Publié le 13 Janvier 2017

Paroles de capitaine.

« Notre infanterie vient de fournir à Verdun, pendant huit semaines, le plus magnifique effort en vingt mois de guerre. Elle en sort, diminuée numériquement – beaucoup moins que l’infanterie ennemie – mais fortifiée moralement par la conscience indiscutée de sa supériorité.

 

La bataille avait mal commencée. Mon unité n’y était pas encore engagée. Je n’en puis donc parler que par ouï-dire, avec prudence par conséquent. Il y avait certainement trop peu de troupes, trop peu de canons, trop peu de tranchées. Depuis fort longtemps, on ne se battait plus dans cette région. Or, si l’habitude est une seconde nature, c’est surtout vrai de l’habitude du feu, et les corps qui ont subi le premier choc avaient une accoutumance moindre que ceux qui sont venus en renfort. Leur artillerie, très diluée, manquait peut-être de souplesse. Enfin, l’organisation défensive des villages attirait le feu de l’ennemi, sans que la solidité des intervalles permît une résistance frontale. Tous nos camarades qui ont vécu les premières journées sont, à cet égard, unanimes. Les journaux ont d’ailleurs signalé déjà cette situation. Je la rappelle pour qu’on comprenne ce qui suit.

 

Il en est résulté, en effet, que, au moment où, par l’engagement de nos réserves, la bataille est devenue de notre côté une grande bataille, nos troupes se sont battues en rase campagne. C’est en rase campagne, pour ne citer qu’un exemple, que la 39e division du 20e corps à brisé l’élan de l’ennemi. C’est en rase campagne que, depuis et pendant des semaines, les corps successifs ont dû mener de front l’organisation du terrain et le combat. Tout cela sous des concentrations de feu de guerre de siège d’une intensité et d’une continuité sans précédent, sous une averse de projectiles dont ni les luttes de mai ni celles de septembre n’avaient pu donner une idée.

 

Ce feu infernal a été supporté par l’infanterie française sans un instant de faiblesse. Il y avait là des troupes qui venaient de la Champagne et de l’Artois. A leur arrivée, elles avaient dit : « Nous connaissons cela ». Vingt-quatre heures après, elles avaient changé d’idée. Peut-être avions-nous eu, à Souain ou à Neuville, des bombardements égaux ; mais jamais nous n’avions connu ce feu ininterrompu, appliqué à tout un secteur, depuis la ligne de tir jusqu’à l’extrême arrière. Grâce à la qualité de leur artillerie lourde, notamment de leur 150, les Allemands ont une mobilité de feux extraordinaire. Ils battent la première ligne, puis les communications, puis les batteries, avec une foudroyante rapidité. Notre artillerie, qui s’est surpassée et qui a arraché des bravos à l’infanterie, fait aussi bien, partout où elle a un matériel égal. Mais il lui sera difficile de faire jamais mieux, et cette constatation, sur laquelle tout le monde est d’accord, mesure l’endurance surhumaine dont nos troupes ont fait la preuve dans les deux secteurs qui ont vu le choc principal : secteur de Vaux-Douaumont et secteur du Mort-Homme.

 

Avant d’être en ligne, biffins et chasseurs étaient fixés, d’ailleurs, sur ce qui les attendait. Verdun est au fond d’un cirque, qui se prolonge et s’élargit vers le Nord par des vallonnements successifs. Il suffisait d’avoir franchi le gradin supérieur, la ligne des Côtes de Belleville, sur la rive droite, pour savoir vers quoi l’on marchait. Aucun de ceux qui ont fait ces relèves nocturnes n’oubliera la lourde chute des « arrivées » coupant l’ombre de lignes de feu, qui semblaient dire : « On ne passe pas ». On est passé, cependant. On n’a jamais cessé de passer. On est passé autant qu’il a fallu pour nourrir d’unités fraîches la ligne de combat. Ici se juge la force morale d’une troupe. Une fois en secteur, quand on a vu clair, tout se supporte. Mais la file indienne dans le noir, les pieds heurtant les morts, les trous de marmite où l’on bascule et le mot qui se passe de bouche en bouche : « Serrez ! ». C’est le moment atroce et interminable, où les meilleurs sentent peser sur leur nuque la main lourde de la destinée. Pas une hésitation, pas une défaillance, tout le monde à son rang, voilà ce que nous avons vu huit semaines durant, chaque fois que montait en secteur une unité nouvelle. Il n’est pas de spectacle plus beau.

 

Ces mêmes troupes, une fois en ligne, n’ont pas seulement fait face à l’effort de résistance inouï que leur imposait le feu de l’ennemi. Elles ont toutes, sans exception, subi des attaques et fourni des contre-attaques. Des compagnies, terriblement éprouvées par le bombardement, n’en ont pas moins tenu jusqu’au corps à corps et se sont fait tuer sur place plutôt que de reculer. Le sang-froid des mitrailleurs ne s’est jamais démenti. Toutes les pièces intactes ont tiré comme à la cible, jusqu’à la dernière minute, avec quel « tableau », on en a pu juger sur les parties du terrain que nous avons reconquises. Nos tireurs ont fait constamment le « maximum », attendant l’arrivée de la vague à 30 mètres et la jetant par terre d’une seule salve. Toutes les vertus techniques d’une armée de métier et le grand souffle national de la levée en masse, voilà nos soldats au terme de la seconde année de guerre. Discipline, intelligence, sang-froid, coup d’œil, ils ont tout ce qui fait les vainqueurs, dès que la lutte se joue à armes égales.

 

Leur supériorité sur l’ennemi éclate aux yeux, quand on peut se comparer, comme ce fut le cas tant de fois, l’attaque boche et l’attaque française. Le Boche travaille un front de 500 mètres avec son artillerie jusqu’à ce qu’il soit sûr de l’avoir retourné de fond en comble. Il sort ensuite et marche à l’assaut.

 

S’est-il trompé ? Y a-t-il encore sur ce front de 500 mètres deux mitrailleuses qui tirent ? Alors c’est fini. On aperçoit la ligne qui flotte, tourne sur elle-même et s’abat dans le trou le plus prochain. J’ai vu beaucoup par moi-même et j’ai beaucoup interrogé : il n’y a pas d’exemple d’une attaque allemande progressant sous notre feu. Il s’en est trouvé à Ypres en 1914, aux Eparges en 1915. Cette fois-ci, le ressort était détendu et le progrès de l’artillerie ennemie n’avait pas eu pour corollaire le progrès de l’infanterie.

 

Chez nous, au contraire, on marche sous le feu et malgré le feu. Cela ne décide pas de la bataille, parce que c’est l’héroïsme sublime de quelques minutes et que la bataille dure des semaines. Mais cela classe les hommes. Je sais un bataillon qui, parti d’un ravin, sans tranchée, a fait 250 mètres sous les mitrailleuses et est arrivé à l’objectif avec plus de la moitié de ses officiers par terre, dont le commandant tué. Je ne crois pas, en toute sincérité, que l’infanterie allemande d’aujourd’hui soit capable de tels efforts. Elle est solide, courageuse, certes. Elle n’a plus l’élan et, malgré le concours formidable de son artillerie, il y a des bonds qu’elle ne fait plus. Tous, chefs et soldats, nous pensons là-dessus la même chose. Nous connaissons trop la guerre et ses pièges pour croire que cela suffise. Mais nous disons sans forfanterie : « Le jour prochain où nous serons munis d’autant d’artillerie qu’eux, nous les aurons ».

