Publié le 13 Juin 2010

Croix de Lorraine

 

"Le silence emplit ma maison. De la pièce d'angle, où je passe la plupart des heures du jour, je découvre les lointains dans la direction du couchant. Au long de quinze kilomètres, aucune construction n'apparaît. Par-dessus la plaine et les bois, ma vue suit les longues pentes descendant vers la vallée de l'Aube, puis les hauteurs du versant opposé. D'un point élevé du jardin, j'embrasse les fonds sauvages où la forêt enveloppe le site, comme la mer bat le promontoire. Je vois la nuit couvrir le paysage. Ensuite, regardant les étoiles, je me pénètre de l'insignifiance des choses".

Charles de Gaulle, Mémoires de Guerre.

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Publié le 9 Juin 2010

La correspondance du général Guillaumat.

A la suite de l’article sur l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur la correspondance de guerre du général Guillaumat, héros de l’Armée d’Orient pendant la Première Guerre mondiale.

 

 

Quand la France faisait la guerre dans les Balkans.

 

« Régulièrement, le grand public découvre encore d’émouvantes lettres de poilus décrivant la vie dans les tranchées et les réactions des combattants sous les tirs d’artillerie ou avant l’assaut. Mais quel était, dans le même temps, l’état d’esprit de leurs chefs? C’est l’objet de ces lettres que, chaque jour de la guerre ou presque, le général Adolphe Guillaumat a écrites à son épouse, repliée à Toulouse. Chef du cabinet militaire du ministre de la guerre en août 1914, l’armistice de 1918 le trouvera à la tête de la Vème armée à Charleville, après avoir été commandant d’une division sur la Marne et en Argonne, du 1er corps d’armée à Verdun et sur la Somme, de la IIème armée, de nouveau à Verdun, avant de partir prendre le commandement des armées alliées d’Orient, à Salonique, et de revenir comme Gouverneur militaire d’un Paris soumis aux bombardements des Gothas et de la « grosse Bertha ». Et pendant ces quatre longues années le Général Guillaumat  a décrit à son épouse, avec précision et humour, ses déplacements, ses activités, ses rapports avec ses subordonnés (dont un certain capitaine de Gaulle), ses égaux, ses supérieurs, Foch, Franchet d’Esperey, Joffre, Lyautey, Mangin, Nivelle, Pétain, Sarrail, mais aussi avec les plus hautes autorités françaises, Briand, Clemenceau, Doumer, Poincaré, ou étrangères. Cela donne lieu à des portraits tantôt respectueux et admiratifs, tantôt ironiques, voir féroces, qui jettent un jour nouveau sur les prises de décision dans la France de la guerre. Mais si ce grand soldat bougonne, critique, « grinche » comme il le reconnaît souvent, il obéit toujours et donne le meilleur de lui-même aux différents postes souvent prestigieux où il a été placé.

 

Humaine et riche, cette « Correspondance de guerre », transcrite et éditée par Paul Guillaumat, se doit de figurer, à côté des livres sur l’histoire de la 1ère guerre mondiale, dans la bibliothèque des passionnés de cette période difficile qui a façonné l’Europe que nous connaissons aujourd’hui ».

 

GBA (2S) J-C ICHAC

 

 

Editions L’Harmattan - Mémoires du XXème siècle - 2006 - 36 €

 

 

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Publié le 7 Juin 2010

 

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Le Comité d'Issy-les-Moulineaux vous informe des prochaines manifestations patriotiques :

 

- Le mardi 8 juin 2010, la Nation rendra hommage "aux Morts pour la France en Indochine". Cette cérémonie se déroulera devant le monument érigé par la commune d'Issy, à l'angle du boulevard Gambetta et de la rue Henri Mayer, à 18h00.

 

- Le vendredi 18 juin 2010, à 18h00, en liaison avec le Comité local de l'Union Française des Anciens Combattants, la municipalité d'Issy commémorera le 70ème anniversaire de l'Appel du 18 juin, lancé depuis Londres par le général de Gaulle.

 

 

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Publié le 18 Mai 2010

DG Chine

 

Notre site Internet.

 

Notre site Internet est particulièrement remarqué et est souvent cité en exemple par le Conseil d’administration de notre association. Nous en sommes très fiers. Ce qui nous vaut également d’aider régulièrement des comités ou des délégations dans la mise en place de leur propre site.

 

Le Souvenir Français en Chine.

 

La Délégation de Chine pour le Souvenir Français a été créée en 2007 grâce au travail remarquable réalisé par Claude Jaeck, Délégué Général, entrepreneur français installé dans ce pays depuis plus de trente ans. Il y a travaillé entre autres pour les groupes Essilor, Delifrance, Arc International. Conseiller du Commerce Extérieur de la France pour la Thaïlande puis Hong-Kong et maintenant Shanghai, Claude Jaeck est aidé dans sa mission par des universitaires, des professeurs de lycées français en Asie, ainsi que de nombreux passionnés par l’Histoire, qu’ils soient installés en Asie ou en métropole.

 

Forte de près de 200 membres, la délégation a deux correspondants afin de mieux assurer la couverture de ce continent :

 

  • - M. Marc Burban, correspondant à Pékin.
  • - M. François Drémeaux, correspondant à Hong-Kong.

 

Ses contributeurs sont également présents à Singapour, au Vietnam, dans le Yunnan.

