Publié le 7 Mai 2010

Marchions vers la France

 

En cette veille du 65ème anniversaire de la capitulation allemande, le général de brigade aérienne (2S) Jean-Claude Ichac, ancien commandant de la Cité de l’Air « Capitaine Guynemer » et de la Base Aérienne 117 de Balard, revient sur un ouvrage publié en 1954 par son oncle, Pierre Ichac.

 

 

Souvenirs de l’Armée d’Afrique.

 

« Il y avait dans l'armée des Grecs un Athénien qui n'était ni général, ni officier, ni même militaire ». C'est par cette citation tirée de l'Anabase de Xénophon, écrite en 400 avant Jésus-Christ et racontant la fameuse « Retraite des Dix Mille », que Pierre Ichac (1) ouvrait, en 1954, ses carnets de souvenirs sous le titre : « Nous marchions vers la France »(2).

 

Mais contrairement à son illustre prédécesseur ce n'était pas une retraite, mais bien une offensive victorieuse qu'il avait accompagnée, des confins de Tunisie aux côtes de Provence et jusqu'aux Vosges, en passant par la Corse et l'Italie, aux côtés des Tabors marocains et des tirailleurs de la 3ème Division d'Infanterie Algérienne, avec comme seul armement son appareil photo et sa machine à écrire. Car, réformé compte tenu des séquelles d'un accident dans sa jeunesse, c'est comme correspondant de guerre qu'il était là. Et c'est à ce titre qu'il terminera la guerre, lui le civil qui n'aimait pas les décorations, avec la croix de guerre avec Etoile d'argent !

 

A lire ces souvenirs on se rend vite compte que c'est un journaliste qui parle, pour les lecteurs de « Vaincre » ou des dépêches de l'Agence France-Presse. Quand il commente un combat, il sait aussi bien décrire le matériel engagé que les réactions des hommes et les enseignements tactiques. Ecoutons-le évoquer la contre-offensive allemande du 18 janvier 1943, sur les Dorsales tunisiennes : «  Pour la première fois sur un champ de bataille d'Occident, voire sur aucun champ de bataille, les chars les plus puissants du monde, les Mark VI Tigre, que Stalingrad même semble ne pas avoir connus, viennent d'apparaître. ...le carrefour d'Oum el-Abouab, son arc romain qui se dresse, solitaire… C'est à son débouché oriental que… le 7ème Marocain a vu se ruer, transfigurés par le clair de lune, les premiers Tigre  de la 21ème Panzer. Les tirailleurs n'y résistent pas... Le 1er Bataillon est dispersé. Le deuxième... perd près de quatre cents hommes, en se désenclavant... ».

 

Mais la leçon a servi: « C'est l'expérience douloureusement acquise... qui joue désormais le rôle principal. Leur espoir d'endommager les chars n'est pas plus grand, mais ils manœuvrent mieux. Ils savent qu'ils ont un efficace moyen de défense: c'est la montagne, le djebel... Très vite, ils se révéleront des virtuoses de la montagne. Bientôt, on ne concevra plus les Français sans le djebel, ni le djebel sans les Français ».

 

Et de fait d'abord en Corse fin 1943 - « La Corse – commençaient à dire les anciens du Maroc – c'est le Riff, en quatre fois plus haut! » – puis en Italie, des Abruzzes au massif du Maio, qui bloque l'accès au Garigliano, en passant par le terrible Mont Cassino, c'est par les sentiers, par les cols, par les crêtes que tirailleurs et goumiers, avec leur armement, leur matériel, sur leurs mulets ou à dos d'hommes, avanceront, combattront et repousseront les troupes allemandes au delà de la ligne « Gustav », permettant aux alliés d'entrer dans Rome le 4 juin 1944 et prenant Sienne le 3 juillet (se reporter à la photographie illustrant ces propos). Puis, après le débarquement de Provence du 15 août et la progression à travers le massif des Maures, c'est encore « par les hauts » que les unités de la 3ème D.I.A. contourneront les barrages sur les routes, les forts enterrés et les casemates sur les pentes, avant de libérer Marseille.

 

Et Pierre Ichac était là, au PC du général de Monsabert, dit « Monsabre », le général à la Baraka, ou dans sa jeep, ou à pied, ou au-dessus, en place arrière du Piper d'observation, ou aux côtés du général de Lattre, sur l'ex-paquebot polonais Bathory s'approchant du golfe de Saint-Tropez, pour pouvoir rédiger le soir, à chaud, dans un bivouac de fortune, ses « papiers », partageant la vie de ces combattants, et tous leurs risques, comme il le rapporte avec humour lors de ce dialogue en Italie avec son chauffeur :

 

- Ils t'ont bien reçu au parc auto, les Tunisiens? Tu n'as pas eu d'ennuis, pas d'obus dans le ravin? Ça s'est bien passé?

- Très bien, Monsieur Ichac... les camarades m'ont offert le café... Mais sur la montagne, qu'est-ce qu'il est tombé!... Oh! Et puis aussi, y a eu un moment où c'était marrant, Monsieur Ichac. Je ne sais pas si vous l'avez vu? Les obus tombaient tout en haut, et y avait quatre types qui étaient pris dessous et qui couraient...

- Bougre d'idiot, criai-je, c'était moi! »

 

 

Un dernier mot. On a beaucoup évoqué, à l'occasion de la sortie en salle du film « Indigènes », l'oubli dans lequel serait tombé le souvenir des sacrifices des troupes venues d'Afrique du Nord. Pierre Ichac lui-même l'envisageait quand il écrivait, après la libération de Marseille sur laquelle se termine ce livre : « La première phase de la guerre – celle qui appartient en propre à l'Armée d'Afrique – sera finie... et oubliée des Français avant d'avoir été connue d'eux ».

 

Mais lui du moins avait, avec la publication de ses carnets, fait tout son possible pour que ce souvenir demeure, mettant en pratique notre belle devise qu'il aurait pu reprendre à son compte: « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

 

GBA (2S) JC Ichac

 

 

 

NOTES

 

(1) Pierre Ichac (1901 – 1978), journaliste, cinéaste, photographe, ethnographe et homme de radio, était le frère aîné de Marcel Ichac (voir sur  le site du comité d'Issy les Moulineaux l'article du 10 juin 2009, « Deux films de Marcel Ichac »). Les membres de notre Délégation se souviendront que les deux frères passèrent, avant la Première Guerre mondiale, leur enfance à Rueil-Malmaison.

 

(2) Amiot Dumont, 1954.

 

 

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Publié le 2 Mai 2010

Anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945.

 

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français participera aux cérémonies destinées à célébrer l’anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 :

 

  • - Vendredi 7 mai à 17h30, salle multimédia, hôtel de ville : conférence donnée par le capitaine de vaisseau Guy Crissin : « le général de Gaulle et la première division des Français Libres ».

 

  • - Samedi 8 mai :
    • – 8h30 : messe en l’église Notre Dame des Pauvres, 27, boulevard Gallieni.
    • – 9h15 : fleurissement de la stèle du maréchal Juin.
    • – 9h35 : place du 8 mai 1945 : dépôt de gerbes au buste du général de Gaulle ; lecture du message d’Hubert Falco, secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants.
    • – 9h50 : cortège en direction de la place du maréchal de Lattre de Tassigny.
    • – 10h00 : square Bonaventure Leca. Dépôt de gerbes au buste du général Leclerc.
    • – 10h05 : dépôt de gerbes à la plaque « Veuves et orphelins victimes de guerre ».
    • – 10h15 : monument aux morts de la ville ; dépôt de gerbes et discours de Monsieur André Santini.
    • – 10h40 : rue du général Leclerc. Défilé de troupes appartenant au Régiment de Marche du Tchad.