 

Cette conscience de sa force est chez notre soldat un sentiment grave, simple et silencieux. J’entends dire en permission : « Quand ils reviendront, ils se battront pour un oui ou pour un non ». C’est mal apprécier nos hommes, doux et patients autant que solides et si profondément accessibles aux appels du devoir. Je ne connais pas de régiment qui ne soit fier d’être allé à Verdun.

 

« On a eu besoin de vous ». Ils disent cela, parce que c’est ainsi, pas pour se vanter, mais parce que, dès lors qu’il y avait un coup de chien, il était juste qu’ils en fussent, eux qui la « connaissent ». Notre vie ne nous forme pas à noter des nuances de psychologie et c’est grand dommage, parce que c’est tout de même nous seuls, leurs chefs et leurs compagnons de tout instant, qui connaissons bien nos hommes et que, de loin, de grands écrivains donnent au pays une image très noble, mais très factice, de ceux qui meurent pour lui. On vous a écrit – combien de fois ! – le soldat qui sort en criant de sa tranchée, qui brûle d’en découdre. Mais non ! On fait cela parce qu’il faut le faire, parce que c’est le métier, mais sans cris, sans gestes, la grenade d’une main, la baïonnette de l’autre. On tue sans parler. On « progresse », comme dit le communiqué, parce qu’on est là pour cela et que c’est la loi commune des travaux et des jours. Et c’est beaucoup plus beau qu’une charge à la Détaille !

 

Notez que cet effort, cette lutte d’homme à homme, avec tout ce qu’elle exige d’énergie physique et morale, on la demande, par suite des nécessités de la bataille, à des troupes qui souvent sont au feu, et quel feu !, depuis quatre ou cinq jours et autant de nuits. Représentez-vous le croisement continu des projectiles sur les têtes, le grondement inlassable des pièces, le fracas des « arrivées » et le déchirement des « départs ». Peu ou même pas d’abris ; la crainte, si l’on y descend, d’y être muré et de mourir étouffé ; la nécessité de rester là en se livrant à la chance et d’attendre que ça change, sans croire que cela doive changer. Tension des oreilles, tension des muscles, tension des nerfs, saut brusque à droite pour éviter le coup qui à vient de la gauche, camarades de vingt mois décapités près de vous, sensation d’être l’otage aux mains de la Mort : voilà la vie, telle qu’elle fut à Verdun du 21 février au 20 avril. Et toujours, quand il a fallu, ces hommes ont été prêts au combat, prêts à la défense, prêts à l’attaque, maîtres de leurs corps et de leurs âmes. Dites-vous que nous avons vu cela et concevez ce que nous avons envie de répondre aux stratèges de cabinet qui nous demandent avec condescendance si le moral n’est pas trop mauvais.

 

Dans cet enfer, la solidarité, sous sa forme la plus haute, se manifeste à tout instant. Pour transporter un blessé, chacun est prêt à risquer la mort. Pour aller chercher un tué qu’on aime, il y a des volontaires qui, chaque nuit, rampent en avant des lignes. Pour nourrir les combattants, il y a les cuistots qui, une fois par vingt-quatre heures, font, sous l’averse d’acier, un trajet qui en dure douze et plus. Ils vont, agiles et sonores, retentissant du bruit des bouteillons et des gamelles, débouchant dans le noir du village écrasé, dont les détours leur sont familiers. D’une allure de course, bondissant presque, l’œil ouvert et l’oreille tendue, trouvant le trou favorable contre la « marmite » qui siffle, se relevant, se recouchant, poussant vers l’avant, où les autres ont faim, ils vont, laissant chaque fois en route quelqu’un des leurs, qu’on découvre après, décapité ou éventré. Ils vont, avec toutes leurs forces, avec tout leur cœur, fiers de leur obscure et vitale mission, sachant qu’il dépend d’eux qu’on veille mieux au créneau, qu’on tire plus juste et qu’on attaque plus fort. Gars héroïques, qui vous bousculent de leur ferraille au croisement des boyaux ; qui revendiquent gaiement pour la « bidoche » et le « pinard » la priorité de passage ; sublimes serviteurs de la France qui se bat et qui, par eux, mange, boit et vit.

 

Quand la corvée est passée et que la soupe – bien froide – a donné du cœur au ventre, on se met au travail d’un bras plus robuste. Et quel travail !

 

Comme une charrue inlassable, le feu allemand creuse, ouvre, arrache, bouleverse, nivelle et retourne. Il y avait là une tranchée, finie la veille : il faut la refaire. Dans cet abri écroulé, des hommes, vivants peut-être, sont enfermés : il faut les dégager. Pour aller au poste du colonel, on avait creusé hier un boyau : aujourd’hui, c’est la pleine campagne où les gens d’en face vous tirent au passage ; il faut creuser de nouveau et, de nouveau, ouvrir la voie.

 

A ces hommes qui se sont battus, qui se battront, on doit à tout instant demander le dur effort de remuer la terre, de remplir les sacs, de les placer, de refaire le parapet, la banquette, les pare-éclats. Jamais un refus, tant est fort le sentiment professionnel de la nécessité, tant est instinctif le geste de se protéger derrière la terre remuée. Il y a des gens qui disent doctoralement : « Le soldat français n’aime pas remuer la terre ». Qu’ils aillent y voir ! Ils connaîtront mieux, en revenant, nos splendides terrassiers.

 

On redescend la nuit prochaine, car le commandement ménage les unités et les relève aussi souvent que possible. A une heure indéterminée, quand les remplaçants auront pu franchir les barrages et gagner le secteur, on se mettra en route, bien las, bien lourds, contents tout de même et déjà reposés d’avoir prononcé ce mot : le repos. Les guides sont partis pour montrer la route aux nouveaux venus. On les guette. Ils arrivent. On passe les consignes et, par sections, en avant ! Comme pour venir, c’est le coup de veine : on passera ou on ne passera pas. Peut-être un quart d’heure, peut-être une demi-heure, peut-être plus, il faudra « se planquer », se coucher, se tapir, et puis on repartira.

 

Voilà la côte redoutable, où l’ennemi, sans arrêt, cherche nos batteries. Il est rare qu’on échappe à son feu : question de plus ou de moins. Si, la zone dangereuse passée, tout le monde est là, quelques-uns blessés, mais pas de morts, on est content et, d’un pas plus relevé, on descend vers Verdun – Verdun cité d’horreur pour les imaginations de l’arrière – Verdun, ville de rêve pour les combattants de l’avant. Les « gros » y tombent, c’est entendu. Mais il y a des répits. Il y a des caves. Il y a des abris. Il y a l’idée d’être hors d’affaire, pour cinq jours, six jours peut-être et d’avoir, cette fois encore, « tiré sa peau ». Les cuisines sont là où on les a laissées. Le jus du matin a été soigné de main de maître. A peine au cantonnement, on s’effondre et on dort – on dort jusqu’à épuisement de fatigue, on dort comme dorment les enfants qui ne savent pas ce que c’est que la guerre.

