Publié le 1 Août 2025

Le cimetière militaire de Sébastopol, en Ukraine.

Le cimetière militaire français de Sébastopol comporte les restes de près de 45.000 soldats sur les 95.000 morts français de la guerre de Crimée. Signe du rapprochement diplomatique franco-russe à la suite du Traité de Paris en 1856, la France (ainsi que le Royaume-Uni et l’Italie) est autorisée par l’empereur russe Alexandre II à rassembler dans une nécropole unique les dépouilles de ses soldats dispersées dans les dizaines de cimetières militaires de Crimée. Construite à partir de 1863, elle se composait d'un mausolée central où étaient enterrés les généraux et leurs officiers d'état-major et de 17 caveaux secondaires renfermant les ossements des soldats français morts au combat ou de maladie. Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale, le cimetière sera détruit en 1982 pour en récupérer les matériaux. En 2004, un nouveau mémorial est inauguré sur l'emplacement même de l'ancien cimetière.

Le cimetière se situe aujourd'hui à Sébastopol. Il est accessible par plusieurs lignes de bus à l'arrêt Memorialne kladovyshche, juste au nord du cimetière Kalfa.

Le mémorial actuel inauguré en 2004, à l'emplacement de l'ancien, est un quadrilatère d'environ 100 m de côté, ceint d'une grille jalonnée de piliers de briques rouges. En son centre, à l'emplacement de l'ancienne chapelle funéraire, sur un socle de granit (Pokostovsky) encadré par 4 coffres de gabbro noir, s'élève une stèle en forme de trapèze, appuyée sur un renfort du même matériau. Le tout formant un "T" sur lequel, face à l'entrée principale, un bas-relief figurait un aigle et un drapeau tricolore en émail (aujourd'hui disparus), ainsi qu'une plaque commémorative indiquant : "A LA MEMOIRE DES SOLDATS FRANCAIS MORTS EN CRIMEE 1854-1856". Quelques pierres tombales individuelles venant d'autres lieux de sépulture bordent l'allée conduisant au monument central.

Autour, sur 3 côtés formant un "U" inversé, 19 stèles rectangulaires au format réduit sont disposées le long de la clôture. Elles sont ornées de plaques noires évoquant les différents corps et unités ayant pris part à la Campagne. Deux de plus que dans le mémorial d'origine pour abriter les restes de soldats venant d'autres fosses communes de Crimée.

 

Sources :

  • Le Souvenir Français en Ukraine : délégué général : Luka Repeta – Mail : ua.souvenir.francais@gmail.com – Adresse : 7, rue Martovytch 79005 LVIV
Le cimetière militaire de Sébastopol, en Ukraine.
Le cimetière militaire de Sébastopol, en Ukraine.
Le cimetière militaire de Sébastopol, en Ukraine.

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Publié le 26 Juillet 2025

Marcel Bigeard : 80 ans devant une photographie prise 40 années plus tôt.

Marcel Bigeard : 80 ans devant une photographie prise 40 années plus tôt.

Né le 14 février 1916 à Toul (Meurthe-et-Moselle), Marcel Maurice Bigeard travaille comme employé à la Société générale lorsque, en 1939, il est mobilisé dans l'infanterie et se porte volontaire pour les corps francs. Fait prisonnier par les Allemands au moment de l'armistice, en juin 1940, il parvient à s'évader lors de sa troisième tentative, en novembre 1941, et gagne le Sénégal, puis le Maroc et, enfin, l'Algérie où il suit un entraînement pour des missions de sabotage en France. Il est parachuté en août 1944 en Ariège, où il dirige un maquis de la Résistance.

À la fin de la guerre, il reste dans l'armée et part en 1945 pour l'Indochine française, à la tête de la 6e compagnie du 23e régiment d’infanterie coloniale et commence à se faire connaître. De cette époque date son indicatif « Bruno ». En 1948, volontaire pour un deuxième séjour, il prend le commandement du 3e bataillon colonial de commandos parachutistes puis celui du bataillon de marche indochinois.

En 1951, Marcel Bigeard est affecté à Vannes à la demi-brigade coloniale du colonel Gilles et se voit confier le 6e bataillon de parachutistes coloniaux. Il a le grade de chef de bataillon en janvier 1952. De nouveau en Indochine, il se distingue à l’occasion de l’opération Castor : la prise de la cuvette de Diên-Biên-Phù.

Largué sur les mêmes lieux en mars 1954, il combat jusqu'à la chute du camp retranché le 7 mai 1954, et est fait prisonnier par le Vietminh avec dix mille autres soldats français. Bigeard enrage de voir les conditions de détentions des soldats français : « 70% des soldats ne sont pas revenus. Affamés, battus ; il aurait suffit d’une banane par jour, et tout le monde rentrait. C’est impardonnable ». Après quatre mois de captivité, il rentre en France, et reprend ensuite du service chez les parachutistes en Algérie, où il arrive en octobre 1955. Il participe à la bataille d'Alger (1957), pour laquelle l'armée française sera par la suite accusée d'avoir utilisé la torture, pratique que Bigeard justifiera, en 2000, comme étant « un mal nécessaire ».