 

Par ailleurs, le Souvenir Français se chargera, comme chaque année, de la collecte du Bleuet de France. Soyez généreux !

 

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Publié le 19 Avril 2010

 

Entree des Allies a Salonique.jpg

1 - La guerre en Orient.

 

Ouvrir un second front.

Qui se souvient que des soldats français ont fait la Première Guerre mondiale dans les Balkans, et que celle-ci a d’ailleurs duré jusqu’en 1919 ?

 

A la fin de l’année 1914, la situation semble inextricable. Après les offensives et les longs mouvements de conquête et de retraite de l’automne, les Alliés, comme les armées des Empires centraux, se sont enterrés dans des tranchées. Au cours de cette première année de guerre les pertes sont déjà phénoménales. La France a vu mourir plus de 500.000 de ses soldats.

 

Winston Churchill, alors Premier lord de l’Amirauté (ministre de la Marine britannique), défend l’idée de l’ouverture d’un second front en Europe, et du côté des Balkans. Dans un triple objectif : ravitailler l’Armée russe via la mer Noire ; contourner les Empires centraux ; occuper Constantinople, capitale d’un Empire ottoman, considéré comme le « grand malade » du continent et par ailleurs allié de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

 

Gallipoli.

 

Une expédition maritime est proposée et envoyée. Sans grand succès. La présence de mines, de côtes fortifiées (donc difficiles à bombarder) et de nombreux sous-marins allemands ne facilitant pas les manœuvres ! Une nouvelle expédition est menée. Elle est terrestre et consiste en l’envoi d’un premier contingent de 75.000 soldats anglo-français (auxquels il convient d’ajouter des unités australiennes et néo-zélandaises) sur la presqu’île de Gallipoli, à l’entrée du détroit des Dardanelles. C’est une catastrophe : les soldats sont littéralement hachés par l’artillerie ottomane, sous le commandement du général allemand Liman von Sanders. Un second débarquement se déroule quelques semaines plus tard pour renforcer un dispositif déjà à bout de forces. Il ne fait qu’ajouter des morts. Les anglo-français doivent abandonner les lieux. Leur chef, le général Gouraud, vient de quitter le front, amputé du bras droit. Les Alliés réussissent néanmoins à sauver environ 100.000 hommes et les faire débarquer à Salonique, en Grèce, pays alors neutre, quoique soupçonné de docilité vis-à-vis de l’Allemagne.

 

Là, les soldats n’ont pas le temps de se refaire une santé. Le corps expéditionnaire devient l’Armée d’Orient et tente de faire la jonction avec les restes de l’Armée serbe qui vient de traverser la Macédoine, du nord au sud. La Serbie connait au début de la guerre quelques victoires, avec notamment la reprise de la ville de Belgrade, mais les défaites s’accumulent par la suite. De plus, la Bulgarie entre dans le conflit aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. L’expédition française pour porter secours aux troupes serbes s’avère vite être un échec et le retour vers Salonique se déroule à la fois dans des conditions climatiques détestables et sous le feu des armées des Empires centraux, qui multiplient les combats avec les unités de l’arrière-garde alliée.

 

Le camp de Salonique.

 

Salonique devient alors un immense camp militaire retranché, sous la menace permanente des armées allemandes, austro-hongroises et bulgares. L’Armée grecque s’est interposée entre les deux et tente d’éviter le pire. Au sommet de l’Etat grec les dissensions entre le Premier ministre, Vénizelos, partisan de la Triple-Entente (France, Russie, Empire britannique) et le roi Constantin 1er, pro Empires centraux, sont plus vives que jamais. Et les soldats alliés enfermés ne peuvent qu’attendre les ordres. Pour combattre la dysenterie, la malaria, le paludisme, la malnutrition et le scorbut, ils collaborent à l’assèchement des marais et se mettent à cultiver la terre. Une partie du camp se transforme en un immense potager. D’où la réplique, sarcastique, de Georges Clemenceau : « les jardiniers de Salonique ».

 

De leurs côtés, les états-majors s’affèrent pour mettre en place des unités dignes de ce nom. Le général français Maurice Sarrail tente un équilibre : ne pas déplaire aux Grecs, qui sont toujours neutres, faire attention aux espions allemands, bulgares ; faire régner l’ordre entre les troupes françaises, serbes, anglaises, australiennes, néo-zélandaises, italiennes, sans oublier les contingents indiens et africains.

 

En 1916, sollicitée des deux côtés, la Roumanie entre en guerre finalement en se rapprochant des Alliés. Dans le même temps, le général Sarrail voit les Grecs dégarnir les postes qui sont sensés protéger les Alliés. Il décide de sorties : les Serbes attaquent les premiers et reprennent aux Bulgares les monts menaçant la plaine de Salonique. De leur côté, les Français entrent en Macédoine et fixent les troupes germano-bulgares. L’aide des Roumains est de courte durée : à la fin de l’année 1916, le pays est entièrement envahi par les puissances centrales. Tout au long de l’année suivante, quelques combats sporadiques opposent les deux camps.

 

L’offensive victorieuse de 1918.

 

Il faut attendre 1918 pour que l’offensive majeure se déroule. Au cours de 1917, le général Adolphe Guillaumat s’est ingénié à remonter le moral des troupes, à les entretenir et surtout à les soigner. Les épidémies sont enfin endiguées. Le général contribue aussi fortement à l’implantation d’un état-major interallié, suffisamment solide et intelligent pour ne froisser aucun des pays contributeurs, tout en permettant des décisions rapides et efficaces. De plus, les Grecs finissent par s’engager dans le conflit aux côtés des Alliés. Le camp de Salonique n’est plus retranché ! Le temps de la reconquête est arrivé.

 

En juin 1918, rappelé à Paris par le nouveau Président du Conseil, Georges Clemenceau, le général Guillaumat est remplacé par le général Louis Franchet d’Espérey, qui peut enfin mettre en œuvre la globalité du plan élaboré par son prédécesseur. Le 15 septembre 1918, avec l’accord des gouvernements anglais et italiens, Franchet d’Espérey lance les armées alliées à la reconquête des Balkans. A l’est, les soldats anglais et grecs attaquent en direction de la Bulgarie (vallée du Vardar). Au centre, les Français et les Serbes, progressent rapidement et s’emparent de l’ensemble de leurs objectifs. L’un des épisodes les plus fameux de cette offensive reste la dernière charge de cavalerie de l’Armée française : sous le commandement du général Jouinot-Gambetta, la brigade à cheval des chasseurs d’Afrique réussit un raid de plus de 70 km à travers les montagnes, à plus de 2.000 mètres d’altitude. Le 29 septembre, les cavaliers prennent par surprise Usküb, la capitale de la Macédoine. Le soir même, les Bulgares sont acculés à signer un armistice.

 

Pendant ce temps, Franchet d’Espérey continue sa marche en avant et se dirige maintenant vers Bucarest, capitale de la Roumanie. Mais l’objectif est bien l’entrée en Autriche-Hongrie. L’armistice général du 11 novembre 1918 met un terme à la reconquête des Alliés, qui se retrouvent à ce moment-là bien plus proches des Empires centraux que leurs homologues de l’ouest. Mais pour l’Armée d’Orient, la guerre n’est pas encore terminée.

 

1919.

