Publié le 27 Novembre 2022

Officiers du 139e RI.

Officiers du 139e RI.

De la Corse à Aurillac.

Vincent Saliceti nait à Vescovato, petit village de Haute-Corse, le 1er juin 1866. Il est le fils d’Eugène Saliceti et de Marie-Louise Paoli.

Militaire de carrière, il fait partie des officiers du 139e régiment d’infanterie à la déclaration de guerre en août 1914. Cette unité, basée à Aurillac et Lyon, est alors commandée par le colonel Mienville, avec 60 officiers et 3.300 hommes. Pendant la Grande guerre, le régiment va combattre dans les Vosges, puis dans la Somme (il perd 50 officiers et 1.600 hommes !), en Belgique, à Verdun où il enlève la Côte 304 ! De retour à Aurillac en août 1918, l’unité est dissoute à la fin de l’année avant de renaître une dernière fois en 1939. Renaissance éphémère car il est de nouveau dissous en 1940.

Les archives d’Aurillac montrent l’importance de la présence de 1.500 soldats (la caserne de Lyon abrite l’autre moitié du régiment) dans une petite ville de 16.000 habitants. L’impact économique est important en termes de commerces, de cafés, pour les écoles et la vie en général. La musique du régiment est présente sous le kiosque du parc municipal le dimanche, les cérémonies patriotiques revêtent une grandeur évidente avec le défilé des troupes dans les ruelles d’Aurillac et la population est fière de ses militaires, quand bien même parfois il ne fait pas bon à se trouver à la sortie des bistrots en fin de soirée, quand le vin a fait tourner la tête à quelques bidasses !

 

Aux hôpitaux temporaires.

En 1914, les hôpitaux militaires parisiens sont le Val de Grâce (Paris), Villemin (situé dans le couvent des Récollets, Paris 10e), Bégin (Saint-Mandé) et Dominique Larrey (Versailles). Ils sont relayés par d’autres hôpitaux, des cliniques, des dispensaires, des fondations et des maisons de santé.

Ainsi, à Issy, les hôpitaux temporaires de l’école Saint-Nicolas, des Petits Ménages et des Sœurs de Saint-Thomas dépendent tous de Dominique Larrey.

A la tête d’une compagnie du 139e RI, le capitaine Vincent Saliceti a participé aux batailles de 1914 dont la « course à la mer », les Flandres, la Somme et Verdun pendant toute l’année 1916. Cependant, il contracte en service une aortite, c’est-à-dire une inflammation de l’aorte, l’artère la plus importante du corps humain puisqu’elle part du ventricule gauche du cœur et s’étend jusqu’à l’abdomen en apportant à presque toutes les parties du corps du sang oxygéné.

Le capitaine Saliceti meurt le 29 janvier 1917 à l’hôpital temporaire du lycée Voltaire dans le 11e arrondissement, loin de ses hommes et de sa Corse natale. Son corps est inhumé au carré militaire d’Issy-les-Moulineaux. Il avait cinquante ans.

Au même moment, le 139e régiment d’infanterie reçoit une citation à l’Ordre du 10e Corps d’Armée qui sera transformée en une citation à l’Ordre de l’Armée : « le 4 septembre 1916, sous le commandement du colonel Mienville, s’est porté à l’attaque dans un ordre parfait, a enlevé dans un élan irrésistible malgré le violent bombardement, six lignes ennemies de tranchées, sur lesquelles il s’est installé- définitivement après avoir réduit brillamment plusieurs îlots ; a fait plus de 250 prisonniers, et s’être emparé d’un matériel de guerre important ; dont plusieurs mitrailleuses et une dizaine de canons de tranchées ».

 

Sources :

  • Site France Archives.
  • Site Memorial Gen Web – Contributions de Ghislaine Loupforest, Patrick Caulé et Laetitia Filippi.
  • Archives du comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français.
  • Archives de Vescovato en Corse.
  • Site Chtimiste sur les unités engagées pendant la Première Guerre mondiale.