 

Parfois le réveil est dur. Un avion passe et laisse tomber une bombe sur le pavé. Nous avons vu cela l’autre jour. Une compagnie était rassemblée sous les arbres pour le rapport. Elle a été décimée. Une popote d’officiers était réunie dans une salle basse : trois morts atteints par les éclats. Mais ces accidents sont rares et l’on a tôt fait de n’y plus songer. Le repos est court. Dans quelques jours, dans quelques heures peut-être, il faudra remonter « là-haut ».

 

Alors pourquoi « s’en faire » ? Les hommes se lavent. Les capotes sèchent. Des torses nus sa savonnent au soleil. Des manilles se prolongent dans l’ombre. Rien n’existe hors du moment présent, divine philosophie du soldat qui, à la mort près, imprime à la vie de guerre une si parfaite sérénité. Les officiers, pareils aux hommes, sont moins libres qu’eux : car le papier ne chôme pas. Ils s’occupent des renforts, des propositions, des revues d’armes. Mais tout cela est devenu si habituel, si naturel, si instinctif, qu’on n’en souffre pas, qu’on ne s’en inquiète pas. La fonction a créé l’organe et l’organe fonctionne sans heurt, presque sans pensée, avec la régularité d’un corps sain et bien équilibré.

 

Cette adaptation parfaite au milieu, au devoir, au danger, voilà le caractère dominant de l’infanterie française. Le temps passé y est pour beaucoup. Mais quel corps et quelles âmes lui ont servi de matière ! ».

 

 

 

Sources :

 

  • Extraits du Journal L’illustration.
  • Photographie ECPAD.

 

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Publié le 7 Janvier 2017

Janvier 1917 dans les tranchées.

 

Faire des recherches historiques s’apparente à un jeu de pistes où des hypothèses sont souvent émises, le doute est permis, mais la vérité est toujours poursuivie. L’une des fautes généralement commise consistant à juger, d’une part, et d’autre part à jauger à l’aune du présent ce qui est passé.

 

Il est donc important de raconter et de placer en perspective. Voyons quelques-uns des éléments de la Première Guerre mondiale, avec un siècle de décalage…

 

 

Janvier 1917 sur le Front de l’Ouest.

 

1917 débute sous un mauvais signe pour l’armée française. Certes les Allemands n’ont pas pris Verdun. Mais la bataille, qui a duré près de 10 mois entre février et décembre 1916, a été une véritable boucherie, engloutissant près de 300.000 tués de part et d’autre. Et la bataille – la défaite – de la Somme a été plus terrible encore avec plus de 206.000 morts ou disparus du côté britannique et près de 70.000 du côté français. Le tout en l’espace de quelques semaines seulement. Partout des soldats se lèvent et commencent d’haranguer les camarades en expliquant les folies de cette guerre. Dans quelques semaines interviendront les premières mutineries… Au total, il y aura 3.500 condamnations dont plus de 500 condamnations à mort mais « seulement » 49 effectives (il y en avait eut plus en 1914 et surtout en 1915). Le général Pétain, le bon général Pétain, étant entre temps parvenu au sommet de la hiérarchie militaire. Les anciens s’en souviendront vingt-trois ans plus tard…

 

 

Janvier 1917 sur le Front de l’Est.

 

La Russie tsariste de Nicolas n’arrive plus à soutenir une guerre contre des ennemis allemand et autrichien mieux équipés et mieux organisés. Comme pour toutes les nations en guerre, les efforts demandés au détournement et à l’augmentation de la production industrielle, de même qu’à la production agricole, désorganisent la société russe. Des émeutes de la faim éclatent un peu partout dès janvier 1917. Elles sont les prémisses à une révolution qui dans les mois suivants va prendre le nom de bolchévique.

 

Ainsi au mois de mars, une première révolution éclate. Elle porte au pouvoir la bourgeoisie libérale qui entend continuer la guerre alors que les soviets, de plus en plus influents, exigent la paix. Ces soviets qui l’emportent au cours d’une seconde révolution, en octobre de la même année, et débutent les pourparlers de paix avec les Empires Centraux.

 

 

Dans les Balkans.

 

Les situations dans les Balkans ne sont jamais simples. En 1914, la Serbie, alliée de la Triple Entente (Grande-Bretagne, France et Russie) est rejointe par l’Albanie dès septembre 1914, le Monténégro et la Roumanie en 1916 et la Grèce en 1917. Cette dernière ayant longuement hésité entre les deux camps. Du côté des Empires centraux, l’Empire ottoman en octobre 1914 puis la Bulgarie une année plus tard, deviennent des alliés.

 

La Première Guerre mondiale commence par la défaite de l’armée serbe qui doit son salut dans sa fuite à travers les montagnes albanaises. S’ensuit la décision par la Triple Entente d’ouvrir un second front avec l’intervention dans la région des Dardanelles, partie du détroit du Bosphore. Mais l’expédition s’avère catastrophique et les gouvernements anglais et français se voient dans l’obligation de replier leurs troupes sur l’Egypte et la Grèce, dans la région de Salonique.

 

En novembre 1916, les Français et les Anglais réussissent à reprendre la ville de Monastir, dans l’actuelle Macédoine, aux troupes bulgares. Le général français Sarrail veut profiter de cette victoire pour forcer son destin. Il planifie pour le printemps 1917 une vaste offensive pour attaquer la Bulgarie et les Empires centraux par le sud. Le temps de la reculade est fini. Bientôt l’espoir va changer de camp et les soldats français de Salonique vont pouvoir abandonner les jardins qu’ils cultivent afin d’éviter le scorbut et la malaria pour reprendre leurs armes.

 

 

Au Moyen-Orient.

 

Au Moyen-Orient, les combats commencent dès le début de la Première Guerre mondiale. En janvier 1915, les Ottomans tentent de prendre le canal de Suez aux Anglais, alors puissance colonisatrice de l’Egypte. Les Turcs sont sévèrement battus.

 

En 1917, les Britanniques étendent leur zone d’opération contre le Palestine ottomane. Les premières batailles sont lancées mais les Ottomans résistent. En octobre 1917, après six mois de préparation, les Britanniques lancent une nouvelle offensive, fructueuse celle-là car elle leur permet en quelques semaines d’être aux portes de Jérusalem. En Arabie, le colonel Lawrence, envoyé par le général Archibald Murray, commandant du corps expéditionnaire égyptien, pour opérer en tant que conseiller militaire auprès de l’émir Fayçal, organise la prise du port d’Aqaba dans l’actuelle Jordanie. Mais plutôt que de le prendre par la mer, il fait traverser le désert à des milliers de bédouins. Au passage il réunit plusieurs tribus arabes. La défaite ottomane est consommée.

 

Au même moment, du côté diplomatique, Anglais et Français se mettent d’accord pour se partager une grande partie du Moyen-Orient en deux zones d’influence. Ce sont les Accords Sykes-Picot qui vont engendrer à la fois la paix mais aussi des zones de tensions qui perdurent encore aujourd’hui…

 

 

En Afrique.

