Publié le 7 Mai 2011

Dynamo operation

L’Opération Dynamo (copyright Daily Mail).

 

 

Le nom donné à l’opération qui a pour but l’évacuation du corps expéditionnaire britannique ainsi qu’une partie des troupes françaises encerclées dans le réduit de Dunkerque par les troupes allemandes, vient du quartier général de l’amiral Ramsay, installé dans les galeries d’un château de Douvres. Il abritait un générateur électrique pendant la Première Guerre mondiale, d’où son nom de Dynamo Room. Le 20 mai 1940, en ce lieu, une première réunion doit prévoir le rapatriement de plus de 338.000 hommes.

 

Après la rupture du front de Sedan, ces troupes se trouvent très vite encerclées et dans l’impossibilité de contenir la poussée Allemande. Il aura fallu 11 jours aux Panzers pour parcourir les 400 km qui séparent le Luxembourg à la Manche. L’avancée Allemande a pour but d’attaquer les trois grands ports du Nord de la France : Calais, Boulogne-sur-Mer et Dunkerque.

 

Mais les troupes de Guderian doivent faire face à une résistance acharnée de la part des Français, bien épaulés par l’aviation Anglaise. Malgré cela, Boulogne-sur-Mer, encerclée par deux divisions de Panzers, capitule en l’espace de trois jours, permettant aux Allemands de faire prisonnier près de 5.000 soldats, Français et Anglais, dont deux généraux. Le 24 mai, Calais est encerclée, et en dépit d’une résistance que Guderian qualifie « d’héroïque et digne des plus grands éloges », le général anglais Nicholson est contraint de se rendre. La citadelle tombe aux mains des Nazis en seulement deux jours. Avec ces deux pertes, les alliés se retrouvent obligés de se retrancher à Dunkerque, que Guderian indique comme « seul lien possible entre l’armée assiégée est le monde extérieur ».

 

L’Opération Dynamo qui conditionne sa réussite à utiliser ces trois ports, semble compromise. Le général Sir Douglas Brownrigg est chargé d’organiser l’évacuation des unités qui pourraient gêner le repli des soldats du front. Il leur donne ordre de se déplacer sur le canal de la Lys pour y établir une tête de pont. Puis un périmètre de défense, qui s’étend de Furnes via Nieuport à l’est, dirigé par les Anglais, et de Gravelines via Bergues, en suivant le cours des canaux à l’ouest, contrôlé par les Français, est solidement organisé autour de Dunkerque.

 

Le 28 mai, la Belgique capitule, la 4ème et la 3ème division abandonnent le secteur de Lille pour aller renforcer la défense de Dunkerque. Le 29 mai, les Français et les Anglais atteignent les canaux. Ils ont alors un mince espoir de pouvoir rallier l’Angleterre. Arriver sur place n’est pas de tout repos ; l’endroit est dangereux, l’accès parfois impossible : réservoirs à pétrole, entrepôts, hangars, installations des quais, tout brûle !

 

Hitler ordonne à Guderian de stopper l’avancée sur Dunkerque, ce qui permet l’embarquement sur tout ce que les alliés avaient à disposition. Le problème principal étant d’avoir suffisamment de navires pour pouvoir évacuer un maximum de personnes en un minimum de temps, et sous condition que l’ennemi n’intervienne que modérément. Les difficultés des côtes françaises interdisent l’emploi de gros navires. Plus de 200 destroyers sont alors mis en service. Cela est possible du côté français, moins chez les Anglais qui doivent faire face à des pertes alors que d’autres bateaux sont encore en missions. Mais la flotte anglaise peut compter aussi sur des ferries boat et des péniches automotrices. Près de 40 caboteurs hollandais qui s’étaient enfuis après la chute des Pays-Bas ou d’autres vaisseaux de guerre, permettent l’évacuation supplémentaire de 2.500 soldats en une nuit. Il faut ajouter le rôle non négligeable de canots et de baleinières. Plus tard, six destroyers, accompagnés de paquebots de la Manche et de la mer d’Irlande évacuent 900 personnes par voyage. Elles sont entassées sur et sous le pont.