 

L’Armée Française d’Orient est à nouveau rebâtie pour se transformer en trois unités :

 

  • - L’Armée du Danube : commandée par le général Berthelot, elle est constituée des unités qui sont stationnées en Roumanie, d’abord à Bucarest puis dans le delta du Danube. Il s’agit de faire face aux nouveaux ennemis : les Russes bolchéviques qui eux sont positionnés en Moldavie (sous domination russe à l’époque).
  • - L’Armée de Hongrie, sous le commandement du général Labit, est chargée de mettre fin aux agissements des bolchéviques hongrois.
  • - Le Corps d’Occupation de Constantinople, a pour mission de faire régner l’ordre dans une partie de ce qui est bientôt l’ancien Empire ottoman.

 

Face aux « Rouges » et en appui des Russes « Blancs » (tsaristes), les troupes françaises vont stationner et se battre pendant plus de cinq mois après la fin officielle de la Première Guerre mondiale. Les ports russes sont envahis par des bateaux français et anglais : il s’agit d’étouffer économiquement le nouveau pouvoir de Lénine. Mais le retournement de la situation militaire (les Rouges amassant les victoires), les mutineries de marins français dans le port d’Odessa, et de plusieurs compagnies dans l’Armée du Danube, précipitent le retour des soldats français en métropole au printemps 1919.

 

 

2 – Louis Thauvin à Gallipoli.

 

Louis Thauvin nait le 25 février 1888 à Meung-sur-Loire, bourgade du Val de Loire et de Sologne, fief de la tribu des Alains. En son église, en 1429, Jeanne d’Arc vient s’y recueillir. Louis Thauvin, de la classe 1908, est engagé au bureau d’Orléans. Il porte le matricule 202 et intègre le régiment pour moins d’une année : il disparaît dans les combats du 2 mai 1915, pendant la bataille de Gallipoli.

 

Extrait du Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique :

 

« 2h : l’ennemi parvient jusque sur les positions de la brigade coloniale qui reçoit un renfort de deux compagnies du 3ème bataillon du RMA. Grâce à l’approche des deux compagnies, l’élan de l’ennemi est arrêté momentanément sur cette partie de la ligne.

 

3h : les deux dernières compagnies du 3ème bataillon sont engagées avec la Brigade coloniale pressée de plus en plus. Les deux compagnies du 1er bataillon tenant le terrain entre le ravin N 236 et la Brigade coloniale a également engagé ses deux compagnies de soutien, pour maintenir la violente attaque de l’ennemi.

 

3h15 : une contre attaque générale est décidée et se produit au signal de la charge. Toute la ligne se porte vigoureusement en avant et reconduit l’ennemi sur ses positions.

 

4h15 : accueilli par un feu violent d’artillerie et de mitrailleuses, en face d’une infanterie très fortement retranchée, l’attaque de nos troupes est enrayée et les divers éléments viennent réoccuper les éléments de la veille. Un bataillon anglais vient s’installer entre le ravin et la côte 236 comme repli éventuel… »

 

Après trois mois d’intenses combats, d’attaques toutes vouées à l’échec, le gouvernement britannique décide d’envoyer cinq divisions supplémentaires. En vain. Décimées par l’ennemi et ses bombardements (l’artillerie turque est placée sur les hauteurs de la presqu’île), les maladies, les rats, et, l’hiver arrivant, par le gel, le repli général est décidé pour la fin 1915.

 

Les Alliés camouflent les tranchées et les garnissent de mannequins pour faire croire à leur occupation. En partant, ils règlent le tir des canons qu’ils actionnent au dernier moment. Grâce à ce stratagème, en quelques semaines, de nuit, près de 100.000 hommes, 200 canons et environs 5.000 animaux sont évacués vers Salonique. Au prix de près de 250.000 morts : 50.000 Français et coloniaux et 200.000 soldats des troupes du Commonwealth.

 

Par le jugement du 3 décembre 1920, transcrit le 7 janvier 1921, Louis Thauvin est déclaré « Mort pour la France ». Son nom est gravé sur le monument aux morts de la place de la mairie d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Sources :

 

- Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.

- André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.

- Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

- Pierre Miquel : Les poilus d’Orient, Fayard, 1998 ; La poudrière d’Orient, Fayard 2004 ; Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002 ; Les Enfants de la Patrie, Fayard, 2002.

- Pierre Gosa : Franchet d’Espérey, Nouvelles Editions Latines, 1999.

- Jacques Ancel : Les travaux et les jours de l’Armée d’Orient, Paris, 1921.

- Site internet www.chtimiste.com sur l’historique des régiments.

- Journal de Marche du 1er Régiment de Marche d’Afrique

- Journal de Marche du Corps Expéditionnaire d’Orient

 

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Publié le 17 Avril 2010

Journée de la Déportation.

Comme chaque année, le comité du Souvenir Français d'Issy-les-Moulineaux participera aux commémorations de la journée à la mémoire de la Déportation le dimanche 25 avril 2010, devant le monument aux morts de la commune. Le détail de la cérémonie est affiché sur les panneaux municipaux.

 

Par ailleurs, nous vous rappelons que toutes informations concernant le siège de notre association sont disponibles sur le site www.souvenir-francais.com et celles de notre délégation des Hauts-de-Seine sur www.souvenir-francais-92.org

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Publié le 9 Avril 2010

Victor Cresson

 

DEFENSEUR DES OUVRIERS, MILITANT COMMUNISTE.

 

Victor Cresson naît le 14 janvier 1884 à Gentelles dans la Somme, à quelques kilomètres au sud-est d’Amiens. Il est issu d’une famille modeste du nord de la France. Ses parents sont tisserands, spécialisés dans la bonneterie. Venu chercher du travail en Région parisienne, il entre comme ajusteur aux usines Salmson à Boulogne-Billancourt. À partir de 1924, il travaille dans une succursale du constructeur Peugeot à Issy-les-Moulineaux. Par la suite, il devient blanchisseur à son compte. En tant que travailleur indépendant, il a ainsi davantage de temps pour son activité militante et ne peut être licencié en raison de ses idées politiques.

 

En effet, Victor Cresson anime la cellule locale du Parti communiste. Alors qu’il est membre du Parti socialiste avant la guerre de 1914, il rejoint le Parti communiste dès sa formation en 1920. En 1935, lors des élections municipales à Issy-les-Moulineaux, il prend la tête de la liste du Parti communiste. Après le premier tour du 5 mai, les différentes composantes de la gauche, les communistes, les socialistes, ainsi que les radicaux constituent une nouvelle liste « antifasciste »composée de vingt communistes, huit socialistes et deux radicaux. Au soir du deuxième tour, le 12 mai 1935, c’est cette liste, ce Front commun, qui remporte les élections municipales. Au cours de la séance du 19 mai 1935, l’assemblée municipale composée des nouveaux conseillers municipaux, élit Victor Cresson maire d’Issy-les-Moulineaux. Son premier adjoint est Fernand Maillet.

 

En sa qualité de nouveau maire d’Issy-les-Moulineaux, Victor Cresson s’intéresse avant tout à la population ouvrière de la ville. Durant les grèves de mai-juin 1936, lors de l’arrivée au pouvoir du gouvernement de Front populaire dirigé par Léon Blum, la municipalité isséenne apporte son soutien aux ouvriers. Un système d’aide communale est ainsi mis en place pour aider les chômeurs, des bons d’achats financés par la municipalité étant distribués aux ménages les plus en difficulté face à la crise économique des années 1930.

 

À partir de 1936, Victor Cresson apporte également une aide matérielle aux républicains espagnols au moment de la guerre civile. Des colis alimentaires sont expédiés pour venir en aide aux populations. C’est dans ce contexte que le 25 janvier 1939 se tient une séance exceptionnelle du conseil municipal, entièrement consacrée à la situation dans la péninsule ibérique, suite à la prise de Barcelone par les troupes du général Franco.