 

Il est logique pendant la Première Guerre mondiale de se faire la guerre entre ennemis, même à des milliers de kilomètres de l’Europe. Les puissances colonisatrices vont allègrement franchir le pas en 1914. En Afrique de l’Est, au Tanganyika (Tanzanie), colonie allemande, les troupes doivent affronter celles de l’Empire britannique installées au Kenya. Les Allemands subissent une sévère défaite et reculent au Mozambique. Là, elles vont combattre contre les Portugais qui sont la puissance colonisatrice du pays et qui sont alliés des Anglais et des Français.

 

Mais autant les Anglais se sont préparés autant les Portugais ne le sont pas. Ils se font littéralement étrillés.

 

 

Les Etats-Unis.

 

Le président Woodrow Wilson, ancien gouverneur de l’Etat du New Jersey, non loin de celui de New-York, a été élu pour un premier mandat le 5 novembre 1912. Il est réélu – de justesse – quatre années plus tard en 1916 sur le slogan suivant : « Nous ne sommes pas en guerre, grâce à moi ». En dépit de relations particulièrement détériorées avec le Reich allemand, les Etats-Unis cherchent à être fidèles à une politique qu’ils suivent depuis près d’un siècle : l’isolationnisme. En effet, en 1823, le président américain Monroe a présenté sa conception de la politique étrangère : que les Etats-Unis n’interviennent pas dans les affaires de l’Europe comme les puissances européennes ne doivent pas intervenir dans celles des Amériques.

 

Tout au long du siècle écoulé les Etats-Unis ont eu pour but premier de se constituer un vaste territoire géographique et économique. Ils ont dû par la suite affronter une guerre civile – la Guerre de Sécession – particulièrement meurtrière et destructrice.

 

Aussi, n’est-il pas question d’interférer dans ce conflit mondial, mais principalement européen. En janvier 1917, le président Wilson propose qu’il soit mis fin à la guerre en plaidant pour une paix sans vainqueurs. Wilson sait ce que les Etats-Unis doivent à la France pendant la Guerre d’Indépendance ; il sait aussi que les Allemands cherchent par tous les moyens à les entraîner dans la guerre (torpillage du Lusitania, ce paquebot anglais où vont périr plus d’un millier de personnes dont 114 Américains).

 

Mais 1917 marque également la fin de cette posture. Dès le mois de février, devant le non respect par l’Allemagne des pays neutres, les relations diplomatiques sont rompues (les Allemands ont décidé de couler tous les navires qui s’approchent de l’Europe – y compris ceux relevant de pays neutres). En avril, Wilson fait un discours au congrès pour demander une déclaration de guerre à l’Allemagne ; demande acceptée le 6 de ce mois. En octobre 1917, les premiers campements de soldats américains sur le sol français sont installés non loin de Nantes. Le président vient d’ouvrir le chapitre de « l’interventionnisme américain », doctrine toujours en vigueur un siècle plus tard…

 

 

 

Sources :

 

  • Maurice Genevoix, Ceux de 14, Ed. Flammarion.
  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  •  André Castelot et Alain Decaux : Histoire de la France et des Français, Larousse.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » du ministère de la Défense.
  • - Pierre Miquel : Le gâchis des généraux, Plon 2001 ; Les Poilus, Plon, 2000 ; Je fais la guerre, Clemenceau, Taillandier, 2002.

 

 

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Publié le 23 Décembre 2016

Bonnes fêtes de fin d'année depuis la Mauritanie.

Le 12 mars dernier, nous publiions un article sur le cimetière militaire français d’Atar en Mauritanie. La France vient de terminer une mission de coopération et de formation  avec l’armée mauritanienne.

 

Le 11 novembre 2016, dans le cadre des commémorations de l’armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale, des soldats français et mauritaniens ont fait une prise d’armes et une cérémonie en ce cimetière où tant des leurs reposent aujourd’hui.

 

On peut constater avec émotion l’état impeccable des tombes et des allées du cimetière. Voilà une belle image réconfortante. Nous remercions chaleureusement le militaire qui a eu la gentillesse de nous adresser ces photographies.

 

Et c’est sur cette image que nous voulons clore 2016 qui une fois de plus aura éprouvé beaucoup trop de Françaises et de Français.

 

Le Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux – Vanves vous souhaite à toutes et tous un très joyeux Noël et de très belles fêtes de fin d’année. Par avance, il vous présente tous ses meilleurs vœux pour l’année 2017.

 

CDT (RC) Frédéric Rignault

Délégué général adjoint pour les Hauts-de-Seine

Bonnes fêtes de fin d'année depuis la Mauritanie.

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Publié le 11 Décembre 2016

Assemblée générale 2016.

Le dimanche 4 décembre 2016 s’est déroulée l’assemblée générale du Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves.

 

Etaient présents :

 

  • Monsieur André Santini, député-maire, ancien ministre.
  • Monsieur Marie-Auguste Gouzel, maire honoraire et conseiller municipal en charge des affaires militaires.
  • Madame le colonel Marie-Françoise Goulobtzoff, maire-adjoint de Vanves.
  • Monsieur le lieutenant-colonel Claude Guy, Délégué général de l’association pour les Hauts-de-Seine.
  • Monsieur le général de corps aérien Michel Forget, Grand’Croix de la Légion d’honneur.
  • Monsieur Roger Fleury, président de l’UFAC et de la FNACA.
  • Monsieur Michel Rossignol, président de l’ACPG.
  • Monsieur Alexander Tesich, président des Veterans of Foreing Wars.
  • Monsieur André Rabartin, président de l’UNDIVG.
  • Monsieur Christian Poujols, président de l’UNC.
  • Monsieur Jacques Tchirbachian, président de l’ANACRA.
  • Monsieur Jacques Landois, président de la section de Vanves du Souvenir Français et l’ensemble des adhérents du comité d’Issy-Vanves.

 

Après lecture du rapport financier et du rapport moral, après présentations des actions et des initiatives prises au cours de l’exercice écoulé (visite du carré militaire par les écoles, conférence du général Forget, quête du Souvenir Français, quêtes du Bleuet de France, études et analyses publiées sur ce site Internet, analyse des morts pour la France d’Issy à Verdun…) des médailles ont été remises :

 

  • Médaille d’argent pour Madame Louise Zazzera.
  • Médaille de vermeil pour Monsieur Robert Choffé.
  • Médaille de vermeil pour Monsieur Thierry Gandolfo.

A la suite de l’assemblée générale, un déjeuner a rassemblé les participants au restaurant isséen L’Harissa.

 

CDT (RC) Frédéric Rignault

Président du Comité

Délégué général adjoint.

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Publié le 3 Décembre 2016

Le cimetière militaire de Dmeir, en Syrie.

La nécropole française de Dmeir, en Syrie, a été créée en 1960 afin de rassembler les corps des -soldats morts pendant le mandat français sur la région et leurs frères tombés lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

Informations historiques.

 

Témoignage de l'histoire française au Proche-Orient, le cimetière militaire de Dmeir (Syrie) abrite plus de 4 000 sépultures militaires françaises ou étrangères, musulmanes ou chrétiennes, ainsi que quelques tombes de civils. En 1920, la Société des Nations confie les mandats sur la Syrie et le Liban à la France après la défaite de l'Empire ottoman lors de la Première Guerre mondiale (traité de Sèvres et accord Sykes-Picot).