 

Les troupes subissent de lourdes pertes. Ainsi, le cargo Douaisien heurte une mine magnétique. Il transporte près de 1.000 hommes ; le destroyer Wakeful est torpillé.

 

A Dunkerque, la situation n’est pas fameuse, le port est bloqué par des navires endommagés et l’évacuation doit se poursuivre sur les plages. Cela entraîne la décision de retirer de Dunkerque les 15 destroyers disponibles. De plus, la ville est sujette à une certaine anarchie : le désespoir pousse les soldats à l’ivrognerie, certains pillent les boutiques et les entrepôts, événements peu glorieux souvent passés sous silence.

 

L’Opération Dynamo, doit donc se terminer sur les plages, mais du fait des bombardements, l’évacuation se fait dorénavant de nuit. Le 1er juin, une attaque allemande brise la ligne de Bergues et les Anglais doivent se replier immédiatement sur les plages, pour une évacuation de 64.429 hommes. L’opération prend fin la nuit suivante. Le Shiraki est le dernier destroyer à quitter la plage, laissant 40000 hommes sur place qui sont fait prisonniers. Au total, l’Opération Dynamo permet l’évacuation de 338.226 hommes, dont environ 120.000 Français.

 

Dans le cimetière d’Issy-les-Moulineaux, déposée sur une sépulture de famille, une plaque honore la mémoire d’un Isséen qui perdit la vie dans ces tragiques événements. Il s’agit de : Fernand Héricher ; 26 ans - Mort en mer, le 4 juin 1940.

 

 

 

 

Giovanni Gandolfo.

 

Lire la suite

Publié le 29 Avril 2011

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français participera aux cérémonies destinées à célébrer l’anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 :

 

  • - Samedi 7 mai à 18h00, salle multimédia, hôtel de ville : conférence donnée par le capitaine de vaisseau Guy Crissin : « le sacrifice du bataillon de marche n°24 ».

 

  • - Dimanche 8 mai :
    • – 8h00 : rassemblement sur le parc de stationnement du CNET et départ en car.
    • – 8h30 : messe en l’église Notre Dame des Pauvres, 27, boulevard Gallieni.
    • – 9h15 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.
    • – 9h35 : place du 8 mai 1945 : dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle ; lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants.
    • – 9h50 : cortège en direction de la place du maréchal de Lattre de Tassigny.
    • – 10h00 : square Bonaventure Leca. Dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.
    • – 10h05 : dépôt de gerbes à la plaque « Veuves et orphelins victimes de guerre ».
    • – 10h15 : monument aux morts de la ville ; dépôt de gerbes et discours de Monsieur André Santini.
    • – 10h40 : rue du général Leclerc. Défilé de troupes appartenant au Régiment de Marche du Tchad.

 

Comme d’habitude, le Souvenir Français se chargera de la quête au profit du Bleuet de France. Soyez généreux !

 

 

Lire la suite

Publié le 25 Avril 2011

B-17 Flying Fortress

Bombardiers Boeing B17 “forteresses volantes ».

 

 

Nous vous invitons à vous rendre sur le site www.souvenir-francais-92.org afin d’y lire le témoignage de Monsieur Jacques Dubois, adjoint au maire honoraire de cette commune. Il raconte comment il a vécu entre 1940 et 1944 au cœur de Boulogne sous les bombardements des Allemands puis des Alliés. Le texte est en première page et il s’intitule « Un petit boulonnais dans la guerre » (pour recevoir directement les articles du site de notre Délégation des Hauts-de-Seine, vous pouvez vous inscrire à la newsletter du site).

 

Par ailleurs, le général de brigade Jean-Claude Ichac, président honoraire de notre comité, nous invite à visionner sur le site www.britishpathe.com (ou via www.google.fr) cette vidéo : « fortresses raid renault works in paris ». Il s’agit d’un extrait du site Vous aurez ainsi le témoignage du bombardé et de celui qui lâche la bombe.

