Publié le 25 Juillet 2018

"C'est nous les Africains, qui revenons de loin...".

Lieutenant Yezid.

 

Mohamed Ben Ali Yezid nait à Maatka en Algérie, vers 1878. Engagé volontaire pour quatre ans à Tizi-Ouzou le 12 novembre 1901, il est d’abord soldat puis caporal dix ans plus tard et enfin sergent en 1913. S’ensuivront les grades de sergent-chef puis d’adjudant. Il est affecté au 1er régiment de tirailleurs algériens (RTA) d’Alger.

 

Les indigènes de l’Algérie – ainsi appelés à l’époque – sont admis à contracter des engagements de quatre ans. Les spahis doivent justifier de la possession d’un cheval. Avant la signature de l’acte, l’engagé volontaire doit prêter serment sur le Coran et promettre de servir avec fidélité la France.

 

De 1907 à 1908, le soldat Yezid participe aux opérations militaires dans la région de Casablanca au Maroc. Il est blessé par balle à la jambe lors du combat de l’oued Dalia le 16 mai 1908. Puis, jusqu’en 1911, il séjourne dans les régions sahariennes avant de rejoindre de nouveau le Maroc occidental en guerre. Le 15 août 1914, il passe au 5e régiment de tirailleurs algériens, un régiment de marche créé avec les bataillons de tirailleurs algériens déployés au Maroc. Le 13 novembre 1914, il est blessé pour la deuxième fois au combat d’El Harri au Maroc.

 

Fin 1915, il rejoint le front de France, au sein de la 48e division. Celle-ci étant composée à l’époque des unités suivantes : 170e et 174e régiments d’infanterie; 78e régiment d’infanterie territoriale ; le régiment de marche de tirailleurs marocains ; le 2e régiment mixte de zouaves et tirailleurs ; deux groupes de 75 du 5e régiment d’artillerie de campagne ; le 8e groupe de 155c du 118e régiment d’artillerie lourde. Engagé dans la Somme puis dans le secteur de Verdun, il est blessé au visage par un éclat d’obus devant Douaumont le 4 mai 1916. Le 21 juin de la même année, il est cité à l’ordre de la division : « Officier indigène admirable et d’un dévouement touchant. Déjà blessé deux fois au Maroc. Blessé au visage au cours de travaux particulièrement périlleux effectués par sa section en pleine bataille lors des offensives heureuses de mai sous Verdun ».

 

Rentré en Algérie au dépôt du 5e RTA, il est chargé de l’instruction des recrues. Puis, en mars 1918, il embarque à destination du front d’Orient où il demeure jusqu’en septembre 1920. Il est vrai qu’à l’époque la Russie est déchirée entre « Russes blancs » (favorables au tsar) et « Russes rouges » (bolchéviques) et que Clemenceau a un temps pensé pouvoir maintenir des troupes sur place en attendant le moment favorable d’une expédition dans le sud de la Russie contre ces mêmes bolchéviques. Cela ne se fera pas.

 

Comme un certain nombre de tirailleurs algériens, Mohamed Yezid est affecté ensuite au Levant, où le Liban est devenu protectorat français. Pendant cette campagne, il est promu lieutenant et cité à deux reprises : d’abord à l’ordre du corps d’armée le 23 mars 1921 : « Yezid Mohamed, sous-lieutenant, chef de section, plein de sang-froid. Exemple de courage, s’est brillamment porté à l’attaque de la cote 1043 à la tête de sa section » ; puis à l’ordre de la division le 12 avril 1921 : « Quoique déjà âgé, fait preuve pendant quatre mois de colonne, d’un entrain, d’une endurance extraordinaire, donnant à tous les hommes en maintes occasions, l’exemple du courage et du sang-froid… ».

 

Rentré en Algérie en novembre 1921, il est affecté sur sa demande aux troupes du Maroc en 1927 et sert au 13e puis au 5e régiment de tirailleurs algériens. Il s’illustre au combat, malgré son âge (49 ans). En 1930, il quitte le Maroc pour instruire de jeunes engagés et des insoumis en Algérie. Atteint par la limite d’âge de son grade le 31 décembre 1935, il se retire à Blida et est rayé des cadres en octobre 1940.

 

Le lieutenant Yezid est promu officier de la Légion d’honneur en 1935. Il était déjà titulaire des décorations suivantes : médaille militaire, médaille du Maroc, médaille coloniale (Maroc), croix de guerre 14-18, croix de guerre TOE. Il a alors trente-trois ans de services dont seize passés à faire la guerre. Il décède à Blida en Algérie en 1951.

 

L’Armée d’Afrique en 14-18.

 

En 1914, environ 30.000 Algériens, Marocains et Tunisiens servent dans l’armée française. Leur recrutement s’effectue grâce au volontariat et dans une moindre mesure par la conscription. Elle s’accompagne, progressivement, de l’octroi d’avantages offerts aux soldats et à leur famille (primes d’engagement, soldes identiques, pensions et indemnités). Au total, environ 173.000 Algériens musulmans sont incorporés dans l’armée française pendant la guerre et près de 125.000 d’entre eux servent en France. Ces hommes sont en majorité incorporés dans les unités du 19e corps d’armée (Alger et Tunis) qui forment, avec les troupes du corps expéditionnaire stationnées au Maroc la fameuse « Armée d’Afrique ». La dénomination, qui n’est plus officielle depuis 1870, a été conservée par tradition. Les soldats européens servent dans les régiments de zouaves (infanterie) et de chasseurs d’Afrique (cavalerie).

 

Le Chant de Africains.

 

Le Chant des Africains est un chant militaire composé dès 1941 par le capitaine de l'armée française Félix Boyer (1887-1980), à partir des paroles d'une marche de 1915 de la Division marocaine chantée sur l'air de l'hymne de l’Infanterie de marine et écrit, suivant les sources, par le commandant Reyjade, pseudonyme de Jeanne Decruck, ou par le sergent Bendifallah et le tirailleur Marizot. Il lui donne son titre, Chant de guerre des Africains, en changeant le C'est nous les Marocains… du texte original par le célèbre C'est nous les Africains du texte actuel.

 

Voici ci-dessous le texte de 1915.

 

« Nous étions au fond de l'Afrique

Embellissant nos trois couleurs,

Et sous un soleil magnifique,

Retentissait ce chant vainqueur :

En avant ! En avant ! En avant !

 

Refrain

 

C'est nous les Marocains,

Qui venons de bien loin.

Nous v'nons d'la colonie,

Pour défen'le pays.

Nous avons abandonné

Nos parents nos aimées,

Et nous avons au cœur,

Une invincible ardeur,

Car nous voulons porter haut et fier

Ce beau drapeau de notre France entière :

Et si quelqu'un venait à y toucher,

Nous serions là pour mourir à ses pieds.

Roulez tambour, à nos amours,

Pour la Patrie, pour la Patrie

Mourir bien loin, c'est nous les Marocains ! »

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse en ligne : www.larousse.fr
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.
  • Georges Bensadou, Sidi-bel-Abbès naissance d’une ville, L’Algérianiste, septembre 1996.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • Capitaine Léon Lehuraux, Chants & Chansons de l’armée d’Afrique, Soubiron, 1933.
  • Site internet : www.piedsnoirs-aujourdhui.com
  • Terre Info Magazine (TIM) n°272 – Mars 2016 – Texte du commandant Michaël Bourlet.
"C'est nous les Africains, qui revenons de loin...".

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 21 Juillet 2018

Liu Yongfu.

Liu Yongfu.

La mort de l’officier de marine Francis Garnier.