 

Le village de Vescovato en Corse.

Le village de Vescovato en Corse.

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Publié le 20 Novembre 2022

« Mon retour d’Afghanistan », par l’adjudant Lavaud, aide-soignant principal.

L’aide-soignant principal, l’adjudant Fabien Lavaud, a été pendant sept ans le trésorier de notre comité du Souvenir Français, avant d’être muté à l’hôpital militaire de Toulon. Avant son départ pour le Var, Fabien a accepté de nous parler de son expérience d’opération extérieure (OPEX) en Afghanistan.

 

« Je voudrais témoigner de mon expérience d’OPEX en Afghanistan en 2011. Cette opération m’a beaucoup marqué. J’y pense souvent, et, heureusement, nous avons, avec quelques camarades, formé une équipe d’amis proches, ce qui nous permet de nous revoir a minima chaque année et de passer du bon temps ensemble. Pour oublier ce qui fut.

J’ai passé trois mois, du 28 juin au 5 octobre 2011, à l’hôpital de Kaia à Kaboul. Cette expérience fut riche en activités mais aussi en dureté. J’y étais affecté en tant qu’aide-soignant militaire en service de réanimation. Cette OPEX n’était pas ma première (j’avais déjà fait un séjour en Côte d’Ivoire) et, avec le recul, heureusement.

Au cours de notre mandat, douze militaires français ont été tués : trois capitaines (1er RCP, 152e RI, 17e RGP), un second-maître du commando Jaubert, cinq sous-officiers et trois militaires du rang. Pratiquement tous tués dans la vallée de la Kapisa, à environ cent-dix kilomètres au nord-est de Kaboul, là où se trouvait le Groupement tactique interarmes. Et nous avons eu, toujours au cours de la même période, autant de blessés graves (plaies par balles, amputations…), transférés pour la plupart en moins de 24 heures sur les HIA (Hôpitaux d’Instruction des Armées) en France. La chaîne opérationnelle pour les évacuations sanitaires a très bien fonctionné avec ses différents plans (MASCAL (1) ou MORPHEE (2) selon les circonstances).

Cette mission reste pour ma part la plus dure, avec un contexte de guerre permanent. Au début, de notre camp à l’aéroport de Kaboul, elle – la guerre – restait un peu éloignée. Cependant, dès l’arrivée des blessés et décédés, elle était là… avec les cris, les pleurs, les odeurs. Nous la prenions en pleine figure.

Grâce à la qualité humaine de nos officiers et de toute l’équipe, au sens du devoir de chacun, le dévouement était en nous. C’était essentiel car plus le temps avançait et plus nous étions sous pression du fait des attaques, des attentats, des IED (3). En fait, nous recevions beaucoup d’informations. Et même quand le problème ne nous concernait pas, nous le prenions comme un élément d’une chappe de plomb.

L’hôpital fonctionnait avec une cinquantaine de lits et les services suivants : trois salles de blocs, un service d’urgence, un service de réanimation, un de chirurgie, la radiologie et un scanner, ainsi que des consultations pour la population Afghane.

Un élément est important : les équipes de soignants étaient accompagnées, pour le fonctionnement et la logistique, par le régiment médical de La Valbonne (Ain) qui a largement contribué au bon rouage dans les équipes et les cérémonies. Je veux leur dire merci et leur présenter tout mon respect.

Mon grand regret est de n’avoir pas tenu un carnet de bord lors de cette opération extérieure. Cependant, rien ne s’oublie et c’est pour cela que nous devons témoigner de ce qu’est la guerre, de ce qu’elle représente. Il s’agit de transmettre pour notre mémoire collective.

Cette mission m’a douloureusement marqué. Mais les équipes sont soudées, unies, et parler n’est pas une honte. C’est ce qui fait notre force, notre richesse au sein du Service de Santé des Armées ».

 

Aide-soignant principal LAVAUD Fabien.