 

Vous y trouverez également d’autres vidéos sur le même thème et toutes aussi impressionnantes.

 

 

Lire la suite

Publié le 13 Avril 2011

 

Congres national 2011 047

 

 

Le samedi 2 et le dimanche 3 avril 2011, s’est tenu au Cercle militaire de la place Saint-Augustin à Paris, le congrès national du Souvenir Français.

 

Devant une assemblée forte de la très grande majorité des délégués généraux et d’un très grand nombre de présidents de comités, le congrès a débuté par une réunion du conseil d’administration et des délégués généraux de notre association. Le samedi après-midi l’assemblée générale s’est déroulée, avec en premier lieu, le rappel de nos représentants disparus au cours de l’année écoulée. Puis, des indications sur le rôle du délégué général, sur la quête, les assurances, le passage de textes dans la revue ont été mentionnées.

 

Bien entendu les rapports financiers et moraux ont été présentés.

 

Avec la nomination de Monsieur Jean-François Bureau, ancien directeur de la Délégation à l’Information et à la Communication de la Défense, le Souvenir Français a pour objectif de développer les actions de communication.

 

Pour les projets en cours, il convient de citer, entre autres :

 

  • - le carré de Montrouge : il comprend 150 tombes de 14-18 en très mauvais état. Il va être rénové. Cette rénovation sera concrétisée en liaison avec la municipalité. L’inauguration se ferait en août 2014.
  • - Monument des OPEX : un monument, situé à côté de Verdun, a été réalisé à la mémoire des Français tombés dans les Balkans. Il est susceptible d’être dévolu au Souvenir Français par l’association propriétaire « Les Veilleurs de la Paix ». Cependant, son implantation géographique ne possède pas un sens symbolique porteur. Aussi a-t-il été envisagé de le déplacer et d’en faire un monument national à la mémoire des morts de toutes les Opérations Extérieures.
  • - Cimetière de Blercourt : dans la Meuse, il s’agit de 66 tombes en déshérence qui avaient été restituées aux familles. Inauguration prévue le 25 juin 2011.

 

Par la suite, après un défilé des membres du congrès derrière plus d’une centaine de drapeaux, le général Cuche, président du Comité de la Flamme, et le contrôleur général Delbauffe, président-général de notre association, ont ravivé la Flamme du Soldat inconnu. Enfin, le dimanche matin, à 11 heures précisément, s’est déroulée la messe solennelle en l’église du Val de Grâce à Paris.

 

Lire la suite

Publié le 10 Avril 2011

 

Issy 018

 

En 1988, André Santini écrivait la préface d'un ouvrage dû à l'association CRHIM (Centre de Recherches Historiques d'Issy-les-Moulineaux), qui présentait notre commune au début du 20ème siècle, à travers des cartes postales et des photographies, triées et mises en pages grâce aux travaux de Florian Goutagneux, Agnès Barbier, Catherine Stouls-Nicolas pour le musée municipal, et René Le Bacon, Jean-Marc Szmaragd pour l'association CRHIM.

 Dans le cadre de la mission du Souvenir Français du Devoir de Mémoire, nous nous sommes permis de présenter ces photographies.

 

Issy 017

Lire la suite

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 1 Avril 2011

En 1918, dans le Dodge Camp, dans l'Etat de l'Iowa, 18.000 soldats américains, avant de prendre le bateau pour aller défendre la liberté en Europe, posent pour cette photographie incroyable que voilà ci-dessous. Merci à Bernard Kanape, pilier du Souvenir Français de la Somme et peintre de la Picardie, d'avoir attiré notre attention sur ce cliché.

 

 

Statue of Liberty 1918

Lire la suite

Publié le 4 Mars 2011

anpnog

« Je m’appelle Louise Zazzera et j’habite à Issy-les-Moulineaux depuis 1995. Ma famille était parisienne. Mon arrière grand-père, lorrain, a dû quitter la Lorraine suite à la défaite de 1870 et à son choix de demeurer français. Il s’est installé à Paris avec mon arrière grand-mère.