 

Sous le haut patronage de S.E. Monsieur Hervé Ladsous, ambassadeur de France en Chine, les membres honoraires de la délégation sont :

 

  • - M. Marc Fonbaustier, Consul Général de France à Hong-Kong.
  • - M. Jean-Raphaël Peytregnet, Consul Général de France à Canton.
  • - M. Thierry Mathou, Consul Général de France à Shanghai.
  • - M. Christian Testot, Consul Général de France à Pékin.
  • - M. Serge Lavroff, Consul Général de France à Wuhan.
  • - M. Emmanuel Rousseau, Consul Général de France à Chengdu.
  • - M. René Consolo, Consul Général de France à Shenyang.
  • - M. Loïc Frouart, Attaché de Défense.
  • - Mme Annick de Kermadec-Bentzman, Présidente de la Chambre de Commerce française de Chine.

 

Claude Jaeck définit ainsi le rôle de la Délégation : « Contribuer à rechercher, à comprendre et à écrire l’Histoire de ceux qui nous ont précédé en Chine, transmettre à nos concitoyens et aux générations futures cette ‘Histoire des Français de Chine’ par le maintien de leur souvenir, tel est le grand dessein de la Délégation Générale du Souvenir Français en Chine depuis sa création en 2007 au sein de notre Association métropolitaine plus que centenaire.»

 

 

Le partenariat.

 

C’est en remarquant le site Internet du Comité d’Issy-les-Moulineaux que Claude Jaeck nous a fait la proposition suivante : placer sur le site de la Délégation de Chine du Souvenir Français l’ensemble des articles de notre site ayant pour théâtre d’opérations l’Asie. Et finalement, ainsi va l’Histoire : quoi de plus naturel que de s’appuyer sur le comité d’une ville reconnue pour son engagement dans les nouvelles technologies, le Devoir de Mémoire et liée, depuis 2003, au District de Chongwen à Pékin.

 

Ainsi, vous pouvez maintenant aller sur le site de la Délégation de Chine : http://www.souvenir-francais-asie.com et lire les aventures et épopées du capitaine Henry Pagès, de Louis Fortunat, de Charles Richez, d’Henry Chavigny de la Chevrotière ou de l’engagement de Giacomo Signoroni à Diên Biên Phù. Bien entendu, de l’autre côté, de nombreux Français d’Asie connaissent aujourd’hui quelques isséens !

 

Etre présent sur le site de la Délégation de Chine est pour nous un grand honneur et un formidable encouragement à continuer notre devoir. Merci Monsieur le Délégué général.

 

 

Frédéric RIGNAULT

Président du Comité d’Issy-les-Moulineaux

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine.

 

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Publié le 7 Mai 2010

Marchions vers la France

 

En cette veille du 65ème anniversaire de la capitulation allemande, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur un ouvrage publié en 1954 par son oncle, Pierre Ichac.

 

 

Souvenirs de l’Armée d’Afrique.

 

« Il y avait dans l'armée des Grecs un Athénien qui n'était ni général, ni officier, ni même militaire ». C'est par cette citation tirée de l'Anabase de Xénophon, écrite en 400 avant Jésus-Christ et racontant la fameuse « Retraite des Dix Mille », que Pierre Ichac (1) ouvrait, en 1954, ses carnets de souvenirs sous le titre : « Nous marchions vers la France »(2).

 

Mais contrairement à son illustre prédécesseur ce n'était pas une retraite, mais bien une offensive victorieuse qu'il avait accompagnée, des confins de Tunisie aux côtes de Provence et jusqu'aux Vosges, en passant par la Corse et l'Italie, aux côtés des Tabors marocains et des tirailleurs de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne, avec comme seul armement son appareil photo et sa machine à écrire. Car, réformé compte tenu des séquelles d'un accident dans sa jeunesse, c'est comme correspondant de guerre qu'il était là. Et c'est à ce titre qu'il terminera la guerre, lui le civil qui n'aimait pas les décorations, avec la croix de guerre avec Etoile d'argent !

 

A lire ces souvenirs on se rend vite compte que c'est un journaliste qui parle, pour les lecteurs de « Vaincre » ou des dépêches de l'Agence France-Presse. Quand il commente un combat, il sait aussi bien décrire le matériel engagé que les réactions des hommes et les enseignements tactiques. Ecoutons-le évoquer la contre-offensive allemande du 18 janvier 1943, sur les Dorsales tunisiennes : «  Pour la première fois sur un champ de bataille d'Occident, voire sur aucun champ de bataille, les chars les plus puissants du monde, les Mark VI Tigre, que Stalingrad même semble ne pas avoir connus, viennent d'apparaître. ...le carrefour d'Oum el-Abouab, son arc romain qui se dresse, solitaire… C'est à son débouché oriental que… le 7ème Marocain a vu se ruer, transfigurés par le clair de lune, les premiers Tigre  de la 21ème Panzer. Les tirailleurs n'y résistent pas... Le 1er Bataillon est dispersé. Le deuxième... perd près de quatre cents hommes, en se désenclavant... ».

 

Mais la leçon a servi: « C'est l'expérience douloureusement acquise... qui joue désormais le rôle principal. Leur espoir d'endommager les chars n'est pas plus grand, mais ils manœuvrent mieux. Ils savent qu'ils ont un efficace moyen de défense: c'est la montagne, le djebel... Très vite, ils se révéleront des virtuoses de la montagne. Bientôt, on ne concevra plus les Français sans le djebel, ni le djebel sans les Français ».