 

  1. MASCAL : Massive Casualties – Extraction des blessés, leur transport, triage, soins de sauvetages au combat prodigués dans les différentes zones et à l’entrée au bloc opératoire.
  2. MORPHEE : Module de Réanimation pour Patient à Hautes Elongation d’Evacuation – Mise en œuvre d’un hôpital mobile avec du matériel médical directement dans la soute d’un avion ravitailleur.
  3. IED : Improvised Explosive DeviceEngin explosif improvisé.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié le 3 Novembre 2022

Carte des Morts pour la France, 1914/1918, mairie de Vievy-le-Rayé (Loir-et-Cher).

Carte des Morts pour la France, 1914/1918, mairie de Vievy-le-Rayé (Loir-et-Cher).

En France, la moitié de nos communes ne dépassent pas les cinq cents habitants, tout en ne rassemblant seulement que 6% de la population.

 

C'est le cas de Viévy-le-Rayé, un village situé dans le sud de la Beauce, entre Châteaudun et Blois. Avec son petit site archéologique, les restes de sa tour médiévale et son église du 12e siècle, c'est une commune typique de ces agglomérations qui, fières de leur participation à l'histoire de notre pays, n'oublient pas d'honorer, en inscrivant leurs noms sur le monument aux morts, la mémoire de leurs enfants morts au champ d'honneur pour la défense de la patrie, dont à Vievy, en particulier, les quinze victimes des combats de la Première Guerre mondiale.

 

Le village comptait, en 1914, environ quatre cents habitants. Dans cette contrée agricole, on peut estimer à une moyenne de sept le nombre de personnes par foyer en comptant une famille, père, mère et deux ou trois enfants, un ou deux « anciens », une cousine célibataire ou un oncle veuf... et donc, selon l'ancienne définition, environ une soixantaine de « feux ». C'est-à-dire qu'un foyer sur quatre n'a pas vu revenir le père, le fils ou le frère de cette hécatombe qui a coûté 1.400.000 soldats à notre pays.

 

Il se trouve que j'assistais, au début de l'été, à un mariage familial dans la petite salle de réunion de la mairie de Vievy-le-Rayé. Sur le mur, derrière monsieur le maire qui officiait, je retrouvai la carte encadrée déjà remarquée lors d'une précédente occasion. Sur cette carte schématique d'un grand quart nord-est de la France, portant la reproduction de l'affiche de l'Ordre de Mobilisation Générale du 2 août 1914 et d'une photo du monument au morts, situé à quelques centaines de mètres de la mairie, avait été reportée une quinzaine de croix, chacune portant un nom et une date, indiquant le lieu où était tombé un enfant de la commune.

 

A quelques jours de la commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918, je voulais partager avec vous l'émotion ressentie devant ce rappel à la fois simple et touchant du devoir de mémoire, en pensant à ce que leur devait, même plus d'un siècle plus tard, ceux qui se succédaient dans cette salle, membres du conseil municipal, futurs mariés et leurs proches ou simples visiteurs, tous pouvant, comme nous, évoquer notre belle devise : « A nous le souvenir, à eux l'immortalité ».

 

GBA (2S) Jean-Claude Ichac

Président d'honneur du comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français

 

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Publié le 22 Octobre 2022

Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.

Jean-Claude Bernardet, délégué général du Souvenir Français de Saône-et-Loire, mon ami, est décédé ce jeudi 20 octobre 2022. Alors qu’il venait de rencontrer le délégué militaire de son département, et qu’il s’apprêtait à remettre un drapeau à Azé (commune du Haut-Mâconnais), Jean-Claude a été victime d’un malaise cardiaque au volant de sa voiture. En dépit de l’intervention des pompiers, il est décédé quelques dizaines de minutes plus tard.