 

Le mandat français sur la Syrie est organisé en quatre États : les sandjaks de Damas, d'Alep, l'État alaouite (1920), et l'État du Djebel druse (1921). Les rivalités tribales et les oppositions à la présence françaises aboutissent, au gré des heurts (intervention en Cilicie) à la dissociation du sandjak d'Alexandrette, de celui d'Alep, en mars 1923, et à la création par le général Gouraud de la Fédération syrienne regroupant Damas, Alep et l'État alaouite - séparé en 1924.

 

De 1925 à 1927, le général Sarrail doit rétablir l'ordre dans le Djebel druse.

 

La Seconde Guerre mondiale retarde l'indépendance syrienne prévue par les accords Viénot (1936). En 1940, le régime de Vichy nomme un nouveau haut-commissaire, le général Dentz. Celui-ci mène une politique de neutralité vis-à-vis du Royaume-Uni, tout en permettant en 1941 aux appareils allemands de transiter par les aérodromes syriens pour appuyer la révolte en Iraq.

 

L'installation d'une garnison allemande sur l'aérodrome de Neirab suscite une résistance des forces franco-britanniques. Les Allemands repoussés, avec l'appui des troupes syriennes, l'indépendance est proclamée par la France Libre en 1941 : le général Catroux avait alors promis l'indépendance aux États sous mandat. Celle-ci est réalisée à la fin de la guerre.

 

Les dernières troupes françaises quittent la région en 1946. En 1946, en effet, les tombes des militaires français morts en 1914-1918, 1920-1921 et 1924-1925, et 1939-1945, étaient réparties en cinq principales nécropoles : Mezzeh, Alep, Lattaquieh, Deir-ez-Zôr et Tartus.

 

Entre 1985 et 1998, la nécropole s'est agrandie à la suite du transfert des tombes de Lattaquieh et d'Alep. Au cours des années cinquante, il fut décidé de la regrouper en un site unique. Un terrain d'une superficie d'environ 16 000 m² fut choisi en bordure de la route de Damas à Bagdad, à 35 km de la capitale syrienne. Le rassemblement des corps sur le site, commencé en 1960 avec le transfert des tombes du cimetière de Mezzeh, situé dans un faubourg de Damas en pleine expansion, fut progressif et s'acheva en 1998 avec la désaffection du cimetière d'Alep.

 

Sources :

 

  • Encyclopédie Universalis, dictionnaire Larousse, encyclopédie Wikipédia.
  • Service historique de la Défense – Site « Mémoire des hommes » et site « Chemins de la Mémoire » du ministère de la Défense.
  • Site « Atlas des nécropoles » du ministère de la Défense.
Le cimetière militaire de Dmeir, en Syrie.
Le cimetière militaire de Dmeir, en Syrie.

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Publié le 21 Novembre 2016

"Les sportifs dans la Grande Guerre", conférence à Issy le 25 novembre 2016.

Le vendredi 25 novembre, à 18h30, dans la Résidence du Parc, au 20 de la rue de l’abbé Derry à Issy-les-Moulineaux, se déroulera une conférence, animée par Michel Merckel, spécialiste du sport.

 

Le thème : les sportifs dans la Grande Guerre. Comment la guerre a permis l’évolution de la pratique sportive ; son influence sur le monde sportif actuel ; et un hommage particulier aux poilus champions !

 

Venez nombreux !

 

Cette conférence est organisée par l’association isséenne HISTORIM.

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Publié le 18 Novembre 2016

Certificat de Marcel Ichac.

Certificat de Marcel Ichac.

« A la fin de 1961, rentré en métropole en lieutenant tout neuf après deux ans de djebels et de désert, j'allai un jour déjeuner chez mes parents, apportant roulé dans un tube en carton un souvenir de mes récentes campagnes. Mon père (*) me demanda au café de quoi il s'agissait. Plein de fierté, je déroulai le précieux parchemin que m'avait remis quelques mois plus tôt, lors d'un pot avec ses principaux subordonnés, le Lieutenant-colonel Vuillemey, commandant le 153e régiment d'infanterie motorisé. C'était un certificat de bonne conduite nominatif du valeureux 15/3 qu'il me remit, à moi l'aviateur en bleu qui, pendant près d'une année, avait été admis au mess du régiment, s'y était fait quelques solides amitiés et avait partagé la vie de l'unité avec ses joies mais parfois aussi, malheureusement, ses coups durs.

 

Mais mon père n'accueillit pas cette présentation avec l'admiration que j'en attendais, car visiblement il pensait à autre chose. Il nous quitta d'ailleurs très vite et se retira dans son bureau où, aux bruits de tiroirs ou de classeurs ouverts et fermés, il était clair qu'il cherchait quelque chose. Une exclamation de satisfaction nous annonça qu'il devait l'avoir trouvé. De fait il revint avec à la main un document qu'il nous lut d'un ton officiel :

 

Certificat de bonne conduite

Le colonel Castella, commandant le 153ème régiment d'infanterie

certifie que le sergent ICHAC, Marcel,

... a tenu une bonne conduite... etc ...etc.. .

 

Ce certificat avait été délivré à Forbach, le régiment rentrant alors de quatre années d'occupation en Sarre où mon père avait accompli ses obligations militaires. Il était daté du 14 avril 1928, le mien était du 13 avril 1961. Ainsi, à un peu plus de trente ans d'intervalle, le père et le fils avait été également honorés par le commandant du même régiment prestigieux ! »

 

 

 

GBA (2s) Jean-Claude Ichac, président honoraire du Comité du Souvenir français d’Issy-Vanves.

(*) Marcel ICHAC (1906 – 1994), cinéaste réalisateur de plus de cinquante films de ski, de montagne et d'exploration, compagnon de Paul-Emile Victor au Groenland, de Maurice Herzog à l'Annapurna, ou du Cdt Jacques-Yves Cousteau en Méditerranée, en mer Rouge et au Pérou.

Certificat de Jean-Claude Ichac.

Certificat de Jean-Claude Ichac.

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Publié le 6 Novembre 2016

Quête 2016 : merci !

Comme chaque année, le Comité du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux et Vanves a quêté devant le cimetière. Conformément aux éléments présentés dans le Journal Officiel, cette quête s’est déroulée du samedi 29 octobre au mardi 1er novembre 2016.

 

Nous tenons à remercier les services techniques de la ville pour avoir pavoisé la place du Souvenir Français (elle se trouve à droite en sortant du cimetière, rue de l’Egalité), Monsieur Michel Raineri du protocole, le commissariat, toute l’équipe du cimetière emmenée par Monsieur Gandolfo, ainsi que les quêteurs, bien entendu.

 

Nous tenons aussi et surtout à remercier tous les donateurs. Il y a quelques années en arrière, la quête du Souvenir Français se résumait à une présence le 1er novembre pendant quelques heures seulement. Cette année, les quatre jours de quête ont rapporté 740 euros, une somme jamais atteinte et qui dépasse largement les résultats de 2015 (environ 500 euros). Que chacun et chacune d’entre vous, qui avez donné, soit mille fois remerciés. Cette somme ira à la réfection de tombes et de monuments de celles et ceux qui sont morts pour la France et que l’on n’oublie pas, afin que, comme le disait Roland Dorgelès, « ils ne meurent pas une deuxième fois » !