De juillet 1960 à janvier 1963, le colonel Bigeard prend le commandement du 6e RIAOM à Bouar, en République centrafricaine. Après un passage à l'Ecole supérieure de guerre de juin 1963 à juin 1964, il prend le commandement de la 25e brigade parachutiste à Pau, le 31 août 1964, puis celui de la 20e brigade parachutiste à Toulouse. Il est promu général de brigade le 1er août 1967.

Après une entrevue avec le général de Gaulle, Bigeard est nommé au poste de commandant supérieur des forces terrestres au Sénégal et rejoint Dakar le 7 février 1968. En juillet 1970, Bigeard retrouve Paris et est affecté pendant dix mois à l'état-major du CEMAT (chef d’état-major de l’armée de Terre). Après avoir commandé les forces françaises dans l'océan Indien de 1971 à 1973, il est promu général de corps d'armée (déc. 1973) et finit sa carrière comme commandant de la IVe région militaire à Bordeaux. Entre-temps, Bigeard occupe le poste de secrétaire d'État à la Défense en 1975-1976, année où il prend sa retraite militaire. Élu député (apparenté U.D.F.) dans son département natal, il siège à l'Assemblée nationale de 1978 à 1988.

Marcel Bigeard était grand-croix de la Légion d'honneur, croix de guerre, membre du Distinguished Service Order britannique ainsi que commandeur de la Legion of Merit américaine. Il avait raconté, avec sa verve légendaire, sa carrière, ses batailles, sa vision du monde dans une quinzaine d'ouvrages. Il est mort le 18 juin 2010 à Toul.

Vétéran de trois guerres, Marcel Bigeard, dit « Bruno », était le dernier soldat de second classe à être devenu général de corps d’armée et l'un des officiers les plus décorés de France.

 

Son analyse de la situation en Indochine.

Bigeard a beaucoup déploré l'incompétence de ses supérieurs dans ce conflit qu'il ne juge perdu que dans les derniers jours de Dien Bien Phu. Dans Ma Vie pour la France, il compara la guerre conventionnelle menée au fait de vouloir tuer une mouche insaisissable avec un pilon. Grâce à une certaine confiance acquise, il put mener des opérations de natures nouvelles avec de nombreux succès. En s'imprégnant de la mentalité de l'ennemi et en imitant ses méthodes, Bigeard a livré une véritable « contre-guérilla » par des actions coup de poing à l'aube suivie d'un repli rapide, de sorte qu'une certaine insécurité permanente s'installait chez l'ennemi. Ses opérations étaient toujours précédées au préalable par un renseignement actif fruit de la collaboration et du dialogue avec les populations locales.

C'est pour les mêmes motifs que des régiments entiers mal dirigés et insuffisamment entraînés ont subi une surmortalité au cours de la guerre. Bigeard put former lui-même des troupes par de lourds programmes d'entraînement et d'apprentissage en France. Ceux-ci se sont par la suite imposés sur le terrain en tant qu'unités d'élite aux taux de réussite très élevés, sollicités pour les coups durs. C'est avec nombre de ces derniers qu'il commande des assauts désespérés lors de la bataille de Diên-Biên-Phù.

Il conserve une amertume sur une situation devenue catastrophique par la faute d'un état-major incompétent et de décisions de politiques très distantes du terrain. C'est ainsi que, d'après lui, les douze mille hommes de la cuvette sont abandonnés à leur sort au vu de la situation dérangeante du fiasco. À court de vivres et de munitions et après de lourdes pertes, ils sont abandonnés et oubliés.

 

Sources :

  • Site du Ministère des Armées : www.cheminsdememoire.gouv.fr
  • Encyclopédie Wikipédia (crédit photographique).
  • Encyclopédie Larousse.
  • Marcel Bigeard, Ma vie pour la France, Ed. du Rocher, 2010 (posthume).

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 12 Juillet 2025

1959 – Soldats français dans le secteur de Cherchell.

1959 – Soldats français dans le secteur de Cherchell.

Roland Fortin nait le 8 avril 1940 à Issy-les-Moulineaux. Volontaire parachutiste, il intègre le 3e RPIMa (régiment de parachutistes d’infanterie de marine). Cette unité existe toujours. Régiment d'élite, il est l'héritier du 3e bataillon colonial de commandos parachutistes créé en 1948, du 3e bataillon de parachutistes coloniaux créé en 1951 et du 3e régiment de parachutistes coloniaux. Après avoir appartenu à la 10e division parachutiste en Algérie, puis à la 11e division parachutiste, le régiment appartient aujourd'hui à la 11e brigade parachutiste de la 3e division.

