier séjour en Indochine entre juillet 1955 et mars 1956.

 

Ensuite, ce sera la campagne d’Algérie, où vous prenez part à de nombreuses opérations au sein du 2e Régiment étranger d’infanterie puis au sein du 1er Régiment étranger de cavalerie dont vous me parliez ces derniers mois avec fierté et émotion.

 

Dans la même période, après avoir reçu la nationalité française en janvier 1956, vous avez épousé Mademoiselle Vincenza MARZIANO le 2 août 1958. Votre foyer accueille deux enfants qui vous entourent aujourd’hui, Elisabetta et Marcel. Le 30 novembre 1961, vous êtes rayé des contrôles de l’armée d’active, après avoir servi avec « honneur et fidélité » pendant 16 années dans les rangs de la Légion Etrangère. Retiré pendant quelques mois à Saïda où votre beau-père tient une pêcherie, vous rentrez en France en 1962 et installez votre famille à Saint Mandé.

 

Pendant près de vingt-cinq ans vous alternez différents emplois comme pigiste dans la publicité puis dans le domaine de la sécurité et du gardiennage. Vous consacrez également votre temps libre à votre famille que vous emmenez l’hiver sur les pistes de ski et l’été à Port-la-Nouvelle en bord de mer.

 

En 1987, vous faites valoir vos droits à la retraite et vous allez enfin pouvoir vous consacrer à votre passion de la lecture des livres d’histoire, ainsi qu’aux voyages. Très attaché au devoir de mémoire, vous êtes particulièrement impliqué dans les associations d’Anciens Combattants et au Souvenir Français de la Ville d’Issy-les-Moulineaux où vous résidez.

 

Victime d’un accident vasculaire cérébral à l’automne 2016, vous demandez votre admission à l’Institution Nationale des Invalides où vous êtes accueilli en qualité de Pensionnaire le 8 décembre suivant. Aux Invalides, vous retrouvez cette ambiance militaire que vous appréciez tant, en particulier les activités où vous retrouviez vos camarades Pensionnaires anciens légionnaires à Noël ou à Camerone. Depuis quelques temps nous constations avec tristesse la lente dégradation de votre état de santé. Vous nous avez quittés mardi après-midi à la veille de vos 97 ans.

 

A votre épouse Vincenza, à votre fille Elisabetta et votre fils Marcel, à leurs conjoints, à vos petits-enfants Océane, Maxence, Sébastien et Warren, à tous vos proches et amis, j’adresse en mon nom personnel, au nom du médecin général inspecteur Directeur de l’Institution, au nom de tous les médecins et du personnel, au nom de tous les bénévoles qui œuvrent dans le cadre de l’Institution, et surtout au nom de tous vos camarades Pensionnaires, nos plus vives et nos plus sincères condoléances.

 

Adjudant Giacomo SIGNORONI, vous êtes commandeur de la Légion d’honneur, Médaillé Militaire, titulaire de la croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures avec quatre citations dont une à l’ordre de l’armée, de la médaille coloniale avec agrafe Extrême-Orient, de la médaille commémorative de la campagne d’Indochine, de la médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord et de la croix du combattant.

 

En nous associant dans le recueillement à la peine de votre famille, et à celle de tous vos amis, de vos frères d’armes légionnaires, de tous ceux qui vous ont entouré ces derniers mois, nous allons vous rendre un dernier hommage, en nous levant pour entendre résonner, en présence de l'Etendard des Invalides, la sonnerie qui vous honore en cet instant : « Aux Morts ! »

 

 

Général de corps d’armée Christophe de SAINT CHAMAS

Gouverneur des Invalides »

 

 

 

Crédit photographiques :

 

  • Jacques Tchirbachian – Président de l’ANACRA
  • Gérard de Boissieu – Membre du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français

 

 

Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.

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