Merci pour tant de générosité.

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Publié le 24 Octobre 2016

Auguste Gervais et Françoise-Marie Picoche.

Auguste Gervais et Françoise-Marie Picoche.

Une éducation militaire.

 

Auguste Gervais nait le 6 décembre 1857 à Paris VIIIe. Il est le fils d’un négociant parisien, Louis Aimable Gervais, et d'Adeline Joséphine Brochard. En 1870, il entre au lycée Charlemagne, où il entame des études supérieures. Cinq années seulement après la guerre franco-prussienne, il est admis à l’école militaire de Saint-Cyr, d’où il sort en 1877 avec le grade de sous-lieutenant d'infanterie. Il est alors affecté au 129e régiment d’infanterie. Il poursuit par la suite sa formation militaire en intégrant l'École spéciale militaire qu’il fréquente de 1877 à 1879. Dans l’armée, il occupe un rôle d’administrateur. Quelques années plus tard, Auguste Gervais intègre le cabinet du ministre de la Guerre, le général Jean Thibaudin, où il reste du 31 janvier au 9 octobre 1883. C’est à ce moment qu’il commence à côtoyer les principaux hommes politiques de son temps.

 

Entrée dans la vie journalistique.

 

Auguste Gervais quitte alors l’armée pour raisons de santé avec le grade de lieutenant de chasseurs à pied et se lance dans le journalisme. D’abord proche des idées socialistes qui apparaissent à cette époque, il va rejoindre progressivement la gauche républicaine animée par les radicaux. Spécialisé dans les questions militaires, il travaille successivement au sein de la rédaction du National (1882-1887), de La Petite République (1887-1888), période à laquelle Jean Jaurès commence à y collaborer, puis du Petit Journal (1888). Remarqué par Georges Clémenceau, député de Paris depuis 1876, Auguste Gervais adhère aux idées de ce dernier et part rejoindre les quotidiens le Matin, le Soir, puis enfin L'Aurore, journaux auxquels celui-ci collabore.

 

En reconnaissance de ses travaux (il a aussi écrit de nombreux ouvrages), Auguste Gervais est fait chevalier de la Légion d’honneur le 14 juillet 1892, avant de devenir également officier de l’Instruction publique. En marge de son activité littéraire, comme beaucoup d’hommes politiques de cette époque, Auguste Gervais est initié à la franc-maçonnerie et intègre la loge Thélème en juillet 1895. Par la suite, il sera membre de la société Philomathique de Paris et en deviendra son Président d'honneur en 1907.

 

C’est vers 1880 que la vie politique locale commence réellement à se développer à Issy-les-Moulineaux, à l’époque de la première vague d’industrialisation de la commune, tandis qu’on y observe une croissance démographique importante liée à cet essor économique. L’Isséen Auguste Gervais décide alors d’y prendre part.

 

L’homme politique.

 

Deux groupes politiques avec des tendances bien distinctes émergent à Issy-les-Moulineaux. Edouard Naud, maire d'Issy-les Moulineaux de 1871 à 1878, se situe plutôt à droite. Tendance opposée aux maires qui vont par la suite se succéder : Auguste Hude, maire de 1884 à 1888 ; Jean Baptiste Charlot, maire de 1888 à 1894 ; Henri-Oscar Mayer, maire de 1894 à 1903, puis de 1908 à 1911, et à Auguste Gervais, encore plus à gauche. La tendance politique de ce dernier tend alors à devenir majoritaire à mesure que la croissance industrielle et par là même la population ouvrière gagnent en importance.

 

Auguste Gervais se présente lors des élections communales du 1er et du 8 mai 1892 sur la liste conduite par le maire sortant Jean-Baptiste Charlot, qui remporte les élections.

 

Lors du premier conseil municipal organisé le 15 mai 1892, Auguste Gervais est élu maire-adjoint d’Issy-les-Moulineaux, en même temps qu’un dénommé Sourdive. Une de leurs premières initiatives est, lors de la séance du conseil municipal du 21 avril 1894, de changer l’appellation de vingt-quatre voies de la commune en choisissant des noms tirés de l’histoire révolutionnaire de 1789. C’est ainsi qu’apparaissent la rue de l’Egalité, les rues Danton, Chénier et Desmoulins, la rue de l’Abbé Grégoire. Les philosophes des Lumières sont aussi mis à l’honneur, notamment d’Alembert, Diderot, Rousseau et Voltaire. De ce fait, leur empreinte sur le territoire isséen est toujours visible à l’heure actuelle dans les rues de la ville.

 

Le 24 septembre 1894, suite à un désaccord avec sa majorité, Jean-Baptiste Charlot décide de démissionner de son fauteuil de maire. Henri-Oscar Mayer lui succède. Auguste Gervais renonce alors à son mandat de maire-adjoint. Il semble avoir suivi la décision de Jean-Baptiste Charlot en restant simplement l’un des vingt-sept conseillers municipaux de la commune. Lors du scrutin municipal de 1896, la liste conduite à Issy-les-Moulineaux par le maire sortant Henri-Oscar Mayer, sur laquelle figure Auguste Gervais, remporte les élections dès le premier tour avec 1196 voix contre 933 voix pour Fauch de l’Union républicaine et 475 voix pour Chéradame, menant une liste socialiste révolutionnaire.

 

Au-delà de ces élections locales, Gervais remporte de nouveaux mandats électoraux. Membre de la Gauche radicale socialiste, il est élu au Conseil général de la Seine et siège comme représentant du canton de Vanves de 1893 à 1898. Il est même élu président du Conseil général de la Seine de 1896 à 1897.

 

Lors des élections législatives des 8 et 22 mai 1898, Auguste Gervais est élu député dans l’arrondissement de Sceaux, à savoir la quatrième circonscription de la Seine nouvellement créée, qui regroupe alors Sceaux et Vanves. À la Chambre des députés, Auguste Gervais intervient largement sur les questions militaires. Il prend aussi des initiatives nationales en fonction des événements affectant directement la vie de ses administrés. Par exemple, après une explosion à la cartoucherie de munitions Gévelot le 14 juin 1901, qui fait dix-sept morts et de nombreux blessés, Auguste Gervais est à l’initiative d’une pétition – signée également par deux autres parlementaires, Emmanuel Chauvière et Georges Girou, députés de la Seine qui résident à Issy-les-Moulineaux –, à l’adresse des parlementaires afin de permettre d’indemniser les familles des victimes.

 

Lors des élections législatives suivantes du 27 avril et du 11 mai 1902, Auguste Gervais est réélu de justesse avec 8 552 voix face au candidat de la droite Dumonteil, qui recueille 7 523 voix. C’est sans doute en raison de sa courte victoire aux législatives de 1902 qu’Auguste Gervais, réélu conseiller municipal lors des élections de 1900, décide de briguer la direction du conseil municipal en 1903 en qualité de maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Maire d’Issy-les-Moulineaux.