 

L’action de Victor Cresson au niveau de la commune favorise en outre un large développement des infrastructures, avec notamment la viabilisation de quartiers insalubres soumis à des inondations régulières. C’est ainsi qu’un important réseau d’égouts permettant la récupération des eaux usées est mis en place dans l’île Saint-Germain.

 

Symboliquement, la salle des fêtes d’Issy-les-Moulineaux, construite en 1932, prend le nom de Maison du Peuple en 1935. Des congrès ouvriers et des réunions politiques y sont dès lors organisés. Par ailleurs, les noms des rues attribués sous le mandat de Victor Cresson font référence à des personnages politiques de l’époque. C’est ainsi qu’est inaugurée, par exemple, la nouvelle place Paul Vaillant Couturier, journaliste à L’Humanité, décédé en 1937.

 

Enfin, fidèle à l’idéologie du Parti communiste, Victor Cresson souhaite l’ouverture de centres sportifs. On assiste alors à la création d’un premier stade à Issy-les-Moulineaux et d’une piscine municipale, directement installée sur les rives de la Seine. De même, c’est sous son mandat qu’un premier parc communal, le parc Henri Barbusse, est inauguré à Issy-les-Moulineaux. Une colonie de vacances voit aussi le jour, la municipalité ayant fait l’acquisition d’une résidence en Vendée afin qu’un grand nombre d’enfants puisse profiter de vacances à la mer.

 

Le parcours de Victor Cresson pendant la Seconde Guerre mondiale
 

La France et ses Alliés déclarent la guerre à l’Allemagne le 3 septembre 1939, après l’invasion allemande de la Pologne le 1er septembre. Suite au pacte germano-soviétique du 23 août 1939, le Parti communiste est dissout par un décret du 26 septembre 1939. De ce fait, Victor Cresson est suspendu de ses fonctions de premier édile de la ville d’Issy-les-Moulineaux le 4 octobre 1939.

 

Dès le début de la guerre, Victor Cresson entre dans la Résistance en distribuant des tracts communistes. Lui et Maillet sont alors arrêtés et envoyés en séjour surveillé en décembre 1939 au camp de Baillet en Seine-et-Oise, puis à l’île d’Yeu. Par la suite, ils sont transférés en zone Sud, dans le Cantal, dans des camps situés à Riom-ès-Montagnes, puis à Saint-Augeaut, d’où ils s’évadent en septembre 1940.

 

De retour à Issy-les-Moulineaux, Victor Cresson est de nouveau arrêté avec Fernand Maillet en octobre 1940. Après cette seconde arrestation, Victor Cresson est envoyé à Aincourt en Seine-et-Oise. Il est alors jugé par la XIIe Chambre correctionnelle du département de la Seine pour infraction au décret du 26 septembre 1939 et est condamné à dix mois de prison.

Il est emprisonné successivement à la prison de Fontevrault, à la centrale de Clairvaux, puis à la prison de la Santé à Paris. En mai 1941, il est interné avec Maillet au camp de Châteubriant-Choisel, en Loire-Inférieure. Là, ils voient, ce fameux mercredi 22 octobre 1941, vingt sept militants communistes, parmi lesquels Jean-Pierre Timbaud et Guy Môquet, passer par les armes dans la clairière de la Sablière.

 

Après la fermeture du camp de Châteaubriant, Victor Cresson est transféré au camp de Voves dans l’Eure-et-Loir. Avec quarante-et-un autres détenus, il est alors envoyé au Fort de Romainville en Région parisienne pour servir d’otage : ceux-ci peuvent être fusillés à tout moment au Mont-Valérien lors de représailles allemandes.

 

Mais ils quittent le fort pour la gare de l’Est à Paris le 25 octobre 1943 et sont envoyés en Allemagne dans un train de voyageurs, par le convoi n°238 qui comprend vingt-huit Français. Après avoir rejoint la gare de Sarrebruck quelques jours plus tard, ils sont conduits au camp de Neue-Bremm, un camp de transit pour de nombreux déportés français. Trois semaines après avoir quitté la France, le 12 novembre 1943, Victor Cresson arrive au camp de concentration de Mauthausen, où sont détenus de nombreux déportés politiques. Le 14 novembre 1943, après avoir passé une nuit dans une prison de Munich, Victor Cresson reçoit le matricule 39 461 et est contraint de porter le « triangle rouge » des détenus politiques.

 

En outre, comme d’autres membres de son convoi, Victor Cresson est considéré comme Nacht und Nebel, ce que l’on peut traduire par « Nuit et Brouillard » : les déportés ayant ce statut étant condamnés par les nazis disparaître à court terme, sans laisser de trace. Il s’agit bien souvent des détenus politiques, communistes la plupart du temps. Les « NN » relèvent en fait d’une juridiction spéciale qui les isole totalement du monde extérieur.

 

Déjà très affaibli par ses quatre longues années de captivité dans les prisons et camps français, Victor Cresson doit affronter l’hiver autrichien à son arrivée dans ce camp. Très vite sa santé se détériore. Il est victime de la sous-alimentation et des mauvais traitements. Il passe les deux derniers mois de sa vie dans des conditions terribles, enfermé au « Revier », sorte de prison-infirmerie du camp tout à fait particulière, si l’on considère qu’au sous-sol de ce même bâtiment sont installés des fours crématoires. Durant le régime hitlérien, 180 000 personnes sont déportées au camp de Mauthausen et 154 000 personnes y trouvent la mort. Sur les 12 500 déportés français au camp de Mauthausen, 10 000 y meurent. Le 12 février 1944, Victor Cresson décède d’épuisement à l’intérieur du camp central.

 

La ville d’Issy-les-Moulineaux a rendu hommage à son ancien maire, mort en déportation. Une avenue centrale porte désormais le nom de Victor Cresson. Au n°33 de cette rue, une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l’immeuble où il vécut lorsqu’il était maire de la commune. Et Victor Cresson a reçu le titre de « Mort pour la France » par décision du ministre des Anciens Combattants, François Mitterrand, en date du 8 juillet 1947.

 

Thomas Nuk – Historien – Membre du Souvenir Français.

 

 

Sources :

Bulletin municipal d’Issy-les-Moulineaux, avril 1945 et février 1946

Registre des délibérations du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux, durant le mandat de Victor Cresson.

Archives de la préfecture de police de Paris. Dossier des internés communistes BA 23 74.

Informations fournies par la Fondation de la mémoire de la déportation.

Informations fournies par l’Amicale nationale des déportés, familles et amis de Mauthausen et ses kommandos.

Entretien avec M. André Grillot, président d’honneur de l’Amicale Châteaubriant-Voves-Rouillé, qui fut l’un des compagnons de captivité de Victor Cresson.

Agulhon Maurice, Girard Louis, Robert Jean-Louis, Serman William et alii, Les maires en France du Consulat à nos jours, Paris, Publication de la Sorbonne, 1986, 462 p.

Maitron Jean et Pennetier Claude, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, 4ème partie: 1914-1939, De la Première Guerre mondiale à la Seconde Guerre mondiale, Paris, Les édition ouvrières, 1981. Article « Victor Cresson ».

 

 

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Publié le 26 Mars 2010

Azadian-Victimes civiles 1942-2

Les bombardements aériens du dernier conflit mondial avaient pour but la destruction des installations industrielles et des voies de communication. Ainsi, les usines de Renault de Billancourt, celles de Citroën du quai de Javel et la cartoucherie Gevelot d’Issy-les-Moulineaux furent souvent été prises pour cibles, par les Allemands en 1940 et par les Alliés de 1942 à 1944, en raison de leur participation à l’effort de guerre ennemi.

