Publié le 16 Décembre 2017

L'église Saint-Joseph de Shanghai.

L'église Saint-Joseph de Shanghai.

L’histoire des premières années de la Concession française de Shanghai est digne d’un grand roman d’aventures. Elle est faite d’une poignée d’individus qui eurent le courage d’affronter des conditions particulièrement difficiles : celle d’un terrain marécageux et insalubre, situé à l’étroit entre les hauts murs d’une ville chinoise indifférente et la sourde hostilité de la Concession anglaise dont elle était séparée par un petit canal.

 

Il n’était alors pas rare que les maladies fassent des ravages dans les rangs de ces véritables aventuriers. Tel est le cas de Blanche Schmidt, fille cadette du premier Consul de France à Shanghai, dont la trace de la mort poignante est encore visible aujourd’hui.

Charles de Montigny.

Charles de Montigny.

Blanche, fille de Charles de Montigny, premier Consul de France à Shanghai

 

Blanche n’est qu’une enfant quand elle débarque à Shanghai le 25 janvier 1848 : elle a 8 ans. Sa sœur aînée, Nina, n’en a quant à elle que 12.

 

Première famille française « expatriée » de l’histoire de Shanghai, elles accompagnent avec leur mère (elle-même accompagnée de sa mère et de sa sœur), leur père diplomate, Charles de Montigny, qui a été envoyé en Chine par le roi Louis-Philippe afin d’exécuter le Traité de Whampoa (signé en 1844). Il a pour mandat d’ouvrir le premier consulat de France à Shanghai et d’y établir une Concession française – à l’image de ce que les Anglais et les Américains, ont déjà fait.

 

La mission est semée d’embûche, les conditions difficiles. La famille vit alors dans une petite habitation, « précaire et misérable » faite de bois et de torchis, régulièrement inondée par les crues du Huangpu. Le domestique de la famille, Pierre Breton, y meurt de dysenterie le 4 novembre 1848 (ce qui fait de lui le premier Français laïc à mourir à Shanghai).

 

Dominique Rémi, initiateur de la Concession française de Shanghai

 

Durant ces premiers mois particulièrement difficiles, Charles de Montigny se lie au tout premier commerçant français qui souhaite s’établir à Shanghai : un certain Dominique Rémi, négociant en vins et spiritueux, et importateur d’horloges. Sa demande d’acquisition d’un terrain offre au Consul le prétexte pour réclamer aux autorités chinoises l’établissement d’une Concession : « Par l’article 22 du traité de paix et de commerce entre la France et la Chine, il est dit que tout Français arrivant dans un des cinq ports ouverts au commerce pourra louer ou affermer des terrains […]. Le Consul demande en conséquence […] que soit fixé un quartier pour les concessions à faire aux Français à Changhai » tel est le contenu de la lettre adressée par le diplomate aux autorités de Shanghai en août 1848.

 

Après de longues et âpres négociations, un accord est finalement arraché : le 6 avril 1849 nait la Concession française de Shanghai.

 

Edouard Schmidt, neveu de Dominique Rémi

 

En 1856, Edouard Schmidt, neveu de Dominique Rémi, rejoint son oncle à Shanghai et devient son associé : l’entreprise Rémi devient alors Rémi Schmidt et Cie. Edouard en prend la direction à Shanghai (quand son oncle est absent, ce qui est très fréquent).

 

Dans les pas de Rémi et profitant des facilités offertes par la Concession, des maisons françaises de commerce vont alors lentement s’établir dans l’enclave française : elles seront neuf en 1862. Cette année-là, la population du territoire s’élèvera à une centaine de personnes, dont neuf femmes seulement !

 

Union des familles de Montigny et Rémi-Schmidt

 

Les familles de Montigny et Rémi-Schmidt vont, dans ce contexte, s’unir de façon très officielle : le 17 juillet 1861 lors d’une unique cérémonie célébrée dans le VIIIème arrondissement de Paris, Nina, la fille ainée des Montigny prend pour époux Dominique Rémi et, Blanche, la fille cadette, épouse Edouard Schmidt. Double mariage, mêmes témoins, mêmes familles. Les intérêts politiques s’unissent avec les intérêts économiques : vive la Concession française de Shanghai !

 

Fin tragique

 

Les jeunes époux Schmidt regagnent Shanghai dès avril 1862. Mais le bonheur des premiers mois de mariage sera de courte durée : le 29 août 1862, Blanche succombe au choléra, maladie qui faisait alors des ravages dans la population étrangère. Elle avait 22 ans.

 

Le Consul Edan, successeur de Charles de Montigny, aura la lourde tâche d’annoncer la nouvelle aux parents. « Une chambre de la maison Schmidt a été transformée en une chapelle ardente où nous avons fait transférer le cercueil jusqu’à qu’il pût être déposé dans une des chapelles de la nouvelle église » écrit-il dans une lettre datée du 3 septembre.

 

Eglise Saint-Joseph

 

La « nouvelle église » mentionnée par le Consul Edan est l’Eglise Saint-Joseph du Yangkingpang. Première église catholique de la Concession française, elle fut pendant les décennies qui suivirent (jusque dans les années 40) l’église des hauts dignitaires français : le Consul et sa famille y disposaient au premier rang de places réservées.

 

Saint-Joseph s’élève encore aujourd’hui à à peine 300m du Huangpu, au croisement de Sichuan Nan Lu (alors Rue Cousin-Montauban) et Jinling Dong Lu (alors Rue du Consulat). Construite entre 1859 et 1862, au temps du Consul Edan, elle remplaçait alors une première église en bois.

La sépulture de Blanche Schmidt.

La chapelle du Souvenir

 

En 1862, Blanche y sera inhumée, dans une « chapelle qui se trouve à gauche, près de l’entrée, en face des fonts baptismaux, et construite entièrement en dalles et blocs de granit. »

 

La petite chapelle « à gauche, près de l’entrée » existe encore. Son portique est décoré d’un vitrail portant une ancre de marine.

 

Au-dessus du vitrail, incrustée dans le mur et perdue dans la pénombre, a survécu une plaque en latin (très probablement d’origine) qui reprend le même contenu : une dédicace d’une mère endeuillée à sa fille partie trop tôt. A la lumière d’une torche, on peut y lire : MATRI DOLOROSA / IN MEMORIAM / BLANCHAE MARIA SCHMIDT / NATAE DE MONTIGNY / 1862. Ce qu’on peut traduire ainsi : Douleurs d’une mère / En mémoire de / Blanche Marie Schmidt / née de Montigny / 1862.

 

La sépulture de Blanche Schmidt, née de Montigny

 

Un court entretien avec le curé actuel et une consultation de sites internet chinois (une recherche sur le net français ou anglais n’ayant rien donné) nous laissent penser qu’il s’agit bien du lieu de la sépulture de Blanche Schmidt, née de Montigny.

 

Celui-ci a survécu aux vicissitudes de l’histoire : en 1966 les gardes rouges n’ont pas dû remarquer la plaque en latin, qu’ils auraient alors selon toute vraisemblance réduite en miettes (comme cela s’est produit dans d’autres lieux de culte, la religion étant alors assimilée à une superstition féodale qu’il fallait éradiquer de la Chine maoïste). Ils n’ont également pas compris qu’il s’agissait d’un lieu de sépulture, puisque rien ne l’indique, si ce n’est les vagues messages sur le vitrail et sur la plaque en latin qu’il leur aurait fallu apercevoir et traduire.