Jean-Claude Bernardet était né le 28 juin 1939 à Mâcon. Après des études qui lui permirent d’obtenir un Certificat d’Aptitudes Professionnelles en charpente-bois et après avoir effectué son service militaire en Algérie (sur la Ligne Morice, le long de la frontière tunisienne), il débuta sa carrière professionnelle en 1962 comme dessinateur en architecture. En 1963, il devint chef d’entreprise dans le secteur de la « couverture-charpente ». En 1974, il obtenait le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement dans les Collèges d’Enseignement Technique et, jusqu’à son départ en retraite en 1997, il enseigna la menuiserie au Lycée René Cassin de Mâcon.

En parallèle de ses activités professionnelles, et ce depuis plus de 40 ans, Jean-Claude s’attachait à la transmission de la mémoire via ses multiples activités et réalisations et était très actif auprès des anciens combattants. Il était, entre autres, délégué général du Souvenir Français pour la Saône-et-Loire depuis 2000.

 

Sa réalisation la plus importante est bien le « Mémorial citoyen de 1870 à nos jours » créé en 1984, qui a accueilli plusieurs milliers de visiteurs dont les jeunes des Journées Défense et Citoyenneté (JDC) depuis 2005. Cet établissement présente de manière didactique de très nombreux témoignages des conflits qui ont touché notre pays depuis 1870. Ce mémorial constitue un lieu de mémoire local, ce qui a permis à de nombreux mâconnais et bourguignons, comme moi, d’y confier des souvenirs de famille. C’est ainsi que j’ai laissé la collection familiale de petits soldats en carton que mon grand-père maternel avait confectionné pendant son séjour aux Etats-Unis entre 1920 et 1938.

Créateur de commémorations, organisateurs de manifestations patriotiques (comme le « convoi de la Voie Sacrée », ou la « Journée au fort de Douaumont »), Jean-Claude Bernardet était aussi correspondant de presse depuis 1977 au « Dauphiné libéré », puis au « Courrier de Saône-et-Loire », et enfin au « Journal de Saône-et-Loire ».

 

Dans un hommage appuyé, le préfet de Saône-et-Loire, Julien Charles, a indiqué : « Par son inlassable engagement au service de la société, des jeunes citoyens comme des anciens combattants, par son dévouement à la cause de la mémoire et à la sauvegarde des valeurs patriotiques, par son activité tant au plan local que départemental ou national, Monsieur Bernardet était un acteur incontournable de la vie publique et une figure emblématique de la vie mâconnaise ».

 

Jean-Claude Bernardet était chevalier de l’Ordre national du Mérite, chevalier des Palmes académiques, récipiendaire de la Croix du Combattant, du Titre de reconnaissance de la Nation, de la Médaille commémorative d’Algérie, de la médaille jeunesse et sports échelon argent et de la médaille d’honneur des sapeurs-pompiers, échelon argent. Il avait 83 ans.

 

Le comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux présente ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de Jean-Claude Bernardet.

 

 

Frédéric Rignault

Président du Comité

 

Crédits photographiques : Le Journal de Saône-et-Loire - Archives du Souvenir Français Issy.

Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.
Jean-Claude Bernardet, créateur du Mémorial Citoyen de Mâcon, est décédé.

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Publié le 15 Octobre 2022

A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.

Les tombes des « Morts pour la France » sont souvent en danger, en raison de la disparition des familles.

Du 27 octobre au 2 novembre, les adhérents du Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux seront présents à l’entrée du cimetière communal afin de sensibiliser l’ensemble des familles qui se réunissent dans le souvenir lors de la Toussaint.

Ils feront appel à la générosité de tous afin d’être en capacité de sauvegarder le plus grand nombre de tombes de ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté.

 

Donc, du jeudi 27 octobre au 2 novembre, les adhérents bénévoles du Souvenir Français seront aux portes du cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux et solliciteront votre générosité. En sauvant leurs tombes, nous sauvegardons notre mémoire commune.

 

Ci-dessous, figurent les photographies des sépultures du cimetière d’Issy-les-Moulineaux entretenues par notre comité.

 

Merci par avance de votre générosité !

A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.
A Issy, le Souvenir Français quêtera du 27 octobre au 2 novembre.