Roland Fortin intègre ensuite le 3e stick du commando Guillaume : un stick est un groupe de parachutistes sautant en une seule fois d'un même avion. Créé à Bayonne en 1956, le commando embarque pour l’Algérie avec à sa tête le lieutenant Guillaume. Dans cette contrée d’Afrique du nord, il s’illustre dans la bataille d’Alger en apportant un concours décisif. Il est fréquemment engagé. Au cours d’un accrochage, le lieutenant Guillaume est tué le 22 mars 1957 près de Mouzaiaville. Parce que promesse avait été faite que le commando porterait le nom du premier qui tomberait au champ d’honneur, cette unité allait désormais s’appeler « Commando Guillaume ».

C’est alors que le frère du disparu, le lieutenant de vaisseau Guillaume, le fameux « Crabe-Tambour » personnage de légende de la guerre d’Indochine, demande à être mis à la disposition de l’armée de Terre dans le but de reprendre le commandement du commando. L’intérim est assuré par l’adjudant Bizet puis par le lieutenant Titoulet. Ce dernier perd la vie lors d’un accrochage à l’oued Fodda.

Lorsque le lieutenant de vaisseau Guillaume est blessé en 1958, à la tête du commando, il est relevé par le lieutenant Dominique dont l’adjoint est le lieutenant Hamel qui deviendra par la suite officier général.

Aujourd’hui, le 3e RPIMa a repris les traditions du commando Guillaume.

Quant à Roland Fortin, il mourra pour la France le 4 septembre 1959, à l’oued Tala ou Malou, dans le secteur de Cherchell. Il n’avait que 19 ans et était titulaire de la Médaille militaire et de la croix de la Valeur militaire avec palme. Quelques semaines plus tard, il était déclaré « mort pour la France ».

 

Sources :

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 20 Juin 2025

Un détachement de C-119 Packet, avant leur arrivée en Indochine. Ils n'ont pas encore la cocarde française.

Un détachement de C-119 Packet, avant leur arrivée en Indochine. Ils n'ont pas encore la cocarde française.

A Issy-les-Moulineaux, le 8 juin dernier, le comité du Souvenir Français a participé à la journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Indochine : comme tous les ans, et comme partout en France en ce jour de commémoration, la sonnerie aux morts retentit pendant que s'inclinent les drapeaux des associations patriotiques. Devant les autorités qui viennent d'y déposer gerbes et coussins, la simple plaque porte ces mots :

« A NOS COMPAGNONS MORTS POUR LA FRANCE

EN INDOCHINE ET EN COREE »

Et parmi ces compagnons, je pense à ces pilotes américains abattus sous les cocardes françaises...

Là, beaucoup d'entre vous m’arrêteraient : « Mais non ! Votre mémoire s'égare ! C'est à Marnes-la-Coquette que se trouve le mémorial de l'Escadrille Lafayette que nous fleurissons chaque année le dernier lundi de mai, jour du « Memorial Day », en souvenir de ces aviateurs américains venus combattre et, pour plus d'une soixantaine d'entre eux, mourir en France, à partir de 1916, avant même l'entrée en guerre officielle de leur pays ! ».

Et pourtant, écoutez ce témoignage du lieutenant Bertin (*), alors pilote de transport en Indochine, la veille de la chute de Dien Bien Phu :

« Les Américains, comme chaque jour, vont parachuter sur « Isabelle ». Dès leur arrivée, un des leurs a dû être touché. Ils sont canonnés violemment sur leur DZ. Le gouvernail de profondeur du n°125 est emporté. Le n°149 est atteint par un et sans doute deux obus de 37. L'avion perd de l'altitude, le pilote sort de la cuvette par le sud mais se trouve de plus en plus en difficulté. Son dernier message est capté par un de ses camarades qui l'a rejoint, Steve Kusak : « On dirait que ça y est, fiston ! ». Et il s'écrase dans la région de Muon Guet à cent vingt kilomètres à l'est de Dien Bien Phu.

Les deux pilotes américains, Buford et Mac Govern, sont tués. Les quatre autres membres de l'équipage sont français, trois sont tués et le quatrième, un jeune sous-lieutenant parachutiste, fraîchement débarqué en Indochine, n'est que blessé. Les Viets le font prisonnier ».

Ces deux américains faisaient partie d'un groupe de pilotes de la compagnie aérienne civile CAT, crée à Formose après la Seconde Guerre mondiale par le général Claire L. Chennault, ancien patron des « Tigres Volants », ces pilotes américains volontaires qui avaient combattu, au côté du général nationaliste Tchang Kaï-chek, d'abord contre les Japonais, puis contre les communistes de Mao Tsé-toung.

Lorsque, en 1953, le Haut commandement français en Indochine demanda à l'armée de l'air américaine un renfort en avions de transport, il lui fut accordé un détachement de C-119 Packet mis en œuvre par une forte équipe de mécaniciens de l'U.S. Air Force. Mais il n'était pas question que des pilotes d'active soient engagés aux côtés des équipages français qui avaient été qualifiés sur ce nouveau type d'avion. D'où l'appel à ce contingent d'une petite quarantaine de pilotes « civils » volontaires, mais composé de baroudeurs qui allaient faire preuve, dans l'enfer de la D.C.A. Viet Minh, des mêmes qualités de courage et de professionnalisme que leurs camarades du transport aérien militaire français.