 

Ces bombardements effectués à haute altitude, le plus souvent de nuit afin d’échapper à la chasse et à la défense antiaérienne, firent d’innombrables victimes dans la population civile, compte tenu de largages imprécis en milieu urbain. Issy-les-Moulineaux y perdit beaucoup des siens. Voici leurs noms, suivis de leurs âges :

 

Bombardement du 3 juin 1940 :

 

  • - Monsieur Georges Ablin ; Madame Andrieux, née Dimanche, 38 ans ; Madame Andrieux, née Chazaud, 73 ans ; Monsieur Charles Adrien, 48 ans ; Madame Boulant, née Vassort, 31 ans ; Monsieur Théodore Buchmeyer ; Madame Bouchaudon, née Audet, 36 ans ; Monsieur Jean Bousquet, 47 ans ; Monsieur Pierre Berard, 84 ans ; Monsieur Ferdinand Charbonnier, 58 ans ; Monsieur Alfredo Cugini, 32 ans ; Monsieur Léo Decon, 19 ans ; Monsieur Maurice Godard, 43 ans ; Monsieur Michel Fossati, 41 ans ; Madame Lauquin, née Haigman, 45 ans ; Monsieur Léon Lemarchand, 50 ans ; Monsieur Camille Mion, 34 ans ; Madame Perrève, née Rigornet, 41 ans ; Monsieur Louis Nicolini, 39 ans ; Madame Nathalie Rall, 22 ans ; Monsieur Raymond Seutin, 52 ans ; Monsieur Angèle Tavecchi, 34 ans ; Monsieur André Thomas, 50 ans ; Monsieur Jean-Henri Trefleze, 66 ans ; Monsieur Paul Vilain, 43 ans.

 

Bombardement du 3 mars 1942 :

 

Le bombardement du 3 mars 1942 fut encore plus terrible, en cela par le fait d’avoir décimé des familles entières :

 

  • - la famille Azadian : Sochakis, 41 ans ; Jean, 10 ans ; Madeleine, 10 ans ; Gazar, 13 ans.
  • - la famille Jouanin : Germaine, née Bruère, 33 ans ; Anne, née Bruère, 32 ans ; Daniel, 9 ans ; Monique, 4 ans ; Pierre, 10 mois…
  • - la famille Boizeau : Madame, née Lecoquer, 43 ans ; Marcel, 17 ans.
  • - la famille Lemaire : Georges, 41 ans ; Madame, née Hantsan, 43 ans.
  • - Félix, 14 ans et Vanda, 12 ans, Roszewicz.
  • - Jean, 55 ans, et Nicolas Berns, 57 ans.
  • - Christiane Lequien, 9 ans ; Varougean Soubaralian, 19 ans ; Jacqueline Gandon, 13 ans ; Monsieur Raymond Thirion, 42 ans ; Madame Suzanne Fonck, née Mansard, 31 ans ; Madame Somellini, née Klepper, 35 ans ; Mademoiselle Julienne Bougamont, 59 ans ; Jean-Pierre Folgringer, 8 ans ; Monsieur Georges Lunel, 23 ans ; Monsieur Ernest Salvan, 35 ans.

 

Bombardement du 30 mai 1942 :

 

  • - Madame Roche, née Marchand, 23 ans et son fils Pierre, 6 ans. 

Bombardement du 4 avril 1943 :

 

  • - Monsieur Louis Olivier, 32 ans ; Monsieur Hector Hlusik, 49 ans ; Madame Renaudin, née Splitz, 32 ans ; Monsieur Jean Delanoe, 48 ans. 

 

Bombardement du 14 juillet 1943 :

 

  • - Marcel Persechino, 14 ans et Salvatore, 20 ans.
  • - Eliszalde Gomez, 29 ans. 

Bombardement du 24 août 1943 :

 

  • - Monsieur Paul Khaleef, 43 ans et Monsieur Guiseppe Bucci, 54 ans. 

Bombardement du 3 septembre 1943 :

 

  • - Madame Sevestre, née Gambil, 59 ans ; Monsieur Paul Rigoudy, 41ans ; Lucien Samson, 17 ans ; Christian Burguet, 5 ans. 

Bombardement du 15 septembre 1943 :

 

- Madame Bonnet, née Berlan Landrin, 23 ans ; Jeannine Metais, 17 ans ; Madame Leau, née Benon, 58 ans.


Bombardement du 24 juin 1944 :

 

  • - Monsieur Emile Faucher, 56 ans.

 

 

Bombardement du 25 juillet 1944 :

 

  • - Léon-Pierre Monnet, 28 ans.

 

 

Victimes non combattantes, elles ne sont pas représentées par des associations, ne sont pas commémorées. Victimes déclarées "Morts pour la France"… qui les a bien oubliées. Sous l’impulsion de la municipalité d’Issy-les-Moulineaux, le Comité du Souvenir Français est à l’œuvre pour la réfection de stèles des « victimes civiles ».

 

 

Thierry Gandolfo,

Conservateur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux

Membre du Souvenir Français

 

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Publié le 18 Mars 2010

Départ en mission


Georges Fleury, in La guerre en Algérie (Ed. Payot) : "J'ai écrit ce livre (...) pour que les enfants d'aujourd'hui, ceux de demain, se rendent compte que leur père ou leurs grands-pères n'ont pas été pires que d'autres, alors même qu'ils étaient confrontés à des situations extrêmes qui dépassèrent souvent ceux qui les avaient envoyés se battre dans ces djebels si beaux dont ils rêvent encore la nuit et ou des petits riens les ramènent parfois. Il suffit d'un copain retrouvé, d'une phrase en arabe cueillie au coin d'une rue, d'une odeur de merguez, d'un petit coup de vent chaud, d'un verre de vin rosé, d'une tasse de thé, du miel d'une pâtisserie, pour qu'ils entendent encore l'étrange et lancinante petite musique de là-bas. Celle de nos vingt ans...".

Retrouvez des clichés de l'Algérie et de la guerre d'Algérie dans l'album éponyme.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 6 Mars 2010

Gervais Auguste

 

Une éducation militaire.

 

 

 

 

Auguste Gervais nait le 6 décembre 1857 à Paris VIIIe. Il est le fils d’un négociant parisien, Louis Aimable Gervais, et d'Adeline Joséphine Brochard. En 1870, il entre au lycée Charlemagne, où il entame des études supérieures. Cinq années seulement après la guerre franco-prussienne, il est admis à l’école militaire de Saint-Cyr, d’où il sort en 1877 avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie. Il est alors affecté au 129e régiment d’infanterie. Il poursuit par la suite sa formation militaire en intégrant l'École spéciale militaire qu’il fréquente de 1877 à 1879. Dans l’armée, il occupe un rôle d’administrateur. Quelques années plus tard, Auguste Gervais intègre le cabinet du ministre de la Guerre, le général Jean Thibaudin, où il reste du 31 janvier janvier au 9 octobre 1883. C’est à ce moment qu’il commence à côtoyer les principaux hommes politiques de son temps.

 

Entrée dans la vie journalistique.

 

Auguste Gervais quitte alors l’armée pour raisons de santé avec le grade de lieutenant de chasseurs à pied et se lance dans le journalisme. D’abord proche des idées socialistes qui apparaissent à cette époque, il va rejoindre progressivement la gauche républicaine animée par les radicaux. Spécialisé dans les questions militaires, il travaille successivement au sein de la rédaction du National (1882-1887), de La Petite République (1887-1888), période à laquelle Jean Jaurès commence à y collaborer, puis du Petit Journal (1888). Remarqué par Georges Clémenceau, député de Paris depuis 1876, Auguste Gervais adhère aux idées de ce dernier et part rejoindre les quotidiens le Matin, le Soir, puis enfin L'Aurore, journaux auxquels celui-ci collabore.