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Publié le 18 Septembre 2022

Tirailleurs défilant dans les rues d’Alger, en 1957.

Tirailleurs défilant dans les rues d’Alger, en 1957.

Belkacem Slimani nait le 27 février 1940 à Attala, commune de la Wilaya de Tizi Réniff, en Grande Kabylie. Soldat du 27e régiment de tirailleurs algériens, unité de l’Armée d’Afrique, implantée à Avignon, Tarascon et Arles, il prend part à la guerre d’Algérie.

Le 12 mars 1961, il meurt pour la France à Merouana (qui à l’époque s’appelait Corneille), une commune de la région du Belezma, massif montagneux du nord-est de l’Algérie, non loin de la ville de Batna.

Belkacem Slimani avait 21 ans. Il est enterré dans le cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux, sous le monument aux Morts pour la France.

Le dimanche 25 septembre 2022, la ville d’Issy-les-Moulineaux organisera la commémoration départementale – comme chaque année – en hommage aux Harkis et autres Membres des Formations Supplétives.

 

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Archives militaires – Caserne Bernadotte de Pau.
  • Site « Memorial Gen Web » avec les contributions de Jérôme Charraud, Stéphane Protois et Claude Richard.
  • Crédit photographique : Jacques Grévin, Intercontinentale AFP.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 4 Septembre 2022

Les coloniaux : Paul Joalland.

Fils d’un capitaine d’artillerie de marine, Paul Joalland nait le 8 novembre 1870 en Guadeloupe. Il fait des études au lycée Dupuy-de-Lôme de Lorient. En 1889, il suit les traces de son père et devient à son tour officier dans l’artillerie. Affecté au 1er régiment d’artillerie coloniale (RAC), il est envoyé en Indochine où il combat les Pavillons noirs.

En 1894, après un passage à l’école d’infanterie de Versailles, il est muté au Soudan. Là-bas, il est promu lieutenant. Retour en France l’année suivante pour un poste à l’école de pyrotechnie à Toulon. Il y rencontre le capitaine Voulet, connu chez les officiers de la Coloniale pour avoir mené avec succès une expédition dans le pays mossi (Burkina Faso). Joalland lui demande d’être de la prochaine mission en Afrique.

C’est ainsi que Paul Joalland participe à la Mission Voulet-Chanoine commandée par les capitaines Voulet et Chanoine. Très vite, la colonne est confrontée à des attaques incessantes et se distingue par des représailles violentes. Lorsqu'ils sont connus, ces actes barbares sont condamnés par le gouvernement qui décide de placer Voulet et Chanoine en état d'arrestation. Le colonel Klobb est désigné pour retrouver et arrêter les deux capitaines. Il prend comme adjoint le lieutenant Meynier. Le colonel Klobb rejoint Voulet à Dankori le . Voulet n'obéit pas aux ordres de Klobb, le menace et finalement le tue. Meynier est légèrement blessé. Paul Joalland et les autres officiers de la colonne décident de la quitter. Ils rejoignent, avec le lieutenant Meynier, Nafouta au Soudan.

Quelques jours plus tard, Chanoine et Voulet sont abattus par les tirailleurs soudanais qui refusent de les suivre et rejoignent les autres officiers. Le lieutenant Pallier, qui est le plus âgé, secondé du lieutenant Joalland, prend alors le commandement de la colonne. Ils prennent Zinder (Niger). Le lieutenant Pallier décide de rejoindre le Soudan et confie à Joalland le commandement de la colonne, secondé par le lieutenant Meynier. La colonne prend ainsi le nom de mission Joalland-Meynier. Paul Joalland est promu au grade de capitaine à compter du .