L'unité mixte ainsi constituée, le « Détachement C-119 », comptera à la mi-mars 1954 jusqu'à 29 appareils, pilotés par vingt-deux équipages, dix de l'armée de l'Air française et douze américains, chacun à deux pilotes. C'était la plus importante unité du transport aérien de l'époque et elle permettait, grâce à la capacité de la soute du Packet et la possibilité de les effectuer « par l'arrière », des parachutages ou des largages lourds sur les points d'appui de Dien Bien Phu, allant des rouleaux de barbelés aux canons de 105m/m et aux bulldozers en passant par du carburant ou des munitions.

Plus de quarante appareils de l'U.S. Air Force, mais volant sous cocardes tricolores, seront successivement affectés au détachement dont les pilotes américains effectueront près de 700 sorties au dessus du camp retranché. L'un d'eux, Paul R. Holden en place copilote droite, reviendra sur le n°536, le 24 avril, un bras déchiqueté par un obus de 37 et, le 6 mai 1954, c'était l'équipage McGovern / Buford qui disparaissait.

James McGovern était une des figures de ce détachement. Dans son livre de souvenirs le lieutenant Bertin fait de lui ce portrait :

« Mac Govern était une figure haute en couleur pesant bien au-delà du quintal. Il était le seul Américain parlant français. Cet énorme personnage, surnommé « Mac Goon » ou « Earthquake » (**) s'était glorifié à une autre époque de quelques neuf victoires contre les Japonais (***), mais il était tombé plus tard, prisonnier des Chinois communistes. Ils ne le retinrent d'ailleurs que six mois en captivité, n'ayant pas les moyens, affirmaient quelques-uns de ses collègues, de le nourrir. C'était un bon vivant, un bon et solide pilier de bar... »

Les restes de James McGovern, retrouvés en 2002 dans une tombe anonyme du nord-Laos grâce aux efforts d'anciens de la CAT, seront formellement identifiés en septembre 2006 et quelques semaines plus tard, le 28 octobre, « Earthquake McGoon » rentrait enfin au pays après plus d'un demi-siècle d'exil en terre étrangère...

L'année précédente, le 24 février 2005, les sept pilotes américains encore en vie, sur les trente-sept ayant participé à cette opération, avaient reçu, des mains de notre ambassadeur de France aux États-Unis, la croix de Chevalier de la Légion d'honneur.

 

Général Jean-Claude Ichac.

Président d’honneur du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux.

 

Sources :

(*) En remerciant le Colonel (er) Marc Bertin qui a autorisé pour ce texte l'utilisation d'extraits et d'informations tirés de son livre : « Packet sur Diên Biên Phù » (1991).

(**) « Eathquake » : Tremblement de terre !

(***) En fait quatre victoires en combat aérien auxquelles il faut ajouter cinq avions japonais détruits au sol.

Crédit photographique : site de l’UNP de l’Ain.

Largage au-dessus de Dien Bien Phu.

Largage au-dessus de Dien Bien Phu.

James B. McGovern Jr.  dit « Earthquake McGoon » (photo DR).

James B. McGovern Jr. dit « Earthquake McGoon » (photo DR).

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 15 Juin 2025

La réinhumation de Kléber Rousseau.

Jacqueline et Claude Vassal sont des piliers du comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux. Pour en savoir plus, il convient de se reporter à cette page : https://www.souvenirfrancais-issy.com/2024/04/claude-vassal-parachutiste-du-cpa-10-en-algerie-partie-1.html

Jacqueline nous a communiqué le récit de la réinhumation de son oncle, Kléber Rousseau, après la Seconde Guerre mondiale.

« Mort au champ d’Honneur en 1940, croix de guerre avec palme, Kléber Rousseau a été réinhumé près des siens.

A Fontaine-Simon, en Eure-et-Loir, dans la région du Perche, a eu lieu la réinhumation du corps du soldat Kléber Rousseau mort pour la France à Asfeld (Ardennes) en juin 1940. Après le service religieux que célébra M. l’abbé Bertrand, le corps fut conduit au cimetière en présence de différentes personnalités parmi lesquelles M. le commandant représentant le colonel Murgier, commandant la place de Nogent-le-Rotrou, M. Samuel Thébault, maire, et des conseillers municipaux, l’adjudant de gendarmerie Plassard, accompagnant une délégation de sa brigade, des délégations des anciens combattants et ACPG (Anciens Combattants Prisonniers de Guerre) de Fontaine-Simon et Manou, avec leurs présidents respectifs MM Gerfaux et Aubin, et les porte-drapeaux : MM Mereis, Hayes et Couturier. Les cordons du drap mortuaire étaient tenus par des camarades d’enfance de Kléber Rousseau : MM Marcel Noël, Ernest Boizard, Letertre et Deroc. Une gerbe avait été offerte par les anciens combattants de Fontaine-Simon.