 

Et de fait d'abord en Corse fin 1943 - « La Corse – commençaient à dire les anciens du Maroc – c'est le Riff, en quatre fois plus haut! » – puis en Italie, des Abruzzes au massif du Maio, qui bloque l'accès au Garigliano, en passant par le terrible Mont Cassino, c'est par les sentiers, par les cols, par les crêtes que tirailleurs et goumiers, avec leur armement, leur matériel, sur leurs mulets ou à dos d'hommes, avanceront, combattront et repousseront les troupes allemandes au delà de la ligne « Gustav », permettant aux alliés d'entrer dans Rome le 4 juin 1944 et prenant Sienne le 3 juillet (se reporter à la photographie illustrant ces propos). Puis, après le débarquement de Provence du 15 août et la progression à travers le massif des Maures, c'est encore « par les hauts » que les unités de la 3ème D.I.A. contourneront les barrages sur les routes, les forts enterrés et les casemates sur les pentes, avant de libérer Marseille.

 

Et Pierre Ichac était là, au PC du général de Monsabert, dit « Monsabre », le général à la Baraka, ou dans sa jeep, ou à pied, ou au-dessus, en place arrière du Piper d'observation, ou aux côtés du général de Lattre, sur l'ex-paquebot polonais Bathory s'approchant du golfe de Saint-Tropez, pour pouvoir rédiger le soir, à chaud, dans un bivouac de fortune, ses « papiers », partageant la vie de ces combattants, et tous leurs risques, comme il le rapporte avec humour lors de ce dialogue en Italie avec son chauffeur :

 

- Ils t'ont bien reçu au parc auto, les Tunisiens? Tu n'as pas eu d'ennuis, pas d'obus dans le ravin? Ça s'est bien passé?

- Très bien, Monsieur Ichac... les camarades m'ont offert le café... Mais sur la montagne, qu'est-ce qu'il est tombé!... Oh! Et puis aussi, y a eu un moment où c'était marrant, Monsieur Ichac. Je ne sais pas si vous l'avez vu? Les obus tombaient tout en haut, et y avait quatre types qui étaient pris dessous et qui couraient...

- Bougre d'idiot, criai-je, c'était moi! »

 

 

Un dernier mot. On a beaucoup évoqué, à l'occasion de la sortie en salle du film « Indigènes », l'oubli dans lequel serait tombé le souvenir des sacrifices des troupes venues d'Afrique du Nord. Pierre Ichac lui-même l'envisageait quand il écrivait, après la libération de Marseille sur laquelle se termine ce livre : « La première phase de la guerre – celle qui appartient en propre à l'Armée d'Afrique – sera finie... et oubliée des Français avant d'avoir été connue d'eux ».

 

Mais lui du moins avait, avec la publication de ses carnets, fait tout son possible pour que ce souvenir demeure, mettant en pratique notre belle devise qu'il aurait pu reprendre à son compte: « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

 

GBA (2S) JC Ichac

 

 

 

NOTES

 

(1) Pierre Ichac (1901 – 1978), journaliste, cinéaste, photographe, ethnographe et homme de radio, était le frère aîné de Marcel Ichac (voir sur  le site du comité d'Issy les Moulineaux l'article du 10 juin 2009, « Deux films de Marcel Ichac »). Les membres de notre Délégation se souviendront que les deux frères passèrent, avant la Première Guerre mondiale, leur enfance à Rueil-Malmaison.

 

(2) Amiot Dumont, 1954.

 

 

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Publié le 2 Mai 2010

Anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

 

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français participera aux cérémonies destinées à célébrer l’anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 :

 

  • - Vendredi 7 mai à 17h30, salle multimédia, hôtel de ville : conférence donnée par le capitaine de vaisseau Guy Crissin : « le général de Gaulle et la première division des Français Libres ».

 

  • - Samedi 8 mai :
    • – 8h30 : messe en l’église Notre Dame des Pauvres, 27, boulevard Gallieni.
    • – 9h15 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.
    • – 9h35 : place du 8 mai 1945 : dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle ; lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants.
    • – 9h50 : cortège en direction de la place du maréchal de Lattre de Tassigny.
    • – 10h00 : square Bonaventure Leca. Dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.
    • – 10h05 : dépôt de gerbes à la plaque « Veuves et orphelins victimes de guerre ».
    • – 10h15 : monument aux morts de la ville ; dépôt de gerbes et discours de Monsieur André Santini.
    • – 10h40 : rue du général Leclerc. Défilé de troupes appartenant au Régiment de Marche du Tchad.

 

Par ailleurs, le Souvenir Français se chargera, comme chaque année, de la collecte du Bleuet de France. Soyez généreux !

 

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Publié le 19 Avril 2010

 

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1 - La guerre en Orient.

 

Ouvrir un second front.

Qui se souvient que des soldats français ont fait la Première Guerre mondiale dans les Balkans, et que celle-ci a d’ailleurs duré jusqu’en 1919 ?

 

A la fin de l’année 1914, la situation semble inextricable. Après les offensives et les longs mouvements de conquête et de retraite de l’automne, les Alliés, comme les armées des Empires centraux, se sont enterrés dans des tranchées. Au cours de cette première année de guerre les pertes sont déjà phénoménales. La France a vu mourir plus de 500.000 de ses soldats.