 

Le corps de Blanche de Montigny repose donc très probablement encore sous les dalles de la chapelle achevée en 1862. A Shanghai au début de l’ère des Concessions, il n’était alors pas rare que l’aventure s’achève en tragédie…

 

 

 

 

Sources :

 

  • Souvenir Français de Chine et d’Asie – Délégué général : Claude R. Jaeck.
  • Site internet du Souvenir Français de Chine : www.souvenir-francais-asie.com
  • Texte David Maurizot.
  • Histoire de la Concession française de Changhai, Ch. B. Maybon et Jean Fredet, Plon, 1929.

 

La sépulture de Blanche Schmidt.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 19 Novembre 2017

La discrète.

C’est par le plus grand des hasards – et grâce au Daily Telegraph ! – que l’on apprend le décès, à l’âge de 97 ans, de Jeannette Guyot (épouse Gaucher), survenu le 10 avril 2016.

Née le 26 février 1919 à Chalon-sur-Saône, Jeannette Guyot ne tarde pas à rejoindre les rangs de la Résistance alors que la moitié de la France est occupée par l’armée allemande.

Jusqu’en août 1941, Jeannette Guyot est ainsi membre du réseau Amarante, dirigé par Félix Svagrowsky et rattaché au BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) de la France Libre. Grâce à un laissez-passer allemand (Ausweis), elle s’occupe alors de faire passer des agents en zone sud, administrée par le régime de Vichy.

Par la suite, Jeannette Guyot rencontre le colonel Rémy (Gilbert Renault), le chef du réseau Confrérie Notre-Dame, basé à Paris. Elle devient alors agent de liaison et, à ce titre, est chargée de transmettre des renseignements en zone sud, tout en continuant ses activités de passeur.

Seulement, en février 1942, elle finit par être arrêtée et emprisonnée pendant trois mois à Châlons-sur-Saône, puis à Autun. Malgré la dureté des interrogatoires, elle restera muette. Ne pouvant retenir aucune charge contre elle, les Allemands la remettent en liberté, après lui avoir toutefois retiré son Ausweis. Mais cela ne l’empêche nullement de reprendre ses activités au sein du réseau du colonel Rémy.

Mais ce dernier va connaître une déconvenue quelques mois plus tard, avec la trahison d’un certain Pierre Cartaud. Et Jeannette Guyot par se réfugier à Lyon. Là, elle rencontre Jacques Robert, qui est en train de créer le réseau Phratrie, qui, également rattaché au BCRA, aura pour mission de collecter du renseignement, se livrer à des actions de sabotage et à aider les aviateurs alliés abattus à regagner le Royaume-Uni.

Cependant, avec l’invasion de la zone sud par les troupes allemandes, en novembre 1942, l’étau de la Gestapo se resserre autour de Jeannette Guyot. Décision est donc prise de l’exfiltrer en Angleterre. Ce qui sera fait dans la nuit du 13 mai 1943, grâce à un avion Lysander de la Royal Air Force.

Arrivée à Londres, Jeannette Guyot retrouve le colonel Rémy et prend le pseudonyme de « Jeannette Gauthier ». Toujours affectée au BCRA, elle se voit confier des tâches administratives qui ne lui conviennent guère.

Après avoir fait des pieds et des mains pour retrouver le terrain, elle est affectée à l’école de Praewood House, près de St-Albans (à 40 km de Londres), où 120 volontaires doivent être formés aux techniques du renseignement militaire par des instructeurs l’Intelligence Service (IS) de l’Office of Stratégique Service (OSS), en vue du plan Sussex, dont l’enjeu était alors de collecter le maximum d’informations possibles sur l’ordre de bataille allemand afin de préparer le débarquement allié en Normandie.

Le 8 février 1944, Jeannette Guyot, promue lieutenant, est parachutée près de Loches avec le commandant Marcel Saubestre, le capitaine Georges Lassale et le radio Pierre Binet, dans le cadre de l’opération Calanque. Leur mission est alors de trouver des caches sûres pour les agents Sussex. Une tâche rendue compliquée par la Gestapo et ses moyens de détection des émissions radio.

À Paris, le lieutenant Guyot cache l’opérateur radio de son équipe au « Café de l’Electricité », située à Montmartre, à deux pas d’un bureau de la… Gestapo. « Je savais quel genre de travail elle venait faire et quand elle m’a demandé si j’étais prête à l’aider, j’ai répondu oui, sans la moindre hésitation », expliquera à la BBC, la propriétaire du bistro, qui sera rebaptisé « Café des Sussex » à la fin de la guerre.

Malgré les risques, Jeannette Guyot accomplit ainsi sa mission et envoie donc régulièrement des renseignements de la plus haute importance à Londres.

Après la libération de Paris, le 25 août 1944, sa mission prend fin. Et Jeannette Guyot retrouve un emploi de bureau à la nouvelle Direction générale des études et recherches (DGER). Malheureusement, elle apprend la déportation en Allemagne de ses parents. Son père n’en reviendra pas.

En juin 1945, Jeannette Guyot quitte le monde du renseignement et épouse Marcel Gauchet, un agent Sussex. Et, depuis, elle n’a apparemment jamais évoqué publiquement son action au sein de la France Libre… alors qu’elle était titulaire de la Légion d’Honneur, de la Croix de Guerre avec palmes, de British George Medal et qu’elle fut l’une des rares femmes à avoir reçu la Distinguished Service Cross américaine au titre de la Seconde Guerre Mondiale pour son « héroïsme extraordinaire lors d’opérations militaires. »

 

Ainsi, en France, une héroïne s'est éteinte dans le plus grand silence. 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Site Internet Opex 360.
  • Site Internet de l’hebdomadaire Le Point.

 

 

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Publié le 7 Novembre 2017

Louise Zazzera et sa petite-fille Margaux, à l’entrée du cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

Louise Zazzera et sa petite-fille Margaux, à l’entrée du cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves a quêté devant le cimetière. Conformément aux éléments présentés dans le Journal Officiel, cette quête s’est déroulée du samedi 28 octobre au mercredi 1er novembre 2017.

Nous tenons à remercier les services techniques de la ville pour avoir pavoisé la place du Souvenir Français (elle se trouve à droite en sortant du cimetière, rue de l’Egalité), Monsieur Michel Raineri du protocole, le commissariat, toute l’équipe du cimetière emmenée par Monsieur Gandolfo, ainsi que les quêteurs, bien entendu.

Nous tenons aussi et surtout à remercier tous les donateurs. Il y a quelques années en arrière, la quête du Souvenir Français se résumait à une présence le 1er novembre pendant quelques heures seulement et 50 Euros. Cette année, les quatre jours de quête ont rapporté près de 700 Euros soit pratiquement autant que l’année dernière, qui avait été un cru exceptionnel !