 

Auguste Gervais devient maire d’Issy-les-Moulineaux le 22 mars 1903. Radical socialiste, il reste à la tête de la commune jusqu’en 1908. Pour mémoire, il faut rappeler qu’au moment du recensement de 1901, la commune compte 930 maisons reparties en 4 327 ménages, regroupant au total 16 639 habitants. Le nombre d’électeurs inscrits sur les listes électorales en 1903 est de 3 890 (les femmes n’ayant pas encore obtenu le droit de vote).

 

Suite aux élections législatives des 6 et 20 mai 1906, Auguste Gervais est réélu dans la 4e circonscription de la Seine. Il siège à la Chambre des députés dans le groupe des Républicains radicaux. Trois ans plus tard, Auguste Gervais est élu sénateur lors des élections du 3 janvier 1909. Devenu l’un des dix sénateurs du département de la Seine, il démissionne de son siège de député le 22 janvier 1909.

 

Membre du groupe de la gauche démocratique, Auguste Gervais fait partie de la commission militaire du Sénat. Il intervient fréquemment sur les textes de lois discutés au palais du Luxembourg, notamment sur le budget, le recrutement et les moyens matériels de l’armée. Alors qu’il continue à s’intéresser aux questions coloniales, il assure le secrétariat du groupe colonial du Sénat en 1910 et en 1914, et la vice-présidence du groupe d'études algériennes du Sénat en 1910.

 

Concernant les questions économiques, Auguste Gervais s’illustre particulièrement au sein de la commission des finances du Sénat. Il siège à la commission pour l’assistance aux familles en difficulté en 1909 et œuvre beaucoup en faveur de la mise en place d’un système de retraite pour les ouvriers et les paysans.

 

Mort pour la France.

 

Au cours de la Première Guerre mondiale, Auguste Gervais se fait remarquer par ses prises de position lors des séances publiques portant sur les questions militaires, étant lui-même un expert en ce domaine. Il convient également de rappeler que la commune d’Issy-les-Moulineaux regroupe plusieurs industries d’armement comme Gévelot et les usines d’aéronautique réparties le long du terrain militaire du Champ de Manœuvres. Le 14 juillet 1917, Auguste Gervais est promu officier de la Légion d’honneur.

 

Le 24 août 1917, au retour d’une mission d’inspection des avant-postes du front, effectuée en qualité de rapporteur de la commission de l'armée du Sénat, Auguste Gervais est victime d’un accident de voiture. Transporté en urgence à l’hôpital Boucicaut dans le XVe arrondissement de Paris, il y décède quelques jours plus tard, dans la nuit du 30 au 31 août 1917. Il a alors 60 ans.

 

Auguste Gervais est inhumé au cimetière communal d’Issy-les-Moulineaux. Un médaillon en bronze à son effigie est placé sur la stèle de son monument funéraire. Décoré de la Croix de guerre, Auguste Gervais obtient le titre de Mort pour la France. Suite à une délibération du conseil municipal d’Issy-les-Moulineaux en date du 25 novembre 1917, une rue de la ville porte aujourd’hui le nom de son ancien édile. D’une longueur de 305 mètres, la rue Auguste Gervais borde la place de la mairie.

 

« Mon arrière-grand-père », par Béatrice Liébard.

 

En complément du texte rédigé ci-avant par Monsieur Thomas Nuk, historien et qui été membre du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux, voici des éléments fournis par Madame Béatrice Liébard, arrière-petite-fille d’Auguste Gervais et que nous remercions vivement.

 

  • Auguste Gervais épouse en 1882 Françoise-Marie Picoche, avec laquelle ils auront six enfants :
    • Fernand, avocat, sous-préfet puis préfet, directeur de la Santé publique au Gouvernement général d’Algérie.
    • Villeneuve, secrétaire dans différents cabinets ministériels et qui deviendra publiciste.
    • Maurice, directeur de l’hôpital d’Argenteuil.
    • Raymond (peu de renseignements).
    • René-Pierre (idem).
    • Jacques, qui meurt en bas âge.
  • En 1911, il se trouve sur le terrain d’aviation d’Issy les Moulineaux au milieu de personnalités venues assister à la course d’aviation Paris-Madrid qui se termine tragiquement par la décapitation (accidentelle) du Ministre de la Guerre Maurice Berteaux.
  • Les Gervais habitaient une maison qui a été détruite et sur le terrain de laquelle a été construit le musée français de la Carte à jouer.
  • Le jour de ses obsèques, « le convoi s’étendaient sur plus de un kilomètre » !

 

Ci-dessous figure un album de photographies, rassemblées par Madame Liébard : Auguste Gervais à différentes époques de sa vie ; avec son épouse ; sa canne et ses emblèmes maçonniques ; son écharpe de maire ; la maison située dans l’actuelle rue Gervais ; Maurice Berteaux avec qui il se trouvait juste avant l’accident ; les présidents Fallières, Loubet, Faure et Poincaré ; sa tombe au cimetière d’Issy.

 

 

 

Principales sources :

 

  • Ce texte a pour partie été rédigé par Thomas Nuk, qui a été membre du Souvenir Français d’Issy-les-Moulineaux.
  • Archives nationales, Légion d’honneur, dossier individuel Auguste Gervais ;
  •  Becchia Alain, Issy-les-Moulineaux, Histoire d’une commune suburbaine de Paris, Chez l’auteur, 1977 ;
  • Beis Pierre, Issy-les-Moulineaux au jour le jour il y a 100 ans ;
  • Centre de recherches historiques d’Issy-les-Moulineaux, Lettre d’information, Hors-série, 1994 ;
  • Collectif, Issy-les-Moulineaux, 2 000 ans d’histoire, Issy média, 1994 ;
  • Collectif, Issy-les-Moulineaux, Notice historique et renseignements administratifs, Conseil général de la Seine, Montévrain, 1903 ;
  • Jolly Jean (sous la dir. de), Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, Paris, Presses universitaires de France 1960, notice sur Auguste Gervais.

 

 

Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
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Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.
Au temps d'Auguste Gervais.

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Publié le 9 Octobre 2016

Bône – La porte du Fort Cigogne et l’Hôpital militaire.
Bône – La porte du Fort Cigogne et l’Hôpital militaire.

Historique du 153e RI.

Comme un bon nombre de régiments, le 153e RI est issu des unités de l’Ancien régime. Repris sous le Premier empire, il s’illustre notamment pendant la bataille de Leipzig, lors de la campagne d’Allemagne de 1813, malheureusement perdue. Durant le Second empire, le régiment tient garnison au Fort de Nogent, en Région parisienne.

Un siècle plus tard, le régiment, alors installé à Toul, dans le département de la Meurthe-et-Moselle, est une composante de la 77e brigade d’infanterie, la 39e division et du 20e corps d’armée.

Entre 1914 et 1918, le 153e RI est de pratiquement toutes les batailles : bataille des Frontières puis la Grande Retraite en août 1914, bataille du Grand Couronné sous le commandement du général de Castelnau. Dans la foulée, s’engage ce que l’Histoire retiendra sous le nom de la Course à la Mer, avec les combats de Fouquescourt, d’Albert dans la Somme, d’Arvillers, de Souastre, d’Hébertune et enfin de Gommercourt.