Un détachement du CM 28 (centre mobilisateur 28) de Nogent-le-Rotrou rendait les honneurs.

Au cimetière, M. Beaudun, président d’honneur des anciens combattants de Fontaine-Simon, prononça une émouvante allocution dans laquelle il dit notamment : « Kléber Rousseau est bien un enfant de Fontaine-Simon puisqu’il naquit ici le 19 août 1916 dans une famille de 11 enfants. Il fréquenta l’école de Fontaine-Simon et nombre de camarades se souviennent de lui. Dès la sortie de l’école, il part travailler dans les fermes environnantes et le service militaire le prend à Montigny-le-Chartif. Il rejoint le 46e RI et c’est la période tendue où les bottes allemandes résonnent aux frontières de la France.

La Seconde Guerre mondiale éclate et le 46e RI couvre sa part de frontière. Après le dur hiver 1939-1940, c’est la « drôle de guerre » et le réveil de mai 1940 est brutal, il faut faire face aux infiltrations sans esprit de recul.

Calmement et courageusement, Kléber Rousseau a dit « présent » et avec son opiniâtreté de paysan, il se couche sur son fusil-mitrailleur. C’est ainsi que tombe celui que nous honorons ce jour, d’ailleurs voici la citation à l’ordre de l’armée qui témoigne de sa bravoure » :

« Au cours des attaques du 9 juin 1940 sur l’Aisne, a donné un bel exemple de courage et de calme. Car son tir a brisé une attaque sur un point très important de l’Aisne et n’a cessé de mitrailler l’ennemi jusqu’au moment où il fut tué sur son fusil-mitrailleur ».

« La croix de guerre avec palme lui fut attribuée. A la famille de Kléber Rousseau, nous présentons en cette circonstance, l’expression de notre vive sympathie ».

 

Sources : 

  • Archives familiales Vassal.
  • Crédits photographiques : famille Vassal.

 

La réinhumation de Kléber Rousseau.

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Publié le 18 Mai 2025

Soldats du 360e régiment d'infanterie.

Soldats du 360e régiment d'infanterie.

Daniel Laheyne du comité de Chaville du Souvenir Français a attiré notre attention sur l’histoire du caporal isséen Louis Vasse, sauvagement assassiné le 4 juin 1915 par le prisonnier allemand Johann Boos. Nous l’en remercions.

Voici cette histoire.

 

Louis Vasse nait à Issy-les-Moulineaux le 21 janvier 1888. Jardinier de profession, il est domicilié au 35, rue Ernest Renan à Issy. Il est le fils de Louis Emile Vasse, né vers 1861, et d’Honorine Savier, née vers 1866, maraîchers aux Moulineaux. Louis Vasse a épousé le 4 mars 1893 à Issy Germaine Vitureau, dont les parents sont également maraîchers.

Au début de la Première Guerre mondiale, Louis Vasse est caporal à la 21e compagnie du 360e régiment d’infanterie, unité constituée avec les bataillons de réserve du 160e RI, dont le casernement est à Toul. Classe 1908, Louis Vasse porte le matricule 02.637 et le numéro 3.968 au recrutement de la Seine, 3e bureau.

En 1914, le 360e RI participe à la bataille de la Trouée des Charmes puis celle du Grand Couronné non loin de Nancy ; de septembre à octobre, il est pris dans ce qui est appelé la « course à la mer » puis il se stabilise près de Notre-Dame de Lorette dans le sud du Pas-de-Calais.

En mai-juin 1915, le 360e participe, avec d’autres régiments, à la conquête du plateau de Lorette et le village d’Ablain. La 19e compagnie du 360 avance sur près des 400 mètres et s’empare d’une longue tranchée et de ses occupants, faisant 450 prisonniers allemands. La défense d’Ablain est complètement désorganisée et la chute totale du village s’ensuit quelques heures plus tard. Ce glorieux fait d'armes vaut au 360 la citation suivante à l'ordre de l'Armée, citation qui comporte l’attribution de la Croix de guerre à son drapeau : « le général commandant la 10e Armée cite à l'ordre de l'Armée le 360e R. I., sous les ordres du lieutenant-colonel Piazza : « Les 27 et 28 mai, a, sous l'habile et énergique impulsion de son chef, enlevé plusieurs tranchées, le cimetière et le village organisé, avec un allant, une fougue, une énergie au-dessus de tout éloge, faisant 400 prisonniers. S'est maintenu sur les positions conquises, malgré un bombardement d'une extrême violence et une contre-attaque de l'ennemi ».

 

Le Journal de marché du 141e régiment d’infanterie (qui a participé à cette bataille) indique ceci :

« Corvée de 50 hommes, comme la journée du 4.

« Par ordre de la Division, le Bataillon quitte le cantonnement du château de la Haie pour se rendre à Gauchin-Légal, sauf la 33e Compagnie qui continuera à séjourner au château de la Haie sous le commandement du capitaine Bousquet. Elle se composera de 250 hommes comprenant les hommes les plus âgés et les moins aptes. Cette compagnie assurera le service du génie et fournira le poste de police de la Haie.