 

En plus de son travail pour ces différents journaux d’opinion, Auguste Gervais rédige quelques chroniques dans les journaux les plus en vue de son époque, notamment La Revue bleue. Il écrit également pour des revues spécialisées comme le Journal des économistes et le Journal des sciences militaires. Son activité journalistique va le conduire à devenir membre d'honneur du syndicat de la presse commerciale et industrielle en 1910.

 

Parallèlement à ses analyses quotidiennes, prenant davantage de recul par rapport à l’actualité, Auguste Gervais signe des ouvrages dans lesquels il préconise de nouvelles réformes militaires. Il publie en ce sens Chef et soldat en 1883, Les Héros du Tonkin en 1885, L'Armée annamite en 1886, En captivité en 1892, puis L'Alimentation dans l'armée. Les sujets majeurs qu’il aborde sont liés à la défaite de 1870, à savoir la réforme nécessaire de l’armée et le rôle important que peuvent jouer les colonies dans le développement économique de la France.

 

En reconnaissance de ses travaux, Auguste Gervais est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1892, avant de devenir également officier de l’Instruction publique. En marge de son activité littéraire, comme beaucoup d’hommes politiques de cette époque, Auguste Gervais est initié à la franc-maçonnerie et intègre la loge Thélème en juillet 1895. Par la suite, il sera membre de la société Philomathique de Paris et en deviendra son Président d'honneur en 1907.

 

C’est vers 1880 que la vie politique locale commence réellement à se développer à Issy-les-Moulineaux, à l’époque de la première vague d’industrialisation de la commune, tandis qu’on y observe une croissance démographique importante liée à cet essor économique. L’Isséen Auguste Gervais décide alors d’y prendre part.

 

L’homme politique.

 

Deux groupes politiques avec des tendances bien distinctes émergent à Issy-les-Moulineaux. Edouard Naud, maire d'Issy-les Moulineaux de 1871 à 1878, se situe plutôt à droite. Tendance opposée aux maires qui vont par la suite se succéder : Auguste Hude, maire de 1884 à 1888 ; Jean Baptiste Charlot, maire de 1888 à 1894 ; Henri-Oscar Mayer, maire de 1894 à 1903, puis de 1908 à 1911, et à Auguste Gervais, encore plus à gauche. La tendance politique de ce dernier tend alors à devenir majoritaire à mesure que la croissance industrielle et par là même la population ouvrière gagnent en importance.

 

Auguste Gervais se présente lors des élections communales du 1er et du 8 mai 1892 sur la liste conduite par le maire sortant Jean-Baptiste Charlot, qui remporte les élections.

 

Lors du premier conseil municipal organisé le 15 mai 1892, Auguste Gervais est élu maire-adjoint d’Issy-les-Moulineaux, en même temps qu’un dénommé Sourdive. Une de leurs premières initiatives est, lors de la séance du conseil municipal du 21 avril 1894, de changer l’appellation de vingt-quatre voies de la commune en choisissant des noms tirés de l’histoire révolutionnaire de 1789. C’est ainsi qu’apparaissent la rue de l’Egalité, les rues Danton, Chénier et Desmoulins, la rue de l’Abbé Grégoire. Les philosophes des Lumières sont aussi mis à l’honneur, notamment d’Alembert, Diderot, Rousseau et Voltaire. De ce fait, leur empreinte sur le territoire isséen est toujours visible à l’heure actuelle dans les rues de la ville.

 

D’esprit très laïc, Auguste Gervais semble être intervenu pour donner aux rues de la commune le nom de personnages historiques ayant souffert de l’intolérance religieuse, afin de témoigner, selon lui, de l’importance de la liberté de conscience individuelle. Il prend ainsi pour exemple Etienne Dolet et le Chevalier de la Barre.

 

Le 24 septembre 1894, suite à un désaccord avec sa majorité, Jean-Baptiste Charlot décide de démissionner de son fauteuil de maire. Henri-Oscar Mayer lui succède. Auguste Gervais renonce alors à son mandat de maire-adjoint. Il semble avoir suivi la décision de Jean-Baptiste Charlot en restant simplement l’un des vingt-sept conseillers municipaux de la commune. Lors du scrutin municipal de 1896, la liste conduite à Issy-les-Moulineaux par le maire sortant Henri-Oscar Mayer, sur laquelle figure Auguste Gervais, remporte les élections dès le premier tour avec 1196 voix contre 933 voix pour Fauch de l’Union républicaine et 475 voix pour Chéradame, menant une liste socialiste révolutionnaire.

 

Au-delà de ces élections locales, Gervais remporte de nouveaux mandats électoraux. Membre de la Gauche radicale socialiste, il est élu au Conseil général de la Seine et siège comme représentant du canton de Vanves de 1893 à 1898. Il est même élu président du Conseil général de la Seine de 1896 à 1897.

 

Lors des élections législatives des 8 et 22 mai 1898, Auguste Gervais est élu député dans l’arrondissement de Sceaux, à savoir la quatrième circonscription de la Seine nouvellement créée, qui regroupe alors Sceaux et Vanves. À la Chambre des députés, Auguste Gervais intervient largement sur les questions militaires. Il prend aussi des initiatives nationales en fonction des événements affectant directement la vie de ses administrés. Par exemple, après une explosion à la cartoucherie de munitions Gévelot le 14 juin 1901, qui fait dix-sept morts et de nombreux blessés, Auguste Gervais est à l’initiative d’une pétition – signée également par deux autres parlementaires, Emmanuel Chauvière et Georges Girou, députés de la Seine qui résident à Issy-les-Moulineaux –, à l’adresse des parlementaires afin de permettre d’indemniser les familles des victimes.

 

Lors des élections législatives suivantes du 27 avril et du 11 mai 1902, Auguste Gervais est réélu de justesse avec 8 552 voix face au candidat de la droite Dumonteil, qui recueille 7 523 voix. C’est sans doute en raison de sa courte victoire aux législatives de 1902 qu’Auguste Gervais, réélu conseiller municipal lors des élections de 1900, décide de briguer la direction du conseil municipal en 1903 en qualité de maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Auguste Gervais devient maire d’Issy-les-Moulineaux le 22 mars 1903. Radical socialiste, il reste à la tête de la commune jusqu’en 1908. Pour mémoire, il faut rappeler qu’au moment du recensement de 1901, la commune compte 930 maisons reparties en 4 327 ménages, regroupant au total 16 639 habitants. Le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales en 1903 est de 3 890 (les femmes n’ayant pas encore obtenu le droit de vote).

 

Suite aux élections législatives des 6 et 20 mai 1906, Auguste Gervais est réélu dans la 4e circonscription de la Seine. Il siège à la Chambre des députés dans le groupe des Républicains radicaux. Trois ans plus tard, Auguste Gervais est élu sénateur lors des élections du 3 janvier 1909. Devenu l’un des dix sénateurs du département de la Seine, il démissionne de son siège de député le 22 janvier 1909.

 

Membre du groupe de la gauche démocratique, Auguste Gervais fait partie de la commission militaire du Sénat. Il intervient fréquemment sur les textes de lois discutés au palais du Luxembourg, notamment sur le budget, le recrutement et les moyens matériels de l’armée. Alors qu’il continue à s’intéresser aux questions coloniales, il assure le secrétariat du groupe colonial du Sénat en 1910 et en 1914, et la vice-présidence du groupe d'études algériennes du Sénat en 1910.