Que chacun et chacune d’entre vous, qui avez donné, soit mille fois remerciés. Cette somme ira à la réfection de tombes et de monuments de celles et ceux qui sont morts pour la France et que l’on n’oublie pas, afin que, comme le disait Roland Dorgelès, « ils ne meurent pas une deuxième fois » !

Mais les événements ne sont pas terminés ! Vendredi 10 novembre, à 18h20, devant le monument aux Morts de la ville, se dérouleront les Flammes de l’Espoir et le Souvenir Français assurera la vente du Bleuet de France, le 11 novembre à l’occasion des cérémonies commémorant l’armistice de 1918.

 

Merci pour tant de générosité.

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Publié le 5 Novembre 2017

Paras du 1er RCP pendant l'Opération Léa.

Paras du 1er RCP pendant l'Opération Léa.

La conciliation du général Leclerc.

 

Après l’échec du coup de force du Vietminh le 19 décembre 1946, le général Leclerc est envoyé en Indochine pour une mission d’information. Le rapport qu’il rédige lors de son retour à Paris conseille une négociation par voie politique, avant d’être contraint par les armes. Le gouvernement signe alors les accords Jean Sainteny – Ho Chi Minh : la France reconnait la république du Viêt-Nam comme Etat libre faisant partie de la Fédération indochinoise et de l’Union française. Les troupes françaises peuvent revenir à Hanoi.

 

Mais les choses s’enveniment, de part et d’autre. Un peu comme si Français et communistes vietnamiens avaient dès le départ su que seule la guerre pouvait être la solution. Les premiers bombardent Haiphong quand les seconds multiplient coups de mains et attaques de colons.

 

L’instruction du 27 mars 1947.

 

L’instruction que le gouvernement adresse le 27 mars 1947 au Haut commissaire de France en Indochine et au commandant supérieur des troupes d’Indochine est claire, concise et ferme. Les zones passées sous le contrôle du Vietminh seront reprises et celui-ci sera coupé de ses bases de ravitaillement chinoises.

 

Les moyens nécessaires pour atteindre cet objectif ne sont pas définis. Il appartient donc aux destinataires de les évaluer et de les demander. Le général Valluy, commandant supérieur des troupes, estime qu’il faut porter l’effectif du corps expéditionnaire à 50.000 hommes (ce qui est peu vu l’étendue du territoire) auxquels il faut ajouter les formations régulières et supplétives se recrutant localement. Le gouvernement satisfait cette demande. Mais une partie de ce renfort est détournée de sa destination initiale. Il va combattre à Madagascar la partie de la population qui s’est soulevée en avril 1947. Valluy disposera seulement de 35.000 hommes pour remplir sa mission. Sauf en de rares occasions, les conquêtes coloniales en Afrique subsaharienne et en Indochine s’étaient faites avec des effectifs modestes. Pourquoi ne pas continuer face au Vietminh ?

 

La stratégie de Giap.

 

En décembre 1946, Vo Nguyen Giap, le commandant de l’armée du Vietminh, se croit assez fort pour contraindre l’armée française à évacuer le Tonkin et le nord de l’Annam. Tirant la leçon de cet échec, il fait sien un principe napoléonien : être le plus fort en un point donné. La situation militaire du Vietminh l’amène à le reformuler ainsi : « L’ennemi se trouvant en face d’une contradiction : sans disperser ses troupes, il lui était impossible de conserver le terrain envahi ; en les dispersant, il se mettait lui-même en difficulté… S’il concentrait des troupes pour faire face à notre action, il lui devenait difficile, impossible de garder le terrain acquis ». Fort de ces renseignements, qu’il recueille par de nombreuses sources, il va opposer cette stratégie à la stratégie de reconquête suivie par les troupes françaises pendant les opérations Léa et Ceinture.

 

Le plan du général Salan.

 

Le général Valluy délègue au général Salan, commandant les troupes françaises en Indochine Nord, la conception et la conduite des opérations destinées à chasser le vietminh des territoires qu’il contrôle (au nord du Tonkin) et à implanter une ligne de poste le long de la frontière chinoise. Dans ce but, Salan monte une opération principale : Léa, mobilisant plus de 16.000 hommes des trois armées. Elle doit prendre le contrôle de deux axes routiers : les routes coloniales (dénommées RC) 4 puis 3 et de la région de Phu Doan – Tuyen Quang – Backan – Vietri. Il se greffe autour de Léa des opérations annexes. L’opération Geneviève, simultané à Léa réimplante les troupes françaises en pays Thaï. L’opération Ceinture prend la suite de Léa dans le quadrilatère Tuyen Quang – Thaï Nguyen- Phu Lang Thuong – Vietri. La préparation de Léa est d’une extrême minutie. La planification logistique de l’action du groupement aéroporté est faite selon un modèle américain : elle remplit plusieurs centaines de pages.

 

Les forces en présence.

 

Pour Léa, les forces terrestres s’articulent en trois groupements. Le groupement S aux ordres du lieutenant-colonel Sauvagnac est formé de trois bataillons parachutistes et une section du génie parachutiste soit 1.200 hommes. Agissant par détachements isolés, il est aéroporté et ravitaillé par 35 avions. Le groupement C aux ordres du colonel Communal comprend deux bataillons d’infanterie, un escadron blindé, un groupe d’artillerie et une compagnie du génie. Il est mis en place par voie fluviale par trois flottilles alignant 20 bâtiments de débarquement. Enfin, le groupement B du colonel Beaufre interviendra par voie terrestre à partir de Langson. Fort de 8.000 hommes, il comprend 5 bataillons d’infanterie, les blindés du RICM, deux groupes d’artillerie et plusieurs compagnies du génie.

 

Ces groupements sont opposés à 26.000 hommes du Vietminh. La moitié d’entre eux est incorporée dans quatre régiments de réguliers. L’autre moitié forme un ensemble disparate mêlant l’école d’infanterie du Vietminh, des services et des milices mobilisables sans délai, sur place. Cet ensemble n’est pas motorisé et son artillerie se limite à quelques mortiers de 81. Il est susceptible de se renforcer dans un bref délai par des armes provenant de Chine. C’est pourquoi le commandement estime qu’il y a urgence à intervenir.

 

Deux mois d’opération.

 

Le 7 octobre 1947, deux détachements sont parachutés à Bac Kan et Cho Moï. Le groupement B part de Langson pour Cao Bang. Le groupement est bloqué à Hanoi par une crue du Fleuve Rouge qui interdit à la flottille le passage sous le pont Doumer. Le 9, le troisième détachement parachutiste s’empare de Cao Bang. Le lendemain, il prend la direction du sud pour faire liaison avec le groupement C qui prend Tuyen Quang le 13 octobre.

 

Jusqu’à présent, le Vietminh a refusé le combat. A partir du 22 octobre, il se fait plus mordant. Par des attaques et des embuscades, il fait 38 morts dans les rangs français qui entreprennent le nettoyage systématique de la zone. Léa se termine le 14 novembre.

 

Le 19 novembre, les mêmes troupes, du moins celles qui ne sont pas immobilisées par la garde des postes, s’attaquent aux troupes et aux installations du Vietminh implantées dans le quadrilatère Tuyen Quang – Thaï Nguyen – Phu Lang Thuong – Viétri. L’opération Ceinture s’achève le 14 décembre.