Le prisonnier Boos Johann faisant partie du groupe des 19 arrivés au château de la Haie dans la nuit du 4 a été accusé par le soldat Doyen, du 360e, comme ayant assassiné le caporal Vasse, dans la tranchée où ils s’étaient rendus et faits prisonniers. Sur cette dénonciation, et après enquête, il a été condamné à être fusillé.

L’exécution a eu lieu dans les dépendances du château de la Haie. Le peloton d’exécution, composé de 12 hommes du 141e et commandé par le capitaine Bousquet, de la 33e Compagnie, a eu lieu immédiatement. »

 

Par la suite, le caporal Louis Vasse est cité à deux reprises :

Cité à l’ordre de la 70e Division n° 66 du 10 juillet 1915 dans les termes suivants : « S’est présenté comme volontaire pour l’attaque d’une maison isolée et d’une tranchée ennemie. A été tué dans l’accomplissement de sa mission. Croix de guerre avec étoile de bronze. »

Par arrêté du Ministre de la Guerre en date du 3 juin 1921 (J.O. — Cahier spécial —24 mai 1922, p. 2.101), inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants : « VASSE (René-Louis), matricule 02.637, caporal : brave caporal, s’est présenté comme volontaire pour l’attaque d’une maison isolée et d’une tranchée ennemie, devant Ablain-Saint-Nazaire. A été tué dans l’accomplissement de sa mission, le 4 juin 1915. A été cité. »

 

Sources :

  • Site Mémoire des Hommes du ministère des Armées : https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
  • Site Chtimiste : parcours des régiments et unités françaises pendant la Première Guerre mondiale.
  • Archives du comité d’Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français.
  • Site Mémorial Gen Web – Fiche individuelle de Louis Vasse. Contributions de Claude Richard, Jérôme Charraud et Gérard Peugnet.
  • Issy-les-Moulineaux, registre des actes de décès de la ville – Année 1915, Vol. II, acte N°463.

 

Acte de décès de Louis Vasse.

Acte de décès de Louis Vasse.

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Publié le 4 Mai 2025

Le docteur applique de l'ambrine sur une brûlure de la cuisse et des fesses.

Le docteur applique de l'ambrine sur une brûlure de la cuisse et des fesses.

De la Chine à Issy-les-Moulineaux, le parcours d’Edmond Barthe de Sandfort entremêle rigueur scientifique et humanisme. Médecin passionné, il est à l’origine de l’Ambrine, un remède innovant qui apporta un réel soulagement aux grands brûlés durant la première guerre mondiale.

Né le 20 mai 1853, Edmond effectue ses études à l’école de Santé navale de Toulon, puis participe en tant que médecin de la Marine à plusieurs missions à l’étranger, notamment en Chine et en Macédoine. Celles-ci forgent son expérience de terrain et affûtent son sens de l’innovation.

En 1885, Edmond est réformé pour des raisons de santé. Il devient alors médecin aux thermes de Dax et se spécialise dans le traitement des affections rhumatismales. Il mène d’importants travaux sur les vertus thérapeutiques de la boue et publie plusieurs ouvrages, dont un Guide du médecin et du malade, destiné à vulgariser les bienfaits des soins thermaux. Il développe également un traitement inspiré des méthodes d’Ambroise Paré : un mélange de paraffine et de gommes fondues. Ce remède, qu’il baptise Ambrine - à cause de son aspect jaune et translucide faisant penser à l’ambre - est initialement destiné au traitement des rhumatismes.

Au début du XXe siècle, lors d'un voyage au Yunnan (Chine), Edmond découvre par hasard l’efficacité de l’Ambrine sur les brûlures graves. Il l’applique sur des plaies brûlées et constate une réduction significative de la douleur ainsi qu’une cicatrisation rapide. Bien que son efficacité soit rapidement observable, le monde médical se montre d’abord sceptique lorsqu’il revient à Paris en 1904. Edmond persiste et perfectionne sa formule pendant plusieurs années, convaincu de son potentiel thérapeutique.

En 1914, alors âgé de plus de 60 ans, Edmond demande à reprendre du service. En 1916, il est affecté à l’hôpital militaire provisoire Saint-Nicolas d’Issy-les-Moulineaux, où il prend la tête du service des grands brûlés. L’Ambrine y est utilisée de manière systématique, avec des résultats jugés spectaculaires et le traitement fait rapidement école.

Le 28 septembre 1916, Le Figaro indique dans un article qui lui est consacré : « le sous-secrétaire d'État du service de santé a envoyé aux médecins-chefs des hôpitaux d'évacuation l'ordre de diriger désormais sur Issy-les-Moulineaux tous les brûlés qui leur seront amenés du front. » Et quelques semaines plus tard, en novembre 1916, le président Raymond Poincaré se rend en personne à l’établissement de soins pour élever Edmond Barthe de Sandfort au rang de chevalier de la Légion d'honneur.