 

C’est à titre individuel que j’ai adhéré à votre Association «Le Souvenir Français». Dans notre département des Hauts de Seine, je suis la trésorière d’une association : l’ANPNOGD92, qui est l’Association Nationale des Pupilles de la Nation et des Orphelins de Guerre et du Devoir.

 

Je souhaite d’abord me présenter avant de vous parler de notre association. Je suis pupille de la Nation, mon père est reconnu mort pour la France. Il est revenu des camps de prisonnier de guerre en mars 1942. Il faisait partie des prisonniers qui ont été renvoyés dans leur pays car très malade. Il est décédé le 13 aout 1942, après de longs séjours à l’hôpital et de grandes souffrances. Il avait 29 ans. Il a laissé deux enfants de 6 et 3 ans et sa femme enceinte de moi qui suis née le 5 décembre 1942. Ma maman me disait : «tu es le dernier cadeau que ton papa m’a fait» !

 

On reconnaît et on ne veut pas oublier tous ces hommes et ces femmes morts pour leur patrie. Mais connaît-on la douleur de ces enfants dont les familles sont détruites, de ces enfants qui n’ont jamais connu leur père, leur mère ?

 

Voyez-vous, j’ai une phrase qui reste dans ma tête. Je pense que la personne l’a prononcée à la légère, mais elle m’a marqué et je l’entends encore. Cela s’est passé à l’école. Dans la classe, la maîtresse faisait l’appel pour le paiement de la garderie du soir et  elle a dit « ah oui, toi tu ne payes pas, tu es pupille de la Nation». Je ne comprenais pas très bien ce que cela voulait dire mais pour moi je n’étais pas normale, j’étais fautive !

 

Je suis adhérente à l’ANPNOGD. Pour entretenir la mémoire de ceux et celles qui sont morts, et que la Patrie a reconnu «Morts pour la France». Mais également que l‘on reconnaisse la souffrance des enfants appelés Pupilles de la Nation.

 

Notre association compte environs 70 Délégations départementales, regroupant 9.500 adhérents. Nous défendons un double objectif : perpétuer le Devoir de Mémoire envers les disparus et œuvrer pour la promulgation d’un statut qui devra s’inspirer largement de celui promulgué en faveur des enfants des déportés ; en juillet 2000, la France a réparé le préjudice subi par les orphelins dont les parents ont été victimes de persécutions antisémites ; quatre ans plus tard, les orphelins dont les parents ont été victimes de la barbarie nazie morts en déportation, fusillés ou massacrés pour des actes de résistance ou pour des faits politiques, percevaient à leur tour des réparations. Puis, en février 2005, notre pays réparait le préjudice subi par des orphelins dont les parents ont été victimes d’événements liés au processus d’indépendance de ses anciens départements et territoires, les Harkis principalement.

 

Soixante-cinq ans se sont écoulés depuis la libération de la France et il est temps de ne pas oublier l’indispensable Devoir de Mémoire en remédiant à la discrimination résultant des décrets du 13 juillet 2000 et du 27 juillet 2004, pour le concept d’équité conserve tout son sens.

 

Ces « Oubliés de l’Histoire» demandent, au regard de l’article 1 de notre Constitution qui assure l’égalité devant la loi de tous les Citoyens et de l’article 6 des Droits de l’Homme, selon lequel tous les Citoyens sont égaux aux yeux de la loi, que la République Française reconnaisse tous ses «Morts pour la France» sans laisser quiconque au bord de la route.

 

Nous croyons que notre Association, l’ANPNOGD, est porteuse d’un flambeau qui ne doit pas s’éteindre, il est fait de souvenir, de sacrifices suprêmes pour la liberté et la Patrie ! C’est pourquoi nous demandons le respect et la reconnaissance, pour tous ces enfants du sacrifice, devenus les oubliés de la Nation. Cela implique que les Pupilles de la Nation, les Orphelins de Guerre ou du Devoir qui ont été privés de la présence d’un père ou d’une mère, obtiennent réparation de la part de l’Etat dans un esprit d’équité et de justice. »

 

Louise Zazzera.