 

Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine britannique), défend l’idée de l’ouverture d’un second front en Europe, et du côté des Balkans. Dans un triple objectif : ravitailler l’Armée russe via la mer Noire ; contourner les Empires centraux ; occuper Constantinople, capitale d’un Empire ottoman, considéré comme le « grand malade » du continent et par ailleurs allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

 

Gallipoli.

 

Une expédition maritime est proposée et envoyée. Sans grand succès. La présence de mines, de côtes fortifiées (donc difficiles à bombarder) et de nombreux sous-marins allemands ne facilitant pas les manœuvres ! Une nouvelle expédition est menée. Elle est terrestre et consiste en l’envoi d’un premier contingent de 75.000 soldats anglo-français (auxquels il convient d’ajouter des unités australiennes et néo-zélandaises) sur la presqu’île de Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardanelles. C’est une catastrophe : les soldats sont littéralement hachés par l’artillerie ottomane, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders. Un second débarquement se déroule quelques semaines plus tard pour renforcer un dispositif déjà à bout de forces. Il ne fait qu’ajouter des morts. Les anglo-français doivent abandonner les lieux. Leur chef, le général Gouraud, vient de quitter le front, amputé du bras droit. Les Alliés réussissent néanmoins à sauver environ 100.000 hommes et les faire débarquer à Salonique, en Grèce, pays alors neutre, quoique soupçonné de docilité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

Là, les soldats n’ont pas le temps de se refaire une santé. Le corps expéditionnaire devient l’Armée d’Orient et tente de faire la jonction avec les restes de l’Armée serbe qui vient de traverser la Macédoine, du nord au sud. La Serbie connait au début de la guerre quelques victoires, avec notamment la reprise de la ville de Belgrade, mais les défaites s’accumulent par la suite. De plus, la Bulgarie entre dans le conflit aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. L’expédition française pour porter secours aux troupes serbes s’avère vite être un échec et le retour vers Salonique se déroule à la fois dans des conditions climatiques détestables et sous le feu des armées des Empires centraux, qui multiplient les combats avec les unités de l’arrière-garde alliée.

 

Le camp de Salonique.

 

Salonique devient alors un immense camp militaire retranché, sous la menace permanente des armées allemandes, austro-hongroises et bulgares. L’Armée grecque s’est interposée entre les deux et tente d’éviter le pire. Au sommet de l’Etat grec les dissensions entre le Premier ministre, Vénizelos, partisan de la Triple-Entente (France, Russie, Empire britannique) et le roi Constantin 1er, pro Empires centraux, sont plus vives que jamais. Et les soldats alliés enfermés ne peuvent qu’attendre les ordres. Pour combattre la dysenterie, la malaria, le paludisme, la malnutrition et le scorbut, ils collaborent à l’assèchement des marais et se mettent à cultiver la terre. Une partie du camp se transforme en un immense potager. D’où la réplique, sarcastique, de Georges Clemenceau : « les jardiniers de Salonique ».

 

De leurs côtés, les états-majors s’affèrent pour mettre en place des unités dignes de ce nom. Le général français Maurice Sarrail tente un équilibre : ne pas déplaire aux Grecs, qui sont toujours neutres, faire attention aux espions allemands, bulgares ; faire régner l’ordre entre les troupes françaises, serbes, anglaises, australiennes, néo-zélandaises, italiennes, sans oublier les contingents indiens et africains.

 

En 1916, sollicitée des deux côtés, la Roumanie entre en guerre finalement en se rapprochant des Alliés. Dans le même temps, le général Sarrail voit les Grecs dégarnir les postes qui sont sensés protéger les Alliés. Il décide de sorties : les Serbes attaquent les premiers et reprennent aux Bulgares les monts menaçant la plaine de Salonique. De leur côté, les Français entrent en Macédoine et fixent les troupes germano-bulgares. L’aide des Roumains est de courte durée : à la fin de l’année 1916, le pays est entièrement envahi par les puissances centrales. Tout au long de l’année suivante, quelques combats sporadiques opposent les deux camps.

 

L’offensive victorieuse de 1918.

 

Il faut attendre 1918 pour que l’offensive majeure se déroule. Au cours de 1917, le général Adolphe Guillaumat s’est ingénié à remonter le moral des troupes, à les entretenir et surtout à les soigner. Les épidémies sont enfin endiguées. Le général contribue aussi fortement à l’implantation d’un état-major interallié, suffisamment solide et intelligent pour ne froisser aucun des pays contributeurs, tout en permettant des décisions rapides et efficaces. De plus, les Grecs finissent par s’engager dans le conflit aux côtés des Alliés. Le camp de Salonique n’est plus retranché ! Le temps de la reconquête est arrivé.