 

Les Pavillons Noirs sont d’anciens rebelles Taiping, commandés par Liu Yongfu (1837-1917). Ils sont expulsés de Chine en 1864 vers le Tonkin, après l’écrasement de leur révolte. Les Annamites les utilisent contre les tribus des montagnes, entre le fleuve Rouge et la rivière Noire. A ce titre, Liu Yongfu obtient un rang officiel à la cour.

 

En 1873, le gouverneur militaire français de Cochinchine, l’amiral Dupré, envoie l’officier de marine Francis Garnier en délégation à Hanoi, capitale du Tonkin. Sur place, l'officier de marine se heurte au refus des mandarins d'ouvrir le port et le Fleuve Rouge aux commerçants étrangers. Ces mandarins locaux ont le soutien de l'empereur vietnamien Tu Duc.

 

Francis Garnier ne se laisse pas intimider et avec seulement 120 hommes, attaque la forteresse de Hanoi, défendue par 7.000 soldats annamites au service de l'empereur Tu Duc. Il réussit contre toute attente à s'en emparer. Il n'en reste pas là. Au terme d'une campagne de trois semaines et avec le concours des 140.000 chrétiens locaux, il s'empare également de toutes les forteresses du delta.

 

Le gouverneur Dupré finit par s'inquiéter de son activisme. Il ne lui envoie pas les renforts qu'il attend. Finalement, le jeune officier de marine trouve la mort, le 21 décembre 1873, aux portes de Hanoi, au cours d'une embuscade tendue par les Pavillons Noirs.

Sa mort est exaltée en France par les promoteurs républicains de la colonisation. Mais l'amiral Dupré, qui mesure les risques d'une conquête du Viêt-nam, choisit d'évacuer le Tonkin et d'abandonner les chrétiens locaux à leur sort, en échange de la promesse par l'empereur Tu Duc d'ouvrir les ports et le fleuve aux commerçants français.

 

La Guerre franco-chinoise.

Les Pavillons Noirs harcèlent ensuite les Français sur le fleuve Rouge. Un corps expéditionnaire commandé par Henri Rivière est envoyé en 1881 : c’est la guerre franco-chinoise.

Les Pavillons Noirs combattent alors avec les troupes impériales chinoises contre les Français (les impériaux toléraient ces anciens rebelles à la condition qu'ils restent en dehors de la Chine). Ils participent notamment au siège des troupes françaises (principalement la Légion étrangère) à Tuyen Quang en 1885 au Tonkin.

A la fin de la guerre, en juin 1885, Liu Yongfu rentre en Chine et les Pavillons Noirs sont formellement dissous. La plupart se transforment en bandits, continuant à harceler les Français pendant plusieurs années. Une de leurs troupes pille notamment Luang Prabang, au Laos, en 1887.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse en ligne : www.larousse.fr
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Universalis.
  • Site Herodote.net sur la mort de Francis Garnier.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • Site www.legion-etrangere.com  du Ministère de la Défense.
Emblème des Pavillons Noirs (musée de l’Armée à Paris).

Emblème des Pavillons Noirs (musée de l’Armée à Paris).

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 11 Juillet 2018

L’escadron d’hélicoptère 3/67 « Parisis » : unité filleule de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

Présentation.

L’escadron d’hélicoptère 03.067 « Parisis » est l’une des quatre unités filleules de la ville d’Issy-les-Moulineaux (les autres étant le Régiment de Marche du Tchad, le 2e régiment d’infanterie de la Garde républicaine, le chasseur de mines « tripartite » Andromède).

Cet escadron, créé à Villacoublay le 1er octobre 1964, où il est toujours implanté (Base 107), dépend de la brigade aérienne d’appui et de projection (BAAP), dépendante du commandement des forces aériennes (CFA).

 

Historique.

 

Après avoir volé sur Sikorsky H-34 puis Alouette II, en Algérie notamment, l'escadron reçoit des Alouette III, puis, à la fin des années 80, des Fennec. Dès le début des années 90, la mission « MASA », mesures de sûreté aérienne, se développe au Parisis pour protéger le ciel parisien. À la suite des attentats du 11 septembre 2001, cette mission devient la mission principale de l'unité qu'elle effectue de jour comme de nuit, sur tout le territoire français.

 

De 1996 à 2005, l'escadron comportait une escadrille supplémentaire. Elle était composée de 3 Super-puma pour le transport des hautes autorités de l'Etat. Elle a depuis rejoint les autres appareils de transport gouvernementaux.

 

Missions.

 

L'escadron d'hélicoptères 03.067 " Parisis " est équipé de 10 hélicoptères Eurocopter AS 555 « Fennec ».

Il assure comme mission principale les mesures actives de sûreté aérienne (MASA). Cette mission s'inscrit dans le cadre de la posture permanente de sûreté, renforcée au lendemain des attaques du 11 septembre 2001.

En alerte 24h/24, 7j/7, les équipages du "Parisis", secondés par des tireurs d'élites, commandos de l'air de formation, sont en mesure d'intervenir en quelques minutes, par tous les temps, de jour comme de nuit, en cas de doute sur l'identité ou les intentions d'un aéronef.

L'emploi d'hélicoptères dans le cadre des missions de défense aérienne est une particularité française. Ce concept unique au monde, récent, développé par les personnels du "Parisis" suscite l'intérêt de nos voisins européens et de nos partenaires militaires comme par exemple les Etats-Unis qui emploient depuis peu une unité équivalente afin de protéger Washington.

 

Exemples d'opérations auxquelles l'escadron a participé :

Détachement permanent en Côte d'Ivoire (Abidjan) : soutien logistique et aide au commandement au profit de la force Licorne déployée sur place.

Dispositifs Ponctuels de sûreté aérienne :

  • Sommet des Ministres de la Défense Européen (Deauville 2008) ;
  • Sommet de l'Otan (Strasbourg, mars 2009) ;
  • Salon International de l'Aéronautique (Le Bourget, juin 2009) ;

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site de la mairie d’Issy-les-Moulineaux.
  • Site de l’Armée de l’Air.
  • Site du Ministère des Armées.

 

L’escadron d’hélicoptère 3/67 « Parisis » : unité filleule de la ville d’Issy-les-Moulineaux.

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Publié le 24 Juin 2018

A la mémoire du colonel Paul Schimpff, de Vanves.

Du Premier au Second conflit mondial.

 

Paul Adolphe Schimpff nait le 7 avril 1892 à Conflins-en-Jarnisy, commune du canton de Jarny, dans la moitié nord du département de Meurthe-et-Moselle, à environ 70 kilomètres de Nancy, mais à seulement 25 kilomètres à l’ouest de Metz.

 

Voilà dix-neuf ans que la région est sous le contrôle de l’Empire allemand. Son père est Alsacien, mais n’a pas hésité un seul instant : entre la république française et l’Empire allemand, la famille restera française !

 

Incorporé en 1912, Paul Schimpff intègre en 1913 l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr (Promotion « De Montmirail »). Dès ses premiers jours de combat, en 1914, il est grièvement blessé. Ses supérieurs notent : « Sorti de l'école de Saint-Cyr depuis 15 jours, a conduit sa section à la baïonnette sur l'ennemi et a ainsi déterminé la reddition de 200 ennemis – A été grièvement blessé au cours de cette action ». Il reçoit pour cette action une citation. Au cours de la Première Guerre mondiale, il sera blessé une nouvelle fois et recevra une nouvelle citation. Il termine sa guerre comme engagé volontaire au sein du 1er bataillon de chasseurs à pied, alors en action sur le front de Champagne.

 

Militaire d’active, il est envoyé en poste au Maroc, puis est affecté en Rhénanie et dans la Ruhr occupée. En 1925, il est nommé au grade de chef de bataillon. Il quitte l’armée l’année suivante, pour entreprendre une carrière civile, principalement comme responsable financier de la Ligne de Défense contre les Chemins de Fer. En parallèle, Paul Schimpff continue activement à défendre les intérêts de ses anciens chasseurs. Par ailleurs, il est élu président d’une société de tir.