 

Bilan.

 

La maîtrise de la logistique, le contrôle de la RC4 et de la RC3, les pertes humaines du Vietminh ne doivent pas faire illusion : Léa et Ceinture sont des échecs. Le gouvernement du Vietminh n’a pas été démantelé. En dépit des morts, le dispositif politique et militaire du Vietminh n’est pas sérieusement atteint. Soit, les RC4 et RC3 ont été reconquises, mais c’est inutile : l’expérience apprend qu’il faudrait, pour bloquer la frontière chinoise, réaliser des travaux très lourds et au moins 50 hommes par kilomètre à la garde de la frontière. Cela représente bien plus que la totalité des troupes présentes alors en Indochine. L’enlisement que prévoyait le général Leclerc n’a pas mis un an pour se réaliser.

 

 

 

 

 

Sources.

 

  • Texte UNC 52 – Henry Dutailly.
  • Georges Fleury, La Guerre en Indochine, Perrin, 2000.
  • Recherches dans les archives des Bulletins de l’Ecole français d’Extrême-Orient d’archéologie.
  • Encyclopédie en ligne Wikipédia.
  • Encyclopédie en ligne Larousse.
  • Jacques Chancel, La nuit attendra, Flammarion.
  • Site Internet du Souvenir Français d’Asie et de Chine : www.souvenir-francais-asie.com
  • Site Internet du journal La Dépêche pour la photographie.
  • Site Internet « Legio Patria Nostra ».

 

 

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Indochine

Publié le 26 Octobre 2017

Quête annuelle du Souvenir Français.

Il faut sauver toutes les tombes de combattants Morts pour la France !

Collecte du Souvenir Français du 28 octobre au 2 novembre 2017

99ème quête du Souvenir Français

 

500 000 tombes de combattants Morts pour la France risquent de disparaître de nos cimetières communaux.

 

Dans chacune de ces tombes reposent un combattant de la Première Guerre mondiale (300 000 corps ont été restitués aux familles), un combattant ou une victime de la Seconde Guerre mondiale (plus de 150 000 corps ont été restitués), un combattant de la guerre d’Indochine et d’Algérie (plus de 40 000 ont été restitués) et tous les combattants tués dans les opérations extérieures de la France depuis 1963.

Ces restitutions répondent au désir des familles d’inhumer leur fils, leur père ou leur époux dans le cimetière de la commune de naissance.

Malheureusement, les tombes familiales vivent ce que durent les concessions – 15 ans, 30 ans, 50 ans, 99 ans ou perpétuelles.

 

La concession achevée, ou la tombe entrée en déshérence, la tombe est supprimée.

Le Mort pour la France inhumé dans la tombe disparaît avec elle.

 

Cette disparition est mémoriellement inacceptable.

 

Enterré dans un cimetière communal, un Mort pour la France s’enracine dans trois histoires familiales, il donne un sens à une famille. Une histoire territoriale, il enrichit l’histoire de sa commune. Et une histoire nationale, il relie la famille, la commune et la Nation dans une histoire partagée.

 

Afin de maintenir ce triple enracinement, Le Souvenir Français est partout mobilisé afin qu’aucune tombe de Mort pour la France ne disparaisse de nos cimetières communaux.

 

Pour relever ce défi nous avons besoin de vous.

 

Aidez-nous ! Un don lors de la collecte qui a lieu cette année du 28 octobre au 2 novembre 2017 c’est un pas de plus pour sauvegarder notre mémoire - la mémoire de notre Nation – la France.

 

A Issy-les-Moulineaux, la quête se fera à l'entrée du cimetière municipal.

 

 

 

Le contrôleur général des armées (2s)

Serge BARCELLINI

Président général du Souvenir Français

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Publié le 21 Octobre 2017

Le général Meynier.

Le général Meynier.

Une famille au service de la Patrie.

 

Octave Meynier nait le 22 février 1874, à Saint-Yrieix-la-Perche, dans le Limousin. Son père est le lieutenant-colonel François Meynier (1822-1905), officier dans l’armée dite La Coloniale. Chef de poste à Gorée (au large du Sénégal), il est chargé en 1858 de l’administration du territoire de Dakar. Il prendra sa retraite militaire en 1871 et s’installera sur ses terres des Pyrénées à Tarbes.

 

Donc, père d’Octave et aussi d’Albert, professeur et historien, puis grand-père du géographe André Meynier, titulaire de la chaire de géographie de l’université de Rennes pendant 35 ans.

 

Octave Meynier se dirige naturellement vers la carrière des armes. Le 26 octobre 1893 il s’engage pour trois ans, en tant que volontaire. Cinq jours plus tard, il rejoint l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr, dont il sort deux années plus tard, avec le grade de sous-lieutenant. Il est nommé au 4e régiment d’infanterie de marine. Quelques mois plus tard, il rejoint le régiment de tirailleurs soudanais, en obtenant sa mutation au Soudan français (aujourd’hui Mali). Il a été désigné pour être l’adjoint du lieutenant-colonel Klobb pour l’exécution d’une enquête sur la mission Voulet-Chanoine.

Les officiers de la Mission Voulet-Chanoine.

Les officiers de la Mission Voulet-Chanoine.

La mission Voulet-Chanoine.

 

En juillet 1898, le secrétaire d’Etat aux Colonies, André Lebon, décide d’envoyer une colonne militaire au Tchad, par le Sénégal et le fleuve Niger. Il nomme l’expédition « Mission Afrique Centrale – Tchad ». Dans le cadre de la concurrence entre les puissances européennes pour se tailler un empire colonial, il s’agit pour la République française de devancer l’Empire britannique !

 

La mission est confiée aux capitaines Voulet et Chanoine. Ils sont connus. Voilà des années qu’ils se battent pour le pays en Afrique. Ils ont apportés le Burkina Faso à la France ; Voulet a d’ailleurs pris Ouagadougou. Le but est naturellement d’agrandir et de consolider les conquêtes françaises en Afrique noire (ce qui deviendra bientôt l’Afrique Occidentale Française et l’Afrique Equatoriale Française). La mission doit aussi s’accompagner de signatures de traités d’amitiés avec les peuples rencontrés. Enfin, il s’agit d’opérer la jonction avec la mission Foureau-Lamy (le premier étant géographe ; le second commandant dans la Coloniale) partie d’Algérie et avec la mission Gentil, partie du Moyen-Congo (Congo Brazzaville) et dirigée par l’officier de marine Emile Gentil.

 

Mais rien ne se passe comme prévu ! Certes des combats ont lieu. Ils étaient prévus, « nécessaires » disent même les officiers. Mais certainement pas au point de massacrer tous les villages qui refusent de se soumettre ou qui mettent trop de temps à ravitailler la colonne. Ce qui n’est pas simple : ladite colonne est composée de plus de 600 soldats, de 800 porteurs et de près de 600 femmes ! Peu à peu une résistance africaine s’organise : dans les villages de Lougou et de Tongana, les guerriers commandés par la Sarraounia (reine et sorcière) arrivent à retarder la colonne. Voulet et Chanoine perdent quatre soldats, six autres sont blessés. Pis, ils ont dépensé plus de 7.000 cartouches ! Par vengeance, les soldats se dirigent vers la ville de Birni N’Konni et massacrent une grande partie de ses habitants. Des atrocités sont commises : des soldats racontent qu’ils ont vu des fillettes pendues aux branches des arbres…

 

Ces massacres finissent par se savoir en haut lieu, à Paris. Il est temps pour le ministre des Colonies, Antoine Guillain, d’arrêter cette folie : il nomme le lieutenant-colonel Klobb (qui nomme Meynier) pour aller au plus vite au Soudant français et faire stopper la « colonne infernale ».