 

En juin 1918, rappelé à Paris par le nouveau Président du Conseil, Georges Clemenceau, le général Guillaumat est remplacé par le général Louis Franchet d’Espérey, qui peut enfin mettre en œuvre la globalité du plan élaboré par son prédécesseur. Le 15 septembre 1918, avec l’accord des gouvernements anglais et italiens, Franchet d’Espérey lance les armées alliées à la reconquête des Balkans. A l’est, les soldats anglais et grecs attaquent en direction de la Bulgarie (vallée du Vardar). Au centre, les Français et les Serbes, progressent rapidement et s’emparent de l’ensemble de leurs objectifs. L’un des épisodes les plus fameux de cette offensive reste la dernière charge de cavalerie de l’Armée française : sous le commandement du général Jouinot-Gambetta, la brigade à cheval des chasseurs d’Afrique réussit un raid de plus de 70 km à travers les montagnes, à plus de 2.000 mètres d’altitude. Le 29 septembre, les cavaliers prennent par surprise Usküb, la capitale de la Macédoine. Le soir même, les Bulgares sont acculés à signer un armistice.

 

Pendant ce temps, Franchet d’Espérey continue sa marche en avant et se dirige maintenant vers Bucarest, capitale de la Roumanie. Mais l’objectif est bien l’entrée en Autriche-Hongrie. L’armistice général du 11 novembre 1918 met un terme à la reconquête des Alliés, qui se retrouvent à ce moment-là bien plus proches des Empires centraux que leurs homologues de l’ouest. Mais pour l’Armée d’Orient, la guerre n’est pas encore terminée.

 

1919.

 

L’Armée Française d’Orient est à nouveau rebâtie pour se transformer en trois unités :

 

  • - L’Armée du Danube : commandée par le général Berthelot, elle est constituée des unités qui sont stationnées en Roumanie, d’abord à Bucarest puis dans le delta du Danube. Il s’agit de faire face aux nouveaux ennemis : les Russes bolchéviques qui eux sont positionnés en Moldavie (sous domination russe à l’époque).
  • - L’Armée de Hongrie, sous le commandement du général Labit, est chargée de mettre fin aux agissements des bolchéviques hongrois.
  • - Le Corps d’Occupation de Constantinople, a pour mission de faire régner l’ordre dans une partie de ce qui est bientôt l’ancien Empire ottoman.

 

Face aux « Rouges » et en appui des Russes « Blancs » (tsaristes), les troupes françaises vont stationner et se battre pendant plus de cinq mois après la fin officielle de la Première Guerre mondiale. Les ports russes sont envahis par des bateaux français et anglais : il s’agit d’étouffer économiquement le nouveau pouvoir de Lénine. Mais le retournement de la situation militaire (les Rouges amassant les victoires), les mutineries de marins français dans le port d’Odessa, et de plusieurs compagnies dans l’Armée du Danube, précipitent le retour des soldats français en métropole au printemps 1919.

 

 

2 – Louis Thauvin à Gallipoli.

 

Louis Thauvin nait le 25 février 1888 à Meung-sur-Loire, bourgade du Val de Loire et de Sologne, fief de la tribu des Alains. En son église, en 1429, Jeanne d’Arc vient s’y recueillir. Louis Thauvin, de la classe 1908, est engagé au bureau d’Orléans. Il porte le matricule 202 et intègre le régiment pour moins d’une année : il disparaît dans les combats du 2 mai 1915, pendant la bataille de Gallipoli.

 

Extrait du Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique :

 

« 2h : l’ennemi parvient jusque sur les positions de la brigade coloniale qui reçoit un renfort de deux compagnies du 3ème bataillon du RMA. Grâce à l’approche des deux compagnies, l’élan de l’ennemi est arrêté momentanément sur cette partie de la ligne.

 

3h : les deux dernières compagnies du 3ème bataillon sont engagées avec la Brigade coloniale pressée de plus en plus. Les deux compagnies du 1er bataillon tenant le terrain entre le ravin N 236 et la Brigade coloniale a également engagé ses deux compagnies de soutien, pour maintenir la violente attaque de l’ennemi.

 

3h15 : une contre attaque générale est décidée et se produit au signal de la charge. Toute la ligne se porte vigoureusement en avant et reconduit l’ennemi sur ses positions.

 

4h15 : accueilli par un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses, en face d’une infanterie très fortement retranchée, l’attaque de nos troupes est enrayée et les divers éléments viennent réoccuper les éléments de la veille. Un bataillon anglais vient s’installer entre le ravin et la côte 236 comme repli éventuel… »

 

Après trois mois d’intenses combats, d’attaques toutes vouées à l’échec, le gouvernement britannique décide d’envoyer cinq divisions supplémentaires. En vain. Décimées par l’ennemi et ses bombardements (l’artillerie turque est placée sur les hauteurs de la presqu’île), les maladies, les rats, et, l’hiver arrivant, par le gel, le repli général est décidé pour la fin 1915.

 

Les Alliés camouflent les tranchées et les garnissent de mannequins pour faire croire à leur occupation. En partant, ils règlent le tir des canons qu’ils actionnent au dernier moment. Grâce à ce stratagème, en quelques semaines, de nuit, près de 100.000 hommes, 200 canons et environs 5.000 animaux sont évacués vers Salonique. Au prix de près de 250.000 morts : 50.000 Français et coloniaux et 200.000 soldats des troupes du Commonwealth.

 

Par le jugement du 3 décembre 1920, transcrit le 7 janvier 1921, Louis Thauvin est déclaré « Mort pour la France ». Son nom est gravé sur le monument aux morts de la place de la mairie d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Pierre Miquel : Les poilus d’Orient, Fayard, 1998 ; La poudrière d’Orient, Fayard 2004 ; Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002 ; Les Enfants de la Patrie, Fayard, 2002.

- Pierre Gosa : Franchet d’Espérey, Nouvelles Editions Latines, 1999.