Également impressionné par l'efficacité de l'Ambrine, le philanthrope Henri de Rothschild décide de se former auprès de son inventeur afin de comprendre et de valider scientifiquement cette méthode. Il contribue ensuite à sa diffusion en finançant sa production à grande échelle et en publiant en 1918 un ouvrage de référence intitulé Le Traitement des brûlures par la méthode cirique (pansement à l’ambrine), destiné aux médecins des armées.

En octobre 1917, Edmond quitte Issy-les-Moulineaux pour diffuser sa méthode en Italie. La date et le lieu précis de son décès sont inconnus mais son héritage demeure. Edmond Barthe de Sandfort incarne une médecine tournée vers l’innovation et la compassion. En créant l’Ambrine, il a ouvert la voie à une nouvelle approche du soin des blessés de guerre. Une démarche pionnière où la science se met au service de l’humain.

 

Jean-David BOUSSEMAER,

Souvenir Français Issy-les-Moulineaux.

 

Sources : 

Marie-Aude Bonniel, « Les merveilles du traitement du Dr Barthe de Sandfort sur les brûlés (1916) », Le Figaro, 20 octobre 2014

https://www.lefigaro.fr/histoire/centenaire-14-18/2014/10/20/26002-20141020ARTFIG00063-les-merveilles-du-traitement-du-dr-barthe-de-sandfort-sur-les-brules-1916.php

Rothschild (Henri de), Le Traitement des brûlures par la méthode cirique (pansement à l'ambrine). Conférences faites à MM. les médecins-majors des formations sanitaires des armées (mission du G. Q. G.), O. Doin et fils, Paris, 1918. Extrait sur : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1428142v

https://numerabilis.u-paris.fr/ressources/pdf/sfhm/hsm/HSMx1974x008x004/HSMx1974x008x004x0795.pdf

https://imagesdefense.gouv.fr/fr/issy-les-moulineaux-hopital-saint-nicolas-salle-d-ambrine-vaporisation-d-une-brulure-du-dos-traitement-du-docteur-barthe-de-sandfort-legende-d-origine-1.html

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Publié le 16 Avril 2025

Roland Gourdin, isséen, mort pour la France en Indochine – La suite.

C’est le miracle d’Internet !

En août 2024, nous avons publié un article sur Roland Gourdin, isséen, sergent au sein du prestigieux 6e BCCP du commandant Bigeard, et sur sa mort : https://www.souvenirfrancais-issy.com/2024/08/roland-gourdin-isseen-mort-pour-la-france-en-indochine.html

Nous indiquions à l’époque, sans en savoir plus : « Il est tué à l’ennemi le 30 décembre 1950, à Moncas dans le Tonkin. Il avait 24 ans. »

 

Patrick Blain, que nous remercions vivement, est féru d’histoire. Il nous a contacté pour nous indiquer les détails de la disparition du sergent Gourdin, et nous indiquer que nous avions commis une erreur. Patrick Blain est l’auteur d’un ouvrage intitulé : 6e BCCP et que l’on peut trouver à la FNAP : Livre de Patrick BLAIN – 6 BCCP – 6e Bataillon Colonial de Commandos Parachutistes- 6 – FNAP – Fédération Nationale des Associations Parachutistes

Pour vous procurez l’ouvrage, vous pouvez contacter : premier6@orange.fr

Voici le récit de la mort de Roland Gourdin.

 

Quand le parachute ne s’ouvrait pas.

Michel Guillemin du GC1 : « Réveil 03h15. Ça y est ! Opération parachutée en vue ce 30 décembre. En moins de deux, il faut ficeler le barda. Perception d'une journée de vivres.

Rassemblement et nous attendons. À 07h15, nous embarquons dans les GMC et départ au terrain de Back-Maï. Nouvelle attente. Nous percevons les pépins. Je suis du vingtième appareil en cinquième position. Essayage et vérification puis nous nous équipons pour de bon. À 10h30, embarquement et, un quart d'heure plus tard, nous décollons enfin.

Ordre de vol : six Dakota décollent les premiers. Quinze minutes après : quinze junkers dont celui où je suis, puis quinze minutes plus tard : trois Dakota et pour terminer, une heure après : cinq Junkers pour parachutage de vivres et matériel d'allégement.

  • Nous allons à Moncay et nous en avons pour une heure vingt-cinq environ, nous renseigne le largueur.

Tant bien que mal, nous nous installons.

  • Debout ! Accrochez ! Go !

Nous sommes à deux cent cinquante mètres du sol. Pour moi, tout se passe bien et l'atterrissage n'est pas trop dur. Le terrain de Moncay est gardé par des partisans aux doux noms de « Becs d'ombrelles ». Au regroupement du GC, j'apprends que le sergent GOURDIN du 4e stick s'est tué, son parachute ne s'est pas ouvert comme il fallait. Il y a de nombreuses jambes cassées, des entorses (vingt-six sont hors de combat) ; une vraie hécatombe.