 

Klobb emmène donc le lieutenant Octave Meynier à la poursuite des capitaines Voulet et Chanoine. Jean-François Klobb est né à Ribeauvillé dans le Haut-Rhin. Fils de notaire, il est l’archétype du militaire colonial du 19e siècle : artilleur de marine, il fait ses classes à Cherbourg puis est envoyé en Guyane où il reste de nombreuses années. Officier de la Légion d’honneur, il s’est fait brillamment remarqué au point d’être « celui » qui est désigné par l’Etat-major de l’armée pour arrêter la colonne Voulet-Chanoine.

 

La poursuite s’engage dès l’arrivée en Algérie. Celle-ci va durer plus de 2.000 kilomètres. Tout au long du parcours, Klobb et Meynier découvrent les horreurs pratiquées par les deux capitaines. Enfin, la jonction est faite. Nous sommes le 14 juillet 1889 à Dankori. Voulet et Chanoine placent leurs hommes en position de tir. Klobb leur demande de renoncer à leur folie et de se rendre sous la bannière française. Les capitaines refusent et ouvrent le feu : Klobb est tué sur le coup. Comme cela est arrivé parfois pour des prises de régions dans l’Afrique coloniale, ou par ambitions personnelles, les soldats français se battent entre eux ! D’ailleurs, Voulet et Chanoine parlent ouvertement de se tailler un empire personnel au cœur du Tchad ! Leur ambition est de courte durée : deux jours plus tard, leurs tirailleurs se mutinent et abattent les deux capitaines. Ces derniers sont enterrés à Maijirgui, au Niger.

 

La mission doit néanmoins continuer. Renommée Joalland-Meynier (capitaine Joalland et lieutenant Meynier), elle poursuit le but initial et finit par se porter au-devant des missions Gentil (du fleuve Congo au lac Tchad) et Foureau-Lamy (traversée du Sahara pour arriver au centre du Tchad). Il est le premier officier français à atteindre le lac Tchad. La mission se termine le 18 février 1900. Le Tchad devient protectorat français.

La mort du lieutenant-colonel Klobb.

La mort du lieutenant-colonel Klobb.

Le 27 décembre 1900, Octave Meynier est nommé au grade de capitaine. Il intègre l’Etat-major particulier du corps d’armée des troupes coloniales.

 

Après un passage à l’Ecole de Guerre entre 1905 et 1907 (d’où il sort 35e sur 84 avec la mention « bien » à l’examen de sortie), il rejoint le Territoire militaire du Niger puis est placé à la disposition du Gouvernement de l’Algérie.

 

Nommé commandant militaire du territoire des oasis, à Ouargla, en Algérie, il commence, l’année suivante, à mettre au point un programme de modernisation de l’Afrique par la construction de routes. Il est alors chef de bataillon.

 

Première Guerre mondiale.

 

Rappelé en métropole avec son régiment, le lieutenant-colonel Meynier participe à plusieurs batailles. Il est nommé au commandement du 1er régiment de tirailleurs algériens sur le front de Verdun. C’est là qu’il est blessé grièvement, pour la deuxième fois (la première c’était en Afrique au moment de l’affaire Voulet-Chanoine). Il a le poignet gauche arraché par une grenade. Il doit être amputé.

 

Extrait du Journal Officiel du 16 juin 1918 : « Officier supérieur extrêmement méritant, chef de corps distingué qui a donné par l’exemple d’une activité inlassable une rigoureuse impulsion à son régiment. Quelques instants avant une attaque, a été grièvement blessé en parcourant les premières lignes pour s’assurer que tout le monde était bien à sa place, et surtout pour exalter la bravoure et le courage de ses tirailleurs. Transporté au poste de secours, surmontant la douleur, souriant à tous, a, dans le calme le plus impressionnant, donné ses instructions pour le passage du commandement en recommandant avec insistance de ne songer qu’à l’assaut, et d’y aller résolument. Deux blessures et une citation antérieure ».

 

Remis de ses blessures, le LCL Meynier fait un passage au 124e RI puis dirige une mission militaire en Autriche en 1919. Colonel en 1921, au 78e RI, il rejoint en 1923 le 520e régiment des chars de combat avant d’aboutir au 9e régiment de zouaves, alors en garnison à Alger. Par décret du 17 février 1927, Octave Meynier est nommé au grade de général de brigade, puis est admis à la retraite pour raison de santé.

 

En 1930, il organise le rallye automobile Méditerranée – Niger sur des routes et des pistes nouvellement modernisées. Membre fondateur de « l’Association des Amis du Sahara » l’année suivante, il continue d’œuvrer pour la présence française en Afrique. Il voit dans le rallye automobile le « moyen immédiat de mettre en contact sympathique les peuples méditerranéens avec ceux de l’Afrique et de rendre plus faciles les liaisons terrestres entre eux ». De fait, en 1950, il organise le premier rallye automobile transafricain : Méditerranée – Le Cap.

 

Le général Octave Meynier meurt à Alger le 31 mai 1961. Au même moment, non loin de là, après avoir maté le « putsch des généraux », le général de Gaulle vient de s’attribuer les pleins pouvoirs et organise la première conférence d’Evian. Une année plus tard, l’Algérie sera indépendante.

 

 

 

 

Publications.

 

Alors à la retraite, le général Meynier publie plusieurs ouvrages, parmi lesquels il convient de citer :

 

  • Les conquérants du Tchad, Flammarion, Paris, 1923.
  • À propos du chemin transsaharien, tactique saharienne et engins modernes, Berger-Levrault, Paris, 1924.
  • Guide pratique du tourisme au Sahara, Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, Paris, 1931.
  • Mission Joalland-Meynier, Éditions de l'Empire français, Paris, 1947, 191 p.
  • « Note sur le rôle des rallyes de la Méditerranée au Cap dans l'histoire des communications inter-africaines », dans Revue Africaine, no 99 (1955).

 

Décorations.

 

Titulaire des décorations suivantes :

 

  • Grand-officier de la Légion d’honneur.
  • Médaille coloniale avec les agrafes « Sénégal », « Soudan », « Centre africain ».
  • Commandeur du Mérite saharien, rang du 1er juillet 1958.

 

 

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Larousse en ligne : www.larousse.fr
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Service d’Information et de Relations Publique de l’Armée de terre (SIRPA Terre).
  • Division communication et information de la Légion étrangère.
  • L’armée d’Afrique, Collectif, Ed. Lavauzelle, 1980.
  • Site www.legion-etrangere.com  du Ministère de la Défense.
  • Livret militaire obtenu grâce aux éléments indiqués par la famille du général Meynier sur le site « Histoire des Meynier ».
  • Illustration du journal italien Corriere Illustrato.