 

Depuis 1938, une mobilisation partielle est décrétée en France. Paul Schimpff est intégré au 69e bataillon de chasseurs à pied. En avril 1940, il fait partie de l’expédition à Narvik, en Norvège, où il participe à la victoire des alliés, qui sont alors français, anglais, norvégiens et polonais.

 

De retour en France, Paul Schimpff combat dans la Somme. La Wehrmacht le fait prisonnier. Il est libéré quelques mois plus tard, en janvier 1941, pour raisons de santé, du fait de son invalidité contractée lors de sa blessure de 1914.

 

La résistance.

 

Dès lors, il prend contact avec la Résistance française. En août 1942, il entre dans le mouvement Ceux de la Libération, sur les conseils de Raymond Jovignot, chasseur comme lui. Ce mouvement est l’un des huit grands réseaux qui va intégrer le Conseil National de la Résistance, dirigé par Jean Moulin. Le représentant de Ceux de la Libération est Roger Coquoin, qui sera tué en 1943. Paul Schimpf est alors chef du service Actions. Il prend le nom du colonel Lecor et enchaîne les missions.

 

Toute la région militaire de Paris est placée sous sa responsabilité. A la demande de Shimpff, Raymond Jovignot va étudier la possibilité de mettre au point des lance-flammes dont la fabrication devait être assuré par les Etablissements Philippe et Pain (Montrouge, dans les Hauts-de-Seine) et par les Etablissements Jovignot. Ce projet ne verra pas le jour. Paul Schimpff demande également à Henri Pergaud, son adjoint, de lui fournir les plans des réseaux ferrés avec les emplacements des tranchées et des signaux d’arrêt. Ils mettent alors au point un plan pour bloquer les transports militaires allemands.

Paul Schimpff dispose d’un bureau chez Kohn, administrateur de biens, au n°11 de l’avenue de l’Opéra, à Paris, où il réunit son Etat Major. Mais c’est là qu’il est arrêté le 28 avril 1943 par la Gestapo. Il parvient à s’évader de l’hôtel Cayré le soir même de son arrestation puis il envoie un rapport à Roger Coquoin, qui conduit le mouvement Ceux de la Libération depuis l’arrestation de Maurice Ripoche, dans lequel il explique la trahison dont il aurait été victime de la part de son secrétaire, agent passé à l’ennemi. De fait, l’arrestation de Schimpff entraîne un important coup de filet parmi les chefs des sections militaires de Paris.

En cavale, Paul Schimpff est finalement arrêté alors qu’il s’apprête à franchir la frontière espagnole le 20 septembre 1943. Transféré à Fresnes, il est déporté à Buchenwald en janvier 1944. A l’approche des Alliés, les SS commencent à vider le camp: ce seront les « marches de la mort » dont Paul Schimpff sera l’une des victimes: parti vers le 7 avril 1945 il parcourt à pied environ 350 km, jusqu’en Haute Bavière où une colonne de chars US le libère très affaibli le 23 avril 1945. Son compagnon de captivité est le colonel Doucet, chef historique du Ceux de la Libération.

De retour en France, le colonel Schimpff est accueilli le 2 mai 1945 au Val de Grâce où il décède d’épuisement et de fièvre typhoïde le 17 mai, non sans avoir eu le temps d’écrire au Ministre de la Guerre pour défendre les intérêts des familles de ses officiers morts en déportation.

 

Le colonel Schimpff était Officier de la Légion d'Honneur - Croix de Guerre 14-18 avec 4 citations et Croix de Guerre 39-40 avec 2 citations. Il était aussi titulaire de la Croix de Combattant Volontaire et de la Croix des Services Volontaires avec une Citation à l'Ordre du Corps d'Armée.

 

Le nom de Paul Schimpff figure sur le monument aux morts de Vanves.

 

La couverture.

 

La Résistance a parfois des conséquences inattendues. Dans son ouvrage Un juif improbable, le professeur et géopolitologue Monsieur Dominique Moïsi indique de Paul Schimpff, alors membre de la société d’administration de biens Kohn, a été de ceux qui ont « récupéré » puis liquidé grâce au Gouvernement de Vichy les avoirs de la société de son père, précipitant la faillite de celui-ci.

 

En fait, Paul Schimpff se servait de cette société pour cacher ses actions clandestines !

 

 

 

 

Sources

 

  • Encyclopédie Larousse, Wikipédia et Universalis.
  • Archives INA.
  • Site Internet du Ministère des Armées : Mémoire des Hommes.
  • Site Internet www.memorialgenweb.org
  • Site Internet www.memoresist.org
  • Extraits du livre de M. Dominique Moïsi, Un juif improbable, Flammarion, 2011.
  • Archives municipales.
  • Histoire de la France et des Français, d’André Castelot et d’Alain Decaux.
  • Le colonel Paul Schimpff, ce héros, par Jean-Marie Schimpff.

 

 

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Publié le 16 Juin 2018

Giacomo et Vincenza Signoroni. Au premier plan, le général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac.

Giacomo et Vincenza Signoroni. Au premier plan, le général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac.

En prélude à la Journée nationale d’hommage aux Morts pour la France de la Guerre d’Indochine, le 8 juin dernier, le général de brigade aérienne Jean-Claude Ichac, a souhaité saluer la mémoire de son ami, Giacomo Signoroni.

 

 

 

« Monsieur le Préfet,

Monsieur le Maire,

Chers amis,

 

Dans quelques minutes nous allons rendre hommage aux Morts pour la France en Indochine. Mais aujourd'hui, contrairement aux années précédentes, cette cérémonie se déroulera en l'absence de l'un des derniers acteurs de cette tragédie héroïque qui s'est déroulée, il y a soixante dix ans, à 9.000 kilomètres d'Issy, un acteur qui était aussi un citoyen de notre ville, un voisin, un camarade, un ami.

 

Avec son béret vert de « para Légion » et sa cravate de commandeur de la Légion d'Honneur, il était pour nous l'archétype de ceux qui avaient « fait l'Indo », cette Indochine où il avait effectué trois séjours en opérations, où il avait été cité trois fois dont une citation à l'ordre de l'armée et où il avait été blessé à trois reprises, devenant ainsi, selon la belle formule de la Légion étrangère, lui qui était italien d'origine, « français, non par le sang reçu, mais par le sang versé » !

 

Pensionnaire depuis 18 mois de l'Institution nationale des Invalides, l'adjudant Giacomo Signoroni nous a quitté, il y a quelques jours, pour rejoindre ses camarades tombés à ses côtés à Tan-My, à Xon-Lon, à Kham-Thien ou à Dien-Bien-Phu. Lui, le guerrier, peut maintenant reposer, en paix.

 

Nous ne l'oublierons pas.

 

 

 

Général de brigade aérienne (2s) Jean-Claude ICHAC

Président honoraire

du comité d'Issy-les-Moulineaux du Souvenir Français »

 

 

Ci-dessous un album souvenir de notre ami Giacomo, Jacques, comme aimait à dire Vincenza.

 

Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.
Giacomo Signoroni, par le GBA Jean-Claude Ichac.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 10 Juin 2018

Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.

Notre ami et adhérent Giacomo Signoroni vient de nous quitter le 22 mai 2018, à la veille de ses 97 ans. Ancien d’Indochine et d’Algérie, Giacomo Signoroni était pensionnaire de l’Institut National des Invalides depuis la fin de l’année 2016.

 

Voici ci-après son éloge funèbre par le général de corps d’armée Christophe de Saint-Chamas, Gouverneur des Invalides, le 25 mai 2018.