Le capitaine Joalland pacifie le pays. Il organise Zinder et confie au sergent Bouthel le commandement de la place. La mission continue et fort d'une escorte de 165 hommes, le capitaine Joalland se lance le vers le Kanem. La colonne atteint le lac Tchad le . L'expédition repart le . Après la bataille de N’Gouri, les troupes s'emparent de la capitale du Kanem et placent ce pays sous le protectorat de la France. Le , la jonction est faite avec la mission Gentil et la mission Foureau-Lamy (se reporter, sur ce site, aux portraits du commandant Lamy et d’Emile Gentil dans la catégorie La Coloniale). Le commandant Lamy prend le commandement de l'ensemble des missions et s'installe à Kousséri. Le , l'attaque du camp fortifié de Rabah est décidée et les troupes françaises sont victorieuses et Rabah est tué. Le commandant Lamy décède de ses blessures. Le capitaine Joalland retourne à Zinder, où son prestige auprès du sultan de Zinder est immense. Il quitte Zinder le .

Le , le capitaine Joalland arrive à Marseille. Il est fait chevalier de la Légion d’honneur. Il reçoit également la médaille coloniale avec agrafe en or. Il se marie en . Il poursuit sa carrière d'officier colonial en Cochinchine (1902-1903) puis au Tonkin (1905-1907). Il est promu commandant en 1907.

En 1914, il part au front à la tête d'un groupe de batteries du 29e régiment d’artillerie. Il est promu lieutenant-colonel en 1915 et participe aux opérations en Alsace et sur le front de Soissons à Saint-Quentin. Il se distingue particulièrement à l'attaque de Seppois qui précède la première offensive de Verdun et termine la guerre avec le grade de colonel.

À la fin du conflit, il retrouve les colonies et commande l'artillerie à Madagascar. Il prend en 1922 le commandement du 1er régiment d'artillerie coloniale (RAC) à Lorient basée au quartier Frébault. En 1925, il repart en Afrique-Occidentale française.

Il prend sa retraite à Lorient. Le , il est promu général de brigade au titre de réserve. Il décède le à Lorient lors des premiers bombardements de la ville par la Royale Air Force. Il avait écrit Le Drame de Dankon : mission Voulet-Chanoine – Mission Joalland-Meynier, paru aux Editions Argo en 1930.

 

Sources :

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Ministère des Armées.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 7 Août 2022

A Jean Fauquenot, l’étudiant de Vanves.

Jean Fauquenot nait à Paris le 16 novembre 1900. Il est le fils d’Emile et d’Amélie Hackaerts. Etudiant au lycée Henri IV de Paris, il devance l’appel (il est de la classe 1920) et s’engage comme volontaire au bureau de Vanves, là où habitent ses parents.

 

Il est affecté au 49e régiment d’infanterie en 1918. Le 49e est le régiment de Bayonne, unité de la 71e brigade d’infanterie et est placé sous le commandement du colonel de France. Entre 1914 et 1918, 2.484 officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 49e vont mourir pour la patrie.

 

En septembre 1918, le régiment se trouve devant Allemant, dans le département de l’Aisne. Voici un extrait de l’historique du 49e RI, écrit après la guerre (donc romancé) et imprimé par Berger-Levrault, comme un très grand nombre d’historiques de régiments.

 

« Dans la grande envolée triomphale, le 49e aura lui aussi sa part de gloire. Le 16 septembre, il relève devant Allemant la Légion étrangère, et dans ce pays chaotique, où l'on n'a même pas le temps d'enterrer les cadavres, où partout les mitrailleuses sèment la mort, à peine installé, il attaque. Adossé à la ligne Hindenburg, l'ennemi se défend avec acharnement et contre-attaque sans relâche. Le 17, le 18 et le 19, pied à pied nous progressons. Revenu à la lutte âpre du début, on se bat pour le moindre trou de terre et le soir, comme en 1915, les lignes ne sont pas à plus de 30 mètres. C'est que, d'un côté comme de l'autre, on sait bien que pas un pouce de terrain si chèrement acquis ne peut être perdu. Le 25, à deux reprises, l'ennemi contre-attaque, sous un feu terrible. Accueilli à coups de grenades et de V. B., il échoue, laissant de nombreux cadavres. Dès lors, par infiltration, la lutte recommence, et ce ne seront plus que d'acharnés corps à corps pour la prise ou la reprise d'éléments perdus. Tant d'efforts devaient avoir leur récompense. Le 28, par une matinée superbe, étonnés et ravis de pouvoir enfin lever la tête hors de leurs trous de taupes, nos fantassins descendent des hauteurs de La Motte, passent sur les tranchées ennemies évacuées en hâte et ne sentant plus, dans la joie de la victoire, les fatigues épuisantes des derniers jours, portent vaillamment leurs lignes au-delà de Pinon, dans la forêt sombre et traîtresse, près du canal. »