 

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #La Coloniale

Publié le 15 Octobre 2017

Soldats surveillant la ligne Morice.

Soldats surveillant la ligne Morice.

Une décision d’André Morice.

 

La guerre d’Algérie permit l’approfondissement et le perfectionnement des savoir-faire de contre-guérilla développés par l’armée française au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Les leçons payées au prix du sang en Indochine sont appliquées en Afrique du Nord pour détruire les maquis du Front de Libération Nationale (FLN). En 1956, les maquis intérieurs des Aurès et du Nord-Constantinois commencent à être soutenus par l’Armée de Libération Nationale (ALN) en cours de constitution en Tunisie. Les passages à la frontière se multiplient. Le 26 juin 1957, le ministre de la Défense, André Morice, lance la construction d’un barrage fortifié qui prend son nom. Il s’agit d’identifier en temps réel les tentatives de franchissement et d’intercepter ceux ayant réussi à se frayer un chemin. A partir de 1959, la défense s’adapte à l’évolution de l’armement de l’ALN et veut empêcher toute pénétration du territoire algérien grâce à des actions dans la profondeur où des mines sont utilisées.

 

Une construction en deux temps.

 

Dès 1957, d’importants moyens du génie venus de métropole débutent l’édification de la Ligne Morice. Cet obstacle disposant d’une herse intérieure et de deux haies électrifiées est un dispositif d’alerte permettant la manœuvre par une concentration des forces. Six régiments de secteur gardent les postes de surveillance, cinq régiments parachutistes sont placés en arrière du barrage en « chasse libre », quatre autres régiments sont en couverture dans le no man’s land. La préservation de cet espace de manœuvre ne permet pas la mise en place de champ de mines. Il s’agit avant tout de détruire les unités de l’ALN voulant forcer le passage.

 

En 1959, le général Challe, nouveau commandant en chef, souhaite protéger la zone côtière et double le barrage électrifié. L’ALN disposant d’armes antichars et de mortiers lourds, rendant vulnérables les unités patrouillant sur la herse, un dispositif de protection dans la profondeur est créé. La Ligne Morice est alors minée et son dédoublement au Nord prend le nom de ligne « Challe ». Elle est constituée de haies électrifiées complexes, utilisant tris niveaux de tension différents, auxquelles sont combinées de nombreuses mines.

 

Un déminage achevé en janvier 2017.

 

Le renforcement de la Ligne Morice est un succès tactique. A partir de 1960, elle est pratiquement infranchissable. En mars, sur 8.300 fellaghas engagés, 60 passent et 40 sont tués sur le terrain. Au final, l’ALN perd 3.000 hommes sur le barrage Est (Tunisie) et 600 sur celui de l’Ouest (Maroc). Les forces françaises y déplorent respectivement 146 et 109 tués. A la fin de la guerre se pose la question du déminage.

 

En 1958 et 1962, plus de trois millions de mines ont été posées le long du barrage oriental, sur 1.200 kilomètres. Ces « sentinelles éternelles » tuent et mutilent bien après la guerre. En 1997, la France adhère à la convention d’Ottawa bannissant l’usage des mines antipersonnel. Dix ans plus tard, la France offre à l’Algérie le plan des zones minées. A la fin du mois de janvier 2017, après des années de chantiers importants, le déminage est terminé achevant ainsi l’histoire de la Ligne Morice.

 

 

 

 

 

Sources :

 

  • Terre Info Magazine – N°287 – Texte du lieutenant Christophe Lafaye.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Encyclopédie Larousse.
  • Blog histoire de Carl Pépin, historien, Docteur PhD.
  • Georges-Marc Benamou, Un mensonge français : retours sur la guerre d’Algérie, Robert Laffont, 2003.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.
La Ligne Morice.
La Ligne Morice.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie

Publié le 1 Octobre 2017

De gauche à droite : Madame le général Valérie André, Monsieur André Santini, Monsieur le général Michel Forget.

De gauche à droite : Madame le général Valérie André, Monsieur André Santini, Monsieur le général Michel Forget.

Le jeudi 14 septembre dernier s’est déroulée la conférence du Souvenir Français d’Issy-Vanves à la salle multimédia de la mairie d’Issy-les-Moulineaux. Devant une assistance fournie, Monsieur le général de corps aérien Michel Forget a raconté, avec sa verve coutumière, l’épopée de cette escadrille formée à la demande du général de Gaulle pour, entre autres, marquer la présence française sur le front de l’est.

Le général Forget a expliqué les dures conditions de vie des pilotes, et encore plus celles des mécaniciens, les campagnes, les victoires et les drames : des 15 pilotes du départ en 1943, seuls trois répondaient encore à l’appel moins de deux ans plus tard. Il a également rappelé que le souvenir de l’escadrille est omniprésent en Russie et que des dizaines de milliers de personnes défilent chaque 9 mai en portant les portraits de certains des pilotes de Normandie-Niemen. Ce n’est malheureusement pas le cas dans notre pays.

Pour information, le capitaine Albert Mirlesse, qui était officier de liaison de l’escadrille et le lieutenant-colonel Yves Mahé, pilote, sont enterrés au cimetière d’Issy-les-Moulineaux.

 

Quelques mots sur le général Forget, qui a accepté de reprendre la présidence d’honneur du Comité d’Issy-Vanves du Souvenir Français : le général de corps aérien Michel Forget, entré à l'École de l'Air en 1946, a fait une carrière complète d'officier pilote de combat.

Il a assumé à ce titre tous les commandements correspondant à sa spécialité et a participé à la guerre d’Algérie. Breveté de l'École Supérieure de Guerre Aérienne, le général Forget a tenu des postes importants en état-major. Chef du cabinet militaire du ministre de la Défense en 1975-1976, il a commandé ensuite l'opération Lamantin en Mauritanie, à dominante aérienne. De 1979 à 1983, il a été placé à la tête de la Force Aérienne Tactique et de la 1ère Région Aérienne à Metz.

 

Depuis qu'il a quitté le service actif, en 1983, le général Forget se consacre à des études sur la défense. Il est l'auteur de nombreux ouvrages : Puissance aérienne et stratégies (2001) et Guerre froide et Guerre d'Algérie (2002), Notre défense dans un monde en crise (2006), Du Vampire au mirage, l’épopée d’une génération de pilotes de chasse (2007), Nos forces aériennes en OPEX (2013), Nos armées au temps de la 5e République (2016). Grand’Croix de la Légion d’honneur, le général Forget est correspondant de l'Académie des Sciences Morales et Politiques.

 

Le Comité du Souvenir Français tient à remercier la municipalité d’Issy, son maire, Monsieur André Santini, le Comité de la Légion d’honneur d’Issy, les services techniques et en particulier Monsieur Michel Raineri.

 

CDT (RC) F. RIGNAULT

Président

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Publié le 24 Septembre 2017

Il y a 70 ans, disparaissait le général Leclerc.

Issy-les-Moulineaux et Vanves ne font pas exception. Comme un bon nombre de communes de la Région parisienne, ces deux cités ont des rues, places ou avenues qui portent le nom du célèbre général Leclerc, libérateur de Paris et d’une partie de la France. Il est vrai que ce nom est l’un des 10 premiers donnés en France.