 

« Mon Adjudant, voici venu le moment des adieux que vous adresse la famille de l’Institution Nationale des Invalides, cette famille des Pensionnaires que vous aviez rejointe il y a un an et demi, et que vous quittez au terme d’une vie marquée par de magnifiques aventures et par de douloureuses épreuves.

 

C'est l’émotion que nous ressentons alors que, dans quelques instants, vous allez franchir le seuil de cette Cathédrale Saint Louis des Invalides, l’Eglise des Soldats, pour traverser la Cour d’Honneur des Invalides porté par des soldats du détachement d’honneur, pour rejoindre le carré militaire du cimetière de Vaugirard où vous allez pouvoir reposer au milieu des Pensionnaires qui vous y ont précédé. Il me revient l'honneur d'être l'interprète de tous ceux qui vous entourent aujourd’hui, pour vous exprimer notre considération et notre chaleureuse affection.

 

Giacomo SIGNORONI, votre vie tout entière fut une épopée. Vous êtes né le 23 mai 1921 à Castagneto Po, un village situé à quelques kilomètres de Turin au cœur du Piémont italien, où votre père est cultivateur. Votre mère meurt en vous donnant naissance et vous perdez votre père à l’âge de huit ans. Orphelin, c’est votre marraine qui vous élève et qui vous inculque les valeurs de la patrie. C’est donc tout naturellement, que lorsque l’Italie se range aux côtés des Forces de l’Axe, vous décidez de vous engager et servez alors au sein de l’armée italienne.

 

Après avoir assisté à pas mal d’atrocités et constaté le démantèlement de votre nation, vous émigrez dans le sud de la France à la fin de la guerre. Devenu apatride, vous décidez en décembre 1945 de vous engager dans les rangs de la Légion Etrangère. Affecté à la 13e Demi-brigade de la Légion Etrangère, vous rejoignez votre unité stationnée à Bizerte en Tunisie. Désignée pour combattre en Extrême-Orient, la « 13 » commandée par le Colonel de SAIRIGNÉ, débarque à Saïgon le 3 mars 1946. Engagé en Cochinchine au sein de la 2e compagnie, vous êtes rapidement nommé caporal. Votre comportement au feu vous vaut de recevoir la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieures avec une première citation à l’ordre du régiment dès novembre 1946.

 

Promu caporal-chef le 1er mars 1947, vous êtes nommé sergent en octobre de la même année. Vous vous faites remarquer à nouveau le 6 mars 1948, en vous élançant à la tête de votre groupe pour venir en renfort des éléments de tête de votre compagnie. Blessé par balle à la poitrine au cours de cette action, vous êtes cité une nouvelle fois à l’ordre de la division.

A peine remis de votre blessure, vous vous portez volontaire pour rejoindre les premiers légionnaires parachutistes et êtes affecté en mai 1948 à la compagnie parachutiste du 3e REI à Hanoï. Au sein de cette unité, vous vous distinguez à maintes reprises et notamment le 28 janvier 1949 à Kham Thien dans la région d’Hanoï au Tonkin, où vous êtes une nouvelle fois blessé et cité à nouveau à l’ordre du régiment.

 

Vous assistez alors à la dissolution de cette compagnie parachutiste du 3e REI et à la création du 1er BEP. Arrivé au terme de votre séjour, vous embarquez en juin 1949 sur le Pasteur pour rentrer en Afrique du Nord. Après quelques mois passés à Sidi-Bel-Abbès, la Maison mère de la Légion Etrangère, vous êtes réaffecté à la 13e DBLE où vous rejoignez le 4e Bataillon en décembre 1949. Au cours de ce second séjour en Indochine, vous êtes promu sergent-chef en juin 1950. Vous rentrez sans encombre en Afrique du Nord en janvier 1952.

 

Vous repartez pour un troisième séjour indochinois en mars 1953. Affecté comme chef de la section pionniers au 1er Bataillon de la 13e DBLE, vous rejoignez en fin d’année le camp retranché de Dien Bien Phu. Quand on vous interrogeait à ce sujet, vous aviez coutume de dire « Là-bas, nous avons tous fait notre travail en soldat ». Au risque de froisser votre modestie, je voudrai tout simplement reprendre le texte de la citation qui accompagnait la concession de votre Médaille Militaire : « Sous-officier d’une bravoure faisant l’admiration de tous, lors des attaques qui se sont succédées pendant les mois de mars et d’avril 1954 à Dien Bien Phu (Vietnam du Nord), a fait preuve d’un rare sens du devoir en remplissant sans défaillance toutes les nombreuses missions qui lui étaient confiées, malgré les tirs particulièrement violent de l’artillerie et des armes de tout calibre. A combattu jusqu’à l’extrême limite de ses forces. Digne des plus belles traditions de la Légion Etrangère… ».

 

Blessé grièvement le 10 avril 1954, vous êtes nommé adjudant au feu six jours plus tard. Le 8 mai, à la chute du camp retranché, vous êtes fait prisonnier par le Viet Minh et malgré vos blessures, emmené en captivité dans des conditions épouvantables. Vous allez alors vivre l’enfer pendant plus de trois mois et demi avant d’être enfin libéré le 22 août. Rapatrié sanitaire en Afrique du Nord, vous bénéficiez d’une période de convalescence, avant d’être affecté au 5e Régiment étranger d’infanterie avec lequel vous effectuez un quatrième et dernier séjour en Indochine entre juillet 1955 et mars 1956.

 

Ensuite, ce sera la campagne d’Algérie, où vous prenez part à de nombreuses opérations au sein du 2e Régiment étranger d’infanterie puis au sein du 1er Régiment étranger de cavalerie dont vous me parliez ces derniers mois avec fierté et émotion.

 

Dans la même période, après avoir reçu la nationalité française en janvier 1956, vous avez épousé Mademoiselle Vincenza MARZIANO le 2 août 1958. Votre foyer accueille deux enfants qui vous entourent aujourd’hui, Elisabetta et Marcel. Le 30 novembre 1961, vous êtes rayé des contrôles de l’armée d’active, après avoir servi avec « honneur et fidélité » pendant 16 années dans les rangs de la Légion Etrangère. Retiré pendant quelques mois à Saïda où votre beau-père tient une pêcherie, vous rentrez en France en 1962 et installez votre famille à Saint Mandé.

 

Pendant près de vingt-cinq ans vous alternez différents emplois comme pigiste dans la publicité puis dans le domaine de la sécurité et du gardiennage. Vous consacrez également votre temps libre à votre famille que vous emmenez l’hiver sur les pistes de ski et l’été à Port-la-Nouvelle en bord de mer.

 

En 1987, vous faites valoir vos droits à la retraite et vous allez enfin pouvoir vous consacrer à votre passion de la lecture des livres d’histoire, ainsi qu’aux voyages. Très attaché au devoir de mémoire, vous êtes particulièrement impliqué dans les associations d’Anciens Combattants et au Souvenir Français de la Ville d’Issy-les-Moulineaux où vous résidez.

 

Victime d’un accident vasculaire cérébral à l’automne 2016, vous demandez votre admission à l’Institution Nationale des Invalides où vous êtes accueilli en qualité de Pensionnaire le 8 décembre suivant. Aux Invalides, vous retrouvez cette ambiance militaire que vous appréciez tant, en particulier les activités où vous retrouviez vos camarades Pensionnaires anciens légionnaires à Noël ou à Camerone. Depuis quelques temps nous constations avec tristesse la lente dégradation de votre état de santé. Vous nous avez quittés mardi après-midi à la veille de vos 97 ans.