 

Lire la suite

Publié le 26 Février 2011

Stick-SF.gif

 

 

Le Comité du Souvenir Français participera à la messe en l'église Saint-Bruno, à la mémoire des isséens morts en Algérie et dans les combats du Maroc et de Tunisie. Celle-ci se déroulera le samedi 26 mars 2011, à 10h00. Par la suite, une seconde cérémonie se déroulera au cimetière communal à 11h00. 

Lire la suite

Publié le 3 Février 2011

Essayan 004

 

Pierre Essayan est à gauche sur la photographie. En pyjama. Il prend un petit-déjeuner avec des camarades de chambrée.

 

 

Etre un grand frère.

 

« Bonjour, Petit Frère. Je tenais à t’écrire cette petite lettre parce que j’avais envie de t’écrire et pour te donner quelques nouvelles de moi ». Par ces mots, commence la dernière lettre de Pierre Essayan, beau-frère de Nicole Essayan, maire-adjoint d’Issy-les-Moulineaux : « Il écrivait presque toutes les semaines à son frère Pascal, mon défunt époux. Cette lettre est datée du 17 octobre 1958. Pierre Essayan était un Arménien avec tout ce que cela signifie pour nous. C’est-à-dire qu’il était d’abord et surtout Français. Un amoureux des valeurs de la République. Pays qui a accueilli nos parents. Avec l’absolu nécessité de bien parler la langue, de bien l’écrire, de s’intégrer parfaitement. Peu importe les brimades, les réflexions. Il fallait être irréprochable. »

 

Pierre Essayan nait le 10 février 1932 à Paris. Suzanne est son ainée ; le petit Pascal, le benjamin. La santé de leur maman se dégrade peu à peu et elle devient paralysée. Employé aux Etablissements Chausson, le père travaille beaucoup. Au moment d’être appelé sous les drapeaux, Pierre est tricoteur. Il habite avec sa famille rue de l’Egalité à Issy-les-Moulineaux. Lui, son frère, qui est apprenti-lithographe, et leur sœur Suzanne, se démènent pour aider des parents usés avant l’heure par des années d’ouvrage.

 

« Pierre faisait tout ce qu’il pouvait pour aider sa famille. Il travaillait comme un fou, s’occupait de ses parents, et son jeune frère était pareil. Par contre, bien souvent Pierre s’entraînait au football. Il était très doué. Notre ami Henry Karayan, connu pour son passé dans la Résistance à côté de Missak Manouchian, lui avait même promis une possibilité de jouer à Paris après son service militaire ».

 

 

De Balard à Alger.

 

Pierre Essayan est en effet appelé sous les drapeaux le 1er février 1957. Il intègre le bataillon de l’air 117, unité assurant le support de l’Administration centrale de l’Armée de l’air, place Balard à Paris. Il est ensuite versé dans l’Armée de terre au début du mois de mars 1958.

 

Le 15 mars 1958, il embarque à Marseille et arrive à Alger le 17. Selon la formule, il est « libéré de ses obligations légales d’activité » le 1er août 1958, mais, du fait de la loi votée par le Gouvernement de Guy Mollet, il est maintenu sous les drapeaux le 31 août 1958.

 

Août 1958. Voilà trois mois que le général de Gaulle est revenu aux affaires du pays. A Alger, il a déclaré « Je vous ai compris » et chacun a entendu ce qu’il voulait : l’Algérie française pour les uns ; l’indépendance, du moins l’auto-détermination, pour les autres. Quelques jours plus tard, conformément aux accords avec la Tunisie – indépendante depuis 1955 – la France rapatrie ses troupes qui y sont encore stationnées. « Oui, mais l’Algérie, ce sont des départements français. Ce n’est pas comparable », entend-on un peu partout. Et c’est bien vrai, d’autant que les fellaghas sont loin de faire l’unanimité au sein de la population algérienne.