 

C’est le 25 septembre que Jean Fauquenot est tué. Il était titulaire de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme ; il est cité : " Engagé Volontaire en 1918, de la classe 1920 courageux et dévoué le 25/09/1918 à Allemant (Aisne) servant d'un fusil mitrailleur et resté à son poste, malgré un gros bombardement, blessé n'a pas voulu quitter ses camarades, tombé glorieusement au cours du combat".

 

Et le journal se termine par ses mots en novembre 1918 : « Enfin, c’est la course large où chaque pas est une conquête, où chaque jour est un village arraché à l'envahisseur. Pour la deuxième fois lui apparaît l'Alsace, l'Alsace au fin sourire, et le rêve finit sous ses grands nœuds de soie. Le Régiment... repose !!! Soldat, toi qui viendras, toi qui es l'avenir, sois fier de ton drapeau, et si ton cœur hésite pense à tous ceux de tes aînés qui lui ont donné leur dernier regard. »

 

Jean Fauquenot repose dans une tombe familiale dans le cimetière de Pinon, non loin de là où il a été tué. Il avait 17 ans.

 

 

Sources :

 

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle du soldat Fauquenot avec les contributions de Claude Richard, Didier Mahu, Bernard Roucoulet, Gérard Doucet, Laetitia Filippi et Martine Poncelet.
  • Site de la ville de Vanves : www.vanves.fr
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Site Chtimiste sur les unités de la Première Guerre mondiale.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

 

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Publié le 23 Juillet 2022

Batterie d'artillerie en Algérie, en appui d'une opération dans une vallée.

Batterie d'artillerie en Algérie, en appui d'une opération dans une vallée.

En ce mois de juillet 2022, l’Algérie fête le soixantième anniversaire de son indépendance. La France commémore les Accords d’Alger, mais aussi ne veut pas oublier certains événements terribles comme le massacre d’Oran le 5 juillet 1962.

Localement, à Issy-les-Moulineaux, Jacques Prieur aurait pu fêter ses 87 ans ce 5 août 2022. Mais il est Mort pour la France en Algérie en 1958, à l’âge de 23 ans.

Jacques Prieur était canonnier de 1ère classe de la 1ère batterie du 4e régiment d’artillerie coloniale. Appelé du contingent, il avait rejoint cette unité créée en 1900 en Indochine et implantée au Tonkin (Hanoi, Lang Song et Haiphong).

Le 1er juin 1958 à Tiberbatine, sur le territoire militaire d’Aïn-Sefra, commune de Colomb-Béchar, Jacques Prieur est tué au combat.

Le 9 septembre suivant, le général Michel de Brébison, alors Directeur des Troupes d’Outre-Mer, signe l’acte de décision de la mention « Mort pour la France » sur le carnet militaire de Jacques Prieur.

Jacques Prieur est enterré dans le cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux.

 

Sources :

  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy-Vanves.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Archives militaires – Caserne Bernadotte de Pau.
  • Site « Memorial Gen Web » avec les contributions de Jérôme Charraud, Stéphane Protois et Claude Richard.
  • Crédit photographique : Blog (canalblog) sur les études coloniales.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 7 Juillet 2022

A Louis Cottin, mort pour la France.