 

A votre épouse Vincenza, à votre fille Elisabetta et votre fils Marcel, à leurs conjoints, à vos petits-enfants Océane, Maxence, Sébastien et Warren, à tous vos proches et amis, j’adresse en mon nom personnel, au nom du médecin général inspecteur Directeur de l’Institution, au nom de tous les médecins et du personnel, au nom de tous les bénévoles qui œuvrent dans le cadre de l’Institution, et surtout au nom de tous vos camarades Pensionnaires, nos plus vives et nos plus sincères condoléances.

 

Adjudant Giacomo SIGNORONI, vous êtes commandeur de la Légion d’honneur, Médaillé Militaire, titulaire de la croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures avec quatre citations dont une à l’ordre de l’armée, de la médaille coloniale avec agrafe Extrême-Orient, de la médaille commémorative de la campagne d’Indochine, de la médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord et de la croix du combattant.

 

En nous associant dans le recueillement à la peine de votre famille, et à celle de tous vos amis, de vos frères d’armes légionnaires, de tous ceux qui vous ont entouré ces derniers mois, nous allons vous rendre un dernier hommage, en nous levant pour entendre résonner, en présence de l'Etendard des Invalides, la sonnerie qui vous honore en cet instant : « Aux Morts ! »

 

 

Général de corps d’armée Christophe de SAINT CHAMAS

Gouverneur des Invalides »

 

 

 

Crédit photographiques :

 

  • Jacques Tchirbachian – Président de l’ANACRA
  • Gérard de Boissieu – Membre du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français

 

 

Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.
Eloge funèbre de Giacomo Signoroni, par le général de Saint-Chamas.

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Publié le 3 Juin 2018

Le trio des Fouga à l’entrée du musée du Bourget.

Le trio des Fouga à l’entrée du musée du Bourget.

Le 21 août 2016, su ce site Internet, j’écrivais dans un article intitulé « Morts en SAC, enfin reconnus », les phrase suivantes : « … une « Association du Mémorial des Aviateurs » vient de voir le jour. Son but, en liaison étroite avec le Musée de l'air et de l'espace du Bourget, est d'une part de mettre en place, sur l'esplanade du musée, un monument à la mémoire des aviateurs morts en service, et d'autre part d'installer, dans l'enceinte même du musée, une borne mémorielle permettant l'accès à une base de données rassemblant à terme plusieurs dizaines de milliers de noms, avec le maximum de renseignements sur chacun d'eux. »

 

Un peu moins de deux ans plus tard, pourquoi tous les adhérents du Souvenir Français doivent-ils se sentir concernés par l'état d'avancement de ce projet? La réponse à cette question se trouve dans les statuts de « l'Association du Mémorial des Aviateurs » qui stipulent, à l'article 6 : « Les membres de droit sont :

 

  • Le Directeur du Musée de l'air et de l'espace.
  • Le Maire de la commune de Dugny.
  • Le maire de la commune du Bourget.
  • Le Président du Souvenir français.
  • Le Président de l'association Les Ailes Brisées. » (*)

 

Que déduire de la présence « de droit » de notre président au sein de l'Association du Mémorial des Aviateurs ? Que d'une part le Souvenir Français est reconnu comme un des organismes incontournables parmi ceux qui promeuvent le devoir de mémoire, sans oublier le volet « air » de cette mission, et que d'autre part notre association juge l'initiative du Mémorial suffisamment importante pour décider, en approuvant ce choix, que son président puisse, de l'intérieur, en suivre, et peut-être au besoin, en compléter l'évolution.

 

Aujourd'hui, en mai 2018, on peut esquisser un premier « rapport d'étape ». Comme prévu, le « Mémorial des Aviateurs » comportera deux entités, le Monument, piloté par l'Armée de l'air, et l'Espace mémoriel, piloté par l'association :

 

  • Le projet retenu pour le monument a été conçu par Jean-Bernard Metais. Il sera implanté devant la porte d'entrée du Musée de l'air et de l'espace, sur l'aéroport du Bourget, au pied du trio des Fouga « Magister » aux couleurs de la Patrouille de France, et sera essentiellement constitué d'une pale d'hélice dressée verticalement, avec l’épitaphe « l'Armée de l'air, en hommage aux aviateurs » et portant les visages de deux légendes de l'aéronautique militaire, Georges Guynemer, mort au champ d'honneur, et Maryse Bastié, disparue en service aérien commandé. Si le calendrier est respecté, le monument pourrait être inauguré à l'automne, peut-être le 11 septembre, date anniversaire de la fin glorieuse du capitaine Guynemer.

 

  • L'Espace mémoriel sera, lui, implanté à l'intérieur du Musée, sans doute dans le hall dit « de la Cocarde ». Il se présentera sous la forme d'un produit multimédia accessible au public et permettant d'avoir accès à l'histoire des aviateurs morts dans l'accomplissement de leur mission. La constitution de la banque de données représente un travail considérable de recherche et de mise en mémoire. A ce jour plus d'un millier de fiches ont été réalisées et sont en cours de validation par un Conseil Scientifique et Historique, en donnant dans un premier temps la priorité à la période post-Guerre d'Algérie à nos jours, et à une sélection des « légendes » de l'aéronautique militaire.

 

Si de nombreux organismes, officiels ou privés, sont détenteurs des informations nécessaires et sont actuellement recensés et contactés par les équipes de l'association, il ne faut pas sous-estimer l'aide que peuvent apporter tous ceux qui ont découvert et photographié, au cours d'une promenade, une tombe oubliée en bordure de forêt, ou retrouvé dans leur grenier une boîte de souvenirs et de photos d'un aviateur de la famille, ou se souviennent des faits d'armes racontés par un ancien...

 

Communiqués à l'Association du Mémorial (**), ces photos, ces documents, ces lettres ou ces souvenirs peuvent permettre de compléter une biographie, rectifier une erreur, ou même réparer un oubli, action qui peut paraître, à tort, trop ponctuelle, voire insignifiante mais qui est au contraire indispensable pour que soit conservé le souvenir des aviateurs qui ont rejoint trop tôt le paradis des pilotes et des équipages disparus, car ...

 

« Quand on est oublié, c'est là qu'on meurt vraiment ».

 

 

 

Général de brigade aérienne (2s) Jean-Claude ICHAC

Président honoraire du Comité d'Issy-Vanves du Souvenir Français

 

 

(*)  Le Chef d'état-major de l'Armée de l'air, prévu dans une rédaction antérieure des statuts, à décidé, pour des raisons juridiques, de ne plus figurer dans cette liste.

 

(**) Association du Mémorial des Aviateurs : 5, rue Christophe Colomb, 75008 PARIS – Adresse email : memorialdesaviateurs@gmail.com

Projet du Mémorial des Aviateurs

Projet du Mémorial des Aviateurs

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Publié le 12 Mai 2018

La famille Mouchmoulian, installée dans le quartier des Epinettes à Issy dès les années 1930.

La famille Mouchmoulian, installée dans le quartier des Epinettes à Issy dès les années 1930.

La diaspora du XXe siècle est formée par les Arméniens de Turquie rescapés du génocide de 1915, en majorité des paysans anatoliens demeurés sur les terres ancestrales. Consécutive aux déportations massives, elle se caractérise par l'abandon sur la scène internationale de la question arménienne (1917-1923). Après la signature du Traité de Lausanne (1923), l'aide aux Arméniens devient exclusivement humanitaire. Désormais, cette minorité se transforme en une communauté apatride c'est-à-dire formée d'hommes privés de citoyenneté, et donc du droit de retour dans leur société d'origine. Nous ne devons pas oublier également l’existence du Vorpachkhar, "le monde des orphelins" qui désigne un archipel d'enfants privés de mémoire.

Cette communauté de réfugiés, démunie de tout statut juridique, connaît alors des périples migratoires. La narration de l'exode s'organise comme une longue marche ponctuée d'étapes.