 

Concernant les questions économiques, Auguste Gervais s’illustre particulièrement au sein de la commission des finances du Sénat. Il siège à la commission pour l’assistance aux familles en difficulté en 1909 et œuvre beaucoup en faveur de la mise en place d’un système de retraite pour les ouvriers et les paysans.

 

Mort pour la France.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale, Auguste Gervais se fait remarquer par ses prises de position lors des séances publiques portant sur les questions militaires, étant lui-même un expert en ce domaine. Il convient également de rappeler que la commune d’Issy-les-Moulineaux regroupe plusieurs industries d’armement comme Gévelot et les usines d’aéronautique réparties le long du terrain militaire du Champ de Manœuvres. Le 14 juillet 1917, Auguste Gervais est promu officier de la Légion d’honneur.

 

Le 24 août 1917, au retour d’une mission d’inspection des avant-postes du front, effectuée en qualité de rapporteur de la commission de l'armée du Sénat, Auguste Gervais est victime d’un accident de voiture. Transporté en urgence à l’hôpital Boucicaut dans le XVe arrondissement de Paris, il y décède quelques jours plus tard, dans la nuit du 30 au 31 août 1917. Il a alors 60 ans.

 

Auguste Gervais est inhumé au cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux. Un médaillon en bronze à son effigie est placé sur la stèle de son monument funéraire. Décoré de la Croix de guerre, Auguste Gervais obtient le titre de Mort pour la France. Suite à une délibération du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux en date du 25 novembre 1917, une rue de la ville porte aujourd’hui le nom de son ancien édile. D’une longueur de 305 mètres, la rue Auguste Gervais borde la place de la mairie.

 

 

 

 

Thomas Nuk

Historien, membre du Souvenir français, Comité d’Issy-les-Moulineaux.

 

 

Principales sources :

Archives nationales, Légion d’honneur, dossier individuel Auguste Gervais ; Becchia Alain, Issy-les-Moulineaux, Histoire d’une commune suburbaine de Paris, Chez l’auteur, 1977 ; Beis Pierre, Issy-les-Moulineaux au jour le jour il y a 100 ans, Centre de recherches historiques d’Issy-les-Moulineaux, Lettre d’information, Hors-série, 1994 ; Chamouard Patrick, Weil Georges, Députés et sénateurs de la région parisienne de 1848 à 1984, Nanterre, Archives départementales des Hauts-de-Seine, 1985 ; Collectif, Annuaire des anciens élèves du lycée Charlemagne, Association amicale des anciens élèves du lycée Charlemagne, 1961 ; Collectif, Issy-les-Moulineaux, 2 000 ans d’histoire, Issy média, 1994 ; Collectif, Issy-les-Moulineaux, Notice historique et renseignements administratifs, Conseil général de la Seine, Montévrain, 1903 ; Jolly Jean (sous la dir. de), Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, Paris, Presses universitaires de France 1960, notice sur Auguste Gervais.

 

 

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Publié le 20 Février 2010


2009-11-01, Issy-Astoul

 

 

 

Un fils de bonne famille.

 

 

 

 

Louis Raymond Jean Astoul nait au cœur de l’été 1892, le 10 août, dans le village du Theil, dans le sud-est du département de l’Orne (la vallée de l’Huisne). C’est un fils de bonne famille. Son père, officier de la Légion d’honneur, est officier d’administration principal des Subsistances. Au 3ème bureau du Recrutement de la Seine, il porte le matricule 3776. Comme les jeunes gens de son rang, le garçon, de la classe 1912, effectue son service militaire dans un régiment de cavalerie : le 4ème dragons, alors basé à Commercy, dans la Meuse. A la déclaration de guerre en août 1914, l’unité est une composante du corps de cavalerie du général Conneau.

 

Quelques mois plus tard, le sous-lieutenant Louis Astoul demande à passer dans l’infanterie coloniale – « la biffe »  – et reçoit un commandement au sein du 70ème bataillon de tirailleurs sénégalais.

 

 

L’histoire des Tirailleurs sénégalais.

 

La Traité de Vienne, en 1815, met fin à l’Empire français de Napoléon 1er. Une clause passe totalement inaperçu : l’île de Gorée, au large du Sénégal, est donnée au nouveau royaume de France, avec Louis XVIII à sa tête. Elle vient compléter les possessions françaises établies autour de la ville côtière de Saint-Louis. Depuis un peu plus d’un siècle, les Français s’efforcent de conquérir le pays en prenant appui sur le fleuve Sénégal, en dépit de la résistance d’ethnies telles que les Peuls et les Toucouleurs.

 

L’activité des zones côtières et de l’île sont importantes : il s’agit d’un des grands points de départ de la traite des Noirs. L’esclavage est aboli en 1848. Quatre années plus tard, le général Faidherbe débarque au Sénégal pour y établir une présence plus affirmée. Cette action étant à placer dans le contexte global de colonisation accélérée de la seconde moitié du 19ème siècle. En près de trente ans, toutes les régions du Sénégal, du delta du fleuve jusqu’à la Casamance, au sud, passent sous commandement français.

 

En 1857, le général Faidherbe, devant faire face à des besoins accrus en hommes, propose la création du corps des tirailleurs sénégalais. Sénégalais de nom, car les soldats proviennent aussi bien de ce pays que de Mauritanie, du Mali ou encore de Guinée. Le décret est signé par l’empereur Napoléon III le 21 juillet 1857, à Plombières-les-Bains.

 

Des difficultés de recrutement interviennent de suite. Il n’est pas rare que des révoltes éclatent. C’est notamment le cas chez les Bambaras du Mali. Aussi, les principaux contingents sont constitués d’esclaves rachetés à leurs maîtres, de « volontaires » et de prisonniers de guerre. Le nombre de régiments de tirailleurs sénégalais s’accroit, pour atteindre plusieurs dizaines de bataillons au moment de la Première Guerre mondiale. La majeure partie des sous-officiers et de nombreux officiers subalternes sont Africains. Il est vrai aussi que les officiers supérieurs sont tous issus de la métropole.

 

Au cours de la guerre de 1914-1918, près de 200.000 tirailleurs sénégalais participent au conflit, et environ 30.000 y laissent la vie. Leurs régiments étant bien souvent placés en première ligne. Au cours du second conflit mondial, ce sont encore 40.000 hommes qui contribuent aux batailles. Ils sont présents sur tous les fronts. Près de 17.000 reposent à jamais sur la terre de France. Un fait est important : au cours de cette guerre, les troupes du IIIème Reich participent régulièrement à des massacres et des exécutions sommaires de tirailleurs.

 

 

Le Chemin des Dames.

 

Placé au cœur de l’Aisne, entre les villes de Soissons et de Laon, suivant le tracé d’une ancienne voie romaine, le Chemin des Dames doit son nom au fait d’avoir été emprunté par les « Dames de France », alors filles du roi Louis XV, lorsqu’elles se rendaient au château de la Bove, appartenant à la duchesse de Narbonne, ancienne maîtresse royale.

 

En 1917, le nouveau général en chef de l’Armée française, Robert Nivelle – il a remplacé en décembre 1916 le maréchal Joffre – décide de continuer une tactique qui pourtant n’a pas été couronnée de succès au cours des offensives de 1914 et de 1915 (la bataille de l’Argonne dans la Marne laisse 135.000 Français hors de combat) : concentrer en un espace réduit un maximum de régiments et après un bombardement intense, attaquer baïonnette au canon! Normalement, les fantassins n’ont plus qu’à avancer, précédés d’un feu roulant  d’artillerie…

 

Près de 850.000 soldats français, soit 61 divisions d’infanterie – dont de nombreux régiments de tirailleurs algériens, marocains, sénégalais (…) – sont positionnés dans le secteur. En face, les troupes allemandes tiennent les crêtes. Sachant qu’une action d’ampleur se prépare, elles ont reculé leur zone défensive de plusieurs kilomètres.