- Jacques Ancel : Les travaux et les jours de l’Armée d’Orient, Paris, 1921.

- Site internet www.chtimiste.com sur l’historique des régiments.

- Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique

- Journal de Marche du Corps Expéditionnaire d’Orient

 

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Publié le 17 Avril 2010

Journée de la Déportation.

Comme chaque année, le comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux participera aux commémorations de la journée à la mémoire de la Déportation le dimanche 25 avril 2010, devant le monument aux morts de la commune. Le détail de la cérémonie est affiché sur les panneaux municipaux.

 

Par ailleurs, nous vous rappelons que toutes informations concernant le siège de notre association sont disponibles sur le site www.souvenir-francais.com et celles de notre délégation des Hauts-de-Seine sur www.souvenir-francais-92.org

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Publié le 9 Avril 2010

Victor Cresson

 

DEFENSEUR DES OUVRIERS, MILITANT COMMUNISTE.

 

Victor Cresson naît le 14 janvier 1884 à Gentelles dans la Somme, à quelques kilomètres au sud-est d’Amiens. Il est issu d’une famille modeste du nord de la France. Ses parents sont tisserands, spécialisés dans la bonneterie. Venu chercher du travail en Région parisienne, il entre comme ajusteur aux usines Salmson à Boulogne-Billancourt. À partir de 1924, il travaille dans une succursale du constructeur Peugeot à Issy-les-Moulineaux. Par la suite, il devient blanchisseur à son compte. En tant que travailleur indépendant, il a ainsi davantage de temps pour son activité militante et ne peut être licencié en raison de ses idées politiques.

 

En effet, Victor Cresson anime la cellule locale du Parti communiste. Alors qu’il est membre du Parti socialiste avant la guerre de 1914, il rejoint le Parti communiste dès sa formation en 1920. En 1935, lors des élections municipales à Issy-les-Moulineaux, il prend la tête de la liste du Parti communiste. Après le premier tour du 5 mai, les différentes composantes de la gauche, les communistes, les socialistes, ainsi que les radicaux constituent une nouvelle liste « antifasciste »composée de vingt communistes, huit socialistes et deux radicaux. Au soir du deuxième tour, le 12 mai 1935, c’est cette liste, ce Front commun, qui remporte les élections municipales. Au cours de la séance du 19 mai 1935, l’assemblée municipale composée des nouveaux conseillers municipaux, élit Victor Cresson maire d’Issy-les-Moulineaux. Son premier adjoint est Fernand Maillet.

 

En sa qualité de nouveau maire d’Issy-les-Moulineaux, Victor Cresson s’intéresse avant tout à la population ouvrière de la ville. Durant les grèves de mai-juin 1936, lors de l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Front populaire dirigé par Léon Blum, la municipalité isséenne apporte son soutien aux ouvriers. Un système d’aide communale est ainsi mis en place pour aider les chômeurs, des bons d’achats financés par la municipalité étant distribués aux ménages les plus en difficulté face à la crise économique des années 1930.

 

À partir de 1936, Victor Cresson apporte également une aide matérielle aux républicains espagnols au moment de la guerre civile. Des colis alimentaires sont expédiés pour venir en aide aux populations. C’est dans ce contexte que le 25 janvier 1939 se tient une séance exceptionnelle du conseil municipal, entièrement consacrée à la situation dans la péninsule ibérique, suite à la prise de Barcelone par les troupes du général Franco.

 

L’action de Victor Cresson au niveau de la commune favorise en outre un large développement des infrastructures, avec notamment la viabilisation de quartiers insalubres soumis à des inondations régulières. C’est ainsi qu’un important réseau d’égouts permettant la récupération des eaux usées est mis en place dans l’île Saint-Germain.

 

Symboliquement, la salle des fêtes d’Issy-les-Moulineaux, construite en 1932, prend le nom de Maison du Peuple en 1935. Des congrès ouvriers et des réunions politiques y sont dès lors organisés. Par ailleurs, les noms des rues attribués sous le mandat de Victor Cresson font référence à des personnages politiques de l’époque. C’est ainsi qu’est inaugurée, par exemple, la nouvelle place Paul Vaillant Couturier, journaliste à L’Humanité, décédé en 1937.

 

Enfin, fidèle à l’idéologie du Parti communiste, Victor Cresson souhaite l’ouverture de centres sportifs. On assiste alors à la création d’un premier stade à Issy-les-Moulineaux et d’une piscine municipale, directement installée sur les rives de la Seine. De même, c’est sous son mandat qu’un premier parc communal, le parc Henri Barbusse, est inauguré à Issy-les-Moulineaux. Une colonie de vacances voit aussi le jour, la municipalité ayant fait l’acquisition d’une résidence en Vendée afin qu’un grand nombre d’enfants puisse profiter de vacances à la mer.

 

Le parcours de Victor Cresson pendant la Seconde Guerre mondiale
 

La France et ses Alliés déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, après l’invasion allemande de la Pologne le 1er septembre. Suite au pacte germano-soviétique du 23 août 1939, le Parti communiste est dissout par un décret du 26 septembre 1939. De ce fait, Victor Cresson est suspendu de ses fonctions de premier édile de la ville d’Issy-les-Moulineaux le 4 octobre 1939.