Le 28 novembre prochain, cela fera 70 ans que le général disparaissait dans le sable algérien, lors du crash de l’avion à bord duquel il avait pris place. L’occasion de revenir sur un parcours glorieux, unique.

* * *

Philippe de Hauteclocque nait en Picardie, au château de Belloy, à Belloy-Saint-Léonard, le 22 novembre 1902. Adolescent pendant la Première Guerre mondiale, il voit les misères et aussi les joies de la Victoire de 1918. A l’âge de vingt ans, il décide de consacrer sa vie à son pays en choisissant la carrière des armes. Il faut dire que sa famille est de noblesse chevaleresque et que l’on sait ce que signifie être militaire.

Il entre à Saint-Cyr en 1922 et y reste deux années. En 1931, lors d’un exercice – il est alors instructeur de cavalerie – il se brise une jambe en tombant avec son cheval. Il devra marcher le reste de sa vie avec une canne. Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, avec le grade de capitaine, il subit le déferlement des chars d’assaut allemands, les fameux « Panzers ». Deux fois prisonnier, il s’évade les deux fois, alors que les armées du Reich occupent la France. Après l’Armistice, il rejoint le général de Gaulle à Londres en prenant « Leclerc » comme nom de guerre. Ce nom étant l’un des plus répandus dans sa Picardie natale. En 1945, il obtiendra que « Leclerc » soit ajouté à son patronyme afin que dans l’avenir lui et ses descendants s’appellent « Leclerc de Hauteclocque ».

Dès août 1940, le colonel Leclerc (il s’est attribué ce grade pour pouvoir discuter d’égal à égal avec des représentants militaires français gouverneurs en Afrique – grade confirmé par de Gaulle) rallie à la « France Libre » les colonies d’Afrique Equatoriale Française, lui donnant ainsi un territoire et une force militaire. Recevant le commandement du Tchad en décembre, il porte aussitôt ses efforts vers la Libye italienne.

Le 1er mars 1941, avec 400 hommes montés sur 60 véhicules et après une chevauchée de plus de 1500 kilomètres dans le désert, Leclerc s'empare de l'oasis de Koufra, symbole de la puissance italienne en Afrique. Le lendemain il fait jurer à ses compagnons "de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg". C'est le Serment de Koufra. Le général de Gaulle le fait Compagnon de la Libération et le nomme général.

L'année 1942, tournant de la guerre où les forces de l'axe Rome-Berlin commencent à essuyer des revers, est employée par le général Leclerc à reconnaître et conquérir le Fezzan, la partie occidentale de la Lybie. Après le débarquement allié au Maroc et en Algérie, la "Colonne Leclerc" fait jonction en janvier 1943 à Tripoli avec les forces britanniques emmenées par le général Montgomery.

Participant à l'éviction des Allemands et des Italiens de Tunisie, la colonne devenue la "Force L" puis la 2e Division Française Libre arrive à Tunis le 8 mai 1943. Au cours de toutes ces campagnes, Leclerc vit auprès de ses hommes couchant comme eux à même le sol, s'inquiétant à chaque instant de leur moral et de leur ravitaillement. Sa foi en la victoire finale, son sens du terrain et de la manœuvre, son omniprésence, l'ont fait adopter d'emblée par ses hommes qui lui apportent adhésion et dévouement sans faille.

Quand il reçoit, à l'été 1943, la mission de transformer la 2e Division Française Libre en 2e Division Blindée, le général Leclerc regroupe, à Témara sur la côte atlantique du Maroc, au fur et à mesure de leur arrivée, tous les éléments qui lui sont affectés : le noyau des Français Libres qui sont avec lui depuis près de trois ans, des unités déjà constituées de l'armée d'Afrique du Nord, des engagés et des appelés locaux, des Corses récemment libérés et les jeunes français évadés de France en passant par les Pyrénées et les geôles espagnoles. Il surmonte tous les problèmes, en particulier psychologiques, de la mise sur pied de cette grande unité en faisant apparaître, une fois de plus, son sens de l'humain et sa faculté innée de rassembler vers un but commun, des hommes d'origines et d'opinions très diverses. Le général Leclerc veut faire partager cette idée qui l'obsède : l'union de tous les Français est gage de succès.

Débarquée en Normandie en août 1944 en venant d'Angleterre, la 2e Division Blindée va participer, au sein de la Ill° Armée U.S. du général Patton, à la libération du territoire national. Elle est tellement marquée par la personnalité de son chef que très vite, elle est, pour les populations et les journalistes, la "Division Leclerc", voire même l'"Armée Leclerc".

Les étapes de la 2e D.B. se succèdent dans une charge fantastique. Alençon est libérée le 12 août et l'entrée de vive force dans Paris le 25 août, au milieu de la foule en liesse des Parisiens et des forces françaises de l'intérieur, les F.F.I., qui participent aux combats, permet au général de Gaulle de se faire acclamer en descendant les Champs Elysées.

Repartant vers l'Est, les hommes de Leclerc libèrent Vittel, anéantissent une Panzer brigade à Dompaire les 12 et 13 septembre et libèrent Baccarat le 31 octobre. Ils traversent les Vosges, âprement défendues et le 23 novembre 1944, Strasbourg est libérée.

Ils ont tenu le "Serment de Koufra".

Après de durs combats dans le Sud de l'Alsace, pendant plus de deux mois d'un hiver particulièrement rigoureux, la 2e D.B. participe, au sein de la 1ère Armée Française, à la libération de Colmar le 6 février 1945. Il n'y a plus d'Allemands en armes sur le sol français, à l'exception des poches de l'Atlantique où des éléments de la 2e D.B. vont libérer Royan en avril 1945.

Impatient d'entrer en Allemagne, le général Leclerc réussit à engager sa division en Bavière et s'empare de Berchtesgaden, le haut-lieu des nazis, trois jours avant la capitulation allemande.

En 1945, Leclerc, nommé général de corps d'armée est élevé à la plus haute dignité de la Légion d'Honneur (Grand Croix), reçoit le commandement du Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient, le C.E.F.E.O., dans les rangs duquel se sont engagés plusieurs milliers d'hommes de la 2e D.B. pour suivre leur général.

Dirigé vers l'Indochine, où près de 40 000 français subissent les avanies et les exactions des Japonais occupant le territoire, le Corps Expéditionnaire va en quelques mois restaurer la présence française. Auparavant le 2 septembre 1945, le général Leclerc avait signé au nom de la France, la capitulation japonaise, en baie de Tokyo, à côté du général américain Mac Arthur.

D'octobre 1945 à juillet 1946, Leclerc faisant montre d'un sens politique en avance sur son temps, préconise une solution pacifique au conflit franco-vietnamien. Malheureusement incompris, il est rappelé en France.