Nous nous mettons en route pour aller à la citadelle, installations rudimentaires dans les bâtiments. Puis nous rendons les honneurs au sergent GOURDIN avant de l'enterrer ; je suis porteur ».

Les funérailles du sergent Gourdin.

Les funérailles du sergent Gourdin.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 13 Avril 2025

A la mémoire d’Eliane Jeannin-Garreau.

Dans l’ombre de l’histoire officielle, certaines figures méritent d’être mises en lumière. C’est le cas d’Éliane Jeannin-Garreau, résistante discrète mais déterminée, dont le parcours témoigne d’un courage rare.

Née Alice Gabrielle Jeannin en 1911, Éliane refuse très tôt la résignation face à l’Occupation allemande. Convaincue que chaque citoyen peut agir, elle rejoint très tôt la Résistance et intègre, en 1941, l’Organisation civile et militaire des Jeunes (OCMJ), fondée par Charles Verny. Ce réseau – qui recrute alors des jeunes gens issus de tous milieux sociaux – joue un rôle essentiel dans la coordination d’actions de renseignement, de sabotage et de diffusion de tracts. 

En 1942, Éliane transforme son appartement d’Issy-les-Moulineaux en plaque tournante de la lutte clandestine. « J’étais à la fois boîte-aux-lettres, agent de liaison, fabricant de faux papiers, rédactrice de presse clandestine. Mon logis servait d’asile pour les fugitifs ; de pied-à-terre pour les parachutés de Londres ; de poste central pour les membres du réseau et de réserve de tracts et journaux clandestins. » (Ombre parmi les ombres)

En 1943, la Gestapo finit par remonter sa trace. Elle est arrêtée le 31 août à Issy, interrogée pendant 25 heures au Palais d’Orsay, incarcérée à Fresnes, où elle est tenue au secret pendant un mois et demi, puis transférée au camp de triage de Royallieu (près de Compiègne), avant d’être déportée au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück.

L’année suivante, Éliane est transférée au Kommando de Holleischen, un camp annexe du camp de concentration de Flossenbürg, situé à Holýšov (actuellement en République tchèque). Affectée aux usines d’armement Skoda, elle participe, malgré les risques encourus, au sabotage de composants électroniques destinés à l’effort de guerre nazi, poursuivant ainsi son combat pour la liberté.

Libérée en mai 1945 à la suite de l’évacuation du camp par la Croix-Rouge suédoise, Éliane retourne à Issy-les-Moulineaux. Épuisée physiquement, mais toujours debout, elle reprend une vie discrète.

Éliane participe à l’ADIR (Association des Déportés, Internés et Résistants d'Issy-les-Moulineaux), une association locale fondée après la Seconde Guerre mondiale, destinée à regrouper et honorer la mémoire des habitants de la commune ayant participé à la Résistance, ayant été internés ou déportés durant la guerre.

En 1992, l’Académie française lui décerne la médaille d’argent du Prix d’Histoire générale pour son ouvrage autobiographique Ombre parmi les ombres, dans lequel elle livre un témoignage fort et poignant sur son expérience et celle de ses compagnons d’infortune.

En 1994, Eliane publie Les Cris de la Mémoire, un recueil de 42 dessins au fusain, préfacé par Geneviève de Gaulle Anthonioz qui – comme elle – fit partie du convoi des 27000 : « Chacun de tes dessins, Éliane, nous enfonce un peu plus dans cette expérience de la vie concentrationnaire. Ce que la parole n’arrive pas à exprimer, quelques traits le suggèrent. »

Éliane Jeannin-Garreau s’est éteinte en 1999 dans sa ville d’Issy-les-Moulineaux. Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre avec palme et de la médaille de la Résistance, elle demeure aujourd’hui une figure exemplaire, celle d’une femme ordinaire devenue, par son courage et son abnégation, une résistante, fidèle jusqu’au bout à ses idéaux de liberté, de justice et d’humanité.

 

Jean-David Boussemaer,

Membre du Souvenir Français, comité d’Issy-les-Moulineaux.

 

Sources : 

 

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Publié le 23 Mars 2025

Création du Comité de Vanves.

Depuis bientôt 10 ans, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux s’appelle « Issy-Vanves ».

Ce jour, dimanche 23 mars 2025, marque la création du Comité du Souvenir Français de Vanves. Notre section vanvéenne s’est donc affranchie de notre tutelle – toute amicale et bienveillante – pour se transformer en un nouveau comité de notre association sur le département.

Le chef de bataillon Paul GUILLAUD est le président, Nathalie LE GOUALLEC, trésorière, et Pascal LE GOUELLEC, secrétaire.

Cette « naissance » s’est faite à Vanves, en présence du colonel Claude GUY, notre délégué général pour les Hauts-de-Seine, Bernard GAUDUCHEAU, maire et les adjoints Sandrine BOURG (également conseillère départementale), Erwan MARTIN et Xavier LEMAIRE.

 

Longue vie au nouveau Comité de Vanves du Souvenir Français !

Création du Comité de Vanves.
Création du Comité de Vanves.
Création du Comité de Vanves.

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