 

Dès le début de la guerre, Victor Cresson entre dans la Résistance en distribuant des tracts communistes. Lui et Maillet sont alors arrêtés et envoyés en séjour surveillé en décembre 1939 au camp de Baillet en Seine-et-Oise, puis à l’île d’Yeu. Par la suite, ils sont transférés en zone Sud, dans le Cantal, dans des camps situés à Riom-ès-Montagnes, puis à Saint-Augeaut, d’où ils s’évadent en septembre 1940.

 

De retour à Issy-les-Moulineaux, Victor Cresson est de nouveau arrêté avec Fernand Maillet en octobre 1940. Après cette seconde arrestation, Victor Cresson est envoyé à Aincourt en Seine-et-Oise. Il est alors jugé par la XIIe Chambre correctionnelle du département de la Seine pour infraction au décret du 26 septembre 1939 et est condamné à dix mois de prison.

Il est emprisonné successivement à la prison de Fontevrault, à la centrale de Clairvaux, puis à la prison de la Santé à Paris. En mai 1941, il est interné avec Maillet au camp de Châteubriant-Choisel, en Loire-Inférieure. Là, ils voient, ce fameux mercredi 22 octobre 1941, vingt sept militants communistes, parmi lesquels Jean-Pierre Timbaud et Guy Môquet, passer par les armes dans la clairière de la Sablière.

 

Après la fermeture du camp de Châteaubriant, Victor Cresson est transféré au camp de Voves dans l’Eure-et-Loir. Avec quarante-et-un autres détenus, il est alors envoyé au Fort de Romainville en Région parisienne pour servir d’otage : ceux-ci peuvent être fusillés à tout moment au Mont-Valérien lors de représailles allemandes.

 

Mais ils quittent le fort pour la gare de l’Est à Paris le 25 octobre 1943 et sont envoyés en Allemagne dans un train de voyageurs, par le convoi n°238 qui comprend vingt-huit Français. Après avoir rejoint la gare de Sarrebruck quelques jours plus tard, ils sont conduits au camp de Neue-Bremm, un camp de transit pour de nombreux déportés français. Trois semaines après avoir quitté la France, le 12 novembre 1943, Victor Cresson arrive au camp de concentration de Mauthausen, où sont détenus de nombreux déportés politiques. Le 14 novembre 1943, après avoir passé une nuit dans une prison de Munich, Victor Cresson reçoit le matricule 39 461 et est contraint de porter le « triangle rouge » des détenus politiques.

 

En outre, comme d’autres membres de son convoi, Victor Cresson est considéré comme Nacht und Nebel, ce que l’on peut traduire par « Nuit et Brouillard » : les déportés ayant ce statut étant condamnés par les nazis disparaître à court terme, sans laisser de trace. Il s’agit bien souvent des détenus politiques, communistes la plupart du temps. Les « NN » relèvent en fait d’une juridiction spéciale qui les isole totalement du monde extérieur.

 

Déjà très affaibli par ses quatre longues années de captivité dans les prisons et camps français, Victor Cresson doit affronter l’hiver autrichien à son arrivée dans ce camp. Très vite sa santé se détériore. Il est victime de la sous-alimentation et des mauvais traitements. Il passe les deux derniers mois de sa vie dans des conditions terribles, enfermé au « Revier », sorte de prison-infirmerie du camp tout à fait particulière, si l’on considère qu’au sous-sol de ce même bâtiment sont installés des fours crématoires. Durant le régime hitlérien, 180 000 personnes sont déportées au camp de Mauthausen et 154 000 personnes y trouvent la mort. Sur les 12 500 déportés français au camp de Mauthausen, 10 000 y meurent. Le 12 février 1944, Victor Cresson décède d’épuisement à l’intérieur du camp central.

 

La ville d’Issy-les-Moulineaux a rendu hommage à son ancien maire, mort en déportation. Une avenue centrale porte désormais le nom de Victor Cresson. Au n°33 de cette rue, une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l’immeuble où il vécut lorsqu’il était maire de la commune. Et Victor Cresson a reçu le titre de « Mort pour la France » par décision du ministre des Anciens Combattants, François Mitterrand, en date du 8 juillet 1947.

 

Thomas Nuk – Historien – Membre du Souvenir Français.

 

 

Sources :

Bulletin municipal d’Issy-les-Moulineaux, avril 1945 et février 1946

Registre des délibérations du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux, durant le mandat de Victor Cresson.

Archives de la préfecture de police de Paris. Dossier des internés communistes BA 23 74.

Informations fournies par la Fondation de la mémoire de la déportation.

Informations fournies par l’Amicale nationale des déportés, familles et amis de Mauthausen et ses kommandos.

Entretien avec M. André Grillot, président d’honneur de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé, qui fut l’un des compagnons de captivité de Victor Cresson.

Agulhon Maurice, Girard Louis, Robert Jean-Louis, Serman William et alii, Les maires en France du Consulat à nos jours, Paris, Publication de la Sorbonne, 1986, 462 p.

Maitron Jean et Pennetier Claude, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, 4ème partie: 1914-1939, De la Première Guerre mondiale à la Seconde Guerre mondiale, Paris, Les édition ouvrières, 1981. Article « Victor Cresson ».