L’année suivante, le régiment perd près de 2.000 hommes dans les combats des Flandres, à Boezinge, à Langemark puis à Bikschote. En 1916, c’est Verdun avec des engagements au bois Albin devant Douaumont puis à la Côte 304. Là encore, alors que le 153 avait dû être reconstitué quelques mois plus tôt, ce sont à nouveau près de 2.000 hommes qui disparaissent. Cela n’empêche pas le régiment d’être de l’offensive de la Somme dans le courant de l’été 1916 et de subir encore de nombreuses pertes à Maurepas.

En 1917, le 153e RI participe à la tragique offensive du Chemin des Dames. L’unité occupe quelques temps les secteurs de Chivy, de la Ferme des Grelines puis de Braye-en-Laonnois. Elle y reste 25 jours, mais doit finalement se replier.

En 1918, retour sur Verdun. Le 153e RI est en première ligne jusqu’au 15 mars dans les secteurs de la Côte-de-Poivre puis près de Vacherauville-sur-Meuse, au nord de Verdun. Les Allemands attaquent baïonnette au canon et au lance-flammes, mais sont sans cesse repoussés. En avril, le régiment quitte le secteur pour rejoindre via Reims, Saint-Quentin et Arras les Flandres afin de participer à la bataille des Monts de Flandres. Les Allemands y lancent une offensive en utilisant, entre autres, des obus à ypérite et 150 avions. L’attaque est contenue. Mais il faut décrocher, comme quatre années plus tôt. Le 153 cantonne dans le nord de la Région parisienne, à Gonesse, et participe à la Deuxième bataille de la Marne. La ville de Château-Thierry est reprise. L’ennemi est poursuivi jusqu’à la forêt de Fère en Tardenois. Les soldats français étant appuyés des « boys » américains.

En août, le 153e est déployé le long de la Meuse. En septembre il est de la bataille de Saint-Mihiel puis se replie sur Nancy. En novembre 1918, à l’annonce de l’armistice, le régiment se met en marche et fait une entrée triomphale dans la ville de Metz.

Le 153e régiment d’infanterie est dissous à Sarreguemines en 1922… pour être reconstitué dès l’année suivante en Sarre (le 15 mai 1923). En 1929, déménagement de quelques kilomètres pour prendre garnison à Bitche. Quatre années plus tard, le 153e forme, avec le 23e, l’infanterie de la région fortifiée de la Lauter, puis devient régiment d’infanterie de forteresse, unité spécialisée dans la défense des fortifications de la Ligne Maginot. Le 37e RIF est né.

A la mobilisation de 1939, le régiment se détriple pour former l’infanterie du secteur fortifié de Rohrbach. Il est alors composé de trois bataillons de mitrailleurs, une compagnie d’équipages d’ouvrages, une compagnie d’équipages de casemates.

Face à l’offensive éclair (la fameuse « Blitzkrieg ») de la Wehrmacht, les unités quittent leur forteresse le 13 juin 1940 pour se replier sur les Vosges. Après l’armistice proposé par le maréchal Pétain le 17 juin, le 153e RI dépose les armes quatre jours plus tard. Les équipages d’ouvrages, restés sur place, doivent se rendre sur ordre le 30 juin 1940.

En Algérie.

En Algérie, le 153e RI devient motorisé (donc le RI devient RIM) et est une unité de la 2e division d’infanterie mécanisée. L’état-major se trouve à Bône (aujourd’hui Annaba sur la côte nord-est de l’Algérie, proche de la frontière tunisienne) et comprend les régiments d’infanterie suivants :

  • 4e régiment étranger d’infanterie (installé à Dar-el-Baraka).
  • 12e, 14e et 25e bataillons de chasseurs alpins (Blanda, Combes et La Calle).
  • 62e régiment d’infanterie (La Verdure).
  • 63e régiment d’infanterie de marine (Bône).
  • 151e, 152e et 153e régiments d’infanterie mécanisée (Guelma, Lamy et Munier).

Les unités blindées sont :

  • 1er régiment de spahis (Lamy).
  • Le 4e hussards (Gambetta).
  • Le 8e spahis (Hamman-zaïd).
  • Le 29e dragons (Le Tarf).

Munier est alors une petite ville (elle a reçut ce nom français par décret du 11 juillet 1891), située non loin de la frontière tunisienne, dans la région des Aurès. Après l’indépendance, elle prendra le nom d’Aïn-Kerma.

Le 153e RIM est chargé d’assurer le contrôle de la frontière dans cette région. Il convient de rappeler que pendant la guerre d’Algérie, à de nombreuses reprises les guerriers algériens du FLN (Front de Libération National) se réfugièrent en Tunisie, où théoriquement l’armée française n’avait pas le droit de les poursuivre.

Le point commun.

Parmi les 14 isséens tués au cours de la guerre d’Algérie, deux ont un point commun. Il s’agit de Gérard Flament et de Jean Brulin : ils faisaient tous les deux parties du 153e RI.

Gérard Flament nait le 23 juin 1937 à Paris, dans le 15e arrondissement. Envoyé en Algérie, soldat au sein du 153e RIM, il décède des suites de ses blessures le 4 mai 1958 (5 jours avant le putsch d’Alger organisé, entre autres, par le général Massu), au cours « d’une opération de maintien de l’ordre en Algérie », selon l’expression idoine de l’époque. Il convient une nouvelle fois de rappeler que l’Algérie était alors un département français et qu’on ne peut considérer qu’il s’agisse d’une guerre puisqu’elle était « intérieure » et en aucun cas il ne s’agissait d’une guerre civile (du moins d’un point de vue des textes législatifs de l’époque). Gérard Flament est déclaré Mort pour la France deux mois plus tard.

Jean Brulin lui nait le 22 juillet 1938 à Etretat dans le département de la Seine Maritime. Sergent au 153e RIM, il décède le 17 décembre 1960 des suites d’un accident, alors qu’il est en service commandé. Vu l’ordonnance du 2 novembre 1945, l’article L-488 du Code des Pensions militaires d’invalidité et la loi n°55-1074, le sergent Brulin est déclaré Mort pour la France le 9 février 1961.

Au cessez-le-feu en mars 1962, le 153e RIM reste quelques mois en Algérie afin de constituer comme beaucoup d’autres régiments français des unités de la Force locale. Ces forces de l’ordre algériennes sont des unités militaires chargées de maintenir autant que possible la paix et de faire appliquer les termes du cessez-le-feu. Placées sous autorité algérienne, elles sont composées de 10% de militaires métropolitains et de 90% de militaires musulmans.

En janvier 1963, le 153e RIM est de retour en France, à Mutzig, au quartier Moussy. Le régiment sera définitivement dissous trente ans plus tard, le 31 juillet 1993, le drapeau étant remis au gouverneur militaire de la région de Lille.

Sources :

  • Encyclopédie Larousse.
  • Encyclopédie Wikipédia.
  • Archives de l’armée de terre – Caserne Bernadotte, Pau.
  • Benjamin Stora, Histoire de la guerre d’Algérie (1954-1962), La Découverte & Syros, 2004.
  • Alain Peyrefitte, C’était de Gaulle, Fayard, 1994.
  • Pierre Montagnon, Histoire de l’Algérie : des origines à nos jours, Pygmalion, 1998.
  • Georges Fleury, Comment l’Algérie devint française, Perrin, 2004.

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Rédigé par Souvenir Français Issy

Publié dans #Algérie