 

 

Le 16 avril 1917.

 

L’offensive est lancée le 16 avril 1917, à 6h00. Dès le départ, c’est un échec cuisant. Les hommes sortent des tranchées, montent sur le parapet et sont de suite fauchés par les mitrailleuses ennemies qui n’ont pas été atteintes par l’artillerie française. De plus, surplombant nos régiments, les troupes du Reich ont beau jeu de tirer sur les fantassins, « comme à la foire ». C’est un désastre. Dans la semaine du 16 au 25 avril 1917, près de 134.000 Français perdent la vie sur ce champ de bataille. Sur les 15.000 Africains engagés, plus de 6.000 meurent durant la seule journée du 16 avril…

 

De plus, le temps est épouvantable : il pleut depuis près d’une semaine. Le froid et bientôt la neige s’en mêlent. Les Africains, qui ont été entraînés dans leur continent d’origine puis dans le sud de la France, sont frigorifiés. Qui plus est, les hommes partent à l’assaut avec des dizaines de kilos sur le dos : une couverture, une gourde de deux litres, de la nourriture, un masque à gaz, des grenades, le fusil, les munitions, un paquet de pansements, des feux de Bengale… Ce ne sont pas des unités rapides et vives qui montent à l’assaut, ce sont des hommes fatigués, empêtrés dans leurs guêtres et dont les lourdes capotes sont gorgées d’eau. Ils avancent vers une mort certaine.

 

Et les nouveaux chars d’assaut, Saint-Chamond et Schneider, qui pourraient venir en aide aux fantassins ont été dispersés au sein de l’ensemble des unités présentes, en tant que force d’appui. Ils ne servent presque à rien.

 

 

Le 16 avril 1917 au 70ème bataillon des tirailleurs sénégalais.

 

Débarqué à Fréjus le 21 avril 1916, le 3ème bataillon du 57ème régiment colonial devient le 70ème bataillon de tirailleurs sénégalais, deux jours plus tard. Son premier commandant est le chef de bataillon Delettre.

 

Extrait du Journal de marche du 70ème bataillon de tirailleurs sénégalais : «Avril 1917 :

 

  • - 10 avril : le bataillon quitte le camp pour aller cantonner à Dravigny. Arrivée à 22h.
  • - 12 avril : départ de Dravigny pour Révillon.
  • - 15 avril : séjour aux tranchées.
  • - 16 avril : à l’heure H (6 heures), le bataillon sort de la parallèle. 1ère et 2ème compagnies en première ligne. 3ème compagnie en soutien. 4ème compagnie en liaison et ravitaillement. Il est soutenu à droite par le 2ème RIC (NB : régiment d’infanterie coloniale) et à gauche par le 5ème RIC. Se portant en avant, le bataillon s’empare des trois premières lignes allemandes, qu’il dépasse, et à 7 heures, il arrive au point 7320 (jonction des boyaux de Trêves et de Juliers), à proximité de la tranchée de Sadowa, occupée encore par l’ennemi.

 

Celui-ci, s’appuyant sur une série de blockhaus et de mitrailleuses, non détruits par notre artillerie, empêche toute progression. Le bataillon se cramponne au terrain conquis jusqu’au 17 avril, à 6 heures. Le commandant ne peut à ce moment grouper que 112 hommes (NB : un bataillon comporte de 500 à 700 hommes). A ce moment, contre-attaque ennemie à la grenade. Les tirailleurs qui ont passé la nuit sous la neige, qui n’ont plus de munitions, sont obligés de se reporter en arrière, dans les lignes ennemies conquises la veille, ou sont allés se placer, le 16 avril dès 19 heures les 2ème et 5ème RIC, qui appuyaient le bataillon à droite et à gauche. Pendant 12 heures, le 70ème bataillon de Sénégalais est donc resté en flèche ne voulant abandonner le terrain conquis que par ordre.

 

L’offensive du 16 avril sur l’Aisne a montré que, s’il avait fait moins froid, si l’approvisionnement en munitions avait été assuré, et surtout si les Sénégalais avaient été appuyés à droite, à gauche et à l’arrière, ils n’auraient pas lâchés le terrain conquis. Il suffit de prendre une carte et de voir où se trouve la jonction des boyaux de Trêves et de Juliers (7320) pour se rendre compte que les Sénégalais sont allés le plus loin en cette région et qu’ils y sont restés le plus longtemps.

 

Les Sénégalais ont été remarquables au cours de cette journée. Aucun obstacle ne les a arrêtés. Ils n’ont abandonné le combat le 17 que, vaincus par le froid, privés de munitions et parce qu’ils n’étaient plus soutenus.

 

Tirailleurs et gradés ont rivalisé d’entrain et d’énergie au cours de cette journée.

 

Au combat du 16 avril, le bataillon a eu les pertes ci-après détaillées. Il faut ajouter à ces pertes, 298 évacuations d’Indigènes pour maladie ; sur ce chiffre, 118 pour pieds gelés.

 

1ère Compagnie : Tués (Européens) … Indigènes : …

2ème Compagnie : Tués (Européens) … Indigènes : …

3ème Compagnie : Tués (Européens) … Indigènes : … Disparus : le 16 avril 1917 : Astoul Louis, sous-lieutenant ; Dubois Pierre, sergent ; Brunel Fernand, 2ème classe ; Guisson Taraolé, caporal (…) ».

 

 

Comme des dizaines de milliers de soldats, le corps de Louis Raymond Jean Astoul  disparaît sur le Chemin des Dames. Quelques années plus tard, le père, fou de douleur, fait élever la tombe monumentale qui se trouve encore aujourd’hui au cœur du cimetière d’Issy-les-Moulineaux. Mort en 1923, à l’âge de 63 ans, JP Louis Astoul repose auprès du souvenir de son fils. Et en 1949, à l'âge de 81 ans, Mme Astoul rejoint son époux.

 


tirailleurs senegalais1

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Publié le 14 Février 2010

Cérémonies à Paris du Souvenir les 20 et 21 février 2010.

Message de notre Délégué général pour les Hauts-de-Seine, André Labour :
 

Cher(e) Président(e),

Cher(e) ami(e),

 

Le congrès annuel national de notre association se déroulant les 10 et 11 avril 2010 à Orléans, je vous invite à vous joindre aux cérémonies du Souvenir qui seront organisées à Paris :

 

  • - Le samedi 20 février 2010 : cérémonie du ravivage de la Flamme sous l’Arc de Triomphe. Le rendez-vous est fixé à 17h45, en haut des Champs-Elysées (angle de la rue Balzac).

 

  • - Le dimanche 21 février 2010 à 11h00 : grande messe du Souvenir, en la basilique Notre-Dame-des-Victoires, place des Petits Pères, Paris 2ème (Métro Bourse).

 

Vous aurez toutes et tous à cœur de vous réunir avec votre drapeau pour ces deux rendez-vous, marquant ainsi votre volonté de prouver le dynamisme de notre association et bien sûr celui de votre comité.

 

Les Hauts-de-Seine se doivent d’être présents en ces deux occasions !

 

En vous remerciant Cher(e) Président(e), Cher(e) ami(e), pour la publicité que vous assurerez auprès de vos adhérents, veuillez accepter mon très cordial souvenir.

 

 

Votre Délégué général,

André LABOUR

 

 

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