Et c'est en Afrique du Nord, pendant plus d'un an que le général Leclerc va mettre une fois de plus ses talents au service de la France en tant qu'inspecteur des Forces Armées. Qu'il s'adresse à des militaires, par exemple, en fin de manoeuvres, ou bien à des populations qui le reçoivent avec les chefs locaux à leur tête, il ne manque jamais l'occasion de répéter inlassablement sa confiance en la France revenue au niveau des grandes nations, sa confiance dans cette armée française qui reprend la place qu'elle n'aurait jamais dû perdre. Et partout il insuffle autour de lui cette foi en l'avenir qui ne l'a jamais quitté, en incitant chacun à faire consciencieusement ce qu'il doit à la place qu'il occupe.

Et le 28 novembre 1947, au cours du vol aérien qui l'amenait d'Oran à Colomb Béchar pour une inspection, son avion pris dans un vent de sable, s'écrase au sol et prend feu. Il n'y a pas de survivant. Le général Leclerc trouve la mort sur cette terre d'Afrique qui avait connu ses premières armes et qu'il avait traversée du Sud au Nord sur le chemin de la Victoire.

Dans sa biographie de 1997, le colonel Maurice Courdesses ajoute : « Il y a donc exactement cinquante ans que disparaissait le général Leclerc, le patriote convaincu, le chrétien pratiquant, le rassembleur charismatique, le soldat intrépide, le chef audacieux, le tacticien hors-pair, le fin politique ».

Cinq ans après sa disparition, le Parlement vote à l'unanimité la loi qui élève à la dignité de Maréchal de France le général d'armée Philippe Leclerc de Hauteclocque.

Le général de Gaulle lui a rendu hommage à plusieurs reprises, en particulier en ces termes : "L'épopée de Leclerc, c'est, pour toujours, une des plus belles pages de notre histoire".

 

Sources :

 

  • Musée du Général Leclerc de Hauteclocque et de la Libération de Paris - Musée Jean Moulin, Mairie de Paris).
  • Colonel Maurice Courdesses, Nov. 1997.
  • Encyclopédie Wikipedia.
  • Encyclopédie Britannica.
  • Mémorial de Dormans.
  • Musée de Caen.
  • Général Jean Compagnon, Leclerc, Maréchal de France, Flammarion, 1994.
  • Général Vézinet, Le général Leclerc, 1997, France Empire.
  • François Broche, Georges Caïtucoli, Jean-François Muracciole, Dictionnaire de la France Libre, Collection Bouquins, 2010.

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Publié le 14 Septembre 2017

A Rancourt, la Chapelle du Souvenir Français.

L’importance stratégique.

 

Les villages de Rancourt et de Bouchavesnes avaient une importance stratégique pendant la bataille de la Somme. La route reliant Péronne à Bapaume qui y passait était importante puisqu’il s’agissait d'un axe de communication allemand, essentiel pour le ravitaillement. C'est pourquoi l'armée française a été chargée en septembre 1916 de la reprendre, au prix de très nombreuses pertes et endeuillant de nombreuses familles.

Les communes de Rancourt et de Bouchavesnes-Bergen abritent aujourd’hui en un espace restreint trois cimetières de nationalités différentes : française, britannique et allemande.  Deux chapelles, une allemande et une française, y sont aussi implantées. Haut-lieu du souvenir de la participation française à la bataille de la Somme, le site de Rancourt-Bouchavesnes témoigne également de la rencontre d'hommages publics et privés.

L’implantation des cimetières, la co-visibilité existant entre eux et la qualité paysagère de leur environnement en font un lieu funéraire très symbolique.  Site international par les hommes qui y sont enterrés, il a également une vocation et pédagogique, puisqu’il permet de comprendre la manière dont chaque nation a rendu hommage aux siens, à travers une architecture, des matériaux, des références culturelles différentes.

Une cérémonie commémorative est organisée annuellement dans chacun des sites, le deuxième dimanche de septembre, ainsi que devant la statue du Maréchal Foch, au coeur du village de Bouchavesnes. La prochaine cérémonie se déroulera le dimanche 17 septembre 2017. S'appuyant sur la forte dimension symbolique et internationale de ce secteur mémoriel, la « Rose Somme 2016 » y a été baptisée le 25 juin 2016. Elle rend un hommage unique à l’ensemble des combattants inhumés, quelque soit leur nationalité.

 

La Chapelle du Souvenir Français.

Cette chapelle en pierre de taille est le fruit d’une initiative privée. La famille du Bos, originaire de la région, voulut ériger un monument à la mémoire de son fils mort et de ses camarades de combat, tombés dans le secteur, à la suite de combats très violents.

Depuis 1937, le Souvenir Français assure la gestion de l’édifice et l’animation du site, via un petit centre d’accueil. La nécropole française, située à Rancourt-Bouchavesnes, est la plus grande de sa catégorie dans la Somme (28 000 m²). 8 566 soldats y reposent, inhumés sous les stèles, ou dans les quatre ossuaires. Cette nécropole atteste de la violence des combats pendant la bataille de la Somme (1er juillet - 18 novembre 1916), résultant de la guerre de masse, totale et industrielle.

Marie-Thérèse et Jean-Pierre Desain sont les actuels gardiens de la Chapelle du Souvenir Français, de son musée ainsi que du centre d’accueil. La Chapelle est ouverte tous les jours de 9h à 18h de 10h à 17h du 1er octobre au 31 mars). Son accès est libre. Adresse : 2, route Nationale 80360 Rancourt - Téléphone + 33 (0) 3 22 85 04 47.

 

Le cimetière allemand.

 

Après le conflit, l'État français en 1920 choisit de regrouper les cimetières provisoires et les tombes isolées allemandes. Ainsi, est créé sur le champ de bataille de Rancourt-Bouchavesnes l’un des plus grands cimetières de la Somme. La plupart des combattants inhumés sont morts en 1916 et en 1918. Dans le cadre de la convention franco-allemande, le VDK (Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, organisation allemande chargée de recenser, préserver et entretenir les sépultures des victimes de guerre allemandes à l'étranger) investit le site en 1929. La chapelle y aurait été alors élevée, comprenant une sculpture de mise au tombeau. Elle est inaugurée le 17 septembre 1933 en présence des autorités locales.

 

Le cimetière britannique.

 

Après la bataille de la Somme, l’armée française est relevée par l’armée britannique dans le secteur de Rancourt-Bouchavesnes. Les unités de la Guards Division y aménagent un cimetière pendant l'hiver 1916-1917 et l'utilisent à nouveau pour inhumer les officiers des 12e et 18e divisions en septembre 1918. Le cimetière définitif a été dessiné par N.A. Rew.

Marie-Thérèse et Jean-Pierre Desain.

Marie-Thérèse et Jean-Pierre Desain.

Sources :

 

  • Stéphane Audoin-Rouzeau, Jean-Jacques Becker, Encyclopédie de la Grande guerre, Bayard, 2004.
  • John Buchan, La bataille de la Somme, Thomas Nelson & Sons, 1920.
  • Marjolaine Boutet et Philippe Nivet, La bataille de la Somme, Taillandier, 2016.
  • Général Georges Girard, La bataille de la Somme en 1916, Plon, 1937.
  • Archives du Souvenir Français – Siège national.
  • Archives de la Délégation du Souvenir Français pour les Hauts-de-Seine et du Comité d’Issy-les-Moulineaux-Vanves.
  • Les informations de cet article sont issues du site Internet www.somme14-18.com

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