Aujourd'hui, on estime à 6-7 millions le nombre des Arméniens dans le monde. Pour ce qui concerne la diaspora occidentale, les communautés les plus importantes sont celles des États-Unis, dont la majorité est installée au Massachusetts (Boston) et en Californie (Los Angeles, Fresno et San Francisco) et celle des pays de l'Europe communautaire (dont 350 000 en France). Il faut préciser le caractère approximatif de ce chiffre dans la mesure où la majorité a acquis la citoyenneté des « pays d'accueil », rendant le comptage difficile, ainsi qu'en raison de migrations permanentes et d'une géographie changeante de la diaspora qui tend de plus en plus à s'occidentaliser.

 

En France : les étapes de l'exil et la rencontre avec l'ancienne diaspora

La Société des Nations créa un Haut Commissariat (1923) pour régler le statut juridique de ces réfugiés dont les passeports portent la mention "sans retour possible". Dès 1924, sous l'impulsion du norvégien Fridtjof Nansen, la grande majorité reçoit le célèbre "certificat Nansen" leur assurant tout de même un minimum de protection.

La majorité des réfugiés arrive par bateaux entiers à Marseille. Les témoignages relatifs à cette époque nous restituent un univers instable d'embauches brèves et précaires. De nombreux intermédiaires délivrent des contrats de travail, aidés par le Bureau International du Travail (B.I.T.) et le Haut Commissariat pour les Réfugiés afin d'alimenter les industries françaises alors en quête d’une main d’œuvre. Connaissant l'habileté des Arméniens dans l'élevage du ver à soie, le tissage et le travail du cuir, certains commissionnaires iront recruter des Arméniens dans les foyers d'asile, notamment en territoire hellène pour alimenter les usines de soie artificielle de l'Ardèche, du Rhône, de la Drome, de la Loire, et les industries du cuir de Romans et de Vienne. Si beaucoup se fixent à Marseille après avoir trouvé de l'embauche dans les mines de charbon de Gardanne ou les savonneries, d'autres remontent la vallée du Rhône vers les filatures et industries d'Ardèche (Joyeuses, Pouzin) et d'Isère.

L'axe Marseille-Paris demeure le couloir migratoire le plus emprunté. Mais on assiste également à la mise en place d'un système organisateur des mobilités géographiques et résidentielles fondé sur le regroupement régional et le désir de rejoindre un parent, un ami du même village d'origine.

La plupart des Arméniens ont été naturalisés aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Ils ne formulent plus le souhait du retour au pays d'origine, exception faite du rapatriement de 7 000 personnes parties de France vers l'Arménie soviétique entre 1946 et 1947. Ce mouvement de retour ou Nerkaght reste un événement majeur de l'histoire contemporaine des Arméniens.

Enfin, les vagues migratoires des communautés d'Orient vers la France joueront un rôle essentiel dans la modification du paysage communautaire surtout depuis 1975, et contribueront à la diversification des pratiques ethnoculturelles. Désormais, on peut parler d'une communauté hétérogène, tant sur le plan culturel que social. La répartition spatiale des Arméniens en France demeure fidèle aux itinéraires du regroupement des années 1930 : entre Paris et la région parisienne, le long du sillon rhodanien (Valence, Romans, Saint Etienne, Vienne, Décines, Lyon) et dans les Bouches-du-Rhône (Marseille).

L’espace urbain et industriel isséen s’est avéré très favorable à l’implantation d’une forte colonie arménienne. Vers 1923, de nombreux réfugiés trouvent un emploi à la Cartoucherie Gévelot, les Peintures Lefranc, la Blanchisserie de Grenelle, etc. Issy-les-Moulineaux constitue de nos jours un pôle identitaire très important, tant d’un point de vue démographique que des structures d'organisation.

 

Le lien communautaire. L'invention de territoires

À Issy-les-Moulineaux, les modes de regroupement permettent de saisir les espoirs investis dans les nouvelles terres-refuges. Dans un premier temps, il s'agit pour les réfugiés, de poser en un lieu les fondations d'une existence non provisoire. L'aspiration à l'enracinement apparaît dans l'acquisition des terrains à bâtir. « Construire sa maison » devient l'objectif quasi-obsessionnel des familles. Celles-ci délaisseront très rapidement les zones marginalisées de la commune (île Saint-Germain) et les baraquements insalubres pour investir les hauteurs de la ville (La « Rue de la Dé » demeure un lieu-symbole de la présence arménienne sur la ville). Dans les débuts de l’exil, les pratiques d'appropriation de l'espace favorisent la reproduction de conduites communautaires inspirées des modèles familiaux, villageois, religieux et politiques propres au "pays d'origine".

Ainsi, les réseaux villageois fondés sur une même filiation régionale, constituent en 1925 de véritables réseaux de solidarité. Les originaires d’un même village développent des pratiques d'entraide au sein des quartiers : prêts sans intérêts entre les familles pour l'achat d'un terrain et la construction de petits pavillons en dur, prise en charge commune des enfants, mariages arrangés entre les familles. La notion de village arménien des années 1930 exprime une solidarité des quartiers formés dans la proximité des lieux d'habitations des familles, favorisant un univers du contrôle social et l'expression de pratiques codifiées selon les règles d'une société patriarcale.

 

Le légendaire national

L'aménagement concret de lieux de sociabilité permettra l'expression d'un imaginaire de la continuité et d'une "conscience d'appartenance" célébrant les événements fondateurs d'une histoire nationale.

À Issy-les-Moulineaux, la construction des églises confère au groupe une autonomie religieuse et contribue au marquage d'une différence culturelle. Cette officialisation de la présence arménienne a donné lieu à l'édification de Monuments aux Morts érigés par les associations arméniennes en souvenir des victimes de 1915, à des jumelages avec la ville sainte d’Etchmiadzine qui inaugurent de nouveaux échanges franco-arméniens, à toutes sortes de marqueurs identitaires (à l’exemple de la rue d’Erevan, de commerces et d’activités socio-professionnelles spécifiques). L'église apostolique arménienne devient un pôle d'attraction des mobilités quotidiennes (L'église et la "vie autour de l'Église", diront certains représentants communautaires). Les représentations collectives insistent sur le rôle fédérateur de l'institution religieuse dans la dispersion.

Dès les années 1920, les Unions nationales, corps mixtes de laïcs et de clercs ont appuyé l'Église et ont mis en place toutes les activités annexes. L'Église s'est constituée comme "un lieu de mémoire vraie", organisant chaque année le rituel du 24 avril, à l’occasion de la commémoration du génocide de 1915. Ces marches ou défilés intégrés dans les "temps communautaires" de rencontre, attestent d'une volonté de rendre visibles les fondements de la dispersion en déployant un récit national. Ce récit se déroule lors des offices et des grandes cérémonies religieuses, où la tradition liturgique des églises orientales, riche en symboles, vient remémorer ce lieu d'où l'on vient. Les pratiques culturelles de la communauté inculquent certaines valeurs du passé historique : rituels commémoratifs, enseignement d’une langue dite « maternelle », mythe du retour.

 

L'intégration sociale

Il y a de la première à la seconde génération, une transformation et un élargissement de l'éventail professionnel. Ainsi que le souligne Émile Temime, historien des migrations, « l'idée de progrès chez les Arméniens, c'est d'abord l'indépendance donnée par la profession, par une certaine spécialisation dans le travail ».