 

Le 3 juillet, le général de Gaulle annonce la constitution d’un collège électoral unique. Et il va même plus loin en donnant le droit de vote aux femmes musulmanes. En septembre 1958, alors qu’au Caire, en Egypte, le leader algérien Ferhat Abbas annonce la formation du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne), de Gaulle fait un discours remarqué à Constantine : des réformes économiques, sociales et culturelles sont édictées. L’Algérie va également pouvoir s’industrialiser à grande vitesse grâce à la richesse du sous-sol du Sahara, regorgeant de pétrole.

 

Il n’empêche. Dans le même temps, les « opérations de maintien de l’ordre » continuent. La guerre en Algérie ne dit pas son nom. La France d’ailleurs ne peut pas se faire elle-même la guerre : officiellement ce sont des bandes armées qui sèment la guérilla dans les départements français d’Algérie. Bientôt près de huit-cent-mille soldats français sont engagés dans ce conflit.

 

 

En opération à Médéa.

 

 

Médéa est le chef lieu de la wilaya – région – du même nom. Située à quelques quatre-vingt kilomètres au sud-est d’Alger, elle offre des paysages de hauts plateaux qui ferment à l’ouest la vallée de la Mitidja. Une wilaya est formée de nombreux « beylicat », dont le nom provient du Turc « bey », et qui signifie « chef de clan » autant que son territoire.

 

A l’automne 1958, Pierre Essayan et son unité sont placés dans le beylicat de Titteri, près du village de M’fatha, à quelques dizaines de kilomètres au sud de Médéa. Nous sommes le 1er novembre. Voilà quatre années, jour pour jour, que le FLN (Front de libération nationale) a déclenché la « Toussaint rouge » : une série d’attentats contre les colons français dans le constantinois (dont l’assassinat d’un couple d’instituteurs venus de la métropole). La date est généralement retenue comme le déclenchement de la guerre d’Algérie.

 

Pierre Essayan participe à des reconnaissances. C’est son travail quasi quotidien. La patrouille a quitté le campement et fait déjà pas mal de kilomètres quand elle tombe dans une embuscade. Pierre se protège. Il se met en position de riposter. Mais devant lui un camarade est à terre. N’écoutant que son courage, il se lève et part le chercher. Une première balle le touche à l’épaule gauche ; une seconde le blesse à la mâchoire et à la nuque. Il en reçoit encore une troisième, celle qui le tue, en plein thorax.

 

L’embuscade terminée, un rapide bilan est tiré : ce soir, le régiment comptera un soldat de moins. La patrouille revient au camp, portant le corps de Pierre Essayan. Le jeune homme reçoit la médaille militaire et la croix de la valeur militaire avec palme à titre posthume.

 

A Issy-les-Moulineaux, dans la communauté arménienne, l’émotion est grande. Suzanne, enceinte, met au monde, quatorze jours après le décès de son frère, un petit garçon, qui reçoit bien entendu le prénom de Pierre. La maman ne se remet pas de la disparition de son fils. Dieu la rappelle à Lui six mois plus tard.

 

Au début de l’année 1959, le général Challe met au point son plan qui va, en deux années, mettre à bas, pour un moment, une grande partie des « katibas » – unités – de l’Armée de Libération Nationale, branche armée du FLN.

 

Essayan 005

 

Pierre Essayan en position de tir.

Lire la suite

Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 23 Janvier 2011

 

Combattants d'Indochine

 

 

L'adjudant-chef de la 13ème DBLE Giacomo Signoroni, présent à Diên Biên Phù, est l'un des piliers du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux. Son récit sur la prise de la colline Béatrice le 13 mars 1954, épisode qu'il vécut de près, a déjà fait l'ojbet d'articles sur ce site internet.

 

Notre ami Georges Fleury, écrivain reconnu du monde combattant avec plus d'une cinquantaine d'ouvrages publiés sur les dernières guerres et des centaines de milliers d'exemplaires vendus,  nous a fait l'amitié de placer le récit de Giacomo Signoroni dans son dernier ouvrage, publié aux Editions François Bourin : "Nous les combattants d'Indochine".  Vous pouvez dès aujourd'hui trouver ce livre dans toutes les librairies (410 p. , 23 euros).

Lire la suite