Louis Cottin nait le 13 juin 1885, à Goudelin, dans les Côtes d’Armor, non loin de Guingamp. Il est le fils d’Yves-Marie et de Louise-Marie Barbe. De profession fraiseur, habitant Issy-les-Moulineaux, il épouse le 25 février 1911 Catherine Bohec, une Bretonne, née à Guimaëc dans le Finistère.

Sous-lieutenant au 48e RI (régiment d’infanterie), régiment de Bretons, puisque son casernement ou lieu de regroupement est Guingamp. L’unité fait partie de la 37e brigade d’infanterie, de la 19e division et du 10e corps d’armée.

 

Extrait de l’historique du 48e régiment d’infanterie (imprimé chez Oberthur à Rennes en 1920) :

« Le 20 février, l'ennemi lançait sur Verdun la formidable attaque qu'il croyait invincible. Le 48e fut appelé dans le secteur du Mont des Allieux, puis d'Avocourt ; il y resta jusqu'à la fin d'avril, travaillant sans relâche, veillant et combattant.

Le colonel Sousselier a été nommé au commandement de la 37e brigade, en remplacement du colonel Largeau, tué à l'ennemi, et le lieutenant-colonel de Reynies prend, le 3 avril, le commandement du régiment. Le 6 avril, un détachement composé de la 8e compagnie, d'une section de bombardiers, de travailleurs de la 11e compagnie, de deux sections de mitrailleuses, du 886 R.I., reçut mission d'attaquer le Bois carré d'Avocourt, en liaison avec le 59e d'infanterie. La 8e compagnie, avec la section de bombardiers, attaqua avec une vigueur remarquable, enleva un poste solide, et s'accrocha à la lisière du bois et au boyau de l'ouvrage des Rieux, d'où les contre-attaques violentes de l'ennemi ne purent la déloger, malgré les fortes pertes qu'elle avait éprouvées. Une citation à l'Ordre de l'Armée fut décernée à la 8e compagnie et à la section de bombardiers pour leur brillante conduite du 6 avril.

A la fin de mai 1916, les Allemands avaient fait un nouvel effort près de Verdun, en enlevant le bois des Corbeaux et le village de Cumières. Le 48e fut appelé à la droite du 71e, sur un terrain sans organisation entre Chattancourt et Cumières, des pentes est du Mort-Homme à la Meuse ; il opposa à l'ennemi son infranchissable barrière.

Pendant cinq jours, du 1er juin au 5 juin, le canon lourd allemand s'acharna sur ses lignes, causant 110 pertes au seul 3e bataillon, mais toutes les reconnaissances ennemies furent repoussées et les tranchées hâtivement construites restèrent inviolables. Presque tout le mois de juin se passa dans ce rude secteur ; les hommes ne quittaient le fusil et la grenade que pour prendre la pioche et le fil de fer des réseaux. »

 

Le sous-lieutenant Louis Cottin tombe sous les balles de l’ennemi le 1er juin 1916. Il reçoit la Légion d’honneur et est cité à l’ordre de l’armée : « Sous-lieutenant au 48e régiment d'infanterie : officier d'une bravoure remarquable qui a donné le 1er juin, un exemple magnifique de fermeté d'âme et d'énergie devant la souffrance alors que l’œil crevé par un éclat d'obus à six heures, il conservait le commandement de sa troupe sous un bombardement effroyable au cours duquel il a été tué à seize heures. »

Inhumé initialement à Fromeréville dans la Meuse, son corps est transféré dans la nécropole nationale des Glorieux non loin de là.

 

 

Sources :

 

  • Site Memorial GenWeb – Fiche individuelle du sous-lieutenant Cottin avec les contributions de Corinne Mazo, Claude Tollemer, Olivir Schlienger, Jérôme Charraud, Gérard Peugnet et Philippe Frilley.
  • Site de la ville d’Issy-les-Moulineaux : www.issy.com
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Site Chtimiste sur les unités de la Première Guerre mondiale (site remarquable !).
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.

 

 

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