Les Arméniens rejettent la condition d'ouvrier dans l'univers industriel, par désir de renouer avec des codes de vie inscrits dans leurs logiques socioculturelles (le travail "indépendant", l'élan créateur du petit artisan) ; disposition essentielle pour "retrouver une dignité perdue". La deuxième génération née en France dans l'entre-deux-guerres, accélère le processus d'intégration et s'invente de nouvelles perspectives d'avenir en louant les vertus de l'ascension sociale et de la trajectoire socioprofessionnelle. L'intégration sociale et économique des Arméniens en France s'est accomplie de manière relativement rapide, avec une percée importante des professions libérales et l'accès aux métiers de l'enseignement, de la recherche, du spectacle et du sport. On remarque un dynamisme important et une inventivité étonnante pour l'esprit d'entreprise et la création artistique.

 

La structuration de la vie communautaire

La réalité communautaire se caractérise par l'existence d'espaces sociaux réactualisant un "droit à la mémoire". On assiste très tôt en diaspora à une sorte d'amplification du sentiment national (Hayabahbanoum) assumé à l'intérieur du champ de la collectivité par d'innombrables associations satellites des partis politiques. Les représentants affirmeront à cet égard qu'elles sont les relais indispensables pour la conservation de son arménité. Citons en ce sens, la JAF (Jeunesse arménienne de France) qui naît et connaît un vif succès dans le contexte français d'après-guerre et qui soutient l'Arménie soviétique, le mouvement de jeunesse Nor Seround (nouvelle génération) d'obédience Dachnak qui a formé des générations de militants pour "une Arménie libre, indépendante et réunifiée".

À Issy-les-Moulineaux, le tissu associatif demeure très dense : associations philanthropiques cultuelles, culturelles, sportives, compatriotiques, unions professionnelles, associations de femmes, d'anciens combattants, de scouts etc.

Enfin, depuis l’indépendance de l’Arménie en 1991, on assiste chez les communautés nées de l’exil à des participations actives pour l’aide à la reconstruction du pays.

 

Martine Hovanessian est anthropologue et chercheur au CNRS, auteur du Lien communautaire - Trois générations d'Arméniens (Paris, Armand Colin, 1992. réédition prévue aux Éditions l’Harmattan, pour février-mars 2007), et de Les Arméniens et leurs territoires (Autrement, 1995). Elle a résidé pendant de nombreuses années à Issy-les-Moulineaux.

 

 

Sources :

  • Site de la mairie d’Issy-les-Moulineaux
  • Site de François Montagnon.
  • Informations Geneviève G’Stell.
  • Site www.suzannegstell.canalblog.com
  • Archives de la famille Mouchmoulian.
  • Archives du Souvenir Français – Comité d’Issy – Vanves.
Les Arméniens habitaient principalement sur les hauteurs d’Issy-les-Moulineaux, que ce soit rue Madame, la rue du Plateau (devenue rue d’Erevan) ou le boulevard Rodin (de haut en bas).
Les Arméniens habitaient principalement sur les hauteurs d’Issy-les-Moulineaux, que ce soit rue Madame, la rue du Plateau (devenue rue d’Erevan) ou le boulevard Rodin (de haut en bas).
Les Arméniens habitaient principalement sur les hauteurs d’Issy-les-Moulineaux, que ce soit rue Madame, la rue du Plateau (devenue rue d’Erevan) ou le boulevard Rodin (de haut en bas).

Les Arméniens habitaient principalement sur les hauteurs d’Issy-les-Moulineaux, que ce soit rue Madame, la rue du Plateau (devenue rue d’Erevan) ou le boulevard Rodin (de haut en bas).

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Issy d'antan

Publié le 1 Mai 2018

Hélène et Victor Basch.

Biographie.

Victor Basch nait en Hongrie en 1863, au sein d’une famille juive. Il est le fils de Raphaël Basch et de Fanny Weissweiler. Une dizaine d’année plus tard, la famille s’installe à Paris. Le jeune Victor fait de brillantes études au lycée Condorcet, puis entre à la Sorbonne où il étudie l’Allemand et la philosophie. Il se marie le 7 novembre 1885, au temple de Pest (en face de la ville de Buda, en Hongrie) avec Ilona Fürth, qui deviendra Hélène Basch. Nommé professeur l’année suivante, les Basch – qui viennent d’obtenir la nationalité française – s’installent d’abord en Bretagne à Rennes où Victor vient de recevoir son affectation.

Ils vont vivre une  vingtaine d’années à Rennes, de 1887 à 1906. Victor Basch est professeur de philosophie. Le couple prend fait et cause pour le capitaine Dreyfus, l'affaire qui déchire la France. En 1898, Victor Basch participe à la fondation de la Ligue des droits de l'homme, avec Lucien Herr et Ludovic Trarieux. La Ligue a alors pour but de sensibiliser l'opinion publique à l'injustice faite à Dreyfus. Victor Basch en deviendra le quatrième président national, en 1926.

En première ligne lors de la révision du procès à Rennes, en 1899, les Basch reçoivent les partisans de Dreyfus chez eux, au Gros-Malon, militent, organisent... Reconnu sur les quais, place Pasteur, Victor Basch est pris à parti par un groupe d'anti-dreyfusards qui essayent de le jeter dans la Vilaine.

Le couple s'installe à Paris en 1913. Intellectuel engagé, socialiste anticonformiste, Victor Basch s'inquiète très tôt de la montée du nazisme en Allemagne. Il apporte son soutien aux Républicains espagnols, milite contre l'extrême-droite et joue un rôle moteur dans la création du Front populaire.

Inquiétés dès les débuts de l'occupation (son logement est pillé, Victor Basch perd ainsi nombre d'écrits entreposés dans l'appartement), ils fuient en zone libre, en 1940, et s'installent dans le quartier de Saint-Clair à Caluire-et-Cuire, exactement au 116, Grande-rue-Saint-Clair. Investi dans la défense des droits de l'Homme et dans la franc-maçonnerie, Victor Basch est recherché par Vichy.

En janvier 1944, la milice de Lyon, dirigée par Paul Touvier, repère Victor Basch à Caluire-et-Cuire. Le 10 janvier 1944, accompagné d'une dizaine de miliciens (en particulier Lécussan, le chef régional de la milice) et du Lieutenant Moritz de la Gestapo, il participe lui-même à l'arrestation de Victor Basch et de son épouse Hélène, âgée de 79 ans, qui refuse de le laisser. Lécussan racontera par la suite : « Moritz jugea Victor Basch trop âgé pour pouvoir l'arrêter, et nous décidâmes de l'exécuter » ; Lécussan, accompagné d'autres miliciens et de Moritz, conduira alors le couple à Neyron dans l'Ain où Victor et Hélène Basch seront abattus de plusieurs coups de feu, le soir même.

Lécussan reconnaîtra avoir abattu lui-même Victor Basch ; Gonnet se chargeant d'assassiner Hélène Basch de deux balles de pistolet. Sur le corps de Victor Basch, sera retrouvé un écriteau laissé par les miliciens sur lequel était inscrit : « Terreur contre terreur. Le juif paie toujours. Ce juif paye de sa vie l'assassinat d'un National. À bas De Gaulle-Giraud. Vive la France. » — Comité National Anti-Terroriste, région lyonnaise.

Victor et Hélène Basch sont inhumés à la Nécropole nationale de la Doua, à Villeurbanne.

 

Hommages posthumes.

Son nom a été donné à de nombreuses rues et écoles de France : En effet, il existe une place Victor-Basch à Lyon 7e, une rue Victor-Basch à Décines (69), à Villeurbanne (69) à Arcueil, à Montrouge, à Vanves, à Vincennes, à Thiais, à Charenton-le-Pont, à Noisy-le-Grand, à Sotteville-lès-Rouen, à Sainte-Geneviève-des-Bois, à Massy, à Saint-Étienne, à Jeumont, à Bourg-en-Bresse, à Taverny, à Rennes, à Dinan, à Vandœuvre-lès-Nancy, à Vannes, à Roanne, à Riom, au Blanc-Mesnil (93), à Saint-Cyr-l'École (78), à Cenon (33), à Hyères ainsi qu'à Saint-Dizier (52), à Nogent-sur-Marne (94), à Cavaillon (84), à Saint-Yzan-de-Soudiac (33), en Arles (13) et à Saint-Quentin (02).