 

 

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Publié le 26 Mars 2010

Azadian-Victimes civiles 1942-2

Les bombardements aériens du dernier conflit mondial avaient pour but la destruction des installations industrielles et des voies de communication. Ainsi, les usines de Renault de Billancourt, celles de Citroën du quai de Javel et la cartoucherie Gevelot d’Issy-les-Moulineaux furent souvent été prises pour cibles, par les Allemands en 1940 et par les Alliés de 1942 à 1944, en raison de leur participation à l’effort de guerre ennemi.

 

Ces bombardements effectués à haute altitude, le plus souvent de nuit afin d’échapper à la chasse et à la défense antiaérienne, firent d’innombrables victimes dans la population civile, compte tenu de largages imprécis en milieu urbain. Issy-les-Moulineaux y perdit beaucoup des siens. Voici leurs noms, suivis de leurs âges :

 

Bombardement du 3 juin 1940 :

 

  • - Monsieur Georges Ablin ; Madame Andrieux, née Dimanche, 38 ans ; Madame Andrieux, née Chazaud, 73 ans ; Monsieur Charles Adrien, 48 ans ; Madame Boulant, née Vassort, 31 ans ; Monsieur Théodore Buchmeyer ; Madame Bouchaudon, née Audet, 36 ans ; Monsieur Jean Bousquet, 47 ans ; Monsieur Pierre Berard, 84 ans ; Monsieur Ferdinand Charbonnier, 58 ans ; Monsieur Alfredo Cugini, 32 ans ; Monsieur Léo Decon, 19 ans ; Monsieur Maurice Godard, 43 ans ; Monsieur Michel Fossati, 41 ans ; Madame Lauquin, née Haigman, 45 ans ; Monsieur Léon Lemarchand, 50 ans ; Monsieur Camille Mion, 34 ans ; Madame Perrève, née Rigornet, 41 ans ; Monsieur Louis Nicolini, 39 ans ; Madame Nathalie Rall, 22 ans ; Monsieur Raymond Seutin, 52 ans ; Monsieur Angèle Tavecchi, 34 ans ; Monsieur André Thomas, 50 ans ; Monsieur Jean-Henri Trefleze, 66 ans ; Monsieur Paul Vilain, 43 ans.

 

Bombardement du 3 mars 1942 :

 

Le bombardement du 3 mars 1942 fut encore plus terrible, en cela par le fait d’avoir décimé des familles entières :

 

  • - la famille Azadian : Sochakis, 41 ans ; Jean, 10 ans ; Madeleine, 10 ans ; Gazar, 13 ans.
  • - la famille Jouanin : Germaine, née Bruère, 33 ans ; Anne, née Bruère, 32 ans ; Daniel, 9 ans ; Monique, 4 ans ; Pierre, 10 mois…
  • - la famille Boizeau : Madame, née Lecoquer, 43 ans ; Marcel, 17 ans.
  • - la famille Lemaire : Georges, 41 ans ; Madame, née Hantsan, 43 ans.
  • - Félix, 14 ans et Vanda, 12 ans, Roszewicz.
  • - Jean, 55 ans, et Nicolas Berns, 57 ans.
  • - Christiane Lequien, 9 ans ; Varougean Soubaralian, 19 ans ; Jacqueline Gandon, 13 ans ; Monsieur Raymond Thirion, 42 ans ; Madame Suzanne Fonck, née Mansard, 31 ans ; Madame Somellini, née Klepper, 35 ans ; Mademoiselle Julienne Bougamont, 59 ans ; Jean-Pierre Folgringer, 8 ans ; Monsieur Georges Lunel, 23 ans ; Monsieur Ernest Salvan, 35 ans.

 

Bombardement du 30 mai 1942 :

 

  • - Madame Roche, née Marchand, 23 ans et son fils Pierre, 6 ans. 

Bombardement du 4 avril 1943 :

 

  • - Monsieur Louis Olivier, 32 ans ; Monsieur Hector Hlusik, 49 ans ; Madame Renaudin, née Splitz, 32 ans ; Monsieur Jean Delanoe, 48 ans. 

 

Bombardement du 14 juillet 1943 :

 

  • - Marcel Persechino, 14 ans et Salvatore, 20 ans.
  • - Eliszalde Gomez, 29 ans. 

Bombardement du 24 août 1943 :

 

  • - Monsieur Paul Khaleef, 43 ans et Monsieur Guiseppe Bucci, 54 ans. 

Bombardement du 3 septembre 1943 :

 

  • - Madame Sevestre, née Gambil, 59 ans ; Monsieur Paul Rigoudy, 41ans ; Lucien Samson, 17 ans ; Christian Burguet, 5 ans. 

Bombardement du 15 septembre 1943 :

 

- Madame Bonnet, née Berlan Landrin, 23 ans ; Jeannine Metais, 17 ans ; Madame Leau, née Benon, 58 ans.


Bombardement du 24 juin 1944 :

 

  • - Monsieur Emile Faucher, 56 ans.

 

 

Bombardement du 25 juillet 1944 :

 

  • - Léon-Pierre Monnet, 28 ans.

 

 

Victimes non combattantes, elles ne sont pas représentées par des associations, ne sont pas commémorées. Victimes déclarées "Morts pour la France"… qui les a bien oubliées. Sous l’impulsion de la municipalité d’Issy-les-Moulineaux, le Comité du Souvenir Français est à l’œuvre pour la réfection de stèles des « victimes civiles ».

 

 

Thierry Gandolfo,

Conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux

Membre du Souvenir Français

 

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