A Vanves, l’avenue Victor et Hélène Basch est perpendiculaire à la rue René Coche et s’arrête à la rue Ernest Laval.

À Caluire-et-Cuire, dans le quartier Saint-Clair, où il fut arrêté avant son assassinat, une école porte son nom. Un mémorial, le mémorial Hélène-et-Victor-Basch est érigé à Neyron, à l'endroit où Victor Basch fut assassiné par la milice ; de plus, La place de la mairie de Neyron se nomme place Victor-Basch. Enfin, à proximité du mémorial, passe le viaduc Hélène-et-Victor-Basch de l'A46.

À Rennes où Victor Basch a été professeur de philosophie, de 1887 à 1906, un lycée a été baptisé lycée Victor-et-Hélène-Basch. De plus, deux amphithéâtres, un de l'Université Rennes 2 situé sur le campus de Villejean et un de l'université Rennes 1 sur le campus de Beaulieu portent son nom.

En 2010, le STIF décide de donner son nom à une station de la Ligne 2 du tramway d'Île-de-France située dans la commune de Colombes. Le 16 avril 2014 à l'initiative de la LDH (Ligue des Droits de l'Homme), une plaque commémorative a été inaugurée en l'honneur de Victor et Hélène Basch à Montrouge, à l'angle de la rue Victor-Basch et de la rue Carvès. Cette plaque rappelle que Victor Basch présida les Assises de la paix et de la liberté, au stade Buffalo à Montrouge, le 14 juillet 1935, événement fondateur du Front populaire.

 

Œuvres littéraires.

 

  • La Poétique de Schiller.
  • La Vie intelectuelle à l’étranger.
  • L’Aube : proses de guerre, Paris, Librairie Félix Alcan, 1918.
  • Les Origines de l’individualisme moderne.
  • Le Maître problème de l’esthétique, 1921.
  • Etudes d’esthétique dramatique, Librairie française.
  • Essai d’esthétique de Kant, 1936.

 

 

Sources :

  • Archives du Journal Ouest France.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet du Musée de la Résistance.
  • Françoise Basch, Victor Basch ou La passion de la justice : de l’affaire Dreyfus au crime de la Milice, Plon, 1994.

 

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Publié le 8 Avril 2018

Les Corses dans la guerre d'Indochine.

 

Le soldat d’Indochine.

 

Dans ses recherches, l’historien Michel Bodin a fait le compte et l’analyse des soldats de la métropole et de l’Empire français qui ont combattu en Indochine. Sur le demi-million de soldats, 65.000 étaient des légionnaires, 55.000 des Africains et 110.000 des Nord-Africains. En métropole, ce sont les départements de l’Est, à l’exception de l’Alsace, des Ardennes au Lyonnais, et ceux de l’Ouest, du Cotentin au Périgord, qui ont fourni le plus de soldats au corps expéditionnaire avec ceux de la Corse, du Vaucluse et des Pyrénées-Orientales.

 

Globalement, de nombreux facteurs entrent en compte : les jeunes qui s’engagent ne choisissent pas forcément d’aller en Indochine – même s’ils le peuvent. Ils sont recrutés dans des unités qui sont ensuite désignées pour partir en Indochine. Bien entendu, ceux qui prennent les troupes coloniales savent qu’ils ont plus de chance de partir que les autres.

 

Ce sont les régions les plus défavorisées et à forte natalité qui donnent le plus de soldats. Il n’est pas étonnant non plus que les trois quarts des soldats viennent des milieux modestes, notamment du monde ouvrier. Ils sont, en général, peu qualifiés : près de la moitié n’a pas de diplôme, et ils sont souvent sans profession et chômeurs. Leur engagement s’explique moins par des motifs idéologiques que par des raisons économiques, d’autant que la solde est plus élevée d’un tiers en Extrême-Orient.

 

De plus, les régions d’origine de ces soldats sont en crise : économie non en adéquation avec la démographie : certaines zones ont une population supérieure aux débouchés sur le marché local du travail. Les jeunes choisissent donc de partir. Il y a aussi des traditions familiales comme il y a des traditions locales : les Savoyards sont nombreux à partir vers Paris dans le courant du 19e siècle. Pour toutes les raisons évoquées ci-avant et parce que Paris contient une diaspora savoyarde importante, structurée, qui permet donc l’accueil des nouveaux arrivants.

 

Le cas de la Corse.

 

La Corse est exactement dans cette configuration, à laquelle il convient d’ajouter des spécificités locales. Une démographie soutenue face à une économie centrée sur la sédentarisation : céréaliculture et arboriculture (olivier en Balagne, châtaignier en Castagniccia).

 

Au cours du 19e siècle, l’arrivée des farines venues du continent – moins chères – déstabilise de nombreux producteurs locaux. De plus, les terres cultivables ne sont pas extensibles. De nombreux producteurs de châtaignes décident donc de reconvertir leur production « d’arbre à pain » en « arbre à planches ». Compte tenu du caractère insulaire de la Corse, la révolution industrielle, née de la vapeur, ne s’est pas développée comme ailleurs en France. Les investissements industriels sont rares, pour ne pas dire inexistants.

 

De nombreux Corses décident donc de quitter leur île. Comme les Savoyards ou d’autres populations, la diaspora et le caractère communautaire sont très actifs. « On va dans cet endroit car on sait qu’on aura un relais local » pourrait-on résumer. Si l’exil est réel sur les départements du Var et des Bouches-du-Rhône, de nombreux exemples sont aussi mis en avant – racontés dans les veillées comme dans les cafés – des Corses qui ont réussi dans l’Empire colonial.

 

En Indochine, entre 1900 et 1942, 15 % des Administrateurs sont Corses, comme 20% des personnels de la Justice et de la magistrature. S’il y a de nombreux fonctionnaires corses en Indochine, les exemples sont légions dans les domaines de la presse, de l’enseignement, mais aussi du commerce, de l’hôtellerie et des plantations d’hévéas.

 

Pierre Pucci.

 

Pierre Pucci est l’un de ces exemples. Installé à Issy-les-Moulineaux au moment de son incorporation, il s’engage dans l’armée de terre et intègre les troupes coloniales, à savoir le 6e régiment de tirailleurs algériens (6e RTA) dont le casernement est situé à Tlemcen, dans l’Oranais en Algérie.

 

Le régiment est de toutes les batailles de la Première Guerre mondiale, puis de la Guerre du Rif au Maroc (1925-1926) et de la Seconde Guerre mondiale. Comme la majeure partie des unités coloniales, le 6e RTA fait plusieurs séjours en Indochine.

 

Le 21 décembre 1951, alors qu’il est en opérations au Tonkin, le sergent-chef Pierre Pucci est tué au combat, à Phuong-Mao. Il avait 37 ans.

 

Son nom est inscrit sur le monument aux Morts de la ville d’Issy-les-Moulineaux, comme également sur celui de sa commune de naissance, Livia, en Corse.

 

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Britannica.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Travail universitaire sur les migrations corses, par Fernand Nicolas, sous la direction du professeur Pomponi.
  • Site : www.patincoufin.org
  • Michel Bodin : Soldats d’Indochine, Ed. Recherches asiatiques ; Soldats d’Indochine, 1945-1954, Ed. Outre-Mers – Revue d’histoire, 1998.
  • Georges Fleury, La Guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Recherches dans les archives des Bulletins de l’Ecole français d’Extrême-Orient d’archéologie.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine